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DbI Numéro 32

DBI REVIEW – LE MAGAZINE DE DEAF-BLIND INTERNATIONAL

Numéro 32 Juillet - décembre 2003

Message du Président

Après avoir travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la surdicécité, le rôle de président de DbI est un honneur auquel je suis véritablement très attaché. Toute ma vie, j’ai participé à des activités internationales – en coordonnant des conférences mondiales et européennes, en organisant des séminaires internationaux et des réunions de réseaux, et en trouvant des financements pour des activités transnationales. Rassembler les gens de différents pays a toujours été mon but car je pense qu’ainsi on peut créer des opportunités pour que les gens se rencontrent, parlent et échangent des idées. Je crois que cela est essentiel pour le développement et l’épanouissement de notre domaine.
Au cours des quatre prochaines années, DbI continuera sur des bases solides avec des projets pour développer et garder son identité d’importante organisation internationale. Ceci signifiera abattre les barrières pour que des personnes plus jeunes accèdent aux rôles de dirigeants et pour faire participer nos partenaires naturels – particulièrement les sourds-aveugles et les membres de leurs familles. Il faudra que nous devenions encore plus accessibles et que nous proposions notre soutien pour permettre aux gens de participer plus pleinement. J’ai été très honoré de participer avec des amis et collègues à la création de l’Union Européenne des Sourds-Aveugles en novembre au Danemark. Vous trouverez des détails sur ce formidable événement dans ce numéro.
La reconnaissance des sourds-aveugles comme des partenaires à part égale est au cœur du travail de DbI et je pense qu’il est vital que notre organisation travaille en étroite collaboration avec d’autres pour garantir les droits et la reconnaissance des sourds-aveugles où qu’ils vivent. Mon souhait serait que tous – nouveaux venus ou vieux amis – se sentent chez eux dans notre organisation. Pour que ce soit possible, nos activités, bulletins et journaux doivent englober ce que nos membres veulent, ainsi ils tiennent à être membres et souhaitent participer. Nos réseaux se développent. Ils sont thématiques ou géographiques et ils joueront un rôle important pour atteindre nos objectifs. J’ai eu la chance dernièrement de visiter l’Ukraine , avec l’équipe de Slovaquie, pour prendre de nouveaux contacts là-bas !
Au fur et à mesure que nous donnons le pouvoir aux sourds-aveugles, le rôle des professionnels change et DbI devra aborder de nouvelles manières de travailler. Travailler au changement au niveau des principales instances mondiales, y compris les Nations Unies, figure dans les premiers points de notre programme. La campagne en Europe, à partir de janvier, au Parlement européen à Bruxelles, est déjà organisée et lancée. Je demande instamment à tous d’y participer .
Au fur et à mesure que DbI se développe, il faudra contrôler que notre constitution et nos pratiques restent adaptées et efficaces. Il faudra aussi consacrer du temps à notre planning stratégique afin de réaliser nos souhaits pour l’avenir.
Personnellement, et en votre nom à tous, je voudrais exprimer notre profonde sympathie à la famille et aux collègues de Dietrich Bunck, dont la mort prématurée est évoquée dans ces pages. C’était un ami dont l’immense contribution ne sera pas oubliée. Et pour Sam Boshielo et sa famille , nous pensons à vous, toute notre amitié.
J’espère travailler avec vous tous – que vous soyez professionnel, sourd-aveugle ou membre d’une famille. Au cours de ces quatre prochaines années cruciales, nous continuerons à travailler dans le but d’assurer que des services de qualité existent pour les enfants et les adultes sourds-aveugles et, par conséquent, que l’on approche de leur pleine participation à tous les aspects de la vie.
William Green
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Editorial

Il y a beaucoup à faire ici, et on s’est activé pour que vous ayez tous le magazine pour le Nouvel An ! On espère que vous aimez le nouveau look !
Les sujets traités sont vastes, avec des articles sur le travail que nous faisons, les pays où nous travaillons, les organisations pour lesquelles nous travaillons et qui nous sommes !Tim Hartshorne souligne l’importance de la compétence sociale, l’étudie en tant que concept en termes très clairs, et rapporte ces idées aux enfants sourds-aveugles. Connie Miles, consultante au Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher, décrit son travail avec les familles, en insistant sur le choix en connaissance de cause, et ce que cela signifie pour la recherche génétique. Nous avons aussi un premier article ( sur deux) d’Isabel Amaral sur un travail récent sur la communication – donnant une analyse détaillée de sa recherche dans ce numéro, et dans le prochain quelques indications pour les praticiens.
Les nouvelles du monde entier continuent à montrer que vous êtes de plus en plus nombreux à nous contacter pour nous parler de vos projets et nous faire part de vos réflexions. On voyage avec ce que vous écrivez et les photos qu’on reçoit ! Les vacances en Pologne ont apparemment été fantastiques – cela se voit dans le récit que nous en avons. Le travail se développe dans les pays de l’Europe de l’Est, y compris l’ex URSS, ainsi qu’un grand nombre de projets à long terme en Amérique latine. Et enfin, merci de tout cœur aux Canadiens pour la merveilleuse conférence.
Donc merci de penser à nous. Nous aimerions avoir des nouvelles de votre programme, ou de votre passion, et si cela vous intimide d’avoir à écrire dans une langue étrangère, on peut vous aider pour cela aussi !
Eileen et Frances

eileen.boothroyd@sense.org.uk

SOUTIENS COMPORTEMENTAUX POSITIFS ET RELATIONS SOCIALES

Tim Hartshorne, Central Michigan University
tim.hartshorne@cmich.edu

Tous les gens devraient vivre dans un environnement où ils peuvent réussir et où ils peuvent se sentir bien dans leur peau. Dans certains environnements, le fait d’avoir un handicap empêche de réussir et de se sentir bien. Avec certains handicaps, les enfants peuvent avoir des difficultés à acquérir les techniques sociales nécessaires pour avoir des relations avec les autres, et peuvent aussi développer certains comportements qui vont à l’encontre de relations sociales positives. Dans cet article j’utilise les " soutiens comportementaux positifs " comme concept d’ensemble pour examiner la compétence comportementale et sociale des enfants, suivi d’un examen plus détaillé du concept de compétence sociale. Enfin, j’étudie une méthode pour aider les enfants sourds-aveugles à développer leur compétence comportementale et sociale.

Pour illustrer les concepts, j’utiliserai un exemple ( imaginaire). Justin est un garçon de 9 ans ayant des handicaps sensoriels multiples. Souvent, lorsque des élèves ou des professeurs le touchent volontairement ou par hasard, il les frappe.

Soutiens comportementaux positifs (PBS/SCP)

Dans le passé, nous nous sommes efforcés de changer l’enfant. Justin aurait subi diverses punitions pour lui apprendre que c’était mal de frapper. Le mouvement des soutiens comportementaux positifs ( SCP) a changé cette orientation. Le SCP " regarde les carences du système, du cadre ou des techniques plutôt que l’individu . La modification du comportement essaie de " réparer " la personne, alors que le SCP ajuste le système et le cadre, en visant à améliorer les techniques " ( Travnikar, 2001). Le comportement se produit toujours dans un contexte. Le SCP recherche les carences dans ce contexte, soit dans les conditions environnementales, soit dans les techniques comportementales de l’individu (Carr, Horner, Turnbull, Marquis, Magito McLaughlin, McAtee, et al., 1999). L’objectif du SCP n’est pas juste la réduction ou l’élimination des comportements à problèmes, " mais plutôt d’améliorer la vie des gens " ( Carr et al. 1999, p.5).

Le SCP a deux étapes de base. Premièrement, une évaluation fonctionnelle du comportement est faite pour comprendre le but du comportement. Deuxièmement, un projet d’intervention sur le comportement est élaboré pour entreprendre les soutiens nécessaires pour améliorer les techniques.

L’évaluation fonctionnelle du comportement rassemble des informations sur les " pourquoi " d’un comportement particulier ( Carr, Levin, McConnachie, Carlson, Kemp & Smith, 1997). En d’autres termes, l’évaluation fonctionnelle sert à identifier le but du comportement à problème. Si on connaît le but, le comportement est compréhensible.

Pourquoi Justin frappe-t-il ceux qui le touchent ? Qu’est-ce que son comportement nous communique à propos de Justin et de son expérience dans son environnement ? Nous pourrions être tentés de l’étiqueter comme " agressif ". Mais au lieu de cela, nous pourrions considérer que Justin pourrait dire ou communiquer quelque chose en frappant. Quels pourraient être son but ou sa fonction ? Douglass ( 1995) suggère les possibilités suivantes :

En d’autres termes, il y a beaucoup de buts possibles pour ce comportement, dont certains ne sont pas évidents.

Les quatre objectifs principaux d’une évaluation fonctionnelle du comportement sont (1) d écrire le comportement ; (2) prédire les heures et les situations où le comportement se produira ; (3) identifier le but ou l’objectif du comportement ; et (4) proposer des interventions liées au contexte et au but du comportement ( Travnikar, 2001).

Une évaluation complète examinera les contextes dans lesquels le comportements se produit, et les conséquences de ces comportements, afin d’identifier le but. Des hypothèses sont développées sur la base de l’évaluation, et les interventions sont choisies sur la base des hypothèses. La réussite des interventions apporte un soutien aux hypothèses, ou si elles ne réussissent pas, cela indique qu’une évaluation supplémentaire est nécessaire.

Un projet d’intervention sur le comportement est un projet individualisé de soutien du comportement qui porte à la fois sur les conditions d’environnement carencées qui peuvent exister et sur les techniques insuffisantes que peut avoir la personne. Les exemples de conditions environnementales carencées peuvent inclure le cadre matériel, le cadre social, les activités et l’instruction, la programmation et la prévisibilité, et les opportunités de choix. Les techniques insuffisantes peuvent inclure la communication, les techniques sociales, le contrôle de soi, et les comportements adaptatifs. Des composants d’intervention multiples sont employés pour changer l’environnement et construire les techniques, avec l’objectif de ne pas simplement modifier le comportement visé, mais plutôt d’envisager la qualité de vie au sens large de la personne ( Travnikar, 2001).

Si, par exemple, Justin communique qu’il a besoin de plus d’avertissement quand les gens s’approchent de lui, et que le but du comportement est d ‘éviter de tels contacts et de se protéger, quelle construction de technique ou quelle modification environnementale peuvent être justifiées ? Peut-on lui apprendre d’autres méthodes d’exprimer son désir d’éviter le contact soudain avec les autres ? L’environnement peut-il être modifié de façon à éviter la probabilité de ce contact ? Peut-on apprendre aux élèves et aux professeurs d’autres manières d’approcher Justin ? Dans quelle mesure le toucher fait-il partie de la qualité de vie, et comment peut-on l’incorporer dans l’expérience de Justin d’une manière qu’il apprécie ?

Compétence sociale

" Le degré auquel les élèves sont capables d’établir et de maintenir des relations interpersonnelles satisfaisantes, de se faire accepter par leurs pairs, d’établir et maintenir des amitiés, et de mettre fin à des relations interpersonnelles négatives ou pernicieuses, définit la compétence sociale et permet de prévoir l’adaptation psychologique et sociale à long terme " ( Gresham, Sugai, & Horner, 2001). La compétence sociale est la capacité d’accomplir avec compétence des tâches sociales. Les techniques sociales sont les comportements spécifiques qu’une personne emploie pour accomplir ces tâches avec compétence. Il est évident que le comportement de Justin qui frappe quand on le touche n’est pas une bonne technique sociale et indique quelques problèmes de compétence sociale. Le SCP envisage la compétence sociale en termes de contextes, à la fois les techniques sociales qu’une personne a acquises, et l’environnement dans lequel l’action sociale se produit.

