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DbI N° 37
Janvier - Juin 2006
 DbI Review
Le Magazine International des Sourds-Aveugles

 

SOMMAIRE

 

Un monde du silence invisible. La situation des sourds-aveugles au Bengladesh.

 A H M Noman Khan et Sadat Noori Chowdhury

Aucun son n’est faux .... la musique est communication

Birgit Kirkebaek & Cathrine Lerwig

« Black » – voir c’est croire !     (un film indien sur une sourde-aveugle)

Akhil S.Paul

Aller à l’essentiel : un projet centré sur la personne

Sharon Elliston

Pleine participation à l’éducation pour les enfants devenus sourds-aveugles

Leela Agnes

La fabrication du pain – un chef d’oeuvre pour l’esprit et le corps !

Marcia StorinoRencontre avec Mbekisini Mthetwa et sa famille

Thandi Ngubane & Corinne Pillay

Syndrome de CHARGE: Double handicap sensoriel, développement cognitif et anxiété

Christine Tap

Deux grandes dates pour les sourds-aveugles au Népal

Lone Poggioni

Proyecto Aventura : Les sourds-aveugles de Bogota en route pour une grande aventure

Enrique King

Rapport des Nations Unies

Changement – vers un avenir meilleur ?

Lex Grandia

Nouvelles régionales

Ressources et publications

Nouvelles des réseaux

Conférences

Nouvelles du secrétariat et des adhérents

 

Message du président

 

Chers membres, amis et collègues,

 

Je disais dans mon dernier message que DbI allait examiner de près notre stratégie de l’année prochaine qui nous conduira à notre conférence prévue à Perth en 2007.J’ai le plaisir de vous informer qu’un groupe de planning stratégique, dirigé par Tony Best, a été formé et a déjà tenu sa première réunion à Overbrook School for the Blind. J’attends les résultats et les recommandations de ce groupe car je suis sûr qu’ils auront une grande importance pour l’avenir de notre organisation.

A propos de ce groupe et de ses membres, je pensais au nombre de gens qui sont impliqués activement, directement ou indirectement, dans la réflexion sur l’avenir de Deafblind International. Si je tiens compte de notre commission réseaux, de notre commission nominations, de notre groupe d’évaluation des conférences, des activités de nos réseaux, des hôtes des conférences ainsi que du travail quotidien du comité de direction et du secrétariat – le nombre est effarant ! Il y a tant de gens qui font quelque chose pour l’avenir des sourds-aveugles et des gens qui sont importants dans leur vie que nous ne pouvons que dire un grand merci à ceux qui donnent tant de temps et d’énergie pour nos objectifs communs.

J’ai mentionné précédemment la préparation d’un document intitulé « Mémorandum d’entente » avec ICEVI. Je suis heureux de vous annoncer qu’il est achevé et a été dûment signé par le président de ICEVI, Larry Campbell, et moi-même. J’espère une étroite collaboration avec cette organisation et nous avons déjà projeté de tenir notre prochaine réunion de Conseil en même temps que leur conférence mondiale en Malaisie cette année en juillet. Un autre de nos partenaires naturels est la Fédération Mondiale des Sourds-Aveugles et son président , Lex Grandia, que beaucoup d’entre vous connaissent. Lex assistera à la réunion de notre Conseil pour consolider notre collaboration positive à  l’avenir.

Dans ce numéro, vous allez lire un article de fond sur le Bangladesh. Il faut que je vous dise quelle fantastique expérience a été la conférence. Les participants de nombreux pays m’ont vraiment impressionné par leur passion, leurs sentiments et leurs idées. La conférence était bien organisée et le programme et les intervenants vraiment intéressants. Je sais que cela a demandé beaucoup de dur travail et je voudrais féliciter tous ceux qui y ont participé pour cette réussite. J’espère que la même énergie contribuera au développement de services dans cette partie du monde . J’en suis sûr !

Une fois encore, un autre grand moment de cette année a été la conférence sur la communication à Oslo, organisée par le Centre de formation nordique avec un programme élaboré par des membres du groupe de travail de notre Réseau Communication. Plus de 100 participants ont discuté de domaines touchant à la communication. J e sais que ces idées seront largement diffusées en temps voulu car ce thème intéresse le monde entier. J’attends et j’espère aussi une collaboration plus étroite avec le NUD à l’avenir.

En regardant les événements programmés pour cet automne, je suis heureux de voir combien certains de nos réseaux sont actifs. EdbN organise une rencontre des familles à Salou en Espagne et ADbN une nouvelle conférence de sa série qui connaît un grand succès – en Hollande cette fois. Vous trouverez les détails dans ce numéro.

L’année prochaine, bien sûr, la Conférence mondiale de DbI se tiendra à Perth en Australie. Le planning a commencé, pour ce qui promet d’être un formidable événement dans un cadre fantastique. L’appel à communications est pour bientôt et j’espère que vous allez tous bien vouloir nous faire part à tout  le monde de vos idées et de vos activités.

Comme d’habitude, je terminerai en souhaitant la bienvenue aux associations qui ont adhéré récemment. Mes sincères remerciements à tous ceux d’entre vous qui continuent à soutenir DbI et par conséquent les enfants et les adultes sourds-aveugles et les gens qui sont importants dans leur vie.

                                                                                                                      William

 

 

 

Editorial

 

Vous pouvez faire le tour du monde dans ce numéro de la revue – et en compagnie de gens formidables !

La Conférence asiatique nous a donné l’occasion de rencontrer de nouveaux collègues au Bangladesh et l’enquête que nous relatons apporte des preuves flagrantes pour soutenir le démarrage du travail formel avec les sourds-aveugles. Le film qui accompagne le rapport est émouvant et puissant – c’est un merveilleux outil pour militer pour la cause.

Grâce à Klaus Vilhelmsen, nous avons un nouvel article de notre série sur la valeur de l’expérience esthétique et cette fois les auteurs nous parlent de musique.

Les choses bougent en Amérique Centrale et en Amérique Latine – de la boulangerie au Brésil au bowling en Colombie et à la rencontre des familles au Guatemala ! L’Inde apparaît, tout comme l’Afrique – et il y a plein de nouvelles d’Australie !

Restez en contact – nous avons besoin de vos idées !

Amicalement.

                                                                                                                      Eileen

 

 

Un monde du silence invisible

 

La situation des Sourds-aveugles au Bengladesh

 

La conférence asiatique de DbI en janvier cette année a été un remarquable succès. Au centre de cette conférence, il y avait un rapport commandé par l’association organisatrice , NFOWD, et réalisé par son secrétaire général, A.H.M. Noman Khan avec le consultant Sadaf Noori Chowdhury. Accompagnant le rapport, intitulé « Un monde du silence invisible » un court métrage émouvant et digne a été réalisé pour illustrer la vie de 20 personnes sourdes-aveugles et leurs familles qui en étaient le thème. Les résultats de ce rapport perspicace nous sont résumés ici.

 

Surdicécité

Une étude récente sur le Bengladesh indique que 5,6% de la population totale a été identifiée comme ayant un handicap. Certains ont des handicaps multiples tandis que d’autres ont des handicaps sévères et profonds. Ce scénario donne une image inexplorée de ce qui compose ces handicaps multiples.

Et quelque part, cachés, il y en a une proportion notable qui seraient reconnus comme sourds-aveugles dans beaucoup de pays dans le monde. Malheureusement, ce groupe est complètement inconnu et absolument invisible pour les gens dans notre société. Pour eux la vie n’est rien d’autre qu’un silence de mort. ILs ne peuvent sentir la présence d’un être humain ou d’un objet que si quelqu’un ou quelque chose touche leur corps. La seule façon de communiquer avec une personne sourde-aveugle est de toucher son corps. Dans ces conditions, une famille dont un membre est sourd-aveugle ne sait pas normalement quoi faire

exactement pour vaincre une telle vulnérabilité. La plupart des parents d’enfant sourd-aveugle sont complètement perdus et perplexes en pensant à l’avenir et à ce qu’il leur réserve. En définitive, on présume qu’un désir ou une espérance de réussite, comme pour les autres enfants, n’est tout simplement pas possible pour quelqu’un qui est sourd-aveugle.

 

Les sourds-aveugles au Bengladesh

La reconnaissance, ou même l’acceptation de l’existence de la surdicécité, sont quasiment absentes dans le contexte du Bengladesh. Aucune mesure n’a été prise jusqu’ici pour identifier les sourds-aveugles dans le pays . La question n’a pas été évoquée non plus dans la nouvelle loi sur le handicap du pays. Elle n’a même pas eu la priorité dans les questions de politique nationale. Les organismes gouvernementaux de développement semblent n’avoir pas conscience de la fréquence de la surdicécité, ni de la situation des sourds-aveugles, dans ce pays. Aucune intervention particulière n’a jamais été montrée par les organisations de handicapés pour répondre au défi de la surdicécité et donc ils ne sont pas inclus dans les activités de leurs programmes en cours. L’étude récente «  Etude sur la fréquence du handicap » n’a pas été conçue pour inclure la fréquence des sourds-aveugles dans le pays.

Mais, d’après une source internationale, on suppose que 0,04% du nombre total de personnes handicapées présentent un certain niveau de surdicécité. Ce taux n’est ni adapté ni approprié pour un pays comme le Bengladesh où le taux de mortalité des enfants handicapés est bien plus élevé que le taux de mortalité des autres enfants non handicapés. Dans ces conditions, il ne serait pas étonnant de prévoir , ou d’espérer, une durée de vie plus courte, et donc une situation où les enfants sourds-aveugles sont réellement très peu nombreux. Cependant, une étude récente révèle que les handicaps multiples au Bengladesh représentent environ 10,7% de la population de handicapés. Dans ce contexte, on peut assumer que la fraction de gens qui pourraient être atteints de surdicécité pourrait être d’environ un dixième (70 000) des 780 000 personnes handicapées.

Résultats alarmants

Pour réaliser cette étude, on a embauché des éducateurs dans différentes parties du pays. Ils ont rapidement identifié 57 cas de surdicécité. Sur ces cas, 20 ont été étudiés, la situation de chaque individu étant vue lors d’examens empiriques. Le but était de déterminer la façon dont les sourds-aveugles étaient perçus dans la société ainsi que la possibilité pour les associations de travailler dans ce domaine. La situation observée était, en deux mots, tout simplement alarmante. L’expérience de cette observation exige une stratégie concrète et coordonnée et une solution prudente à la situation existante. Cependant l’histoire de ces 20 sourds-aveugles ouvrira certainement les yeux à tous ceux d’entre nous qui travaillons à répondre aux besoins des personnes handicapées dans un pays comme le Bengladesh.  Mais ce qui est plus inquiétant à cet égard c’est que si tout le scénario réel est révélé en entier, nous aurons à faire face à une situation bien pire.

 

Identification des sourds-aveugles

Un certain nombre d’organisations travaillent à l’amélioration de la vie des personnes handicapées dans le pays. Ces organisations ont un bon accès à la fourniture d’informations sur ces personnes. Par contre, il est difficile de trouver une seule organisation qui puisse offrir des informations sur l’existence de sourds-aveugles dans le pays. Cela montre que les associations de handicapés, tout comme les éducateurs, manquent des connaissances nécessaires pour recueillir des informations sur les sourds-aveugles. La formation pour le perfectionnement des éducateurs a négligé la surdicécité dans leur programme. Ceux qui ont déjà été identifiés ont été mis dans la catégorie handicaps multiples.

 

Etat des sourds-aveugles

La plupart des sourds-aveugles identifiés par cette étude sont âgés de 3 à 50 ans. Toutefois, on a aussi une information sur une personne sourde-aveugle de plus de 90 ans. La surdicécité de ces personnes est soit sévère soit profonde. Quelques uns ont des restes auditifs mais qui sont qualifiés de peu importants et inutilisables. La plupart ont une basse vision ou une vision en tunnel. Les deux entraînent des problèmes d’équilibre. Le syndrome d’Usher est un handicap qui affecte une personne sourde de naissance qui acquiert un handicap visuel. La combinaison de ces deux handicaps sévères rend la personne progressivement sourde-aveugle. Ceux qui  perdent la vue avant l’âge de 3 ans n’ont rien à attendre de la vie qu’un silence mortel. Ce silence et cette solitude amènent dépression, douleur et (quelquefois) comportement violent chez la personne, ce qui est facilement ressenti par ceux qui la connaissent bien. Cela se produit à cause de leurs opportunités et de leurs capacités d’expression limitées ; même pour transmettre leurs sentiments de solitude désespérée à quiconque. Beaucoup des sourds-aveugles identifiés ont aussi d’autres types de handicaps en plus de la surdicécité. Certains sont aussi atteints de paralysie cérébrale, ce qui entraîne une gamme de problèmes physiques divers y compris des problèmes d’équilibre et une mauvaise motricité.

C’est une situation complexe où la personne ne peut pas voir ni entendre les choses dans  l’environnement qui sont évidentes pour les autres. Ils sont dans le noir. La signification de la vie, de la mort ou d’une relation d’amour n’ont aucun sens pour eux. Leur incapacité de se mouvoir librement fait que leur corps s’engourdit progressivement.

 

La personne sourde-aveugle, ses parents et sa famille

Parmi les sourds-aveugles identifiés, la plupart viennent d’un environnement familial très pauvre et certains d’une classe extrêmement pauvre. La richesse, la prospérité ou des conditions privilégiées ne signifient pas qu’on puisse supprimer les handicaps de l’enfant. Ces familles ont la possibilité de dépenser de l’argent pour obtenir un meilleur résultat dans l’amélioration de leur état actuel. Mais, pour beaucoup, tout progrès ou amélioration de l’état actuel est considéré comme un objectif inatteignable. Les larmes et le repentir sont les mêmes pour toutes les catégories de gens. Dans leur recherche pour apporter des changements dans l’état d’un enfant sourd-aveugle, beaucoup de pauvres se sont ruinés et ont dû devenir journaliers. Leur seul espoir était que leurs efforts puissent changer l’état de leur enfant !

 

Services et traitement pour les sourds-aveugles

Les personnes de nos 20 études de cas ont déjà expérimenté des traitements très différents. Si certains types de traitement sont calmants, d’autres sont décevants et engendrent plus de frustration chez les gens. Beaucoup de familles ne connaissaient pas, ou n’avaient pas remarqué, les problèmes dès la naissance. Beaucoup de familles se sont aperçues de la surdicécité avec le temps en observant des comportements anormaux . Au départ, une famille peut s’être rendu compte du problème d’audition chez l’enfant, mais n’y avoir jamais fait attention à cause du manque de connaissances adéquates et par ignorance.  En conséquence, ils n’ont jamais consulté de médecin. La plupart du temps, les problèmes de vision ont été remarqués entre 3 et 10 ans. La première consultation a été faite chez le médecin local, puis plus tard au centre d’ophtalmologie local. Beaucoup de familles ont amené leurs enfants à l’hôpital ou dans une clinique en ville pour avoir un meilleur traitement, mais aucun n’a obtenu un réel changement jusqu’ici. En fin de compte beaucoup de familles pauvres ont dû confier le traitement de leurs enfants au guérisseur local. Certains de leurs procédés de traitement sont choquants et traumatisants. On a aussi noté des mauvais traitements. Un médecin local a prescrit à un enfant sourd-aveugle atteint de paralysie cérébrale un sédatif à chaque fois qu’il s’agitait ou avait des contractures pour le calmer. Il existe des services pour les personnes handicapées dans le pays, même s’ils ne sont pas de haute qualité, mais l’idée d’obtenir un traitement pour un sourd-aveugle, ou même d’y penser, tient du mirage.

 

Remède possible à la surdicécité

Existe-t-il un remède ou une aide pour la surdicécité ? C’est une question vitale dans le monde entier. Beaucoup de pays ont déjà fait des progrès dans ce domaine mais la question est déconcertante pour beaucoup d’entre nous dans les pays en développement. L’histoire rapporte des cas de sourds-aveugles au 17e siècle en France . Beaucoup de pays avancés et développés ont suivi aux 18e et 19e siècles. Comparer notre avancement avec celui des pays développés peut être un rêve, mais ne devrait jamais être considéré comme une tâche impossible.

  Un pays du tiers monde comme l’Inde a donné un exemple lumineux de la manière de commencer à vaincre la surdicécité.

L’Inde prouve que si on a vraiment l’intention de faire quelque chose, alors c’est non seulement possible mais réalisable grâce à des efforts concertés. Les sourds-aveugles ne doivent pas seulement « survivre » tout au long de leur vie, il doivent pouvoir participer à la vie nationale. L’informatique a permis de minimiser l’impact de beaucoup de handicaps et a aussi permis de surmonter beaucoup d’obstacles pour les sourds-aveugles. Ces derniers temps, dans beaucoup de pays, des sourds-aveugles réussissent à l’école et se mesurent aux autres pour entrer à l’université ou dans la vie active pour s’établir convenablement dans la société. Beaucoup d’enfants sourds-aveugles de familles pauvres ont acquis des compétences de communication pour communiquer avec les membres de leur famille pour exprimer leurs besoins, exigences, désirs et espérances.

