Définition de la surdicécité

Définition de la surdicécité :
L'existence chez une même personne d'une surdité et d'une cécité est une réalité rare et difficile à se représenter.
L'intérêt pour les sourdaveugles date de la deuxième partie du XIXe siècle. Jusqu'aux années 60, il est surtout le fait d'éducateurs particulièrement dévoués et créatifs, issus, pour la plupart, du monde de l'enseignement spécialisé.
La seconde moitié du XXe siècle constitue un tournant. A la mise en place de programmes ambitieux de prise en charge du handicap s'ajoute l'apparition de nouvelles étiologies comme la rubéole qui frappe de nombreux enfants. Les fondements des approches éducatives actuelles sont alors mis en place.
Le développement des programmes centrés sur les personnes sourdaveugles fait que la question de la définition du handicap est débattue de façon permanente. En effet, cette définition conditionne l'orientation adéquate des personnes handicapées sensorielles dans le système éducatif et thérapeutique ainsi que la planification des équipements nécessaires et leur mise en place.
Pour l'ensemble des professionnels impliqués dans le domaine de la surdicécité, il est clair qu'une définition reposant uniquement sur les critères médicaux traditionnels (l'acuité visuelle, le degré de perte auditive) se révèle très insuffisante pour classer ou non quelqu'un dans le groupe des personnes sourdaveugles.Tout le monde s'accorde à penser que doivent être considérés en priorité les critères fonctionnels, c'est-à-dire l'évaluation des conséquences de la perte auditive et visuelle sur la vie quotidienne. De plus le simple fait que des techniciens, si compétents soient-ils, décident de faire entrer une personne dans la "catégorie" des sourdaveugles peut ne pas suffire à ce que la personne considérée se sente appartenir à cette catégorie. En effet, et pour des raisons tout à fait compréhensibles, beaucoup de celles ou ceux qui deviennent sourdaveugles, sont réticents à se considérer comme sourds ou aveugles. Le mot sourdaveugle, universellement utilisé, implique, chez tous, des représentations, des perceptions et des affects complexes qui peuvent conduire à des malentendus.
Il n'en reste pas moins vrai que les personnes sourdaveugles, leur famille ainsi que les professionnels sont d'accord : la surdicécité constitue un handicap unique et spécifique qui ne peut pas être confondu avec d'autres, tels que la surdité, la cécité, le retard mental, l'autisme, le polyhandicap.