Techniques sociales

Les techniques sociales peuvent se classer en plusieurs catégories ( Caldarella & Merrell, 1997) :

Les déficits ou manques dans les techniques sociales peuvent aussi être classés ( Gresham, Sugai & Horner, 2001) :

Justin a peut-être un déficit dans les techniques d’affirmation , ou la manière appropriée de faire savoir aux autres ce qu’il aime ou n’aime pas. IL peut ne jamais avoir acquis cette technique, il peut manquer de pratique, ou il peut ne pas vouloir l’utiliser. Frapper peut être simplement son comportement préféré , ou il peut ne pas en connaître d’autre. Les techniques sociales peuvent s’enseigner ; en général dans le cadre d’un groupe en utilisant répétition guidée, feedback, renforcement et pratique ( Waas & Graczyk, 1998). Mais le SCP exige de s’attaquer à la fois aux manques de techniques et aux carences de l’environnement.

Conditions environnementales

Une des conséquences du manque de techniques sociales peut être le rejet des pairs. Mais le rejet des pairs n’est pas dû simplement au manque de techniques sociales ; c’est aussi le résultat de schémas relationnels négatifs ( Waas & Graczyk, 1998). Les schémas relationnels sont les scénarios et les règles que vous avez sur vos relations avec les autres. Par exemple, les autres élèves peuvent avoir des schémas relationnels avec Justin selon lesquels " il est agressif ", " il est désagréable à côtoyer ", " il faut l’éviter ". Beaucoup d’enfants handicapés souffrent probablement à la fois d’un manque de techniques sociales et de schémas relationnels négatifs les concernant. Ils peuvent eux-mêmes avoir des schémas relationnels négatifs sur les autres. Ces schémas relationnels négatifs font partie du contexte environnemental qui existe quand il y a un comportement négatif.

La conséquence de schémas relationnels négatifs peut être un environnement qui n’est pas favorable à l’apprentissage et à l’exécution des techniques sociales. Si Justin frappe pour avertir les autres qu’il lui faut plus de temps pour qu’ils l’approchent, son comportement réussit probablement à écarter les autres de lui. Il créée effectivement un contexte d’évitement, qui est soutenu par les schémas relationnels négatifs que les autres ont à son encontre. Il repousse, et les autres restent à l’écart. Apprendre à Justin un autre comportement est un début, mais à moins que l’environnement ne change, il n’aura aucune raison d’utiliser le nouveau comportement.

Projet centré sur la personne et cercle d’amis

Le projet centré sur la personne (PCP) est un processus qui permet l’inclusion de personnes handicapées dans leur communautés naturelles, y compris le voisinage, l’école, le travail. Les objectifs généraux du PCP pour l’individu comprennent :

Pour tous les PCP , on commence par se concentrer sur les désirs et les besoins de l’individu et par reconnaître l’importance des soutiens formels et informels pour aider la personne à réaliser ses rêves. Le PCP représente un changement d’orientation : au lieu de trouver ce qui ne va pas chez une personne et comment y remédier, on va identifier ses capacités, et trouver comment les développer de façon à ce que la personne puisse vivre la vie qu’elle imagine ou que nous imaginons ( O’Brien, O’Brien & Mount, 1997)

Un type de PCP utilisé pour le personnes handicapées de tous âges est le MAPS / Etablir des plans d’action ( Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il est fréquemment utilisé par la personne et son Cercle d’amis. Le groupe examine plusieurs questions telles que : Qui est cette personne ? Quels sont les rêves de cette personne ? Quelles sont les points forts de cette personne ? A quoi ressemble une excellente journée pour cette personne ?

Le PCP permet de définir les conditions environnementales souhaitables pour cette personne. A partir de là, des plans d’action peuvent être élaborés pour réaliser les confrontations sociales parfaites dans la journée de la personne, à l’école ou au travail, qui tiennent compte des points forts et des besoins de la personne, et l’aident à aller vers la réalisation de ses rêves. Nous pourrions imaginer l’excellente journée de Justin à l’école comme celle où professeurs et pairs l’approchent avec précaution mais positivement d’une manière qu’il peut accepter et apprécier.

Un Cercle d’Amis est un cercle de soutien qui se forma autour d’une personne handicapée (Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il a pour but de soutenir l’inclusion de la personne à l’école, dans la communauté et le lieu de travail. La personne ( ou si sa communication est limitée, un proche) invite ceux dont elle désire qu’ils participent au cercle, selon qu’elle pense qu’ils la soutiennent dans sa vie. Les Cercles d’Amis peuvent comprendre des professionnels ou non. Dans l’idéal, les membres restent en permanence dans le Cercle, fournissant un réseau de soutien social naturel à l’individu.

Les Cercles d’Amis sont un moyen d’éviter ou d’éliminer les schémas relationnels négatifs. Frederickson et Turner ( 2003) ont montré que si un Cercle avait peu d’impact sur la perception de soi de l’enfant, ou sur la perception du comportement de l’enfant par le professeur, il avait bien un impact positif sur l’acceptation sociale de l’enfant. Le Cercle d’Amis de Justin peut soutenir le développement de sa compétence sociale en (1) apprenant comment prendre contact avec lui d’une façon qu’il peut accepter et à laquelle il peut répondre positivement, (2) aidant à lui enseigner les techniques sociales, et (3) faire savoir aux autres qu’ils sont des amis de Justin et que Justin a beaucoup de qualités positives. Personne ne développe une compétence sociale ou n’apprend les techniques sociales s’il est isolé. Et rien ne vient mieux à bout des schémas relationnels négatifs que l’interaction positive avec ses pairs.

Résumé

Il est préoccupant qu’un enfant manque de compétence comportementale et sociale. Mais l’approche des Soutiens Comportementaux Positifs fait que cela est une préoccupation partagée, un problème commun, avec une solution commune. On n’évalue pas la responsabilité . Au lieu de cela, on recherche les sources environnementales des problèmes, on identifie le but du comportement négatif pour l’enfant, et on élabore d’autres moyens pour que l’enfant atteigne ses objectifs. Un Projet d’Intervention Comportementale est élaboré dans le contexte du Projet Centré sur la Personne, et un Cercle d’Amis garantit que l’enfant soit soutenu tout au long du processus.

Choix et consentement en connaissance de cause dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher – Mise à jour.

Constance Miles, Consultante, Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital

Le diagnostic du syndrome d’Usher se fait maintenant de plus en plus tôt grâce aux progrès scientifiques réalisés par divers chercheurs dans le monde entier. Le Dr Claes Moller a observé qu’un enfant qui marche après 18 mois aura très probablement un syndrome d’Usher de type 1 ( Moller et al. 1989). Aujourd’hui, dans de nombreux cas, il est possible de faire un diagnostic moléculaire à la naissance ( Kimberling et al. 1999, 2003). Maintenant on peut identifier les bébés ayant un syndrome d’Usher grâce aux tests de dépistage auditifs pendant qu’ils sont encore à l’hôpital. Le diagnostic précoce du syndrome d’Usher permet aux familles d’envisager les avantages d’interventions, y compris les implants cochléaires et la participation aux prochains essais cliniques .

Aujourd’hui beaucoup d’enfants entrent à l’école avec un diagnostic de syndrome d’Usher tandis que d’autres apprennent le diagnostic pendant leur adolescence. Alors que les adaptations éducatives peuvent être minimales à l’école primaire, les parents commenceront à demander conseil plus tôt car la recherche scientifique continue à en apprendre davantage sur les trois différents types de syndrome d’Usher. Les éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des découvertes médicales pour planifier de manière appropriée les programmes personnalisés et les services de soutien pour les enfants ayant les différents types de syndrome d’Usher.

L’éminent spécialiste de la psychologie de l’enfant, Fred Rogers, proposait ces réflexions aux ophtalmologistes qui travaillent avec des enfants :

Vous avez été enfant vous aussi, jadis. Cela peut paraître évident, mais le savoir et se rappeler comment c’était d’être un enfant peut faire une grande différence dans la relation entre vous et votre petit patient....Les enfants sentent très rapidement ce que ressentent leurs parents, et ils sont particulièrement sensibles aux anxiétés de leurs parents. Tout ce que vous pourrez faire pour aider les parents à se sentir confiants et calmes sera très utile pour calmer leurs enfants....La plupart des anxiétés viennent de la peur de l’inconnu ou du manque d’information ou de compréhension.

Dans nos rencontres sur le terrain, les parents parlent souvent du diagnostic initial et ont donné des conseils aux professionnels qui participent à la vie de leur enfant. Ne dites pas à mon enfant, ou à moi, qu’un test auditif, un examen de l’œil ou une autre procédure sont mauvais, demandent-ils. Les parents conseillent aux professionnels de dire qu’une perte auditive a été identifiée ou qu’une perte auditive a été détectée. Mauvais est un mot puissant qui ôte l’espoir. Rappelez-vous de sourire et de parler directement à nos enfants. Ne nous dites pas de faire apprendre le Braille à nos enfants. Rappelez-vous que ce sont d’abord des êtres humains avant d’être des sujets de recherche. Rappelez-vous que ce sont des enfants.

Adolescence

Beaucoup d ‘adultes chez qui on avait identifié un syndrome d’Usher à l’adolescence nous ont fait part de leur opinion que le diagnostic avait été plus difficile pour leurs parents que pour eux, à beaucoup d’égards. Les adolescents savaient souvent que leur vision était différente, en particulier le soir. Beaucoup avaient remarqué qu’il y avait des situations où ils ne pouvaient pas voir les conversations en langue des signes que leurs amis pouvaient suivre, qu’ils ne pouvaient pas se déplacer aussi facilement que leurs amis dans un cinéma quand on rallumait les lumières, ou ne voyaient pas bien pendant un orage soudain qui assombrissait le ciel. Dans des entretiens avec 40 personnes, toutes ont dit qu’elles savaient que quelque chose n’allait pas dans leurs yeux dès l’âge de 12 ans, même si le diagnostic n’avait pas encore été fait ou qu’on ne leur avait pas dit ( Miner, 1995).

J’ai réalisé une série d’entretiens et d’études avec 125 familles dont les enfants avaient eu un diagnostic de syndrome d’Usher à l’adolescence. L’étude a été faite en 1986 alors que je travaillais pour le Centre national Helen Keller, pour déterminer les besoins non satisfaits des familles et des adolescents pour lesquels on avait diagnostiqué un syndrome d’Usher. Les réponses sont par famille.

A la question : "  De quoi vous souvenez-vous à propos de l’annonce du diagnostic de syndrome d’Usher pour votre enfant ? "

A la suite de cette étude, nous avons organisé un groupe d’études pour psychologues et psychiatres travaillant avec des enfants sourds-aveugles ou ayant un syndrome d’Usher. Les intervenants comprenaient les Dr. McCay Vernon et Paul Wheatley, Art Roehrig, le psychologue pour sourds Dr.Larry Stewart, des psychologues de l’université de Californie à San Francisco, etc. Le Dr.Joann Boughman a parlé de la génétique du syndrome d’Usher. Tous les participants ont reconnu l’importance des informations et des mises au courant de la recherche génétique dans le soutien des personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et de leurs familles.

Mise au courant de la recherche

Afin de tenir les familles au courant des dernières recherches et de répondre aux questions sur les types de syndrome d’Usher, des rencontres de terrain sont organisées par le Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital. Le Dr.William Kimberling donne les dernières informations sur la recherche et répond aux questions du public. Les rencontres sont toujours organisées pour répondre aux besoins d’information et aux demandes du public. Certaines rencontres sont seulement sur le syndrome d’Usher de type 2, et seront peut-être suivies d’une autre sur le syndrome d’Usher de type 1. Quiconque ayant un syndrome d’Usher de n’importe quel type peut assister à toutes les rencontres pour apprendre et poser des questions. Les parents et autres membres des familles sont toujours les bienvenus. Les rencontres sont gratuites. Les stages permettent souvent aux familles de parler à d’autres familles ou personnes atteintes du syndrome d’Usher pour la première fois. Les gens ne sont pas obligés de donner leur identité ni de dire pourquoi ils assistent aux rencontres.

