Page d'accueil

Choix du format Echanges plan du site Nous écrire

Nouvelle du CRESAM

N° 18 - Janvier 2008

 

Sommaire

 Le mot du directeur

Etude comparative

DBI 14ième conférence

Séjour vacances été 2008

Témoignage de Céline

Vœux

 

La surdicécité c’est quoi ? la surdicécité combien ?

Dans ce numéro, vous trouverez l’esquisse modeste d’une approche quantitative de la surdicécité en France en contrepoint d’une étude canadienne assez récente, présentée à Perth par son coordonnateur, Stan Munroe, lors de la 14ième conférence mondiale de DBI, qui s’est déroulée fin septembre 2007.

J’ai commencé depuis une analyse croisée de nos propres données statistiques (s’appuyant notamment sur un échantillon de 750 cas actuels suffisamment connus du CRESAM), avec les résultats de ladite étude. Je veux remercier ici Sullivan THEVENET, attaché de direction, à qui je dois la tenue hebdomadairement actualisée de nos données et qui a bien voulu réviser légèrement notre cadre statistique pour les besoins de cette analyse comparative.

Mais avant toute comparaison, il convient de s’accorder sur une définition, ce qui reste chose malaisée : surdicécité ou cécisurdité ? avec un trait d’union (qui est aussi un trait de séparation) – surdi-cécité - ou bien ainsi accolé –surdicécité – signifiant par là l’unicité de ce handicap ?

 

Lisez la définition canadienne de la surdicécité :

Dans le cadre de cette étude, la surdicécité est définie comme étant : « l’existence chez une même personne d’une double déficience visuelle et auditive, dont le degré varie, qui entrave la communication et l’accès à l’information, même s’il peut exister chez les personnes sourdes-aveugles (sic) un résidu visuel ou auditif dont elles peuvent se servir ».

 

Et la définition « DBI » à laquelle adhère le CRESAM.

 « Un handicap sensoriel spécifique isolant fortement  la personne qui résulte de la combinaison de la perte ou la déficience, à la fois de l’ouïe et de la vision. Il affecte de manière significative la communication, la socialisation, la mobilité et la vie quotidienne.

Les conséquences et l’impact sur chaque individu varient considérablement notamment entre ceux qui naissent sourdaveugles (sic) et ceux qui le deviendront.

Ils gardent pour la plupart quelques degrés de vision fonctionnelle et/ou d’audition. Ils peuvent utiliser parfois des aides visuelles ou auditives pour optimiser l’utilisation de leurs capacités restantes.

L’impact de la surdicécité sur les adultes ou les enfants est très lié à la communication et les connexions avec la famille et les amis, aux opportunités éducatives et du développement qui soient bien appropriées, aux activités récréatives et de loisirs et au soutien familial »

Le degré des déficiences sensorielles est ensuite à évaluer selon les normes OMS (exemple mesure de l’acuité visuelle mais aussi du champ visuel, etc.)

 A noter que tout le problème tient à ce qu’on garde ou non dans le périmètre de définition. Ainsi la question des personnes âgées qui deviennent sourdes et aveugles au cours du processus de vieillissement reste donc cruciale. 

 Serge BERNARD

  

La surdicécité combien ?

 

Répartition dans tout le Canada des personnes atteintes de surdicécité

 

 

Provinces

Recensement

de la population

en 2001

Nombre de pers.

ayant déclaré une surdicécité

Estimation de sourds-aveugles

Nombre de personnes pour 100,000

Columbie-Britan./Yukon

3,936,408

287

287

7.29

Alberta/TN-O/N

3,038,915

215

227

7.08

Saskatchewan

978,935

149

149

15.21

Manitoba

1,119,585

172

182

16.26

Ontario

11,410,04

700

700

6.13

Québec

7,237,480

1059

1523

21.05

Nouveau Brunswick

729,500

140

140

19.19

Nouvelle-Ecosse

908,005

63

63

6.94

Ile-du-Prince-Edouard

135,290

15

15

11.11

Terre-Neuve/Labrador

512,930

20

20

3.9

Total

30,007,090

2820

3306

11.00

 

Si on considère qu’il y a plus de 60.000.000 d’habitants en France, et qu’on prenne la définition canadienne (large) de la surdicécité, retenue dans l’enquête outre-atlantique, par extrapolation, cela pourrait signifier qu’il y aurait entre 5600 (base déclarative) et 6600 (base estimée par les professionnels medico-sociaux) personnes sourdaveugles en France.

