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Il est possible de consulter    le numéro 30 juillet-décembre 2002
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DbI N° 30

DBI REVIEW – LE MAGAZINE DE DEAF-BLIND INTERNATIONAL

Numéro 30 - Juillet - décembre 2002
Promenades en Russie

SOMMAIRE

SmartBo - une maison " intelligente " pour handicapés  Gerhard Elger
I
ntégration sensorielle  Gail Deuce

Objets de référence  Marleen Janssen
Promenade en Russie  Irene Salomatina
Unité spécialisée pour enfants sourds-aveugles en Grèce Menelaos Tsaoussis

Personnalités
Bob et Michelle Smithdas
Anneke Balder

Evolution en Inde Akhil Paul

Arts plastiques
Bronze à toucher  Argyro Kondtandinidou

Nouvelles régionales
Amérique latine
Slovaquie
Australie
République tchèque
Kazakhstan
Roumanie
Suède
Inde

Nouvelles des réseaux
Conférences
Nouvelles de l’administration

Message du président

Aujourd’hui aux USA, nous sommes au lendemain de Thanksgiving et la plupart des Américains se remettent de s’être goinfrés de dinde et de tout ce qui va avec, chose que nous faisons tous les ans au nom de l’action de grâce. Toute plaisanterie mise à part, c’est le jour de congé favori de la plupart des Américains parce que nous pouvons nous arrêter et réfléchir au moins une journée à toutes les choses pour lesquelles nous devrions rendre grâce: nos amis, nos familles, notre travail, notre santé et notre bien-être. Ce jour n’a pas la grandiloquence de la fête de l’Indépendance ni la frénésie anticipatoire que Noël semble apporter. C’est un jour de festin, de remerciement, de tranquillité en famille, et de réflexion.

Notre famille sourde-aveugle a aussi beaucoup de choses dont elle peut rendre grâce. Nous avons un merveilleux organe de direction en la personne de notre Comité Directeur , et un Conseil très actif. Ces personnes sont extrêmement généreuses de leur temps, afin de garantir que nous soyons une organisation professionnelle viable. Nous avons aussi un excellent bulletin d’information, qui soutient la comparaison avec n’importe quelle publication mondiale de n’importe quelle organisation de handicapés. Merci à notre rédactrice en chef et à son équipe compétente pour un travail bien fait dans la continuité. Nous avons des responsables de réseaux actifs, qui s’occupent du travail fait en coopération dans beaucoup de domaines intéressants. Grâce à nos membres , individuels ou institutions, nous avons une stabilité financière qui nous permet de faire fonctionner l’organisation à un niveau bien plus élevé que par le passé . Nous avons une organisation d’accueil, Sense International, qui permet à notre secrétariat salarié de fonctionner de manière plus productive. Nous avons aussi amélioré nos fonctions de communication et actuellement nous sommes en train d’améliorer considérablement notre présence sur le web.

Tous ces aspects font partie de notre infrastructure générale pour laquelle nous devons rendre grâce. En examinant le contenu de ce numéro que vous avez entre les mains, il m’apparaît que nous devrions aussi rendre grâce pour les membres individuels de notre organisation qui sont toujours prêts à participer. Je vois des articles de collègues qui ont pris le temps d’écrire sur la " maison intelligente " en Suède, ou les loisirs en Russie. Ils sont représentatifs des membres qui écrivent et contribuent à toutes les éditions du magazine : des gens qui font un réel travail avec des sourds-aveugles et qui sont prêts à partager leurs méthodes et approches. Nous devrions rendre grâce que ce soit l’objet de DbI . Je vois aussi un article d’un nouveau rédacteur du Kazakstan, un pays dont nous entendons parler pour la première fois. Nous avons un portrait des Smithdas, un couple dont nous devrions rendre grâce de pouvoir dire qu’ils font partie de nous. Ce couple de sourds-aveugles ont été d’infatigables militants pendant toute leur vie. Et nous disons un chaleureux au revoir à Anneke Balder, qui se retire du travail avec les sourds-aveugles après plusieurs décennies, et qui a été pour beaucoup dans le succès de notre première conférence européenne. Merci en vérité pour avoir eu des gens comme elle dans nos rangs.

Nous ne pouvons évidemment pas remercier tous ceux qui le méritent dans ces lignes. Disons simplement que nous rendons grâce pour ce que nous sommes et pour ceux que nous avons parmi nous, et que nous rendons grâce de cette étroite communauté mondiale de gens incluant DbI .
Michael COLLINS , Président

Editorial

Cette édition de la revue comporte notre mélange habituel d’articles et de nouvelles du monde entier et nous espérons que vous apprécierez de lire les exploits et les réussites de collègues de lieux si différents !

Le succès des conférences et des réseaux apparaît largement et il ne fait aucun doute que la notion de regroupement et d’échange d’informations et de soutien, pas seulement au niveau local et national, mais aussi au niveau international, a un effet très bénéfique dans le domaine de la surdicécité. Les communications électroniques ont fait une différence et nous aident à " nous parler ".

Ici, au siège de la revue de DbI, nous recevons presque tout, y compris les photos, par Email. Ceci signifie que nous pouvons répondre plus rapidement et plus efficacement. Beaucoup d’entre vous seront heureux d’apprendre que le site de DbI est à nouveau actif et que Malcolm Matthews, responsable de l’information de DbI, projette de nouveaux développements pour les mois à venir. Malcolm écrira dans la revue pour nous tenir au courant et je sais qu’il accueillera favorablement vos commentaires et contributions.

Nous aussi, nous sommes très reconnaissants de toute l’aide que nous recevons de nos correspondants réguliers. Mike en Australie, Elin au Danemark, et Stan au Canada n’ont aucune idée du plaisir que nous avons à recevoir leurs articles sans les réclamer ! Stan, Linda et l’équipe vont travailler dur dans les six prochains mois pour préparer notre grande conférence de DbI au Canada l’été prochain. Nous leur souhaitons toute la réussite possible et nous espérons vous voir là-bas. Et si vous n’avez pas encore écrit pour nous - qu’est-ce qui vous en empêche ? Ecrivez-nous !

Meilleurs vœux à tous !
Eileen et Frances

 

SmartBo – une " maison intelligente " pour les personnes handicapées

Gerhard Eiger de l’Institut Suédois du Handicap , décrit ce projet révolutionnaire utilisant les nouvelles technologies pour permettre aux sourds-aveugles et autres personnes handicapées d’avoir une vie indépendante. Le projet est financé par le Fond Suédois du Patrimoine et l’Institut Suédois du Handicap et a bénéficié du soutien et du sponsorat de sociétés privées. Le mot " Bo " en suédois signifie " nid " et le terme " SmartBo " cherche à donner l’impression qu’une maison hi-tech peut aussi être un endroit confortable et chaud !

Introduction

L’une des activités de l’Institut Suédois du Handicap est de contrôler et d’employer les nouvelles technologies au profit des personnes handicapées. Grâce à un certain nombre de projets pilotes avec des " maisons intelligentes " et des solutions informatiques, nous avons appris comment les nouvelles technologies peuvent être rendues accessibles aux personnes handicapées. Notre expérience de ces projets pilotes a constitué une base solide pour le projet SmartBo. Dans un appartement de démonstration nous montrons des solutions qui marchent pour servir d’exemple, de source de compétences et d’inspiration.

But du projet

Le but du projet est d’accumuler connaissances et compétences et de les partager avec d’autres. Nous avons recherché comment on pouvait utiliser la technologie de l’information et de la communication (ICT) pour donner aux personnes handicapées plus de chances d’avoir une vie indépendante, par exemple comment les fonctions à la maison pourraient être automatisées ou contrôlées par des personnes gravement handicapées. Nous souhaitons aussi créer un intérêt pour les solutions d’ICT au profit des personnes handicapées , et montrer la nécessité d’une nouvelle technologie, en servant de source d’inspiration aux usagers aussi bien qu’aux professionnels. Les solutions et dispositifs d’assistance sont créés en coopération avec les fabricants.

Groupes cible

SmartBo démontre les possibilités existantes pour les handicapés moteurs, les handicapés visuels et auditifs et les personnes avec des handicaps cognitifs ( troubles du développement, lésions cérébrales, démence).

Nos groupes cible comprennent les personnes handicapées, les professionnels travaillant avec des dispositifs d’assistance, les sociétés privées, le marché du travail, les universités, les autorités locales, les formateurs pour le personnel de santé ou les éducateurs spécialisés, les politiciens, et autres décideurs.

Méthodes

Sur la base de notre connaissance des groupes cible, nous avons élaboré des scénarios dans lesquels des personnages imaginaires avec des handicaps différents mèneraient une vie riche et indépendante dans l’appartement. On a fait la liste des problèmes rencontrés dans la vie quotidienne . On a discuté de la façon de répondre aux besoins et aspirations. Lors d’un séminaire, les scénarios ont été présentés aux personnes handicapées et approuvés. Toutefois, les participants ont insisté sur le point que les installations techniques devaient être invisibles ou au moins discrètes. Se sentir chez soi était très important.

Qu’est-ce que SmartBo ?

SmartBo est un appartement de deux pièces en rez-de-chaussée dans un immeuble de cinq étages situé un faubourg de Stockholm. Cette maison, ainsi que sept autres, a été construite pour une association coopérative de logement pour personnes âgées. Par conséquent, l’accès est facile pour les personnes handicapées ; il n’y a ni marches à monter ni escaliers. La porte d’entrée peut s’ouvrir par télécommande. L’appartement fait 78 m2 avec une cuisine avec coin repas et une grande salle de bains. Le living-room donne sur une petite cour privée .

SmartBo n’est pas adapté à un handicap en particulier. Le projet est centré sur la technologie de l’information et de la communication et les dispositifs d’assistance et solutions à partir de l’informatique et de l’électronique. Nous voulons montrer comment les personnes handicapées peuvent mener une vie riche et indépendante quel que soit le type de handicap. Ceci signifie que beaucoup de fonctions dans une maison ordinaire doivent pouvoir être contrôlées et supervisées par des gens ayant des handicaps légers à sévères. SmartBo est un appartement équipé pour la relaxation et les loisirs, pour le travail et l ‘étude.

En choisissant les installations pour répondre aux besoins des usagers, nous avons opté pour un équipement standard lorsqu’il existait. Les produits industriels standard ont un meilleur rapport qualité/prix que l’équipement créé spécialement pour les personnes handicapées. En ce sens, on peut diviser les installations de l’appartement en deux catégories, l’une commune à tous les usagers, l’autre adaptée à chaque groupe – et même à chaque personne handicapée.

La première catégorie comprend les systèmes de base permettant à l’usager de superviser et contrôler les fonctions existant dans une maison, comme les fenêtres, portes, serrures, eau, électricité et cuisinière. On répond très aisément au besoin de contrôler un si grand nombre de fonctions en choisissant un " home bus system " qui utilise un système de contrôle d’immeuble intelligent, en particulier si on veut programmer des fonctions plus complexes.

Nous savons d’expérience que le EIB ( Bus d’installation européen), qui peut contrôler, réguler, mesurer, allumer et éteindre, détecter et surveiller), est très fiable. Pratiquement tous les détecteurs qui donnent des signaux d’entrée au système de bus sont des composants ordinaires standard. Les interrupteurs muraux pour la lumière etc. sont aux normes EIB. Un câble relie tous les détecteurs et tous les actionneurs dans l’appartement. (Les détecteurs sont les dispositifs d’entrée tels que les interrupteurs, les détecteurs de mouvement, les commutateurs magnétiques, sensibles à la pression, les dispositifs détecteurs de courant, d’écoulement d’eau etc. Les actionneurs sont des dispositifs de sortie comme les relais pour établir le courant , l’automatisation des portes, ou les gradateurs de lumière. )

Les éléments suivants sont détectés par le système :

Ces éléments sont contrôlés par le système :

Telles sont les fonctions de base surveillées et contrôlées par le système. Mais il faut rendre la surveillance et le contrôle accessibles aux personnes handicapées. L’interface de l’usager d’équipement standard est souvent inadaptée. Chaque handicap et chaque besoin individuel peut nécessiter une solution spéciale pour l’accessibilité . C’est là le réel challenge dans un projet comme SmartBo où nous nous efforçons d’optimiser l’accessibilité pour une large gamme de handicaps.

Les dispositifs de présentation des informations aux usagers sont l’écran d’ordinateur plus les annonces enregistrées. En outre, il y a des dispositifs de signal visuel et tactile, un programme d’agrandissement de texte, un synthétiseur de parole et un affichage Braille pour les handicapés visuels, les aveugles et les sourds-aveugles. Les dispositifs d’entrée sont différents types de claviers, des claviers spéciaux avec pictogrammes en superposition etc., unités de protection de l’environnement ( ECUs) avec signaux infra-rouges, dispositifs à reconnaissance vocale, une souris et des interrupteurs standard et spéciaux.

Il y a fondamentalement trois façons de contrôler le système. Premièrement, par l’ordinateur ( connecté au système bus par une interface série), deuxièmement par les ECUs et les récepteurs à infra-rouges répartis dans l’appartement, et enfin par les commutateurs muraux EIB standard à quatre fonctions .

L’interface graphique de l’usager du programme informatique SmartBo affiche une vue d’ensemble de tout l’appartement. Cliquez pour entrer dans une pièce ou tapez la première lettre du nom de la pièce ( " b " pour " bedroom " etc.) et voyez quels objets sont contrôlables et quelle est leur situation. Par exemple, vous pouvez voir si une lampe est allumée ou non, ou si une fenêtre est ouverte ou fermée. Vous pouvez allumer ou éteindre la lampe en cliquant avec la souris, en tapant une lettre sur le clavier ou en touchant le pictogramme voulu sur le clavier spécial ; ouvrir et fermer de la même manière la fenêtre de la cuisine . Pour tous les objets contrôlables, on a le choix entre différents niveaux d’alerte.

Pour les objets pour lesquels il est important de s’assurer du changement de situation, il y a des panneaux sur l’écran, quelquefois avec une annonce vocale ; lorsqu’il y a une alerte, par exemple si la sonnette ou le téléphone sonnent, si l’eau coule d’un robinet depuis trop longtemps, si la cuisinière chauffe trop etc., l’alarme incendie est activée. Pour les sourds-aveugles, certaines alertes sont transmises à un dispositif à vibrations porté à la ceinture ou dans une poche. Il y a quatre types de vibrations différents selon le type d’alerte, par exemple sonnette, TDD ou téléphone –Braille, alarme incendie.

De nouveaux programmes de contrôle SmartBo client/serveur sont développés dans le projet BoMan de Föreningen Furuboda. Le financement vient du programme Technologie de l’Information en Pratique. La première interface usager créée est une interface texte spéciale pour les personnes utilisant l’affichage Braille, comme les sourds-aveugles. Les réponses des sourds-aveugles utilisant cette interface ont été extrêmement positives. D’autres interfaces vont suivre, comme l’interface usager graphique pour les personnes avec un handicap moteur et/ou un handicap cognitif.

Un grand avantage de cette solution clients/serveurs est que le client peut être choisi et adapté pour un avantage maximum pour l’usager. On peut utiliser un ordinateur portable dans un environnement sans fil ou un ordinateur normal, à sa convenance.

Tous les ordinateurs de SmartBo sont connectés en un réseau sans fil . On peut donc se déplacer librement avec un ordinateur , par exemple, sur son fauteuil roulant, et contrôler l’appartement à distance.

A côté du lit et de la porte d’entrée, il y a de petits boîtiers avec un bouton, une lampe rouge et une lampe verte, avec deux trous en dessous. On les appelle les boîtiers bonjour et bonne nuit. En appuyant sur le bouton en quittant l’appartement , ou la nuit en allant se coucher, on obtient un message " Tout va bien " ou qui dit ce qu’on a oublié de faire. Cela peut signifier qu’il faut fermer la porte donnant sur la cour ou la fenêtre de la cuisine, éteindre la cuisinière ou fermer le robinet. Les messages sont oraux, visuels ( la lampe rouge ou verte du boîtier s ‘allume) ou tactiles ( des tiges sortent de sous le boîtier). De cette façon, l’information peut être reçue quel que soit le handicap. Les sourds-aveugles peuvent sentir les tiges. S’ils ne se rappellent plus la cause de l’alerte, ils peuvent la lire sur l’affichage Braille.

Par exemple, certaines fonctions complexes du système contribuent à la sécurité des personnes âgées. Quand une personne quitte son lit la nuit, des lampes faibles éclairent le chemin de la chambre à la salle de bains. Si la personne ne revient pas dans son lit après un temps déterminé, les assistants peuvent alors être alertés.

Toujours dans la maison, et en élargissant l’utilisation de l’ordinateur, il y a tout une gamme d’aménagements disponibles. Ils comprennent une imprimante couleur, un scanner et un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR) ( afin que les aveugles et les sourds-aveugles puissent scanner du texte pour l’afficher en Braille) et un changeur de CD-ROM ( afin que les handicapés moteurs graves, les aveugles et les sourds-aveugles puissent accéder aux encyclopédies, dictionnaires , littérature etc.), un modem et un logiciel d’accès à Internet.

Des dispositifs d’assistance et des logiciels sur un second ordinateur aideront les personnes handicapées mentales, atteintes de lésions cérébrales ou de démence. Le but est de leur donner le contrôle de leur vie dans un appartement, de soutenir leurs activités en leur donnant la capacité de planifier avec des rappels de l’ordinateur et de les aider à communiquer, qu’ils puissent parler ou non. Un terminal universel ( vidéo téléphone + minitel + téléphone vocal ) pour les personnes qui signent ( aussi pour les malentendants ou les retardés mentaux) est installé afin d’aider leur communication. Il y a un vidéo téléphone à la porte pour les handicapés moteurs et les personnes âgées, et un interphone spécial pour les sourds-aveugles. Les usagers veulent savoir qui sonne à leur porte et si c’est vraiment quelqu’un à qui ils ont envie d’ouvrir !

Discussion et conclusions

Alors que la technologie de l ‘information et de la communication et l’électronique offrent plus d’opportunités aux personnes handicapées et aux personnes âgées d’avoir une vie meilleure et plus indépendante , des systèmes pourraient être employés pour contrôler et surveiller les gens d’une façon contraire à l’éthique. L’intégrité de l’individu doit toujours être protégée. Les aspects éthiques sont d’une très grande importance lorsqu’on parle des conditions de vie futures.

Les coûts d’installation et d’adaptation d’un appartement avec les nouvelles technologies pourraient être compensés par les dépenses réduites en personnel d’assistance. Cela peut être une expérience très positive de pouvoir se débrouiller pour faire des choses tout seul sans avoir toujours un assistant auprès de soi. Néanmoins, ce n’est pas une excuse pour priver les personnes handicapées d’assistance individuelle. Cela économise de l’argent lorsque les personnes âgées peuvent continuer à vivre en sécurité chez elles au lieu d’aller dans des institutions. Beaucoup de gens préféreraient probablement rester chez eux si c’était une possibilité. Mais cela devrait toujours être une affaire de choix personnel. Dans l’hypothèse optimale, grâce à l’emploi des technologies modernes, une personne profitera d’une vie intéressante et indépendante malgré un handicap sévère ; en même temps , le coût pour la société peut être diminué.

SmartBo a été achevé en décembre 2000. 1500 visiteurs environ sont venus du monde entier, dont des sourds-aveugles de Suède, du Japon et d’Afrique du Sud.

Un résultat très important du projet est la communication d’informations et un ensemble de deux CD ROM et d’une vidéo est en vente. La vidéo montre l’utilisation de la maison et les CD contiennent des descriptions détaillées et une visite interactive. La vidéo est sous-titrée en Anglais.

SmartLab

Le travail sur la vie " intelligente " continue à L’Institut suédois du handicap dans une nouvelle activité appelée " SmartLab " où sont impliqués tous les départements de l’institut. Les connaissances, l’expérience et l’équipement de SmartBo ont servi à ce projet.

On peut trouver des informations sur http://www.hi.se/english/smartlab_eng.pdf

L’association suédoise pour les sourds-aveugles ( FSDB) va lancer un projet au printemps 2003 – appelé Villa SmartBo – sur la vie indépendante pour les personnes sourdes-aveugles. Villa SmartBo bénéficiera de la technologie de pointe pour permettre aux personnes sourdes-aveugles de vivre de façon indépendante et d’avoir une vie sociale active !

Renseignements sur SmartBo

Le film sous-titré en Suédois avec les 2 CD ROM coûte 200 couronnes ( environ 20 €). Référence : n° 01801. Le film avec des sous-titres anglais " People using SmartBo " coûte 150 couronnes ( environ 15 €). Les deux peuvent être commandés au Swedish Handicap Institute, téléphone : + 46 8 620 17 00, fax : + 46 8 739 21 52 ou sur www.hi.se
 

Dysfonctionnement de l’intégration sensorielle chez les enfants sourds-aveugles

Pour la plupart d’entre nous, l’intégration sensorielle se fait inconsciemment. Ensuite, l’organisation des informations reçues de nos différentes modalités sensorielles est utilisée pour nous permettre d’avoir des rapports efficaces avec le monde qui nous entoure. Dans cet article, Gail Deuce, éducatrice expérimentée pour enfants sourds et sourds-aveugles, explore ces idées.

En travaillant avec des enfants sourds-aveugles, j’ai pris conscience du nombre important de ceux-ci qui avaient des difficultés dans ce domaine. Il n’est pas inhabituel d’entendre un éducateur décrire un enfant qui sait utiliser ses restes visuels efficacement ou utiliser ses restes auditifs efficacement, mais pas les deux à la fois ; ou un enfant qui doit s’arrêter de marcher pour écouter ; ou encore un enfant qui doit tourner la tête avant d’attraper un jouet. Certains enfants sourds-aveugles semblent en plus présenter un dysfonctionnement grave , et éprouvent des difficultés à traiter et intégrer les informations reçues de toutes leurs modalités sensorielles.

Ayres a étudié le processus de l’intégration sensorielle chez des enfants ayant des difficultés d’apprentissage modérées et l’a assimilé au traitement de l’information par lequel :

Le cerveau doit sélectionner, renforcer, inhiber, comparer et associer les informations sensorielles ( de différents canaux) en un modèle flexible et changeant constamment. ( Ayres, 1989, p.11)

Ayres (1987) a élaboré une théorie qui insistait sur la nécessité de l’intégration des informations des sens du toucher, proprioceptif et kinesthésique . Michaels ( 2002) a plus tard trouvé que les enfants atteints de dyslexie, dyspraxie ou ADHD avaient plus de risques d’avoir une mauvaise intégration sensorielle que les autres.

