C’est un point rappelé régulièrement : la surdicécité n’est pas l’addition d’une déficience visuelle et d’une déficience auditive. C’est leur interaction qui crée une situation spécifique, chacun des deux sens ne pouvant plus compenser l’autre.
Walter Wittich présente une étude qu’il co-signe avec Lorenzo Billiet, Shirley Dumassais et Sarah Granberg, parue en 2026 dans Advances in Rehabilitation Science and Practice. Elle documente justement cette spécificité.
Les auteurs ont comparé les Core Sets de la CIF (la classification de l’OMS pour décrire le fonctionnement d’une personne) établis séparément pour la déficience visuelle, la déficience auditive et la surdicécité. Un Core Set, c’est la liste des catégories jugées essentielles à prendre en compte pour une situation donnée : la grille de lecture qui oriente ensuite les évaluations et les accompagnements.
Résultat : 105 catégories n’apparaissent que dans le Core Set surdicécité, contre 20 pour la déficience auditive et 7 pour la déficience visuelle. Elles concernent notamment le toucher, la proprioception, la sensibilité aux vibrations, la communication tactile et signée et les aides techniques spécialisées.
Autrement dit, un professionnel qui évalue une situation avec une grille conçue pour une seule déficience sensorielle n’interrogera pas forcément ces dimensions. D’où la nécessité d’outils et de dispositifs pensés spécifiquement pour la surdicécité.
Article en anglais, en accès libre.
https://doi.org/10.1177/27536351261481978