 

Langue des signes et autres formes de communication

La langue des signes permet à une personne avec un handicap auditif de comprendre les autres et de communiquer avec eux. C’est possible parce qu’une personne sourde peut voir les autres et lire .  D’autre part, les sourds-aveugles ne peuvent communiquer que par le toucher.  Une personne ayant une surdicécité légère à modérée peut lire les gros caractères ou les symboles, comme outil de communication. Si la compétence de communication d’une personne sourde-aveugle est développée, elle peut facilement surmonter les autres obstacles en utilisant le Braille ou d’autres procédés tactiles. Le Braille, avec l’ordinateur, a permis de minimiser beaucoup de difficultés concernant la communication et l’éducation pour les handicapés visuels. Le Braille peut aussi être employé pour les sourds-aveugles pour minimiser les problèmes de communication, d’instruction et même d’emploi. L’informatique ouvre de nouveaux horizons aux sourds-aveugles. La seule façon d’intégrer les sourds-aveugles dans leur famille et plus généralement dans la société est de développer leurs compétences de communication avec leurs parents et avec les autres membres de la famille. Si un sourd-aveugle n’a pas de handicap cognitif, il développera rapidement la compétence de communication et y consacrera d’énormes efforts.

Malheureusement, comme il n’existe pas d’informations ni de services pour les sourds-aveugles au Bengladesh, il n’y a pas un seul mot de consolation à offrir aux familles de sourds-aveugles. Mais maintenant l’heure est venue de changer cette perspective. Il y a une lueur d’espoir car des progrès se produisent pour les sourds-aveugles dans les pays développés et en développement – et même chez notre voisin , l’Inde. Nous espérons que ces exemples de travail positif apporteront aux gens espoir et encouragement pour aller plus loin.

 

Conclusion

L’exigence du respect des droits de l’homme dans le monde entier s’exprime maintenant d’une seule voix  et fait l’objet d’une lutte unie. La question des droits de la personne handicapée est reflétée dans beaucoup des activités des associations au niveau mondial. Naître homme mais se voir refuser de prendre une part réellement épanouissante à la vie humaine, c’est , comme par prédestination, le sort de tous les sourds-aveugles dans un pays comme le Bengladesh. Le premier challenge de toute communauté humaine dans chaque société est d’exiger un changement positif dans la vie de ses membres. Un sourd-aveugle et sa famille n’ont pas les compétences ni les connaissances pour communiquer et se comprendre naturellement.  Il nous appartient de leur donner leurs droits fondamentaux en les aidant du mieux que nous pouvons. Ce problème est universel , ce n’est pas le problème d’une société en particulier. Chaque société a besoin de l’engagement du gouvernement, des organismes de développement et des organismes travaillant au développement humain ( en en particulier ceux qui se consacrent à apporter des changements à la vie des hommes) pour assurer la réussite.

S’occuper d’un enfant sourd-aveugle est peut-être avoir à faire à  la plus stimulante et la plus compliquée de toutes les affections handicapantes.   Pour traiter un tel problème, il faut connaître la stratégie et les mécanismes pour résoudre la situation avec une ardeur et une endurance extrêmes. A l’aube du 21e siècle, avec l’évolution d’outils de communication sophistiqués et les avancées de l’informatique, les problèmes sont devenus plus faciles à gérer.

Donc l’heure est venue de s’unir et d’agir pour lutter contre cette situation délicate. Il faut identifier tous ces enfants, adultes et personnes âgées sourds-aveugles abandonnés et anonymes au Bengladesh, et leur apporter l’attention et les soins appropriés. Si nous ne commençons pas maintenant, demain il sera trop tard. Avec de la coopération, de l’aide et de la détermination, nous pouvons définitivement triompher d’une situation aussi critique.

 

Le rapport s’intitule « Un monde du silence invisible » - situation des sourds-aveugles au Bengladesh. Histoire de 20 sourds-aveugles.

Publié en janvier 2006 par NFOWD ( Forum National des Organismes travaillant avec les handicapés) et Handicap International et soutenu par DFID Royaume-Uni.

 

Aucun son n’est faux .... La musique c’est la communication

 

Birgit Kirkebaek et Catherine Lerwig

 

Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche sur l’échange par l’improvisation. Le projet résulte de la coopération entre deux centres de ressources : le centre de ressources pour enfants et jeunes plurihandicapés ( VIKOM, en Danois) et le centre de ressources sur la surdicécité congénitale ( VCDBF, en Danois) . Le projet a été conclu à la fin de l’été 2005.

 

L’article soutient qu’une perspective esthétique basée sur la reconnaissance de la relation entre la musique et la communication par Colwyn Trevarthen et d’autres chercheurs, peut aider beaucoup d’enfants ayant des handicaps lourds. Ce sont aujourd’hui des enfants qui sont traités selon des stratégies inspirées du béhaviorisme – ou avec lesquels nous travaillons avec des stratégies exclusivement dirigées vers la cognition. L’argument choisi est qu’une approche esthétique inclut des aspects émotionnels et combine émotion et cognition. Toutefois, cela exige que toutes les expressions soient remarquées et prises au sérieux. L’article est basé sur une étude de cas d’un jeune homme de 16 ans, Jon. Il est aveugle mais a des restes auditifs. L’article est construit de manière à donner d’abord un point de vue extérieur sur l’interaction entre Cathrine et Jon, par l’analyse d’enregistrements vidéo, et ensuite les propres expériences de l’artiste, vues de l’intérieur, disant comment elle a expérimenté l’interaction avec Jon et les réflexions que cela a amené.

 

L’esthétique et le corporel

Le « corps vécu » est une expression employée par le philosophe français Maurice Merleau-Ponty. Cela signifie que « le corps est une expression qui ne peut pas être séparée de ce qu’elle exprime ». Sens et participation sont les principaux concepts quand nous parlons de la base d’un paradigme esthétique. la perception de Merleau-Ponty du « corps vécu comme notre moyen original et signifiant d’accès au monde » peut aussi permettre de comprendre ce qui se passe dans les séquences de l’interaction qui se crée entre Cathrine Lervig et Jon lorsqu’ils improvisent. Ils créent un espace – un espace vécu. « L’espace vécu » , au sens que Merleau-Ponty donne à l’expression, comprend l’espace physique, l’espace corporel, l’espace psychosocial et l’espace musical.

L’idée de Merleau-Ponty est que « nous sommes corporellement présents dans toute perception », et donc il n’est pas possible de prendre de la distance même si le monde semble différent pour ceux qui sont directement impliqués et ceux qui sont dans l’assistance. Merleau-Ponty considère le corps comme un sujet ressentant – en d’autres termes, comme un témoin silencieux. «  Le témoin silencieux » dont parle Merleau-Ponty est le corps vécu, ce qui ne signifie pas seulement le corps expérimenté, mais le corps présent, social et signifiant, opposé au corps purement biologique. La condition la plus fondamentale de la perception est notre corps, ou, comme le dit Merleau-Ponty : Notre corps n’est pas dans le temps, il habite l’espace et le temps. Donc, fondamentalement nous sommes notre corps, mais le corps peut aussi se percevoir lui-même, ce qui est un préalable à l’idée instrumentale que nous avons un corps », comme l’écrit le théoricien de la musique danois Svend Holgersen.

Merleau-Ponty décrit la relation signifiante entre l’enfant et son environnement comme intentionnelle. Il a une catégorie particulière pour le mouvement, qu’il appelle intention locomotrice. L’intention a quelque chose à voir avec la production de sens dans l’interaction. Pour Merleau-Ponty le corps est l’unité originelle de production de sens. Le monde n’est pas signifiant en lui-même, mais « il est signifiant pour nous à cause de notre existence corporelle et de notre accès au monde ». Merleau-Ponty pense que nous voyons les choses dans leur entité et pas seulement dans leur partie apparente. Le corps vécu, pour lui, est voué à produire du sens – en d’autres termes il ne peut pas être ignoré.

Lorsque Catherine Lervig et moi avons un foyer de pulsation rythmique innée, de communication non-verbale  et la tentative de l’enfant de créer une cohérence et un flux signifiants, un paradigme esthétique en est la base. Un point essentiel de cette esthétique est que le produit est complété par la coopération de l’autre – en d’autres termes, que rien n’est accompli avant d’être vu et interprété par l’autre.

 

Point de vue extérieur sur l’interaction de Catherine et de Jon

Lorsqu’on analyse l’enregistrement vidéo de l’interaction entre Cathrine et Jon, beaucoup de questions se posent. Que signifient pour lui les mouvements constants de la tête que fait Jon ? Quelle expérience lui apportent-ils et quelles expressions émotionnelles pouvons-nous trouver dans son comportement – et dans celui de Cathrine ? Que se passe-t-il entre eux ? Et comment l’artiste rencontre-t-elle l’individu dont elle va faire pour la première fois la connaissance ?  La rencontre se déroule de la façon suivante ( décrite plus en détails dans le livre danois « Aucun son n’est faux »)

Jon est assis dans un fauteuil roulant face à Cathrine. Il remue la tête d’un côté à l’autre. Cathrine et Jon commencent par se tenir les mains. Jon  lâche la main de Cathrine et fait le signe d’enlever sa chemise. Cathrine essaie de se joindre à lui en chantant, au rythme des mouvements de tête de Jon. Là il y a une pause. Jon prend le contrôle et arrête brièvement de remuer la tête. Il produit des sons graves, ainsi qu’un genre de bruits de crachement. Cathrine imite les petits sons de Jon. Elle continue à bavarder et chante encore. Jon danse maintenant avec les doigts. On dirait qu’il obéit à son propre rythme rudimentaire. Cathrine a l’air de chercher et de manquer d’assurance. Jon tourne la tête en rythme et « danse » avec les mains/ les doigts et produit de petits sons. Cathrine attend les initiatives de Jon et essaie de répondre à ses émissions de sons, elle répond et essaie de prendre la main de Jon. Jon retire sa main et l’éducatrice de Jon suggère que Cathrine touche plutôt les bras et les épaules de Jon. Cathrine le fait et Jon accepte ce contact. Cathrine chante dans le rythme selon lequel Jon bouge la tête. Elle ajoute quelque chose de nouveau à ses mouvements : le son de sa voix. Il y a une pause. Jon semble écouter attentivement. Cathrine met ses mains sur les épaules de Jon. Jon lui explore brièvement les mains puis met ses doigts sur ses propres mains pendant un petit moment. Jon balance la tête intensément et murmure. Cathrine reprend avec une voix modulée ou vibrato.  Jon est vraiment attentif – il participe et écoute. Il y a un contact tête-à-tête. Vibrato dans les graves comme les propres sons de Jon. Il y a harmonie et expérience partagée par les vibrations. Puis pause et réflexion. Jon reste assis complètement silencieux et sans balancer la tête. Cathrine commence à chanter dans un ton plus aigu, mais garde les sons graves « bruts » comme rythme de base – le même rythme que les mouvements de la tête de Jon. Il se redresse, se tape sur le front et balance à nouveau la tête d’un côté à l’autre. La main de Cathrine est sur son épaule. Maintenant Jon commence à lui explorer les mains, d’abord avec sa main gauche, puis avec la droite. Il lui tient brièvement la main avec sa main droite. Cathrine lui propose des sons graves, forts et vibrants. Jon écoute de nouveau. L’initiative de Cathrine est spectaculaire. Jon tient toujours la main de Cathrine. Il soulève de nouveau sa chemise – plusieurs fois. Qu’est-ce que cela signifie ? Jon met ses doigts dans sa bouche, écoute, le visage tourné vers Cathrine , et balance de nouveau la tête. Cathrine met sa main sur son épaule. Il y a un échange de sons murmurés. Jon a ses doigts dans sa bouche. Sons murmurés en harmonie tête contre tête. Jon baille. Cathrine demande : « Tu en as asez maintenant ? ». Jon tend la main vers elle. Leurs têtes se touchent à nouveau. Jon laisse aller sa tête sur le bras de Cathrine. Pendant un long moment, ils restent assis comme cela. Jon s’étire comme après une bonne sieste. Merci pour le cours !

            Les choses qui ont attiré mon attention  ont été d’une part le fait que Jon essaie de quitter sa chemise et d’autre part l’effet que les vibrations de Cathrine ont sur lui. Enfin, j’ai été très intéressée par l’usage que fait Jon des mouvements de ses mains ; ils semblen,t utilisés très intentionnellement. Mais ce qui m’a le plus frappée, c’est comment Jon, sourd-aveugle, confirme et reconfirme sa communication avec Cathrine.

Au début, Jon suit son propre rythme de base. Lorsque Cathrine ajoute une « mélodie » à ce rythme de base avec sa voix, Jon devient attentif et participe. Cela l’aide qu’elle lui touche l’épaule, mais comme il se sert de ses mains et de ses doigts d’une part pour danser et d’autre part pour explorer Cathrine, il ne veut pas qu’elle lui tienne les mains. Je vois la danse des mains comme une manière de partager l’expérience avec Cathrine. Lorsqu’elle le confirme en ajoutant quelque chose de nouveau ( le son de sa voix) à son rythme de base ( ses mouvements de la tête), il re-confirme en ajoutant la danse des mains. Ensemble ils explorent l’effet « tête contre tête » des vibrations. Ils partagent l’expérience. Peut-être que les tentatives de quitter la chemise sont une manière d’exprimer de l’enthousiasme – une exaltation – qui peut être comparée à la réaction d’un joueur de foot qui marque un but. Mais cela peut aussi être considéré comme une re-confirmation de l’expression spectaculaire par laquelle Cathrine a confirmé que Jon explore ses mains et veut savoir qui elle est. Si elle est en colère et « dramatique », il manifestera, en arrachant sa chemise, qu’il est lui aussi en colère et « dramatique ».

L’épisode décrit et notre interprétation sont ce que le psychologue norvégien appelle un paradigme esthétique. Ce sont des moments d’esthésie, comme le décrit le professeur de musicologie norvégien Jon-Roar Bjorkvold. Lorsque Cathrine ajoute quelque chose de nouveau à l’expression de Jon, et quand il y répond et examine sa suggestion, ils co-créent une nouvelle expression esthétique qui contient quelque chose venant de chacun d’eux.

Ce que Jon utilise dans sa communication, ce sont les mouvements de sa tête d’un côté à l’autre et ses vocalises : dans mes observations « de l’extérieur » les sons de Jon et l’utilisation des mains ont un rôle primordial, de même que son acceptation sans réserve de Cathrine doit être soulignée comme quelque chose de spécial. Mais je crois que les mouvements de la tête sont aussi beaucoup plus que des stéréotypes et une activité introvertie.

Les mouvements de la tête ont des significations très différentes et sont utilisés à différentes fins :

-        ils donnent un rythme de repos provoquant le sommeil, il est détendu et s’endort.

-        ils sont utilisés comme un flux personnel, qui rend son monde cohérent.

-        ils sont utilisés comme instrument rythmique, qui donne à la fois le rythme et la tendresse ou la férocité dans l’expression du morceau de musique.

-        ils donnent aussi le pas et la dynamique et font partie du flux partagé qu’il co-crée avec Cathrine.

-        ils sont utilisés pour apporter l’expérience sensorielle particulière que l’on a quand on bouge la tête d’un côté à l’autre selon une source sonore avec des rythmes différents – c’est une sorte d’amplification qu’il règle lui-même. Lorsque ses mouvements de la tête cessent, il indique : je suis prêt pour les nouvelles choses que vous m’apporterez. Ses mains aussi semblent être utilisées à différentes fins :

-        Jon recherche, accepte ou repousse les mains de Cathrine et indique ainsi à la fois ses limites et une attitude complaisante.

-        Jon explore les mains de Cathrine pour savoir comment elle est.

-        Jon se sert de ses mains et de ses doigts comme d’un instrument et joue sur les mains de Cathrine comme sur les touches d’un piano

-        Jon se sert de ses mains pour communiquer sa frustration : il appuie son doigt dans la main de Cathrine et il se tape. Il se protège ou s’empêche de faire des choses en s’asseyant sur ses mains.

-        Jon se sert de ses mains pour ôter sa chemise et indique ainsi sa réceptivité – ou il s’en sert pour se toucher l’estomac et indiquer « c’est moi » - ou ôter sa chemise et la mordre, peut-être en signe d’insécurité ou de besoin d’une pause ?

Les vocalises de Jon sont variées et multiples. Si je ferme les yeux pour écouter la bande sonore de la vidéo, ce que Jon et Cathrine ont créé ensemble paraît très mélodique. Ils se répondent et harmonisent leurs sons. Quand on a les yeux ouverts, les sons doivent être perçus en même temps que les mouvements de la tête et des mains de Jon qui soulignent la valeur émotionnelle de l’interaction en général. Jon veut communiquer musicalement avec Cathrine , mais il décide aussi pendant combien de temps et comment il veut participer.

 

Point de vue « de l’intérieur » - l’expérience de Catherine de son interaction avec Jon

Dans la nature de l’improvisation libre, il y a une attitude envers le monde environnant qui est fondamentale pour moi. Il y a une ouverture, une curiosité de l’autre, une égalité dans « l’être ensemble » , une manière de communiquer, une façon d’être soi ; une façon d’être soi en présence des autres. La musique improvisée est co-crée sur le champ. L’expression caractéristique de la personne a sa place dans un ensemble. Lorsque nous, musiciens improvisateurs, jouons, nous sommes à la recherche d’opportunités pour nous et pour les autres. Nous recherchons la présence dans les moments particuliers qui existent entre nous.

Nous sommes tous nés avec des ressources musicales et nous avons la capacité de les développer en interaction avec les autres. L’usage de l’improvisation s’est avéré productif dans les tentatives de travail avec des personnes sourdes-aveugles de naissance sans langage parlé.

Dans le projet de recherche et développement cité, j’ai donné dix cours particuliers à un total de 6 enfants sans langage parlé ( 3 sourds-aveugles congénitaux, 3 multihandicapés).