Quoique ces travaux ne concernent pas des enfants sourds-aveugles, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant d’examiner le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles, en recherchant si, chez les enfants chez qui ces sens sont insuffisamment développés, cela entraîne un dysfonctionnement de l’intégration sensorielle.

Cette idée a été confortée lorsque j’ai eu la chance de travailler avec David Brown (alors directeur du Centre familial de Sense à Ealing), et que je me suis occupée d’une petite fille atteinte du syndrome de CHARGE. On pensait que cette enfant avait des difficultés à développer ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire et à intégrer les informations sensorielles reçues. David suggéra que nous appliquions un programme thérapeutique d’intégration sensorielle. Cela s’est avéré un challenge très difficile et il nous fallait recourir aux conseils et à l’expertise d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute ayant une formation spéciale dans ce domaine. Finalement, nous en avons trouvé un et un programme individuel a été établi avec des effets positifs immédiats.

Le succès de cette méthode m’a encouragée à étudier plus avant le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles et à examiner les conséquences possibles sur l’apprentissage pour l’enfant éprouvant des difficultés dans ces domaines.

Etude de cas

Joshua

J’ai d’abord rencontré Joshua à la maison, et les observations suivantes ont été faites sur 3 mois :

On a introduit des jeux avec des grands mouvements (ex. se balancer et sauter) que Joshua appréciait vraiment, et sauter est devenu l’activité que Joshua réclamait en attrapant les mains de l’adulte ( presque sans fin). Après un trimestre à l’école, il y a eu peu de changement dans son comportement et seulement des progrès limités.

On a consulté un kinésithérapeute. Finalement, l ‘école a payé un thérapeute privé pour travailler avec Joshua, car ceux qui travaillaient déjà à l’école avec les enfants n’avaient pas la formation spécialisée voulue. On a remarqué que Joshua avait des difficultés dans un certain nombre de domaines liés à ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire.

Un programme d’intégration sensorielle a été établi et appliqué pendant huit sessions par semaine.

Au bout de six semaines, de nombreuses nouvelles compétences sont apparues, dont :

Harry

Harry est un petit garçon atteint du syndrome de CHARGE. Il a une perte auditive profonde, un glaucome, et est considéré comme malvoyant. Il a une trachéotomie et des problèmes de santé continus. En conséquence, il a une aide médicale à plein temps à l’école.

A cause de longues périodes d’hospitalisation, Harry n’a pas été envoyé à l’équipe spécialisée pour une action concernant ses besoins sensoriels jusqu’à ce qu’il arrive à l’école à l’âge de 4 ans.

Petit à petit, les observations d’Harry ont montré que :

L’éducateur d’Harry avait d’abord suggéré que ces comportements signifiaient juste qu’il était vilain et voulait attirer l’attention. Cette interprétation du comportement d’Harry a été révisée et on a suggéré que ces comportements ( bien qu’ils soient socialement inacceptables) étaient des tentatives d’Harry pour obtenir des informations de son environnement. Cette opinion s’appuyait sur l’observation que Harry pinçait les jouets et les objets qu’on lui donnait, et pas seulement les gens.

Un travail de compression des articulations a commencé sous la direction d’un ergothérapeute ( se spécialisant en travail d’intégration sensorielle) et après le seconde session, Harry a commencé à initier ces activités lui-même. Lorsque ces activités ont été entreprises, Harry a nettement moins pincé et griffé après pendant un certain temps. On le sentait aussi plus heureux, souriant et prêt à avoir des rapports avec les autres. A la fin de la seconde session, Harry à imité le signe " au revoir ", comportement qu’on n’avait pas observé auparavant. Un programme d’intégration sensorielle plus détaillé est établi maintenant avec l’ergothérapeute.

Sarah

Sarah est une petite fille qui a subi des lésions cérébrales dans un accident. Elle a maintenant une cécité corticale et une perte auditive modérée. Sarah est souvent très angoissée quand on la touche et elle est plus heureuse quand on la laisse couchée sur le sol. Il y a très peu de mouvements du corps.

Des activités de mouvements modérées ont été entreprises pour contrôler l’usage de son sens vestibulaire. Les mouvements de côté étaient régulièrement tolérés, mais Sarah est devenue angoissée à chaque fois qu’on introduisait des mouvements vers l’avant ou vers l’arrière. Cela a amené à poser la question de comment il valait mieux soulever Sarah ou la reposer afin qu’elle ne s’angoisse pas. Il a été convenu que :

    • Sarah serait roulée sur un côté puis soulevée dans un mouvement de côté ;
    • Sarah serait posée sur le côté dans un mouvement de côté, puis roulée pour se retrouver sur le dos ou sur le ventre.

Ceci a été appliqué régulièrement par tous ceux qui travaillaient avec Sarah et il y a eu une amélioration presque immédiate de la capacité de Sarh à tolérer qu’on la touche. Par suite, ses parents ont pu la mettre en position pour d’autres activités sans qu’elle ne devienne angoissée.

Un programme d’intégration sensorielle utilisant un gros ballon de kinésithérapie a été établi , pour travailler sur :

    • l’expérience de différentes positions
    • se soutenir et pousser sur ses jambes
    • expérimenter de grands mouvements de balancement
    • arrêter/commencer des activités.

Ce programme a été appliqué régulièrement et après environ six semaines, Sarah a commencé à se servir de ses jambes plus intentionnellement. Une boîte " Be-Active " noire et blanche a été introduite et Sarah est devenue capable de passer volontiers jusqu’à vingt minutes dans cet environnement, en se servant de ses jambes pour activer les objets sonores suspendus au plafond de la boîte. Les mouvements intentionnels des jambes se sont accrus et ont été utilisés pour développer des jeux simples de cause à effet. Cela a maintenant abouti à ce que Sarah fasse la tâche simple d’allumer et d’éteindre en se servant de ses pieds pour activer l’interrupteur.

Conclusion

Ces enfants et d’autres m’ont montré que les enfants qui peuvent avoir besoin de soutien dans ce domaine pouvaient présenter les caractères suivants:

    • sur-stimulation, de sorte qu’ils semblent très sensibles au toucher ou refusant le toucher ;
    • sous-stimulation, de sorte qu’ils recherchent les informations sensorielles dans des actions intenses ( ex. balancement violent, griffer, pincer) ;
    • tentatives d’obtenir des informations et de donner un sens au monde par des actions et des comportements répétitifs ;
    • difficultés à passer les membres du côté opposé ;
    • problèmes avec leur sens vestibulaire ;
    • difficultés d’équilibre et mauvais réflexes de sauvegarde ;
    • en rampant, incapacité d’utiliser simultanément les membres diagonalement opposés ;
    • problèmes pour organiser leurs mouvements et actions ;
    • difficulté à s’engager dans une exploration constructive du monde.

Je pense qu’il est nécessaire de se concentrer sur ces aspects du développement sensoriel.

Ces enfants m’ont appris que jusqu’à ce qu’ils soient :

    • conscients de l’ensemble de leur corps et des parties de leur corps en relation l’une avec l’autre ;
    • conscients de leur position dans l’espace ( y compris de quelle est la bonne position debout) ;
    • capables d’organiser leur corps pour réaliser de grands mouvements ;

il y a peu de chances qu’ils puissent efficacement utiliser leur corps pour avoir des rapports avec leur environnement ou agir sur celui-ci et apprendre.

Maintenant je reconnais encore plus l’importance d’identifier ces enfants qui ont d’importants dysfonctionnements sensoriels et ont besoin de soutien pour favoriser le développement et l’intégration de ces sens sous-jacents.

Il semble que jusqu ‘à ce que ces sens soient établis ces enfants aient des difficultés à intégrer effectivement les informations sensorielles reçues de tous les autres canaux sensoriels et à y répondre positivement.


OBJETS DE REFERENCE.....  OBJETS DE CONVERSATION

Les origines et le développement des objets de référence en Europe

Marleen Janssen, Section Sourds-Aveugles, Instituut voor Doven, Hollande

Dans cet article, Marleen Janssen examine brièvement l’histoire des méthodes de communication pour les sourds-aveugles dans le passé puis se concentre sur les méthodes qui ont inspiré l’équipe de l’Instituut voor Doven dans son travail, passé et présent, pour aboutir à une prestation spécialisée. Elle parle des personnes et des méthodes qu’elles ont utilisées pour aider à la communication et comment on a utilisé les objets de référence pour développer des conversations avec les enfants sourds-aveugles. Marleen donne beaucoup d’exemples pratiques et souligne l’importance de l’application appropriée de la méthodologie dans la vie quotidienne.

Conversations avec les sourds-aveugles au temps jadis

C’est fascinant de voir tout ce qu’on connaissait déjà sur les méthodes de communication pour les sourds-aveugles il y a une centaine d’années ( Lenderink, 1907). Les rapports sur les sourds-aveugles célèbres nous disent que les conversations avec eux se faisaient en utilisant diverses méthodes dont la dactylologie dans la main, la méthode Tadoma, les signes tactiles et une combinaison de toutes.

Nous connaissons l’histoire des réussites de ces sourds-aveugles célèbres. Mais comment cela se passait-il avant qu’ils ne soient capables de communiquer à un niveau symbolique, en d’autres termes avant qu’ils ne maîtrisent ces formes de communication – systèmes de symboles ?

James Mitchell, fils d’un pasteur protestant écossais, né en 1795, était l’un des rares enfants sourds-aveugles reconnus alors, chez qui la double perte sensorielle était congénitale. Il diffère en cela des enfants sourds-aveugles que j’ai cités plus haut, dont le double handicap sensoriel a été acquis lorsqu’ils ont commencé à grandir. Ceci fait une grosse différence pour le développement de la communication.

De naissance, James Mitchell était totalement sourd, mais avait des restes visuels. La cataracte affectant ses yeux lui permettait de distinguer un certain nombre de couleurs. Il avait un sens de l’odorat et un sens du toucher extrêmement bien développés. Sa communication était limitée, mais efficace, comme vous allez le voir dans l’exemple suivant. Lorsque quelqu’un entrait dans la pièce, il le savait immédiatement à l’odeur, et cela le menait à l’endroit où l’étranger se tenait, et le visiteur faisait immédiatement l’objet d’une exploration tactile. Il se servait de son sens du toucher pour découvrir si l’étranger portait ou non des bottes. James aimait passionnément les chevaux, et les bottes lui indiquaient si le visiteur partageait son intérêt.

La colère, la joie et la tristesse s’observaient clairement chez James ; il montrait ces émotions en émettant des sons discordants, de forts éclats de rire et en pleurant (Lenderink, 1907, p. 83-87 ).

Grâce à ces personnes et aux études de leur cas, nous avons quelques indications sur la manière dont les éducateurs de cette époque s’efforçaient d’engager le dialogue avec les sourds-aveugles et de leur donner un langage pour décrire les événements quotidiens.

La méthode " conversationnelle " du Dr. Van Uden

La tâche de Jan Van Dijk au début des années 60 était également difficile : offrir aux enfants sourds-aveugles congénitaux une bonne éducation et une bonne instruction dans la nouvelle section spécialisée qui devait s’ouvrir à Sint-Michielsgestel. En peu de temps, 13 enfants sourds-aveugles y ont été admis. Jan avait une formation de professeur pour sourds et d’éducateur spécialisé. Pour pouvoir assumer son nouveau rôle, il a étudié les diverses méthodes qui avaient été mises au point pour les sourds-aveugles dans d’autres pays. Il a passé quelque temps à Perkins à Boston et s’est familiarisé avec les méthodes utilisées là-bas.

Il a observé la " méthode d’identification " appliquée par Howe avec Laura Bridgman. La communication était apprise par le modèle stimulus-réponse, l’éducateur étant toujours celui qui nommait les objets . Par exemple, l’éducateur met un ballon dans la main de l’enfant et dit " ballon ". Ou bien l’éducateur montre à l’enfant une image sous laquelle l’enfant doit placer un mot écrit.

Jan Van Dijk a aussi étudié les méthodes utilisées dans l’ex Union Soviétique par Sokolansky et Meshcheryakov. Il a appris combien il est important de créer des opportunités et de donner aux enfants suffisamment de possibilités de construire des représentations du monde qui les entoure et d’implanter ces images dans leur mémoire (Meshcheryakov, 1979 ; Enerstvedt, 1996).

Mais la plus grande source d’inspiration pour Jan Van Dijk reste la " méthode conversationnelle " du Dr. Van Uden, à laquelle Jan avait été formé en tant que professeur pour sourds, tout comme mes propres prédécesseurs. L’essence de cette méthode est l’approche centrée sur l’enfant de la " conversation ". Van Uden a élaboré la méthode de " saisir et jouer un double rôle ".

Cette méthode peut être définie comme une méthode didactique naturelle qui est aussi employée par les mères avec leurs jeunes enfants : la mère " saisit " les énoncés de l’enfant en les répétant avec les bons mots et dans le bon ordre, et ensuite ajoute sa propre contribution. Elle le fait dans des situations naturelles à des moments où l’enfant est motivé et attend ses réponses. Van Uden (1977) donne beaucoup d’exemples de ces moments de conversation, par exemple :

La mère s’approche du berceau, attirée par les sons que produit son bébé. Le bébé se met immédiatement à bouger les bras, les jambes, et les traits du visage, moitié pleurant, moitié riant. La mère comprend ces mouvements expressifs, ces expressions non-verbales de " langage corporel " et dit " Tu as faim ? Viens là, mon chéri ".

Ces deux phrases représentent une conversation : la première phrase contient les mots que le bébé aurait prononcés s’il avait su parler : " j’ai faim ", verbalisés par la mère dans " Tu as faim ? ". La deuxième phrase est la contribution de la mère à la conversation : " Viens là mon chéri ". L’enfant ne comprend pas encore cette deuxième phrase, mais la mère se fait comprendre par ses actes : elle sort l’enfant de son berceau. De cette façon, l’enfant en viendra rapidement à comprendre ce que l’expression " viens là " veut dire et , par exemple, il va tendre les bras en entendant ces mots ( Van Uden, 1979, p.3). La méthode est fondée sur une approche anticipatoire, s’appuyant sur la motivation de l’enfant ; comme l’enfant est motivé, il a des attentes quant à la réaction de sa mère . La répétition et la prévisibilité dans la routine quotidienne jouent ici un rôle important.

Ensuite, un instrument de soutien important dans cette méthode est le rappel des moments de conversation par le dessin et l’écriture. L’art consiste toujours à rappeler les éléments les plus caractéristiques, ceux qui ont fait le plus d’impression sur l’enfant, et ensuite de fournir le langage pour ces éléments ( Van Uden, 1979).

Formation des symboles dans la méthode Van Dijk

Fonction symbolique

Jan Van Dijk a mis au point une méthode de communication pour les enfants sourds-aveugles dans laquelle prendre conscience de la fonction symbolique est considéré comme un processus crucial, analogue au développement des enfants non handicapés. La fonction symbolique sépare la pensée de l’action concrète et permet à l’enfant d’évoquer les représentations intériorisées des choses, gens et événements lorsqu’ils ne sont pas présents. L’enfant découvre que ces représentations peuvent être nommées par un mot ou un geste.

Chez les enfants sourds-aveugles congénitaux, le processus de la prise de conscience de la signification des symboles peut prendre de nombreuses années. La méthode Van Dijk est basée sur l’idée que la formation des symboles doit se faire dans un contexte social naturel, dans lequel l’initiative appartient à l’enfant.

Dans le développement du comportement symbolique il est important à tous moments d’essayer de répondre à la sphère d’intérêt de l’enfant, d’essayer de créer des moments de conversation en prenant comme point de départ les signes personnels de l’enfant.

Comme Werner et Kaplan (1963), Jan Van Dijk croit que ces signaux doivent initialement avoir quelque chose en commun avec l’objet auquel ils se réfèrent, par exemple faire un cercle avec le bras pour signifier " bicyclette ", ou baisser et monter le haut du corps pour signifier " balançoire ". Le point essentiel est de permettre à l’enfant de découvrir les relations par lui-même. Comme à ce niveau nous avons des symboles faisant appel à des compétences motrices, il est important de bien apprendre à se servir du corps.

L’importance de désigner et de faire référence

En plus du développement des gestes naturels, la formation des symboles est aussi encouragée, permettant à l’enfant de faire des références. Au cours de leur communication, et en particulier quand ils utilisent des mots ou des gestes, les partenaires d’une conversation font référence à des choses sur lesquelles ils ont des connaissances communes. Par exemple, le mot " table " renvoie à une représentation dans l’esprit des deux partenaires. Le mot renvoie à quelque chose qui n’est pas présent à ce moment : c’est un substitut . On peut appeler cela une référence représentative.

Désigner est une préparation à cette fonction référentielle du mot. Un jeune enfant montre du doigt une photographie sur le mur et commence à babiller ; la mère de l’enfant suit le doigt et dit : " Oui, c’est grand-père ". Le comportement du jeune enfant doit être vu comme une désignation. Par exemple, quand l’enfant ramasse un objet, le soulève et veut que l’autre personne le regarde. Lorsque les gens désignent quelque chose, ils sortent d’eux-mêmes et font appel à l’autre personne.

Comme désigner du doigt peut être considéré  comme une extension de regarder quelque chose, cela s’observe rarement chez les handicapés visuels. Cette fonction est remplacée, par exemple, par un léger tapotement sur une chose, comme une assiette, et ensuite un tapotement sur l’enfant à qui l’assiette est destinée. Cette action revient à dire : " cette assiette est pour Peter ". Un autre exemple peut être d’abord un tapotement sur le corps de l’enfant puis un tapotement sur le sien, comme manière de dire : " toi et moi ensemble ". On n’utilise pas de mots. Les mots remplacent une certaine notion ; pas l’acte de désigner . Bien que la désignation fasse référence à une chose, il ne la remplace pas (référence non représentative).

Il est clair que l’utilisation d’objets de référence est une extension de la désignation.

Objets de référence

Quand un enfant, après des expériences répétées, commence à réussir à former une représentation de la manière dont certaines activités se font, certains objets qui sont ( ou sont devenus) les plus caractéristiques pour l’enfant, peuvent acquérir une fonction référentielle.

Par exemple, quand on lui présente une certaine timbale à une certaine heure tous les jours, l’enfant évoquera la représentation de " Je vais boire " quand on lui présentera la timbale. Dans cette situation, la timbale renvoie à " boire ".

Une fois que l’enfant a conscience de la fonction référentielle d’un objet, on peut lui apprendre à faire référence à l’activité en question en prenant l’objet, ou en utilisant une forme schématisée de celui-ci. Les objets de référence schématisés peuvent être des objets miniatures ou " une partie du tout ". Si l’enfant veut faire du vélo et que le vélo n’est pas à proximité, on peut lui donner la possibilité de faire référence à cette activité en montrant un " morceau d’un vélo ", par exemple la clé du cadenas du vélo.

L’importance des objets de référence

On ne saurait trop insister sur l’importance de ces objets de référence . Ils donnent à l’enfant sans langage la possibilité d’exprimer activement ses désirs ; l’enfant totalement aveugle le fait à l’aide de symboles " tactiles ", tandis que l’enfant ayant des restes visuels utilise des dessins des objets, par exemple un " livre de référence ".

En utilisant ces objets de référence, les expériences peuvent être enregistrées dans des calendriers et cahiers de conversation. Les objets de référence apportent quelque chose de tangible – un moyen concret de parler des expériences et des événements. Enregistrer les événements donne à l’enfant la possibilité d’attendre un événement agréable, par exemple. L’enfant peut aussi exprimer des désirs en ce qui concerne l’avenir, tout comme il peut revenir sur des événements du passé. On donne ainsi à l’enfant sourd-aveugle une possibilité de devenir une personne avec un présent, un passé et un avenir.

Du signal au symbole

Les objets de référence peuvent se transformer en véritables symboles s’ils en viennent à fonctionner de plus en plus dans des situations différentes ( décontextualisation). Par exemple, la timbale n’est plus seulement l’objet qui est utilisé le matin et l’après-midi, mais c’est aussi un objet utilisé par les autres membres du groupe de l’enfant , qui peut être acheté dans un magasin, qui peut avoir différentes formes et couleurs, qu’on lave après usage, et dont on peut parler :  " Quand achèteras-tu une nouvelle timbale ? ". En utilisant l’objet de référence dans la conversation de toutes sortes de manières, souvent en combinaison avec les gestes ou la parole, l’enfant abandonne l’idée qu’un objet de référence doit toujours conduire à une action particulière, mais arrive à réaliser que l’objet de référence peut permettre de donner un nom aux choses, par exemple : " Ceci est une voiture ". L’enfant intériorise cela et se rend compte qu’on peut donner un nom à tout. Ainsi, il est possible pour l’enfant de se détacher du monde purement pragmatique.

Un système de symboles

Une fois que l’enfant a découvert qu’on peut participer aux mondes d’action et de pensée des autres, le besoin de le faire systématiquement apparaît. Il faut choisir un système de langage. Pour les enfants sourds et sourds-aveugles, l’évolution vers la langue des signes est le choix évident. Cependant, pour certains enfants sourds-aveugles, il est possible de combiner leurs propres gestes avec des symboles tactiles et le Braille, et aussi avec la dactylologie ou l’écriture ( Van Dijk, 1965 ; 1967 ;Van Dijk et Janssen, 1993 ; Van den Tillart, Janssen & Visser, 2000).

Objets de référence dans la conversation de tous les jours

Dans les années 1970, mon collègue et prédécesseur Mary Rose Jurgens décrivait les importantes fonctions des objets de référence comme étant :

  • la capacité de caractériser ;
  • l’enregistrement d’expériences (Jurgens, 1977).

La caractérisation des expériences se fait en choisissant un détail caractéristique, en prenant comme point de départ les intérêts de l’enfant ; ceci signifie que le détail caractéristique peut varier fortement d’un enfant à l’autre.

Au début des années 80, des systèmes toujours plus perfectionnés étaient utilisés avec les enfants individuellement. J’ai commencé mon travail dans la section sourds-aveugles en schématisant des objets de référence tactiles pour un enfant aveugle avec du papier en relief. ( Janssen, 1984).

Evolution de 1980 à nos jours

Au début des années 80, le nombre d’enfants sourds-aveugles dans notre section avait atteint 35. Nous avions développé toutes sortes de systèmes de communication différentiés sur la base des intérêts et des capacités des différents enfants. La conversation était toujours au centre de ces méthodes, et les objets de référence jouaient un rôle de soutien pour provoquer et soutenir la conversation.