Certains nous ont dit que le diagnostic de syndrome d’Usher avait presque été un soulagement parce que maintenant ils avaient un nom à mettre sur ce qui leur arrivait et qu’ils savaient que d’autres dans le monde connaissaient la même expérience. Mais, bien sûr, le diagnostic est toujours difficile et obsédant pour les parents et pour l’enfant. Et chaque parent et chaque enfant réagit différemment au diagnostic de syndrome d’Usher. Une mère, une artiste, a commencé à peindre avec son enfant en sachant que même si son enfant pourrait ne plus voir les peintures un jour, il pourrait toujours se les rappeler parce qu’elles entraient dans son âme par ses mains.

Et après le diagnostic, il y a la vie. Il y a des choix à faire, on peut aller de l’avant, reconnaître et accepter le changement dans sa vie et embrasser l’avenir, ou bien on peut choisir de se retirer de la vie. Il y a aller de l’avant ou rester immobile. Il y a des décisions à prendre et des risques à prendre. Il y a de nouvelles techniques à apprendre qui exigent beaucoup d’énergie, de ténacité, et de volonté. Des techniques nécessaires pour continuer à être capable de se déplacer seul le soir ou les jours d’orage. Des techniques pour compléter la capacité de signer et de lire la langue des signes, de lire sur les lèvres, ou d’utiliser ses implants cochléaires à l’extérieur. Il y a des décisions à prendre sur la formation continue, le travail, les sorties avec les amis, et même sur les fêtes de famille et les styles de vie traditionnels dans la communauté. Il y a aussi des décisions à prendre sur les occasions de participer à la recherche scientifique dans des centres qui se consacrent à traiter le syndrome d’Usher dans le but final de le stopper, de retourner à l’état antérieur et de le guérir. Toutes ces décisions sont liées dans la vie.

Le diagnostic de syndrome d’Usher touche toute la famille et tous ceux qui ont les mêmes gènes. Tous ont des sentiments et des opinions sur la recherche scientifique. Bien que chaque adulte atteint d’un syndrome d’Usher décide de façon indépendante de participer ou non à la recherche, il peut être le vecteur de transmission des informations à sa famille élargie. Pour la majorité des familles, les progrès médicaux sont d’un grand intérêt et sont considérés comme bénéfiques. Si on a besoin d’autres échantillons de sang ou autres informations des membres de la famille, chaque adulte a la possibilité de prendre sa décision basée sur son choix en connaissance de cause et son consentement en connaissance de cause. Il est important de savoir que les informations médicales sur un membre de la famille ne seront pas communiquées à un autre membre de la famille par les chercheurs ou leurs hôpitaux. C’est un contrat moral dans le consentement en connaissance de cause.

Choix en connaissance de cause

Le choix en connaissance de cause, c’est recevoir et obtenir des informations, poser des questions, comprendre et décider seul de participer ou non à la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. C’est apprendre les risques et bénéfices possibles de la participation à la recherche. Un test sanguin peut faire mal ou les résultats de la recherche peuvent prendre plus longtemps pour une personne que pour une autre. La participation peut conduire à l’identification du type de syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause c’est plus que signer un formulaire pour accepter de participer à la recherche, et pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher cela peut être beaucoup plus compliqué.

Les opportunités de connaître les programmes de recherche sur le syndrome d’Usher sont limitées, en partie à cause du manque de fonds dont disposent les centres pour conduire des recherches sur le syndrome d’Usher.

En cas de perte progressive de la vue associée à la surdité ou à une déficience auditive, les conversations de personne à personne sont souvent compromises, sans l’intermédiaire d’un interprète connaissant les adaptations spéciales pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire. Il y a des périodes transitionnelles d’ajustement où une personne qui signait couramment doit maintenant se tenir à une certaine distance d’une autre personne qui signe. L’éclairage doit être correct et la pièce ne doit pas être trop lumineuse ni trop sombre. La personne qui signe doit porter une couleur appropriée qui fasse suffisamment de contraste avec sa peau sans être trop contrastante. Par exemple, le noir peut faire trop de contraste avec les peux blanches. Le marron peut se confondre avec une couleur de peau et on ne peut pas distinguer les signes. Porter un vêtement à pois ou un imprimé peut éblouir la personne qui regarde les signes. La rétinite pigmentaire peut causer des îlots de perte visuelle dans un champ visuel réduit. La perte de la vision périphérique peut nécessiter l’utilisation d’une langue des signes plus concise ou plus compacte, plus près du visage de l’interprète. Cela peut sembler être de petits détails, mais cela peut empêcher de comprendre une communication éloquente en langue des signes. Tous ces détails sont amplifiés quand une personne a une rétinite pigmentaire associée à une surdité ou une déficience auditive.

Il peut aussi y avoir des périodes transitionnelles d’ajustement si une personne atteinte de RP a une diminution de son champ visuel ou une modification de sa vision centrale l’obligeant à suivre la langue des signes matériellement. C’est le fait de placer sa main sur le bras du signeur pour suivre plus facilement les mouvements de la main. Il faut un moment de transition pour s’adapter à la nouvelle façon de recevoir l’information. La communication peut aller un peu plus lentement en attendant. Il arrive qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher devienne un signeur tactile et lise les signes avec ses mains placées sur les mains de l’interprète. Il y a encore une période d’apprentissage pendant laquelle la communication peut être ralentie pendant un moment. Une perte de vision peut modifier la capacité d’une personne à lire sur les lèvres, à voir les signes ou juste à lire l’écriture. Une modification de la rétine peut nécessiter de nouvelles façons de traiter l’information. Cela peut être plus long pour comprendre la même information qui était facilement comprise un an plus tôt dans le même cabinet avec le même docteur. La communication doit être comprise ou il ne peut pas y avoir de choix en connaissance de cause.

Le choix en connaissance de cause signifie répondre aux besoins de communication actuels d’une personne atteinte du syndrome d’Usher. C’est une évolution. Acquérir plus d’information peut nécessiter plus de temps pour la traiter. Des changements dans l’interface de communication peuvent être nécessaires.

Le choix en connaissance de cause permet aux adultes de décider seuls de participer ou non à la recherche scientifique dont la recherche sur le syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause permet l’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. Si les adultes choisissent de participer, ils donnent leur consentement en connaissance de cause pour être impliqués dans la recherche. Les parents prennent ces décisions pour, et en général avec, leurs enfants atteints d’un syndrome d’Usher. Les enfants peuvent donner leur assentiment.

Les parents assistant aux rencontres du Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital ont dit qu’ils se sentaient optimistes simplement parce qu’ils avaient rencontré un chercheur qui travaillait à guérir le syndrome d’Usher. Quand le chercheur peut répondre à leurs questions, ils se sentent des points communs avec les autres qui ont un syndrome d’Usher. Ils ont aussi de l’espoir.

Recherche mondiale

Au fur et à mesure que la recherche et la collaboration sur le syndrome d’Usher deviennent mondiales, de nouveaux défis se présentent pour la communication. Non seulement les chercheurs et les professionnels se déplacent dans le monde entier, mais le monde vient aussi vers nous par les migrations des populations. Quelquefois, une personne atteinte du syndrome d’Usher connaît la langue des signes locale, mais peut ne pas connaître la langue écrite du pays où elle vit. Certaines cultures sont orales et n’ont pas traditionnellement de langue écrite. Quelquefois, les membres plus âgés de la famille parlent une langue tandis que les plus jeunes, dont ceux qui ont un syndrome d’Usher , connaissent plusieurs langues. Ceci introduit d’autres liens dans l’interface de communication vers le choix en connaissance de cause et le consentement en connaissance de cause, en particulier si plusieurs membres de la famille veulent s’engager dans la recherche. Certaines cultures ont des croyances sur l’origine du syndrome d’Usher. Quelquefois ces croyances interviennent dans le processus de décision. La recherche scientifique a réfuté certaines croyances locales sur le syndrome d’Usher. Par exemple, le syndrome d’Usher existe dans le monde entier, pas seulement dans une communauté ou une ethnie. Plusieurs personnes dans une famille peuvent avoir un syndrome d’Usher, mais ce n’est pas contagieux, c’est génétique. Dans une communauté, cette information a encouragé les membres d’une communauté sourde à consulter avec quatre frères et sœurs atteints d’un syndrome d’Usher après vingt ans de méconnaissance de l’étiologie.

Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et les parents de jeunes enfants atteints d’un syndrome d’Usher ont besoin d’avoir constamment des opportunités d’être informés des dernières recherches, avancées, et des possibilités de participation à la recherche et aux essais cliniques. Les éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des avancées médicales pour élaborer des programmes personnalisés et des services de soutien pour les enfants ayant différents types de syndrome d’Usher. Avec de meilleures connaissances, les personnes atteintes du syndrome d’Usher décident seuls s’ils veulent ou non participer aux programmes de recherche génétique dans le monde entier. L’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher ouvre les portes du développement des connaissances pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et leurs familles.
Email : cmilesusa@houston.rr.com

kimber@boystown.org

Campagne européenne d’EdbN - MAINTENANT
par Lucy Drescher 

EdbN ( Réseau européen des sourds-aveugles) travaille avec Richard Howitt , membre du parlement européen, président de l’intergroupe Handicap au parlement européen, à une campagne visant à faire reconnaître la surdicécité comme un handicap à part au niveau européen.

En 2002, Richard Howitt est intervenu lors du séminaire sur l’inclusion sociale organisé par Sense International, la Lega del Filo d’Oro et Casa Pia de Lisbonne, en promettant de soutenir la Charte pour les citoyens sourds-aveugles d’Europe. Lorsque EdbN s’est réuni à Londres en mars 2003, Sense UK a accepté de diriger la campagne et j’en ai donc pris la responsabilité. Pour donner suite à la promesse de Richard Howitt, je suis allée à Bruxelles en juillet cette année pour rencontrer Richard et Sophie Beaumont du Forum européen sur le handicap (EDF).

Richard et Sophie tiennent beaucoup à travailler avec les sourds-aveugles pour faire reconnaître la surdicécité au niveau européen. Cette reconnaissance de la surdicécité pourrait servir aux gens dans les différents états membres à persuader leur gouvernement de donner aux sourds-aveugles les droits dont ils ont besoin pour jouer un rôle à part entière dans la société.

A la suite de ces discussions nous avons convenu de faire une réception pour les membres du parlement européen et les autres personnes intéressées, au parlement européen début janvier, afin de lancer une Déclaration Ecrite sur les besoins des sourds-aveugles. La même semaine, nous ferons une exposition au parlement pour montrer les besoins des sourds-aveugles.

Comment participer ?

Une Déclaration Ecrite fait 200 mots et exprime ce que nous croyons devoir se passer dans l’Union européenne. Si nous pouvons persuader plus de la moitié des députés européens de signer la déclaration, elle sera adoptée par le parlement européen. Pour cela, il est vital que les sourds-aveugles, leurs familles et les professionnels travaillant dans ce secteur, fassent pression sur les députés européens de leur pays pour qu’ils signent. Contactez-moi si vous souhaitez participer à cette campagne.

Email : ldresch@sense.org.uk

Analyse des interactions enseignant/enfant : qu’est-ce qui fait que la communication est réussie ?

Cet article est le premier de deux articles d’Isabel Amaral de l’Ecole Supérieure d’Education de Lisbonne, Portugal. Il se rapporte à une étude faite par l’auteur avec l’aide d’enseignants et d’élèves. Le second article, qui découle des résultats de cette recherche, propose des règles d’intervention de communication, et est destiné à aider les équipes éducatives spécialisées. Il paraîtra dans la prochaine édition.

Introduction

La communication avec les enfants multihandicapés nécessite l’emploi de mode non linguistiques de communication qui ne sont pas toujours maîtrisés par les enseignants et les autres adultes dans l’école.

Cette étude a pour but de décrire le caractère communicatif des interactions entre deux enfants multihandicapés et leurs enseignants, et de présenter les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre de comportements des enfants qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants.

Les résultats indiquent que les enseignants ratent des opportunités de communication, et qu’une procédure d’intervention qui diminue le nombre de comportements qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants ne change pas considérablement les interactions. Des problèmes émergent des analyses de données qu’il faut faire pour des interactions avec des apprenants qui n’utilisent pas la parole pour communiquer. Une discussion sur ces problèmes est incluse dans la discussion des résultats.