      Ma première impression sur Jon est qu’il se sert de sa voix de diverses façons et très expressivement. Pendant le premier cours avec Jon, nous essayons d’apprendre à nous connaître d’une manière nouvelle.

      J’ai rencontré Jon sans mots, mais avec ma voix , et même si Jon n’avait jamais rencontré quelqu’un comme moi avant, j’ai remarqué un empressement, une curiosité, un esprit ouvert et une capacité à entrer dans une interaction musicale avec moi. Au fur et à mesure de nos dix cours particuliers, les moments de présence sont devenus plus fréquents et ils ont duré plus longtemps.

      Jon s’exprime de façon très subtile avec sa voix. Sons aigus, suite genre opéra, sons graves murmurés, séquences où il utilise sa voix comme dans la parole, avec rythme et ton comme dans la parole, simplement il n’y avait pas de mots. Jon exprime beaucoup d’aspects de lui-même par la voix. Il a une large gamme d’émotions et il s’en sert pour s’exprimer. Il est certain qu’il a « deux cordes à son arc ».

      Au milieu du troisième cours, Jon écoute intensément un chant lent et grave que je suis en train de chanter. Soudain, il chante quelques sons aigus et perçants en bougeant la tête d’un côté sur l’autre. Lorsque j’imite les sons aigus en passant d’une voix aiguë à une voix sombre, il m’apparaît clairement qu’il veut que j’arrête de faire les sons aigus et que je chante seulement les sons graves. Il semble que les sons aigus – qu’il a introduits – le surprennent et le dérangent ; ils le « saisissent » - l’envahissent.

J’ai déjà vu cela avec d’autres sourds-aveugles. Et après il semble que tout soit oublié – tout ce que nous faisions. Je suis persévérante et j’ai continué à faire ce que je faisais avant : avec le rythme, le corps et avec le chant une sorte de passerelle est construite par dessus la perturbation. Cela aide la personne à revenir à ce que nous faisions, à revenir au présent. Avec Jon, cette passerelle fonctionne et nous pouvons continuer notre interaction.

      Si on n’essaie pas, en tant que partenaire, de maintenir l’interaction commune, elle sera interrompue et il faudra recommencer ailleurs. Ici, c’est le caractère d’accord de la musique, le flux commun, qui nous aide. En travaillant avec quelqu’un comme Jon sur une longue période, j’ai constaté que les perturbations venant de l’intérieur changeaient. C’est comme si la passerelle – le fait que je reste à ce que nous faisons ensemble – éclairait différemment l’interruption  et apportait une sorte de conscience qui peut aider la personne à apprendre à connaître et à contrôler les interruptions.

      Lorsqu’on écoute la voix de Jon dans sa vie quotidienne, il varie beaucoup dans ses façons de l’utiliser. J’interprète ses variations, ses sautes en partie comme des perturbations émotionnelles intérieures, et en partie comme des commentaires de Jon au flux des impressions venant de l’extérieur. A la base de chaque expression il y a une émotion. Donc nous parlons ici de sautes émotionnelles. Je sais d’après mon travail de chant improvisé sans paroles que ces sautes sont très exigeantes émotionnellement. La raison en est qu’on essaie de faire attention à tout ce qui arrive et de le commenter sans contrôle. De cette manière, on est pris , balayé par ses propres émotions. Ce n’est pas délibéré.

Je pense que le flux de base en musique, la capacité de la musique à réduire les écarts entre différents états d’esprit et à faciliter les transitions est un outil important pour tout être humain. Nous pratiquons beaucoup cela quand nous nous parlons. Une personne comme Jon a certainement besoin de ces compétences, entre autres parce qu’il faut qu’il puisse s’adapter tout le temps. Il semble qu’il puisse le faire en improvisation musicale.

 

( version abrégée du livre éponyme de Birgit et Cathrine  - Contact : Birgit Kirkebaek= Biki@get2net.dk et Cathrine Lervig =  kalapyk@mail.dk

 

 

 

« BLACK » – VOIR C’EST CROIRE !

 

Une réaction à Black, le film à grand spectacle de Bollywood  qui a remporté des prix, par notre correspondant – plus connu en tant que Akhil S.Paul, directeur de Sense International ( Inde), Ahmedabad.

 

Depuis 30 ans que je vais voir des films indiens, je n’ai jamais vu un film aussi fort et inspiré. « Black » est d’autant plus spécial qu’il parle d’une sourde-aveugle. Je crois que ce film va mener une grande campagne de prise de conscience des besoins des sourds-aveugles, de leurs familles et des éducateurs qui travaillent avec eux.

Le film aborde tous les aspects de la vie – enfance, luttes de la famille, rivalités dans la fratrie, points de vue et attitudes des gens et passage d’une jeune fille à l’âge adulte. Le film montre comment un sujet aussi difficile peut devenir un scénario aussi brillant et je pense que cela est dû au professionnalisme et à l’art du maître conteur qu’est Sanjay Leela Bhansali.

Michelle McNally ( Ayesha Kapur/Rani Mukherji)est une sourde-aveugle née dans une famille anglo-indienne. Michelle est une fille brillante et intelligente mais qui n’a personne avec qui communiquer et vit dans un monde de noir silence.  Cela entraîne la frustration qui provoque des sautes d’humeur et des comportements violents/destructeurs.

      Debrah Sahai ( Amitabh Bachchan) est un éducateur pour enfants sourds-aveugles qui est envoyé chez Michelle pour l’éduquer. Nous nous apercevons que c’est aussi un excentrique et un alcoolique . Lors de sa première rencontre avec Michelle , il se rend compte qu’on ne peut traiter les comportements de Michelle qu’en étant agressif et en même temps par la tendresse. Il y a beaucoup de challenges et d’obstacles à franchir mais Debraj réussit à apprendre son premier mot à Michelle, puis la langue. Debraj rêve d’envoyer Michelle à l’université avec des étudiants non handicapés. Mais, arrivé à ce stade, Debraj est atteint de la maladie d’Alzheimer et peu à peu il oublie tout – les mots et leur sens aussi. Et c’est Michelle qui devient son éducatrice !

      Je félicite Sanjay Leela Bhansali pour son imagination et son interprétation de la vie d’Helen Keller. Il ne fait pas de doute que Rani Mukherjee (Michelle) a surpassé toutes les performances; sans prononcer un seul mot, et seulement par ses expressions, elle a apporté une nouvelle référence à ses collègues du cinéma indien. De même, Amitabh Bachchan ( Debraj) prouve qu’il est toujours numéro Un par sa belle interprétation du rôle de l’éducateur de Rani. Je suis sûr qu’on se souviendra toujours de cette performance.

      Techniquement parlant, du point de vue de la surdicécité, Rani et Amitabh ont vraiment mis leurs rôles en valeur en apprenant et en utilisant correctement la langue des signes, les gestes et les postures. La composition d’ensemble du film est brillante. Tous les acteurs sont excellents, en particulier la jeune Ayesha Kapur, qui a laissé les gens sans voix par sa brillante interprétation de Michelle enfant.

 

 

Aller à l’essentiel :

un projet centré sur la personne

 

Sharon Eliston complète l’article du dernier numéro par un rapport sur un travail passionnant fait au Canada dans les résidences autonomes pour les sourds-aveugles en Ontario( IRLDBO).

 

Lorsque les résidences autonomes pour sourds-aveugles en Ontario ( IRLDBO) ont commencé il y a environ 18 mois, c’était avec un objectif clair : mettre la barre très haut pour le projet en plaçant les résidents au centre des services. Un objectif simple pourrait-on croire puisque le projet individualisé est à la base de l’association depuis ses débuts en avril1989. Mais rien n’est plus éloigné de la vérité !

Ce grand projet financé par la Fondation Trillium d’Ontario a été mis sur orbite grâce à la coordination des actions d’innombrables membres du personnel, de bénévoles et de contacts dans la communauté qui ont échangé des informations, siégé dans des commissions, participé à des études pilotes et consacré de longues heures, bien plus que leurs horaires « normaux », à amener ce projet à maturité. En outre, l’association a aussi mis en place un coordinateur de projet à plein temps et s’est assuré une aide extérieure pour développer et promouvoir le module du programme – un produit du nouveau modèle de prestation de services – pour les participants intérieurs et extérieurs. Dans son engagement vers l’assurance qualité, l’association a aussi engagé un Directeur des services aux résidents, un nouveau poste créé pour assurer le respect du nouveau Modèle de services par tout le personnel.

Avec le module du programme qui sera publié à la fin du mois et le nouveau modèle de services déjà en place, l’association a porté son programme à un niveau encore plus élevé.

Dans tout le projet, l’équipe a eu comme credo « aller à l’essentiel » - c’est-à-dire revenir aux bases et à ce qui compte réellement. Etablissant déjà que l’accent devait toujours être mis sur les résident, le challenge était d’introduire un programme centré sur la personne  (PCA) qui fasse pleinement appel à l’imagination, à l’intervention et à l’autonomie. IL semble que l’association ait aussi relevé ce défi : le programme centré sur la personne encourage les résidents à rêver et à imaginer des possibilités ; Les intervenants formés d’ILRDBO aideront les résidents à faire de leurs rêves une réalité ; et l’imagination et l’intervention ensemble encouragent les résidents à réaliser leur potentiel en allant vers plus d’autonomie.

Le programme centré sur la personne met les préférences, les désirs et les choix des résidents au centre de chaque programme individualisé. Pour rendre les programmes aussi complets que possible, une équipe multi-disciplinaire participe à la détermination des objectifs. L’équipe se réunit tous les 18 mois et se compose d’un certain nombre de personnes et de groupes liés à chaque résident, y compris la famille, les tuteurs, les soutiens ; les contacts administratifs, professionnels et médicaux ; et le personnel d’ILRDBO. C’est le rôle de l’équipe d’aider les résidents à communiquer leurs besoins et désirs et de garantir que les souhaits des résidents soient respectés. Mais si un résident est limité dans l’expression de ses besoins, l’équipe travaille ensemble pour le représenter.

Une fois que le processus du service est redéfini, il est bien normal de détailler le processus et de mettre les renseignements à la disposition du personnel et autres prestataires de services qui pourraient bénéficier des informations. Le résultat est le document module de programme qui est le point fort de ce projet et qui indique les procédures et les recommandations aux personnels et intervenants d’ILRDBO qui assurent les services. Le module se divise en trois composantes :

  • le dossier de programme du résident – qui contient des informations détaillées sur les différents outils utilisés pour évaluer, contrôler et faire le bilan des activités, des progrès, des objectifs, des réussites et des challenges du résident.  Il garantit que le programme correspond à chaque résident et est fait spécifiquement pour lui.
  • le suivi du service – qui suit le service fourni et en même temps, garantit que les activités et programmes entrepris améliorent la qualité de la vie de nos résidents et apportent la preuve des services aux organismes financeurs.
  • l’évaluation du service – qui indique si les exigences du programme sont respectées et si les objectifs répondent aux besoins des résidents. Ceci fournit des données à l’organisation pour permettre de faire les futures recommandations sur le modèle de prestation de service.

 

Ayant rejoint les études pilotes qui avaient guidé la création du module du programme, le module sert maintenant de référence et de guide pour les recommandations d’ILRDBO et est utilisé pour former les intervenants à fournir le nouveau modèle de service.

 

Pour toutes informations complémentaires sur le module de programme, contacter ILRDBO au (905)853-2862 ou à admin@ilrdbo.ca

 

 

PLEINE PARTICIPATION A L’EDUCATION

des enfants devenus sourds-aveugles –

quelques idées pour mettre en application les recommandations

 

Leela Agnes, de Holy Cross Service Society, Inde, donne quelques idées après ses rencontres et ses conversations avec des collègues et des élèves des écoles pour aveugles. Ella a aussi fait une étude à l’école pour aveugles de Thiruchirapalli pour établir la fréquence de la perte auditive.

 

Les élèves d’une école spéciale pour aveugles qui acquièrent une déficience auditive sur le tard n’ont pas de formation ni de soutien adaptés de l’éducateur spécialisé. Cela parce que les éducateurs spécialisés de l’école pour aveugles ne connaissent pas la déficience auditive et ses exigences. Les éducateurs spécialisés se trouvent frustrés devant la surdicécité et cela les conduit à éviter les enfants sourds-aveugles. Cet évitement empêche la pleine participation à la classe des enfants sourds-aveugles. Cela peut conduire les enfants et les jeunes sourds-aveugles à penser qu’ils sont trop bêtes, trop mauvais, trop fous pour que les éducateurs prennent leur éducation au sérieux. Il faut nous rendre compte que les besoins des élèves devenus sourds-aveugles peuvent être négligés dans les écoles spécialisées pour aveugles.

 

Besoins éducatifs

L’idée la plus importante à garder à l’esprit est que les élèves sourds-aveugles ont les mêmes besoins éducatifs que les autres élèves : apprendre le même contenu, se socialiser par l’interaction avec leurs pairs et avec des adultes, se sentir en sécurité et sûr de soi. Ils ont également besoin de développer leurs capacités cognitives, sociales et éducatives de manière harmonieuse. Le manque de connaissance des besoins éducatifs spécifiques des élèves sourds-aveugles de la part des enseignants, des élèves aveugles et des élèves sourds-aveugles eux-mêmes peut conduire à de mauvais résultats scolaires , à l’isolement émotionnel et à l’exclusion sociale.

 

« Comme tous les autres, les enfants sourds-aveugles ont le droit de lire et d’écrire en Braille dans leur langue, et ainsi d’avoir un accès autonome à la connaissance et à l’information »

 

Pouvoir de communication

La capacité de communiquer efficacement est au coeur du processus. Sans la capacité de communiquer dans diverses situations importantes pour eux, il sera impossible pour les enfants de comprendre les choses. Pour fonctionner efficacement dans leur famille, leur groupe social, leur classe et leur communauté, les enfants ont besoin d’une sorte de pouvoir de communication – la capacité d’être efficace dans leur rencontres de communication. La communication est la base de la sociabilité et une partie essentielle de l’être humain. La communication doit être considérée comme partie intégrante du développement total de l’être humain. Les enfants essaient de découvrir un système de croyances sur la réalité, soi et les autres . Leur outil principal pour découvrir ces croyances est la communication.

Le handicap auditif entraîne facilement des ruptures dans la communication. Les personnes handicapées auditives peuvent se trouver dans des situations où les informations qu’elles reçoivent sont inadéquates et cela peut les amener à être exclues de l’information et de la communication. Cela peut provoquer une timidité, un repli sur soi et une tendance à l’interprétation paranoïde des messages de l’environnement. Cela peut aussi conduire à une mauvaise connaissance de leur environnement. Par son ignorance, ses préjugés et son indifférence, l’environnement peut entraver le développement des aveugles ayant une déficience auditive.

Comme tous les autres, les enfants sourds-aveugles ont le droit de lire et d’écrire en Braille dans leur langue, et ainsi d’avoir un accès autonome à la connaissance et à l’information.

Si les élèves sourds-aveugles ont moins d’opportunités de lire et d’écrire en Braille, ils on,t des problèmes. Par exemple, ils peuvent être incapables de mettre leurs idées par écrit, ou donner des réponses qui manquent de continuité. Ils peuvent être incapables de présenter le contenu dans un ordre logique, ou ils ont beaucoup de difficultés à développer leur vocabulaire. Il peut aussi y avoir un écart évident entre leurs capacités écrites et orales.

 

Image de soi et stress

Les aveugles déficients auditifs peuvent avoir une image de soi et un niveau de bien-être inférieurs aux aveugles entendants. Les aveugles déficients auditifs nous disent qu’ils ont peur : peur de l’échec, peur des gens, peur des situations nouvelles, peur des bruits soudains, peur d’être méprisé et évité. Leurs craintes les font souffrir dans leur vie quotidienne.

On peut parler aux aveugles ayant une audition normale et ils peuvent comprendre ce qu’on dit en présence d’autres sons. Mais pas les aveugles déficients auditifs . Même pour faire une tâche simple, les aveugles déficients auditifs doivent s’arrêter pour se concentrer sur ce qui est dit. Le résultat est l’augmentation du stress.

Un gros problème permanent est que trop souvent les gens ne reconnaissent pas que leur ouie se détériore. Tout en pouvant percevoir beaucoup de sons, ils perdent la capacité d’entendre les sons qui permettent la compréhension du langage parlé. En termes clairs, les malentendants peuvent entendre tous les mots de l’histoire mais pas comprendre la nuance ou le double sens des mots et ils ne comprennent donc pas la plaisanterie. L’incapacité de comprendre l’intégralité du message ajoute au stress des sourds-aveugles. Donc, les gens qui travaillent auprès et avec des sourds-aveugles devraient comprendre les facteurs et effets émotionnels de la déficience auditive. Les enseignants devraient se montrer compréhensifs et leur faire savoir que la nature de leurs difficultés est comprise et qu’ils veulent aider les élèves à faire des progrès.

Les enfants sourds-aveugles ont besoin de dispositions spéciales et de programmes d’intervention adaptés pour compenser les conséquences de la surdité. Ceci implique un diagnostic précoce, un suivi audiologique, un suivi médical, la fourniture d’une technologie de communication, etc. Une approche individuelle est essentielle pour examiner les difficultés spécifiques de l’enfant et lui apporter un programme d’enseignement approprié. Un enfant sourd-aveugle doit avoir une éducation d’excellente qualité qui lui donne l’opportunité de réaliser son potentiel. La direction de l’école et les professeurs doivent travailler en collaboration avec les services de soutien éducatif spécialisés afin que les élèves sourds-aveugles reçoivent une éducation de qualité dans de bonnes conditions. 

