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DbI N° 30

Juillet - décembre  2002

 DbI Review

Le Magazine International des Sourds-Aveugles

SOMMAIRE

SmartBo - une maison " intelligente " pour handicapés  Gerhard Elger
I
ntégration sensorielle  Gail Deuce
Objets de référence  Marleen Janssen
Promenade en Russie  Irene Salomatina
Unité spécialisée pour enfants sourds-aveugles en Grèce Menelaos Tsaoussis

Personnalités
Bob et Michelle Smithdas
Anneke Balder
Evolution en Inde Akhil Paul
Arts plastiques
Bronze à toucher  Argyro Kondtandinidou

Nouvelles régionales
Amérique latine
Slovaquie
Australie
République tchèque
Kazakhstan
Roumanie
Suède
Inde

Nouvelles des réseaux

Conférences

Nouvelles de l’administration

Message du président

Aujourd’hui aux USA, nous sommes au lendemain de Thanksgiving et la plupart des Américains se remettent de s’être goinfrés de dinde et de tout ce qui va avec, chose que nous faisons tous les ans au nom de l’action de grâce. Toute plaisanterie mise à part, c’est le jour de congé favori de la plupart des Américains parce que nous pouvons nous arrêter et réfléchir au moins une journée à toutes les choses pour lesquelles nous devrions rendre grâce: nos amis, nos familles, notre travail, notre santé et notre bien-être. Ce jour n’a pas la grandiloquence de la fête de l’Indépendance ni la frénésie anticipatoire que Noël semble apporter. C’est un jour de festin, de remerciement, de tranquillité en famille, et de réflexion.

Notre famille sourde-aveugle a aussi beaucoup de choses dont elle peut rendre grâce. Nous avons un merveilleux organe de direction en la personne de notre Comité Directeur , et un Conseil très actif. Ces personnes sont extrêmement généreuses de leur temps, afin de garantir que nous soyons une organisation professionnelle viable. Nous avons aussi un excellent bulletin d’information, qui soutient la comparaison avec n’importe quelle publication mondiale de n’importe quelle organisation de handicapés. Merci à notre rédactrice en chef et à son équipe compétente pour un travail bien fait dans la continuité. Nous avons des responsables de réseaux actifs, qui s’occupent du travail fait en coopération dans beaucoup de domaines intéressants. Grâce à nos membres , individuels ou institutions, nous avons une stabilité financière qui nous permet de faire fonctionner l’organisation à un niveau bien plus élevé que par le passé . Nous avons une organisation d’accueil, Sense International, qui permet à notre secrétariat salarié de fonctionner de manière plus productive. Nous avons aussi amélioré nos fonctions de communication et actuellement nous sommes en train d’améliorer considérablement notre présence sur le web.

Tous ces aspects font partie de notre infrastructure générale pour laquelle nous devons rendre grâce. En examinant le contenu de ce numéro que vous avez entre les mains, il m’apparaît que nous devrions aussi rendre grâce pour les membres individuels de notre organisation qui sont toujours prêts à participer. Je vois des articles de collègues qui ont pris le temps d’écrire sur la " maison intelligente " en Suède, ou les loisirs en Russie. Ils sont représentatifs des membres qui écrivent et contribuent à toutes les éditions du magazine : des gens qui font un réel travail avec des sourds-aveugles et qui sont prêts à partager leurs méthodes et approches. Nous devrions rendre grâce que ce soit l’objet de DbI . Je vois aussi un article d’un nouveau rédacteur du Kazakstan, un pays dont nous entendons parler pour la première fois. Nous avons un portrait des Smithdas, un couple dont nous devrions rendre grâce de pouvoir dire qu’ils font partie de nous. Ce couple de sourds-aveugles ont été d’infatigables militants pendant toute leur vie. Et nous disons un chaleureux au revoir à Anneke Balder, qui se retire du travail avec les sourds-aveugles après plusieurs décennies, et qui a été pour beaucoup dans le succès de notre première conférence européenne. Merci en vérité pour avoir eu des gens comme elle dans nos rangs.

Nous ne pouvons évidemment pas remercier tous ceux qui le méritent dans ces lignes. Disons simplement que nous rendons grâce pour ce que nous sommes et pour ceux que nous avons parmi nous, et que nous rendons grâce de cette étroite communauté mondiale de gens incluant DbI .

Michael COLLINS , Président

Editorial

Cette édition de la revue comporte notre mélange habituel d’articles et de nouvelles du monde entier et nous espérons que vous apprécierez de lire les exploits et les réussites de collègues de lieux si différents !

Le succès des conférences et des réseaux apparaît largement et il ne fait aucun doute que la notion de regroupement et d’échange d’informations et de soutien, pas seulement au niveau local et national, mais aussi au niveau international, a un effet très bénéfique dans le domaine de la surdicécité. Les communications électroniques ont fait une différence et nous aident à " nous parler ".

Ici, au siège de la revue de DbI, nous recevons presque tout, y compris les photos, par Email. Ceci signifie que nous pouvons répondre plus rapidement et plus efficacement. Beaucoup d’entre vous seront heureux d’apprendre que le site de DbI est à nouveau actif et que Malcolm Matthews, responsable de l’information de DbI, projette de nouveaux développements pour les mois à venir. Malcolm écrira dans la revue pour nous tenir au courant et je sais qu’il accueillera favorablement vos commentaires et contributions.

Nous aussi, nous sommes très reconnaissants de toute l’aide que nous recevons de nos correspondants réguliers. Mike en Australie, Elin au Danemark, et Stan au Canada n’ont aucune idée du plaisir que nous avons à recevoir leurs articles sans les réclamer ! Stan, Linda et l’équipe vont travailler dur dans les six prochains mois pour préparer notre grande conférence de DbI au Canada l’été prochain. Nous leur souhaitons toute la réussite possible et nous espérons vous voir là-bas. Et si vous n’avez pas encore écrit pour nous - qu’est-ce qui vous en empêche ? Ecrivez-nous !

Meilleurs vœux à tous !

Eileen et Frances

SmartBo – une " maison intelligente " pour les personnes handicapées

Gerhard Eiger de l’Institut Suédois du Handicap , décrit ce projet révolutionnaire utilisant les nouvelles technologies pour permettre aux sourds-aveugles et autres personnes handicapées d’avoir une vie indépendante. Le projet est financé par le Fond Suédois du Patrimoine et l’Institut Suédois du Handicap et a bénéficié du soutien et du sponsorat de sociétés privées. Le mot " Bo " en suédois signifie " nid " et le terme " SmartBo " cherche à donner l’impression qu’une maison hi-tech peut aussi être un endroit confortable et chaud !

Introduction

L’une des activités de l’Institut Suédois du Handicap est de contrôler et d’employer les nouvelles technologies au profit des personnes handicapées. Grâce à un certain nombre de projets pilotes avec des " maisons intelligentes " et des solutions informatiques, nous avons appris comment les nouvelles technologies peuvent être rendues accessibles aux personnes handicapées. Notre expérience de ces projets pilotes a constitué une base solide pour le projet SmartBo. Dans un appartement de démonstration nous montrons des solutions qui marchent pour servir d’exemple, de source de compétences et d’inspiration.

But du projet

Le but du projet est d’accumuler connaissances et compétences et de les partager avec d’autres. Nous avons recherché comment on pouvait utiliser la technologie de l’information et de la communication (ICT) pour donner aux personnes handicapées plus de chances d’avoir une vie indépendante, par exemple comment les fonctions à la maison pourraient être automatisées ou contrôlées par des personnes gravement handicapées. Nous souhaitons aussi créer un intérêt pour les solutions d’ICT au profit des personnes handicapées , et montrer la nécessité d’une nouvelle technologie, en servant de source d’inspiration aux usagers aussi bien qu’aux professionnels. Les solutions et dispositifs d’assistance sont créés en coopération avec les fabricants.

Groupes cible

SmartBo démontre les possibilités existantes pour les handicapés moteurs, les handicapés visuels et auditifs et les personnes avec des handicaps cognitifs ( troubles du développement, lésions cérébrales, démence).

Nos groupes cible comprennent les personnes handicapées, les professionnels travaillant avec des dispositifs d’assistance, les sociétés privées, le marché du travail, les universités, les autorités locales, les formateurs pour le personnel de santé ou les éducateurs spécialisés, les politiciens, et autres décideurs.

Méthodes

Sur la base de notre connaissance des groupes cible, nous avons élaboré des scénarios dans lesquels des personnages imaginaires avec des handicaps différents mèneraient une vie riche et indépendante dans l’appartement. On a fait la liste des problèmes rencontrés dans la vie quotidienne . On a discuté de la façon de répondre aux besoins et aspirations. Lors d’un séminaire, les scénarios ont été présentés aux personnes handicapées et approuvés. Toutefois, les participants ont insisté sur le point que les installations techniques devaient être invisibles ou au moins discrètes. Se sentir chez soi était très important.

Qu’est-ce que SmartBo ?

SmartBo est un appartement de deux pièces en rez-de-chaussée dans un immeuble de cinq étages situé un faubourg de Stockholm. Cette maison, ainsi que sept autres, a été construite pour une association coopérative de logement pour personnes âgées. Par conséquent, l’accès est facile pour les personnes handicapées ; il n’y a ni marches à monter ni escaliers. La porte d’entrée peut s’ouvrir par télécommande. L’appartement fait 78 m2 avec une cuisine avec coin repas et une grande salle de bains. Le living-room donne sur une petite cour privée .

SmartBo n’est pas adapté à un handicap en particulier. Le projet est centré sur la technologie de l’information et de la communication et les dispositifs d’assistance et solutions à partir de l’informatique et de l’électronique. Nous voulons montrer comment les personnes handicapées peuvent mener une vie riche et indépendante quel que soit le type de handicap. Ceci signifie que beaucoup de fonctions dans une maison ordinaire doivent pouvoir être contrôlées et supervisées par des gens ayant des handicaps légers à sévères. SmartBo est un appartement équipé pour la relaxation et les loisirs, pour le travail et l ‘étude.

En choisissant les installations pour répondre aux besoins des usagers, nous avons opté pour un équipement standard lorsqu’il existait. Les produits industriels standard ont un meilleur rapport qualité/prix que l’équipement créé spécialement pour les personnes handicapées. En ce sens, on peut diviser les installations de l’appartement en deux catégories, l’une commune à tous les usagers, l’autre adaptée à chaque groupe – et même à chaque personne handicapée.

La première catégorie comprend les systèmes de base permettant à l’usager de superviser et contrôler les fonctions existant dans une maison, comme les fenêtres, portes, serrures, eau, électricité et cuisinière. On répond très aisément au besoin de contrôler un si grand nombre de fonctions en choisissant un " home bus system " qui utilise un système de contrôle d’immeuble intelligent, en particulier si on veut programmer des fonctions plus complexes.

Nous savons d’expérience que le EIB ( Bus d’installation européen), qui peut contrôler, réguler, mesurer, allumer et éteindre, détecter et surveiller), est très fiable. Pratiquement tous les détecteurs qui donnent des signaux d’entrée au système de bus sont des composants ordinaires standard. Les interrupteurs muraux pour la lumière etc. sont aux normes EIB. Un câble relie tous les détecteurs et tous les actionneurs dans l’appartement. (Les détecteurs sont les dispositifs d’entrée tels que les interrupteurs, les détecteurs de mouvement, les commutateurs magnétiques, sensibles à la pression, les dispositifs détecteurs de courant, d’écoulement d’eau etc. Les actionneurs sont des dispositifs de sortie comme les relais pour établir le courant , l’automatisation des portes, ou les gradateurs de lumière. )

Les éléments suivants sont détectés par le système :

Ces éléments sont contrôlés par le système :

Telles sont les fonctions de base surveillées et contrôlées par le système. Mais il faut rendre la surveillance et le contrôle accessibles aux personnes handicapées. L’interface de l’usager d’équipement standard est souvent inadaptée. Chaque handicap et chaque besoin individuel peut nécessiter une solution spéciale pour l’accessibilité . C’est là le réel challenge dans un projet comme SmartBo où nous nous efforçons d’optimiser l’accessibilité pour une large gamme de handicaps.