Au milieu et vers la fin des années 80, l’usage d’objets de référence était de plus en plus établi, non seulement pour les sourds-aveugles, mais aussi pour d’autres groupes d’enfants et d’adultes plurihandicapés.

Recherches dans le domaine

En 1989 Charity Rowland et Philip Schweigert ont étudié l’utilisation de systèmes de symboles conceptuellement concrets avec les sourds-aveugles. Leurs études ont montré que les objets de référence étaient extrêmement utiles pour les sourds-aveugles qui ne parlaient pas. L’utilisation d’objets de référence est décrite dans beaucoup de publications dans le cadre des " boîtes d’activités ", " rayons d’anticipation ", " systèmes de calendriers ", et s’adresse souvent à des individus sourds-aveugles. Un certain nombre de systèmes de communication augmentée ou alternative ( AAC) ont été mis au point pour être utilisés avec des individus ne parlant pas depuis le milieu des années 80. Ils ont été soigneusement passés en revue par Beukelman et Mirenda (1998) et au Royaume-Uni par Park (1997). Beaucoup de ces systèmes de symboles nécessitent des compétences cognitives assez bien développées ainsi qu’une bonne acuité visuelle.

Récemment, Rowland et Schweigert (2000) ont montré que les objets de référence sont utiles aussi pour des individus ayant une plus large gamme de handicaps : retard mental sévère, anomalies du développement, autisme ou troubles généralisés du développement, handicap visuel sévère, handicap orthopédique sévère, handicaps multiples et surdicécité. Ils ont aussi démontré que des objets de référence tangibles peuvent servir de passerelle vers d’autres systèmes de symboles, y compris les systèmes abstraits ( comme la parole ou la langue des signes) et qu’apprendre à utiliser des symboles tangibles ne gêne pas l’acquisition de la parole.

Application : retour à la case départ

Dans notre section pour sourds-aveugles, depuis 1990 nous avons assisté à une évolution qui correspond aux évolutions qui ont eu lieu ailleurs. Notre section a doublé en nombre (65 enfants maintenant), et nous avons donc beaucoup de nouveau personnel. L’utilisation d’objets de référence, comme l’usage d’autres formes de communication, a exigé standardisation, enregistrement précis et transmission aux nouveaux membres de l’équipe. Nous avons acheté de beaux coffrets de communication en 1993, qui contenaient des matériels standardisés, mais qui pouvaient être adaptés à chaque enfant. L’inconvénient était que nous ne pouvions pas fournir aux nouveaux venus la supervision adéquate et le soutien à l’initiation selon les principes originaux rappelés ici. Les conséquences furent que:

    • lorsqu’un nouvel élève arrivait, le coffret de communication avait déjà été commandé avant l’arrivée de l’enfant, et avant que nous n’ayons eu la possibilité d’observer quelles étaient les capacités de l’enfant et de les prendre en compte de façon adéquate;
    • l’attention était trop dirigée vers le planning et pas assez sur la conversation ;
    • l’initiative appartenait trop à l’éducateur et pas assez à l’enfant ;
    • on avait trop tendance à tomber dans une routine fixe, sans y incorporer d’éléments surprise et sans provoquer de moments de conversation.

Nous en avons donc tiré les leçons....

Donc en conclusion, je voudrais insister sur le fait que cela ne vaut la peine d’utiliser des objets de référence que si les éducateurs ( parents, professeurs, familles d’accueil et autres personnes prenant part à l’éducation de l’enfant) sont bien conscients des diverses fonctions des objets de référence et savent comment les utiliser. Pour nous, cela voulait dire " retourner à la case départ " en ce qui concerne l’application : expliquer comment les objets de référence devaient être utilisés dans le contexte des conversations de tous les jours. Un bon soutien à la communication et aux interactions et une formation adéquate des éducateurs se sont avérés une condition nécessaire (Janssen, 2001,2002 ; Van den Tillaart, 2001) pour obtenir l’impact mérité.

(Cet article a été élaboré à partir d’une conférence donnée à l’université de Birmingham , faculté d’éducation, 20 juin 2002)

Promenade en Russie.... est-ce juste un loisir?

Depuis la fondation du Forum d’Usher, nous avons décidé de créer des services à la fois pour les sourds-aveugles d’âges divers et pour les familles de sourds-aveugles. Notre organisation a presque 5 ans et nous essayons de développer notre programme de loisirs.

Le programme de loisirs comprend trois directions de travail :

Il se tient une ou deux fois par mois et est ouvert à tous les sourds-aveugles ou membres des familles. En outre, chacun peut y inviter des amis ou qui il veut.

  • fêtes

traditionnellement ( nous avons déjà nos traditions !) nous célébrons les anniversaires et faisons des fêtes pour le nouvel an et le printemps avec des compétitions, des jeux, où l’on s’amuse beaucoup.

  • excursions

Je vais les raconter en détail. Chaque excursion a différents objectifs . Je vais en indiquer quelques uns. Le plus évident, c’est de visiter un endroit intéressant.

Etre seul, avoir des problèmes de mobilité ou être trop occupé dans la vie( dans le cas des membres des familles) créée de gros problèmes pour visiter les nombreux centres historiques , culturels et musées situés à Moscou et dans la région. Les sourds-aveugles ont des problèmes de communication, de guides et interprètes ( nous n’avons pas de services d’interprétation pour sourds-aveugles en Russie pour l’instant). Aussi, des guides-interprètes bénévoles aident les gens à visiter ces lieux intéressants.

Un autre est que cette visite représente un véritable événement dans leur vie. C’est ce que nous voulons vraiment apporter à tous les participants à nos excursions. La plupart des sourds-aveugles et leurs familles nous disent que c’est un gros problème pour eux de ne pas avoir d’événements intéressants dans leurs vies monotones.

Les sourds-aveugles et leurs familles trouvent qu’ils n’ont pas d’histoires à raconter à leurs amis. Ceci entraîne le rétrécissement du cercle de communication autour d’une personne sourde-aveugle et des familles avec un membre sourd-aveugle. Aussi, participer à un véritable événement donne une bonne occasion d’apporter du contenu aux futures conversations avec ses pairs et collègues.

Les participants à nos excursions sont surtout des adultes devenus sourds-aveugles. Ils avaient l’habitude de mener une vie beaucoup plus active et avaient beaucoup plus d’opportunités de loisirs. La surdicécité ferme pratiquement la porte à la culture et pas seulement à cause de la baisse de la vue et/ou de l’ouïe. La situation financière dans une de ces familles devient en général très difficile dans notre pays et il est leur est difficile de se permettre d’aller quelque part. Le but du programme loisirs est de les ramener à une vie normale ( en un sens). Beaucoup de gens visitent les musées le samedi et le dimanche. Nous faisons la même chose que les autres.

Les sourds-aveugles que nous avons interrogés ont insisté sur le fait que nos excursions leur donnaient la possibilité de continuer à apprendre :

" J’aime aller avec vous. J’aime apprendre des choses nouvelles " ( Elena S.)

" J’aime lire les écrivains russes. Ce serait bien de visiter les musées d’écrivains russes " (Julia L.)

" Quand j’étais écolière, je détestais aller dans les musées. J’avais des problèmes de mobilité mais personne ne voulait m’attendre et j’avais besoin de plus de temps pour tout voir. A chaque fois, je me perdais. J’aime bien aller avec Usher Forum parce que je n’ai pas peur de me perdre avec vous et vous me donnez assez de temps pour tout " (Elena S.)

Pour certains sourds-aveugles, ces excursions du programme loisirs sont devenues un retour au temps où ils avaient une bonne vision et une bonne audition. Pour la plupart, ce n’est pas du tout une rencontre douloureuse avec le passé.

" Bien que je sois venue ici quand j’étais plus jeune, c’était un plaisir de revenir à un endroit que j’ai aimé visiter quand j’étais jeune et belle " ( Nataly K.)

Pour les familles de sourds-aveugles, nous avons d’autres objectifs. D’abord, nous offrons la possibilité de rencontrer différents sourds-aveugles et de voir qu’il est possible de survivre dans une telle situation ; et ensuite, qu’il y a différentes méthodes de communication qu’on peut utiliser avec les sourds-aveugles.

Dans le programme de loisirs, il est très fréquent que lorsqu’une mère sourde-aveugle ne peut pas venir avec nous, sa fille voyante et entendante et son mari viennent avec nous à sa place. Les enfants voyants et entendants de personnes sourdes-aveugles participent souvent ; les mères et grand’mères, leurs amis et parents – nous nous connaissons tous ! Le hasard d’une excursion donne une bonne opportunité d’être inclus dans le groupe ou de rester en dehors du groupe mais de garder un oeil sur lui. A notre avis, encourager le mélange de gens différents créée une base positive pour accepter les problèmes.

Ces excursions signifient que les parents ont la rare possibilité de prendre un vrai repos, cette pause dont ils rêvent constamment. A de rares occasions, au cours d’un récent voyage, les mères ont pu se relaxer vraiment. L’une d’elles a souri et dit : " Je ne sais même pas où G. est en ce moment ! je sais seulement que je n’ai pas à m’inquiéter pour lui ici – il n’est pas tout seul ici. Il est en sécurité. ( Ella A.). Une autre mère était assise toute seule sur le bateau et regardait défiler les arbres sur l’autre rive. Je lui ai demandé : "  Vous ne vous sentez pas seule ? " . "  Non merci, je me repose ! " ( Lilia H.).

Enfin, je veux vous parler de notre voyage de fin d’année. Traditionnellement, nous terminons la saison par une excursion plus lointaine. Cette année, nous sommes allés à New Jérusalem , un centre historique et culturel à 75 km à l’ouest de Moscou. Un monastère du 17e siècle a été construit sur le modèle de Jérusalem pour que les chrétiens russes puissent visiter les monuments religieux importants – en Russie. Lorsque nous l’avons visité, c’était le premier jour de l’été et le temps était beau et clair. Il y avait beaucoup de nouveaux participants dans le groupe. Victoria a un syndrome d’Usher type 2. Sa famille nous avait découverts en février, mais Victoria ne voulait pas venir au club loisirs ou à nos fêtes. Mais cette fois Victoria, sa mère et sa tante sont venues avec nous. Nous étions heureux. Galina G., la mère de Victoria, nous a dit : "  Ma fille est restée à la maison pendant 4 ans. Elle ne voulait aller nulle part. Ici nous avons vu pour la première fois qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher pouvait rencontrer d’autres gens et continuer d’apprendre des choses sur le monde. "

Irene Salomatina, Usher Forum, Moscou, Russie.
rv@child.ru
ivsal@mail.ru


Inspiration et travail acharné aboutissent à une unité spécialisée pour l’éducation des enfants sourds-aveugles en Grèce

La création de la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en Grèce est un rêve devenu réalité. Les luttes de l’association des parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles ont été fructueuses car le ministère de l’éducation, sous la direction du directeur de l’éducation spéciale, a créé la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en coopération avec le centre d’éducation et de rééducation des aveugles ( K.E.A.T.). L’unité ouvrira dans les locaux modernes du K.E.A.T. en novembre 2002.

Le processus de création de cette unité a commencé il y a 15 ans, lorsque Mme Argyro Raptou , professeur au K.E.A.T. , a entendu parler de Kosmas, un enfant sourd-aveugle né avec des restes visuels et des restes auditifs. Kosmas avait été abandonné par sa famille et avait été pris en charge par une institution d’état responsable de l’éducation des enfants abandonnés atteints de handicaps multiples. Mme Raptou a contacté son amie Calliope Karanikola qui, jusqu’alors , avait consacré sa vie à un travail de missionnaire dans divers pays d’Afrique et d’Asie. Calliope Karanikola a décidé de parrainer Kosmas , et en même temps elle a commencé à se battre pour son éducation. En même temps, elles ont découvert d’autres enfants avec des problèmes analogues et sont entrées en contact avec le psychologue français Jacques Souriau. L’aide de Jacques a été très précieuse, premièrement par les conseils pédagogiques qu’il a donnés, deuxièmement par l’aide qu’il a apportée aux parents, tuteurs et professionnels qui travaillaient avec ces enfants . De plus, un programme de formation interne pour la spécialisation des professionnels du K.E.A.T. a commencé par des visites aux unités pour sourds-aveugles en Europe et en Amérique. A la suite de l’inscription de trois enfants sourds-aveugles dans la section maternelle du K.E.A.T. , et afin de répondre à la nécessité d’une meilleure information des professionnels travaillant avec les enfants sourds-aveugles et de se tenir au courant des derniers développements dans ce domaine, des programmes de formation internes ont été introduits. Deux professionnels du K.E.A.T. y ont participé . Cette équipe de professionnels composait le noyau central de l’association des parents, tuteurs et amis des enfants sourds-aveugles. La première présidente de l’association était Calliope Karanikola. L’étape suivante fut l’objectif de l’association d’établir une unité pour l’éducation des enfants sourds-aveugles et de faire reconnaître cette unité comme une section éducative indépendante.

Jusqu’à maintenant, les enfants sourds-aveugles en Grèce ont été accueillis soit par COMMUNICATION – une unité pour enfants aveugles avec handicaps associés – ou par le K.E.A.T. ou par d’autres unités s’occupant d’enfants avec d’autres handicaps associés. Le " Phare pour les aveugles de Grèce " a adopté l’idée d’une unité pour enfants sourds-aveugles dès le début, non seulement en fournissant les locaux pour l’association, mais aussi en fournissant les locaux pour le programme d’activités créatives des enfants. Le rêve de Calliope Karanikola était non seulement de voir la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles, mais aussi la création de centres de réadaptation pour les personnes sourdes-aveugles. Kosmas grandissait , et comme elle croyait à la réussite de ses projets, elle a parrainé un second enfant appelé Apostolos. L’association bénéficiait du soutien de beaucoup de spécialistes internationaux , y compris DbI et EDbN, pour son projet d’unité pour sourds-aveugles. Le résultat de cette coopération fut l’organisation d’une série de séminaires sur des thèmes concernant les sourds-aveugles, sous le patronage du K.E.A.T. , comprenant cinq séminaires de deux ou trois jours, d’une durée totale de 60 heures. 95 spécialistes – éducateurs, musicothérapeutes, ergothérapeutes, et kinésithérapeutes, moniteurs de mobilité et parents – ont assisté à ces séminaires. L’objectif de ces séminaires était de créer un réseau de professionnels capables de répondre aux besoins de soutien des enfants sourds-aveugles dans divers domaines. Les séminaires ont été organisés avec l’aide de William Green (Lega del Filo d’Oro), qui en a assuré la coordination.

Les conférenciers invités en Grèce étaient des experts dans leur domaine et venaient de différents pays. Ils ont répondu à l’invitation avec enthousiasme et ont donné leurs conférences gratuitement. Ils ont aussi donné des conseils pour l’établissement de l’unité elle-même. Les invités d’honneur étaient : William Green ( Lega del Filo d’Oro), Tony Best (Sense), Jacques Souriau (CRESAM), Inger Rodbroe ( NUD – Dk), Dennis Lolli (Perkins), Emmanuela Storani (Lega del Filo d’Oro), Toula Matsa ( Association grecque des parents, tuteurs et amis d’enfants sourds-aveugles), Ursula Heinemann ( Autriche), Bernadette Kappen ( Overbrook School for the Blind), et Mary Guest (Sense).

M.Stratis Hatzicharalampus, sociologue et membre du conseil d’administration du K.E.A.T. , a joué un grand rôle dans l’organisation de ces séminaires et la création de l’unité elle-même. L’unité a eu aussi le soutien inconditionnel du président du K.E.A.T. , M.Andreas Kravaritis. Les séminaires se sont terminés en septembre 2002 et leur achèvement a pris un air de fête car il s’est accompagné de l’annonce officielle de la création de l’unité pour sourds-aveugles, en même temps que de la réunion des membres de DbI. La clôture des séminaires et la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles ont été saluées par un discours de M.Michael Collins , président de DbI, et de Kevin Lessard, directeur de Perkins School for the Blind.

L’unité pour sourds-aveugles démarrera avec 5 à 6 enfants et son programme pédagogique sera appliqué par 8 à 9 professionnels dans le cadre de la coopération entre le ministère de l’éducation et le ministère de la santé. L’équipe éducative se composera de : un psychologue, un musicothérapeute, un ergothérapeute et un kinésithérapeute ; un éducateur spécialisé ; un professeur d’école maternelle ; un moniteur de mobilité ; un aide-éducateur ; une infirmière extérieure et le personnel de ménage nécessaire. Les besoins des enfants vont certainement augmenter à l ‘avenir et l’objectif est de pouvoir accueillir tous les enfants . Le personnel continue sa formation dans le domaine de l’éducation spéciale en suivant des cours et des séminaires organisés par des associations étrangères. Dans le cadre de cette collaboration, l’un de nos ergothérapeutes, Georgia Pappa, suit actuellement le Perkins-Hilton Program à l’école Perkins.

Malheureusement, Calliope Karanikola, la femme qui a inspiré tant de gens en Grèce, n’est plus avec nous pour se réjouir du premier jour de Kosmas dans sa nouvelle école. Elle a quitté ce monde en janvier 2000.

Aujourd’hui Kosmas fait partie de la famille de Despina Mylona qui continue le difficile travail de Calliope Karanikola.
Menelaos Tsaoussis

CAUSE : un projet en marche

Nous avons déjà passé un an sur les 18 mois du projet CAUSE et nous pouvons constater que les divers éléments du projet commencent véritablement à se mettre en place.

CAUSE est financé par le Programme européen des maladies rares, et a pour but de promouvoir les travaux sur les syndromes de CHARGE et d’Usher en Europe. Ceci se fera par :

  • " l’Adaptation au changement " - la conférence de CAUSE : une réunion commune des réseaux CHARGE et Usher.
  • La production de dossiers d’information sur les deux maladies, qui seront distribués en différentes langues et en divers formats, et seront également accessibles sur le site Web de CAUSE.
  • L’entreprise de deux études : " Garder son indépendance ", une enquête sur les conditions de vie des personnes atteintes d’un syndrome d’Usher en Europe. et " Etude du comportement des enfants atteints de CHARGE " - basée sur la diffusion de projets de recherches actuellement entreprises par Jacques Souriau en France et Tim Hartshorne aux Etats-Unis.
  • La production d’une bibliographie comprenant les articles et autres ressources sur CHARGE et Usher.
  • L’établissement d’une vue d’ensemble du soutien et des services actuellement à la disposition des familles de personnes atteintes de CHARGE ou d’Usher dans les pays partenaires.
  • La production de guides de pratiques conseillées, visant à mettre l’accent sur les travaux de pointe sur les deux maladies dans les pays partenaires.

En octobre, en Italie, les partenaires du projet CAUSE ont tenu leur dernière réunion avant la conférence. Ils nous ont donné la possibilité de passer en revue le projet jusqu’à ce jour et de planifier les détails de la conférence et des informations que doit produire le projet.

Aux précédentes réunions, les divers représentants ont parlé en sous-groupes des aspects spécifiques du projet concernant Usher et CHARGE. Le sous-groupe CHARGE a employé son temps à écrire deux des notices d’information qui paraîtront finalement dans le dossier du projet CAUSE. Le sous-groupe Usher s’est consacré au programme de la conférence.

CAUSE va développer l’information sur Usher et CHARGE. Les partenaires ont identifié les grands groupes cibles qui recevront les informations et les participants au projet vont produire des informations accessibles, adaptées à l’utilisateur, pour répondre aux besoins de ces groupes. Nous avons l’intention de produire non seulement un rapport écrit sur les deux études, mais aussi une vidéo d’interviews de personnes ayant participé à ces études. La notice d’information sur les effets fonctionnels du syndrome d’Usher sera basée, par exemple, sur des études de cas dans lesquelles nous espérons que les personnes atteintes de la maladie se retrouveront. La notice sur les ressources sera basée sur les résultats de l’enquête sur les conditions de vie avec le syndrome d’Usher ; en soulignant les services et les ressources que les gens atteints d’Usher trouvent les plus intéressants.

Au cours de leurs 3 réunions, les représentants des associations partenaires ont pris conscience des points forts et des manques de leurs propres ressources d’information. Notre objectif est de produire un dossier ressource qui comblera certains de ces manques, signalera les autres sources d’information et sera tout aussi intéressant et utile pour un professionnel travaillant avec des enfants atteints de CHARGE en Allemagne que pour une personne atteinte d’Usher en Espagne.

La conférence de CAUSE " S’adapter au changement "

Cette conférence rassemblera le réseau CHARGE et le réseau européen sur le syndrome d’Usher. Les deux thèmes de la conférence sont " S’adapter au changement ", dont Margaret de Feu, Royaume-Uni, donnera les détails dans son discours d’ouverture, et " Identité et être " que Carol Brill-Oran, membre du EUSN d’Irlande, traitera de son point de vue personnel.

Nous sommes heureux de pouvoir confirmer que David Brown et Tim Hartshorne viendront des Etats-Unis. David présentera : " Intégration sensorielle : un défi particulier pour CHARGE " tandis que Tim présentera les résultats de l’étude de comportement sur CHARGE. Ce sera aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les récents développements de la recherche sur le syndrome d’Usher.

Le président de la conférence sera William Green, vice-président de DbI. Beaucoup d’intervenants et d’animateurs d’ateliers spécialistes d’Usher et de CHARGE participeront à la conférence. Il est prévu du temps pour les discussions et l’établissement de contacts. La conférence sera aussi l’occasion pour les réseaux d’envisager l’avenir. Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous en mars.

Conférence CAUSE
27 – 30 mars 2003
Hanover International Hotel, Hinckley, Leicestershire, Angleterre

Inscriptions
Tarif familles : 250€ par adulte et 85€ par enfant jusqu’à 2 enfants, gratuit au-dessus de 2.
Individuel : 400€

Pour informations complémentaires, s’adresser à :
 Liz Cook, Sense, 11-13 Clifton Terrace,Finsbury Park, London N4 3SR, UK. Email: lcook@sense.org.uk


Des gens extraordinaires:

Bob et Michelle Smithdas

Therese Madden Rose, Ph.D., est spécialiste de l’ aide technique au Consortium national de l’aide technique auprès du Helen Keller National Center, à Sands Point, New York, USA. Elle décrit ici les exploits de deux de ses collègues, Bob et Michelle Smithdas.