Les résultats des analyses de données viennent à l’appui des conseils pratiques pour aider les enseignants sans formation en éducation spécialisée à planifier leur interven,tion de communication.

Les enfants multihandicapés 1 souvent n’utilisent pas la parole ni aucune autre forme de langage pour communiquer. Néanmoins, quand ils sont immergés dans un contexte ou une routine qui leur sont familiers, ils communiquent en employant des formes telles que mouvements, sourires, et manipulation d’objets ( Siegel-Causey & Guess, 1989). Les partenaires dans les environnements des apprenants ont donc à découvrir comment les modes différents que ces individus utilisent pour communiquer peuevnt être transformés en interactions communicatives qui permettront aux multihandicapés de découvrir et d’apprécier la vie pleinement.

La recherche n’a pas encore fourni suffisamment d’informations sur la façon d’apprendre de ces enfants, et comment les écoles et les services peuvent le mieux répondre à leurs besoins exceptionnels. Mais il ne fait pas de doute qu’à moins que ces enfants puissent interagir avec leurs environnements et communiquer avec les gens dans ces environnements, leur développement en sera sérieusement affecté et leur accès aux opportunités scolaires réduit.

Plus qu’une compétence, la capacité de communiquer efficacement est un art. Cet " art " devient un réel défi lorsque les partenaires de communication ne peuvent pas utiliser la parole comme moyen habituel de communication. L’absence de formes normalisées de communication gêne le processus de communication et créée des difficultés supplémentaires dans l’établissement d’interactions signifiantes et d’apprentissages.

Nous devons nous poser, entre autres, les question suivantes : Comment les enfants multihandicapés accèdent-ils à des informations signifiantes du monde qui les entoure ? Qu’apprennent ces enfants, en l’absence de moyens efficaces de communication, qu’est-ce qui pose les bases d’interactions humaines réussies ?

1 Multihandicap : Association de retard mental sévère à profond et de handicaps sensoriels, moteurs et/ou de problèmes de santé

Créer des interactions

Le succès des interactions entre les parents ou éducateurs et les enfants multihandicapés dépend largement de la capacité du parent/éducateur à interpréter et à répondre aux formes non symboliques de communication de l’enfant. Même si les parents d’enfants qui ont un développement normal répondent spontanément aux enfants, la recherche a montré que les signaux envoyés par les enfants ayant un retard de développement sont plus difficiles à interpréter et qu’il est plus difficile d’y répondre pour les parents ( Walden et Knieps, 1996, Clark et Seifer, 1983). Les enfants handicapés peuvent aussi avoir des problèmes pour comprendre les signaux de leurs parents ( Walden et Knieps, 1996). Ces difficultés peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement d’un enfant, car la réceptivité parentale aux signaux de l’enfant a des conséquences sur le développement social et émotionnel à venir et aux aptitudes de communication de l’enfant.

Certains auteurs suggèrent que les enfants multihandicapés ne sont pas aussi prévisibles que les enfants normaux au stade non symbolique ( Siegel-Causey et al. 1988). Ceci peut conduire à une diminution de la quantité et de la qualité des réponses de l’éducateur, et à la possibilité d’échanges asynchrones. Les parents/éducateurs ne perçoivent souvent pas les enfants multihandicapés comme des partenaires dans les interactions sociales, ce qui peut à son tour créer moins d’opportunités pour l’enfant de recevoir des réponses contingentes. Dans ces situations, les parents/éducateurs ont tendance à assumer la responsabilité d’initier et de contrôler les échanges ( Hanzlik & Stevenson, 1986 ; Mahoney & Robenalt, 1986) sans tenir compte des signaux et indications de l’enfant.

Siegel, Causey et al. (1988) , examinant les caractéristiques des interactions entre des mères et leurs bébés sourds-aveugles, ont souligné trois aspects : sensibilité, synchronisation et contingence et prévisibilité.

La sensibilité fait référence à la capacité du parent/éducateur de déchiffrer et de répondre aux comportements exceptionnels de l’enfant. Les enfants multihandicapés souvent ne font pas de vocalises, ce qui est le comportement auquel répondent le plus souvent les parents/éducateurs de bébés au développement normal, et donc exigent que les éducateurs apprennent à répondre à d’autres comportements comme les mouvements.

La synchronisation des réponses est difficile à obtenir lorsque les signaux des enfants ne sont pas compris comme communication par les éducateurs. Les enfants sourds-aveugles montrent souvent moins de réceptivité et de compétences rythmiques interactives , ce qui conduit les éducateurs à répondre au mauvais moment, soit en répondant trop vite, soit en laissant certains comportements sans réponse. Dans certains cas, les parents/éducateurs sur-stimulent en vocalisant constamment et donc en laissant moins de pauses, ce qui réduit les opportunités pour l’enfant de répondre ou d’initier la communication.

La contingence et la prévisibilité des réponses des éducateurs développe un sens de la réussite des tentatives de communication de l’enfant. Les enfants apprennent que leurs comportements sont reconnus par d’autres. Cependant, la contingence des comportements des éducateurs est souvent réduite à cause des caractéristiques exceptionnelles des bébés sourds-aveugles, telles que non réceptivité, répertoire de réponses limitées, opportunités réduites d’interaction sociale ou sentiments des éducateurs liés aux handicaps.

Le processus d’attachement décrit par Bowlby ( 1969), grâce auquel l’enfant développe un lien sûr avec son éducateur originel, lui permet d’explorer et d’accéder à de nouvelles opportunités d’expérience et d’apprentissage, est menacé chez les enfants multihandicapés à cause des difficultés décrites pour établir des systèmes de signaux lisibles. Les déficiences visuelles ont un rôle important dans le processus d’attachement et peuvent causer des difficultés supplémentaires pour un enfant multihandicapé car elles affectent l’établissement du contact visuel entre l’enfant et sa mère ( van Dijk, 1986 ; Fraiberg, 1975). Les enfants avec une perte visuelle sont donc menacés dans le développement de relations sûres avec leurs parents/éducateurs.

Objectifs de communication

La réussite du développement des compétences de communication pour les enfants multihandicapés dépend de diverses caractéristiques de communication liées essentiellement au rôle des éducateurs dans leurs interactions avec les enfants. Ces caractéristiques sont : a) la capacité de considérer les enfants multihandicapés comme des partenaires égaux dans les interactions ( Miles et Riggio, 1999), b) la capacité de lire et d’interpréter les signaux de communication potentiels ( Sigafoos et al., 2000), c) la capacité de répondre conditionnellement aux comportements des enfants ( Siegel-Causey et al, 1988) et d) la capacité de donner accès à des expériences signifiantes qui aideront au développement de la communication et à l’apprentissage ( Miles et Riggio, 1999, McLetchie et Riggio, 2002, Cripe et Venn, 1997).

IL y a eu peu de recherches sur les besoins de communication des enfants multihandicapés. Ceci est dû en partie à l’hétérogénéité de la population, mais aussi au fait qu’on ne croit pas que les individus multihandicapés puissent apprendre et se développer. Pour ces individus, le nombre réduit des environnement et le nombre réduit des partenaires de communication dans chaque environnement représentent un problème supplémentaire pour le développement d’une communication fonctionnelle. La capacité des éducateurs d’augmenter au maximum les opportunités de communication dépendra donc de la capacité de saisir et de choisir des opportunités signifiantes, y compris en identifiant des partenaires particuliers, ainsi que de la capacité à détecter les meilleures formes de communication pour un individu dans un environnement donné.

Le projet de recherche – Méthodes et procédures

Cette étude fait partie d’une étude plus vaste ayant pour objet la description et l’analyse des interactions entre les enfants multihandicapés et leurs professeurs. Le but de cette étude est d’analyser les manques d’opportunité de communication entre les enfants multihandicapés et leurs enseignants pendant les activités scolaires, et de décrire les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre des opportunités manquées.

L’étude utilise un mode d’étude de cas ( Yin, 1994 ; Stake, 1995) de deux enfants multihandicapés et de leurs professeurs. Quatre activités ont été filmées en vidéo pour chaque cas. Une procédure d’intervention a été effectuée entre la troisième et la quatrième activité filmée.

Les cassettes vidéo ont été analysées et les opportunités de communication ratées ont été comptées. Un groupe de juges utilisant une échelle de neuf items et cinq notations a observé les vidéos et exprimé son opinion sur la qualité des interactions.

Participants

Les participants à cette recherche sont deux élèves multihandicapés qui ne parlent pas et leurs enseignants. Anna est une petite fille de 10 ans, qui aime rester assise tranquillement et jouer avec de la pâte à modeler. Son profil médical indique qu’elle a une maladie chromosomique liée au chromosome X. Anna montre de bonnes compétences tactiles positives par rapport à ses aptitudes auditives et visuelles. Maria est une fillette de dix ans qui passe la plupart de son temps en fauteuil roulant. Elle aime la musique forte et les gens qui se montrent sociables avec elle. Elle a une quadriplégie spastique et une rétinopathie liée à sa prématurité. Elle répond aux sons mais ne comprend pas la parole.

Les deux enseignants sont des enseignants d’école maternelle ayant plus de 15 ans d’expérience et aucune formation en éducation spécialisée. C’est la première année qu’ils travaillent avec des enfants multihandicapés.

Recueil des données

Enregistrement vidéo

Une observation systématique des interactions enseignant/enfant a été effectuée grâce aux vidéos. On a enregistré quatre activités pour chaque enfant. Dans chaque cas, une vidéo a été faite après l’intervention pour recueillir des données pour l ‘évaluation de l’intervention. Les activités ont été choisies au hasard dans l’emploi du temps quotidien.

Le système vidéo utilisé était une caméra vidéo non professionnelle compacte VHS. La caméra était orientée vers l’enfant ou vers l’interaction dyadique enseignant/enfant. Comme les déplacements étaient très rares, on a utilisé une caméra fixe pour que l’enregistrement soit aussi discret que possible. Les vidéos ont été transcrites avec indication de l’heure.

L’analyse des vidéos couvrait :

  • les comportements de l’enfant auxquels l’enseignant répondait et,
  • les opportunités de communication manquées

Le décompte des opportunités manquées a été utilisé pour évaluer les séances pré et post intervention.

Critères de " comportement communicatif "

Avant de commencer l’analyse des vidéos, on a établi des critères pour définir ce qu’est un comportement communicatif. On a considéré que tout comportement montré par l’enfant pouvait être considéré comme potentiellement communicatif et donc avoir une réponse des éducateurs.

Pour obtenir des informations complémentaires sur les différences pré et post intervention observées dans les observations systématiques, les vidéos ont été montrées à un groupe de juges, à qui on a demandé d’exprimer leurs opinions par l’évaluation de neuf items. Les juges, 26 au total, se composaient de spécialistes de la pathologie de la parole et du langage et de psychologues, tous avec une formation appropriée .

L’échelle d’évaluation se composait de neuf affirmations ( tableau 1) ayant pour but d’informer sur :

  • le potentiel de communication dans les activités
  • l’initiation de la communication par les enfants
  • les réponses de l’enseignant aux initiatives de l’enfant et
  • la capacité de l’enseignant à inclure des opportunités de communication et d’apprentissage dans l’activité

Le processus d’intervention

La communication était un problème pour les deux enseignants et ils ont exprimé le désir d’en savoir plus sur les manières de communiquer avec les enfants multihandicapés.

La procédure d’intervention a été employée après trois des quatre observations systématiques. La méthodologie comprenait :

  1. discussions avec les enseignants en regardant leurs comportements de communication sur vidéo et
  2. élaboration d’un plan d’intervention de communication visant à accroître les interactions communicatives entre enseignants et enfants.

Dans les deux cas, étaient incluses des stratégies pour répondre aux comportements potentiellement communicatifs.

Les interactions enseignant/enfant ont été observées à nouveau un mois après la procédure d’intervention.