 

Répartition des personnes atteintes de surdicécité selon leur groupe d’âge

 

Provinces

0-5 years

6-20 years

21-60 +years

61+ years

Total

Colombie-Britannique

50 (17.4%)

139 (48.4%)

48 (16.7%)

50 (17.5%)

287

Alberta/TN-O/N

3 (1.4%)

18 (8.4%)

62 (29.0%)

131 (61.2%)

214

Saskatchewan

0

11 (7.4%)

78 (52.3%)

60 (40.3%)

149

Manitoba

3 (1.7 %)

15 (8.6%)

67 (38.3%)

90 (51.4%)

175

N-O de Ontario

 

2 (6.2%)

 

30 (93.8%)

32

Sud de l’Ontario

15 (2.2%)

173 (25.9%)

285 (42.7%)

195 (29.2%)

668

Québec

18 (1.7%)

40 (3.8%)

333 (31.5%)

667 (63.0%)

1058

Nouveau-Brunswick

2 (2.7%)

21 (28.8%)

  36 (49.3%)

14 (19.2%)

73

Nouvelle Ecosse

4(6.4%)

14 (22.2%)

40 (63.5%)

5 (7.9%)

63

Ile-du-Prince-Edouard

5 (33.3%)

10 (66.7%)

 

 

15

T-N/Labrador

 

1 (5.0%)

11 (55.0%)

8 (40.0%)

20

Total

100 (3.6%)

444 (16.1%)

960 (34.9%)

1250(45.4%)

2754

 

Répartition dans tout le Canada des classifications de surdicécité déclarées

 

Provinces

Congénitale

Acquise

Total

Colombie-Britannique

80 (45.2%)

97 (54.8%)

177

Alberta/TN-O/N

48 (22.4%)

166 (77.6%)

214

Saskatchewan

30 (61.2%)

19 (38.8%)

49

Manitoba

49 (45.4%)

59 (54.6%)

108

Ontario

267 (40.6%)

390 (59.4%)

657

Québec

139 (17.8%)

644 (82.2%)

783

Nouveau-Brunswick

38 (52.1%)

35 (47.9%)

73

Nouvelle-Ecosse

13 (59.1%)

9 (40.9%)

22

Ile-du-Prince-Edouard

13 (86.7%)

2 (13.3%)

15

Terre-Neuve/Labrador

0

0

0

Total

677 (32.3%)

1421 (67.7%)

2098

Echantillon CRESAM :

 

France

0-5 ans

6-20 ans

21-60 ans

+ de 61 ans

Total

 

26 (3,47 %)

184 (24,5 %)

465 (62 %)

75 (10 %)

750

 

 

Répartition des types d'étiologies par région pour les cas suivis par le C.R.E.S.A.M.

 

Type étiolgoie

 

 

Régions

Acquis

Congénitale

Total par région

 

Enfants dans autre région que parents

2

33,3%

4

66,7%

6

ALSACE

10

50,0%

10

50,0%

20

AQUITAINE

14

66,7%

7

33,3%

21

AUVERGNE

4

57,1%

3

42,9%

7

BASSE- NORMANDIE

11

47,8%

12

52,2%

23

BOURGOGNE

7

50,0%

7

50,0%

14

BRETAGNE

32

55,2%

26

44,8%

58

CENTRE

18

62,1%

11

37,9%

29

CHAMPAGNE-ARDENNE

4

40,0%

6

60,0%

10

FRANCHE-COMTE

5

45,5%

6

54,5%

11

HAUTE-NORMANDIE

16

80,0%

4

20,0%

20

ILE-DE-FRANCE

81

70,4%

34

29,6%

115

LANGUEDOC-ROUSILLON

16

76,2%

5

23,8%

21

LIMOUSIN

11

84,6%

2

15,4%

13

LORRAINE

12

70,6%

5

29,4%

17

MIDI-PYRENEES

20

64,5%

11

35,5%

31

NORD-PAS-DE-CALAIS

21

65,6%

11

34,4%

32

PAYS DE LOIRE

34

73,9%

12

26,1%

46

PICARDIE

3

30,0%

7

70,0%

10

POITOU-CHARENTES

72

61,0%

46

39,0%

118

PROV.-ALPES-COTE-D'AZUR

49

73,1%

18

26,9%

67

RHONE-ALPES

37

60,7%

24

39,3%

61

Total général

479

63,9%

271

36,1%

750

           

 Grâce au croisement des deux corpus de données, on note une quasi-analogie tout à fait intéressante plus deux enseignements à approfondir dans une future étude:

- La surdicécité acquise représente, dans les deux banques de données, approximativement les 2/3 des cas et la surdicécité congénitale un peu plus ou un peu moins du tiers.

- La répartition régionale est tout à fait inégale dans une étude comme dans l’autre. Cela ne s’explique pas seulement par la présence des structures d’accueil. En fait certains secteurs peu pourvus de structures présentent des pourcentages élevés et inversement)

- La part des + de 61 ans reste la moins bien cernée et les chercheurs canadiens disent regretter de n’avoir pas pu obtenir des résultats plus fins quant à la part relative des personnes plus âgées et leur répartition socio spatiale.