En reconnaissant les besoins des élèves devenus sourds-aveugles dans les écoles spécialisées pour aveugles,  les éducateurs spécialisés ont les responsabilités suivantes afin de contribuer à une bonne ambiance scolaire pour les élèves sourds-aveugles :

Les éducateurs spécialisés :

  • doivent être capables d’utiliser les connaissances sur la surdicécité et ses effets sur la communication et le langage et les communiquer par tous les moyens possibles aux élèves aveugles. Ils doivent faire connaître la surdicécité.
  • doivent reconnaître le besoin de travailler à l’acquisition de l’autonomie pour l’élève sourd-aveugle. Ils doivent trouver des approches favorisant le développement de la conscience de soi chez les élèves sourds-aveugles en ce qui concerne leur situation et leurs besoins, pour qu’ils puissent défendre leur cause eux-mêmes.
  • doivent définir clairement leur rôle pour avoir des attentes réalistes
  • doivent être conscients de leur propre besoin de remise à niveau constante de leurs connaissances et compétences professionnelles.

Il faut informer et former tous les enseignants de l’école sur les besoins des élèves sourds-aveugles et encourager les discussions sur la façon de répondre à ces besoins.

 

Maladies de l’oreille et perte auditive chez les élèves aveugles

            Avec l’aide de 142 élèves aveugles d’école pour aveugles, nous avons fait un examen des oreilles et une évaluation de l’audition.  Le résultat des tests auditifs a montré que 66 élèves avaient une déficience auditive légère ( 26-40 db) et que 5 avaient une déficience auditive modérée (41-60 db). Les causes étaient bouchon de cérumen, otorrhée, rétraction et renflement.

Sur 24 élèves qui avaient un bouchon de cérumen dans les deux oreilles, 13 avaient une légère déficience auditive et un une déficience modérée. 4 élèves ayant une otite suppurante chronique de l’oreille moyenne ( otite séreuse) ont une déficience auditive. L’otite séreuse peut entraîner la détérioration de l’audition. Si elle n’est pas traitée, l’érosion de l’os augmente et peut conduire à des complications comme la surdité. On peut prévenir les déficiences auditives dues à des maladies de l’oreille. Mais par suite du manque de connaissances, certains élèves aveugles connaissent ces problèmes.

Les élèves qui ont des problèmes d’oreilles comme bouchons de cérumen, oreille bloquée, pression etc., peuvent avoir des problèmes en classe quand les professeurs ne parlent pas clairement et dans leur direction . Les élèves qui ont ce problème devront faire plus d’efforts pour écouter le professeur, ce qui est épuisant et gêne la concentration sur des périodes longues. Le fait de ne pas percevoir clairement la parole et l’incapacité de se concentrer même pour de courtes périodes entraînent de mauvais résultats scolaires .

 

 

La fabrication du pain – un chef d’oeuvre pour l’esprit et le corps !

 

C’est ainsi qu’a été qualifié le dernier projet « Paes Sensação » de Grupo Brasil !

Faire du pain en situation réelle dans la communauté avec un maître boulanger est le défi relevé actuellement par les sourds-aveugles. Marcia Storino, qui est elle-même boulangère et monitrice des apprentis boulangers nous raconte :

 

Formation :                  apprenti

Métier :            aide boulanger

Branche :                     boulangerie industrielle,

fabrication de pain artisanal

Main d’oeuvre : sourds, sourds-aveugles,

plurihandicapés sensoriels, jeunes et adultes

de la communauté et leurs familles

 

La boulangerie de Grupo Brasil – « Sensation de pains » - a été créée en février 2005. Elle est située à AHIMSA, Vila Mariana à São Paulo.  Elle dépend de bénévoles , parents, professionnels et amis des sourds-aveugles et plurihandicapés sensoriels dans la communauté.

            Notre première année à la boulangerie a été une réussite, nous le savons par les commentaires et les témoignages des personnes participant au planning et à la mise en place du projet. Et aussi par le développement de notre production équilibrée de pain – pour produire du pain qui a du caractère et de l’intérêt et qui est délicieux !

            Certains ont dit que la boulangerie est « un chef d’oeuvre pour l’esprit et le corps » . Le travail manuel exige de penser tout le processus, y compris la chaîne de production de la boulangerie, pour qu’elle marche pour les sourds-aveugles comme pour les non handicapés.

Selon certaines mères qui participent , les tâches domestiques qui sont quelquefois répétitives et ennuyeuses à la maison deviennent un LOISIR quand on les fait ensemble avec le groupe des apprentis!

            Pour ceux qui ne connaissent rien à la cuisine mais qui sont intéressés, la boulangerie peut être le début d’un nouvel apprentissage. Pour travailler le pain, il faut passer par tous les stades des acquisitions, et cet art est considéré comme une branche de la gastronomie.

            Dans le groupe d’apprentis, on peut s’amuser tout en travaillant dur  pendant les 6 heures de l’activité. On ne sent pas les différences existant dans le groupe pendant les stades de préparation des pains, gâteaux, biscuits etc.

            Les apprentis sont émerveillés par leur capacité d’apprendre des choses nouvelles, de faire face à des situations qu’ils n ‘avaient jamais rencontrées jusqu’ici ou de redécouvrir des choses qu’ils avaient oubliées. Ils peuvent se faire des amis et connaître vraiment les gens.

            Comme cette activité est une profession reconnue par la loi – «  apprenti boulanger »- pour les sourds-aveugles, les plurihandicapés sensoriels et autres, chaque jour leur développement est une surprise personnelle. Il n’y a pas de handicap du fait de la déficience sensorielle. Ils peuvent tous y arriver!

            Nous sommes une communauté active qui travaille du lundi au vendredi et à la fin de la journée nous voyons les résultats de notre travail. A la fin de la journée, nous avons notre récompense. Une partie de ce que nous avons fait est partagé entre les membres du groupe qui peuvent l’emporter chez eux à leur famille ou à leurs amis pour goûter ce que les apprentis ont fait au cours d’une expérience de travail agréable et en développement !

            Ce qui est important pour nous c’est la reconnaissance de la capacité de production de chaque apprenti. Capacité qui ne correspond pas seulement à la possibilité de gagner de l’argent mais aussi à la créativité. Pour les apprentis, avant de venir ici, il n’y avait aucune raison de faire preuve de créativité. A la boulangerie, leur créativité se construit jour après jour  par la préparation des pains. Et elle se développe !

            Le travail est autonome, complet, et chacun laisse ses limites à la porte ! Le résultat est « toujours» positif. L’ambiance nous permet de faire une des choses les plus importantes dans la vie – échanger des recettes « secrets de famille ». Le succès du projet est dû à cette volonté de partager le savoir et l’expérience et au fait d’avoir des travailleurs  qui aiment être apprentis !

 

 

Le Groupe d’études stratégiques de DbI

 

( de gauche à droite : Akhil Paul ( Inde), Sergei Sorokin ( Suède), Tony Best, le président (Royaume-Uni), Isabel Amaral ( Portugal), Maria Graciela Laynes ( Pérou))

 

Je suis heureux de vous annoncer quelque chose de très important qui intéressera tous ceux qui sont concernés par DbI.

Le Conseil a désigné un Groupe qui examinera toutes les activités de DbI et proposera une stratégie pour l’action de l’organisation dans les 5 prochaines années. Les idées sur la stratégie viendront des membres de DbI et donc il y aura une grande consultation des membres et autres personnes intéressées entre septembre 2006 et janvier 2007.

Le groupe voudrait savoir comment vous pensez que DbI devrait évoluer – par exemple, quelles activités devraient être organisées, quel devrait être notre objectif , notre ambition, comment devrions-nous utiliser notre argent, qui l’organisation devrait-elle servir et aider. Les détails de la procédure de consultation seront envoyés entre juin et septembre. La stratégie définitive sera soumise au Conseil et aux membres en septembre 2007.

Si vous avez des questions ou des suggestions, veuillez contacter le président, Tony Best : tony.best@sense.org.uk

 

 

A la rencontre de Mbekiseni Mthetwa et de sa famille

 

Thandi Ngubane et Corrinne Pillay de l’unité pour sourds-aveugles de l’école Arthur Blaxall ont rendu visite à une famille à Hlabisa et décrivent les avantages de travailler avec les familles pour échanger idées et informations

 

Le voyage commence...

Nous sommes partis de Durban pour Nongoma en combi. Il existe des bus, mais c’est beaucoup mieux et plus rapide en combi. Il nous a fallu 4h1/2 pour atteindre la ville de Nongoma.  De Nongoma nous avons pris un taxi et en 30 mn nous sommes arrivés à Hlabisa où habite Mbeki. Depuis la station de taxis, nous avons marché encore 20 minutes sur un mauvais chemin pour atteindre la maison.

 

La ferme

La ferme des Mthetwa est construite dans le pur style zoulou , avec la maison principale entourée de nombreuses autres maisons rondes ou cases . Mbeki et son père ont leur propre case. Elle est en ordre, bien meublée et remarquablement propre. Nous avons dormi dans cette case.

La maison principale est bien équipée également. La cuisine a une cuisinière noire à 4 feux, un poêle à gaz, un frigo et des placards. Dans le séjour, il y a un poste de télévision, et un salon. Ils ont l’électricité. Mais ils vont chercher l’eau à un robinet communal. Ils ont des installations sanitaires à l’extérieur.

 

La situation financière:

La famille de Mbeki est pauvre mais heureuse et généreuse. Ils veulent partager le peu qu’ils ont. Malheureusement, la famille élargie vit sur la bourse de Mbeki, le salaire du père et la retraite de la grand’mère. Malgré cela, on s’occupe bien de Mbeki et la famille, en particulier ses deux tantes, veille à ses besoins.

 

La famille :

Mbekiseni est d’une famille nombreuse, heureuse et aimante. La famille est une famille élargie. Il habite avec la famille de son père qui se compose du frère de Mbeki, de ses demi-frères, deux grand-mères, des tantes, oncles et cousins ( environ 20 –25 personnes). Mbeki est bien intégré dans la famille et aimé de tous. Malheureusement, la mère de Mbeki l’a abandonné quand il était tout petit. Son père travaille et habite à Empangeni et revient de temps en temps à la maison à Hlabisa.

C’était malheureusement triste de voir que la grand-mère de Mbeki était très malade, elle venait d’avoir une attaque. L’attaque l’avait laissée partiellement paralysée. Elle a des difficultés pour manger et a très mal à la gorge et à la bouche. Mbeki était vraiment visiblement décontenancé par la gravité de sa maladie. Thandi a donné des conseils à la famille pour soigner la grand’mère. Cela a été très apprécié. L’autre grand’mère de Mbeki tissait des nattes. Elle nous a montré comment faire pour que nous puissions l’apprendre aux autres enfants.

 

Rencontre et conversation :

La famille était très contente des progrès que Mbeki a faits, en particulier en Anglais. Ils étaient aussi très contents qu’il ait de nouvelles lunettes qui lui ont été fournies gratuitement par le Dr Naude.

Mais sa tante était très inquiète que Mbeki n’aille pas dans une classe ordinaire pour enfants entendants. Elle pense que Mbeki entend suffisamment pour se débrouiller à l’école ordinaire. Cette situation l’inquiétait vraiment. Elle a parlé aussi de sa future opération de l’oreille. Elle était contente qu’il soit opéré et elle nous a dit de la tenir au courant de la date et de lui dire quand il faudrait venir à l’école pour l’accompagner à l’hôpital.

 

Vie sociale :

Mbeki est bien intégré dans sa communauté et dans sa famille. Il va souvent chez les voisins. Il aime jouer au foot sur le terrain.

La famille était très contente de notre visite. Cette visite à domicile a vraiment renforcé la relation entre la famille et nous, à l’école. La famille était plus à l’aise avec nous, et cela a permis d’élargir la communication entre les deux parties. La famille était plus disposée à nous donner des informations.

 

Dernières nouvelles :

Depuis la rédaction de cet article, nous avons appris que la grand-mère de Mbeki était décédée. Il est allé chez lui et la famille lui a annoncé la mauvaise nouvelle .

 

 

Le syndrome de CHARGE :

 

Double handicap sensoriel, développement cognitif et anxiété

Charlotte Réau Corinne Blouin et Christine Tap sont toutes psychologues et travaillent en France. Christine est aussi directrice du CESSA, une école pour enfants sourds-aveugles. Ceci est le second article d’une série de trois qui traitent de méthodologie, du développement cognitif et des premières observations cliniques sur l’anxiété. Ce second article porte sur les premiers résultats cognitifs. 

 

 

Deux dates importantes pour les sourds-aveugles du Népal !

Lone Poggioni nous tient au courant de ce qui se passe au Népal

 

Le 24 octobre 2005 fut un grand jour pour les enfants sourds-aveugles du Népal ! L’association des parents de sourds-aveugles  ( Society of Deafblind Parents) a finalement été reconnue officiellement par le gouvernement népalais après près de 2 ans de travail acharné !

La toute première tâche de la nouvelle association a été de tenir une assemblée générale qui a eu lieu le 17 novembre et a eu beaucoup de conséquences positives.

  • Mme Meena a été élue présidente et Mme Sumitra trésorière.
  • Les statuts de l’association ont été élaborés et approuvés.
  • Le budget 2005/2006 a été établi et un compte a été ouvert à l’Himalayan Bank
  • L’accord de collaboration entre l’association de parents danoise et l’association népalaise rédigé par Lone Poggioni a été accepté et signé.
  • Lone a demandé aux parents de préparer un atelier pour les parents et les professionnels au début de 2007 dans le but d’évaluer le démarrage de l’unité pour sourds-aveugles.

La présidente de la Society of Deafblind parents travaillera chez elle pour commencer mais à l’avenir on a l’intention de louer un petit bureau au centre de Katmandou. Il peut y avoir une possibilité de partager un bureau avec une association similaire. Dans un pays comme le Népal, il n’est pas facile de diffuser les informations aux parents d’enfants sourds-aveugles sur la nouvelle organisation de parents. La proposition des parents était d’utiliser la radio locale, de mettre des annonces dans les journaux et d’une manière générale de continuer à en parler à tout le monde en leur demandant d’en parler à leurs voisins ! Il a été convenu que l’association adhère à la Fédération nationale des handicapés du Népal et au Conseil de l’assistance sociale.

Avant que la présidente Mme Meena ne mette officiellement fin à la réunion, elle a remercié tout le monde pour l’aide formidable apportée pour l’ouverture de l’unité pour sourds-aveugles et pour l’organisation de l’assemblée générale.

Le 24 novembre 2005 le ministère népalais de l’éducation et des sports a déclaré ouverte la première unité pour sourds-aveugles à Katmandou en allumant une lampe conformément aux coutumes locales.

Mais avant ce merveilleux jour, Inger Rodbroe et Bente Ramsong du Centre pour sourds-aveugles d’Aalborg au Danemark, et Lone Poggioni, de l’association danoise des parents de sourds-aveugles, ont eu quelques journées bien remplies !

 

Le projet modèle

Après les ateliers pour les parents d’enfants sourds-aveugles à Katmandou en novembre 2004 et les séminaires pour les professionnels , l’équipe danoise était prête à aider au démarrage d’un projet modèle pour les enfants sourds-aveugles à Katmandou.

DSI/Danida Danemark a accepté de financer ce projet.

 

Pourquoi un projet modèle ?

Entre autres raisons :

  • manque d’intérêt pour le handicap spécifique de la surdicécité et absence de programme d’éducation pour les enfants sourds-aveugles au Népal
  • le projet est unique à cause de ses solutions intégrées apportées au nouveau domaine des groupes de handicaps inconnus
  • l’association de parents devrait pouvoir devenir progressivement une association puissante, respectée et compétente ; ainsi elle pourrait servir de modèle aux autres groupes de handicaps.
  • le projet peut servir de « banque de connaissances » pour d’autres groupes de handicaps – en particulier les plus petits – pour trouver les connaissances, l’expérience et le courage d’entreprendre des initiatives similaires.
  • les autorités politiques peuvent avoir l’expérience de ce projet innovant pour garantir sa sécurité financière d’après la loi népalaise après le retrait de l’équipe danoise.

 Nos principaux objectifs étaient de :

  • aider au démarrage d’une école avec internat pour les enfants sourds-aveugles à Katmandou
  • former le personnel pour leur permettre d’éduquer les enfants sourds-aveugles jusqu’à notre prochaine visite
  • inscrire les premiers enfants sourds-aveugles à l’école
  • entreprendre des démarches officielles pour garantir l’existence de l’association de parents et de l’école.

 

Démarrage de l’unité pour sourds-aveugles !

Mme Indira Shrestha, directrice de l’unité pour sourds-aveugles, avait passé une annonce dans le journal de Katmandou pour trouver deux professeurs, trois assistants, deux éducateurs extérieurs et deux responsables d’internat.

Le lendemain de l’arrivée de l’équipe danoise, nous sommes allées visiter l’unité. Elle semblait déjà bien installée avec une grande salle de classe, deux dortoirs – un pour les filles, un pour les garçons – une salle de bains avec 3 toilettes et 2 douches .  Nous étions très impressionnées de voir ce que Mme Indira Shrestha avait réalisé en si peu de temps. Inge et Bente ont commencé tout de suite le programme de formation du nouveau personnel. Entre autres, on leur a enseigné :

  • les caractéristiques de la surdicécité et les différents types
  • l’évaluation et la communication avec les sourds-aveugles congénitaux
  • la mobilité, comment enseigner les compétences de vie quotidienne
  • établir un programme pour les élèves sourds-aveugles et des programmes individuels

Des exercices de simulation ont été faits pour le personnel.