Depuis plus de 25 ans, l’équipe du Helen Keller National Center (HKNC) à Sands Point, New York, a eu le privilège d’assister à d’extraordinaires exploits accomplis par des gens extraordinaires. Beaucoup de sourds-aveugles de tout le pays viennent au Centre en tant qu’étudiants pour des stages de formation au cours desquels ils apprennent des compétences qui les aideront à s’adapter à la vie quotidienne. Plusieurs autres personnes sourdes-aveugles remarquables sont des professionnels dans notre équipe. Deux de ces personnes extraordinaires sont Bob et Michelle Smithdas.

Bob Smithdas est devenu célèbre lorsqu’il a passé non seulement une licence, mais aussi une maîtrise, et a continué jusqu’à quatre diplômes de doctorat à titre honorifique. Il est donc devenu le Dr Bob Smithdas. Mais l’histoire de sa vie commence bien avant cela. A l’âge de 4 ans ½ , il a contracté une méningite cérébro-spinale et a perdu la vue et pratiquement toute l’ouïe. Plus tard, il est devenu totalement sourd. Dans sa première autobiographie, " La vie au bout des doigts ", il notait : " incapable d’entendre le son de ma propre voix, je perdis progressivement toute sensibilité à la tonalité et aux accents qui donnent à la parole son caractère humain ". M.Smithdas m’a dit : " j’ai toujours été satisfait de trouver que je pouvais surmonter les obstacles de la surdicécité par moi-même, et les défis à relever étaient les choses qui me donnaient satisfaction parce que cela montrait que tout est possible jusqu’à ce qu’on prouve que c’est impossible ! . En plus, j’étais plutôt têtu quand j’étais enfant, et si on me disait que je ne pouvais pas faire quelque chose, j’essayais de prouver qu’on avait tort et que j’avais raison ".

Il l’a certainement fait de nombreuses fois. Nous avons tous profité de son entêtement, en particulier les sourds-aveugles. Avec Helen Keller et Peter Salmon, M.Smithdas a joué un rôle vital dans l’établissement aux USA de la législation autorisant la création du Helen Keller National Center pour les jeunes et adultes sourds-aveugles. A l’âge de 77 ans, il continue de travailler comme directeur de l’éducation sociale au HKNC. L’apparence quelquefois bourrue et farouche de Bob est contrebalancée par sa sensibilité poétique. Dans " Shared Beauty " (" Beauté partagée "), il notait : " Je l’appelle la vie, et ris de son enchantement. Bien que la vie elle-même soit hors de vue et d’ouïe. " . Outre " Shared Beauty ", Bob Smithdas est aussi l’auteur d’un autre recueil de poèmes : " City of the Heart " ( " La cité du coeur ").

Michelle Smithdas est née malentendante et est devenue totalement sourde à l’âge de 15 ans. Après un accident de motoneige durant sa 4e année à l’université de Gallaudet, elle a perdu la vue. Michelle a rencontré Bob lorsqu’elle est venue étudier au HKNC en 1972. Ils se sont mariés 3 ans après. Michelle est enseignante dans le département communications du Centre. Dans une interview publiée dans The Deaf American en 1976, Michelle dit qu’elle a appris de Bob le courage et la détermination. Toutefois, quand Michelle décida de se faire poser un implant cochléaire en 1994, Bob garda son opinion pour lui jusqu’à ce que sa décision ait été prise. Lorsque l’implant a été mis, le premier son qu’elle a entendu a été la voix de Bob. Michelle dit que l’expérience a été " passionnante ".

Comme beaucoup d’Américains, Bob a un garage plein d’outils électriques dont il se sert pour faire des réparations dans la maison qu’il possède avec Michelle. C’est aussi un cuisinier gourmet. Michelle est une excellente pâtissière.

La journaliste de la télévision américaine Barbara Walters parle de son interview de Bob et Michelle Smithdas comme de la plus mémorable de sa carrière. Dans le numéro " Power " de novembre 2001 du Ladies Home Journal, Barbara Walters désigne Michelle Smithdas comme la femme qui l’a le plus inspirée . Le 7 novembre 2001, Barbara Walters a remis le prix du HKNC pour l’œuvre de toute une vie au Dr Bob Smithdas.

Quelquefois, nous qui travaillons dans le domaine de la défense des handicapés, nous ne remarquons pas les exploits de nos collègues. A cause de gens comme Bob et Michelle Smithdas, des portes s’ouvrent dont on ne pouvait pas même s’approcher du temps d’Helen Keller. Cela est vraiment extraordinaire.


Merci Anneke !

A l’occasion du 4e séminaire du réseau surdicécité acquise en Suisse, Anneke Balder réfléchit sur son évolution au cours des années.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le réseau surdicécité acquise, je commencerai par une brève présentation. Nous avons commencé en 1989, petit groupe de professionnels isolés qui s’étaient rencontrés à une conférence européenne de l’IAEDB ( l’ancienne DbI). L’IAEDB était une organisation où les professeurs et éducateurs d’enfants sourds-aveugles se rencontraient lors de conférences et de sous-commissions. Les thèmes des conférences plénières et des ateliers dans les conférences étaient tous sur la surdicécité congénitale. Ce n’était pas surprenant parce que c’était le domaine prioritaire à cette époque. En 1989, il y a eu un léger changement lorsque quelques professionnels qui travaillaient avec des personnes devenues sourdes-aveugles se sont rencontrés à la conférence de Warwick ( Royaume-Uni). Je faisais partie de ce petit groupe et nous avons eu plusieurs discussions animées et quelquefois passionnées sur notre travail car nous étions pour la plupart des " lonesome cowboys " dans nos pays respectifs, qui devaient se battre, isolément, pour les gens devenus sourds-aveugles. Nous avons décidé de nous rencontrer régulièrement et notre premier acte " de guerre " fut de demander d’être reconnus officiellement en tant que sous-commission par l’IAEDB. Nous réussîmes et notre association est devenue réalité !

Comme nous n’étions ni plus ni moins que des professionnels isolés, le premier sujet de nos premières réunions fut comment joindre les autres professionnels isolés et comment les mettre en contact. L’idée d’organiser un séminaire était née ! Le premier fut organisé en 1994 en Hollande. Au programme étaient représentés différents aspects de la surdicécité acquise et la meilleure chose fut qu’après cela 60 professionnels isolés se sentirent moins isolés parce qu’ils avaient rencontré des gens ayant exactement les mêmes problèmes.

Deux ans après, à Poitiers ( France), nous avions un vrai thème : la Réglementation des Nations Unies pour les Handicapés. Trois sous-thèmes sur cette réglementation étaient le sujet du séminaire : accessibilité, rééducation et services de soutien. Il y a eu beaucoup de discussions sur les expériences et les idées sur ces sujets et beaucoup de participants ont eu le sentiment qu’ils n’étaient plus des cow-boys solitaires ! Il y a eu des projets de coopération. Pour nos collègues français, le séminaire fut un grand succès. Peu après, ils commencèrent un projet de centre de ressources pour la surdicécité acquise qui est déjà ouvert et qui marche.

Pour le 3e séminaire européen, la surdicécité des personnes âgées est devenue le thème des conférences. Le programme couvrait une grande variété de sujets. La plupart des participants sont repartis avec beaucoup d’inspiration, mais ils avaient aussi un sentiment d’impuissance parce que c’était un problème grandissant et non reconnu.

Nous sommes maintenant au début du 4e séminaire. Nous avons plus d’ambitions que jamais et il y a beaucoup de sujets qui nous interpellent :

  • le nombre grandissant de personnes âgées et très âgées. On a encore besoin de savoir comment organiser les services de rééducation et comment mettre la surdicécité au programme des services de gériatrie
  • la classification internationale invalidité et handicap de l’OMC.
  • les échanges sur ces thèmes avec les sourds-aveugles et leurs organisations nationales et internationales .

Nous n’échouerons pas dans notre mission car nous espérons que ce séminaire apportera aux participants l’inspiration pour repartir avec des projets concrets de meilleurs services pour les personnes devenues sourdes-aveugles. Pour cela nous avons besoin de vous et de votre active contribution.

Je voudrais vous faire part de quelques remarques personnelles. Quand j’ai pris la responsabilité de faire ce discours d’ouverture, je ne m’imaginais pas que ce serait le dernier dans le monde des sourds-aveugles. Certains d’entre vous savent déjà que je vais quitter ce travail avec les sourds-aveugles pour relever un nouveau défi. Des gens m’ont demandé pourquoi j’avais pris cette décision. La réponse est qu’il y a eu des changements d’organisation qui font qu’il m’est impossible de continuer. Ces sortes de choses peuvent arriver.

Mais, dans tout ce changement, je voudrais laisser mon mot de la fin, que je vous laisse en héritage à tous : " Je souhaite que les sourds-aveugles et les professionnels trouvent le moyen de coopérer dans le respect les uns des autres pour créer un véritable dialogue ".

Article adapté du discours au Séminaire sur la surdicécité acquise à Zurich du 2 au 6 octobre 2002.


Rencontre des familles  " Listen to me "

La récente conférence des familles du 20 au 27 octobre 2002 à Bari en Italie a connu un grand succès. Plus de 90 parents, professionnels et jeunes sont venus d’Europe occidentale, centrale et orientale pour écouter les conférences et participer aux groupes de discussion, aux ateliers de musique et de sculpture. Le but était de permettre aux parents d’échanger expériences et informations sur une large gamme de questions concernant la vie familiale. La conférence a été rendue possible grâce au soutien financier de La Lega del Filo d’Oro, de Hilton Perkins et de Sense International. Ce parrainage a permis la participation de plus de familles, notamment celles d’Europe de l’est. La conférence a aussi bénéficié de la collaboration avec une organisation locale pour les handicapés, dont les nombreux bénévoles ont apporté une aide administrative inestimable.

Le lieu de la conférence dans le sud de l’Italie a été choisi dans le but de faire connaître les besoins de services des sourds-aveugles dans la région. Il y a beaucoup de familles dans la région des Pouilles qui n’ont actuellement pas accès à un soutien spécialisé. On espère que les autorités régionales qui ont assisté à la conférence seront encouragés à fournir des services appropriés aux sourds-aveugles à l’avenir.

L’un des points forts de la conférence a été la merveilleuse façon de communiquer entre eux des enfants et jeunes adultes sourds-aveugles des différents pays d’Europe. Les sessions quotidiennes " Au-delà des mots " étaient organisées par le Nordic Culture Network ( Réseau culturel nordique) et Sense Ecosse, qui ont permis aux participants sourds-aveugles et à leurs familles de s’exprimer par des ateliers expérimentaux de sculpture et de musique et vibrations lumineuses.

Tous les participants ont dit qu’ils avaient bénéficié du temps passé ensemble à la conférence. Ricardo Lopez, d’Espagne, va faire une liste de mailing informelle afin que les familles puissent rester en contact.

Il y a eu une bonne couverture de la conférence à la télévision locale et dans les journaux, et un petit film en sera tiré afin que d’autres puissent en profiter. Une autre conférence est prévue en 2004 au Danemark et sera organisée par Lone Poggioni du Nordic Culture Network.

Evolution en Inde....

Akhil Paul, Directeur de Sense International (Inde) décrit

La situation en Inde

L’infirmité fait partie de l’existence humaine depuis les débuts de la vie sur cette terre. En Inde, on dit parfois que l’infirmité est " le résultat de mauvaises actions dans une vie antérieure ". Ce mythe disparaît progressivement à cause de l’information faite par diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales. En Inde, beaucoup de travail a été fait pour ceux qui ont un handicap, c’est-à-dire ceux qui sont aveugles, sourds, handicapés mentaux et handicapés moteurs, mais pour les services pour les plurihandicapés, le scénario est très différent.

On estime que le nombre de personnes atteintes d’un handicap en Inde est de plus de 90 millions. On ne dispose d’aucune donnée sur la taille de la population sourde-aveugle car à ce jour, il n ‘y a pas eu d’étude ou de recherche pour déterminer le nombre exact. Les estimations, faites à partir de projets des services sociaux, indiquent qu’il pourrait y avoir plus de 450 000 sourds-aveugles dans le pays.

Les besoins en services pour sourds-aveugles

Avant la création de Sense International ( Inde), la surdicécité était peu connue. Dans ce vaste pays, il n’y avait qu’une école pilote, l’Institut Helen Keller pour les sourds et les sourds-aveugles à Mumbai, qui accueillait 23 élèves sourds-aveugles. La situation était telle que ni le gouvernement, ni les associations travaillant avec les handicapés , n’étaient conscients qu’il y avait une population sourde-aveugle. Le manque d’information sur ce handicap particulier signifiait, et signifie toujours, que beaucoup de personnes sourdes-aveugles sont laissées sans aide, ou sont catégorisées par exemple comme handicapées mentales et reçoivent une aide inappropriée.

Brainstorming national

Cependant, une détermination à faire avancer les choses naissait dans le pays et avec l’aide de nos amis internationaux le processus s’engagea.

Sense International fut créé et depuis nous nous sommes impliqués dans la création de 25 services pour sourds-aveugles dans 13 états de l’Inde, grâce à l’aide d’ONG de handicapés locales . Les services sont établis sur le modèle adapté à la région en gardant à l’esprit les besoins régionaux. Certains de ces modèles sont :

  • unités de formation professionnelle pour sourds-aveugles adultes ;
  • programmes de formation nationaux d’éducateurs ;
  • unités d’hôpitaux de jour
  • programmes de rééducation dans des communautés rurales ;
  • projets de maintien à la maison ;
  • unités de formation en internats ;
  • programmes sociaux de terrain.

Soutien professionnel

En plus d’aider au développement de services, nous travaillons avec chaque ONG partenaire à développer sa capacité par l’organisation de programmes de formation et d’ateliers, dirigés par des spécialistes dans le domaine de la surdicécité qui viennent du monde entier . Nous aidons aussi beaucoup d’autres ONG / écoles et institutions gouvernementales grâce à notre expertise technique.

Aide du gouvernement

Nous avons réalisé que nous avions un rôle militant et nous avons réussi à obtenir la reconnaissance de la surdicécité comme catégorie de plurihandicap en faisant pression sur le gouvernement. Nous avons réussi à faire prendre conscience au gouvernement qu’il y a une énorme population sourde-aveugle en Inde, qui a besoin de l’attention de tous les côtés de la société.

Diffusion de l’information

Le concept de surdicécité est nouveau en Inde. Il n’existe ni littérature ni informations sur la surdicécité. Pour combler ce manque, nous avons créé une unité de ressources et d’information. C’est la première de la sorte en Asie et elle répondra aux besoins des organisations et des individus qui veulent en savoir plus sur la surdicécité par des tracts, articles, bulletins, dépliants et affiches spécialisés.

L’éveil

Le nouveau millénaire a apporté de nouveaux espoirs. La première conférence de DbI Asie a été l’occasion d’échanger et d’apprendre avec des collègues de nombreux pays. Nous projetons de les aider activement à l’avenir.

Durabilité

Dans tous nos programmes, la " durabilité " est un élément clé. Au cours des 5 dernières années, nous avons vu une amélioration notable de la qualité des services. Nous avons réussi à renforcer les programmes grâce aux spécialistes locaux.

L’avenir

Les 5 dernières années ont vu quelques développements très intéressants. Ici , en Inde, il y a de plus en plus de familles et de professionnels qui sont déterminés à améliorer la vie des centaines de milliers de sourds-aveugles dans le pays. Le " Projet " d’origine est devenu un " Programme " et maintenant c’est un " Mouvement " - pour soutenir les sourds-aveugles où qu’ils se trouvent en Inde.

Akhil Sukant Paul
www.senseintindia.org
Email :
akhil@senseintindia.org


LA CONFERENCE ECOSSAISE

Succès de la conférence "Rêves, ambitions et réalités "

" Merveilleuse atmosphère, comme toujours. L’Ecosse est accueillante et pleine d’idées fantastiques ".

Plus de 200 délégués du monde entier ont assisté à la conférence de septembre 2002. La conférence a reçu les éloges de beaucoup de ceux qui ont participé aux 3 jours à la Caledonian University de Glasgow. L’extraordinaire atmosphère était due en grande partie aux enfants et adultes usagers des services de Sense Scotland et leurs familles qui s’étaient impliqués avec enthousiasme.

La déléguée Marie Richardson a déclaré : " l’équipe était formidable, du sommet à la base tout le monde s’y est mis pour que nous nous sentions vraiment les bienvenus ".

Pendant la conférence, les délégués ont participé à des ateliers, à des conférences de professionnels de la santé, de personnes sourdes-aveugles et d’experts de renommée internationale. Il y a eu aussi diverses soirées, dont une première de l’exposition du prix Helen Keller et une soirée de fête avec un groupe de musiciens sourds-aveugles.

Brian Abery, de l’université du Minnesota, USA, a évoqué la question de l’autodétermination et a posé la question : " Les sourds-aveugles nous en diraient-ils plus si nous savions mieux les écouter? "

La conférence inaugurale de Tait Mitchell, qui aura lieu chaque année, a été présentée par William Green, Lega del Filo d’Oro, Italie, et vice-président de DbI. Dans son intervention, il s’est appuyé sur son expérience de travail avec la communauté sourde-aveugle pour parler de la déontologie.

La séance plénière finale a vu Paul Hart, de Sense Ecosse, se servir de la musique de Bach pour étudier la communication entre les sourds-aveugles et leurs partenaires voyants et entendants. Son intervention profonde et divertissante a prouvé, selon ses propres termes : " qu’il faut être deux pour danser le tango ", l’un de ses messages clé étant que " l’essence d’être humain est d’être ".

Gillian Morbey, présidente de Sense Scotland , a déclaré : "  La conférence a provoqué énormément de discussions et débats sur les problèmes de la vie réelle des personnes nécessitant un soutien complexe. C’était une des rares occasions pour les professionnels, les familles et les usagers des services de partager leurs perspectives propres et d’apprendre les uns des autres. Je sais que les gens sont repartis revigorés et pleins de confiance dans la vie et le travail qu’ils font. "

Renseignements complémentaires sur le site de Sense Ecosse : www.sensescotland.org.uk


Des bronzes à toucher...

Une artiste de renommée internationale, Argyro Kondtandinidou, était invitée à montrer ses oeuvres lors d’une exposition coïncidant avec la réunion du conseil d’administration de DbI à Athènes. Mme Kondtandinidou est sculpteur depuis 20 ans. Ses oeuvres se trouvent dans des galeries et résidences privées en Grèce et à l’étranger et récemment certaines ont été exposées à Chicago, et à Atlanta .

Argyro a étudié le dessin et la peinture puis la sculpture sur bois avec des maîtres artisans d’Italie. Cela a été la révélation d’un talent particulier chez Argyro qui a été reconnu par l’UNICEF et, par la suite, Argyro a enseigné la sculpture sur bois à des jeunes dans le cadre de son programme .

L’œuvre exposée lors de la réunion du conseil est un bronze sculpté qui se compose de 14 pièces, toutes de même dimension. Chaque pièce représente la vie publique et privée dans les quatre civilisations anciennes les plus importantes : Grèce, Egypte, Mexique et Inde.

Cette oeuvre magnifique peut être placée sur le sol, on peut marcher dessus et la toucher. On peut aussi l’utiliser comme outil pédagogique pour les enfants sourds-aveugles.

Diamanta-Toula Matsa, présidente de l’association grecque des sourds-aveugles, parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles, a invité Argyro parce que son oeuvre parle à tous de la beauté et de la culture communes à toutes les anciennes civilisations.

Argyro Kondtandinidou travaille à Athènes et son atelier se trouve 4 rue Tripodon ., Plaka.
L’association grecque se trouve 27-29 rue Ragavi ., Athènes 11474.


Centre de ressources sur la surdicécité : une réponse aux besoins d’information en Amérique latine  (par Marcela Forero)

Dans beaucoup de pays en développement, l’accès à l’information sur la surdicécité est limité, en particulier en ce qui concerne les conditions locales. Les informations produites à l’extérieur sont souvent inadaptées parce qu’elles ne sont pas dans la langue locale et trop souvent les réussites des sourds-aveugles et/ou des professionnels au niveau local passent inaperçues.

Sense International ( Amérique latine), avec l’aide du Fonds social du Royaume-Uni, vient de passer un an à rassembler des données pour créer le premier centre de ressources électronique.

Le Centre de ressources sur la surdicécité est un site web conçu pour répondre aux divers besoins des individus, groupes, et organisations travaillant avec les sourds-aveugles, les familles et les professionnels. Nous établissons des contacts et des liens entre les institutions de soins, les organismes d’éducation et de rééducation, la communauté sourde-aveugle, les éducateurs, professionnels, étudiants, chercheurs, politiciens, gestionnaires, les communautés locales et les groupes de réalisation personnelle dans tout le continent. Il est prouvé que l’accès à l’information au bon moment peut faire la différence entre l’inclusion ou l’exclusion des sourds-aveugles dans la société.

Le Centre de ressources pilote a été lancé le 9 septembre 2002 à Bogota en Colombie, et plus de 300 personnes, sourds-aveugles, membres des familles, et professionnels intéressés, ont participé à l’événement. Il sera officiellement inauguré en décembre 2002 après que des améliorations aient été apportées à la suite de consultations.

Quelles informations nous apporte le centre de ressources ?

A une revue complète de la littérature concernant la surdicécité : sur notre site il y a des fiches sur :

    • définitions, classification et causes de surdicécité ( syndromes, génétiques, autres)
    • informations pour les parents (famille, communication, éducation et sexualité)
    • informations pour les éducateurs et professionnels ( évaluation, systèmes de communication, orientation et mobilité, guides-interprètes et formation)

Les fiches sont faciles à télécharger et peuvent être imprimées et distribuées gratuitement.

B Les usagers peuvent accéder à notre bibliothèque virtuelle, demander une copie ou consulter une base de données, avec environ 500 publications comprenant livres, magazines, manuels et articles. On peut aussi télécharger des vidéos sur le sujet ( par exemple une vidéo sur la vie d’Helen Keller ou les systèmes de communication).

C Le site comporte des informations sur les organisations, écoles, association et institutions de tous les pays d’Amérique latine, ainsi qu’une carte de tous les contacts clé dans chaque pays.

D Une partie du site est consacrée aux forums de discussion. Il y a des sections comprenant : " communauté sourde-aveugle ", " réseau jeunesse ", " forum ", et " demande d’aide ".

E enfin le centre de ressources montre la vie réelle des sourds-aveugles d’Amérique latine.

Comment accéder au Centre de Ressources ?

On peut accéder aux informations du centre de ressources soit directement, en allant sur notre site www.sordoceguera.org. , soit indirectement, en prenant contact avec les associations locales travaillant avec des sourds-aveugles ( ces associations peuvent imprimer les informations gratuitement).