 

La nécessité d’un travail de recherche sociologique et démographie sur ces questions semble aujourd’hui tout à fait d’actualité. Nous disposons en effet de la méthodologie et des protocoles d’enquête de cette étude canadienne comme d’une autre étude récente, en Suède, sur le même objet. Cela est de nature à rendre possible à coût raisonné une étude de ce type en France qui pourrait être faite par une équipe resserrée – médecin, géographe, sociologue de la santé publique, démographe.  

 

« Rompre l’isolement »

 La 14ième Conférence internationale de DBI s’est tenue à Perth en Australie, du 25 au 30 septembre. 381 personnes de 37 pays se sont retrouvées pour échanger et apprendre bénéficiant d’un riche programme scientifique ainsi que d’activités conviviales et culturelles.

La délégation française était composée de Mme SPRIET Dominique (ANPSA, Directrice d’établissement), M. SOURIAU Jacques (ex Président de DBI), moi-même M.BERNARD Serge (Directeur du CRESAM).

 

Qu’est-ce que DBI?

Fondée voici plus de 30 ans, Deafblind International (DbI) est l'association mondiale pour la promotion de services de personnes sourdes et aveugles. DbI rassemble des professionnels, les chercheurs, les familles, les personnes sourdes et aveugles et administrations.

 

Qu’est-ce que la surdicécité ?

« Un handicap sensoriel spécifique isolant fortement  la personne qui résulte de la combinaison de la perte ou la déficience, à la fois de l’ouïe et de la vision. Il affecte de manière significative la communication, la socialisation, la mobilité et la vie quotidienne. Les conséquences et l’impact sur chaque individu varient considérablement notamment entre ceux qui naissent sourdaveugles et ceux qui le deviendront. Ils gardent pour la plupart quelques degrés de vision fonctionnelle et/ou d’audition. Ils peuvent utiliser parfois des aides visuelles ou auditives pour optimiser l’utilisation de leurs capacités restantes.

L’impact de la surdicécité sur les adultes ou les enfants est très lié à la communication et les connexions avec la famille et les amis, aux opportunités éducatives et du développement qui soient bien appropriées, aux activités récréatives et de loisirs et au soutien familial » (constitution de DBI, traduction par mes soins).

 

Un peu d’histoire ….

Les racines de l’organisation remontent aux années 1950, lorsque quelques organisations et écoles du monde entier commencent à collaborer, telles que Condover Hall au Royaume-Uni, l'école pour les aveugles à Hanovre en Allemagne, l'Institut pour Défectologie à Moscou, Michielsgestel aux Pays-Bas et Perkins école pour les aveugles aux Etats-Unis et d’autres écoles issues de plusieurs écoles de la Pays nordiques. C'est au cours de la conférence de Sydney en 1976 que l'Association internationale pour l'éducation des sourdaveugles a officiellement vu le jour. Élection de Keith Watkins, d’Australie, son premier président. L'adhésion était alors strictement individuelle, pour un coût d'environ 10 dollars par an.

 

A Poitiers en 1987

A la conférence mondiale qui s'est tenue à Poitiers, en France, en 1987, que la croissance rapide de l’organisation nous a incités à d'établir une constitution en vertu de laquelle on pourrait fonctionner à l'avenir.  Un comité a été nommé à cette fin. Une constitution qui a été présenté à notre comité exécutif et approuvée à Madrid en 1997, puis être ratifié lors de notre réunion mondiale à Cordoba, en Argentine 1999.

A la suite, il fut décidé que les membres ne devraient pas être seulement des enseignants concernés par l'éducation, mais venus d’une grande diversité des services à la surdicécité, y compris, mais sans s'y limiter, des spécialistes cliniques, les membres de la famille, de la réhabilitation et des services de travailleurs adultes, et les personnes sourdes et aveugles elles-mêmes.

 

Le programme scientifique de la 14ième Communication et langage

         Loisirs

         Emploi et orientation

         Prévention et dépistage précoce

         Diagnostics et bilans

         Aides techniques

         Accompagnement et services pour les adultes

         Formation des équipes et développement des ressources

         Plan de développement

         Management

         Rubéole

         Syndrome USHER

         Syndrome Charge

         Familles

         Changements démographiques et sociaux

 

Une organisation intercontinentale plus ouverte aux Suds

Les congressistes ont décidé de poursuivre la structuration en une véritable organisation mondiale pour encourager le développement des services et la participation des nations  membres de pays en développement. 