Tableau 1 : Echelle d’opinion – Evaluation des interactions enseignant/enfant

Pour chaque évaluation, on choisit entre 5 possibilités :

Absolument pas d’accord ; pas d’accord ; un peu d’accord ; d’accord ; tout à fait d’accord

FDI l’activité permet de faciliter les interactions
IAT L’enseignant introduit le chacun son tour dans l’activité
CIC L’enfant initie la communication
RIC L’enseignant répond aux initiatives de l’enfant
AAM Activité amusante et motivante
ICC L’enfant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif
RRF L’enseignant rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant
POI L’enseignant manque les opportunités de communication
IPA L’enseignant développe des interactions donnant des opportunités d’apprentissage

Analyse des données

L’analyse de contenu et le comptage des comportements ont été utilisés comme méthodologies pour analyser les observations systématiques. Le nombre moyen des opportunités manquées de communication par minute dans les trois séances pré-intervention a été calculé. Le nombre obtenu a été utilisé pour calculer les opportunités manquées de communication prévues pour la séance post intervention. Les résultats prévus et les résultats obtenus ont été comparés et décrits.

Les données provenant de l’échelle d’opinion ont été analysés par statistiques descriptives. Les valeurs modales de chaque séance pré-intervention ont été comparées avec les valeurs de la séance post intervention pour évaluer la procédure d’intervention. Le test de Kolmogorov-Smirnov a été utilisé pour déterminer l’accord entre les juges.

Résultats

Observations systématiques

Dans le cas d’Anna, 67 actes potentiellement communicatifs ont été manqués au cours des 35 minutes qui représentent la durée totale des trois séances pré-intervention. D’après ces chiffres, on a calculé un nombre de 1,91 opportunités manquées par minute. En considérant la durée de l’activité post-intervention ( 13 minutes), un nombre de 24,8 comportements laissés sans réponse en séance A10 ( musique) était attendu. Les résultats de la séance post-intervention pour les comportements laissés sans réponse, indiquent un nombre de 12 comportements laissés sans réponse.

Dans le cas de Maria, sur un total de 32 comportements laissés sans réponse sur les 56 minutes qui représentent la durée totale des séances pré-intervention, un chiffre de 0,57 opportunités manquées par minute a été calculé. A l’aide de ce chiffre, on a obtenu un nombre attendu de 9,77 opportunités manquées pour la séance post-intervention . Le nombre observé d’opportunités manquées dans les séances post-intervention est de zéro ( tableau 2). Ceci conduit à la conclusion qu’il y a des différences entre les séances pré et post interventions en ce qui concerne les réponses de l’enseignant aux actes potentiellement communicatifs de l’enfant. Cependant, il faut remarquer que la nature de l’activité ( avec une forte composante rythmique) et la manière dont elle était développée par l’enseignant ( recherchant activement les réponses de Maria) créait en quelque sorte des opportunités naturelles pour que les réponses de Maria soient relevées par l’enseignant.

Comme la procédure d’intervention incluait des informations sur les manières de répondre aux comportements potentiellement communicatifs de l’enfant, on peut tirer la conclusion qu’il y a eu un changement dans la manière dont les enseignants ont répondu aux comportements potentiellement communicatifs qui indique la possibilité de résultats d’intervention positifs .

Tableau 3 : Valeurs modales pour les deux cas

Anna   Pré-intervention Post-intervention

  A4 A4A A6 A10
FDI 4 4 4 4
IAT 1 2 2 3
CIC 2 4 2 4
RIC 2 3 2 2
AAM 4 4 2 2
ICC 2 4 2 3
RRF 2 2 2 1
POI 1 2 1 2
IPA 1 2 2 2

Maria   Pré-intervention Post-intervention

  M6 M7 M9 M11
FDI 4 4 2 4
IAT 2 3 2 3
CIC 4 4 3 4
RIC 2 4 2 3
AAM 3 4 2 2
ICC 2 4 2 2
RRF 2 3 2 2
POI 2 2 2 2
IPA 2 3 2 3

FDI : l’activité facilite l’interaction ; IAT : l’enseignant incorpore le chacun son tour ; CIC : l’enfant initie la communication ; RIC : l’enseignant répond à l’initiative de l’enfant ; AAM : activité amusante et motivante ; ICC : l’enseignant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif ; RRF : l’enseignant rythme l’interaction ; POI : l’enseignant manque les opportunités d’interaction ; IPA : l’interaction donne des opportunités d’apprentissage.

Echelle d’opinion

Les résultats de l’échelle d’opinion ont été décrits en utilisant des valeurs modales pour chaque séance et chaque item .
La distribution des réponses a été établie par le test de Kolmogorov-Smirnov pour déterminer l’accord entre les juges. Les valeurs D ( valeur statistique résultant du test KS) et les niveaux de signification par item et séance figurent aux tableaux 4 et 5.

Les résultats de l’échelle d’opinion utilisée pour évaluer les interactions entre Anna et son professeur révèlent que le professeur manque des opportunités de communication, ne fournit pas d’opportunités d’apprentissage et ne rythme pas l’interaction selon les besoins d’Anna. Bien qu’il y ait eu accord sur les réponses concernant le professeur qui ne répondait pas aux initiatives d’Anna, les réponses des juges concernant Anna initiant la communication n’étaient pas significatives dans aucune séance, conduisant donc à la conclusion, du participant comme des observations systématiques.

Les différences des modes pré-intervention et post-intervention analysées en conjonction avec les niveaux de signification révèlent que les différences trouvées sont basées sur des résultats qui ne montrent pas toujours des niveaux significatifs d’accord et donc , nous devons en conclure que l’intervention n’a pas eu d’effet sur les interactions entre le professeur et Anna.

Dans le cas de Maria, les réponses de juges aux items RRF (le professeur rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant) , POI ( le professeur manque des opportunités de communication) et IPA ( les interactions donnent des opportunités d’apprentissage) indiquent que les interactions entre Maria et son professeur ont des problèmes importants concernant le rythme de l’interaction selon les besoins de Maria, la mise à profit des opportunités de communication et l’inclusion d’opportunités d’apprentissage dans les interactions.

L’analyse des différences entre les résultats de chaque séance pré-intervention et les résultas post-intervention montrent que l’intervention n’a pas affecté la qualité des interactions entre Maria et son professeur.

Les résultats pour les deux cas d’Anna et de Maria montrent que :

sont les caractéristiques les plus saillantes des interactions professeur/enfant sur l’ensemble des séances.

Tableau 4 : Anna – Valeurs D (au test KS) par séance et item et niveaux de signification

; A4; sign.; A4A; sign.; A6; sign.; A10; sign.

l’activité facilite l’interaction (FDA); 0,2; ; 0,37; .01; 0,122; ; 0,331; .01

le professeur introduit le chacun son tour (IAT); 0,408; .01; 0,292; .05; 0,446; .01; 0,119;

l’enfant initie la communication (CIC); 0,161; ; 0,246; ; 0,162; ; 0,208;

le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC); 0,331; .01; 0,285; .05; 0,408; .01; 0,361; .01

activité amusante et motivante (AAM); 0,162; ; 0,285; .05; 0,446; .01; 0,246;

le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC); 0,446; .01; 0,2; ; 0,331; .01; 0,324; .01

le professeur rythme l’interaction (RRF); 0,485; .01; 0,4; .01; 0,524; .01; 0,408; .01

le professeur manque les opportunités de communication (POI); 0,485; .01; 0,446; .01; 0,485; .01; 0,523; .01

l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA); 0,485; .01; 0,285; .05; 0,331; .01; 0,284; .05

Tableau 5 : Maria – Valeurs D (test KS) par séance et item et niveaux de signification

; M6; sign.; M7; sign.; M9; sign.; M11; sign.

l’activité facilite l’interaction (FDA); 0,2; ; 0,418; .01; 0,173; ; 0,155;

le professeur introduit le chacun son tour (IAT); 0,4; .01; 0,2; ; 0,31; .05; 0,309; .05

l’enfant initie la communication (CIC); 0,15; ; 0,464; .01; 0,264; ; 0,2;

le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC); 0,263; ; 0,2; ; 0,355; 0.5; 0,309; .05

activité amusante et motivante (AAM); 0,309; .05; 0,464; .01; 0,127; ; 0,264;

le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC); 0,309; .05; 0,199; ; 0,201; ; 0,309; .05

le professeur rythme l’interaction (RRF); 0,327; .05; 0,264; ; 0,372; .01; 0,418; .01

le professeur manque les opportunités de communication (POI); 0,509; .01; 0,263; ; 0,509; .01; 0,418; .01

l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA); 0,418; .01; 0,264; ; 0,327; .01; 0,401; .01

Discussion

L’analyse des opportunités de communication manquées au cours des observations systématiques, qui prenait en compte des comportements des enfants auxquels les professeurs n’avaient pas répondu, a montré que les professeurs ne laissaient pas beaucoup de comportements des enfants sans réponse, et aussi que leur nombre pouvait être diminué grâce à l’intervention.

Une analyse des réponses sur l’échelle d’opinion pour la séance post intervention n’indique aucune différence significative dans les interactions professeur/enfant. Les items se rapportant le plus à l’interaction (RIC, POI, IPA) ont une note basse et ne montrent pas de différence par rapport à la séance pré-intervention.

Dans les deux cas, les professeurs avaient mentionné que le besoin d’augmenter les interactions était pour eux une préoccupation importante. Les deux programmes ont été conçus de manière à inclure des stratégies pour augmenter l’interaction en réduisant le nombre de comportements laissés sans réponse, ainsi que des modes alternatifs de communication ( comme des indications tactiles ou par objets dans le cas de Maria) ou des stratégies pour accroître l’initiative de l’enfant ( telles qu’accroître la participation à des activités de montage dans le cas d’Anna).

Il reste une question importante touchant le temps dont les professeurs disposaient pour expérimenter le programme ( un mois), qui semble trop court pour produire des effets significatifs dans les interactions professeur/enfant. C’est le fait que l’année scolaire était sur le point de s’achever et que les deux professeurs allaient quitter l’école qui a imposé la durée de l’expérimentation. Une deuxième question concerne l’absence de soutien de la part du chercheur pendant la période d’expérimentation, qui aurait pu aider les professeurs à se sentir plus à l’aise dans l’utilisation du programme. La recherche récente sur la préparation des professeurs ( Janssen, 2001) à la communication avec des enfants sourds-aveugles, souligne le besoin d’un soutien continu afin que les professeurs puissent améliorer leurs interactions de communication.

Implications pour la pratique

De cette étude émergent deux implications pour la pratique. La première concerne le besoin d’élaborer des programmes centrés sur la communication qui préparent les professeurs à travailler avec les élèves multihandicapés ; la seconde concerne le besoin d’établir des directives d’intervention pour les interventions de communication avec les enfants multihandicapés qui ne parlent pas.

Formation et préparation des professeurs

La formation dans le domaine de la communication avec les élèves multihandicapés doit préparer les professeurs à évaluer les besoins de communication des élèves et à concevoir des projets d’intervention qui répondent à ces besoins. La pratique dans la formation des maîtres doit donc comporter des opportunités pour que les professeurs acquièrent :

Il n’est pas toujours facile de changer de comportements de communication pour les professeurs qui sont habitués à se servir de la parole comme principal moyen de Kaizer et Goetz, 1993). Cela exige du temps et une supervision pour apprendre à répondre aux besoins de communication de l’élève ( Janssen, 2001). Les professeurs doivent avoir, à la fin des programmes de préparation, des compétences dans l’utilisation des techniques à appliquer – y compris la capacité d’utiliser des modes alternatifs de communication - et dans la réflexion qui les conduit à mettre en question leur pratique pour l’évaluation et la modification de l’intervention à chaque fois que cela sera nécessaire.

Programme " Peer Mentor ", Royaume-Uni

( Programme de formation de mentors, ou conseillers, sourds-aveugles pour d’autres sourds-aveugles, leurs pairs)

Mary Guest présente ce programme et en expose les motivations, et Chris Sherlock parle des aspects formation et supervision, qui sont essentiels à sa réussite. Ce travail a été présenté au Groupe d’études sur le syndrome d’Usher à la conférence de DbI au Canada.