Parallèlement à ce projet, trois centres de jeunes seront créés au Pérou, au Brésil et en Colombie , et auront tous les outils informatiques permettant aux sourds-aveugles avec des restes visuels d’accéder directement au site web.

Comment savoir si c’est exact ?

Nous avons un comité consultatif composé de 12 personnes de 8 pays différents ( dont des sourds-aveugles, des représentants des familles et des professionnels). Leur travail est de garantir que le centre de ressources est à jour et de faire remonter les réactions critiques sur la manière dont il est utilisé localement.

Projets d’avenir

Nos projets incluent la traduction du centre de ressources en portugais ; la création de forums de discussion/ réseaux pour les guides-interprètes et les familles ; un lien emploi pour les sourds-aveugles ; et la mise en réseau de la bibliothèque virtuelle avec d’autres pays où il existe des ressources semblables.

Slovaquie :

(Janka Sarisska, directrice de l’école primaire évangélique spécialisée pour les enfants sourds-aveugles de Cervenica, Slovaquie, nous parle d’ intéressants développements en Slovaquie)

Camp international pour les familles d’enfants sourds-aveugles à Sabinov, Slovaquie

Avec l’aide financière de Hilton/Perkins International, nous avons organisé le 6e Camp familial en Slovaquie. Les 3 premiers camps avaient été organisés pour des familles slovaques d’enfants sourds-aveugles et les 3 derniers comprenaient des familles de l’étranger.

Cette année, le camp se tenait dans la petite ville de Sabinov à l’est de la Slovaquie. Nous avions 15 familles et 86 participants en tout. Les familles invitées étaient de l’école pour sourds-aveugles de Cervenica et il y avait trois nouvelles familles avec des enfants plurihandicapés. En plus, il y avait des familles d’Europe de l’est : Hongrie, République Tchèque, Roumanie et Bulgarie. Six professionnels s’occupaient des activités avec les enfants sourds-aveugles, les frères et sœurs, parents et professionnels. L’une était Gillian Morbey de Sense Ecosse, qui est aussi la mère d’un jeune homme de 27 ans. Les participants ont fait 4 groupes – enfants sourds-aveugles, leurs frères et sœurs, parents, et éducateurs. Le programme a été divisé en 4 parties :

  • travail pédagogique sur la communication, thérapie par l’art, musicothérapie, langue des signes et soutien pédagogique et psychologique spécialisé
  • activités culturelles et sportives , adaptées aux besoins individuels de chaque enfant sourd-aveugle. Il y avait des activités comme promenade en ville, visite du musée, shopping, excursion au vieux château, excursion en train ou en bus pour profiter de la nature. Tous les jours, nous avions à notre disposition la piscine et le terrain de sport. L’un des meilleurs moments c’était quand nous étions assis tous ensemble autour du feu de camp à nous chauffer les orteils à la chaleur des flammes. Les enfants se détendaient dans ce nouvel environnement.
  • Frères et sœurs des enfants sourds-aveugles : ils ont travaillé en 2 groupes, l’un pour les jeunes enfants, l’autre pour les plus âgés. Sauf pour les activités de loisir, ils ont travaillé très activement avec un professeur de langue des signes et Gill.
  • Parents .Ils ont eu des conférences sur le développement social et psychologique. Les parents ont rencontré tous les thérapeutes et ont pu discuter avec eux. L’association des parents a aussi tenu une réunion. Ils ont parlé des problèmes actuels pour la création d’un foyer pour sourds-aveugles adultes. A la fin du séjour, le musicothérapeute et le psychologue ont fait une session thérapeutique avec les parents et ça a très bien marché !

L’un des points forts de la semaine a été notre " représentation " avec les enfants sourds-aveugles et leurs frères et sœurs. Nous avons invité les parents et les gens de la ville à cette représentation. C’était merveilleux ! Le plus impressionnant a été quand les frères et sœurs ont chanté et que les enfants sourds-aveugles ont chanté aussi " avec leurs mains ". Même un petit de 3 ans signait !

Ce camp pour les familles a duré 6 jours et chaque jour avait son programme. Nous travaillions de 9h du matin à 6h du soir . C’était contraignant mais tout le monde savait que le temps passé ensemble serait utile aux familles à l’avenir. Il y avait une évaluation régulière de la façon dont les choses progressaient. Toutes les familles étaient enchantées du programme. Elles ont appris beaucoup sur le travail avec leur enfant à la maison et à l’école. Le mieux a peut-être été les relations qui se sont créées entre les familles. Les frères et sœurs de Slovaquie et les familles étrangères n’ont ressenti aucune barrière, même s’ils ne parlaient pas la même langue ! Il y a eu une merveilleuse coopération de tous – professionnels et familles.

Un foyer de vie

L’association des parents, l’école pour enfants sourds-aveugles de Cervenica et l’union des aveugles de Kosice travaillent tous au projet de création d’un foyer pour sourds-aveugles adultes. Le gouvernement slovaque a reconnu les besoins de la population sourde-aveugle dans le programme national de soins des sourds-aveugles. Le programme national, décidé par le gouvernement, est une occasion unique de commencer plus systématiquement à résoudre les problèmes des sourds-aveugles dans notre pays.

Visiteurs étrangers

Le 27 octobre 2002 était un jour spécial pour l’école pour sourds-aveugles de Cervenica. La directrice Janka Sarisska , le personnel et les élèves, ont accueilli à l’école un groupe de 7 Américains. C’étaient le président de la fondation Hilton, Steven M.Hilton, le vice-président Dayanne M.Hayes et le Dr.Robert Buckley avec son fils Brian Buckley. Ils étaient accompagnés de Michael Collins, directeur de l’école Perkins, de Kevin Lessard et du spécialiste de l’Europe de l’est Dennis Lolli, de Hilton Perkins International.

Australie
(Mike Steer nous donne les dernières nouvelles d’Australie)

Conférence nationale

La 6e conférence nationale des sourds-aveugles s’est tenue à Lidcombe, Sydney, du 12 au 15 juillet 2002. Il y avait 226 participants, avec 30 intervenants. Il y avait un bon niveau de participation des sourds-aveugles ( à la fois en nombre et en implication dans les débats) avec des délégués de tous les états et territoires d’Australie ( sauf le territoire du Nord). Il y avait 8 personnes de Nouvelle Zélande, ainsi que des intervenants du Japon et des USA avec des délégués du ministère des personnes âgées et des handicapés de Nouvelle-Galles du Sud ( administratifs et travailleurs sociaux).

31 délégués étaient sourds-aveugles, 7 étaient sourds et 6 étaient aveugles. Il y avait 35 interprètes et 40 bénévoles pour aider les délégués. Deux chauffeurs bénévoles assuraient le transport des délégués depuis l ‘aéroport jusqu’à leur chambre et jusqu’à la conférence. La relaxation musculaire des délégués était assurée par 4 masseurs bénévoles et pour ceux qui avaient des enfants à surveiller, il y avait une garde bénévole.

La Nouvelle Zélande est maintenant membre du Conseil australien des sourds-aveugles depuis l’assemblée générale qui s’est tenue lors de la conférence.

Le délégué australien aux Droits de l’Homme, Sev Ozdowski, a ouvert la conférence, en attirant l’attention sur les droits des Australiens qui sont sourds-aveugles et sur le décalage existant dans les services et le financement pour les personnes sourdes-aveugles. M.Shin-Ichiro Kadokawa du Japon ( lui-même sourd-aveugle) a parlé de son combat pour l’éducation et du travail qu’il fait maintenant à Osaka pour a) améliorer les conditions pour les personnes qui sont sourdes-aveugles et b) promouvoir le soutien de leurs pairs par les personnes qui sont sourdes-aveugles au Japon.

Cinq intervenants des Etats-Unis ont parlé de divers problèmes, dont l’éducation, le syndrome de CHARGE, les facteurs importants dans l’interprétation pour les sourds-aveugles, la fonction de la communication dans les problèmes de comportement, et le rôle des grands-parents dans le développement de la communication . Les intervenants locaux et des autres états ont aussi traité des domaines de l’éducation, de l’interprétation, des droits, des réseaux de contacts, des guides, de la participation personnelle et de la communauté, des problème sensoriels dans les communautés aborigènes, des questions médicales et de la technologie.

Une copie des minutes sur CD, coûtant 20 A$ peut être commandée à : Janne Bidenko dbconference@gpo.com.au

Janne a aussi des t-shirts de la conférence australienne , très chics à manches longues à 22A$ (dollars australiens) pièce et à manches courtes à 16A$. Les deux modèles ont devant le logo de la conférence et au dos les alphabets dactylologiques et Braille ( bleu marine impression jaune). Les casquettes avec " touch " en Braille sur le devant et logo de la conférence en jaune sont à 15A$. Les sacs de la conférence sont à 12A$ pièce. Frais de port en sus.

Besoins en services non satisfaits

Margaret Verick, la lobbyiste professionnelle du Forum australien de la cécité de Canberra, signale que l’institut australien de la santé (AIHW) a récemment indiqué que 519 millions de dollars de financement supplémentaire du Commonwealth et des états ou territoires pour besoins non satisfaits dans les services pour handicapés seraient applicables pour 2000-1 et 2001-2.

L’AIHW a entrepris une étude pour les Administrateurs nationaux des Handicaps afin d’étudier les effets d’un nouveau financement et d’estimer les besoins non satisfaits restants dans les services pour handicapés en Australie. L’étude apporte des informations pour les négociations du prochain accord sur le handicap Commonwealth – Etats/Territoires.

L’Australie a une population de plus de 19.2 millions d’habitants. On estime qu’environ 18% ont un handicap. Les résultats de l’étude révèlent que pour un jour-test en 2001, grâce au financement des besoins non satisfaits, 900 personnes de plus ont bénéficié de services de logement, 2350 autres de services d’aide sociale et 2425 autres de services d’accès. Cependant on estime qu’au minimum 12 500 Australiens handicapés ont encore besoin de services de logement et d’aide. On a besoin de 8200 places dans les services d’accès et 5400 personnes ont besoin d’aide à l’emploi. On peut consulter le résumé du rapport sur le site de l’AIHW : www.aihw.gov.au . Il n’y a aucune indication sur le nombre de ces personnes ne bénéficiant pas de services qui sont sourdes-aveugles.

Nouvelles du Conseil national

Le conseil d’administration du Conseil australien des sourds-aveugles (ADBC) pour 2002-3 se compose de Irene Mc Minn, Sven Topp et Di Hartmann , représentant les sourds-aveugles, et de trois autres membres – Mike Steer, Sharon Barrey Grassick et Meryle Trentini. Le conseil d’administration a réélu Irene McMinn comme présidente, Sven Topp vice-président, Sharon Barrey Grassick secrétaire et Meryle Trentini trésorière. ADBC cherche toujours un représentant des parents pour siéger au conseil d’administration.

Les adieux de l’ADBC à John Finch

C’est avec beaucoup de regret que l’ADBC, lors de son assemblée générale de 2002, a dit adieu à l’un de ses fondateurs, stimulateurs, et bienfaiteurs , John Finch, PDG de l’association des sourds-aveugles de Victoria. Les membres de l’ADBC du monde entier lui adressent tous leurs vœux de bonne retraite et espèrent lire bientôt l’histoire de la surdicécité qu’il prépare.

John Finch part en retraite
( Sharon Hillman ajoute sa contribution)

John Finch, Président Directeur Général de l’association des sourds-aveugles de Victoria, Australie, a pris sa retraite en juillet 2002.

M.Finch, qui a été PDG de l’association pendant 17 ans, a déclaré que c’était avec des sentiments mitigés qu’il avait annoncé son départ en retraite.

"  Je suis très fier d’avoir travaillé avec un personnel et des bénévoles aussi dévoués. Personne ne s’investit plus qu’eux dans l’amélioration de la vie des personnes de la communauté sourde-aveugle. Les challenges et la satisfaction du travail dans un tel environnement me manqueront. "

La contribution personnelle de M.Finch à l’association a été très importante. Il s’est consacré sans relâche à faire connaître la communauté sourde-aveugle dans le gouvernement et dans le grand public. Sous sa direction, M.Finch a vu l’association grandir significativement en taille et en stature à la fois dans le cadre des associations à but non lucratif et en dehors, en restructurant l’organisation pour servir les personnes à handicaps multiples.

"  L’association des sourds-aveugles s’est fait la réputation exceptionnelle de faire une différence dans la vie des gens atteints de surdicécité ou de handicaps multiples. Pendant ma retraite, entre mes expéditions en 4x4 et mes projets de voyage, j’ai l’intention de faire partager mes expériences en retraçant l’histoire de l’association des sourds-aveugles (DBA). "

Le conseil d ‘administration de l’association des sourds-aveugles a le plaisir d’annoncer que Celestine Hare, l’actuelle directrice générale, assumera la fonction de PDG à partir du 1er juillet 2002.

Mme Hare est à l’association depuis 14 ans – au poste de vice-présidente depuis 7ans ½ - et a dirigé les services directs aux clients de l’association pendant 5 ans.

Le conseil d’administration de l’association est sûr que ce sera une transition en douceur, car le processus de transmission est en cours. " M.Finch et Mme Hare se sont investis ensemble dans la DBA pendant de nombreuses années , et je suis sûr que l’avenir de l’association est en de très bonnes mains. J’espère que nous continuerons à travailler en étroite collaboration ", a expliqué M.Eddie Keir, président de l’association des sourds-aveugles.


République tchèque

Avis de recherche : Hôtes pour les vacances de l’été 2004 en Europe !
Les vacances des sourds-aveugles d’un bout à l’autre de l’Europe, par Jan Jakes

Le 5e séjour de vacances pour les sourds-aveugles a eu lieu en Croatie en juin 2002., accueilli par l’association croate des sourds-aveugles : DODIR. Le prochain se tiendra en Pologne l’été prochain. Donc maintenant nous cherchons un organisateur pour l’année 2004, ainsi que pour les années suivantes.

Depuis 1997, les sourds-aveugles européens ont eu l’occasion de passer des vacances ensemble dans les séjours internationaux. Le programme des camps de vacances vise à offrir des activités sociales, culturelles, et autres activités de loisirs. Il y a des jeux de société, des bals, des excursions, et des visites de monuments, de musées et d’endroits beaux et intéressants . Les participants sourds-aveugles des divers pays et leurs interprètes ont le temps de bavarder, d’avoir des discussions amicales, des rencontres informelles, et l’occasion de partager leurs expériences personnelles. C’est vraiment intéressant de découvrir des gens, de faire connaissance et d’acquérir de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences en communication. Les autres activités sont amusantes et représentent aussi des défis ! Par exemple, nous avons essayé de faire du ski nautique en Suisse et appris à plonger en Croatie.

Le fait que les sourds-aveugles participent ensemble aux activités du camp leur remonte le moral tout en leur permettant d’apprendre de nouvelles choses qui rendent la vie plus intéressante.

Jusqu’à ce jour, les sourds-aveugles ont eu le plaisir de participer à cinq camps internationaux , qui étaient organisés par des associations nationales de sourds-aveugles. Les voici :

  • République Tchèque, Paprsek et Prague 1997. Association : LORM, organisation : Jan Jakes et Vera Husàkovà. 17 participants sourds-aveugles venant de 7 pays : Belgique, République Tchèque, France, Italie, Suède, Suisse et Royaume-Uni.
  • France, La Rochelle, 1998. Association Loisirs/vacances pour sourds-aveugles , organisation : Florence Chevallier et Jean-François Guérineau. 18 participants sourds-aveugles de 6 pays : République Tchèque, France, Italie, Hollande, Suède et Suisse.
  • Belgique, Lampernisse, 2000. Association EURO 2000, organisation : Peter Vanhoutte et Koen Amerlynck. 16 participants sourds-aveugles de 9 pays : Belgique, République Tchèque, Danemark, France, Italie, Hollande, Pologne, Suède et Suisse.
  • Suisse, Monthey ( Suisse romande), 2001. Associations : ARSA ( association romande des sourds-aveugles), FRSA ( fondation romande en faveur des personnes sourdes-aveugles) et UCBA ( Union centrale suisse pour le bien des aveugles), organisation : Julia Roessler, Françoise Gay-Truffer et le Centre des Marmettes. 16 participants sourds-aveugles de 5 pays : Belgique, République Tchèque, France, Hollande, et Suisse.
  • Croatie, Bol ( Ile de Brac) . Association croate des sourds-aveugles DODIR, coordination du projet : Elizabeta Tarczay, assistants : Davorka Dragojevic, Maja Levar, Lidija Milosevic. 24 participants sourds-aveugles de 8 pays : Belgique, Croatie, République Tchèque, Danemark, Finlande, Italie, Suède, Suisse ; il y avait 13 sourds-aveugles de l’étranger et 11 de Croatie.

Propositions, offres, questions, commentaires et correspondance peuvent être adressés à : Jan Jakes,

c/o Association of the Deafblind
K Vodojemu 29
150 00 Praha 5
Email:
jajakes@volny.cz

Kazakhstan

Meyrim – la première fondation pour les sourds-aveugles au Kazakhstan,
par Galina Frolova, présidente de Meyrim

La première et la seule organisation caritative qui aide les sourds-aveugles au Kazakhstan a été fondée au début de 2001 par un groupe de personnes. Elle s’appelle Meyrim – Fondation publique d’aide sociale et de rééducation des personnes sourdes-aveugles. La fondation est située dans la ville d’Almaty, l’ancienne capitale du Kazakhstan. Galina Frolova, sourde-aveugle elle-même, est présidente de la fondation.

Depuis le début la fondation travaille bénévolement. Elle a de bonnes relations avec les associations pour les sourds et pour les aveugles dans la région. Actuellement, il y a 60 adultes sourds-aveugles et 40 enfants sourds-aveugles vivant à Almaty recensés par la Fondation. Ils ont des causes de surdicécité différentes. La Fondation a des informations sur d’autres sourds-aveugles vivant dans différentes régions du pays qui ne sont pas inscrits sur cette liste de recensement.

La fondation a réussi à établir de bons contacts avec la plupart des sourds-aveugles et familles d’enfants sourds-aveugles recensés. Nous avons un bureau où se tiennent les réunions du club de communication des sourds-aveugles. Ces réunions sont la première étape de la résolution du problèmes le plus compliqué pour les sourds-aveugles – communiquer et obtenir des informations.

Grâce à des donations de l’ambassade canadienne, la fondation a pu acheter l’équipement et le mobilier dont nous avions besoin. D’autres donations nous ont donné la possibilité de financer des fêtes et des activités de loisirs pour les sourds-aveugles et leurs familles, choses qui leur manquaient beaucoup.

Nous avons encore besoin d’informations et de matériel sur la façon dont les parents peuvent éduquer leurs enfants sourds-aveugles. Nous avons aussi besoin de conseils sur la manière d’aider les personnes ayant différentes causes de surdicécité.

Nous aimerions beaucoup avoir de vos nouvelles. Ecrivez à :

Galina Frolova,
Présidente de la Fondation " Meyrim ",
Bogenbay batyr str., 214
480012 Kazakhstan, Almaty
Email:
meyrim@nursat.kz


Roumanie

par Cristina Salomie, directrice de Sense International Roumanie

Notre priorité majeure pour cette année ( mis à part le partenariat avec le gouvernement roumain) est de créer un centre de jour pour un groupe de 29 adultes sourds-aveugles dans la région de Timisoara. Nous venons d’élire le coordinateur du groupe et nous sommes ravis de cette désignation. Geta-Cristina Manderscheid a 34 ans et est de Timisoara. Elle a une perte auditive profonde et une vision en tunnel et est mariée à un sourd. Geta-Cristina est diplomée de l’école professionnelle pour les sourds de Timisoara, où elle a eu une formation en bobinage. Elle a travaillé un peu dans une usine, mais comme elle avait de graves problèmes de vue, c’était difficile pour elle et elle a dû démissionner. Elle aime peindre et a beaucoup de talent. Elle est allée un an dans une école des beaux-arts mais elle n’avait pas assez d’argent pour finir ses études.

Sa principale difficulté est de communiquer avec les autres. Bien qu’elle ait fréquenté une école pour sourds, elle n’a pas reçu une éducation adaptée à son handicap complexe. Elle s’est toujours sentie isolée et frustrée de ne pas pouvoir communiquer avec les autres comme elle le voudrait. Geta nous a dit que le nouveau Centre de jour de Timisoara représente une oasis dans le désert de sa vie. Elle s’est déjà impliquée dans toutes les activités du centre de jour et, grâce à son enthousiasme et au soutien de son mari, elle est le moteur du groupe de sourds-aveugles de Timisoara. Comme elle a aussi des qualités de leader, elle est devenue la coordinatrice du groupe. Elle est très active, optimiste, sensible, pleine de charme et a un grand sens de l’humour. Elle se considère comme sourde-aveugle et est consciente de ses besoins très spéciaux. Nous sommes ravis de cette nouvelle nomination et nous espérons que le groupe va prospérer sous sa conduite.

Nous avons aussi élu Geta-Cristina comme membre du Comité consultatif de Sens International (Roumanie). Elle est très heureuse d’avoir été élue membre de notre comité. Elle a assisté récemment à une réunion et a dit par l’intermédiaire de son interprète qu’elle était heureuse d’avoir été traitée comme l’une d’entre nous et qu’elle pourrait représenter les sourds-aveugles dans toutes les activités du comité consultatif.

Cristiana Salomie
Directrice Sense International ( Roumanie)
Blv. Timisora 27
BI D, sc B, et.5, ap. 23
Bucharest
Email :
csalomie@senseint.org.ro

SUEDE

Sensation, perception et formation du sens  par Anny Koppen, NUD

En coopération avec le Groupe de travail de DbI sur la communication et la surdicécité congénitale, le NUD ( Centre nordique de formation du personnel pour les services pour sourds-aveugles) a organisé une conférence sur le thème : sensation, perception et formation du sens chez les sourds-aveugles congénitaux. L’évènement a eu lieu à Gothenburg en Suède du 27 août au 1er septembre et a rassemblé environ 80 personnes. Le groupe de travail sur communication et surdicécité congénitale explore depuis quelque temps la formation du sens dans l’interaction communicative avec les personnes sourdes-aveugles congénitales et a suggéré de se focaliser sur deux concepts essentiels : le récit et l’intégration. En une rencontre entre le monde de la recherche et le monde de l’éducation des sourds-aveugles, ces deux concepts ont été examinés de différents points de vue , ce qui a amené des discussions en profondeur, de nouveaux centres d’intérêt communs et de nouveaux participants au Groupe de travail sur la communication.