         Prochaine conférence DBI en 2011 à New Delhi (Inde).

         Voici quelques semaines, j’ai animé une réunion ouverte, en compte rendu des travaux, au CRESAM.

         Nous sommes convenus de nous retrouver sur le thème de : « Surdicécité et monde du travail, approche internationale comparée ». M. Alain DUPEUX préparera cette prochaine session.

Serge BERNARD.

 

Séjours vacances 2008

 

Comme chaque année, des séjours de vacances adaptées. Cette année encore, ils sont organisés par les associations ORLOJE de POITIERS et le COMITE FRANCO-QUEBECOIS de LA ROCHELLE en lien avec le secteur vacances adaptées du CRESAM, suivi par Stéphanie LACROIX et Brigitte ZASSO. Tous nos séjours s’adressent à des personnes sourdes aveugles ou sourds malvoyants.

 Séjours adultes :

 - Du 26 juillet au 2 août 2008 à Rocamadour dans le lot (43), Séjour bonne autonomie en Pension complète, 5 vacanciers communicants en LSF

4 animateurs accompagnateurs signants.

 - Du 2 au 9 août  2008, Lannux dans le Gers (32)

Séjour bonne autonomie en Gestion libre, 5 vacanciers en communication orale, 3 animateurs accompagnateurs.

 - Du 2 au 9 août 2008 et du 9 au 16 août, Bouin en Vendée (85), en Gestion libre, Personnes peu et moyennement autonomes, 5 vacanciers, 4 animateurs accompagnateurs

 - Du 2 au 9 août 2008, La tranche sur mer en vendée (85) en Pension complète, Séjour bonne et moyenne autonomie, 5 vacanciers, 4 accompagnateurs animateurs.

 - Du 24 au 30 août 2008, Mauzé sur le mignon  en Charente Maritime (17) en Gestion libre, Personnes peu autonomes, 5 vacanciers, 5 accompagnateurs animateurs.

 

Hollande

- Du  15 au 22 août 2008 à Sgravenland en Gestion libre, Séjour bonne autonomie, 6 vacanciers communiquant en LSF, 4 animateurs accompagnateurs signants.

 Pour plus d’informations concernant les séjours vous pouvez contactez au CRESAM Stéphanie LACROIX au 05 49 43 80 50 ou bien Brigitte ZASSO ou encore Sullivan THEVENET.

 Dans la continuité des séjours vacances, le C.R.E.S.A.M. souhaite faire paraitre le témoignage de Melle DUCRET Céline, qui à participé au séjour vacances de 2007 à la Tranche sur Mer.

 

Bonjour à tous, 

 Je voudrais vous faire partager ma nouvelle expérience.

J’ai participé à un séjour de vacances adapté du 04 au 11 Août à la Tranche sur Mer.

Ce séjour organisé par le CRESAM avec la collaboration de l’association ORLOJE était proposé aux personnes atteintes du Syndrome d’Usher du type 2.

 J’étais contente de partir malgré une appréhension par rapport à l’entente entre ce petit groupe pendant une semaine. Je me suis lancée dans cette nouvelle aventure.

Accueillie très chaleureusement par les animateurs Sabrina, Charlotte et François, j’ai fait connaissance de mes compagnons de route pour la semaine : Patrick, Erdogan, Romuald et Jean-Marie.

 Tous ensembles, nous avons organisé notre programme riche d’activités.

Ballade en  bateaux, promenade dans la forêt de la Savinière, baignade à la mer et à la piscine et détentes sur la plage furent des moments inoubliables.

Un matin, nous avons pédalé avec des Rosalies et des tandems : quelle bonne partie de rigolade !

Les animations de soirée comme le folklore vendéen et orchestre joyeux prolongeaient nos fins de journée parfois très tardivement.

Mais malheureusement, les belles choses ont une fin.

Quand le départ a sonné, j’étais triste de quitter cette joyeuse équipe mais on a échangé nos coordonnées.

Je suis rentrée contente et prête à recommencer : je crois que je ne suis pas la seule.

Je remercie toutes les personnes qui ont contribuées à la réussite de ce séjour.

 Céline

 

Merci Céline pour cette marque de sympathie.

 

Le C.R.E.S.A.M. veut rassurer les personnes ainsi que les professionnels sur le retard de la revue «  DBI Review ». En effet la revue numéro 39 du premier semestre 2007 a été reçue tardivement ainsi les textes originels en anglais sont en cours de traduction. La mise en page de votre numéro sera donc effectuée prochainement. Veuillez donc nous excuser de ce contre temps indépendant de notre volonté

 

En ce début d’année 2008

Serge BERNARD, directeur, et toute l’équipe du CRESAM vous présentent leurs meilleurs vœux de bonheur et de santé.