L’une des conséquences de la surdicécité peut être l’isolement dans la famille, sur le lieu de travail et dans la société. L’isolement et la diminution des compétences, telles que la communication, peuvent provoquer des périodes d’extrême angoisse mentale pour les personnes qui sont en train de perdre, ou ont perdu, la vue et l’ouïe. La surdicécité est rare dans l’ensemble de la population . Il n’est pas facile de rencontrer d’autres personnes qui en sont atteintes, ou des professionnels formés et expérimentés dans ce domaine.

L’idée principale du projet Peer Mentor, lancé en 2002, était de remédier à ce manque en formant des sourds-aveugles pour qu’ils puissent être équipés pour servir de mentors ou conseillers pour d’autres et permettre de réduire l’isolement et la dépression qui se produisent souvent avec la progression de la surdicécité.

Quand nous avons lancé le projet, notre but était de fournir, par le programme de formation de spécialistes, une personne capable d’écouter avec empathie, qui connaisse l’expérience du syndrome d’Usher de l’intérieur. Cette personne devrait bien connaître les différentes formes de syndrome d’Usher, pouvoir répondre aux questions générales et donner des informations. Les mentors peuvent confirmer ou préciser les connaissances et, très important, mettre la personne conseillée en contact avec d’autres qui pourraient lui apporter un soutien permanent.

Le programme de formation conçu par Chris Sherlock et Gloria Ward, qui coordonne le projet, vise à former des mentors qui vivent efficacement avec un syndrome d’Usher, et qui sont capables d’apporter une aide, pour permettre de redonner un avenir à d’autres qui peuvent l’avoir perdu, même temporairement.

Formation et supervision des mentors

La formation se fait en deux étapes. La première étape commence avec une formation à temps plein sur deux jours. L’orientation dans un nouvel environnement représente un premier défi pour les mentors – il faut qu’ils se familiarisent avec un nouveau lieu et s’y orientent et cela indique comment les éventuels futurs mentors se débrouilleront pour se déplacer afin de rencontrer une personne conseillée hors de leur environnement familier.

La présentation initiale de l’historique du projet permet aux mentors de se replacer dans le développement de l’ensemble du programme Peer Mentor.

On passe un certain temps à un brainstorming explorant la perception qu’ont les mentors du rôle de mentor par rapport à celui de simple conseiller. On établit un cadre des nombreuses facettes de la relation de mentor dans laquelle il faut un équilibre entre le " je le fais pour vous " et " vous le faites pour vous ". Le mentor est embarqué avec la personne qu’il conseille, la guidant pour répondre à son besoin particulier du moment. Le besoin peut être pratique et/ou émotionnel et la flexibilité est un don essentiel pour que les mentors progressent dans leur travail.

On donne aux mentors une opportunité d’explorer leur propre histoire du syndrome d’Usher et on les encourage à identifier leur processus douloureux personnel par jeu de rôle et échange avec leur groupe de pairs. Le processus de perte est exploré par rapport au syndrome d’Usher, pour comprendre que la douleur peut persister mais que le manque est exacerbé dans les périodes de réajustement et de crise provoquées par la nature progressive de la double perte sensorielle dans le syndrome d’Usher.

Une séance de génétique retrace pour les mentors la transmission du gène du syndrome d’Usher dans les familles.

Quand ils choisissent d’aider les autres, il est important que les mentors pensent à devenir plus forts eux-mêmes. La séance de soutien personnel permet aux mentors d’identifier leurs réseaux de soutien et d’échanger des stratégies dans le groupe.

Le " démarrage " est un autre jeu de rôle où les mentors sont invités à répéter leur première séance avec leur personne conseillée.

Deuxième étape de la formation

La 2e étape est organisée autour des centres d’intérêts qui sont apparus pour un groupe au cours de l’étape 1. Par exemple, les thèmes de famille, recherche, santé mentale et de langue des signes sont des domaines que nous avons introduits d’après les besoins des mentors.

Prenant ses sources dans la psychologie humaniste, notre formation est basée sur l’expérience et les mentors sont encouragés à échanger leurs réflexions , leurs sentiments et leurs idées entre eux. Par le jeu de rôle, tous apportent un feedback au mentor stagiaire. Cette orientation de la formation met l’apprenant au centre des processus d’apprentissage, et il y a du temps pour que l’apprentissage se fasse au fur et à mesure que les besoins émergent au sein du groupe. L’apprentissage centré sur l’élève de Rogers (1951) a la même orientation et dans notre formation, cela a fourni un forum d’apprentissage sécurisant pour que les mentors acquièrent de l’assurance dans leur travail avec leurs pairs.

Après le stage

Après la formation, on propose aux mentors une supervision de groupe , programmée sur 4-5 heures, où les mentors présentent leur travail d’assistance individuelle à leur groupe de pairs. A nouveau, chacun apporte un feedback au mentor et les questions sont reprises par un animateur – tous apprennent ensemble dans un cadre riche et en confiance.

Références :

Rogers, C.R. ( 1951) Client Centred Therapy- Boston, Houghton Mifflin.
Chris Sherlock est conseiller et superviseur d’intégration et exerce à Londres Est.
Elle a 4 enfants et sa fille, Lindsey, a un Usher de type 1.
Elle est professeur de Conseil Psychologique en formation continue.
Elle prépare actuellement un doctorat en psychologie intitulé " Vivre avec un syndrome d’Usher – qu’est-ce qui fait avancer les choses? "
Elle est consultante pour le programme Mentor et s’occupe de la formation et de la supervision des mentors.
Gloria Ward est la coordinatrice du programme Peer Mentor.
 

Vers la communication et l’intégration grâce à des activités créatives
Maria Podhajecka & Janka Sarisska

Dans cet article, les auteurs décrivent les projets de communication centrés sur des activités créatives pré-planifiées qu’ils ont mis en place avec des partenaires . Leur objectif était de créer des opportunités de communication et de créativité , et de favoriser un processus d’inclusion pour les enfants.

Le projet était un partenariat entre le pensionnat évangélique pour enfants sourds-aveugles de Cervenica, la faculté de pédagogie de l’université de Prestov, un fabricant de jouets: VHV, et une école maternelle de Prestov. Il a été réalisé sur 30 mois.

Commencer par la communication sociale

La communication se fait dans divers domaines de l’activité humaine. Mais notre principale préoccupation est la communication sociale, qui est la relation entre les gens et la transmission d’informations entre eux. La communication pédagogique est une partie spéciale de la communication sociale.

La communication, suivant les objectifs pédagogiques, permet d’accroître l’efficacité de l’éducation. Dans la communication pédagogique, l’information passe par des moyens verbaux et non verbaux. La communication pédagogique a ses dimensions spatio-temporelles et est un phénomène multidimensionnel. Selon Gavora et al., il y a trois niveaux fondamentaux : contextuel, affectif et régulateur.

Dans chaque aspect de la communication qui a été examiné dans le cadre de ce projet, il y a trois composants élémentaires :

  1. la source – un communicateur
  2. la destination – un communiquant, un récepteur
  3. le processus d’informer – un communiqué

Un canal créée un moyen pour que l’information passe entre celui qui la donne et celui qui la reçoit. Dans nos projets, les canaux essentiels pour la communication interpersonnelle étaient : le toucher, le regard, l’expression du visage, les mimiques, le son, les signes, le mouvement et les gestes.

L’étude

L’étude comprenait un partenariat entre l’école, l’entreprise de jouets, une école maternelle et l’université de Prestov. Les partenaires s’engageaient à mettre à profit la communication, de l’intégration et de la socialisation pour soutenir les enfants sourds-aveugles dans un environnement nouveau et inconnu. Et les projets étaient centrés sur le développement de la personnalité de l’enfant sourd-aveugle par des activités de " travail ".

Notre objectif était de :

permettre aux enfants et jeunes sourds-aveugles de connaître de nouveaux environnements où avaient lieu les activités
permettre aux enfants sourds-aveugles de rencontrer d’autres gens dans un environnement professionnel
informer ceux qui coopéraient avec nous des réalités de la surdicécité
encourager les sourds-aveugles à communiquer et développer la prise de conscience
améliorer le vocabulaire des sourds-aveugles pendant les activités créatives
améliorer et développer les capacités, les connaissances, la communication et les aptitudes au travail créatif.

Pour la préparation du projet, nous avons fait un énorme travail pour nous assurer que nos objectifs étaient réalistes et que nous pouvions obtenir des résultats.

Les projets

1ere partie – Production de jouets en bois et en tissu

Avec nos partenaires de l’entreprise de jouets, des collègues de l’école et deux de nos élèves les plus grands, nous avons commencé à exécuter nos plans !

Explication du processus

Le personnel de l’entreprise de jouets a démontré le processus de travail et nous avons expliqué aux élèves qu’après que la production des jouets soit terminée, nous allions les leur montrer à l’école, à la maison, puis les leur donner comme cadeaux pour les enfants de l’école maternelle. Durant l’année scolaire, nous nous servions de ces jouets pour une activité éducative, pour que les élèves comprennent à quoi servaient les jouets nouvellement produits. Ceci étant bien compris, nous sommes passés à la production !

Comment nous avons fait

Les élèves sont allés à l’entreprise VHV toutes les semaines à jours et heurs fixes. Ils étaient conduits par une employée de l’entreprise qui avait quelque expérience de l’enseignement. Chaque semaine, elle préparait le travail pour deux élèves et ensuite ils participaient à la production de jouets – du début à la fin ! Pour faire un ours en peluche, par exemple, la production commençait en découpant les pièces d’un patron en papier et en les posant sur le tissu. D’abord, ils dessinaient une forme, puis ils la découpaient. Les pièces devaient ensuite être cousues ensemble à la machine. Là, les élèves aient besoin de l’aide d’un machiniste de l’entreprise qui assemblait les pièces pur eux. Natalia et Peter, nos élèves, regardaient. Puis, il fallait rembourrer, coudre à la main, coller les yeux, le nez, la bouche et enfin attacher un gros ruban autour du cou de l’ours ! Tante Jana, comme les enfants appelaient l’employée de l’entreprise, préparait les étapes de travail personnelles pour Natalia et Peter avec beaucoup d’enthousiasme. Et les élèves étaient heureux de venir chaque semaine dans l’entreprise pour essayer ce qu’ils apprenaient à l’école. Bien sûr, un éducateur de l’école pour sourds-aveugles était toujours présent pour assurer que les élèves comprenaient bien tout le processus de travail et ne se blessaient pas. Les élèves ont apporté les produits finis à l’école et les ont montré fièrement à tous les employés de l’école. Ils les ont aussi emportés à la maison pour les montrer à leurs parents et à leurs frères et soeurs. A la fin de l’année scolaire, ils avaient faits différentes sortes de jouets : des marionnettes, des animaux en peluche comme un ours, un renard, un agneau, une grenouille ; des fruits en tissu ; des cubes, des dominos, des jeux d’assemblage en bois, qu’ils ont pu offrir en cadeau.

Offrir les jouets à l’école maternelle

Un jour, Natalia et Peter ainsi que leurs camarades sont allés à l’école maternelle de la rue Zemplinska à Prestov pour donner les jouets aux enfants.

Il y a 26 écoles maternelles à Prestov, mais celle que nous avons choisie est une école d’application de l’université de six classes avec 22 enfants par classe. Nous avons rendu visite aux enfants et aux enseignants dans l’une de ces classes. C’était la première fois que nos élèves faisaient cela !

Le directeur de l’école maternelle nous a accueillis et a présenté les élèves sourds-aveugles aux jeunes enfants. Nos élèves utilisent les signes au lieu des mots et chacun a un signe spécial en guise de nom ! C’est ainsi qu’ils se sont présentés, en signant leur nom. Les enfants de maternelle étaient très attentifs et certains ont même pu reproduire les signes. Après avoir " testé " l’audition des sourds-aveugles en criant fort, ils ont été encore plus attentifs. Les enfants de l’école maternelle et les élèves de Cervenica se sont très bien entendus !