Enfin, nous avons eu une conversation constructive avec le menuisier à propos du mobilier de la salle de classe, et il a promis de finir le travail pour l’ouverture officielle.

 

Ouverture de l’unité

Le menuisier a tenu sa promesse. Deux jours avant l’ouverture officielle les meubles ont été livrés. Tout était là, même les tables et les chaises. Le tailleur avait fabriqué un porte-objets pour chaque enfant -  de couleurs différentes. Cela nous a permis de tout arranger pour l’ouverture.

Les sacs que nous avions apportés du Danemark avec les outils d’évaluation de la vision et de l’audition et tous les instruments de musique achetés à Katmandou, étaient sous clé dans le placard. Les jouets, les couvertures pour s’asseoir par terre, et les ustensiles de cuisine étaient sur les étagères pour que les enfants apprennent à aller les chercher eux-mêmes.

Tous les enfants sourds-aveugles étaient bien habillés dans leurs uniformes neufs. Ils avaient tous des chaussures aux pieds et se sont très bien tenus pendant la cérémonie d’ouverture.

La directrice, Mme Indira Shrestha, a pris la parole en premier. Elle a remercié tout le monde d’être venu et en particulier  - bien sûr – le ministre. Puis il y a eu plusieurs discours des personnalités invitées. Au nom de l’équipe danoise, Inger Rodbroe a remercié chaleureusement le ministre de l’éducation du Népal et a souligné le grand pas en avant fait par le Népal en ouvrant l’école et en reconnaissant l’association de parents. Elle a vanté l’emplacement de l’école et insisté sur le caractère unique de la surdicécité et l’aide spécialisée dont auront besoin les enfants pour progresser et apprendre. Elle a décrit le dur travail qui restera à  faire mais en répétant que toutes les écoles et services du monde ont commencé comme cela ! Elle a dit «  si vous pouvez apprendre à un enfant sourd-aveugle à communiquer, alors vous pouvez apprendre à communiquer à n ‘importe quel enfant !»

Après l’ouverture officielle, le ministre et toutes les personnalités ont visité l’unité pour sourds-aveugles pour voir comment la nouvelle école était équipée.

 

L’avenir

L’équipe danois projette d’aller à Katmandou à la fin de l’année avec les objectifs suivants :

  • inscrire deux autres enfants sourds-aveugles, ainsi la première classe aura 6 élèves
  • continuer la formation du personnel
  • aider les parents à développer leur association.

Finalement, nous commencerons à travailler à la reconnaissance de la surdicécité en tant que handicap spécial et catégorie séparée dans le processus d’identification de la classification nationale.

 

 

Proyecto Aventura

Les sourds-aveugles de Bogota en route pour une grande aventure !

 

Avec l’enthousiasme qui a toujours caractérisé ses activités, l’association colombienne des sourds-aveugles, SURCOE, les bénévoles et les sourds-aveugles sont arrivés un par un pour relever le défi, certains pour le préparer, d’autres pour le vivre, au parc Simon Bolivar. Cela allait être notre première Grande Aventure, comme nous avons appelé le nouveau projet soutenu par Sense International ( Amérique latine).

      Ce jour-là, le soleil brillait plus que d’habitude à Bogota, peut-être pour accueillir cette aventure cherchant à réunir deux rives séparées depuis un certain temps : les sourds-aveugles et la société dont ils font partie ! Parler d’inclusion sociale des sourds-aveugles semblait bien loin et bizarre à beaucoup de gens, mais lorsque nous avons relevé le défi de nous lancer dans l’Aventura-IN, nous avons commencé à y voir plus clair.

      Pour cette première réunion, parmi les jeux, les rires et les surprises, nous avons présenté le projet aux membres de l’association colombienne des sourds-aveugles. Le projet a débuté par une activité où les sourds-aveugles devaient chercher un paquet surprise caché dans les arbres du parc. Le paquet contenait de remarquables casquettes avec le logo du projet et après cela, il ne restait qu’à se lancer dans l’aventure.

      Mais Aventura-IN qu’est-ce que c’est en réalité ? Eh bien, c’est un nouveau projet qui, bien que cela semble bizarre au départ, lance l’inclusion avec l’intention d’impliquer les sourds-aveugles dans le quotidien grâce à des aventures. Tout le projet est centré sur la réponse à cette question : que feraient les sourds-aveugles à leurs âges dans leur vie s’ils n’étaient pas sourds-aveugles ?  C’est à partir de là qu’avec la participation de membres de SURCOE et la contribution enthousiaste d’un groupe de bénévoles motivés, les idées ont commencé à venir.

 

Faire un bon score...

Après le départ de la grande aventure, le challenge était de nous inclure comme n’importe qui dans une passionnante partie de bowling. Comme c’était la première activité du projet, il était important que tout se passe bien. Avec le groupe de jeunes de SURCOE le secret était d’arriver et d’être avec tous les autres, de vivre comme eux et de profiter d’un après-midi différent. C’était particulièrement frappant pour tous de découvrir comment on pouvait abattre les barrières et comme cela semblait bizarre à certains de voir qu’on pouvait donner des instructions de bowling par les signes, le toucher, les sons amplifiés ou en écrivant dans la paume de la main. Mais petit à petit cela est devenu de plus en plus naturel pour tous. Les scores finaux : Nubia, sourde profonde avec un syndrome d’Usher, a descendu 85 quilles, Andres qui est complètement sourd-aveugle, en a descendu 77, Javier 80 et les autres 59, 49 et 19. Bien qu’Isaac n’en ait descendu que 9, son bonheur surpassait de loin celui de tous les autres.

 

Profiter de la campagne

Pour notre deuxième aventure avec le groupe des plus âgés, nous avons décidé d’aller nous promener dans la savane, qui est la partie plate de la région de Bogota. Ce jour-là, comme c’est souvent le cas avec les sourds-aveugles, il y avait beaucoup d’enthousiasme. Nous avons eu une petite averse durant le voyage comme pour annoncer que le ciel nous était favorable. En compagnie des familles, amis et bénévoles, nous avons commencé une intéressante randonnée en immersion dans la nature. Sandra, qui se sert d’une canne pour se déplacer, marchait avec les autres, et appréciait chaque parfum, chaque sensation de contact avec les fleurs, les chevaux, l’air frais de la campagne et la compagnie de tous ses nouveaux amis.

 

Un souvenir de l’aventure..

A la fin de chaque activité, ceux qui y avaient participé ont reçu un  « pin » spécial qu’ils ont fièrement mis sur leur casquette en souvenir de l’aventure. La collection de pins encourage le groupe à s’inclure dans d’autres challenges. Notre prochaine expédition sera avec le groupe des plus jeunes, les enfants. Nous avons projeté un après-midi au centre commercial avec tout ce que peut vouloir un enfant : jeux, galeries marchandes, glaces, et, le plus important, l’occasion de partager et de participer sans inhibitions.

 

Beaucoup d’autres en préparation...

Il reste encore beaucoup à explorer et de grandes choses nous attendent. Comme loisirs, nous avons, entre autres, cinéma, danse et théâtre. Nous espérons bientôt avoir des programmes qui pourront être ouverts au public. Nous projetons de faire des groupes de danse, de théâtre, de mime, d’artisanat, de cuisine, et beaucoup d’autres encore. Dans le cadre du projet, nous irons visiter des bibliothèques, des musées, des foires, des usines, nous irons à des conférences et à des ateliers. Nous n’avons pas oublié les activités sportives comme la natation, la bicyclette, ni les échecs et les jeux de société, ni même les sports extrêmes. Ils ont déjà eu un premier contact avec l’escalade, le canoë et le rafting.

L’aventure nous encourage et nous stimule, mais ce qui nous incite le plus à prendre part aux aventures avec les sourds-aveugles, c’est l’enthousiasme indescriptible que nous voyons sur le visage de tous quand ensemble nous approchons ce rivage qui semblait si loin mais qui maintenant paraît à notre portée.

 

 

NOUVELLES REGIONALES           

     

                  Mike Steer nous donne des nouvelles de la « Contrée fatale »

( le terme « contrée fatale » est emprunté au titre du livre de Robert Hughes  (1987) qui raconte la douloureuse émergence de l’Australie du pénitencier vers l’ouverture : ici, il est employé affectueusement !)

 

AUSTRALIE

Le rapport Prain sur les services pour sourds-aveugles

Le Conseil australien des sourds-aveugles ( ADBC), notre organisation politique et de défense de pointe, a passé une grande partie de 2004-5 sur la question du rapport officiel du Commonwealth sur  les besoins des australiens sourds-aveugles et les services qui leur sont destinés. La recherche a été faite par la consultante Meredith Prain, et il est maintenant connu sous le nom de rapport Prain.

Depuis la réception du financement pour entreprendre la recherche jusqu’à la remise du rapport au ministère, le projet a pris un peu plus de 12 mois.

Le résultat final a été obtenu grâce à l’énorme travail de Meredith Pain avec l’aide de son comité d’organisation ( Di Hartman, Pat Ellis, Celestine Hare et l’administrateur d’ADBC John Finch) et revu par le Groupe de Référence comprenant tous les membres du comité d’ADBC. Ceci signifiait que tous les états, à l’exception de la Tasmanie, avaient un représentant impliqué dans la procédure. Les territoires de la capitale (ACT) et du Nord n’étaient pas non plus représentés. Tous les états et territoires avaient été consultés pour avoir des informations.

Le résultat de tout ce travail a été un rapport avec plus de 120 pages d’annexes, avec 14 recommandations. Le document fournit une récapitulation des besoins des personnes sourdes-aveugles en Australie.

Le rapport est en attente de présentation au ministre et nous espérons qu’après il pourra être diffusé. Il est prévu de publier un résumé du rapport dans un prochain numéro de l’ADBC Beacon.

Après la diffusion du rapport, le comité projette de suivre ses recommandations avec énergie.

 

Recherche sur l’utilisation du TTY par les sourds-aveugles en Australie

par Garry Coker, Ministère des Communications, de l’Informatique et des Arts, Service Concurrence et Consommateurs des Télécommunications.

Comme beaucoup de lecteurs de DbI le savent , le TTY (= téléscripteur) est un appareil qui permet aux personnes sourdes, entendantes et/ou ne parlant pas, de communiquer avec n’importe qui sur le réseau téléphonique. En 2003, une étude sur la technologie du TTY et son utilisation en Australie a été réalisée par Network Stratégies , une grande société de conseil en télécommunications. L’étude recommandait de faire une recherche complémentaire pour obtenir un profil exact des usagers du TTY et des modes d’utilisation en Australie, y compris les usagers dans les institutions et les associations. Une autre étude a étudié les caractéristiques géo-démographiques des usagers du TTY, leurs préférences, leurs modes d’utilisation et les raisons de l’utilisation du TY, ainsi que les attitudes et la satisfaction pour le TTY par rapport aux autres technologies.

Organisation de la recherche

La recherche avait trois grandes composantes :

D’abord, un questionnaire a été envoyé aux clients du Programme d’équipements pour handicapés de Telstra ( DEP) . Telstra est une société de télécommunications australienne qui jouit d’une position prédominante dans les services téléphoniques. Une prime était offerte pour encourager la participation. Une ligne d’assistance a été ouverte pendant cette période et une lettre de relance a été envoyée pour augmenter le taux de réponse. Le travail sur le terrain a duré du 12 novembre au 21 décembre 2004. 911 questionnaires ont été renvoyés, avec un taux de réponse de 41,4%.

Deuxièmement, un exercice de recherche qualitative séparé  a été fait auprès des usagers sourds-aveugles du TTY ( par l’intermédiaire d’interprètes) pour étudier les besoins de ces usagers. Il comportait six entretiens avec des sourds-aveugles de Sydney, Melbourne et Victoria et deux entretiens avec des représentants locaux.

La troisième composante était des entretiens avec des usagers organisationnels du TTY afin de comprendre l’utilisation du TTY dans ce contexte. Neuf entretiens ont été réalisés dans diverses organisations du secteur privé et du secteur public.

Les usagers du TTY

En se basant sur une comparaison avec le Canada ( 0,064% d’usagers), le nombre d’usagers du TTY en Australie était estimé à 12 800. L’échantillon  d’usagers du TTY se composait surtout de gens habitant de grandes villes des états de l’est. Il y avait un peu plus de femmes et une représentation raisonnable des divers groupes d’âge. Concernant le niveau d’instruction, 13% étaient allés à l’université et 28% un TAFE, ou un établissement de troisième cycle. Plus d’un tiers de l’échantillon travaillait. La plupart des sondés étaient de foyers à faible revenus. Presque 2/3 étaient sourds, et l’autre tiers avait des problèmes d’audition, mais un peu plus de la moitié utilisaient la parole avec aisance jusqu’à un certain point.  Les ¾ avaient l’Anglais comme première langue, et 18% l’Auslan ( langue des signes australienne).

Utilisation du TTY en Australie

Les sondés utilisaient le TTY depuis une moyenne de 9,4 ans. Les modèles les plus fréquents de TTY étaient l’Uniphone 1150 et le Superprint 4425. La majorité n’avait qu’un TTY chez eux. En tout, 94% disposaient d’un TTY chez eux et 11% ailleurs ( par ex au travail ou dans un centre social). La moitié de l’échantillon disposait de téléphones mobiles, et cela était relativement élevé chez des gens âgés de 20 à 29 ans. Text to Voice et Voice Carry Over étaient les manières les plus fréquentes d’utiliser le National Relay Service(NRS).

Dans l’échantillon, les TTY n’étaient pas utilisés très fréquemment.  Le pourcentage d’usagers du TTY qui utilisait les SMS était le double de celui des appels de TTY à TTY ou des appels par NRS. L’usage des emails était aussi relativement fréquent. Mais les résultats étaient plus comparables quand on regardait l’utilisation hebdomadaire. Le nombre moyen d’appels par TTY dans une semaine donnée était de 4,7. Les SMS et les Emails étaient les moyens de communication les plus utilisés hors de chez soi. Les sondés estimaient que leur utilisation des emails, des SMS et ( dans une moindre mesure) du NRS s’était accrue dans les 2 dernières années, mais la variation semblait très petite pour les appels de TTY à TTY.

Les appels de TTY à TTY étaient d’abord utilisés pour appeler des parents ou amis sourds ou malentendants, alors que les appels NRS étaient habituellement utilisés pour appeler des entendants ( famille, amis et organisations). Les SMS et messageries étaient généralement utilisés pour la famille et les amis, plutôt que pour les organisations, alors que les emails étaient fréquemment utilisés pour cela aussi.

Différentes questions étaient destinées à évaluer les attitudes des gens envers le TTY. Dans l’ensemble, les principaux avantages perçus étaient qu’il permettait une communication personnelle, en temps réel, raisonnablement facile et économique et que, grâce au NRS, le TTY pouvait relier des personnes sourdes ou ayant des problèmes d’audition ou de parole avec la communauté entendante, y compris des organisations. Cela donne aux usagers du TTY un sentiment d’indépendance . La principale faiblesse perçue du TTY était les dysfonctionnements techniques ( par ex pannes ou texte brouillé) , le fait que les appels prenaient plus longtemps, et le manque de familiarité ( et de patience) vis à vis du TTY et du NRS dans le grand public ( en particulier les organisations). Dans l’ensemble 84% des sondés étaient satisfaits du TTY. Le TTY était encore considéré par beaucoup comme essentiel ( en particulier dans les situations d’urgence), même si on ne l’utilisait qu’occasionnellement.

La connaissance et l’utilisation des TTY publics payants était très rare, beaucoup de gens ayant recours à un entendant ou au SMS pour contacter des gens en dehors de chez eux.  Les principaux problèmes des TTY publics payants étaient qu’on ne savait pas qu’ils existaient ni où ils étaient, ainsi que des problèmes ou des inquiétudes quant à leur fonctionnement.

Il apparaît que les SMS et les emails ont une popularité relativement grande parmi les usagers du TTY, similaire à leur récente popularité croissante dans le grand public . Les raisons de cela, ainsi que l’évaluation d’une gamme d’autres technologies, sont données en détail dans le rapport. Les préférences des participants montrent que le TTY les SMS et les emails sont actuellement les choix les plus populaires dans cet échantillon , la technologie du vidéophone étant considérée comme allant devenir plus pertinente et attractive à l’avenir ( en particulier une fois résolus les problèmes de prix, de qualité d’image et de disponibilité).

 

Utilisation du TTY dans la communauté sourde-aveugle

Beaucoup d’attitudes des participants sourds-aveugles au sujet des technologies étaient similaires à celles de l’échantillon de l’enquête sur le TTY. Les sourds-aveugles n’ayant qu’une perte de vision partielle pouvaient utiliser les SMS et avaient tendance à préférer cela aux emails. Mais ceux qui avaient une perte totale de la vision, qui communiquaient en Braille, n’avaient pas de solution de communication portable quand ils étaient hors de chez eux. Ce dernier groupe avait donc tendance à avoir plus recours aux emails. Les forces et les faiblesses qui sont perçues dans les diverses technologies alternatives sont détaillées dans le rapport.