Les interventions à la conférence seront publiées sur le site du NUD , sur www.nud.dk

Inde

par Akhil Paul, Binali Sundahani et Sumitra Mishra
Atelier de recyclage pour éducateurs de sourds-aveugles

Sense International ( Inde) a organisé un atelier de recyclage pour les éducateurs et coordinateurs de projet de toutes ses associations partenaires du 16 au 18 septembre 2002 à Mumbai. L’objet principal de cet atelier était la mise à jour des compétences des professionnels travaillant avec des sourds-aveugles. Plus de 40 professionnels de tout le pays y ont assisté. Les participants et les professeurs ont apprécié les nombreuses sessions interactives sur des sujets tels que l’évaluation, le planning du programme individuel, et le travail avec les familles etc. Une des sessions était consacrée aux initiatives de construction de capacités pour les participants. Les participants avaient beaucoup de problèmes pratiques à discuter au sujet des sourds-aveugles avec qui ils travaillaient. L’importance de construire des programmes de bonne qualité a été soulignée tout au long des sessions et tous les participants sont repartis avec des plans d’action bien définis qu’ils vont maintenant appliquer dans leurs programmes respectifs.

Réseau des éducateurs de sourds-aveugles

Educateurs, travailleurs sociaux de terrain et coordinateurs de projets se sont réunis le 19 septembre et après discussion ont formé le premier Réseau d’éducateurs de sourds-aveugles ! Le réseau permettra aux professionnels travaillant avec des enfants sourds-aveugles de partager leurs réussites et leurs problèmes, et d’apprendre mutuellement de leurs expériences. Le réseau fournira un tremplin pour l’évolution professionnelle de ses membres grâce à l’échange d’informations, aux opportunités de formation et au soutien mutuel de collègues ayant les mêmes préoccupations. Les activités du réseau seront déterminées par ses membres. La prochaine réunion du réseau est prévue en février 2003.

Visites d’information sur les sourds-aveugles

Il y a maintenant quelques années que les membres des équipes des nouveaux programmes pour sourds-aveugles visitent les organisations travaillant avec des enfants sourds-aveugles . Les visites sont organisées d’abord pour acquérir une expérience pratique de la gestion d’un programme pour sourds-aveugles et évaluer les nécessités et la logistique d’un programme durable. Ces programmes d’échange entre deux organisations permettent de créer un mécanisme de partage d’idées et d’expériences à long terme.

Quels sont les avantages ?

Le personnel de l’organisation visiteuse acquiert des informations et des connaissances sur divers aspects du travail avec les enfants et les familles et a des exemples pratiques et réussis de mobilisation des ressources dans la communauté. En même temps, l’organisation qui reçoit a l’opportunité de développer ses compétences en élaborant un programme pour les visiteurs. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur ses propres activités et de revoir son action et son rôle. Au cours des derniers mois, 5 organisations ont participé à un tel programme à des moments différents.


PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT PROFESSIONNEL 2003

Sense International, avec Sense Ecosse, organisera son 5e programme de développement professionnel (PDP) en septembre 2003.

Le PDP est un programme de formation et de développement professionnel de 6 semaines , au Royaume-Uni, qui donne l’opportunité aux professionnels du monde entier, de développer leurs compétences dans un domaine spécialisé de la surdicécité. Dans le cadre du programme, vous passerez 6 semaines au Royaume-Uni en septembre et octobre 2003.

Depuis son lancement en 1996, le PDP de Sense International a permis à plus de 22 professionnels de 13 pays différents de participer. Leela Agnes de l’Inde et Stella Kamau du Kenya ont participé toutes les deux au PDP de 2001.

"  Le PDP m’a donné une vue très large sur une diversité de programmes différents " ( Leela Agnes, Inde)

" Le PDP a ouvert ma réflexion sur la fourniture de services aux sourds-aveugles d’une manière entièrement nouvelle " ( Stella Kamau, Kenya)

Le PDP donne aux professionnels l’opportunité de :

  • développer leurs connaissances et leurs compétences dans un domaine spécialisé du handicap sensoriel ;
  • visiter/observer divers services spécialisés au Royaume-Uni ;
  • discuter de leur travail et de leurs projets avec des professionnels expérimentés dans un travail similaire ;
  • produire un projet lié à leur travail dans leur pays avec l’aide de spécialistes du Royaume-Uni.

Pour tout renseignement complémentaire et pour les candidatures au PDP, veuillez prendre contact avec Emma Fisher à efisher@senseinternational.org.uk

La date limite pour les candidatures est le 28 février 2003.

NOUVELLES DES RESEAUX

Réseau emploi

Suite à une très bonne rencontre l’an dernier en Hollande, on a fait une demande de financement à L’Europe pour permettre aux membres du réseau emploi de se rencontrer et de développer les liens établis. Malheureusement , quoique la demande ait été reconnue valable, il n’y avait pas assez d’argent disponible, et donc elle n’a pas été financée. Ceci nous laisse dans une situation où du travail valable est fait dans beaucoup de pays , mais où il y a peu d’occasions de le mettre en commun.

C’est là que le réseau emploi peut jouer. L’emploi est si important dans la vie quotidienne des sourds-aveugles qu’il faut que nous partagions nos expériences et nos connaissances. Je voudrais avoir des nouvelles de quiconque s’intéresse aux problèmes de l’emploi afin qu’on puisse trouver un moyen d’échanger les informations. Peut-être pourrions-nous utiliser l’internet pour échanger nos idées. Il est possible de se réunir sur le net et de discuter idées et problèmes. Si vous êtes intéressé, envoyez-moi un Email à : captaink48@hotmail.com et nous établirons un lien.

Le réseau a été créé pour développer et promouvoir le bon usage dans le domaine de l’emploi. On nous a demandé de produire un document pouvant être utilisé par DbI pour cela, donc je souhaiterais avoir des nouvelles de quiconque voudrait échanger des idées avec les autres.

Les récents travaux au Royaume-Uni ont porté sur :

  • Identification des obstacles à l’emploi, en collaboration avec des personnes handicapées et des employeurs.
  • Aider les personnes handicapées à poser leur candidature à un emploi
  • Aide aux employeurs
  • Aide à ceux qui deviennent handicapés en cours d’emploi.
  • Développement de modèles d’emploi.

Si vous faites un travail similaire, ou si vous souhaitez avoir des exemplaires des documents élaborés dans ces projets, contactez-moi.
Tony Kirk

Réseau EUSN ( Réseau européen sur le syndrome d’Usher)

Carol Brill Doran, secrétaire de l’EUSN, et Marylin Kilsby, membre de l’EUSN, s’occupent activement de l’organisation de la conférence de CAUSE, qui aura lieu du 27 au 30 mars à Hinckley, Leicestershiore.

Nous espérons qu’autant de membres que possible de l’EUSN pourront assister à cette conférence, car ce sera une bonne occasion d’étendre l’EUSN, à la fois en nombre de membres et en projets d’avenir.
Marylin Kilsby


Le réseau culturel nordique par Lone Poggioni (Danemark)

La Norvège, la Suède et le Danemark ont une longue tradition de coopération dans toutes sortes de projets, problèmes et sujets. Les gouvernements des trois pays collaborent étroitement et beaucoup d’ONG scandinaves se réunissent régulièrement pour échanger des informations et résoudre leurs problèmes communs.

Il était donc naturel que les organisations de parents des pays nordiques créent aussi une association. Elle a démarré formellement en 1993, et en 1998 il a été décidé de créer l’association culturelle nordique pour les sourds-aveugles congénitaux avec des professionnels et des artistes.

En 1999, il a été demandé à l’association culturelle nordique – en tant que groupe-réseau – de devenir membre du conseil de DbI. Nous avons été très honorés et avons accepté aussitôt.

L’association est dirigée par un conseil d’administration composé de 2 représentants de chacune des associations nordiques de parents. Elle a plusieurs objectifs :

  • Collaborer et échanger les expériences entre les parents de sourds-aveugles congénitaux des pays nordiques.
  • Aider à formuler un contenu signifiant pour l’avenir des sourds-aveugles en Scandinavie.
  • Organiser une conférence des parents des pays nordiques tous les 3 ou 4 ans.
  • Coordonner lorsqu’un ou plusieurs parents de l’association culturelle nordique participent à des activités internationales.
  • Proposer des activités culturelles aux adultes sourds-aveugles congénitaux de tous les pays nordiques.

C’est un grand plaisir pour l’association de donner aux sourds-aveugles congénitaux l’opportunité de développer des talents créatifs, et donc de leur donner l’opportunité d’apprendre, d’expérimenter, de s’exprimer et de communiquer avec le monde extérieur d’une nouvelle manière. Pourquoi est-ce si important de donner cette opportunité aux sourds-aveugles ? Parce que les sourds-aveugles sont comme vous et moi.

Chacun de nous s’efforce – d’une manière ou d’une autre – de trouver un modèle de vie, ou un modèle dans la vie. Une personne sourde-aveugle a son mode de vie particulier et sa propre façon d’expérimenter l’environnement comme tout le monde. Nous sommes certains que les sourds-aveugles connaissent plus de contradictions, de conflits et de paradoxes dans leur vie que nous n’en connaîtrons jamais.

Pour cette raison, les sentiments de discontinuité et de chaos sont peut-être les sentiments dominants chez les sourds-aveugles.

Nous nous sommes demandé s’il y aurait une chance qu’ils puissent extérioriser leurs passions, protestations et drames, et développer ces expressions dans des directions artistiques. On pense souvent que les artistes sont des gens très spéciaux, pas des gens ordinaires. Donc, nous nous sommes dit : pourquoi des gens spéciaux qui sont sourds-aveugles ne deviendraient-ils pas aussi des artistes ?

Pour un sourd-aveugle, être un artiste lui apporte plaisir et amitiés et il/elle est sûr d’avoir une meilleure qualité de vie.

Et, pendant ces 7 années, nous avons pu voir ceci se vérifier.

Nous avons commencé en été 96 par un stage. C’était un stage de sculpture dans le Gotland avec 6 participants qui fut une réussite. Donc en 1997, nous avons proposé deux stages – un de sculpture et un de danse. Les deux ont eu lieu dans le Gotland en Suède. 10 sourds-aveugles y ont participé.

Chaque année, nous avons développé nos stages et cette année il y aura 5 stages en Suède, en Norvège et au Danemark sur la sculpture, la danse et le théâtre, la musique et la sculpture dans la nature. Cette année, il y a eu 34 sourds-aveugles adultes qui y ont participé, ce qui fait un total de 140 participants depuis le début.

Notre conférence

Cette année, nous avons tenu notre 3e conférence. Elle a eu lieu en Suède et 54 parents de toute la Scandinavie y ont assisté. Son thème était l’exploration de l’essence de la surdicécité et de ce qui était important pour les parents d’enfants sourds-aveugles. Elle était aussi centrée sur la collaboration entre parents et professionnels et sur la communication par l’expérience commune.

Réseau adultes sourds-aveugles congénitaux (CDBAN)

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le Réseau adultes sourds-aveugles congénitaux (CDBAN) se porte bien. Les 9 et 10 novembre 2002, un groupe de personnes intéressées d’Ecosse, Italie et France se sont rencontrées et ont dressé un plan de travail pour une série d’activités de réseau jusqu’en 2007. Ce plan d’action inclut les préparatifs de notre journée des réseaux à Toronto et une stratégie pour recueillir des informations par des vidéos d’interviews de parents, de prestataires de services, de professionnels et, si possible, de sourds-aveugles parlant en leur nom. Les questions posées se situent dans deux domaines principaux : prestation de services et structure, et indices de qualité de la vie. Nous sommes convenus qu’il est très important d’étudier les besoins et les ressources des sourds-aveugles congénitaux et de se servir de ces informations comme base de l’action future de notre groupe. Ces informations seront à la disposition de toutes les parties intéressées. Nous envisageons aussi un projet sur le passage à l’âge adulte des sourds-aveugles congénitaux et l’influence de l’âge qui pourrait exister.

Nous avons l’intention d’inclure quelques membres permanents supplémentaires dans notre réseau , familles et professionnels et si possible, usagers des services. Nous espérons voir beaucoup de monde à Toronto pour notre journée des réseaux.

Pour tout renseignement complémentaire, contacter Dominique Spriet par Email : spriet.dominique@wanadoo.fr ou par fax : 33(0)1 45 89 03 00.

ou bien Paul Hart à : phart@sensescotland.org.uk


Réseau MDVI ( Enfants déficients visuels multihandicapés) par Ken Lundvist

Un atelier sur l’évaluation visuelle pour les enfants et les jeunes déficients visuels multihandicapés s’est tenu du 11 au 15 décembre au Centre de ressources vision d’Orebro en Suède.

On y a accueilli des praticiens faisant quotidiennement des mesures de la vision des enfants déficients visuels multihandicapés. L’objectif était d’inviter deux membres de chaque organisation fondatrice à participer au réseau européen, afin qu’ils échangent leurs usages concernant les méthodes, objectifs et conséquences pratiques de l’évaluation visuelle chez les jeunes déficients visuels multihandicapés.

Rapport détaillé au prochain numéro.

Groupe d’études sur le syndrome d’Usher par Mary Guest

Depuis 1985, un groupe de personnes préoccupées d’améliorer la connaissance et la compréhension du syndrôme d’Usher se réunit tous les 2 ou 3 ans en Europe. La conférence mondiale de DbI se tenant au Canada en 2003, le réseau Groupe d’études sur le syndrome d’Usher de Deafblind International a pensé que c’était l’occasion de convier les participants nord-américains à étudier ensemble ce handicap. Les personnes atteintes de Usher, les familles et les professionnels sont invités à participer à un séminaire de 2 jours consacré aux échanges sur comment vivre avec un syndrome d’Usher et à la recherche médicale et scientifique actuelle sur ce thème.

Lieu et date

Le séminaire se tiendra au Delta Meadowvale Resort and Conference Center à Mississauga, Ontario, les samedi 2 août et dimanche 3 août 2003, juste avant la 13e conférence mondiale sur la surdicécité du 5 août 2003.

Programme du séminaire

Premier jour : recherche médicale et scientifique, et en particulier la question des familles impliquées dans les programmes de recherche.

Deuxième jour : manières et moyens de vivre avec un syndrome d’Usher.

Pendant ces deux jours, échange de vues et débats libres seront encouragés afin de stimuler réflexion approfondie et bon usage.

Les discussions porteront aussi sur l’encouragement de la création d’un groupe nord-américain sur le syndrome d’Usher et des relations internationales au sein de DbI.

Réseau communication tactile par Bernadette van den Tillaart

En mai 2001, 40 membres du personnel de différentes sections pour sourds-aveugles d’Europe ont été invités à une rencontre avec le Groupe de travail européen sur la communication. Lors de cette rencontre, l’initiative a été prise de former un groupe d’éducateurs intéressés par la façon dont les enfants sourds-aveugles apprennent à communiquer par la modalité tactile. Ces éducateurs sont : Barbara Bettenmann de Heim Tanne, Suisse, Barbara Miles de Vermont, USA, Bernadette van den Tillaart de l’Institut voor Doven, Hollande/Usa, Gunnar Vege de l’Andebu Dovblindesenter d’Andebu, Norvège, et Gabi van de Ven, de l’Institut voor Doven à St Michielsgestel, Hollande.

Au cours de l’année suivante, nous avons fixé les objectifs généraux et les idéaux du groupe de travail, et déposé notre candidature pour être reconnus en tant que réseau . Nous nous sommes sentis très soutenus lorsque le comité de direction de DbI a accepté notre demande de devenir un réseau.

En mai 2002, nous nous sommes réunis à l’invitation de Ton Visser de l’institut voor Doven, en Hollande. Pendant 3 jours nous avons parlé de nos expériences et de la façon dont les enfants sourds-aveugles congénitaux se servent du toucher, des modalités proprioceptives et kinesthésiques pour apprendre à communiquer. Nos discussions ont conduit à la formulation d’un thème de recherche que nous avons l’intention de traiter dans les années qui viennent. En gros cette question est : Comment les enfants sourds-aveugles congénitaux développent-ils des concepts sociaux par le mode tactile ?

Nous allons utiliser des études de cas et des analyses approfondies de vidéos d’interactions pour mieux comprendre comment les enfants sourds-aveugles congénitaux parviennent à se considérer comme des membres de systèmes sociaux. Nous remercions Hans van Balkom de l’institut voor Doven de nous avoir aidés à mettre au point ce projet et à trouver un financement.

En décembre 2002, nous nous réunirons à l’Andebu Dovblindesenter en Norvège, où nous serons accueillis par Knut Johansson. Le réseau communication tactile gardera des relations avec le groupe de travail européen sur la communication pour des échanges sur nos mutuels développements.

Nous souhaiterions échanger idées, expériences et informations. Nous invitons les membres de DbI à nous communiquer leurs observations, suggestions de lectures et questions se rapportant à notre sujet de recherche. Nous le faisons en espérant que notre recherche sera utile à la grande communauté des éducateurs d’enfants et d’adultes sourds-aveugles.

Contact : DbI- Tactile Communication Network

Bernadettevandentillaart@tiscalimail.nl

Le réseau communication par Jacques Souriau

Le réseau communication s’est réuni récemment à Gothenberg, en Suède, le 1er septembre 2002, après avoir participé à la conférence " Sensation, perception et signification " organisée par le NUD. Suite à cette réunion, le NUD a publié sur Internet une mise à jour sur le réseau.

Les activités du réseau communication sont rendues possibles grâce à la collaboration du NUD ( Centre de formation du personnel des pays nordiques) et du CNEFEI ( Centre français d’études et de formation pour l’enfance inadaptée). Beaucoup d’autres organisations y contribuent également : Skadalen ( Norvège), IvD (Hollande), Spermalie ( Belgique) et le CRESAM (France). Il est important de noter que la majorité des organisations européennes s’occupant des sourds-aveugles s’impliquent en faisant participer leur personnel aux activités de formation du personnel.

Nos projets d’avenir comprennent un atelier spécialisé en mai 2003 qui étudiera les questions de communication et de signification. Nous projetons aussi un stage international, mais le contenu exact et la date n’en sont pas encore fixés.

Le réseau surdicécité acquise par Anneke Balder

Du 2 au 6 octobre nous avons organisé notre 4e séminaire à Zurich (Suisse). Près de 100 personnes de 12 pays différents y ont participé. Le thème était "  les problèmes de la surdicécité acquise et les services des professionnels aujourd’hui ". Des séances plénières et des ateliers ont eu lieu sur ce thème. Au cours des 2 premiers jours, les discussions ont porté sur un inventaire des problèmes et le 3e jour le sujet des ateliers était la résolution des problèmes et l’organisation de l’avenir.

Les extraits des ateliers qui suivent vous donneront une idée de nos discussions.

Dépistage de la surdicécité chez les personnes âgées

Cet atelier examinait les outils de dépistage, en particulier une étude sur l’impact des handicaps associés sévères sur les conditions de vie et la qualité de la vie des personnes âgées en Norvège. Nous proclamons toujours que nous devons identifier les personnes âgées avec une double perte sensorielle, mais qu’avons nous à leur offrir après cette identification ? Existe-t-il des services, et si oui, lesquels ?

Un autre point important est que le système de santé considère les problèmes de vue et les problèmes d’audition, mais pratiquement personne ne réalise qu’un problème de vue et d’audition sur la même personne ce n’est pas deux handicaps séparés, mais c’est en réalité un seul handicap sévère.

Prise de conscience

Ce groupe a parlé des différents niveaux de conscience de la surdicécité et de l’importance que les sourds-aveugles soient au centre du processus de prise de conscience. Les programmes de formation peuvent aider à combattre la peur des sourds-aveugles chez les professionnels qui ont peu de connaissance des sourds-aveugles. Les sourds-aveugles doivent jouer un rôle central dans ces programmes de formation. On a insisté sur le rôle fondamental de l’information sur la surdicécité et les sourds-aveugles.

Relations entre sourds-aveugles et professionnels

Ce groupe a examiné le problème du conflit naturel entre les sourds-aveugles et les professionnels. Il y a un gros écart entre les attentes de la personne sourde-aveugles et les compétences du professionnel. Une personne sourde-aveugle se pose des questions sur sa vie ; le professionnel va l’aider avec des connaissances théoriques. Le challenge est d’arriver à un meilleur équilibre dans cette situation de conflit.

Relations entre professionnels

La discussion a porté surtout sur la surdicécité des personnes âgées.

La collaboration entre les professionnels est gênée par plusieurs facteurs :

  • le problème de la définition : les personnes âgées ne se considèrent pas comme des sourds-aveugles, leur identité est " âgé " ou " très âgé ".
  • la définition de la surdicécité est influencée par le client plutôt que par les professionnels.
  • il y a un manque de connaissance du double handicap sensoriel dans toutes les catégories de professionnels ( sauf les vrais spécialistes des sourds-aveugles).
  • les médecins, les rééducateurs et les aides à domicile n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

L’opinion unanime a été que nous devrions prendre des initiatives pour mettre ce problème au programme international. Cela pourrait se faire d’en haut par une campagne dans les médias, et d’en bas par des activités de formation des aides à domicile et des familles. Dans tout le processus, le médecin était reconnu comme très important, parce que c’est lui qui fait le premier diagnostic.

Services d’aide

Cet atelier a étudié le système de la " personne de contact " qui existe au Danemark. D’après une loi spéciale sur les services sociaux, toutes les personnes sourdes-aveugles au Danemark ont droit à une personne de contact. Les rôles de la personne de contact sont si nombreux et si variés que chacun ( le sourd-aveugle et le professionnel) doit savoir ce que sont les tâches d’une personne de contact et ce qu’elles ne sont pas.

Services environnementaux et aides techniques

Ce groupe a examiné le problème des aides techniques et de l’équipement qui ne sont pas assez intéressants pour que les grosses entreprises commerciales y investissent. Donc, le marché est très limité. Il est important de coopérer entre les différents pays car se transmettre les informations sur les aides techniques qui ont été mises au point empêchera qu’on fasse la même chose à deux ou trois endroits.

Communication avec les personnes âgées sourdes-aveugles

Des exposés théoriques et des exemples de la vie quotidienne ont permis à ce groupe de discuter des idées suivantes :

  • la connaissance du contexte de la communication rend la compréhension beaucoup plus facile
  • les sourds-aveugles, comme les autres, aiment raconter leur vie. Les sourds-aveugles âgés ont un manque de contact avec les autres qui peut faire qu’ils ont peu de choses nouvelles à dire quand ils ont l’occasion de s’exprimer. Cependant , quand les gens sont privés de contacts avec les autres pendant longtemps, ils ne développent plus de pensées intérieures et ne se rappellent plus leur histoire.
  • les souvenirs peuvent être rappelés au moyen de photos et en se rendant à certains endroits pour déclencher des pensées liées à ces endroits.