Les dispositifs de présentation des informations aux usagers sont l’écran d’ordinateur plus les annonces enregistrées. En outre, il y a des dispositifs de signal visuel et tactile, un programme d’agrandissement de texte, un synthétiseur de parole et un affichage Braille pour les handicapés visuels, les aveugles et les sourds-aveugles. Les dispositifs d’entrée sont différents types de claviers, des claviers spéciaux avec pictogrammes en superposition etc., unités de protection de l’environnement ( ECUs) avec signaux infra-rouges, dispositifs à reconnaissance vocale, une souris et des interrupteurs standard et spéciaux.

Il y a fondamentalement trois façons de contrôler le système. Premièrement, par l’ordinateur ( connecté au système bus par une interface série), deuxièmement par les ECUs et les récepteurs à infra-rouges répartis dans l’appartement, et enfin par les commutateurs muraux EIB standard à quatre fonctions .

L’interface graphique de l’usager du programme informatique SmartBo affiche une vue d’ensemble de tout l’appartement. Cliquez pour entrer dans une pièce ou tapez la première lettre du nom de la pièce ( " b " pour " bedroom " etc.) et voyez quels objets sont contrôlables et quelle est leur situation. Par exemple, vous pouvez voir si une lampe est allumée ou non, ou si une fenêtre est ouverte ou fermée. Vous pouvez allumer ou éteindre la lampe en cliquant avec la souris, en tapant une lettre sur le clavier ou en touchant le pictogramme voulu sur le clavier spécial ; ouvrir et fermer de la même manière la fenêtre de la cuisine . Pour tous les objets contrôlables, on a le choix entre différents niveaux d’alerte.

Pour les objets pour lesquels il est important de s’assurer du changement de situation, il y a des panneaux sur l’écran, quelquefois avec une annonce vocale ; lorsqu’il y a une alerte, par exemple si la sonnette ou le téléphone sonnent, si l’eau coule d’un robinet depuis trop longtemps, si la cuisinière chauffe trop etc., l’alarme incendie est activée. Pour les sourds-aveugles, certaines alertes sont transmises à un dispositif à vibrations porté à la ceinture ou dans une poche. Il y a quatre types de vibrations différents selon le type d’alerte, par exemple sonnette, TDD ou téléphone –Braille, alarme incendie.

De nouveaux programmes de contrôle SmartBo client/serveur sont développés dans le projet BoMan de Föreningen Furuboda. Le financement vient du programme Technologie de l’Information en Pratique. La première interface usager créée est une interface texte spéciale pour les personnes utilisant l’affichage Braille, comme les sourds-aveugles. Les réponses des sourds-aveugles utilisant cette interface ont été extrêmement positives. D’autres interfaces vont suivre, comme l’interface usager graphique pour les personnes avec un handicap moteur et/ou un handicap cognitif.

Un grand avantage de cette solution clients/serveurs est que le client peut être choisi et adapté pour un avantage maximum pour l’usager. On peut utiliser un ordinateur portable dans un environnement sans fil ou un ordinateur normal, à sa convenance.

Tous les ordinateurs de SmartBo sont connectés en un réseau sans fil . On peut donc se déplacer librement avec un ordinateur , par exemple, sur son fauteuil roulant, et contrôler l’appartement à distance.

A côté du lit et de la porte d’entrée, il y a de petits boîtiers avec un bouton, une lampe rouge et une lampe verte, avec deux trous en dessous. On les appelle les boîtiers bonjour et bonne nuit. En appuyant sur le bouton en quittant l’appartement , ou la nuit en allant se coucher, on obtient un message " Tout va bien " ou qui dit ce qu’on a oublié de faire. Cela peut signifier qu’il faut fermer la porte donnant sur la cour ou la fenêtre de la cuisine, éteindre la cuisinière ou fermer le robinet. Les messages sont oraux, visuels ( la lampe rouge ou verte du boîtier s ‘allume) ou tactiles ( des tiges sortent de sous le boîtier). De cette façon, l’information peut être reçue quel que soit le handicap. Les sourds-aveugles peuvent sentir les tiges. S’ils ne se rappellent plus la cause de l’alerte, ils peuvent la lire sur l’affichage Braille.

Par exemple, certaines fonctions complexes du système contribuent à la sécurité des personnes âgées. Quand une personne quitte son lit la nuit, des lampes faibles éclairent le chemin de la chambre à la salle de bains. Si la personne ne revient pas dans son lit après un temps déterminé, les assistants peuvent alors être alertés.

Toujours dans la maison, et en élargissant l’utilisation de l’ordinateur, il y a tout une gamme d’aménagements disponibles. Ils comprennent une imprimante couleur, un scanner et un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR) ( afin que les aveugles et les sourds-aveugles puissent scanner du texte pour l’afficher en Braille) et un changeur de CD-ROM ( afin que les handicapés moteurs graves, les aveugles et les sourds-aveugles puissent accéder aux encyclopédies, dictionnaires , littérature etc.), un modem et un logiciel d’accès à Internet.

Des dispositifs d’assistance et des logiciels sur un second ordinateur aideront les personnes handicapées mentales, atteintes de lésions cérébrales ou de démence. Le but est de leur donner le contrôle de leur vie dans un appartement, de soutenir leurs activités en leur donnant la capacité de planifier avec des rappels de l’ordinateur et de les aider à communiquer, qu’ils puissent parler ou non. Un terminal universel ( vidéo téléphone + minitel + téléphone vocal ) pour les personnes qui signent ( aussi pour les malentendants ou les retardés mentaux) est installé afin d’aider leur communication. Il y a un vidéo téléphone à la porte pour les handicapés moteurs et les personnes âgées, et un interphone spécial pour les sourds-aveugles. Les usagers veulent savoir qui sonne à leur porte et si c’est vraiment quelqu’un à qui ils ont envie d’ouvrir !

Discussion et conclusions

Alors que la technologie de l ‘information et de la communication et l’électronique offrent plus d’opportunités aux personnes handicapées et aux personnes âgées d’avoir une vie meilleure et plus indépendante , des systèmes pourraient être employés pour contrôler et surveiller les gens d’une façon contraire à l’éthique. L’intégrité de l’individu doit toujours être protégée. Les aspects éthiques sont d’une très grande importance lorsqu’on parle des conditions de vie futures.

Les coûts d’installation et d’adaptation d’un appartement avec les nouvelles technologies pourraient être compensés par les dépenses réduites en personnel d’assistance. Cela peut être une expérience très positive de pouvoir se débrouiller pour faire des choses tout seul sans avoir toujours un assistant auprès de soi. Néanmoins, ce n’est pas une excuse pour priver les personnes handicapées d’assistance individuelle. Cela économise de l’argent lorsque les personnes âgées peuvent continuer à vivre en sécurité chez elles au lieu d’aller dans des institutions. Beaucoup de gens préféreraient probablement rester chez eux si c’était une possibilité. Mais cela devrait toujours être une affaire de choix personnel. Dans l’hypothèse optimale, grâce à l’emploi des technologies modernes, une personne profitera d’une vie intéressante et indépendante malgré un handicap sévère ; en même temps , le coût pour la société peut être diminué.

SmartBo a été achevé en décembre 2000. 1500 visiteurs environ sont venus du monde entier, dont des sourds-aveugles de Suède, du Japon et d’Afrique du Sud.

Un résultat très important du projet est la communication d’informations et un ensemble de deux CD ROM et d’une vidéo est en vente. La vidéo montre l’utilisation de la maison et les CD contiennent des descriptions détaillées et une visite interactive. La vidéo est sous-titrée en Anglais.

SmartLab

Le travail sur la vie " intelligente " continue à L’Institut suédois du handicap dans une nouvelle activité appelée " SmartLab " où sont impliqués tous les départements de l’institut. Les connaissances, l’expérience et l’équipement de SmartBo ont servi à ce projet.

On peut trouver des informations sur http://www.hi.se/english/smartlab_eng.pdf

L’association suédoise pour les sourds-aveugles ( FSDB) va lancer un projet au printemps 2003 – appelé Villa SmartBo – sur la vie indépendante pour les personnes sourdes-aveugles. Villa SmartBo bénéficiera de la technologie de pointe pour permettre aux personnes sourdes-aveugles de vivre de façon indépendante et d’avoir une vie sociale active !

Renseignements sur SmartBo

Le film sous-titré en Suédois avec les 2 CD ROM coûte 200 couronnes ( environ 20 €). Référence : n° 01801. Le film avec des sous-titres anglais " People using SmartBo " coûte 150 couronnes ( environ 15 €). Les deux peuvent être commandés au Swedish Handicap Institute, téléphone : + 46 8 620 17 00, fax : + 46 8 739 21 52 ou sur www.hi.se

Dysfonctionnement de l’intégration sensorielle chez les enfants sourds-aveugles

Pour la plupart d’entre nous, l’intégration sensorielle se fait inconsciemment. Ensuite, l’organisation des informations reçues de nos différentes modalités sensorielles est utilisée pour nous permettre d’avoir des rapports efficaces avec le monde qui nous entoure. Dans cet article, Gail Deuce, éducatrice expérimentée pour enfants sourds et sourds-aveugles, explore ces idées.

En travaillant avec des enfants sourds-aveugles, j’ai pris conscience du nombre important de ceux-ci qui avaient des difficultés dans ce domaine. Il n’est pas inhabituel d’entendre un éducateur décrire un enfant qui sait utiliser ses restes visuels efficacement ou utiliser ses restes auditifs efficacement, mais pas les deux à la fois ; ou un enfant qui doit s’arrêter de marcher pour écouter ; ou encore un enfant qui doit tourner la tête avant d’attraper un jouet. Certains enfants sourds-aveugles semblent en plus présenter un dysfonctionnement grave , et éprouvent des difficultés à traiter et intégrer les informations reçues de toutes leurs modalités sensorielles.

Ayres a étudié le processus de l’intégration sensorielle chez des enfants ayant des difficultés d’apprentissage modérées et l’a assimilé au traitement de l’information par lequel :

Le cerveau doit sélectionner, renforcer, inhiber, comparer et associer les informations sensorielles ( de différents canaux) en un modèle flexible et changeant constamment. ( Ayres, 1989, p.11)

Ayres (1987) a élaboré une théorie qui insistait sur la nécessité de l’intégration des informations des sens du toucher, proprioceptif et kinesthésique . Michaels ( 2002) a plus tard trouvé que les enfants atteints de dyslexie, dyspraxie ou ADHD avaient plus de risques d’avoir une mauvaise intégration sensorielle que les autres.

Quoique ces travaux ne concernent pas des enfants sourds-aveugles, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant d’examiner le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles, en recherchant si, chez les enfants chez qui ces sens sont insuffisamment développés, cela entraîne un dysfonctionnement de l’intégration sensorielle.

Cette idée a été confortée lorsque j’ai eu la chance de travailler avec David Brown (alors directeur du Centre familial de Sense à Ealing), et que je me suis occupée d’une petite fille atteinte du syndrome de CHARGE. On pensait que cette enfant avait des difficultés à développer ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire et à intégrer les informations sensorielles reçues. David suggéra que nous appliquions un programme thérapeutique d’intégration sensorielle. Cela s’est avéré un challenge très difficile et il nous fallait recourir aux conseils et à l’expertise d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute ayant une formation spéciale dans ce domaine. Finalement, nous en avons trouvé un et un programme individuel a été établi avec des effets positifs immédiats.

Le succès de cette méthode m’a encouragée à étudier plus avant le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles et à examiner les conséquences possibles sur l’apprentissage pour l’enfant éprouvant des difficultés dans ces domaines.