 

Utilisation du TTY dans les organisations

Si on se base sur la préparation des neuf étude s de cas, il semblerait que l’utilisation de la technologie du TTY dans les organisations en relation avec le public est incohérente. Beaucoup d’organisations ont un numéro de TTY dans l’annuaire mais la machine n’est pas branchée ou ils n’ont personne qui sache recevoir les appels entrants. Celles qui savent où est leur appareil et qui savent s’en servir ont généralement le même TTY qui a été installé il y a 10 ans. Certaines organisations ont un seul TTY et personne qui sache s’en servir. D’autres ont plusieurs machines et/ou plusieurs utilisateurs formés. En général, plus l’organisation aspire à l’inclusion et à l’égalité d’accès, plus il y a de mesures mises en place pour utiliser le TTY comme canal de communication. Les organisations qui s’intéressent particulièrement aux communautés sourdes et malentendantes avaient tendance à avoir des dispositions efficaces , comme l’organisme du Commonwealth et une université qui participaient à la recherche. D’autres organisations, qui avaient pris l’initiative d’acheter un TTY, n’avaient pas les moyens, ou pas un volume d’appels suffisant, pour entretenir un opérateur spécialement formé.

 

Etude sur la politique du handicap du Commonwealth

Source : les Dernières Nouvelles d’ACROD, association nationale d’emploi pour le handicap.

A la demande du ministère fédéral de la famille et des services sociaux, Erebus International fait actuellement une évaluation de la politique du handicap du Commonwealth. Cette politique a des conséquences sur les perspectives d’emploi de beaucoup d’Australiens sourds-aveugles. Il y a eu un appel d’offres pour l’étude en août dernier.

Lancée en 1994, la politique du handicap ( ou CDS) a instauré un plan sur 10 ans pour aider les organismes gouvernementaux australiens à respecter leurs obligations selon la loi australienne sur la discrimination à l’égard du handicap de 1992. La CDS vise à faire disparaître les barrières qui empêchent les personnes handicapées d’avoir une égalité d’accès aux mesures, programmes, services, informations et emplois du gouvernement . En 1999, il y a eu une évaluation à moyen terme de la CDS, et une version révisée a été publiée en 2000. Tous les organismes gouvernementaux australiens sont obligés d’incorporer les objectifs de la CDS dans leurs plans de travail stratégiques.

Peu de gens seront contre les principes d’équité, d’inclusion de participation , d’accès et de responsabilité de la CDS. Mais, à certains égards, cette politique s’est avérée inefficace. L’indice le plus flagrant en est que le taux d’emploi des personnes handicapées par le gouvernement australien a baissé significativement au cours de la dernière décennie : de 5,8% à 3,8%. En outre, souvent les procédures de consultation qui ne concernent pas explicitement la politique du handicap, les stratégies d’information et les services génériques n’incluent pas les personnes handicapées.

Pourquoi cette politique n’a-t-elle pas été plus efficace ? Selon ACROD, le problème principal c’est son statut marginal dans l’activité de la plupart des organismes gouvernementaux australiens. Il y a un manque de « propriété commune » de la CDS dans le gouvernement. La plupart considèrent que c’est du domaine d’un service du ministère de la famille et des services sociaux (FaCS), et beaucoup d’organismes ne savent tout simplement pas de quelle gamme d’actions ils disposent pour appliquer l’inclusion dans leurs programmes, leurs politiques et pratiques. Conseils et soutien sont à leur disposition pour les aider à être plus inclusifs, mais la plupart ne cherchent pas à l’être.  Par exemple, selon la Commission australienne du service public , il n’y a que 21 organismes du Commonwealth sur 87 qui « travaillent avec des organisations spécialisées dans l’emploi des personnes handicapées ». De plus, il n’y a pas de sanctions pour les organismes qui appliquent mal la politique ni de récompenses pour ceux qui l’appliquent bien.

Pour être plus efficace, la CDS a besoin de plus de force et d’être plus affirmée. Cela aiderait si c’était un organisme central ( comme le cabinet du premier ministre) qui en était chargé. Des sanctions et des récompenses pour les organismes gouvernementaux devraient être liées à la CDS, avec mise au point de mesures claires de la réussite et de l’échec. Les organismes gouvernementaux ont besoin de plus de formation sur l’inclusion des personnes handicapées dans les processus de consultation, dans les emplois et les services qu’ils offrent. L’inclusion ne marche pas si elle est abordée à contrecœur, juste par obéissance. Il faut donc s’efforcer de persuader les organismes gouvernementaux de la valeur et de l’importance de l’implication des personnes handicapées dans leur activité principale.

 

Bonnes nouvelles pour les mangeurs de corbeaux !

( surnom des Australiens du sud...)

 

Le gouvernement d’Australie du Sud facilite l’utilisation des transports publics par les personnes handicapées. Il va dépenser 3,52 millions de dollars australiens sur 4 ans pour changer son programme de subventions aux transports ( SATSS) en élargissant significativement les droits  et en créant une nouvelle carte d’accompagnant «  Plus One » pour voyager dans les transports publics. La carte d’accompagnant « Plus One » rendra le transport public gratuit pour une personne voyageant avec une personne handicapée qui ne peut pas utiliser toute seule les transports publics.

Les droits aux transports pour les handicaps physiques ont élargis pour inclure les handicaps sensoriels ( par ex le handicap visuel) et les handicaps cognitifs et intellectuels qui ont pour conséquence l’incapacité permanente à utiliser les transports publics. Le programme a commencé le 1er juillet 2005.

 

Conférence nationale sur la participation sociale prévue en 2006

 

ACROD organisera une conférence inaugurale nationale sur la participation sociale en septembre 2006 à Adelaïde. ACROD SA accueillera la conférence et l’unité d’organisation des conférences ( au Bureau National) sera chargée de l’administration.

La conférence nationale sur la participation sociale est l’une des différentes conférences spécialisées remplaçant la conven,tion nationale d’ACROD. La conférence nationale sur le logement et l’aide sociale s’est tenue l’année dernière à Melbourne , et la conférence nationale sur l’avancée en âge et le handicap s’est tenue en juillet 2005 à Hobart, en Tasmanie.

 

Queensland : pages web pour les sourds-aveugles/multi-handicapés sensoriels des services de l’éducation du Queensland, et dictionnaire des signes tactiles

Sandy Joint, le Conseiller d’Education pour les sourds-aveugles de l’état du Queensland en Australie, nous a envoyé une adresse web très utile. Elle vous conduira à son site et au dictionnaire des signes tactiles que beaucoup d’entre vous réclamaient.

Voici l’adresse, et il y aura aussi un lien à partir du site de DbI.

http://www.learningplace.com.au/en/dssulc/dbmsi

 

 

ESPAGNE

 

Bonne nouvelle – Reconnaissance de la surdicécité

Au début de l’année, Ricard Lopez  a pu nous communiquer de très intéressantes informations sur le statut de la surdicécité en Espagne. Après avoir mené une campagne infatigable, Ricard  a pu annoncer aux membres d’EDbN que le gouvernement espagnol avait reconnu la surdicécité en tant que handicap spécifique.

Ricard est devenu un très bon militant qui sait utiliser ses compétences et encourager les autres à faire de même pour faire avancer la cause des enfants et des adultes sourds-aveugles. Il s’est servi de la déclaration de l’Union Européenne ( 01/2004) pour plaider sa cause  et a convaincu les membres du groupe socialiste de présenter la question. Ils ont maintenant de nombreuses réunions avec le gouvernement et établissent des relations de collaboration pour modifier la loi sur le handicap.  Cela signifie que le changement est en bonne voie !

Il nous dit que dans tout le pays les familles font pression pour obtenir le changement et que ce travail continue aux Parlements d’Aragon et de Catalogne.

Aux dernières nouvelles, ils font campagne auprès du Parlement espagnol au sujet de la nouvelle loi sur la langue des signes, et auprès du Parlement catalan pour la reconnaissance. Ricard a été sollicité pour rédiger une proposition de changement des anciennes lois.

Dans un autre domaine, ils ont obtenu l ‘accord des politiques pour qu’en 2007 soient inscrites au budget deux résidences spécialisées, une à Séville et l’autre à Barcelone.

 

Les membres d’EDbN sont enchantés d’apprendre le succès de Ricard et sont prêts à l’imiter !

Félicitations à Ricard et à tous les militants !

 

ROUMANIE

Quoi de neuf en Roumanie ?  Andrea Hathazi nous tient au courant

Un nouveau service pour enfants et jeunes sourds-aveugles a ouvert à Cluj-Napoca en Roumanie en novembre dernier . Le Centre de Conseil sur la Surdicécité fonctionne au département d’éducation spéciale de la faculté de psychologie et de sciences de l’éducation de l’université de Babes-Bolyai. La mission de ce centre est d’apporter une aide aux familles d’enfants sourds-aveugles. Le centre sert aussi de ludothèque , avec une grande variété de jouets, de livres, d’instruments de musique et autres objets que les parents peuvent emprunter pour leurs enfants. C’est un lieu de rencontre et d’échange d’informations et d’expériences pour les parents. C’est aussi un environnement qui favorise pour les adolescents sourds-aveugles qui le fréquentent les possibilités de jeu et d’interaction. Un autre de ses objectifs est de faire des évaluations fonctionnelles du potentiel des enfants dans différents domaines de développement et de mettre au point des plans d’intervention individualisés qui sont donnés aux intervenants et aux parents de l’enfant mais aussi aux autorités éducatives le cas échéant. Les activités sont élaborées et réalisées par des bénévoles : Andrea Hathazi, Oana Farcas, Olimpia Luca, mais aussi ders étudiants de la faculté.

Un autre grand événement exceptionnel en Roumanie a été le stage de formateurs nationaux dans le domaine multihandicaps sensoriels/surdicécité. Onze éducateurs spécialisés , qui avaient été sélectionnés après la formation en cours d’emploi de 2005, sont devenus formateurs nationaux après un stage de 160 heures. Le stage a été organisé grâce à un partenariat entre le ministère de l’éducation et de la recherche, le département de l’éducation spécialisée, et l’université Babes-Bolyai à Cluj. Le stage a bénéficié de l’expérience et des connaissances théoriques et pratiques du Dr Stuart Aiken, d’Ecosse, mais aussi de spécialistes de Roumanie. Le stage a couvert une large gamme de sujets, dont la communication alternative et augmentative, la communication dans la main, l’attachement, ainsi que les stratégies et compétences d’enseignement .

La Roumanie a maintenant une équipe de formateurs nationaux qui dirigeront des stages à l’avenir mais aussi donneront des conseils aux éducateurs de différentes régions du pays qui travaillent avec des enfants multihandicapés sensoriels ou sourds-aveugles. C’était l’étape finale d’un projet de formation en cours d’emploi financé par CfBT, une fondation du Royaume-Uni qui soutient le travail en Roumanie depuis de nombreuses années.

 

ECOSSE

Mark Beattie remporte un grand prix

par Graeme Thomson

En mars, Mark Beattie, qui fréquente le Centre de Ressources Familial de Sense Ecosse, a fêté la récompense de deux années de travail en recevant sa médaille de bronze du prix du Duc d’Edinburgh. Mark, 18 ans, a fêté cela en grande pompe, il avait revêtu le kilt et tout le costume pour recevoir le prix des mains du  responsable du prix pour Glasgow, Garry McLoud.

L’aventure de Mark a commencé en mai 2004 lorsqu’il s’est embarqué dans un projet extraordinaire rassemblant des artistes sourds-aveugles de 5 pays européens pour créer et interpréter une pièce de théâtre traditionnel pour un public payant. La pièce, « Voyager Princess » a remporté un grand succès, et les mois de dur travail des répétitions ont été payants car Mark a ravi la vedette dans le rôle du garçon de cabine. Grâce à ce prix du Duc d’Edinburgh, Mark est allé en Italie pour un atelier d’une semaine, il s’est fait beaucoup de nouveaux amis et s’est perfectionné comme artiste.

Les talents de Mark ont été encore mis à l’épreuve dans la partie « service » du Prix. Il a fait équipe avec le professeur de musique de Sense, David McClusky, et a rejoint « Partick Beat », un groupe de percussions qui devait participer au Glasgow West End Festival. Pendant 3 mois, Mark a perfectionné son don naturel pour les percussions et a joué un vrai rôle dans un spectacle sensationnel devant des milliers de spectateurs.

L’épreuve finale qui restait entre Mark et son prix était « l’étape sportive ». Mark, travaillant avec Joe Gibson, le professeur d’éducation physique de Sense Ecosse, a opté pour l’escalade et s’est trouvé dans un monde de cordes, de harnais et de casques, dont le point fort a été l’escalade de « Windy Hill » dans le parc régional de Muirshiel. L’expédition a répondu à ce nom, avec la traîtrise de la forte pluie et du vent , et Mark a fait preuve d’une grande détermination et d’une grande résistance pour atteindre le sommet.

Un film de l’épopée de Mark pour le prix a été projeté lors de l’événement, suscitant les bravos et l’émotion d’une foule composée d’amis, de camarades d’écoles, du personnel de Sense Ecosse et de familles, dont sa mère Elaine et ses soeurs Charlene et Nicole.

Le professeur d’arts créatifs de Sense Ecosse, Jon Reid, qui a présenté et guidé Mark pour le prix, a dit : « C’est un exploit fabuleux pour Mark. C’est la première fois qu’un membre de Sense Ecosse remporte le prix du duc D’Edinburgh. Mark est un véritable pionnier. »

La présidente Gillian Morbey a félicité Mark de son exploit et a exprimé sa fierté pour le personnel de Sense Ecosse, ajoutant que cela pouvait être le début de « relations passionnantes apportant de réelles opportunités aux jeunes que nous aidons en Ecosse ».

 

AMERIQUE CENTRALE

Rencontre des parents d’Amérique Centrale, du Mexique et des Caraïbes

par Diana Bonilla

 

Ce fut un privilège pour le centre éducatif FUNDAL du Guatemala d’accueillir la Rencontre des parents de sourds-aveugles et multi-handicapés, qui a eu lieu en septembre 2005.

Cet événement nous a donné une merveilleuse occasion de retrouver de vieux amis et d’accueillir tous les nouveaux parents qui rejoignent cette grande famille tous les ans.

Nous avons commencé à l’apprécier dès que nous avons été désignés comme hôtes. Pendant les réunions de préparation, tous les parents ont assumé leurs tâches avec responsabilité et enthousiasme. Ainsi, nous avons atteint notre objectif commun : organiser et mettre au point chacune des activités pour que chacun s’exprime.

La rencontre s’est tenue dans les locaux de l’IRTRA – un centre de loisirs situé sur la côte Pacifique dans le département de Retalhuleu. L’endroit avait été choisi à cause de son confort et de son climat et paysage merveilleux, qui en faisaient l’endroit idéal pour échanger et apprendre.

Depuis la réception d’accueil, où chacun a été accueilli chaleureusement, jusque dans les plus petits détails, nous avons eu le sentiment réconfortant de faire partie de ce merveilleux travail. Pour les parents venant du Guatemala, de Mexico, du Honduras, du Salvador , du Costa Rica, de Panama, de la République Dominicaine et de Bolivie , cette expérience était très appréciable. C’est formidable de rencontrer d’autres gens qui, bien qu’étant dans des environnements différents, connaissent les mêmes problèmes.

Nos conseillers – Maria Veronica  Cajal d’Argentine, et Suzana de Araoz du Brésil – sont mères et professionnelles. Grâce à leur compétence, elles ont choisi le matériel et mis chaleureusement leurs connaissances en commun pour faciliter les choses à chaque parent de sourd-aveugle ou de multi-handicapé. Nous avons aussi eu en chemin l’aide de nos chers amis Steve Perrault et Graciela Ferioli du programme Hilton Perkins, des professionnels au grand coeur qui nous surprennent toujours par leurs nouvelles et opportunes leçons de vie.

Nous remercions toutes les institutions qui nous ont sponsorisés et aidés pour l’organisation de cet événement qui voulait réaliser un rêve : Hilton Perkins, Once Amérique latine, et la Christoffelblindmission.  Mais nous soulignons aussi la force des parents qui encouragent leurs enfants, et celle des institutions d’éducation et de soutien qui les aident à faire leur travail, parce que ce n’est que grâce à ce travail d’équipe qu’il est possible d’atteindre les objectifs qui transforment la vie.

 

PEROU

Le Pérou fête 10 ans de réussite !

par Maria Graciela Laynes

Pour célébrer cette importante étape pour l’association Helen Keller du Pérou, un séminaire international s’est tenu sur le thème « Dix ans passés à rompre les barrières de l’obscurité et du silence »

Hilton Perkins a en partie sponsorisé ce séminaire et nous avons accueilli Steve Perreault, Maria Bove et Ayola Cuestas. CBM a collaboré, avec la participation de Sonia Margarita Villacres, et Sense International avec Ximena Serpa et Beatriz Satizabal.

PLus de 200 participants au séminaire ont entendu les interventions de ces invités, et profité des connaissances, de l’expérience et de la philosophie de nos élèves sourds-aveugles, des membres de leurs familles et des professionnels.

 

 

RESSOURCES

 

Deux outils disponibles en version anglaise : IN-SIGHT et TACTUAL PROFILE

Visio, institut pour l’éducation des déficients visuels et des aveugles en Hollande, a le plaisir d’annoncer la publication en Anglais de deux outils : In-Sight et Tactual Profile.

  • In-Sight: outil de diagnostic conçu pour encourager le développement du fonctionnement visuel chez les enfants malvoyants ( de 6 à 12 ans) ayant une capacité d’apprentissage normale. In-Sight est construit autour de 12 catégories de fonctionnement visuel. Ces catégories sont divisées en items de difficulté croissante. Le prix de cet outil est de 1299.00 € plus 6% de TVA et frais de transport ( 1377€ TVA comprise).
  • Tactual Profile: un outil d’observation pour établir le fonctionnement tactile des enfants atteints de déficience visuelle sévère ( de la naissance à 16 ans).  L’outil est décrit en gros comme constituant une « observation structurée ». Dernièrement, une étude a été faite et l’outil a été jugé valable. Le prix est de 1794.00€ plus 6% de TVA et frais de transport ( 1902€ TVA comprise)

Des brochures spéciales sont disponibles. Si vous êtes intéressés, envoyez vos cordonnées à :      in-zicht@visio.nu , à l’attention de Ms Anneke Blok.  Nous vous contacterons dans les 5 jours suivant la réception de votre message.