En résumé : la réussite de la communication dépend énormément de la prise en compte des aspects narratifs de l’échange et de la sensibilité à la perspective de la personne sourde-aveugle.

Rééducation

Cet atelier a porté sur l’étude du cas d’une femme de 69 ans atteinte d’un syndrome d’Usher de type 2. Elle a des problèmes de mobilité.

Un modèle de rééducation dans lequel la question du patient est la base de la rééducation rend ce type de situation difficile à gérer.

La première étape est le développement de la confiance entre la personne sourde-aveugle et le professionnel. Ensuite, on peut créer une situation où le professionnel peut donner des informations sur le problème de mobilité. Après, la personne sourde-aveugle peut choisir une rééducation en mobilité ou non. Les professionnels doivent toujours respecter les souhaits du patient, même si c’est quelquefois difficile !


13e conférence DbI 2003

" La communication est la clé pour ouvrir les portes du monde aux personnes qui sont sourdes-aveugles "

Message de la présidente de la 13e conférence mondiale de DbI :

Au nom de l’association canadienne des sourds-aveugles et rubéoliques et de la commission d’organisation de la conférence de DbI, je vous invite à venir à Mississauga, Ontario, Canada, du 5 au 10 août 2003, pour assister à la 13e conférence mondiale de Deafblind International (DbI) sur la surdicécité.

Nous sommes heureux d’en être les hôtes et d’accueillir collègues, familles et personnes sourdes-aveugles du monde entier qui viennent assister à cet événement au Canada, où il se tient pour la première fois.

Au moment où j’écris, il nous reste environ 8 mois pour faire de cette conférence un événement dont vous vous souviendrez vraiment.

La commission scientifique vous promet un programme riche et varié suite au succès incroyable de son appel à communications, qui a entraîné plus de 200 propositions d’interventions de personnes de 27 pays et de 6 continents. Le fait de voir ces communications du monde entier m’a encore confortée dans l’idée que les problèmes de ce handicap sont similaires et que nous sommes solidaires internationalement !

Nous avons prévu une gamme intéressante d’événements pré-conférence, dont :

  • Séminaire de 2 jours (02 - 03 août 2003) du groupe d’études sur le syndrome d’Usher, organisé par Mary Guest et Constance Miles
  • Stage de 5 jours (01 – 05 août 2003) : " Communication et intervention pour les sourds-aveugles congénitaux "
  • Séminaire (5 août 2003) sur les possibilités de vie indépendante pour les personnes sourdes-aveugles au Canada.

Alors que le programme de la conférence est encore en préparation, je vous communique les titres des séances plénières envisagées : " Célébration de la communication dans le monde ", avec des intervenants d’Europe de l’est, d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et du Canada ; " De la recherche à la pratique et de la pratique à la recherche " ; " Les relations sont la clé de la communication " ; " Communication et collaboration sont les clés du combat pour la qualité ", et la séance de clôture : " Ouvrir les portes de l’avenir ".

Je voudrais vous rappeler quelques dates limites à respecter :

  • 30 avril 2003, pour les pré-inscriptions au tarif spécial
  • Copies des exposés et polycopiés jusqu’au 30 avril 2003
  • Les réservations d’hôtel doivent être faites avant le 4 juillet 2003
  • 15 juillet 2003 : dernier jour pour les inscriptions
  • Informations navette aéroport exigées pour le 15 juillet 2003
  • Inscription à la conférence 5 août 2003.

Nous pensons qu’un programme préliminaire de la conférence sera disponible à partir du 1er avril 2003, et sera envoyé à tous les inscrits à la conférence.

Surveillez votre courrier, vous aurez un mailing de la Conférence avant la fin de l’année, et reportez-vous au site web de la Conférence pour les dernières informations.

Linda Mamer – Présidente de la Conférence


Mise à jour du site de DbI

Malcolm Matthews est le responsable de l’information de DbI et est chargé du site web de DbI. Malcolm aura une chronique régulière pour tenir au courant les lecteurs de DbI Review et pour encourager votre participation

"  Nous voulons faire du site web une source d’information utile et un outil pour ceux qui travaillent dans le domaine de la surdicécité dans le monde entier ".

Le site est à : www.deafblindinternational.org

L’assistance technique est assurée par Sense International Inde.

Quoi de neuf ?

A l’avenir, une nouvelle rubrique sera créée sur la reconnaissance de la surdicécité et la promotion des questions concernant la surdicécité dans différents pays. Le but est de fournir du matériel qui permettra aux gens d’organiser des campagnes et de faire pression pour la reconnaissance de la surdicécité et du besoin en services pour les sourds-aveugles dans leurs propres pays. L’information sur ce qui s’est passé ailleurs est souvent très utile quand on essaie d’apporter du changement dans son propre pays.

La majeure partie du site www.deafblindinternational.org est en Anglais. Mais nous espérons qu’il y aura bientôt une version française du site. Vous aurez d’autres informations lorsqu’elle sera lancée.

Nous avons d’autres idées mais ce qui va arriver dépend de vos contributions ! A bientôt dans le cyberespace !

Malcolm Matthews
mmtthews@sense.org.uk

mmatthews@mail.openlink.org
(personnel)

mjmatthews@binternet.com
(portable)

Les prix DbI 2003

Avec la conférence mondiale qui approche, les propositions de nomination pour le Lifetime Achievement Award et pour le DbI Distiguished Service Award sont activement recherchées.

Lifetime Achievement Award

A chaque conférence mondiale, un Lifetime Achievement Award sera remis à une/des personne/s qui a/ont apporté une contribution exceptionnelle aux services pour sourds-aveugles au niveau national et international. Ce prix est destiné à être remis vers la fin de la vie professionnelle de la personne et ne sera attribué qu’occasionnellement et lorsque cela sera jugé nécessaire. C’est un nouveau prix de DbI et il n’a encore jamais été attribué.

Distinguished Service Award

Ce prix sera attribué plus fréquemment que le Lifetime Achievement Award. Il sera remis à des personnes qui ont apporté une contribution importante dans le domaine de la surdicécité , ou à DbI, au niveau international. Ce prix sera remis à une conférence régionale ou mondiale. Les récipiendaires précédents sont : Joan Shields, Edward Waterhouse, Jan van Dijk, John McInnes, Rodney Clark, Sonja Jarl, Norman Brown, Anthony Best, William Green, Mike Collins, Jacques Souriau, Beroz Vacha, Sadako Imamura, Dietrich Bunck et Marjaana Suosalmi.

Propositions

Le comité directeur a nommé Richard Hawkes et William Green à la commission des prix. Toute communication à ce propos doit leur être envoyée par l’intermédiaire du secrétariat de DbI (dbi@sense.org.uk) .

La date limite pour les propositions de candidats est le 15 février 2003.

Pour proposer quelqu’un, veuillez indiquer brièvement qui vous êtes et qui vous proposez et pourquoi. Vous devez aussi joindre une biographie de cette personne.

Ces informations doivent être envoyées au secrétariat de DbI (dbi@sense.org.uk) le 15 février 2003 au plus tard.

William Green ( vice-président de DbI)
e
t Richard Hawkes ( secrétaire de DbI)

Nouvelles du Comité directeur et du Conseil

Nous avons la joie de vous annoncer la naissance de Scarlett, fille de la secrétaire de DbI Emanuela Brahamsha, le 16 septembre . Félicitations à Emanuela et tous nos voeux pour elle et pour Scarlett. En l’absence d’Emanuela, Richard Hawkes fera office de secrétaire jusqu’à nouvel ordre.

Les dernières réunions du comité directeur et du conseil ont eu lieu à Athènes, en Grèce, les 20 et 21 septembre. Les deux réunions ont été très réussies et ont coïncidé avec deux importantes activités : d’abord, l’ouverture de la toute première section pour sourds-aveugles en Grèce, l’Unité pour l’Education des Sourds-Aveugles ; et deuxièmement, le déroulement d’un certain nombre de séminaires de formation sur la surdicécité pour spécialistes. Pour plus de renseignements sur ces activités, voir l’article de Menelaos Tsaoussis dans ce numéro. DbI voudrait dire un grand merci à toute l’équipe de l’association grecque des parents, tuteurs et amis des enfants sourds-aveugles et à tout le personnel du Centre d’éducation et de rééducation des aveugles (K.E.A.T.) pour la chaleur de leur hospitalité au cours du séjour à Athènes.

Modification de la constitution de DbI

Suite aux discussions de la dernière réunion du Conseil, les membres ont accepté à l’unanimité une proposition du comité directeur de modifier la constitution de DbI – afin que le nombre de vice-présidents élus de DbI passe de un à deux. La constitution a maintenant été modifiée et 2 nouveaux vice-présidents seront élus à la conférence mondiale au Canada en août 2003.

Elections de DbI 2003

De nouveaux membres du conseil seront élus à la conférence mondiale au Canada. Un comité des nominations a été constitué pour faciliter la procédure. Si vous voulez avoir votre mot à dire sur qui est élu, devenez membre votant dès aujourd’hui ! Contactez le secrétariat à dbi@senseinternational.org.uk pour savoir comment inscrire votre organisation comme membre votant institutionnel. Toutes les candidatures doivent arriver le 31 décembre au plus tard.

Mise à jour des adhésions

Il y a actuellement 564 membres de 76 pays différents. Un rappel de renouvellement des cotisations sera envoyé en janvier 2003. Il est impératif que vous renouveliez votre inscription pour l’année prochaine le plus tôt possible. Les membres qui n’inscrivent pas leurs coordonnées seront supprimés de la base de données.

Secrétariat de DbI

Si vous avez des questions sur DbI, n’hésitez pas à les adresser à Emma Fisher au secrétariat. On peut la contacter par Email à dbi@senseinternational.org.uk ou par courrier à : DbI Secretariat, 11-13 Clifton Terrace, Finsbury Park, London N4 3SR.

Site web de DbI

Nous sommes heureux de vous annoncer que le site web fonctionne à nouveau. Rendez-vous sur www.deafblindinternational.org pour les dernières nouvelles et les informations sur DbI.

Mise à jour sur la planification stratégique

A la suite des recommandations de Marjaana Suosalmi, les membres du conseil et du comité directeur ont accepté que DbI pose sa candidature aux Nations Unies à titre consultatif. Nous espérons que cela apportera à DbI une meilleure reconnaissance au niveau mondial. En outre, et dans ce cadre, le responsable de l’information de DbI, Malcolm Matthews, rédigera un certain nombre de déclarations de principes et de fiches. Ceci comprendra des études de cas soulignant la manière dont les choses ont évolué dans les différents pays, tout en se demandant dans quelle mesure la surdicécité est reconnue dans ces pays.

Pouvez-vous accueillir la conférence mondiale en 2007

Cela peut paraître loin, mais nous invitons actuellement les organisations à soumettre leurs candidatures pour accueillir la conférence mondiale en 2007. Si vous êtes intéressé, contactez le secrétariat pour savoir comment poser votre candidature. Toutes les candidatures doivent être envoyées au secrétariat pour le 15 février 2003.

 

DbI N° 31

 DbI Review N° 31 : janvier - juin 2003

Sommaire
Message du Président
Le rôle de partenaire dans les moments de communication avec un sourd-aveugle : Paul Hart
Cours de sculpture dans la nature : Jan Ole Johnsgaard et Lone Poggioni
L’école dans la gare : Beatriz Zoppi
Le Centre de la Sculpture Polonaise : Eva Niestorowicz
La canne rouge et blanche en République Tchèque : Jan Jakes
Meyrim est la lueur d’espoir : Galina Frolova
Définition de la surdicécité : Jan Jakes

Nouvelles régionales
Australie
Inde
Croatie
Amérique latine
Russie
Pays Nordiques
Slovaquie
Amérique latine
Catalogne
Ecosse
Kazakhstan

Nouvelles des réseaux
Conférences et vacances
Vacances pour les sourds-aveugles
Danemark
NUD
CAUSE
Espagne
Canada

Nouvelles de l’administration
Merci Mike !
Formulaire d’adhésion

Message du président

En écrivant ce dernier message ( mais que dis-je, j’espère que ce n’est pas le dernier !) je me réalise à quel point le temps a passé vite. Me voici à la fin de mes quatre ans à la présidence, précédés de huit ans à la vice-présidence de DbI .Douze ans ont donc passé depuis la première fois que j’ai accepté d’être administrateur, à la conférence d’Orebro. Cela semble presque impossible, comme mes enfants terminant leurs études, se mariant et se lançant dans leurs propres carrières d’enseignants ou d’économistes. Ce sont des étapes qui nous rappellent nos propres changements et la vitesse folle à laquelle le temps passe. Lorsque j’ai assisté pour la première fois à une conférence de DbI à Hanovre, en Allemagne, je me sentais comme un petit enfant dans ce domaine ; je dois dire que maintenant j’ai l’impression d’être un des grands-pères !
Ce n’est pas avec regret, mais plutôt avec impatience, que je passerai au rôle de " dernier président ". Cela voudra dire que je suis toujours impliqué dans les rouages internes de DbI , mais sans toute la responsabilité d’en être le principal décideur. Je viens toujours à table, mais je ne mange que ce que je veux !
Au cours des 4 dernières années, nous avons assisté à beaucoup de changements, à la fois à DbI et dans l’ensemble du monde. Nous avons tant bien que mal survécu à la démission d’un très grand leader en la personne de Marjaana Suosalmi. Pour compliquer les choses, nous avons aussi subi le départ à la retraite du pilier de notre organisation pendant ces dix dernières années, en la personne de notre secrétaire Rodney Clark. Heureusement, nous avons vu arriver d’autres grands leaders pour aider notre organisation, des nouveaux dans l’administration de DbI, comme Ton Visser, Emanuela Brahamsha, Richard Hawkes, Anny Koppen, ainsi qu’une gestionnaire très capable , en la personne d’Emmy Fisher. Grâce à leur fort soutien et à celui d’autres vétérans comme Malcolm Mattews, Eileen Boothroyd et William Green, nous avons bien tenu le coup pendant ces changements. DbI a continué à prospérer, sur des bases financières solides, et reste centrée sur ses objectifs d’origine, grâce au travail acharné et au dévouement de ces personnes. Nous leur devons tous énormément de gratitude pour leurs contributions pendant cette période.
Ces dernières années n’ont pas été des plus simples en ce qui concerne l’état du monde. Les problèmes de guerre, de terrorisme et de santé ont eu un effet incontestable sur notre travail, et sur les aspects positifs de la mondialisation au royaume des services humains. Nous avons tous connu l’inquiétude et l’anxiété causées par les actes de violence et d’agression, et certains d’entre nous ont été forcés d’annuler des travaux très important à cause de ces forces. De même, notre conférence mondiale est restée incertaine jusqu’à ces derniers temps à cause de l’épidémie de SRAS et de ses conséquences au Canada. Lorsque nous avions choisi le Canada, il y a quatre ans, comme lieu de notre prochaine conférence mondiale, nous pensions en toute confiance que c’était un choix sans danger. Comme on dit chez moi, "  Qui l’eût cru ? ". Pas étonnant que nous ayons des cheveux blancs.
Si nous avons tiré une leçon de ces temps difficiles dans notre organisation et à l’extérieur, c’est que nous devons garder notre cap, et continuer à avancer, avec tout l’enthousiasme et toute l’énergie que notre travail crée pour nous. Nous avons vu le monde changer en mieux dans la dernière décennie, en particulier dans le domaine que nous concerne. Assurons-nous que l’éducation et les services pour les sourds-aveugles continuent à s’améliorer encore plus dans les années à venir.
Merci à chacun d’entre vous pour le soutien que vous m’avez apporté pendant ces années. J’espère que nous allons continuer à travailler ensemble.
Michael T.Collins, Président de DbI

Editorial

Le " travail en partenariat " est le thème récurrent de ce numéro, qui célèbre les réussites de sourds-aveugles et de leurs amis, familles et collègues travaillant ensemble pour faire bouger les choses !
J’admire depuis longtemps le travail du Réseau culturel nordique pour sa capacité d’inspirer, et de produire un art qui lui-même inspire ! Le Réseau a un programme important d’évènements chaque année, et nous en avons un écho : les stages de sculpture dans la nature en Norvège, qui sont évoqués cette fois. En Europe de l’est aussi, les artistes polonais travaillent en partenariat avec les sourds-aveugles et leurs massives et monumentales sculptures d’argile sont le sujet d’un article passionnant qui parle de la spiritualité personnelle et du pouvoir de l’attitude "  peut le faire " de leurs partenaires artistes polonais. L’article de Paul Hart , dont le sujet est" partenaires dans la communication ", contribue à la réflexion actuelle dans ce domaine important.
Nous avons notre courrier habituel du monde entier et notre tout premier article du Kazakhstan sur une nouvelle association, et une proposition pour un nouveau réseau DbI – pour les frères et soeurs.
Merci encore à tous pour votre aide, nous espérons avoir de vos nouvelles – sur votre travail, votre famille ou votre service ! Si vous avez la chance d’aller au Canada, j’espère vous y rencontrer.
Eileen et Frances

PARTENAIRES de COMMUNICATION

Le rôle de partenaire dans les moments de communication avec un sourd-aveugle
par Paul Hart

Paul est actuellement responsable du développement des méthodes pour Sense Ecosse à Glasgow, où il passe beaucoup de son temps à élaborer et à donner des cours de formation, à aider au développement de stratégies de communication avec des individus, et à réfléchir à de nouvelles façons de soutenir les gens ayant des difficultés multiples. Dans cet article, Paul examine la notion de partenaires de communication en se basant sur sa propre expérience.