Etude de cas

Joshua

J’ai d’abord rencontré Joshua à la maison, et les observations suivantes ont été faites sur 3 mois :

On a introduit des jeux avec des grands mouvements (ex. se balancer et sauter) que Joshua appréciait vraiment, et sauter est devenu l’activité que Joshua réclamait en attrapant les mains de l’adulte ( presque sans fin). Après un trimestre à l’école, il y a eu peu de changement dans son comportement et seulement des progrès limités.

On a consulté un kinésithérapeute. Finalement, l ‘école a payé un thérapeute privé pour travailler avec Joshua, car ceux qui travaillaient déjà à l’école avec les enfants n’avaient pas la formation spécialisée voulue. On a remarqué que Joshua avait des difficultés dans un certain nombre de domaines liés à ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire.

Un programme d’intégration sensorielle a été établi et appliqué pendant huit sessions par semaine.

Au bout de six semaines, de nombreuses nouvelles compétences sont apparues, dont :

Harry

Harry est un petit garçon atteint du syndrome de CHARGE. Il a une perte auditive profonde, un glaucome, et est considéré comme malvoyant. Il a une trachéotomie et des problèmes de santé continus. En conséquence, il a une aide médicale à plein temps à l’école.

A cause de longues périodes d’hospitalisation, Harry n’a pas été envoyé à l’équipe spécialisée pour une action concernant ses besoins sensoriels jusqu’à ce qu’il arrive à l’école à l’âge de 4 ans.

Petit à petit, les observations d’Harry ont montré que :

L’éducateur d’Harry avait d’abord suggéré que ces comportements signifiaient juste qu’il était vilain et voulait attirer l’attention. Cette interprétation du comportement d’Harry a été révisée et on a suggéré que ces comportements ( bien qu’ils soient socialement inacceptables) étaient des tentatives d’Harry pour obtenir des informations de son environnement. Cette opinion s’appuyait sur l’observation que Harry pinçait les jouets et les objets qu’on lui donnait, et pas seulement les gens.

Un travail de compression des articulations a commencé sous la direction d’un ergothérapeute ( se spécialisant en travail d’intégration sensorielle) et après le seconde session, Harry a commencé à initier ces activités lui-même. Lorsque ces activités ont été entreprises, Harry a nettement moins pincé et griffé après pendant un certain temps. On le sentait aussi plus heureux, souriant et prêt à avoir des rapports avec les autres. A la fin de la seconde session, Harry à imité le signe " au revoir ", comportement qu’on n’avait pas observé auparavant. Un programme d’intégration sensorielle plus détaillé est établi maintenant avec l’ergothérapeute.

Sarah

Sarah est une petite fille qui a subi des lésions cérébrales dans un accident. Elle a maintenant une cécité corticale et une perte auditive modérée. Sarah est souvent très angoissée quand on la touche et elle est plus heureuse quand on la laisse couchée sur le sol. Il y a très peu de mouvements du corps.

Des activités de mouvements modérées ont été entreprises pour contrôler l’usage de son sens vestibulaire. Les mouvements de côté étaient régulièrement tolérés, mais Sarah est devenue angoissée à chaque fois qu’on introduisait des mouvements vers l’avant ou vers l’arrière. Cela a amené à poser la question de comment il valait mieux soulever Sarah ou la reposer afin qu’elle ne s’angoisse pas. Il a été convenu que :

Ceci a été appliqué régulièrement par tous ceux qui travaillaient avec Sarah et il y a eu une amélioration presque immédiate de la capacité de Sarh à tolérer qu’on la touche. Par suite, ses parents ont pu la mettre en position pour d’autres activités sans qu’elle ne devienne angoissée.

Un programme d’intégration sensorielle utilisant un gros ballon de kinésithérapie a été établi , pour travailler sur :

Ce programme a été appliqué régulièrement et après environ six semaines, Sarah a commencé à se servir de ses jambes plus intentionnellement. Une boîte " Be-Active " noire et blanche a été introduite et Sarah est devenue capable de passer volontiers jusqu’à vingt minutes dans cet environnement, en se servant de ses jambes pour activer les objets sonores suspendus au plafond de la boîte. Les mouvements intentionnels des jambes se sont accrus et ont été utilisés pour développer des jeux simples de cause à effet. Cela a maintenant abouti à ce que Sarah fasse la tâche simple d’allumer et d’éteindre en se servant de ses pieds pour activer l’interrupteur.

Conclusion

Ces enfants et d’autres m’ont montré que les enfants qui peuvent avoir besoin de soutien dans ce domaine pouvaient présenter les caractères suivants:

Je pense qu’il est nécessaire de se concentrer sur ces aspects du développement sensoriel.

Ces enfants m’ont appris que jusqu’à ce qu’ils soient :

il y a peu de chances qu’ils puissent efficacement utiliser leur corps pour avoir des rapports avec leur environnement ou agir sur celui-ci et apprendre.

Maintenant je reconnais encore plus l’importance d’identifier ces enfants qui ont d’importants dysfonctionnements sensoriels et ont besoin de soutien pour favoriser le développement et l’intégration de ces sens sous-jacents.

Il semble que jusqu ‘à ce que ces sens soient établis ces enfants aient des difficultés à intégrer effectivement les informations sensorielles reçues de tous les autres canaux sensoriels et à y répondre positivement.

OBJETS DE REFERENCE.....  OBJETS DE CONVERSATION

Les origines et le développement des objets de référence en Europe

Marleen Janssen, Section Sourds-Aveugles, Instituut voor Doven, Hollande

Dans cet article, Marleen Janssen examine brièvement l’histoire des méthodes de communication pour les sourds-aveugles dans le passé puis se concentre sur les méthodes qui ont inspiré l’équipe de l’Instituut voor Doven dans son travail, passé et présent, pour aboutir à une prestation spécialisée. Elle parle des personnes et des méthodes qu’elles ont utilisées pour aider à la communication et comment on a utilisé les objets de référence pour développer des conversations avec les enfants sourds-aveugles. Marleen donne beaucoup d’exemples pratiques et souligne l’importance de l’application appropriée de la méthodologie dans la vie quotidienne.

Conversations avec les sourds-aveugles au temps jadis

C’est fascinant de voir tout ce qu’on connaissait déjà sur les méthodes de communication pour les sourds-aveugles il y a une centaine d’années ( Lenderink, 1907). Les rapports sur les sourds-aveugles célèbres nous disent que les conversations avec eux se faisaient en utilisant diverses méthodes dont la dactylologie dans la main, la méthode Tadoma, les signes tactiles et une combinaison de toutes.

Nous connaissons l’histoire des réussites de ces sourds-aveugles célèbres. Mais comment cela se passait-il avant qu’ils ne soient capables de communiquer à un niveau symbolique, en d’autres termes avant qu’ils ne maîtrisent ces formes de communication – systèmes de symboles ?

James Mitchell, fils d’un pasteur protestant écossais, né en 1795, était l’un des rares enfants sourds-aveugles reconnus alors, chez qui la double perte sensorielle était congénitale. Il diffère en cela des enfants sourds-aveugles que j’ai cités plus haut, dont le double handicap sensoriel a été acquis lorsqu’ils ont commencé à grandir. Ceci fait une grosse différence pour le développement de la communication.

De naissance, James Mitchell était totalement sourd, mais avait des restes visuels. La cataracte affectant ses yeux lui permettait de distinguer un certain nombre de couleurs. Il avait un sens de l’odorat et un sens du toucher extrêmement bien développés. Sa communication était limitée, mais efficace, comme vous allez le voir dans l’exemple suivant. Lorsque quelqu’un entrait dans la pièce, il le savait immédiatement à l’odeur, et cela le menait à l’endroit où l’étranger se tenait, et le visiteur faisait immédiatement l’objet d’une exploration tactile. Il se servait de son sens du toucher pour découvrir si l’étranger portait ou non des bottes. James aimait passionnément les chevaux, et les bottes lui indiquaient si le visiteur partageait son intérêt.

La colère, la joie et la tristesse s’observaient clairement chez James ; il montrait ces émotions en émettant des sons discordants, de forts éclats de rire et en pleurant (Lenderink, 1907, p. 83-87 ).

Grâce à ces personnes et aux études de leur cas, nous avons quelques indications sur la manière dont les éducateurs de cette époque s’efforçaient d’engager le dialogue avec les sourds-aveugles et de leur donner un langage pour décrire les événements quotidiens.

La méthode " conversationnelle " du Dr. Van Uden

La tâche de Jan Van Dijk au début des années 60 était également difficile : offrir aux enfants sourds-aveugles congénitaux une bonne éducation et une bonne instruction dans la nouvelle section spécialisée qui devait s’ouvrir à Sint-Michielsgestel. En peu de temps, 13 enfants sourds-aveugles y ont été admis. Jan avait une formation de professeur pour sourds et d’éducateur spécialisé. Pour pouvoir assumer son nouveau rôle, il a étudié les diverses méthodes qui avaient été mises au point pour les sourds-aveugles dans d’autres pays. Il a passé quelque temps à Perkins à Boston et s’est familiarisé avec les méthodes utilisées là-bas.

Il a observé la " méthode d’identification " appliquée par Howe avec Laura Bridgman. La communication était apprise par le modèle stimulus-réponse, l’éducateur étant toujours celui qui nommait les objets . Par exemple, l’éducateur met un ballon dans la main de l’enfant et dit " ballon ". Ou bien l’éducateur montre à l’enfant une image sous laquelle l’enfant doit placer un mot écrit.

Jan Van Dijk a aussi étudié les méthodes utilisées dans l’ex Union Soviétique par Sokolansky et Meshcheryakov. Il a appris combien il est important de créer des opportunités et de donner aux enfants suffisamment de possibilités de construire des représentations du monde qui les entoure et d’implanter ces images dans leur mémoire (Meshcheryakov, 1979 ; Enerstvedt, 1996).

Mais la plus grande source d’inspiration pour Jan Van Dijk reste la " méthode conversationnelle " du Dr. Van Uden, à laquelle Jan avait été formé en tant que professeur pour sourds, tout comme mes propres prédécesseurs. L’essence de cette méthode est l’approche centrée sur l’enfant de la " conversation ". Van Uden a élaboré la méthode de " saisir et jouer un double rôle ".

Cette méthode peut être définie comme une méthode didactique naturelle qui est aussi employée par les mères avec leurs jeunes enfants : la mère " saisit " les énoncés de l’enfant en les répétant avec les bons mots et dans le bon ordre, et ensuite ajoute sa propre contribution. Elle le fait dans des situations naturelles à des moments où l’enfant est motivé et attend ses réponses. Van Uden (1977) donne beaucoup d’exemples de ces moments de conversation, par exemple :

La mère s’approche du berceau, attirée par les sons que produit son bébé. Le bébé se met immédiatement à bouger les bras, les jambes, et les traits du visage, moitié pleurant, moitié riant. La mère comprend ces mouvements expressifs, ces expressions non-verbales de " langage corporel " et dit " Tu as faim ? Viens là, mon chéri ".

Ces deux phrases représentent une conversation : la première phrase contient les mots que le bébé aurait prononcés s’il avait su parler : " j’ai faim ", verbalisés par la mère dans " Tu as faim ? ". La deuxième phrase est la contribution de la mère à la conversation : " Viens là mon chéri ". L’enfant ne comprend pas encore cette deuxième phrase, mais la mère se fait comprendre par ses actes : elle sort l’enfant de son berceau. De cette façon, l’enfant en viendra rapidement à comprendre ce que l’expression " viens là " veut dire et , par exemple, il va tendre les bras en entendant ces mots ( Van Uden, 1979, p.3). La méthode est fondée sur une approche anticipatoire, s’appuyant sur la motivation de l’enfant ; comme l’enfant est motivé, il a des attentes quant à la réaction de sa mère . La répétition et la prévisibilité dans la routine quotidienne jouent ici un rôle important.