 

 

Education des déficients visuels

 de l’antiquité jusqu’à l’Australie des années 2000.

Dr Keith Watkins

L’histoire de l’éducation des déficients visuels retrace la lente évolution de ces personnes – depuis le mendiant aux portes de la ville dans le monde antique jusqu’à l’ordinateur qui parle, le diplôme d’études supérieures et le Braille informatisé inventés dans les 30 dernières années. Pour comprendre et apprécier le chemin suivi par les éducateurs des déficients visuels, il faut étudier les liens historiques avec l’Europe et l’Amérique.

En décrivant la voie suivie par les déficients visuels, Keith Watkins présente une abondance de documents, reportages et entretiens exceptionnels. Ils donnent une image vivante des débuts et du développement de l’éducation spécialisée pour les élèves déficients visuels. C’est une histoire racontée dans le contexte social, économique et politique des temps, et c’est une lecture passionnante.

ISBN/ 064 645 1936

pour commander le livre, contacter keithh.edie.watkins@bigpond.com

 

 

RESEAUX

 

Le réseau culturel nordique

par Lone Poggioni

En 2005, nous avons eu 4 stages auxquels ont participé 27 sourds-aveugles de Norvège, du Danemark et de Suède et 60 accompagnants ! Ils ont suivi un « stage de bronzage » dans l’île de Gotland, un stage de « nature et sculpture » au centre de vacances de Johnsgaard à Somadalen en Norvège, et deux stages de « communication dans la musique » à Slettestrand au Danemark.

En 2006, le réseau culturel nordique a prévu les stages suivants :

  • stage de bronzage dans l’île de Gotland en suède du 14 au 21 août : http://www.gotland.se
  • stage nature et sculpture au centre de vacances de Johnsgaard à Somadalen en Norvège du 1er au 7 septembre : http://www.johnsgard.no
  • un ou deux stages – si nécessaire – de « communication dans la musique » à Slettestrand au Danemark du 23 au 28 octobre : http://www.slettestrand.dk

 

 

Le réseau des frères et soeurs

Sabine Kersten

Au moment où j‘écris ceci, nous préparons « Listen to me 3 » qui se tiendra à Salou (Espagne) du 1er au 8 octobre 2006. Le réseau des frères et soeurs organise plusieurs ateliers pendant cette rencontre. Les frères et soeurs d’enfants sourds-aveugles peuvent s’y rencontrer, échanger leurs expériences et, dernière chose mais non la moindre, passer du bon temps ensemble !

Le lieu est situé près de la plage, et si nous avons la chance d’avoir beau temps, nous pourrons aller à la plage aussi.

Il est important de préciser que les informations et les discussions seront adaptées à l’âge car nous voulons que chacun soit à l’aise. Un autre problème important pour la préparation du programme c’est la langue. La plupart des enfants participants ne parleront pas anglais. Nous voulons les encourager à venir quand même, car nous essayons de diviser les groupes selon la langue parlée.

Venez, cela promet d’être une semaine intéressante !

Pour information, contacter : siblingsnetwork@gmx.net

 

 

Groupe d’études Usher

Mary Guest

Le syndrome d’Usher au Venezuela ... quelques réflexions

Grâce à Maria_Luz Neri et au travail de l’équipe de SOCIEVEN à Caracas, nous avons pu faire un atelier de deux jours et demi sur tous les aspects du syndrome d’Usher, en mars 2006, le premier au Venezuela.

Ce qui m’a frappée en écoutant les histoires de Rodolfo, Amarylis et Carolina qui ont fourni les études de cas de l’atelier, c’est à quel point leurs histoires m’étaient familières. Oui, les détails de leurs vies étaient différents mais ce qu’ils ont connu comme perte de l’audition, problèmes d’équilibre, premières manifestations de la rétinite pigmentaire puis le diagnostic, sont communs à tous ceux qui ont un syndrome d’Usher.

Leurs expériences communes pourraient être la base d’un matériel de base sur le syndrome d’Usher. Ce matériel pourrait être rassemblé dans un pack de matériel de base qui pourrait être utilisé par quiconque voudrait identifier des gens atteints du syndrome d’Usher dans son pays ou sa région. Ce matériel de base pourrait être traduit et adapté aux besoins et à la culture des pays et avoir une certaine flexibilité. Ainsi il serait possible d’identifier les syndromes d’Usher même dans les régions isolées du monde et de les atteindre ainsi que professionnels qui ont également besoin d’informations.

Si vous pensez que c’est une idée à creuser, envoyez-moi vos suggestions : mary.guest@sense.org.uk

 

Réseau surdicécité acquise (AdbN)

par Ges Roulstone

Le groupe de coordination d’AdbN a tenu sa réunion de printemps à Bergen les 1-2 avril. La dernière touche a été mise au programme de la 6e conférence internationale d’AdbN qui se tiendra à Groningen en Hollande du 1 au 5 novembre 2006. Pour plus de détails sur cet événement international important et populaire pour tous ceux qui sont dans le domaine de la surdicécité acquise, se reporter à la page 45.

La conférence, intitulée « l’art de la communication » - mise au point de solutions au niveau individuel, sociétal et organisationnel dans le monde de la surdicécité acquise », comprendra des séances plénières animées par des conférenciers bien connus sur le syndrome d’Usher, la technologie et le programme politique. Il y aura aussi une gamme très intéressante de 16 ateliers au choix.

Pendant le week-end, le groupe de coordination a aussi examiné les lieux potentiels pour la 7e conférence de 2008, qui doit se tenir à Bergen.

Pour plus d’informations et pour s’inscrire, aller sur le site de DbI ou sur http://adbn2006.visio.org

Email : deafblind@visio.nu ou téléphone : +31 (0)55 580 06 96  Fax : +31 (0)55 580 08 90

 

MDVI Euronet  ( Réseau européen des déficients visuels multihandicapés)

par Rob Jones de la Royal Blind School d’Edinburgh

Le réseau a continué sa mission de mettre au point et d’échanger des méthodes d’éducation pour les enfants et jeunes adultes déficients visuels multihandicapés en 2005.

En juillet, le réseau a achevé son premier projet financé par l’Union européenne centré autour des questions concernant le développement d’écoles spécialisées en centre de ressources  pour les prestataires traditionnels. Les activités de la dernière année comportaient l’organisation d’une série de séminaires d’information qui se sont tenus en Ecosse, Irlande, Suède et République Tchèque. Les résultats du projet figurent sur le site de MDVI Euronet : www.mdvi-euronet.org

Cette année a également vu le réseau continuer son développement sur le modèle de fonctionnement en 5 étapes mis au point par Jon Magne Tellevik de l’université d’Oslo et Bengt Elmerskog du centre de ressources de Tambartun. L’objectif du projet répond à l’une des cinq priorités du réseau qui est la formation du personnel. Le système de projet en développement vise à aider les éducateurs à préparer une approche holistique centrée sur les activités et la participation aux situations de la vie réelle. Pour plus de détails sur cette initiative, aller sur le site du projet à : www.impact-mdvi.org

Un certain nombre de membres de MDVI Euronet ont aussi commencé à travailler sur un projet scolaire appelé « Look at me moving forward ! » ( regarde comme je progresse !). Six écoles participent à des activités pour remettre en question les stéréotypes qui cernent les enfants et les jeunes handicapés visuels ou multihandicapés avec une déficience visuelle. Mais le projet est aussi une excellent manière d’apprendre à connaître les autres cultures européennes et de développer l’amitié entre les peuples. Les informations sur ce projet figurent sur www.sonokids.com/movingforward

Enfin, en novembre, les membres du réseau se sont réunis à Paris pour mettre au point un nouveau projet dans un autre domaine prioritaire de MDVI Euronet, qui est la formation professionnelle. Avec la participation de personnel de 7 pays différents, le groupe vise à établir un projet qui examinera le concept de travail pour un jeune multihandicapé déficient visuel. Le groupe a convenu que «  aller travailler » est extrêmement important pour l’estime de soi et les relations sociales , mais qu’il y a une réelle différence entre travail et emploi.

Evénements à venir

Au premier trimestre 2006, on aura des informations sur une formation en cours d’emploi pour les éducateurs intéressés par le système de projet mis au point par le programme ImPAct MDVI. Pour plus d’informations : www.impact-mdvi.org

Deux séminaires pour les professionnels travaillant avec des enfants et des jeunes déficients visuels multihandicapés sont prévus. Le premier porte sur les déficients visuels congénitaux (CVI) et les déficients visuels multihandicapés (MDVI). Le second  aura lieu en automne 2006 et s’adresse aux ergothérapeutes et aux kinésithérapeutes.

Pour plus de détails sur ces 2 séminaires, aller sur www.mdvi-euronet.org

 

Réseau interprètes

 par Mirjam Leusink, présidente

Bonjour à tous ! Ce réseau vient juste de démarrer, donc nous n’avons pas grand-chose à dire sur ce que nous avons fait dans le passé. Nous avons commencé à la 6e conférence en Slovaquie l’été dernier et bien que nous soyons nouveaux, nous avons des projets d’avenir !

Le réseau interprètes espère rapprocher les interprètes pour sourds-aveugles et les sourds-aveugles eux-mêmes des différents pays pour échanger des informations et des matériels. Les sourds-aveugles sont les bienvenus parce qu’ils peuvent aussi échanger informations et matériels. Nous sommes conscients que tous les pays ne sont pas arrivés au même niveau. Par exemple, il y a la question de la création d’ un système d’interprètes payés et de comment ça peut marcher. Nous voulons échanger des idées et répondre ensemble aux questions.

Nous communiquerons principalement par email et si c’est possible nous voudrions organiser un séminaire sur l’interprétation pour les sourds-aveugles. Nous souhaitons aussi vous informer tous sur notre groupe et sur ce que nous faisons dans les colonnes de DbI Review. Mais nous cherchons aussi à ce que les membres expriment leur intérêt, et si vous voulez être informés par une liste de diffusion, faites-vous connaître ! Envoyez-moi un mail à : mijam.leusink@planet.nl

 

Réseau Communication

La communication avec les sourds-aveugles congénitaux – production de matériels en collaboration, par Inger Rodbroe

La section sourds-aveugles de Viataal en Hollande et le centre de formation du personnel nordique ( représentant les 5 pays nordiques) ont travaillé ensemble pendant de nombreuses années et acquis beaucoup de connaissance et de compréhension sur le processus d’interaction et de communication avec les personnes atteintes de surdicécité congénitale.

En été 2004, Viataal et le NUD ont décidé de commencer à rédiger ce travail pour le diffuser plus largement. La décision a été prise de travailler sur 4 livrets et d’en illustrer le contenu par des exemples en  vidéo sur un ensemble de 4 DVD. Les livrets et les DVD peuvent être utilisés dans des programmes de formation de formateurs pour la transmission du savoir, dans des stages, et dans la pratique quotidienne.

Le projet est basé sur l’étude à long terme du Réseau communication de DbI et pour ce projet ses membres en ont fait le bilan. Inger Rodbroe du Centre de ressources danois sur la surdicécité congénitale est chargée du contenu et Annet Eikelboom de Viataal de la production. Depuis l’été 2005, le Centre de ressources danois sur la surdicécité congénitale représente la partie nordique du projet. La totalité du projet s’achèvera en mars 2008.

 

 

Produits

Sujets des livrets et des DVD

1. Surdicécité congénitale et principes clés de l’intervention ( date de parution – juin 2006)

2. Relations sociales et contact ( juin 2006)

3. Communication basée sur des « signes » non conventionnels ( juin 2006)

4. Communication basée sur les signes conventionnels (juin 2006)

 

 

Ces livrets s’adressent  aux professionnels et aux parents d’enfants et d’adultes sourds-aveugles congénitaux. Chaque livret contiendra des informations générales théoriques de base, des informations spécifiques aux sourds-aveugles et des exemples qui sont écrits, liés et développés dans le DVD. Le DVD comportera des sous-titres si nécessaire pour suivre les conversations.

Développement de l’expertise chez les conseillers

Les conseillers nordiques et hollandais participent au recueil des exemples vidéo et à la rédaction des livrets 3 et 4. Plus tard, ils pourront passer le contenu des livrets aux collègues, professionnels et parents intéressés. Ce sont les ambassadeurs du projet. Les dates de la formation comprise dans le projet ne sont pas encore connues.

Informations sur ce projet

Les informations sur ce projet seront diffusées sur le site de DbI , section réseau communication. Les sites web des institutions participantes auront une traduction du texte et un lien vers le site web de DbI. Nous pensons que les informations seront prêtes pour l’été 2006 !

La publication commence en été 2006 et continue...

Les livrets 1 et 2 sont prêts et seront imprimés en juin 2006. Le DVD du livret 1 sera prêt fin mars et celui du livret 2 en juin.

A une réunion de 3 jours en avril 2005 au NUD, les conseillers participants des pays nordiques et de Hollande ont mis au point le sommaire du livret 3. Ces conseillers ont commencé la rédaction en travaillant par équipes internationales aux textes sources qui formeront la base du livret. Le livret 3 et le DVD seront prêts en juin 2007. La rédaction du 4e livret sera analogue à celle du livret 3.

La rédaction du livret 4 commencera lors d’un séminaire à Viataal en octobre 2006.

En automne 2007 pour la conférence mondiale en Australie, nous avons l’intention de présenter les résultats du projet !

 

 

Réseau emploi

par Seija Troyano

Depuis 18 ans je m’intéresse à ce qui se passe dans le domaine de l’emploi pour les sourds-aveugles et à la façon dont les responsables de la main d’oeuvre et les professionnels qui nous entourent comprennent les problèmes qu’ont les sourds-aveugles et les autres handicapés quand ils essaient de trouver du travail.

Trop souvent, la réaction est qu’il y a tellement de gens sans travail autour de nous qui ne sont pas handicapés que de nos jours le chômage est un problème pour tout le monde. Une telle réaction n’est certainement pas la solution au problème !

Lorsque j’ai commencé à travailler comme conseillère municipale il y quelques années, je me suis intéressée particulièrement aux solutions modernes au chômage et plus précisément aux solutions pour employer les personnes handicapées ayant une formation professionnelle.

En juin 2005, j’ai décidé de prendre part à un projet que l’Agence pour l’emploi offrait aux personnes ayant une formation professionnelle mais peu de chances de travailler à cause d’un handicap ou d’une maladie. La personne qui dirige ce projet est très sympathique et a passé du temps à déterminer les situations individuelles mais bientôt le projet sera lancé sur une plus grande échelle. Le projet est aussi chargé d’obtenir des résultats ! Cela signifie que la personne qui s’en occupe fait beaucoup d’efforts. Une fois, je lui ai dit gentiment que je m’autorisais à être critique et à ne pas accepter quelque chose que je pensais ne pas être pour moi. En tant qu’adultes, nous ne courons pas après des choses dont nous savons qu’elles ne sont pas pour nous. Nous savons aussi ce qui est réaliste.

La toute dernière phase du projet est un stage spécial et intensif de deux semaines pour six personnes pour leur apprendre comment chercher un emploi !

Au moment où j’écris,  la première semaine vient de se terminer et une autre nous attend. Il y avait deux autres femmes avec moi don je savais qu’elles avaient une bonne instruction – l’une est aveugle et l’autre malvoyante. Le 2e jour de notre stage spécial s’est terminé par la répétition de choses que nous savions déjà ! Je suis vraiment déçue quand je vois où va tout cet argent qui est supposé nous « aider » à trouver un emploi !

La seule réalité que nous avons trouvée c’est que nous avons pu apporter une réaction spéciale en retour aux deux femmes qui dirigeaient le stage. Elles étaient très gentilles et sympathiques ce qui nous a aidées à nous détendre et à plaisanter malgré la situation : chacune d’entre nous avait un ordinateur et on nous a demandé de l’allumer et d’aller sur les pages web où on peut trouver ce que le marché du travail offre à tous... Donc, la personne aveugle ne pouvait pas du tout se servir de l’ordinateur sans son assistant personnel, je ne pouvais pas lire les pages web parce qu’elles n’étaient pas faites pour les malvoyants. Donc le stage a continué avec nous qui aidions et encouragions la quatrième femme qui n’avait « que » du diabéte et un problème de dos.   Son estime de soi n’était pas au plus haut et elle avait besoin de beaucoup d’encouragements. Nous étions très douées pour ça ! Si douées que cette femme a envoyé sa candidature pour un emploi d’agent général dans un bus spécial pour personnes handicapée et personnes âgées.

Et me voilà à me demander ce que la semaine prochaine va nous amener ! Tant d’années pour en arriver là ! Encore !

La femme aveugle dans notre stage a un diplôme d’études secondaires et une éducation que beaucoup de personnes voyantes et entendantes pourraient lui envier. Elle avait essayé d’obtenir le travail d’organisation de ce même projet auquel nous participons – sans résultat. Elle connaît et comprend les problèmes des aveugles et des sourds-aveugles. Elle comprend aussi quels sont les outils qui nous permettent d’avoir accès au travail. Mais pour le moment, bien trop souvent, il y a d’autres gens autour de nous qui savent mieux ce dont nous avons besoin et comment !