2e partie – Rencontrer les enfants et leur offrir les jouets

Natalia et Peter leur ont expliqué en signes comment ils travaillaient et fabriquaient les jouets. Ils ont mimé la coupe, la couture, le rembourrage, le collage etc. Puis ils ont distribué tous les jouets aux enfants. L’offre et l’acceptation des jouets étaient très spontanées et il n’y avait pas de barrière de communication entre les enfants. Natalia et Peter étaient heureux d’offrir et ne cachaient pas leur joie d’avoir fabriqué ces nouveaux jouets. Beaucoup d’enfants de maternelle ont fait le signe " merci " pour que Natalia et Peter les comprennent. Après les cadeaux, les élèves de Cervenica se sont levés et ont interprété un chant traditionnel, mais au lieu de leurs voix, ils se sont servi de leurs mains ! Une institutrice de l’école maternelle a chanté à leur place ! Les enfants de maternelle ont aimé chanter avec les mains et ils ont essayé aussi. Enfin, ils ont fait tous ensemble un jeu de mouvements avec danse et musique tous en rond et accompagnés à la guitare. C’était une grande et joyeuse compagnie qui pourrait servir d’exemple à tous les adultes ! Il n’y a aucune barrière qui ne puisse être surmontée pour arriver à la joie et la compréhension mutuelles. Et ces enfants y sont arrivés.

3e partie – Transfert de compétences

La dernière partie de projet était consacrée à la mise en application des compétences et du savoir acquis par les élèves pendant leurs activités de travail. Cette fois, les enfants ont travaillé avec des étudiants de l’université et leurs professeurs.

Comme précédemment, il y a eu une phase de préparation avec les étudiants et l’équipe de l’université qui avaient étudié la surdicécité et le travail avec des élèves sourds-aveugles. Nous leur avons communiqué notre livre  " Une fille qui voyait par le toucher et entendait avec le cœur " ( 2000) pour leur permettre d’avoir quelques aperçus.

Après cette préparation, l’université a établi un plan d’activités créatives pour les élèves de Cervenica.

Pour réaliser leurs objectifs, ils ont acheté du matériel, des outils, des instruments, et installé un atelier à la faculté. Ils voulaient fabriquer des porte-clé en cuir, des tableaux en bois pour accrocher les clés, des plâtres, des cadres en bois, des pots de fleurs avec des céramiques, des personnages de Noël, des décorations de Noël, des dessins et des gravures. Au début, ce n’était pas facile pour les étudiants de se retrouver face à face avec les élèves sourds-aveugles. Un étudiant en pédagogie sourd qui étudiait les problèmes d’apprentissage a aussi rejoint le projet. Il communiquait avec les élèves en langue des signes.

Chaque élève avait une approche personnelle pour travailler . Les étudiants s’y sont tellement intéressés que peu à peu ils sont venus participer aux activités des camps de vacances pour les enfants sourds-aveugles et leurs familles.

Souvenirs d’une réussite

Des vidéos ont été réalisées pour illustrer le projet et grâce à ces vidéos, on a permis aux enfants de se souvenir des activités qu’ils avaient eues dans le cadre de ce projet. A l’aide des vidéos, nous parlons des étapes individuelles du processus de travail à la suite de quoi, au bout d’un certain temps, ils revivent à nouveau la joie du travail accompli.

Conclusion

Tous ceux qui ont participé au projet sont entrés dans une communication qui a apporté la dimension d’une nouvelle lumière dans leurs vies. Cette " lumière de la communication " était différente pour chacun. Chacun s’est enrichi différemment, mais surtout humainement !

Dr Maria Podhajecka, PhD.
Université de Prešov
ul.17 novembra 15
080 78 Prešov Slovaquie Email : marpo@unipo.sk

Mgr Janka Šarišska
Ecole évangéliste pour sourds-aveugles
082 07 Cervenica 114
Slovaquie
Email :
evphsd@vadium.sk

Travailler ensemble : une association de sourds et des sourds-aveugles
par
Nataly Kremneva

IL y a 5 ans une nouvelle association s’est crée à Moscou – " Protection des personnes atteintes du syndrome d’Usher et sourdes-aveugles( enfants et adultes) – " Usher Forum ". Les adultes sourds-aveugles et atteints du syndrome d’Usher, les membres de leurs familles, les professionnels et les parents étaient co-fondateurs de cette association. Le principal but de l’organisation est de créer un réseau de services pour les sourds-aveugles et leurs familles. Dès le départ, Usher Forum a eu des relations très étroites avec l’Association des Sourds de Moscou.

Nous pensons que l’expérience de leur coopération pourrait servir aux organisations pour sourds-aveugles qui démarrent. Les résultats acquis par ces groupes travaillant ensemble sont décrits ci-dessous en deux parties : aide aux familles et aux personnes et campagnes auprès des autorités locales et nationales.

Aide aux sourds-aveugles et à leurs familles

Ce que nous offrons :

Informer la société et les autorités sur les problèmes des sourds-aveugles

Ce que nous offrons :

Dans les différentes régions de Russie, les sourds-aveugles deviennent plus actifs. Plus de gens s’engagent dans les campagnes pour les droits des sourds-aveugles. Les sourds russes qui perdent la vue connaissent de nombreux problèmes. D’abord, il y a le problème d’apprendre la langue des signes tactile . En Russie, ce mode de communication est pratiquement inconnu. Par ailleurs, nous avons besoin d’expérience pour créer des centres d’éducation et de rééducation pour les jeunes. Nous avons besoin d’expérience pour organiser des formations professionnelles et des emplois pour les sourds-aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin de contacts avec nos collègues internationaux, pour faire des échanges et des partenariats.

Quelques mots sur moi : j’ai un syndrome d’Usher. J’ai perdu la vue et l’ouïe progressivement . J’ai fait mes études à l’université Lomonosov de Moscou et j’ai un diplôme en histoire. IL y a 12 ans, je suis devenue sourde et pratiquement aveugle. J’ai travaillé pour l’association pendant de nombreuses années, et maintenant je suis un des membres fondateurs de l’association Usher Forum, et présidente du groupe local de personnes sourdes-aveugles et atteintes du syndrome d’Usher dans l’Association des Sourds de Moscou.

Nataly Kremneva
Usher Forum
Moscou, Russie
irv@child.ru

ivsal@mail.ru

Loi morale naturelle et droit des sourds-aveugles au service de guides-interprètes
par Jan Jakes, président de VIA, l’association des sourds-aveugles, et enseignant vacataire au Département d’Education Spéciale de l’université Charles de Prague.

Pourquoi les sourds-aveugles ont-ils besoin des services de guides-interprètes ?

L’aptitude des gens à mener une vie heureuse est conditionnée par leur capacité d’interaction avec leur environnement. Pour avoir une interaction avec leur environnement, il faut que les gens entendent et voient. 94% des informations reçues par une personne sur l’environnement passent par les sens de la vue et de l’ouïe. Mais une personne totalement sourde-aveugle ne peut pas obtenir ces 94% ; elle ne dispose que de 6% des informations qui sont obtenues par les sens restants, en particulier par le toucher. Un sourd-aveugle perd ainsi une chance d’interaction active et efficace avec son environnement. Une perte aussi importante peut être allégée en partie avec l’aide d’une autre personne, voyante et entendante et qui sait comment transmettre les informations obtenues aux sourds-aveugles. Cette personne est le guide-interprète.

Les sourds-aveugles sont comme des étrangers dans un pays inconnu couvert de brouillard. Pour survivre, il leur faut un guide-interprète qui connaît bien le pays et qui va les aider à se faire comprendre des habitants. La tâche du guide-interprète est de :

Posons une question : à quoi ressemble le monde immédiat qui nous entoure, que nous appelons environnement, et dans lequel les sourds-aveugles s’aventurent avec leur guide-interprète de confiance ? Et encore une autre question qui y est liée : que doit savoir le guide-interprète, de quoi doit-il être capable, afin d’être un bon guide-interprète fiable ?

L’environnement

Lorsqu’on parle de l’environnement d’une personne, on considère la complexité de tout ce qui entoure la personne. En même temps, on distingue entre le monde naturel et le monde fait par l’homme.

Le monde naturel peut en outre être divisé en :

  1. l’environnement originel de la nature non touché par l’homme et
  2. l’environnement du monde naturel modifié et exploité par l’homme.

Le monde fait par l’homme ( créé artificiellement par l’homme) peut être subdivisé en :

  1. l’environnement créé par les produits matériels de l’activité humaine, comme les maisons, villes, routes et autres choses faites et construites par l’homme, et les objets utilisés à différentes fins, par ex. pour vivre, travailler, se reposer ;
  2. l’environnement composé des liens ( réseaux, systèmes) de relations personnelles et de travail entre les gens, comme l’amitié, le mariage, la famille, l’éducation, la propriété, les conditions de travail, l’économie, la culture, et l’état ; et
  3. l’environnement composé des produits spirituels et culturels de l’activité humaine, comme le langage, la philosophie, la science, la technologie, l’art, la morale, la loi, la politique, la religion.

En se basant sur cette description simple de l’environnement, deux choses sont évidentes : combien il est difficile pour une personne sourde-aveugle de s’orienter lorsqu’elle ne peut utiliser les sens de la vue et de l’ouïe, et combien la tâche du guide-interprète de la personne sourde-aveugle est importante et complexe.

La revendication d’un service de guide-interprète par les sourds-aveugles

Le monde qui nous entoure a beaucoup d’aspects et de formes , qui se pénètrent et se recouvrent mutuellement. Il est varié, changeant, très complexe et difficile à saisir. C’est pourquoi le monde est intéressant et incite les gens à l’explorer. L’interaction avec leur environnement est un défi pour les gens . Le défi s’adresse à tous. Aux sourds-aveugles aussi ! Ce défi est la tache et le devoir de l’être humain. Donc, ce n’est pas seulement un droit humain naturel, mais un devoir, en fait, de connaître notre environnement et d’avoir des interactions avec celui-ci.

Et c’est de ce devoir humain que nous, les sourds-aveugles, nous tirons notre droit aux services d’un guide-interprète. Au cas où les capacités naturelles intrinsèques d’un individu ne lui suffisent pas pour remplir ce devoir, parce qu’elles sont limitées ou déficientes, les sentiments sociaux naturels des autres , et de la société, viennent au premier plan ; cela comprend les sentiments et comportements moraux naturels, le sens de la responsabilité et la capacité et le besoin d’aider. Ainsi, par exemple, les parents aident leurs enfants , les fils et filles adultes aident leurs parents âgés, et les gens en bonne santé aident les malades et les handicapés.

La réclamation naturelle des services d’un guide-interprète par les sourds-aveugles est basée sur au moins trois raisons. Deux sont existentielles et une est éthique :

    1. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes par la naissance des individus de l’espèce Homo Sapiens. Nous devons développer notre individualité pour devenir des personnes. Cependant, je ne peux devenir " je " qu’avec l’aide de quelques " vous ". Pour cela, il faut que nous soyons acceptés par les autres, encouragés par eux dans la réalisation de notre moi, il faut que nous soyons éduqués et aimés par eux. En d’autres termes, il faut qu’on communique avec nous. Mais la plupart des gens communiquent en se basant sur le fait qu’ils peuvent se voir et s’entendre.
    2. Nous sommes des êtres humains. C’est notre devoir d’humain de développer notre existence active dans le monde, de s’occuper des nécessités de la vie, de développer et d’achever notre humanité par la réalisation de soi . Ceci peut se faire par l’activité, par les interactions avec le monde et les gens qui nous entourent. Mais le contact d’une personne avec son environnement, c’est-à-dire avec le monde et les autres, est basé sur des informations obtenues surtout par la vue et l’ouïe.
    3. Nous sommes des êtres humains atteints de surdicécité. Nous nous débattons avec de sérieux problèmes causés par le manque d’informations visuelles et auditives. Nous avons des problèmes permanents dans nos interactions avec le monde et les gens, c’est-à-dire notre environnement. Ceci signifie que nous avons du mal à connaître le monde, à nous orienter dans le monde, à répondre aux événements autour de nous, à nous adapter à l’environnement, à obtenir une réponse à nos besoins.