Ensuite, un instrument de soutien important dans cette méthode est le rappel des moments de conversation par le dessin et l’écriture. L’art consiste toujours à rappeler les éléments les plus caractéristiques, ceux qui ont fait le plus d’impression sur l’enfant, et ensuite de fournir le langage pour ces éléments ( Van Uden, 1979).

Formation des symboles dans la méthode Van Dijk

Fonction symbolique

Jan Van Dijk a mis au point une méthode de communication pour les enfants sourds-aveugles dans laquelle prendre conscience de la fonction symbolique est considéré comme un processus crucial, analogue au développement des enfants non handicapés. La fonction symbolique sépare la pensée de l’action concrète et permet à l’enfant d’évoquer les représentations intériorisées des choses, gens et événements lorsqu’ils ne sont pas présents. L’enfant découvre que ces représentations peuvent être nommées par un mot ou un geste.

Chez les enfants sourds-aveugles congénitaux, le processus de la prise de conscience de la signification des symboles peut prendre de nombreuses années. La méthode Van Dijk est basée sur l’idée que la formation des symboles doit se faire dans un contexte social naturel, dans lequel l’initiative appartient à l’enfant.

Dans le développement du comportement symbolique il est important à tous moments d’essayer de répondre à la sphère d’intérêt de l’enfant, d’essayer de créer des moments de conversation en prenant comme point de départ les signes personnels de l’enfant.

Comme Werner et Kaplan (1963), Jan Van Dijk croit que ces signaux doivent initialement avoir quelque chose en commun avec l’objet auquel ils se réfèrent, par exemple faire un cercle avec le bras pour signifier " bicyclette ", ou baisser et monter le haut du corps pour signifier " balançoire ". Le point essentiel est de permettre à l’enfant de découvrir les relations par lui-même. Comme à ce niveau nous avons des symboles faisant appel à des compétences motrices, il est important de bien apprendre à se servir du corps.

L’importance de désigner et de faire référence

En plus du développement des gestes naturels, la formation des symboles est aussi encouragée, permettant à l’enfant de faire des références. Au cours de leur communication, et en particulier quand ils utilisent des mots ou des gestes, les partenaires d’une conversation font référence à des choses sur lesquelles ils ont des connaissances communes. Par exemple, le mot " table " renvoie à une représentation dans l’esprit des deux partenaires. Le mot renvoie à quelque chose qui n’est pas présent à ce moment : c’est un substitut . On peut appeler cela une référence représentative.

Désigner est une préparation à cette fonction référentielle du mot. Un jeune enfant montre du doigt une photographie sur le mur et commence à babiller ; la mère de l’enfant suit le doigt et dit : " Oui, c’est grand-père ". Le comportement du jeune enfant doit être vu comme une désignation. Par exemple, quand l’enfant ramasse un objet, le soulève et veut que l’autre personne le regarde. Lorsque les gens désignent quelque chose, ils sortent d’eux-mêmes et font appel à l’autre personne.

Comme désigner du doigt peut être considéré  comme une extension de regarder quelque chose, cela s’observe rarement chez les handicapés visuels. Cette fonction est remplacée, par exemple, par un léger tapotement sur une chose, comme une assiette, et ensuite un tapotement sur l’enfant à qui l’assiette est destinée. Cette action revient à dire : " cette assiette est pour Peter ". Un autre exemple peut être d’abord un tapotement sur le corps de l’enfant puis un tapotement sur le sien, comme manière de dire : " toi et moi ensemble ". On n’utilise pas de mots. Les mots remplacent une certaine notion ; pas l’acte de désigner . Bien que la désignation fasse référence à une chose, il ne la remplace pas (référence non représentative).

Il est clair que l’utilisation d’objets de référence est une extension de la désignation.

Objets de référence

Quand un enfant, après des expériences répétées, commence à réussir à former une représentation de la manière dont certaines activités se font, certains objets qui sont ( ou sont devenus) les plus caractéristiques pour l’enfant, peuvent acquérir une fonction référentielle.

Par exemple, quand on lui présente une certaine timbale à une certaine heure tous les jours, l’enfant évoquera la représentation de " Je vais boire " quand on lui présentera la timbale. Dans cette situation, la timbale renvoie à " boire ".

Une fois que l’enfant a conscience de la fonction référentielle d’un objet, on peut lui apprendre à faire référence à l’activité en question en prenant l’objet, ou en utilisant une forme schématisée de celui-ci. Les objets de référence schématisés peuvent être des objets miniatures ou " une partie du tout ". Si l’enfant veut faire du vélo et que le vélo n’est pas à proximité, on peut lui donner la possibilité de faire référence à cette activité en montrant un " morceau d’un vélo ", par exemple la clé du cadenas du vélo.

L’importance des objets de référence

On ne saurait trop insister sur l’importance de ces objets de référence . Ils donnent à l’enfant sans langage la possibilité d’exprimer activement ses désirs ; l’enfant totalement aveugle le fait à l’aide de symboles " tactiles ", tandis que l’enfant ayant des restes visuels utilise des dessins des objets, par exemple un " livre de référence ".

En utilisant ces objets de référence, les expériences peuvent être enregistrées dans des calendriers et cahiers de conversation. Les objets de référence apportent quelque chose de tangible – un moyen concret de parler des expériences et des événements. Enregistrer les événements donne à l’enfant la possibilité d’attendre un événement agréable, par exemple. L’enfant peut aussi exprimer des désirs en ce qui concerne l’avenir, tout comme il peut revenir sur des événements du passé. On donne ainsi à l’enfant sourd-aveugle une possibilité de devenir une personne avec un présent, un passé et un avenir.

Du signal au symbole

Les objets de référence peuvent se transformer en véritables symboles s’ils en viennent à fonctionner de plus en plus dans des situations différentes ( décontextualisation). Par exemple, la timbale n’est plus seulement l’objet qui est utilisé le matin et l’après-midi, mais c’est aussi un objet utilisé par les autres membres du groupe de l’enfant , qui peut être acheté dans un magasin, qui peut avoir différentes formes et couleurs, qu’on lave après usage, et dont on peut parler :  " Quand achèteras-tu une nouvelle timbale ? ". En utilisant l’objet de référence dans la conversation de toutes sortes de manières, souvent en combinaison avec les gestes ou la parole, l’enfant abandonne l’idée qu’un objet de référence doit toujours conduire à une action particulière, mais arrive à réaliser que l’objet de référence peut permettre de donner un nom aux choses, par exemple : " Ceci est une voiture ". L’enfant intériorise cela et se rend compte qu’on peut donner un nom à tout. Ainsi, il est possible pour l’enfant de se détacher du monde purement pragmatique.

Un système de symboles

Une fois que l’enfant a découvert qu’on peut participer aux mondes d’action et de pensée des autres, le besoin de le faire systématiquement apparaît. Il faut choisir un système de langage. Pour les enfants sourds et sourds-aveugles, l’évolution vers la langue des signes est le choix évident. Cependant, pour certains enfants sourds-aveugles, il est possible de combiner leurs propres gestes avec des symboles tactiles et le Braille, et aussi avec la dactylologie ou l’écriture ( Van Dijk, 1965 ; 1967 ;Van Dijk et Janssen, 1993 ; Van den Tillart, Janssen & Visser, 2000).

Objets de référence dans la conversation de tous les jours

Dans les années 1970, mon collègue et prédécesseur Mary Rose Jurgens décrivait les importantes fonctions des objets de référence comme étant :

La caractérisation des expériences se fait en choisissant un détail caractéristique, en prenant comme point de départ les intérêts de l’enfant ; ceci signifie que le détail caractéristique peut varier fortement d’un enfant à l’autre.

Au début des années 80, des systèmes toujours plus perfectionnés étaient utilisés avec les enfants individuellement. J’ai commencé mon travail dans la section sourds-aveugles en schématisant des objets de référence tactiles pour un enfant aveugle avec du papier en relief. ( Janssen, 1984).

Evolution de 1980 à nos jours

Au début des années 80, le nombre d’enfants sourds-aveugles dans notre section avait atteint 35. Nous avions développé toutes sortes de systèmes de communication différentiés sur la base des intérêts et des capacités des différents enfants. La conversation était toujours au centre de ces méthodes, et les objets de référence jouaient un rôle de soutien pour provoquer et soutenir la conversation.

Au milieu et vers la fin des années 80, l’usage d’objets de référence était de plus en plus établi, non seulement pour les sourds-aveugles, mais aussi pour d’autres groupes d’enfants et d’adultes plurihandicapés.

Recherches dans le domaine

En 1989 Charity Rowland et Philip Schweigert ont étudié l’utilisation de systèmes de symboles conceptuellement concrets avec les sourds-aveugles. Leurs études ont montré que les objets de référence étaient extrêmement utiles pour les sourds-aveugles qui ne parlaient pas. L’utilisation d’objets de référence est décrite dans beaucoup de publications dans le cadre des " boîtes d’activités ", " rayons d’anticipation ", " systèmes de calendriers ", et s’adresse souvent à des individus sourds-aveugles. Un certain nombre de systèmes de communication augmentée ou alternative ( AAC) ont été mis au point pour être utilisés avec des individus ne parlant pas depuis le milieu des années 80. Ils ont été soigneusement passés en revue par Beukelman et Mirenda (1998) et au Royaume-Uni par Park (1997). Beaucoup de ces systèmes de symboles nécessitent des compétences cognitives assez bien développées ainsi qu’une bonne acuité visuelle.

Récemment, Rowland et Schweigert (2000) ont montré que les objets de référence sont utiles aussi pour des individus ayant une plus large gamme de handicaps : retard mental sévère, anomalies du développement, autisme ou troubles généralisés du développement, handicap visuel sévère, handicap orthopédique sévère, handicaps multiples et surdicécité. Ils ont aussi démontré que des objets de référence tangibles peuvent servir de passerelle vers d’autres systèmes de symboles, y compris les systèmes abstraits ( comme la parole ou la langue des signes) et qu’apprendre à utiliser des symboles tangibles ne gêne pas l’acquisition de la parole.

Application : retour à la case départ

Dans notre section pour sourds-aveugles, depuis 1990 nous avons assisté à une évolution qui correspond aux évolutions qui ont eu lieu ailleurs. Notre section a doublé en nombre (65 enfants maintenant), et nous avons donc beaucoup de nouveau personnel. L’utilisation d’objets de référence, comme l’usage d’autres formes de communication, a exigé standardisation, enregistrement précis et transmission aux nouveaux membres de l’équipe. Nous avons acheté de beaux coffrets de communication en 1993, qui contenaient des matériels standardisés, mais qui pouvaient être adaptés à chaque enfant. L’inconvénient était que nous ne pouvions pas fournir aux nouveaux venus la supervision adéquate et le soutien à l’initiation selon les principes originaux rappelés ici. Les conséquences furent que:

Nous en avons donc tiré les leçons....

Donc en conclusion, je voudrais insister sur le fait que cela ne vaut la peine d’utiliser des objets de référence que si les éducateurs ( parents, professeurs, familles d’accueil et autres personnes prenant part à l’éducation de l’enfant) sont bien conscients des diverses fonctions des objets de référence et savent comment les utiliser. Pour nous, cela voulait dire " retourner à la case départ " en ce qui concerne l’application : expliquer comment les objets de référence devaient être utilisés dans le contexte des conversations de tous les jours. Un bon soutien à la communication et aux interactions et une formation adéquate des éducateurs se sont avérés une condition nécessaire (Janssen, 2001,2002 ; Van den Tillaart, 2001) pour obtenir l’impact mérité.

(Cet article a été élaboré à partir d’une conférence donnée à l’université de Birmingham , faculté d’éducation, 20 juin 2002)

Promenade en Russie.... est-ce juste un loisir?