La seule chose qui me fait avancer dans cette situation frustrante, c’est de savoir que le Parlement a fini par se « réveiller » et par voir comme il est positif et signifiant d’employer les personnes handicapées. Le Parlement a lui-même récemment embauché une jeune femme handicapée aux cuisines. Tous les médias en ont parlé – tout s’est bien passé et la jeune femme et les députés étaient ravis de la situation !

Le spectacle continue – il y a bien trop à faire pour nous tous pour atteindre les sommets auxquels nous aspirons !

Pour faire partie du réseau, contacter : seija.troyano@dnainternet.net

 

CONFERENCE

 

ADBN :            6e séminaire européen du Réseau Surdicécité acquise

1 – 5 novembre 2006 à Groningen, Hollande

 

L’ART DE LA COMMUNICATION – CREATION DE SOLUTIONS AUX NIVEAUX INDIVIDUEL, SOCIETAL ET ORGANISATIONNEL DANS LE MONDE DE LA SURDICECITE ACQUISE

 

Thème : Ce séminaire continuera le 5e séminaire européen du réseau surdicécité acquise. Nous explorerons des solutions créatives pour améliorer la communication avec tous les types de surdicécité acquise.

Dans ce cadre, nous discuterons des solutions de communication des sourds-aveugles, des opportunités qui peuvent être créées et de comment ensemble nous pouvons transformer les possibilités en réalités.

 

Centre de conférences et hôtel :  Meerwold, Laan Corpus den Hoorn 300,

9728 JT Groningen, Hollande ( www.meerwold.nl)

 

Le réseau surdicécité acquise a pour but d’innover pour aider les personnes faisant partie du monde de la surdicécité acquise

 

Le programme : Le séminaire a rassemblé un programme exceptionnel de conférences et d’ateliers . Consultez le site web pour le formulaire d’inscription ou contactez Linda Kerssies, Visio, Waldeck-Pyrmontstraat 31, 7315 JH Apeldoorn, Hollande.

deafblind@visio.nu

VENEZ !

www.deafblindinternational.org

 

 

RAPPORT DES NATIONS UNIES

par Lex Grandia

Changement – vers des jours meilleurs ?

           

            Bien que parfois il semble que rien ne change en ce monde : pauvreté, conflits, isolement,  il y a des changements en route.

L’une de mes principales activités en ce moment en tant que président de la Fédération Mondiale des Sourds-aveugles  est ma participation quotidienne aux négociations à l’ONU sur la convention des droits des personnes handicapées. Cette négociation a commencé en 2001 et se terminera probablement en août 2006. Bien que les gouvernements des 191 pays membres de l’ONU prennent les décisions finales, les organisations internationales de handicapés, réunies dans le caucus international des handicaps ( International disability caucus - Idc), essaient d’influencer la prise de décision. Il reste des différences entre les avis et les souhaits d’Idc et ce que les différents gouvernements, dans leurs perspectives culturelles différentes, peuvent accepter dans le texte de cette convention. Je vais essayer de vous expliquer ce qui se passe.

 

Qu’est-ce qu’une convention ?

Une convention est un document juridique international. C’est une sorte de contrat juridique entre le gouvernement de chaque pays et chaque individu handicapé. Elle couvre tous les aspects de la vie. Elle contient des règles juridiques : articles qui donnent les principes généraux et obligations des autorités publiques envers chaque individu handicapé.

La surdicécité est un handicap , bien qu’elle ne soit pas reconnue dans tous les pays. Une fois que l’assemblée générales des Nations Unies aura approuvé la convention et que les gouvernements commenceront à la ratifier, elle influera sur la législation nationale de chaque pays. Elle va influer sur la situation des sourds-aveugles, de leurs familles et des professionnels dans un proche avenir. La convention comportera aussi la description d’un système de contrôle de l’application des 40 articles et plus du texte. C’est encore plus important maintenant que la commission des droits de l’homme à Genève devient le Conseil des Droits de l’Homme qui est beaucoup plus puissant.

Travailler sur un document juridique à force obligatoire c’est très compliqué et la plus grande peur d’Idc est d’exclure des personnes ayant des handicaps que nous ne connaissons pas aujourd’hui – et à l’avenir. Je ne peux donner ici que quelques exemples de la façon dont ça se passe, mais je vais prendre les plus importants.

 

Capacité juridique

            Une question très difficile est celle de la « capacité juridique ». La capacité juridique signifie que chaque personne sourde-aveugle est égale aux autres devant et d’après la loi. Chaque personne sourde-aveugle devrait avoir son indépendance ( autodétermination) pour tous les aspects de la vie. Etroitement lié à ce concept est le respect de l’intégrité de la personne. Cela implique qu’aucun traitement inhumain et dégradant, aucun châtiment, aucune exploitation ou mauvais traitement n’est légitime.

            C’est très bien, mais qu’est-ce qui se passe si je suis sourd-aveugle de naissance et que j’ai des problèmes pour comprendre ou communiquer ? Ou que se passe-t-il si je suis dans le coma ? Dans ces cas et dans d’autres, je ne peux pas exercer ma capacité juridique.

            Nous avons ici une énorme conflit entre beaucoup de gouvernements et Idc et il faut le résoudre avant la fin d’août. Ce conflit est apparu parce que dans de nombreux pays ma capacité juridique est supprimée. Quelqu’un d’autre, un membre de la famille, un avocat ou un professionnel agit à ma place, prend des décisions me concernant, sans moi.

            Ce concept de prise de décision par un remplaçant n’est pas acceptable pour Idc. Idc reconnaît les nombreuses situations dans lesquelles je suis incapable( temporairement ou de manière permanente) d’exercer ma capacité juridique, mais Idc préfère le concept de prise de décision de « soutien »(dans l’intérêt de la personne ?). Les décisions prises en mon nom doivent m’aider, moi et personne d’autre. Bien sûr, il y a des situations où je ne peux pas être certain que quelqu’un prend des décisions qui sont dans mon intérêt, en particulier lorsque je ne comprends pas de quoi il s’agit. Mais cela rend illégale tout action faite en mon nom qui n’est pas dans mon intérêt. Cela oblige aussi à me donner toutes les informations nécessaires pour prendre mes propres décisions, dans le cas où je suis capable d’exercer ma capacité juridique.

            Je m’excuse d’être un peu abstrait, mais c’est la base juridique de toute la convention. Laissez-moi vous donner un exemple plus concret. Je pense qu’il nous touche tous. Dans la description des modes de communication, jusqu’ici il y a les langues des signes et la communication tactile. Donc, j’aurai aussi le droit de m’exprimer à ma façon en utilisant les modes de communication que je préfère, mais quid de mon éducation en tant que sourd-aveugle ? Il y a un énorme soutien pour l’éducation inclusive parmi les gouvernements et aussi dans l’Idc. Le terme : « éducation spécialisée » ne sera pas employé dans cette convention. Il y a un problème encore plus grand : nous ne sommes pas d’accord sur ce que signifie le terme « éducation inclusive ». Donc l’enfant peut courir le risque de perdre la possibilité d’être éduqué avec d’autres sourds-aveugles dans notre propre cadre. L’enfant devra acquérir des compétences de communication, apprendre le Braille, explorer son environnement et développer les activités quotidiennes avec d’autres sens que les oreilles et les yeux, sans un environnement spécialisé dans lequel commencer. Et quid de la mobilité ? Les organisations des sourds, des aveugles et des sourds-aveugles se battent pour conserver ce droit aux enfants mentionnés dans la convention. Il y est encore dans le dernier projet, mais très affaibli. J’espère arriver à le maintenir.

            Il y a beaucoup d’autres questions controversées, dont toutes les formes d’accessibilité, la santé, la rééducation , l’emploi et la situation des ateliers protégés, le niveau de vie et la sécurité sociale. Toutes ont un impact sur la diminution de la pauvreté, le respect pour le foyer et la famille, les interventions forcées et l’institutionnalisation forcée. Ces questions ne sont pas encore résolues et peuvent aussi dépendre des priorités des gouvernements quant à leurs ressources. Le but reste néanmoins la pleine inclusion de toutes les personnes handicapées dans la société sur un plan d’égalité avec les autres. J’espère que cette convention améliorera la qualité de la vie pour tous les sourds-aveugles.

 

 

14e conférence mondiale de Deafblind International

 

RELATIONS INTERNATIONALES

Rompre l’isolement

25-30 septembre 2007                        

 

« Chers membres et amis de la communauté de Deafblind International,

C’est avec un grand plaisir et une grande fierté que je vous invite dans l’état d’Australie occidentale  pour assister à la 14e conférence mondiale de Deafblind International en septembre 2007.

En assistant à la conférence, vous aurez une extraordinaire occasion d’échanger des idées et des informations sur des questions qui vous intéressent mutuellement et de travailler à « Rompre l’isolement » et à former des « Relations internationales » avec d’autres participant au même travail inappréciable que vous.

Au nom de tous les Australiens occidentaux , je vous invite à profiter de notre hospitalité, de notre ville animée et de notre magnifique environnement naturel, et à vous joindre à nous à Perth en septembre 2007, pour une conférence qui en vaut la peine et une merveilleuse visite. »

 

                                                                                   Alan Carpenter

                                                                                   Premier Ministre d’Australie Occidentale

 

Inscrivez-vous en ligne : www.dbiconference2007.asn.au

 

Venez à la 14e conférence mondiale de DbI pour une conférence professionnellement stimulante, variée et faisant autorité, et pour visiter Perth, capitale de l’Australie occidentale, et l’une des plus belles villes d’Australie. Avec ses plages immaculées, son agréable climat méditerranéen, son environnement non pollué et son ambiance détendue, Perth est l’endroit où il faut être en septembre 2007 !

Venez – vous avez toujours voulu voir l’Australie !

 

 

EDbN                          Listen to me 3

 

Rencontre des familles 2006   « Parent power »

 

La 5e conférence des familles se tiendra à Salou ( près de Barcelone) en Catalogne, Espagne du 1er au 6 octobre. Les précédentes conférences ont eu lieu en Slovaquie, en Hollande, en Italie et au Danemark.  Ces rencontres s’appellent « Listen to me », donc celle de Salou sera « Listen to me 3 ».

 

Le logo de « Listen to me 3 » rappelle le « castells » ( tours humaines) parce que cela demande le travail d’équipe de beaucoup de gens », de même que chaque personne sourde-aveugle pour pouvoir participer.

 

Barcelone ( BCN) a un aéroport international très important ( à 1h30 en voiture) et il y en a un autre à Reus (REU), d’où partent les charters, à 15 mn de Salou. Il y a plusieurs compagnies aériennes bon marché.

Tarragone ( à 10 minutes en voiture de Salou) qui a beaucoup de monuments romains et est maintenant un site UNESCO, se trouve aussi à proximité.

 

Gaudi, Dali, Picasso, sont des artistes catalans. Barcelone est un site touristique important . En Catalogne les plages sont splendides et il y a beaucoup de stations touristiques pour des vacances en famille.

 

La conférence aura des activités organisées par EDbN pour les parents, pour les sourds-aveugles, et pour les frères et soeurs  organisées par le Réseau Frères et Soeurs. Les principales organisations qui soutiennent l’événement sont :

. Hilton Perkins

. Lega del Filo d’Oro

. ONCE

. Sense

 

Parmi les thèmes des conférences: L’éducation sexuelle des sourds-aveugles; les implants cochléaires: qu’est-ce que c’est, où en est-on actuellement; les jeunes sourds-aveugles: projets d’avenir ; intégration professionnelle des jeunes sourds-aveugles ; maladies héréditaires de la rétine....

 

Plusieurs activités touristiques sont prévues. La principale sera une visite guidée de Barcelone d’une journée. Tous les soirs il y aura des activités artistiques pour tous, grâce à plusieurs groupes folkloriques catalans. Il y aura possibilité de visiter le parc de Port Aventura , parc d’attractions et spectacles pour toute la famille proche de l’hôtel.

 

Coût ( comprenant hébergement, transport à l’aéroport, visite de Barcelone, tous les repas et les conférences) : 250 € par personne, 325 après le 15 mai.

 

Pour vous inscrire ou demander des renseignements sur la conférence et être sur la liste de diffusion, contactez : European Deafblind Network, Hotel d’Entitats de La Pau, Carrer Pere Vergés, 1 despatxh 10-2 ; 08020 Barcelona, Catalonia – Espagne.

Email : rlopez@sordoceguera.com

 

 

PUBLICATIONS

 

RECITS DE TOUS LES JOURS....

 

« Expériences de personnes sourdes-aveugles – projet nordique » vient d’être publié par le centre d’information sur la surdicécité acquise au Danemark. Le sous-titre est : « récits de tous les jours » et le sujet est : les conséquences pratiques, émotionnelles et sociales du handicap auditif et visuel progressif.

Vingt personnes atteintes du syndrome d’Usher sont au coeur du projet et ils y ont participé par des entretiens et discussions tous les ans pendant 5 ans. Le résultat du projet est 6 livrets intitulés :

Théorie et méthodes

Accepter le diagnostic

Obtenir de l’aide

Etre actif

S’instruire et travailler

Récits de tous les jours

            Kirsten Jansbel et Birgitte Ravn Olesen en sont les auteurs, mais en partenariat avec des sourds-aveugles et leurs collègues professionnels de Norvège, Suède, Islande et du Danemark . On peut avoir d’autres informations auprès du Centre pour la surdicécité acquise au Danemark sur : www.dbcent.dk

Contactez-nous si vous voulez en savoir plus.

 

RECONNAISSANCE

La surdicécité dans l’Union Européenne

« Reconnaissance » est un rapport sur une enquête sur la surdicécité dans l’Union Européenne pour déterminer où en est la reconnaissance de la surdicécité comme handicap séparé dans les états membres. 29 organisations dans toute l’Europe y ont participé.

Le rapport  peut être obtenu auprès d’EDbN, c/o Lucy Drescher, Sense, 11-13 Clifton Terrace, London N4 3SR  - site web : www.edbn.org

 

PAS TOUT A FAIT COMME LES AUTRES

( La vie vue par des sourds-aveugles, adolescents, adultes et parents)

Cette vidéo et son livret ont été publiés par le Centre d’information sur la surdicécité au Danemark pour répondre aux demandes de plus d’information de meilleure qualité sur la surdicécité venant de nombreuses parts de la société danoise. Créé avec un grand nombre de sourds-aveugles, ce matériel peut être utilisé de nombreuses façons pour aider à comprendre, susciter la discussion et amener le changement.

Pour en savoir plus, allez sur : www.dbcent.dk

ISBN 87- 990212- 1 –8

 

 

CONFERENCE MONDIALE DE 2011

 

Chers amis,

Etes-vous intéressés par l’accueil de la conférence mondiale de DbI en 2011 ?

Cela semble encore loin, mais la prochaine conférence mondiale aura lieu en Australie et on y annoncera les hôtes de la conférence de 2011. Le processus de prise de décision commence maintenant !

La conférence mondiale est le grand événement du programme de DbI. Elle a lieu tous les 4 ans et c’est la principale opportunité pour tous les adhérents de se rencontrer au niveau mondial.

Il a été décidé que pour la conférence de 2011 la priorité serait donnée aux candidatures extérieure à l’Europe occidentale et à l’Amérique du Nord. IL y a eu une conférence mondiale en Argentine en 1995 et ensuite au Portugal, au Canada, et en Australie. Nous ne voulons pas passer de 1995 à 2015 sans aller dans un pays en développement. C’est pour cette raison qu’il a été décidé que la conférence de 2011 devrait être ailleurs qu’en Europe occidentale ou en Amérique du Nord, et cela sera prioritaire pour la prise de décision.

Pour savoir comment poser sa candidature et pour tout information dont vous pourriez avoir besoin à ce stade, veuillez contacter Richard Hawkes, secrétaire de DbI à : Richard.Hawkes@senseinternational.org.uk.

En bref, faites connaître votre intérêt pour le 31 octobre 2006. Il y aura ensuite des discussions, suivies d’une date limite pour les candidatures complètes au 31 mars 2007.

J’attends de vos nouvelles,

Bien cordialement,

                                                                                              Richard

 

 

Nous commençons à nous chercher un nouveau président !

Chers membres de DbI,

J’ai le plaisir de vous annoncer que la commission des nominations est établie et que nous commençons à réfléchir à notre tâche. Je suis présidente et nos bénévoles sont Bhushan Punani d’Inde, Knut Johansen de Norvège, Mike Collins des USA et Ricard Lopez de Catalogne/Espagne.

Nous envisagerons le poste de président et deux postes de vice-président dans une vision d’ensemble d’un Conseil qui travaillera dur pour nous et prendra en compte nos intérêts, quelque soit l’endroit où nous vivons. Notre travail est de faire des recommandations à l’assemblée générale qui se tiendra lors de la conférence mondiale en Australie en 2007.

La commission des nominations veut consulter aussi largement que possible. Ne croyez pas qu’il faut que vous ayez une connaissance détaillée de constitutions ou de systèmes sophistiqués, nous voulons juste avoir de vos nouvelles ! Dans l’année qui vient, nous aimerions que vous nous parliez des gens et des questions que vous voudriez que nous connaissions  pour que nous puissions bien faire le travail !

Il y aura d’autres occasions de participer dans les prochains mois, mais en attendant toutes les réflexions seront les bienvenues – donc, s’il vous plaît, envoyez-nous vos idées.

Vous pouvez les envoyer à n’importe quel membre ou à moi, en tant que présidente.

                                                                                                                      Gill.

gmorbey@sensescotland.org.uk

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