Pour ces trois raisons, la réclamation des sourds-aveugles peut aussi s’exprimer par ces questions cruciales :

  1. Qui aidera les gens qui nous entourent à communiquer avec nous qui sommes sourds-aveugles ?
  2. Qui nous aidera à être en contact avec notre environnement, alors que nous sommes sourds-aveugles ?
  3. Qui nous aidera à surmonter nos difficultés, causées par la surdicécité ?

Il est triste que nous, les sourds-aveugles, ayons à rappeler ce principe naturel aux gouvernements et aux législateurs. C’est pourquoi nous devons parler avec énergie de nos besoins et de nos exigences, et aussi de notre demande d’un service de guides-interprètes. Il faut souligner que le guide-interprète est une personne dont nous avons besoin, parce qu’elle nous permet l’interaction directe avec notre environnement – ce qui signifie qu’elle nous aide à vivre en être humain dans le monde et avec les gens qui nous entourent.

Ce raisonnement s’applique à tous les services pour sourds-aveugles, pas seulement le service de guide-interprète, mais aussi les services d’assistant personnel, d’intervenant et autres !

Solution proposée

Le droit des sourds-aveugles au service d’un guide-interprète est fondé sur les lois des droits de l’homme, c’est-à-dire sur le droit individuel à vivre, le droit naturel à vivre une vie humaine dans la dignité, le droit à l’éducation, le droit d’accès à l’information, le droit de se déplacer librement et de se fixer et le droit à l’aide sociale. Les lois générales sur les droits de l’homme , c’est bien mais insuffisant. Il faut établir un environnement légal avec des règles qui garantissent le respect des besoins et exigences spécifiques des sourds-aveugles.

La législation doit comporter clairement et sans réserve :

  1. des services sociaux pour fournir les services de guide-interprète, d’assistant personnel, et autres services ;
  2. une garantie que les aides techniques pour sourds-aveugles sont accessibles ; et
  3. que la communication soit accessible sous la forme et dans la langue nécessitées par chaque personne sourde-aveugle.

Prague, le 30 octobre 2003
Réseau sourds-aveugles congénitaux
par Dominique Spriet, coordinatrice du réseau

Au cours de la conférence de DbI au Canada, nous avons fait le projet d’essayer de mieux nous connaître ! Il nous a semblé que nous avions besoin d’avoir plus d’informations sur ce que les autres font. Le recrutement du personnel pour travailler dans ce domaine nous intéressait tous et la première question débattue a été :comment procédons-nous pour recruter les membres de notre personnel ? Nous avons entamé un débat et différentes idées ont été présentées. J’espère donc que les lecteurs de DbI Review nous aideront en nous rejoignant et en répondant à ce bref questionnaire. Cela nous aidera à nous connaître mieux !

Contactez Dominique à : spriet.dominique@wanadoo.fr

Nom de l’organisation :

Adresse :

Pays :

Nom du responsable :

Comment fonctionnez-vous ?

Externat : oui non Internat : oui non

Foyer ouvert toute l’année : oui non

Avez-vous une obligation légale de fourniture du service pendant un certain nombre de jours, si oui, combien : Oui non

Les sourds-aveugles

Nombre : Sexe : Ages :

Niveaux d’autonomie, communication, handicaps moteurs associés, problèmes psychologiques associés, autres handicaps associés :

Activités

Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non

Rééducation

Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non

Le personnel ( équivalents temps plein) (ETP)

Nombre d’heures annuelles : Nombre total de personnel :

Nombre de personnes en contact direct avec les sourds-aveugles :

Nombre de personnel administratif :

Nombre de personnel d’entretien :

Personnel associatif , si oui combien : oui non

Bénévoles, si oui combien : oui non

Qualifications du personnel et nombre dans chaque catégorie :

 

Observations et autres questions :

 

Le groupe d’études sur le syndrome d’Usher
compte-rendu de la rencontre des 2-3 août 2003 à Mississauga, Canada, par Mary Guest

Le Groupe d’Etudes Usher ( ex groupe d’études européen sur le syndrome d’Usher) s’est réuni cette année pendant 2 jours au Canada , juste avant la 13e conférence mondiale sur la surdicécité de DbI. Le groupe se réunit tous les 2 ou 3 ans pour échanger des connaissances et des expériences sur tous les aspects du syndrome d’Usher. Pour faciliter les discussions et la communication, le nombre de participants est limité de 25 à 35. Le Groupe d’Etudes Usher est ouvert à) quiconque souhaite approfondir sa connaissance des syndromes d’Usher.

Le premier jour, nous avons examiné les implications futures de la recherche scientifique pour les familles ayant différentes formes d’Usher. Les progrès de la génétique pendant la dernière décennie ont développé la connaissance du syndrome d’Usher et des autres maladies liées à la Rétinite Pigmentaire au point que les expérimentations cliniques sur l’homme sont immanentes.

Dans son intervention, le Dr Bill Kimberling, directeur du Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital d’Omaha a confirmé que sur onze gènes connus comme causant un syndrome d’Usher, on a identifié huit. Le décodage de ces gènes a donné aux chercheurs une connaissance bien plus approfondie des causes réelles du syndrome d’Usher.

Medhi Sadeghi, du Département d’Audiologie de la Sahlgrenska Academy, à Gothenburg a parlé de deux études, l’une sur les modifications de l’ouïe dans le Usher de type 2 et l’autre comparant la vision fonctionnelle des personnes atteintes d’Usher de type 1,2 et 3. Il a insisté sur l’importance du génotype et du phénotype pour comprendre comment une forme particulière peut affecter une personne.

Dans son intervention : " Les familles acadiennes et le syndrome d’Usher ", le Dr Bronya Keats, directeur et chef du département de génétique à l’université d’état de Louisiane, décrit comment l’histoire : l’expulsion des Acadiens du Canada français vers 1750, et la géographie : la vie dans les bayous isolés de Louisiane pendant près de 2 siècles, a conduit à une forte incidence du syndrome d’Usher de type 1. Les récentes études sur le gène Usher 1C indiquent que le syndrome d’Usher peut être diagnostiqué par des tests génétiques à un stade précoce chez les enfants sourds de naissance d’origine acadienne, ce qui pourrait conduire au traitement de la Rétinite Pigmentaire avant que l’apparition des symptômes.

Connie Miles, qui organise les réunions du Boys Town National Research Hospital où les personnes atteintes du syndrome d’Usher sont informées sur " le choix en connaissance de cause ", " le consentement en connaissance de cause " et les avancées de la science dans la recherche sur la syndrome d’Usher, a terminé la première journée en parlant des manières d’utiliser l’information scientifique pour améliorer la qualité de vie des familles. Les enfants ayant eu un diagnostic précoce ont des besoins d’information particuliers. Comme les recherches cliniques deviennent une réalité pour beaucoup de familles, les besoins d’information des familles deviennent de plus en plus grands.

Au cours de notre 2e journée, Rebecca Atkinson a parlé de son passage personnel du diagnostic à la réalité de la perte de la vue dans sa vie quotidienne de documentaliste pour la radio. Cette excellente intervention qui donne à réfléchir figure aux minutes de la conférence de DbI.

Anny Koppen, directrice du Centre nordique de formation du personnel, à Dronninglund, nous a rendu un peu jaloux lorsqu’elle a parlé des connaissances et du perfectionnement des familles recevant des services. Les professionnels des Pays Nordiques doivent se tenir au courant de la technologie, des modifications légales et de l’autodétermination pour les personnes atteintes d’Usher et ont besoin de formation en cours d’emploi régulière.

Irina Salomatina, qui dirige l’association Usher Forum en Russie, a décrit le programme d’activités sociales, visites de musées, restaurants, excursions à la campagne, qui apporte aux sourds-aveugles et guides-interprètes de nouvelles expériences et beaucoup de distractions. Tout cela a été réalisé malgré les bouleversements politiques et économiques de la dernière décennie, ce qui nous a fait admirer la ténacité des membres d’Usher Forum en Russie.

Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher ont une expérience exceptionnelle qui, avec une formation et un soutien, peut être mise au service des autres atteints d’un Usher . En 2000, Sense a lancé le programme Peer Mentor au Royaume Uni, qui a montré comment en formant des personnes atteintes d’Usher au rôle de mentor, on pouvait éviter des vies improductives, des dépressions, et donner une nouvelle orientation et un sens de leur propre valeur à la fois à l’utilisateur du service et au mentor. " La formation et la supervision des mentors ", article de Chris Sherlock, est publié dans ce numéro de la revue de DbI.

Les résultats d’une étude exposée par Liz Cook sur 67 personnes dans 6 pays d’Europe, concluent que malgré les différences géographiques et nationales, les besoins des familles Usher étaient similaires. Après avoir rencontré des collègues des quatre continents à ce groupe d’études Usher, nous nous sommes rendu compte que les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et leurs familles font face aux mêmes difficultés où qu’elles vivent.

Enfin, Joseph Morrissey, du Kenya, a interpellé tout le groupe avec sa description de la situation des sourds-aveugles en Afrique, où la rubéole est encore une cause importante d surdicécité. Il a demandé que plus d’informations et d’expertise sur le syndrome d’Usher soient envoyées en Afrique , ce à quoi nous sommes tout à fait disposés à répondre.

P.S. : Mary Guest a reçu le Distinguished Service Award de DbI pour sa contribution exceptionnelle dans ce domaine ( note de la rédaction)

Le réseau des frères et sœurs

Depuis la création du réseau des frères et sœurs en mai , la question la plus fréquemment posée a été : pourquoi un réseau des frères et sœurs ? La réponse en bref est que les frères et sœurs jouent un rôle très important dans la vie de leurs frères et sœurs sourds-aveugles, mais que les professionnels qui travaillent avec les sourds-aveugles et leurs familles ne le reconnaissent pas toujours. Quelquefois, même mes parents ne le remarquent pas, car beaucoup de ce que font les frères et sœurs est considéré comme "  donner un coup de main quand c’est nécessaire ". Mais grandir avec un frère ou une soeur sourds-aveugles est différent, et pour la plupart des frères et sœurs , cela aura un énorme impact sur leur vie.

Je suis en contact maintenant avec un petit groupe, toutes des sœurs , venant d’Autriche, du Canada, d’Italie, de Hollande, de Pologne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Je suis allée à la conférence mondiale de DbI au Canada, où j’ai pu parler avec beaucoup de professionnels et de parents. Ces discussions, toutes très positives, n’ont fait que confirmer le besoin d’un réseau et ont montré qu’il restait beaucoup de travail à faire. Il faut mieux faire connaître la situation des frères et sœurs .

En outre, je peux annoncer la Soirée nationale des frères et sœurs  en Hollande à la fin mars 2004, qui sera organisée avec Viataal. D’après cette première rencontre, nous déciderons comment continuer en Hollande.

Pour tout renseignement complémentaire, on peut me contacter par Email : siblingsnetwork@gmx.net

Sabine Kersten

Réseau Surdicécité Acquise (ADBN)

Depuis le dernier numéro de DbI Review, la date du prochain séminaire international a été fixée au 6 –10 octobre 2004 à Londres. Un lieu prestigieux au centre de Londres a été retenu pour satisfaire à toutes les exigences en termes de salles de conférences pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes, en tenant compte des exigences d’accès pour les personnes sourdes-aveugles et handicapées.

Le titre du séminaire est : "  Espérances, opportunités et possibilités " - étude des relations entre les gens dans le monde de la surdicécité acquise.

Une première annonce du séminaire a été faite comme prévu à la conférence mondiale de Toronto en août. Le réseau ADBN a tenu une journée de réseau réussie lors de la conférence, qui a attiré plus de 30