Depuis la fondation du Forum d’Usher, nous avons décidé de créer des services à la fois pour les sourds-aveugles d’âges divers et pour les familles de sourds-aveugles. Notre organisation a presque 5 ans et nous essayons de développer notre programme de loisirs.

Le programme de loisirs comprend trois directions de travail :

Il se tient une ou deux fois par mois et est ouvert à tous les sourds-aveugles ou membres des familles. En outre, chacun peut y inviter des amis ou qui il veut.

traditionnellement ( nous avons déjà nos traditions !) nous célébrons les anniversaires et faisons des fêtes pour le nouvel an et le printemps avec des compétitions, des jeux, où l’on s’amuse beaucoup.

Je vais les raconter en détail. Chaque excursion a différents objectifs . Je vais en indiquer quelques uns. Le plus évident, c’est de visiter un endroit intéressant.

Etre seul, avoir des problèmes de mobilité ou être trop occupé dans la vie( dans le cas des membres des familles) créée de gros problèmes pour visiter les nombreux centres historiques , culturels et musées situés à Moscou et dans la région. Les sourds-aveugles ont des problèmes de communication, de guides et interprètes ( nous n’avons pas de services d’interprétation pour sourds-aveugles en Russie pour l’instant). Aussi, des guides-interprètes bénévoles aident les gens à visiter ces lieux intéressants.

Un autre est que cette visite représente un véritable événement dans leur vie. C’est ce que nous voulons vraiment apporter à tous les participants à nos excursions. La plupart des sourds-aveugles et leurs familles nous disent que c’est un gros problème pour eux de ne pas avoir d’événements intéressants dans leurs vies monotones.

Les sourds-aveugles et leurs familles trouvent qu’ils n’ont pas d’histoires à raconter à leurs amis. Ceci entraîne le rétrécissement du cercle de communication autour d’une personne sourde-aveugle et des familles avec un membre sourd-aveugle. Aussi, participer à un véritable événement donne une bonne occasion d’apporter du contenu aux futures conversations avec ses pairs et collègues.

Les participants à nos excursions sont surtout des adultes devenus sourds-aveugles. Ils avaient l’habitude de mener une vie beaucoup plus active et avaient beaucoup plus d’opportunités de loisirs. La surdicécité ferme pratiquement la porte à la culture et pas seulement à cause de la baisse de la vue et/ou de l’ouïe. La situation financière dans une de ces familles devient en général très difficile dans notre pays et il est leur est difficile de se permettre d’aller quelque part. Le but du programme loisirs est de les ramener à une vie normale ( en un sens). Beaucoup de gens visitent les musées le samedi et le dimanche. Nous faisons la même chose que les autres.

Les sourds-aveugles que nous avons interrogés ont insisté sur le fait que nos excursions leur donnaient la possibilité de continuer à apprendre :

" J’aime aller avec vous. J’aime apprendre des choses nouvelles " ( Elena S.)

" J’aime lire les écrivains russes. Ce serait bien de visiter les musées d’écrivains russes " (Julia L.)

" Quand j’étais écolière, je détestais aller dans les musées. J’avais des problèmes de mobilité mais personne ne voulait m’attendre et j’avais besoin de plus de temps pour tout voir. A chaque fois, je me perdais. J’aime bien aller avec Usher Forum parce que je n’ai pas peur de me perdre avec vous et vous me donnez assez de temps pour tout " (Elena S.)

Pour certains sourds-aveugles, ces excursions du programme loisirs sont devenues un retour au temps où ils avaient une bonne vision et une bonne audition. Pour la plupart, ce n’est pas du tout une rencontre douloureuse avec le passé.

" Bien que je sois venue ici quand j’étais plus jeune, c’était un plaisir de revenir à un endroit que j’ai aimé visiter quand j’étais jeune et belle " ( Nataly K.)

Pour les familles de sourds-aveugles, nous avons d’autres objectifs. D’abord, nous offrons la possibilité de rencontrer différents sourds-aveugles et de voir qu’il est possible de survivre dans une telle situation ; et ensuite, qu’il y a différentes méthodes de communication qu’on peut utiliser avec les sourds-aveugles.

Dans le programme de loisirs, il est très fréquent que lorsqu’une mère sourde-aveugle ne peut pas venir avec nous, sa fille voyante et entendante et son mari viennent avec nous à sa place. Les enfants voyants et entendants de personnes sourdes-aveugles participent souvent ; les mères et grand’mères, leurs amis et parents – nous nous connaissons tous ! Le hasard d’une excursion donne une bonne opportunité d’être inclus dans le groupe ou de rester en dehors du groupe mais de garder un oeil sur lui. A notre avis, encourager le mélange de gens différents créée une base positive pour accepter les problèmes.

Ces excursions signifient que les parents ont la rare possibilité de prendre un vrai repos, cette pause dont ils rêvent constamment. A de rares occasions, au cours d’un récent voyage, les mères ont pu se relaxer vraiment. L’une d’elles a souri et dit : " Je ne sais même pas où G. est en ce moment ! je sais seulement que je n’ai pas à m’inquiéter pour lui ici – il n’est pas tout seul ici. Il est en sécurité. ( Ella A.). Une autre mère était assise toute seule sur le bateau et regardait défiler les arbres sur l’autre rive. Je lui ai demandé : "  Vous ne vous sentez pas seule ? " . "  Non merci, je me repose ! " ( Lilia H.).

Enfin, je veux vous parler de notre voyage de fin d’année. Traditionnellement, nous terminons la saison par une excursion plus lointaine. Cette année, nous sommes allés à New Jérusalem , un centre historique et culturel à 75 km à l’ouest de Moscou. Un monastère du 17e siècle a été construit sur le modèle de Jérusalem pour que les chrétiens russes puissent visiter les monuments religieux importants – en Russie. Lorsque nous l’avons visité, c’était le premier jour de l’été et le temps était beau et clair. Il y avait beaucoup de nouveaux participants dans le groupe. Victoria a un syndrome d’Usher type 2. Sa famille nous avait découverts en février, mais Victoria ne voulait pas venir au club loisirs ou à nos fêtes. Mais cette fois Victoria, sa mère et sa tante sont venues avec nous. Nous étions heureux. Galina G., la mère de Victoria, nous a dit : "  Ma fille est restée à la maison pendant 4 ans. Elle ne voulait aller nulle part. Ici nous avons vu pour la première fois qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher pouvait rencontrer d’autres gens et continuer d’apprendre des choses sur le monde. "

Irene Salomatina, Usher Forum, Moscou, Russie.
rv@child.ru
ivsal@mail.ru

Inspiration et travail acharné aboutissent à une unité spécialisée pour l’éducation des enfants sourds-aveugles en Grèce

La création de la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en Grèce est un rêve devenu réalité. Les luttes de l’association des parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles ont été fructueuses car le ministère de l’éducation, sous la direction du directeur de l’éducation spéciale, a créé la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en coopération avec le centre d’éducation et de rééducation des aveugles ( K.E.A.T.). L’unité ouvrira dans les locaux modernes du K.E.A.T. en novembre 2002.

Le processus de création de cette unité a commencé il y a 15 ans, lorsque Mme Argyro Raptou , professeur au K.E.A.T. , a entendu parler de Kosmas, un enfant sourd-aveugle né avec des restes visuels et des restes auditifs. Kosmas avait été abandonné par sa famille et avait été pris en charge par une institution d’état responsable de l’éducation des enfants abandonnés atteints de handicaps multiples. Mme Raptou a contacté son amie Calliope Karanikola qui, jusqu’alors , avait consacré sa vie à un travail de missionnaire dans divers pays d’Afrique et d’Asie. Calliope Karanikola a décidé de parrainer Kosmas , et en même temps elle a commencé à se battre pour son éducation. En même temps, elles ont découvert d’autres enfants avec des problèmes analogues et sont entrées en contact avec le psychologue français Jacques Souriau. L’aide de Jacques a été très précieuse, premièrement par les conseils pédagogiques qu’il a donnés, deuxièmement par l’aide qu’il a apportée aux parents, tuteurs et professionnels qui travaillaient avec ces enfants . De plus, un programme de formation interne pour la spécialisation des professionnels du K.E.A.T. a commencé par des visites aux unités pour sourds-aveugles en Europe et en Amérique. A la suite de l’inscription de trois enfants sourds-aveugles dans la section maternelle du K.E.A.T. , et afin de répondre à la nécessité d’une meilleure information des professionnels travaillant avec les enfants sourds-aveugles et de se tenir au courant des derniers développements dans ce domaine, des programmes de formation internes ont été introduits. Deux professionnels du K.E.A.T. y ont participé . Cette équipe de professionnels composait le noyau central de l’association des parents, tuteurs et amis des enfants sourds-aveugles. La première présidente de l’association était Calliope Karanikola. L’étape suivante fut l’objectif de l’association d’établir une unité pour l’éducation des enfants sourds-aveugles et de faire reconnaître cette unité comme une section éducative indépendante.

Jusqu’à maintenant, les enfants sourds-aveugles en Grèce ont été accueillis soit par COMMUNICATION – une unité pour enfants aveugles avec handicaps associés – ou par le K.E.A.T. ou par d’autres unités s’occupant d’enfants avec d’autres handicaps associés. Le " Phare pour les aveugles de Grèce " a adopté l’idée d’une unité pour enfants sourds-aveugles dès le début, non seulement en fournissant les locaux pour l’association, mais aussi en fournissant les locaux pour le programme d’activités créatives des enfants. Le rêve de Calliope Karanikola était non seulement de voir la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles, mais aussi la création de centres de réadaptation pour les personnes sourdes-aveugles. Kosmas grandissait , et comme elle croyait à la réussite de ses projets, elle a parrainé un second enfant appelé Apostolos. L’association bénéficiait du soutien de beaucoup de spécialistes internationaux , y compris DbI et EDbN, pour son projet d’unité pour sourds-aveugles. Le résultat de cette coopération fut l’organisation d’une série de séminaires sur des thèmes concernant les sourds-aveugles, sous le patronage du K.E.A.T. , comprenant cinq séminaires de deux ou trois jours, d’une durée totale de 60 heures. 95 spécialistes – éducateurs, musicothérapeutes, ergothérapeutes, et kinésithérapeutes, moniteurs de mobilité et parents – ont assisté à ces séminaires. L’objectif de ces séminaires était de créer un réseau de professionnels capables de répondre aux besoins de soutien des enfants sourds-aveugles dans divers domaines. Les séminaires ont été organisés avec l’aide de William Green (Lega del Filo d’Oro), qui en a assuré la coordination.

Les conférenciers invités en Grèce étaient des experts dans leur domaine et venaient de différents pays. Ils ont répondu à l’invitation avec enthousiasme et ont donné leurs conférences gratuitement. Ils ont aussi donné des conseils pour l’établissement de l’unité elle-même. Les invités d’honneur étaient : William Green ( Lega del Filo d’Oro), Tony Best (Sense), Jacques Souriau (CRESAM), Inger Rodbroe ( NUD – Dk), Dennis Lolli (Perkins), Emmanuela Storani (Lega del Filo d’Oro), Toula Matsa ( Association grecque des parents, tuteurs et amis d’enfants sourds-aveugles), Ursula Heinemann ( Autriche), Bernadette Kappen ( Overbrook School for the Blind), et Mary Guest (Sense).

M.Stratis Hatzicharalampus, sociologue et membre du conseil d’administration du K.E.A.T. , a joué un grand rôle dans l’organisation de ces séminaires et la création de l’unité elle-même. L’unité a eu aussi le soutien inconditionnel du président du K.E.A.T. , M.Andreas Kravaritis. Les séminaires se sont terminés en septembre 2002 et leur achèvement a pris un air de fête car il s’est accompagné de l’annonce officielle de la création de l’unité pour sourds-aveugles, en même temps que de la réunion des membres de DbI. La clôture des séminaires et la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles ont été saluées par un discours de M.Michael Collins , président de DbI, et de Kevin Lessard, directeur de Perkins School for the Blind.

L’unité pour sourds-aveugles démarrera avec 5 à 6 enfants et son programme pédagogique sera appliqué par 8 à 9 professionnels dans le cadre de la coopération entre le ministère de l’éducation et le ministère de la santé. L’équipe éducative se composera de : un psychologue, un musicothérapeute, un ergothérapeute et un kinésithérapeute ; un éducateur spécialisé ; un professeur d’école maternelle ; un moniteur de mobilité ; un aide-éducateur ; une infirmière extérieure et le personnel de ménage nécessaire. Les besoins des enfants vont certainement augmenter à l ‘avenir et l’objectif est de pouvoir accueillir tous les enfants . Le personnel continue sa formation dans le domaine de l’éducation spéciale en suivant des cours et des séminaires organisés par des associations étrangères. Dans le cadre de cette collaboration, l’un de nos ergothérapeutes, Georgia Pappa, suit actuellement le Perkins-Hilton Program à l’école Perkins.

Malheureusement, Calliope Karanikola, la femme qui a inspiré tant de gens en Grèce, n’est plus avec nous pour se réjouir du premier jour de Kosmas dans sa nouvelle école. Elle a quitté ce monde en janvier 2000.

Aujourd’hui Kosmas fait partie de la famille de Despina Mylona qui continue le difficile travail de Calliope Karanikola.

Menelaos Tsaoussis

CAUSE : un projet en marche

Nous avons déjà passé un an sur les 18 mois du projet CAUSE et nous pouvons constater que les divers éléments du projet commencent véritablement à se mettre en place.

CAUSE est financé par le Programme européen des maladies rares, et a pour but de promouvoir les travaux sur les syndromes de CHARGE et d’Usher en Europe. Ceci se fera par :

En octobre, en Italie, les partenaires du projet CAUSE ont tenu leur dernière réunion avant la conférence. Ils nous ont donné la possibilité de passer en revue le projet jusqu’à ce jour et de planifier les détails de la conférence et des informations que doit produire le projet.

Aux précédentes réunions, les divers représentants ont parlé en sous-groupes des aspects spécifiques du projet concernant Usher et CHARGE. Le sous-groupe CHARGE a employé son temps à écrire deux des notices d’information qui paraîtront finalement dans le dossier du projet CAUSE. Le sous-groupe Usher s’est consacré au programme de la conférence.

CAUSE va développer l’information sur Usher et CHARGE. Les partenaires ont identifié les grands groupes cibles qui recevront les informations et les participants au projet vont produire des informations accessibles, adaptées à l’utilisateur, pour répondre aux besoins de ces groupes. Nous avons l’intention de produire non seulement un rapport écrit sur les deux études, mais aussi une vidéo d’interviews de personnes ayant participé à ces études. La notice d’information sur les effets fonctionnels du syndrome d’Usher sera basée, par exemple, sur des études de cas dans lesquelles nous espérons que les personnes atteintes de la maladie se retrouveront. La notice sur les ressources sera basée sur les résultats de l’enquête sur les conditions de vie avec le syndrome d’Usher ; en soulignant les services et les ressources que les gens atteints d’Usher trouvent les plus intéressants.

Au cours de leurs 3 réunions, les représentants des associations partenaires ont pris conscience des points forts et des manques de leurs propres ressources d’information. Notre objectif est de produire un dossier ressource qui comblera certains de ces manques, signalera les autres sources d’information et sera tout aussi intéressant et utile pour un professionnel travaillant avec des enfants atteints de CHARGE en Allemagne que pour une personne atteinte d’Usher en Espagne.

La conférence de CAUSE " S’adapter au changement "

Cette conférence rassemblera le réseau CHARGE et le réseau européen sur le syndrome d’Usher. Les deux thèmes de la conférence sont " S’adapter au changement ", dont Margaret de Feu, Royaume-Uni, donnera les détails dans son discours d’ouverture, et " Identité et être " que Carol Brill-Oran, membre du EUSN d’Irlande, traitera de son point de vue personnel.

Nous sommes heureux de pouvoir confirmer que David Brown et Tim Hartshorne viendront des Etats-Unis. David présentera : " Intégration sensorielle : un défi particulier pour CHARGE " tandis que Tim présentera les résultats de l’étude de comportement sur CHARGE. Ce sera aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les récents développements de la recherche sur le syndrome d’Usher.

Le président de la conférence sera William Green, vice-président de DbI. Beaucoup d’intervenants et d’animateurs d’ateliers spécialistes d’Usher et de CHARGE participeront à la conférence. Il est prévu du temps pour les discussions et l’établissement de contacts. La conférence sera aussi l’occasion pour les réseaux d’envisager l’avenir. Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous en mars.

Conférence CAUSE
27 – 30 mars 2003
Hanover International Hotel, Hinckley, Leicestershire, Angleterre

Inscriptions
Tarif familles : 250€ par adulte et 85€ par enfant jusqu’à 2 enfants, gratuit au-dessus de 2.
Individuel : 400€

Pour informations complémentaires, s’adresser à :
 Liz Cook, Sense, 11-13 Clifton Terrace,Finsbury Park, London N4 3SR, UK. Email: lcook@sense.org.uk

Des gens extraordinaires:

Bob et Michelle Smithdas

Therese Madden Rose, Ph.D., est spécialiste de l’ aide technique au Consortium national de l’aide technique auprès du Helen Keller National Center, à Sands Point, New York, USA. Elle décrit ici les exploits de deux de ses collègues, Bob et Michelle Smithdas.

Depuis plus de 25 ans, l’équipe du Helen Keller National Center (HKNC) à Sands Point, New York, a eu le privilège d’assister à d’extraordinaires exploits accomplis par des gens extraordinaires. Beaucoup de sourds-aveugles de tout le pays viennent au Centre en tant qu’étudiants pour des stages de formation au cours desquels ils apprennent des compétences qui les aideront à s’adapter à la vie quotidienne. Plusieurs autres personnes sourdes-aveugles remarquables sont des professionnels dans notre équipe. Deux de ces personnes extraordinaires sont Bob et Michelle Smithdas.

Bob Smithdas est devenu célèbre lorsqu’il a passé non seulement une licence, mais aussi une maîtrise, et a continué jusqu’à quatre diplômes de doctorat à titre honorifique. Il est donc devenu le Dr Bob Smithdas. Mais l’histoire de sa vie commence bien avant cela. A l’âge de 4 ans ½ , il a contracté une méningite cérébro-spinale et a perdu la vue et pratiquement toute l’ouïe. Plus tard, il est devenu totalement sourd. Dans sa première autobiographie, " La vie au bout des doigts ", il notait : " incapable d’entendre le son de ma propre voix, je perdis progressivement toute sensibilité à la tonalité et aux accents qui donnent à la parole son caractère humain ". M.Smithdas m’a dit : " j’ai toujours été satisfait de trouver que je pouvais surmonter les obstacles de la surdicécité par moi-même, et les défis à relever étaient les choses qui me donnaient satisfaction parce que cela montrait que tout est possible jusqu’à ce qu’on prouve que c’est impossible ! . En plus, j’étais plutôt têtu quand j’étais enfant, et si on me disait que je ne pouvais pas faire quelque chose, j’essayais de prouver qu’on avait tort et que j’avais raison ".

Il l’a certainement fait de nombreuses fois. Nous avons tous profité de son entêtement, en particulier les sourds-aveugles. Avec Helen Keller et Peter Salmon, M.Smithdas a joué un rôle vital dans l’établissement aux USA de la législation autorisant la création du Helen Keller National Center pour les jeunes et adultes sourds-aveugles. A l’âge de 77 ans, il continue de travailler comme directeur de l’éducation sociale au HKNC. L’apparence quelquefois bourrue et farouche de Bob est contrebalancée par sa sensibilité poétique. Dans " Shared Beauty " (" Beauté partagée "), il notait : " Je l’appelle la vie, et ris de son enchantement. Bien que la vie elle-même soit hors de vue et d’ouïe. " . Outre " Shared Beauty ", Bob Smithdas est aussi l’auteur d’un autre recueil de poèmes : " City of the Heart " ( " La cité du coeur ").

Michelle Smithdas est née malentendante et est devenue totalement sourde à l’âge de 15 ans. Après un accident de motoneige durant sa 4e année à l’université de Gallaudet, elle a perdu la vue. Michelle a rencontré Bob lorsqu’elle est venue étudier au HKNC en 1972. Ils se sont mariés 3 ans après. Michelle est enseignante dans le département communications du Centre. Dans une interview publiée dans The Deaf American en 1976, Michelle dit qu’elle a appris de Bob le courage et la détermination. Toutefois, quand Michelle décida de se faire poser un implant cochléaire en 1994, Bob garda son opinion pour lui jusqu’à ce que sa décision ait été prise. Lorsque l’implant a été mis, le premier son qu’elle a entendu a été la voix de Bob. Michelle dit que l’expérience a été " passionnante ".

Comme beaucoup d’Américains, Bob a un garage plein d’outils électriques dont il se sert pour faire des réparations dans la maison qu’il possède avec Michelle. C’est aussi un cuisinier gourmet. Michelle est une excellente pâtissière.

La journaliste de la télévision américaine Barbara Walters parle de son interview de Bob et Michelle Smithdas comme de la plus mémorable de sa carrière. Dans le numéro " Power " de novembre 2001 du Ladies Home Journal, Barbara Walters désigne Michelle Smithdas comme la femme qui l’a le plus inspirée . Le 7 novembre 2001, Barbara Walters a remis le prix du HKNC pour l’œuvre de toute une vie au Dr Bob Smithdas.

Quelquefois, nous qui travaillons dans le domaine de la défense des handicapés, nous ne remarquons pas les exploits de nos collègues. A cause de gens comme Bob et Michelle Smithdas, des portes s’ouvrent dont on ne pouvait pas même s’approcher du temps d’Helen Keller. Cela est vraiment extraordinaire.

Merci Anneke !

A l’occasion du 4e séminaire du réseau surdicécité acquise en Suisse, Anneke Balder réfléchit sur son évolution au cours des années.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le réseau surdicécité acquise, je commencerai par une brève présentation. Nous avons commencé en 1989, petit groupe de professionnels isolés qui s’étaient rencontrés à une conférence européenne de l’IAEDB ( l’ancienne DbI). L’IAEDB était une organisation où les professeurs et éducateurs d’enfants sourds-aveugles se rencontraient lors de conférences et de sous-commissions. Les thèmes des conférences plénières et des ateliers dans les conférences étaient tous sur la surdicécité congénitale. Ce n’était pas surprenant parce que c’était le domaine prioritaire à cette époque. En 1989, il y a eu un léger changement lorsque quelques professionnels qui travaillaient avec des personnes devenues sourdes-aveugles se sont rencontrés à la conférence de Warwick ( Royaume-Uni). Je faisais partie de ce petit groupe et nous avons eu plusieurs discussions animées et quelquefois passionnées sur notre travail car nous étions pour la plupart des " lonesome cowboys " dans nos pays respectifs, qui devaient se battre, isolément, pour les gens devenus sourds-aveugles. Nous avons décidé de nous rencontrer régulièrement et notre premier acte " de guerre " fut de demander d’être reconnus officiellement en tant que sous-commission par l’IAEDB. Nous réussîmes et notre association est devenue réalité !

Comme nous n’étions ni plus ni moins que des professionnels isolés, le premier sujet de nos premières réunions fut comment joindre les autres professionnels isolés et comment les mettre en contact. L’idée d’organiser un séminaire était née ! Le premier fut organisé en 1994 en Hollande. Au programme étaient représentés différents aspects de la surdicécité acquise et la meilleure chose fut qu’après cela 60 professionnels isolés se sentirent moins isolés parce qu’ils avaient rencontré des gens ayant exactement les mêmes problèmes.

Deux ans après, à Poitiers ( France), nous avions un vrai thème : la Réglementation des Nations Unies pour les Handicapés. Trois sous-thèmes sur cette réglementation étaient le sujet du séminaire : accessibilité, rééducation et services de soutien. Il y a eu beaucoup de discussions sur les expériences et les idées sur ces sujets et beaucoup de participants ont eu le sentiment qu’ils n’étaient plus des cow-boys solitaires ! Il y a eu des projets de coopération. Pour nos collègues français, le séminaire fut un grand succès. Peu après, ils commencèrent un projet de centre de ressources pour la surdicécité acquise qui est déjà ouvert et qui marche.

Pour le 3e séminaire européen, la surdicécité des personnes âgées est devenue le thème des conférences. Le programme couvrait une grande variété de sujets. La plupart des participants sont repartis avec beaucoup d’inspiration, mais ils avaient aussi un sentiment d’impuissance parce que c’était un problème grandissant et non reconnu.

Nous sommes maintenant au début du 4e séminaire. Nous avons plus d’ambitions que jamais et il y a beaucoup de sujets qui nous interpellent :

Nous n’échouerons pas dans notre mission car nous espérons que ce séminaire apportera aux participants l’inspiration pour repartir avec des projets concrets de meilleurs services pour les personnes devenues sourdes-aveugles. Pour cela nous avons besoin de vous et de votre active contribution.

Je voudrais vous faire part de quelques remarques personnelles. Quand j’ai pris la responsabilité de faire ce discours d’ouverture, je ne m’imaginais pas que ce serait le dernier dans le monde des sourds-aveugles. Certains d’entre vous savent déjà que je vais quitter ce travail avec les sourds-aveugles pour relever un nouveau défi. Des gens m’ont demandé pourquoi j’avais pris cette décision. La réponse est qu’il y a eu des changements d’organisation qui font qu’il m’est impossible de continuer. Ces sortes de choses peuvent arriver.

Mais, dans tout ce changement, je voudrais laisser mon mot de la fin, que je vous laisse en héritage à tous : " Je souhaite que les sourds-aveugles et les professionnels trouvent le moyen de coopérer dans le respect les uns des autres pour créer un véritable dialogue ".

Article adapté du discours au Séminaire sur la surdicécité acquise à Zurich du 2 au 6 octobre 2002.

Rencontre des familles  " Listen to me "

La récente conférence des familles du 20 au 27 octobre 2002 à Bari en Italie a connu un grand succès. Plus de 90 parents, professionnels et jeunes sont venus d’Europe occidentale, centrale et orientale pour écouter les conférences et participer aux groupes de discussion, aux ateliers de musique et de sculpture. Le but était de permettre aux parents d’échanger expériences et informations sur une large gamme de questions concernant la vie familiale. La conférence a été rendue possible grâce au soutien financier de La Lega del Filo d’Oro, de Hilton Perkins et de Sense International. Ce parrainage a permis la participation de plus de familles, notamment celles d’Europe de l’est. La conférence a aussi bénéficié de la collaboration avec une organisation locale pour les handicapés, dont les nombreux bénévoles ont apporté une aide administrative inestimable.

Le lieu de la conférence dans le sud de l’Italie a été choisi dans le but de faire connaître les besoins de services des sourds-aveugles dans la région. Il y a beaucoup de familles dans la région des Pouilles qui n’ont actuellement pas accès à un soutien spécialisé. On espère que les autorités régionales qui ont assisté à la conférence seront encouragés à fournir des services appropriés aux sourds-aveugles à l’avenir.

L’un des points forts de la conférence a été la merveilleuse façon de communiquer entre eux des enfants et jeunes adultes sourds-aveugles des différents pays d’Europe. Les sessions quotidiennes " Au-delà des mots " étaient organisées par le Nordic Culture Network ( Réseau culturel nordique) et Sense Ecosse, qui ont permis aux participants sourds-aveugles et à leurs familles de s’exprimer par des ateliers expérimentaux de sculpture et de musique et vibrations lumineuses.

Tous les participants ont dit qu’ils avaient bénéficié du temps passé ensemble à la conférence. Ricardo Lopez, d’Espagne, va faire une liste de mailing informelle afin que les familles puissent rester en contact.

Il y a eu une bonne couverture de la conférence à la télévision locale et dans les journaux, et un petit film en sera tiré afin que d’autres puissent en profiter. Une autre conférence est prévue en 2004 au Danemark et sera organisée par Lone Poggioni du Nordic Culture Network.

 

Evolution en Inde....

Akhil Paul, Directeur de Sense International (Inde) décrit

La situation en Inde

L’infirmité fait partie de l’existence humaine depuis les débuts de la vie sur cette terre. En Inde, on dit parfois que l’infirmité est " le résultat de mauvaises actions dans une vie antérieure ". Ce mythe disparaît progressivement à cause de l’information faite par diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales. En Inde, beaucoup de travail a été fait pour ceux qui ont un handicap, c’est-à-dire ceux qui sont aveugles, sourds, handicapés mentaux et handicapés moteurs, mais pour les services pour les plurihandicapés, le scénario est très différent.

On estime que le nombre de personnes atteintes d’un handicap en Inde est de plus de 90 millions. On ne dispose d’aucune donnée sur la taille de la population sourde-aveugle car à ce jour, il n ‘y a pas eu d’étude ou de recherche pour déterminer le nombre exact. Les estimations, faites à partir de projets des services sociaux, indiquent qu’il pourrait y avoir plus de 450 000 sourds-aveugles dans le pays.

Les besoins en services pour sourds-aveugles

Avant la création de Sense International ( Inde), la surdicécité était peu connue. Dans ce vaste pays, il n’y avait qu’une école pilote, l’Institut Helen Keller pour les sourds et les sourds-aveugles à Mumbai, qui accueillait 23 élèves sourds-aveugles. La situation était telle que ni le gouvernement, ni les associations travaillant avec les handicapés , n’étaient conscients qu’il y avait une population sourde-aveugle. Le manque d’information sur ce handicap particulier signifiait, et signifie toujours, que beaucoup de personnes sourdes-aveugles sont laissées sans aide, ou sont catégorisées par exemple comme handicapées mentales et reçoivent une aide inappropriée.

Brainstorming national

Cependant, une détermination à faire avancer les choses naissait dans le pays et avec l’aide de nos amis internationaux le processus s’engagea.

Sense International fut créé et depuis nous nous sommes impliqués dans la création de 25 services pour sourds-aveugles dans 13 états de l’Inde, grâce à l’aide d’ONG de handicapés locales . Les services sont établis sur le modèle adapté à la région en gardant à l’esprit les besoins régionaux. Certains de ces modèles sont :

Soutien professionnel

En plus d’aider au développement de services, nous travaillons avec chaque ONG partenaire à développer sa capacité par l’organisation de programmes de formation et d’ateliers, dirigés par des spécialistes dans le domaine de la surdicécité qui viennent du monde entier . Nous aidons aussi beaucoup d’autres ONG / écoles et institutions gouvernementales grâce à notre expertise technique.

Aide du gouvernement

Nous avons réalisé que nous avions un rôle militant et nous avons réussi à obtenir la reconnaissance de la surdicécité comme catégorie de plurihandicap en faisant pression sur le gouvernement. Nous avons réussi à faire prendre conscience au gouvernement qu’il y a une énorme population sourde-aveugle en Inde, qui a besoin de l’attention de tous les côtés de la société.

Diffusion de l’information

Le concept de surdicécité est nouveau en Inde. Il n’existe ni littérature ni informations sur la surdicécité. Pour combler ce manque, nous avons créé une unité de ressources et d’information. C’est la première de la sorte en Asie et elle répondra aux besoins des organisations et des individus qui veulent en savoir plus sur la surdicécité par des tracts, articles, bulletins, dépliants et affiches spécialisés.

L’éveil

Le nouveau millénaire a apporté de nouveaux espoirs. La première conférence de DbI Asie a été l’occasion d’échanger et d’apprendre avec des collègues de nombreux pays. Nous projetons de les aider activement à l’avenir.

Durabilité

Dans tous nos programmes, la " durabilité " est un élément clé. Au cours des 5 dernières années, nous avons vu une amélioration notable de la qualité des services. Nous avons réussi à renforcer les programmes grâce aux spécialistes locaux.

L’avenir

Les 5 dernières années ont vu quelques développements très intéressants. Ici , en Inde, il y a de plus en plus de familles et de professionnels qui sont déterminés à améliorer la vie des centaines de milliers de sourds-aveugles dans le pays. Le " Projet " d’origine est devenu un " Programme " et maintenant c’est un " Mouvement " - pour soutenir les sourds-aveugles où qu’ils se trouvent en Inde.

Akhil Sukant Paul
www.senseintindia.org
Email :
akhil@senseintindia.org

LA CONFERENCE ECOSSAISE

Succès de la conférence "Rêves, ambitions et réalités "

" Merveilleuse atmosphère, comme toujours. L’Ecosse est accueillante et pleine d’idées fantastiques ".

Plus de 200 délégués du monde entier ont assisté à la conférence de septembre 2002. La conférence a reçu les éloges de beaucoup de ceux qui ont participé aux 3 jours à la Caledonian University de Glasgow. L’extraordinaire atmosphère était due en grande partie aux enfants et adultes usagers des services de Sense Scotland et leurs familles qui s’étaient impliqués avec enthousiasme.

La déléguée Marie Richardson a déclaré : " l’équipe était formidable, du sommet à la base tout le monde s’y est mis pour que nous nous sentions vraiment les bienvenus ".

Pendant la conférence, les délégués ont participé à des ateliers, à des conférences de professionnels de la santé, de personnes sourdes-aveugles et d’experts de renommée internationale. Il y a eu aussi diverses soirées, dont une première de l’exposition du prix Helen Keller et une soirée de fête avec un groupe de musiciens sourds-aveugles.

Brian Abery, de l’université du Minnesota, USA, a évoqué la question de l’autodétermination et a posé la question : " Les sourds-aveugles nous en diraient-ils plus si nous savions mieux les écouter? "

La conférence inaugurale de Tait Mitchell, qui aura lieu chaque année, a été présentée par William Green, Lega del Filo d’Oro, Italie, et vice-président de DbI. Dans son intervention, il s’est appuyé sur son expérience de travail avec la communauté sourde-aveugle pour parler de la déontologie.

La séance plénière finale a vu Paul Hart, de Sense Ecosse, se servir de la musique de Bach pour étudier la communication entre les sourds-aveugles et leurs partenaires voyants et entendants. Son intervention profonde et divertissante a prouvé, selon ses propres termes : " qu’il faut être deux pour danser le tango ", l’un de ses messages clé étant que " l’essence d’être humain est d’être ".

Gillian Morbey, présidente de Sense Scotland , a déclaré : "  La conférence a provoqué énormément de discussions et débats sur les problèmes de la vie réelle des personnes nécessitant un soutien complexe. C’était une des rares occasions pour les professionnels, les familles et les usagers des services de partager leurs perspectives propres et d’apprendre les uns des autres. Je sais que les gens sont repartis revigorés et pleins de confiance dans la vie et le travail qu’ils font. "

Renseignements complémentaires sur le site de Sense Ecosse : www.sensescotland.org.uk

Des bronzes à toucher...

Une artiste de renommée internationale, Argyro Kondtandinidou, était invitée à montrer ses oeuvres lors d’une exposition coïncidant avec la réunion du conseil d’administration de DbI à Athènes. Mme Kondtandinidou est sculpteur depuis 20 ans. Ses oeuvres se trouvent dans des galeries et résidences privées en Grèce et à l’étranger et récemment certaines ont été exposées à Chicago, et à Atlanta .

Argyro a étudié le dessin et la peinture puis la sculpture sur bois avec des maîtres artisans d’Italie. Cela a été la révélation d’un talent particulier chez Argyro qui a été reconnu par l’UNICEF et, par la suite, Argyro a enseigné la sculpture sur bois à des jeunes dans le cadre de son programme .

L’œuvre exposée lors de la réunion du conseil est un bronze sculpté qui se compose de 14 pièces, toutes de même dimension. Chaque pièce représente la vie publique et privée dans les quatre civilisations anciennes les plus importantes : Grèce, Egypte, Mexique et Inde.

Cette oeuvre magnifique peut être placée sur le sol, on peut marcher dessus et la toucher. On peut aussi l’utiliser comme outil pédagogique pour les enfants sourds-aveugles.

Diamanta-Toula Matsa, présidente de l’association grecque des sourds-aveugles, parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles, a invité Argyro parce que son oeuvre parle à tous de la beauté et de la culture communes à toutes les anciennes civilisations.

Argyro Kondtandinidou travaille à Athènes et son atelier se trouve 4 rue Tripodon ., Plaka.
L’association grecque se trouve 27-29 rue Ragavi ., Athènes 11474.

Centre de ressources sur la surdicécité : une réponse aux besoins d’information en Amérique latine
(par Marcela Forero)

Dans beaucoup de pays en développement, l’accès à l’information sur la surdicécité est limité, en particulier en ce qui concerne les conditions locales. Les informations produites à l’extérieur sont souvent inadaptées parce qu’elles ne sont pas dans la langue locale et trop souvent les réussites des sourds-aveugles et/ou des professionnels au niveau local passent inaperçues.

Sense International ( Amérique latine), avec l’aide du Fonds social du Royaume-Uni, vient de passer un an à rassembler des données pour créer le premier centre de ressources électronique.

Le Centre de ressources sur la surdicécité est un site web conçu pour répondre aux divers besoins des individus, groupes, et organisations travaillant avec les sourds-aveugles, les familles et les professionnels. Nous établissons des contacts et des liens entre les institutions de soins, les organismes d’éducation et de rééducation, la communauté sourde-aveugle, les éducateurs, professionnels, étudiants, chercheurs, politiciens, gestionnaires, les communautés locales et les groupes de réalisation personnelle dans tout le continent. Il est prouvé que l’accès à l’information au bon moment peut faire la différence entre l’inclusion ou l’exclusion des sourds-aveugles dans la société.

Le Centre de ressources pilote a été lancé le 9 septembre 2002 à Bogota en Colombie, et plus de 300 personnes, sourds-aveugles, membres des familles, et professionnels intéressés, ont participé à l’événement. Il sera officiellement inauguré en décembre 2002 après que des améliorations aient été apportées à la suite de consultations.

Quelles informations nous apporte le centre de ressources ?

A une revue complète de la littérature concernant la surdicécité : sur notre site il y a des fiches sur :

Les fiches sont faciles à télécharger et peuvent être imprimées et distribuées gratuitement.

B Les usagers peuvent accéder à notre bibliothèque virtuelle, demander une copie ou consulter une base de données, avec environ 500 publications comprenant livres, magazines, manuels et articles. On peut aussi télécharger des vidéos sur le sujet ( par exemple une vidéo sur la vie d’Helen Keller ou les systèmes de communication).

C Le site comporte des informations sur les organisations, écoles, association et institutions de tous les pays d’Amérique latine, ainsi qu’une carte de tous les contacts clé dans chaque pays.

D Une partie du site est consacrée aux forums de discussion. Il y a des sections comprenant : " communauté sourde-aveugle ", " réseau jeunesse ", " forum ", et " demande d’aide ".

E enfin le centre de ressources montre la vie réelle des sourds-aveugles d’Amérique latine.

Comment accéder au Centre de Ressources ?

On peut accéder aux informations du centre de ressources soit directement, en allant sur notre site www.sordoceguera.org. , soit indirectement, en prenant contact avec les associations locales travaillant avec des sourds-aveugles ( ces associations peuvent imprimer les informations gratuitement).

Parallèlement à ce projet, trois centres de jeunes seront créés au Pérou, au Brésil et en Colombie , et auront tous les outils informatiques permettant aux sourds-aveugles avec des restes visuels d’accéder directement au site web.

Comment savoir si c’est exact ?

Nous avons un comité consultatif composé de 12 personnes de 8 pays différents ( dont des sourds-aveugles, des représentants des familles et des professionnels). Leur travail est de garantir que le centre de ressources est à jour et de faire remonter les réactions critiques sur la manière dont il est utilisé localement.

Projets d’avenir

Nos projets incluent la traduction du centre de ressources en portugais ; la création de forums de discussion/ réseaux pour les guides-interprètes et les familles ; un lien emploi pour les sourds-aveugles ; et la mise en réseau de la bibliothèque virtuelle avec d’autres pays où il existe des ressources semblables.

Slovaquie :

(Janka Sarisska, directrice de l’école primaire évangélique spécialisée pour les enfants sourds-aveugles de Cervenica, Slovaquie, nous parle d’ intéressants développements en Slovaquie)

Camp international pour les familles d’enfants sourds-aveugles à Sabinov, Slovaquie

Avec l’aide financière de Hilton/Perkins International, nous avons organisé le 6e Camp familial en Slovaquie. Les 3 premiers camps avaient été organisés pour des familles slovaques d’enfants sourds-aveugles et les 3 derniers comprenaient des familles de l’étranger.

Cette année, le camp se tenait dans la petite ville de Sabinov à l’est de la Slovaquie. Nous avions 15 familles et 86 participants en tout. Les familles invitées étaient de l’école pour sourds-aveugles de Cervenica et il y avait trois nouvelles familles avec des enfants plurihandicapés. En plus, il y avait des familles d’Europe de l’est : Hongrie, République Tchèque, Roumanie et Bulgarie. Six professionnels s’occupaient des activités avec les enfants sourds-aveugles, les frères et sœurs, parents et professionnels. L’une était Gillian Morbey de Sense Ecosse, qui est aussi la mère d’un jeune homme de 27 ans. Les participants ont fait 4 groupes – enfants sourds-aveugles, leurs frères et sœurs, parents, et éducateurs. Le programme a été divisé en 4 parties :

L’un des points forts de la semaine a été notre " représentation " avec les enfants sourds-aveugles et leurs frères et sœurs. Nous avons invité les parents et les gens de la ville à cette représentation. C’était merveilleux ! Le plus impressionnant a été quand les frères et sœurs ont chanté et que les enfants sourds-aveugles ont chanté aussi " avec leurs mains ". Même un petit de 3 ans signait !

Ce camp pour les familles a duré 6 jours et chaque jour avait son programme. Nous travaillions de 9h du matin à 6h du soir . C’était contraignant mais tout le monde savait que le temps passé ensemble serait utile aux familles à l’avenir. Il y avait une évaluation régulière de la façon dont les choses progressaient. Toutes les familles étaient enchantées du programme. Elles ont appris beaucoup sur le travail avec leur enfant à la maison et à l’école. Le mieux a peut-être été les relations qui se sont créées entre les familles. Les frères et sœurs de Slovaquie et les familles étrangères n’ont ressenti aucune barrière, même s’ils ne parlaient pas la même langue ! Il y a eu une merveilleuse coopération de tous – professionnels et familles.

Un foyer de vie

L’association des parents, l’école pour enfants sourds-aveugles de Cervenica et l’union des aveugles de Kosice travaillent tous au projet de création d’un foyer pour sourds-aveugles adultes. Le gouvernement slovaque a reconnu les besoins de la population sourde-aveugle dans le programme national de soins des sourds-aveugles. Le programme national, décidé par le gouvernement, est une occasion unique de commencer plus systématiquement à résoudre les problèmes des sourds-aveugles dans notre pays.

Visiteurs étrangers

Le 27 octobre 2002 était un jour spécial pour l’école pour sourds-aveugles de Cervenica. La directrice Janka Sarisska , le personnel et les élèves, ont accueilli à l’école un groupe de 7 Américains. C’étaient le président de la fondation Hilton, Steven M.Hilton, le vice-président Dayanne M.Hayes et le Dr.Robert Buckley avec son fils Brian Buckley. Ils étaient accompagnés de Michael Collins, directeur de l’école Perkins, de Kevin Lessard et du spécialiste de l’Europe de l’est Dennis Lolli, de Hilton Perkins International.

Australie

(Mike Steer nous donne les dernières nouvelles d’Australie)

Conférence nationale

La 6e conférence nationale des sourds-aveugles s’est tenue à Lidcombe, Sydney, du 12 au 15 juillet 2002. Il y avait 226 participants, avec 30 intervenants. Il y avait un bon niveau de participation des sourds-aveugles ( à la fois en nombre et en implication dans les débats) avec des délégués de tous les états et territoires d’Australie ( sauf le territoire du Nord). Il y avait 8 personnes de Nouvelle Zélande, ainsi que des intervenants du Japon et des USA avec des délégués du ministère des personnes âgées et des handicapés de Nouvelle-Galles du Sud ( administratifs et travailleurs sociaux).

31 délégués étaient sourds-aveugles, 7 étaient sourds et 6 étaient aveugles. Il y avait 35 interprètes et 40 bénévoles pour aider les délégués. Deux chauffeurs bénévoles assuraient le transport des délégués depuis l ‘aéroport jusqu’à leur chambre et jusqu’à la conférence. La relaxation musculaire des délégués était assurée par 4 masseurs bénévoles et pour ceux qui avaient des enfants à surveiller, il y avait une garde bénévole.

La Nouvelle Zélande est maintenant membre du Conseil australien des sourds-aveugles depuis l’assemblée générale qui s’est tenue lors de la conférence.

Le délégué australien aux Droits de l’Homme, Sev Ozdowski, a ouvert la conférence, en attirant l’attention sur les droits des Australiens qui sont sourds-aveugles et sur le décalage existant dans les services et le financement pour les personnes sourdes-aveugles. M.Shin-Ichiro Kadokawa du Japon ( lui-même sourd-aveugle) a parlé de son combat pour l’éducation et du travail qu’il fait maintenant à Osaka pour a) améliorer les conditions pour les personnes qui sont sourdes-aveugles et b) promouvoir le soutien de leurs pairs par les personnes qui sont sourdes-aveugles au Japon.

Cinq intervenants des Etats-Unis ont parlé de divers problèmes, dont l’éducation, le syndrome de CHARGE, les facteurs importants dans l’interprétation pour les sourds-aveugles, la fonction de la communication dans les problèmes de comportement, et le rôle des grands-parents dans le développement de la communication . Les intervenants locaux et des autres états ont aussi traité des domaines de l’éducation, de l’interprétation, des droits, des réseaux de contacts, des guides, de la participation personnelle et de la communauté, des problème sensoriels dans les communautés aborigènes, des questions médicales et de la technologie.

Une copie des minutes sur CD, coûtant 20 A$ peut être commandée à : Janne Bidenko dbconference@gpo.com.au

Janne a aussi des t-shirts de la conférence australienne , très chics à manches longues à 22A$ (dollars australiens) pièce et à manches courtes à 16A$. Les deux modèles ont devant le logo de la conférence et au dos les alphabets dactylologiques et Braille ( bleu marine impression jaune). Les casquettes avec " touch " en Braille sur le devant et logo de la conférence en jaune sont à 15A$. Les sacs de la conférence sont à 12A$ pièce. Frais de port en sus.

Besoins en services non satisfaits

Margaret Verick, la lobbyiste professionnelle du Forum australien de la cécité de Canberra, signale que l’institut australien de la santé (AIHW) a récemment indiqué que 519 millions de dollars de financement supplémentaire du Commonwealth et des états ou territoires pour besoins non satisfaits dans les services pour handicapés seraient applicables pour 2000-1 et 2001-2.

L’AIHW a entrepris une étude pour les Administrateurs nationaux des Handicaps afin d’étudier les effets d’un nouveau financement et d’estimer les besoins non satisfaits restants dans les services pour handicapés en Australie. L’étude apporte des informations pour les négociatio