Rodbroe et Souriau (2000) soutiennent que les enfants sourds-aveugles ont besoin de l’intervention constante de partenaires de communication si on veut qu’ils développent des compétences de communication. Cette intervention doit être basée sur la manière naturelle dont tous les enfants apprennent à communiquer et, en s’appuyant sur Vygotsky, ils affirment que le rôle du partenaire est de découvrir, puis de soutenir les nouvelles compétences émergentes, mais jamais de former des compétences qui ne sont pas prêtes à émerger. Vygotsky éclipse aussi la notion de  " communication co-créative " (Nafstad et Rodbroe, 1999), mais ils s’inspirent aussi du concept d’ " échafaudage " pour décrire le rôle du partenaire , ce qui suggérerait que le partenaire de communication est le plus compétent.
Cette revue traite de l’importance de considérer le développement des enfants sourds-aveugles dans une perspective sociale constructiviste, mais vise aussi à examiner ce que cela pourrait suggérer pour les relations existant entre les sourds-aveugles et leurs partenaires de communication. Vygotsky ( 1999) a décrit la Zone de Développement Proximal comme la distance entre le niveau de développement réel et le niveau de développement potentiel des enfants. Cet écart est comblé avec l’aide d’autres plus compétents. Brownell et Carriger (1998) suggèrent aussi que les relations sociales sont le contexte dans lequel se forme la connaissance. Ceci est repris par Meadows (1999) qui considère que les capacités cognitives ne sont pas " internes et individualistes " mais se construisent dans les interactions avec l’environnement. Tout cela est pertinent pour les enfants sourds-aveugles, en particulier si nous nous référons à l’opinion de Macmurray , selon qui " l’unité de l’existence personnelle n’est pas l’individu mais deux personnes dans une relation personnelle ". (Faulkner et Woodhead, 1999).
Cependant, lorsque nous commençons à examiner l’idée de Vygotsky selon laquelle l’instruction donnée par d’autres plus compétents est la caractéristique centrale du processus d’apprentissage dans la zone de développement proximal ( ZDP) , cela soulève un certain nombre de questions sur la façon dont les sourds-aveugles apprennent à communiquer. Wood (1988) suggère que l’apprentissage est " échafaudé " ; Rogoff &al. (1998) proposent le terme de " participation guidée " ; Tharp et Gallimore (1998) décrivent une " performance assistée " et Mercer ( 1995) insiste sur la manière de guider les enfants pour " construire la connaissance ". De quelque manière que le processus d’apprentissage soit décrit, il y a l’hypothèse sous-jacente que l’autre plus compétent a un objectif en tête.
L’idée de Tharp et Gallimore que la " réinvention guidée " dénote à la fois un apprentissage social et des arguments cognitifs constructivistes, ainsi que l’idée complémentaire que les enfants n’inventent pas le langage pour eux-mêmes ( Faulner et Woodhead, 1999), délimitent ce défi auquel font face les sourds-aveugles dans leur voyage vers le langage. Tous les langages naturels ont comme principal moyen de transmission l’ouie ou la vue et Vonen et Nafstad (1999) disent qu’aucun langage tactile naturel ne s’est jamais développé nulle part . Donc , si les enfants sourds-aveugles ne peuvent pas construire un langage pour eux et qu’ils ne peuvent pas simplement apprendre la langue de la culture dominante, quel type d’apprentissage devra-t-il y avoir et qu’est-ce que cela indique sur les processus d’apprentissage impliqués ?
Rogoff & al. ( 1998) expriment la réserve qu’en étant trop centré sur l’apprentissage de la lecture et des compétences langagières adaptées à une éducation formelle, l’ " échafaudage " suggère qu’il faut suivre un chemin particulier. Il peut y avoir encore plus de critiques si l’on considère les barrières qui existent pour une personne sourde-aveugle qui essaie d’accéder au langage. Donc, peut-être qu’une relation asymétrique qui guide un sourd-aveugle vers la langue utilisée par le partenaire de communication n’est pas le meilleur modèle pour le développement des compétences de communication ? Des relations symétriques pour des sourds-aveugles suggéreraient un certain nombre de barrières insurmontables , donc la littérature sur le sujet peut-elle nous diriger vers le type de ZDP à deux faces décrite par Brown ( Séminaire DbI, 2001), où dans tout interaction il y a une ZDP pour la personne sourde-aveugle et une ZDP parallèle pour le partenaire de communication ? Peut-être la personne voyante et entendante a-t-elle autant à apprendre de la personne sourde-aveugle et sur elle que l’inverse.
Brownell et Carriger (1998) se demandent quel type de conflit cognitif pourrait être engendré chez l’expert qui échafaude l’apprentissage pour un novice. Cependant, tout en considérant qu’il y a apprentissage pour les deux participants, ils voient toujours une relation asymétrique. Wood ( 1998) donnerait aussi la priorité au rôle de l’éducateur, même s’il suggère que " l’enseignement donne des opportunités d’acquisition de la connaissance ". Moll et Whitmore (1998) proposent une " ZDP collective " où il y a une interdépendance des adultes et des enfants suggérant que le système socioculturel est créé mutuellement par les enseignants et les apprenants. Tharp et Gallimore (1998) caractérise la ZDP comme une série de délimitations progressives qui sont l’expression des activités et des relations sociales de l’enfant. (Faulkner et Woodhead, 1999) . Donc peut-être qu’en établissant la communication, nous verrons la possibilité d’estomper la distinction entre les rôles joués par les sourds-aveugles et leurs partenaires de communication.
Mais qu’est-ce que la communication ? Ici, elle sera simplement définie comme des partenaires essayant de développer une compréhension commune. Göncü (1998) décrit cela comme l’intersubjectivité, " l’adoption d’un centre d’attention commun et d’un accord sur la nature de la communication ". Rodbroe et Souriau (2000) étudient la distinction faite par Trevarthen et Hubley entre l’intersubjectivité primaire et l’intersubjectivité secondaire, en soulignant qu’au premier stade , les émotions partagées, le sujet abordé et les énoncés utilisés, tout provient de la " communion entre les deux partenaires ". Si, comme le suggère Göncü (1998), on atteint l’intersubjectivité par " reconnaissance et coordination d’intentions " cela n’implique pas immédiatement d’aller vers le langage employé par le partenaire de communication. Comment l’enfant sourd-aveugle peut-il accepter un tel langage s’il est en grande partie inaccessible ? Au lieu de cela, les possibilités de négocier des significations communes et de co-créer des langages communs restent ouvertes. Nadel et Camaioni (1993) ont suggéré qu’un moment de communication est " un processus d’adaptation en ligne l’un à l’autre dans lequel les intentions et les émotions sont partagées et négociées".
Göncü (1998) souligne l’importance de la " prolepse " pour atteindre à l’intersubjectivité, où les deux participants font un effort pour se comprendre l’un l’autre et le locuteur présuppose que l’écoutant a des connaissances préalables pas encore initiées à la conversation. Il décrit cette dernière comme " basée sur la foi dans un monde partagé ". Rogoff & al. (1998) décrivent des principes de communication selon lesquels le locuteur devrait être sensible au point de vue et aux connaissances de l’écoutant, et c’est un thème repris par Stone (1998) qui considère que la confiance mutuelle est un élément essentiel dans le processus pour parvenir à l’intersubjectivité. Stone propose d’autres liens entre la prolepse et la notion de participation guidée de Rogoff & al. (1998), en disant que les adultes et les enfants doivent trouver un terrain commun, permettant de faire le lien entre le connu et le nouveau à venir. Stone est en faveur d’ " un processus interpersonnel fluide dans lequel les échanges communicatifs des participants servent à construire une perspective mutuelle en constante évolution sur la façon de réussir la situation actuelle ". Ceci suggère un degré de symétrie dans les relations qui est très éloigné de la notion de l’autre plus compétent de Vygotsky.
Les relations symétriques sont une caractéristique essentielle de la communication co-créative ( Nafstad et Rodbroe, 1999) et Nafstad (2000) dit qu’un des rôles des partenaires est simplement de reconnaître la personne sourde-aveugle comme une version extraordinaire de nous-mêmes. Ceci entraîne l’égalité dans la relation. La suggestion " d’adaptations mutuelles dans la communication " pour combler l’écart , de Rogoff & al., les " adaptations continuelles " en réponse directe à l’apprenant de Tharp et Gallimore (1998), et Brownell et Carriger examinant comment les apprenants structurent ensemble leurs activités (1998), tout cela va vers une reconnaissance des rôles importants et égaux joués par les deux participants dans un échange dyadique.
Shaffer (1996) examine aussi le rôle actif joué par les deux participants dans les moments en commun. Et bien que Moll et Whitmore (1998) reconnaissent que l’emphase est mise en général sur la transmission des compétences de l’adulte à l’enfant, ils suggèrent qu’une conception plus transactionnelle de la ZDP est possible, " qui soit centrée sur la construction du sens " et après tout " la recherche d’une signification commune est dans la nature de la communication humaine "  ( Rogoff & al., 1998).
Meadows (1999) parle de la " différence évidente " entre les individus dans leur développement cognitif, ce qui ressemble aux arguments de Wertsch et Tulviste (1998) qui jugent " plus approprié de caractériser le fonctionnement mental des individus en termes d‘hétérogénéité ". Tout comme beaucoup d’auteurs soulignent les variations du développement dans les différentes cultures ( Schaffer, 1996 ; Cole, 1998), nous devons tenir compte des différences qui existent certainement dans la manière dont les personnes atteintes d’un double handicap sensoriel apprennent à communiquer. Nous devrions relever le défi d’essayer de " capter les faits " concernant les différences dans le développement entre les voyants et entendants et les sourds-aveugles, sans " être en proie à des hypothèses " selon lesquelles la langue de la culture dominante est supérieure. (Wertsch et Tulviste, 1998).
Avec en arrière-plan l’idée que " la culture est un moyen et pas une variable indépendante " (Cole, 1998), les commentaires de Visser (1999) sur la méthode " ancienne " d’enseignement du langage aux enfants sourds-aveugles pourraient suggérer qu’avant les éducateurs considéraient les handicaps sensoriels comme " une variable indépendante " plutôt que comme une partie intégrante de l’enfant. Cependant il semble clair que l’absence de vision et d’audition d’un enfant ne peut pas être autre chose qu’un moyen par lequel passent toutes les informations. Nous ne devrions pas considérer la surdicécité comme un état négatif dans lequel la vue et l’ouie n’existent pas, mais plutôt comme un état positif dans lequel le toucher est la source prééminente d’information. Cela indique immédiatement les manières de canaliser l’information. Si les gens apportent ce qu’ils sont déjà dans les relations dans lesquelles ils prennent part ( Stone, 1998 ; Brownell et Carriger, 1998), toutes les chances seront contre la personne sourde-aveugle si le partenaire de communication ne veut pas la considérer comme co-contributeur d’actes communicatifs dans cette relation. Brownell et Carriger (1998) disent que ce que les enfants retireront des collaborations variera en fonction de ce qu’ils y apportent. Cela peut également nous amener à nous demander ce qu’un partenaire de communication doit apporter dans une relation avec un sourd-aveugle pour arriver à une rencontre réussie conduisant à une compréhension entre les deux participants.
Moll et Whitmore (1998) décrivent comment l’éducateur peut " participer " à un cours, où la guidance est incluse dans les activités, et cela rappelle les conseils de Rodbroe et Souriau selon lesquels un partenaire doit créer un " contexte naturel " pour le développement de la communication. Moll et Whitmore (1998) suggèrent qu’un éducateur doit permettre , et encourager, le partage du pouvoir entre lui-même et les apprenants. Faire confiance à l’apprenant est un thème central pour cette position. On le retrouve à la base de la recommandation de Rodbroe et Souriau selon laquelle le partenaire doit être sensible aux contributions de la personne sourde-aveugle, voulant à la fois diriger et être dirigée. De même, Hoogsteder & al. (1998) indiquent que dans toute analyse d’apprentissage, l’objectif ne doit pas être unidirectionnel. La régulation commune d’une activité est une caractéristique essentielle , et ils proposent trois modes différents de catégorisation de la distribution des rôles dans les interactions :

  • joueur – où il y a égalité des chances
  • performant et économique – où l’adulte contrôle l’enfant
  • didactique – qui est en partie asymétrique car l’adulte contrôle les actions de l’enfant, mais en partie symétrique parce que l’adulte et l’enfant essaient d’arriver à une compréhension.

Rodbroe et Souriau (2000) considèrent que " la manière naturelle d’apprendre est de jouer " (2000) donc ils insistent sur le mode joueur et ont une attitude critique à l’égard du domaine de l’éducation des sourds-aveugles pour son insistance passée à considérer la communication comme un simple système de messages. Ils pourraient y voir le " mode performant et économique " où l’adulte essaie d’imposer le langage à un enfant, sans s’intéresser obligatoirement à la création de " moments communicatifs prolongés et joyeux " , ce qui après tout est peut-être le but initial d’un enfant. (Tharp et Gallimore, 1998). Rodbroe et Souriau (2000) disent que la responsabilité de prolonger ces moments incombe essentiellement au partenaire de communication.
Comme les deux participants " doivent construire leurs objectifs ... sur place " et que ces objectifs " émergent de l’interaction de la dyade elle-même " (Hoogsteder & al., 1998) il semble clair qu’en prolongeant l’interaction il y aura plus de possibilités d’arriver à une harmonie émotionnelle , de négocier des significations communes et de développer une attention conjointe. Il n’y a pas de façon prédéfinie de le faire (Hoogsteder & al., 1998) et " il ne sera jamais possible de créer un programme indiquant quoi faire et quand dans des événements communicatifs ". ( Rodbroe et Souriau, 2000). Un certain nombre de méthodes sont indiquées permettant aux partenaires de développer des énoncés produits par une personne sourde-aveugle, encourageant ainsi une continuation des épisodes communicatifs. Best (2000) dit qu’un partenaire compétent sera capable de " lire " l’enfant et de se conduire d’une manière suffisamment semblable pour que l’enfant ait l’expérience du rapport – de la dépendance entre soi et l’autre. Cela rappelle l’indication de Bruner qu’un éducateur doit " diriger en suivant ". (Wood, 1998). Le rôle du partenaire de communication compétent n’est donc pas de guider la personne sourde-aveugle vers une destination donnée, mais de suivre l’exemple de la personne sourde-aveugle et , ce faisant, de créer un nouveau moyen négocié de communication.
Bien que les relations asymétriques aient été le point de départ de cette revue de la littérature sur le sujet, il semble que la symétrie puisse fournir une base plus fructueuse pour la communication en co-création. Néanmoins, il y a un rôle à part que doit jouer le partenaire de communication, mais les lacunes de nos connaissances actuelles sur la possible application des ZDP aux sourds-aveugles laissent sans réponse quelques questions sur la nature exacte de ce rôle. On se pose des questions sur la manière dont de jeunes enfants , oralisés au minimum, peuvent reconnaître des indices sociaux et communicatifs pour établir une référence commune et négocier des significations. ( Brownell et Carriger, 1998). On a aussi besoin de recherches supplémentaires sur la manière dont les jeunes enfants utilisent les messages non verbaux métacommunicatifs pour créer un langage pour rire. (Göncü). Enfin, Rogoff & al. indiquent que " les bébés qui sont en contact corporel presque constant avec leur mère peuvent arriver à une communication efficace par contact tactile dans les mouvements et changements de posture ". (1998) . Peut-être les sourds-aveugles savent-ils déjà reconnaître et utiliser des stratégies de communication tactiles subtiles et la notion d’une double ZDP ( Séminaire DbI, 2001) indiquerait que ce sont les compétences qu’un partenaire de communication doit développer. Peut-être la symétrie sera-t-elle atteinte si le partenaire de communication doit apprendre à percevoir le monde du point de vue d’un sourd-aveugle, ce qui est décrit par Nafstad et Rodbroe comme "  une soumission absolue aux besoins de l’enfant sourd-aveugle " (1999).

LES ARTS

Le Réseau de la Culture Nordique
Stages de sculpture dans la nature pour les sourds-aveugles à Johnsgaard, Somaadalen, Norvège

Tous les ans, le réseau culture nordique organise des stages pour des sourds-aveugles congénitaux en Suède, en Norvège et au Danemark. En 2003, quatre stages sont proposés : un en Suède, un en Norvège et deux au Danemark. Le stage de Norvège se tiendra à Somaadalen, un merveilleux endroit en pleine campagne, où les sourds-aveugles ont plein d’opportunités pour participer à des activités culturelles, avoir de nouvelles expériences, et se faire de nouveaux amis. Jan Ole Johnsgaard, qui a créé le stage, nous en dit plus.

Ces cinq dernières années, nous avons accueilli des adultes sourds-aveugles de naissance participant à un stage de sculpture. Cela a été un grand plaisir : tout ce dur travail, toutes ces expériences partagées, tous ces résultats fantastiques ! Ce sont des choses que chacun d’entre nous devrait connaître. Un sourd-aveugle norvégien disait, le dernier jour, l’automne dernier : " Je suis fatigué, je rentre à la maison, mais je reviendrai ". Qu’il ait prononcé ces mots nous a fait à tous une forte impression . Il y avait des larmes silencieuses sur tous les visages : être fatigué par un dur travail fait avec d’autres, c’est profiter de la vie et en avoir conscience.
Je n’étais pas là quand les participants ont tenu leur dernière réunion pour discuter de la semaine. Pendant cette semaine, le groupe avait fait un lieu de pique-nique. De simples sièges autour d’un feu. Quand je suis arrivé, il y avait une atmosphère de tranquillité dans le groupe. Personne ne voulait partir. Ils étaient tous réunis dans une communion silencieuse. Tous participant également à un thème commun. Observer cela a été une extraordinaire récompense pour avoir participé à ce projet, élaboré par l’association des parents scandinaves pour les sourds-aveugles de naissance.

Pourquoi Johnsgaard ?

Etant parents d’un garçon de 17 ans , né sourd-aveugle avec un syndrome de Charge, il était naturel que nous offrions notre maison pour l’un des stages de l’école de la Culture. Tormod, notre fils, est né et a été élevé ici, à Somaadalen. Il est allé à l’école du pays , et il y vivra toute sa vie. C’est de là qu’il est, c’est là que sont ses racines, c’est là qu’est sa famille.
Nous sommes fermiers et nous avons un camping qui est ouvert toute l’année. Nous sommes dans les montagnes norvégiennes , à environ quatre heures de route au nord d’Oslo.
Johnsgaard se trouve près du lac Langsjoen, à 1350m d’altitude, et attire les amateurs de randonnée. Le lever du soleil vu du sommet est inoubliable. Le plus magique, c’est en mars. Nous sommes tentés par les longues pistes de ski de randonnée et nous avons environ 70 km de pistes de descente autour de chez nous l’hiver.

Rencontres de parents

En rencontrant d’autres parents lorsque Tormod était petit, nous avons formé un groupe de familles qui ont commencé à se rencontrer souvent. Nous avions les mêmes problèmes et surtout une joie commune. Nous aimions la compagnie des autres et au fil des ans Johnsgaard est devenu notre lieu de rencontre. Cela a commencé par une semaine pendant l’été. C’était il y a 12 ans. Petit à petit, le séjour s’est prolongé l’été, pour les petites vacances d’automne, Noël, les petites vacances d’hiver, Pâques, les week-end, etc. Certaines familles ont acheté des camping-cars, certaines louent une maison de vacances tout près, et d’autres séjournent dans nos chalets.

Bien sûr de nouvelles familles peuvent se joindre à nous. Tous les étés, pendant la 28e semaine de l’année, nous nous rencontrons lors de la semaine des familles. Nous nous retrouvons pour dîner autour du barbecue, c’est le point de rencontre quotidien. Pendant la semaine, nous allons marcher, pêcher, chasser le castor etc. D’autres vont faire leurs courses chez Roros. Les sourds-aveugles se mêlent à tous ces gens, frères et sœurs, oncles et tantes, grands-parents et amis. Les frères et sœurs ont particulièrement tiré profit de ces semaines. Ils ont formé un groupe de jeunes partageant des expériences communes.

La semaine de sculpture dans la nature

Dans ce stage, il y a eu des participants suédois, danois et norvégiens. Ils viennent en voiture ou par avion. Chaque groupe a son chalet ( ou ses chalets). Ils se retrouvent dans la maison principale pour tous les repas. Le soir, ils se retrouvent au bord du lac pour prendre le café et discuter de la journée.
La première année, on a consacré beaucoup de travail à re-sculpter un pin. Chaque année, on ajoute une branche à " l’arbre des trolls ". Chaque participant travaille la pierre comme principal matériau. On utilise surtout la pierre locale, mais on a essayé différents échantillons de pierres avec différentes propriétés. L’année dernière nous avons essayé une pierre tendre facile à travailler. Les stagiaires apprennent à manier divers outils. Ils participent aussi à la fabrication de supports de présentation pour les sculptures lorsqu’elles sont terminées.
Nous avons constaté, au fil des années, les progrès de ceux qui sont venus plusieurs fois. Ils reconnaissent, ils savent ce qui va se passer et ils travaillent dur. Certains sont difficiles à arrêter. Certains travaillent pendant une séance et font la pause pendant la suivante. D’autres en font trois par jour !
A fin de la semaine, nous avons un grand dîner au bord du lac. Pendant la semaine, chacun aura contribué au dîner. Certains auront pêché, d’autres auront trait les vaches, d’autres fait le beurre, et d’autres ramassé des framboises. Tout cela est fait bénévolement par les participants. Nous mangeons, nous chantons, et même nous dansons !

C’est un succès – tout le monde revient !

Eskild et Gry reviennent tous les ans. Ils vont à la pêche tous les ans. Ils savent d’après leurs expériences précédentes qu’ont jette les filets dans le lac le soir et ils savent à quoi s’attendre le matin suivant. Ils en parlent même à la maison.
Chaque année est différente. Il y a toujours des gens dévoués. Nous ne pouvons qu’admirer l’enthousiasme que les personnes travaillant avec nos sourds-aveugles mettent dans leur travail. Je pense que le fait d’amener tous ces gens dans une situation entièrement nouvelle , de leur donner de nouvelles perspectives de travail, a apporté de nouvelles expériences à tous. Partir en voyage ensemble et partager de nouvelles expériences apporte toujours quelque chose de nouveau et d’inattendu. Deux sourds-aveugles se sont retrouvés à travailler sur un support. Ils ont construit le support en pierre ensemble. Ensemble, ils ont travaillé à tasser le sol, puis à poser les pierres les unes sur les autres pour le support, et enfin ils ont mis la sculpture en place. Ils ont travaillé ensemble, ils se sont partagé la tâche. Et ils ont aimé cette expérience.

Le parc de la sculpture

Tout le travail aboutit à un parc de la sculpture. Le lieu de pique-nique, la mare avec une pompe et une chute d’eau, les différentes sculptures et l’arbre sont reliés par une longue corde qui fait le tour du parc. Chaque année, on ajoute quelque chose de nouveau. Il est important de revenir pour trouver les travaux précédents. Ce projet scandinave donne l’occasion de le faire. Poser là quelque chose qui représente beaucoup d’effort en commun puis pouvoir revenir et le retrouver comme c’était . C’est construire des histoires partagées.
Le Réseau de la Culture Nordique aura un matinée-réseau à la conférence canadienne en août 2003, où nous espérons parler aux participants de ce magnifique projet.
Lone Poggioni est la personne de contact pour ce réseau. On peut la joindre sur
enrico.lone@post.tele.dk

CREATION D’ECOLES

L’ECOLE DANS LA GARE !

La gare de General Pico n’a pas vu de train depuis des années, mais elle a toujours un flux régulier de visiteurs. L’école pour aveugles occupe maintenant le hall et les salles d’attente. La directrice, Beatriz Zoppi, nous en dit plus....

L’école pour aveugles de General Pico, au nord de la province de La Pampa, a commencé à travailler avec les sourds-aveugles et les enfants multihandicapés en 1993.
L’école appartient au secteur public. Le Ministère de l’Education de La Pampa assure l’éducation primaire et l’éducation spécialisée.
Un groupe de parents demandaient la création d’un service pour leurs enfants multihandicapés qui n’avaient pas accès à une autre école dans notre communauté. Le personnel de l’école a pris une décision, parce qu’en examinant cette population différente, nous nous sommes rendu compte que la formation professionnelle que nous avions n’envisageait pas la cécité associée à d’autres handicaps.
Le programme Hilton Perkins nous a vraiment beaucoup aidés et grâce à Graciela, Steve et Mike, nous avons pu accepter l’invitation à un stage de perfectionnement professionnel pour en apprendre plus sur ces enfants en 1991. Depuis, Hilton Perkins a assuré une suite, non seulement par des projets annuels, mais aussi par des relations qui nous ont permis de travailler en constante progression. Nous connaissons maintenant beaucoup d’autres organisations importantes. J’étudie à l’université de Birmingham, je suis le cours de MSI, avec la coopération de FOAL et d’Hilton Perkins.

Nos éducateurs

Les éducateurs comme Fabiana, Diana, Gabriela, Nora, Analia, Maria Silvia, Maria Rosa et Marina sont enthousiastes et participent au programme avec des conseillers qui nous rendent visite pour nous transmettre leur savoir et nous aider dans ce lieu éloigné.

L’école de notre communauté

Nous respectons, prenons en considération et aidons l’ensemble de la communauté. Nous avons une Asociacion Cooperadora ( ass.de coopération) et l’ASCAR ( l’association pour les sourds-aveugles) est dans le même immeuble. Le maire et l’administration locale ont restauré un magnifique bâtiment de 1910, lorsque des ingénieurs anglais sont venus dans notre pays pour construire le chemin de fer. Nous y avons emménagé en 1998.
Les photos qui illustrent cet article ont été prises à la dernière réunion l’année dernière. Les jardins ont de vieux arbres, et pas seulement des fleurs !

Pour les familles

En 2003, il y aura plus d’événements spéciaux pour les parents. Il est long et difficile d’améliorer les services, nous le savons tous, à cause des besoins particuliers de cette population, mais nous savons tous aussi que les parents, les professionnels, les adultes et les enfants sourds-aveugles et multihandicapés forment une grande famille et essaient de travailler ensemble dans le monde entier.

LES ARTS

" C’est ici qu’il est devenu artiste et a pris conscience de sa propre valeur "

Au Centre de Sculpture Polonaise, des artistes et des artisans travaillent avec des sourds-aveugles pour les aider à réaliser leur potentiel créatif. Un des résultats en est une collection de belles sculptures évocatrices. Ewa Niestorowicz, l’une des artistes qui enseigne à l’atelier, décrit leur travail...

Depuis 1990, le Centre de la Sculpture Polonaise à Oronsko accueille des ateliers annuels conçus pour les sourds-aveugles. On y utilise exclusivement l’argile. Les sourds-aveugles créent d’énormes formes en utilisant la méthode de la céramique : on fabrique une armature et ensuite on recouvre l’extérieur avec une couche d’argile de plusieurs millimètres d’épaisseur.
Les ateliers de sculpture prennent habituellement deux ou trois mois, pendant lesquels les participants sont supposés sculpter toute la journée. Tous ceux qui participent aux ateliers pour la première fois doivent affronter trois épreuves fondamentales. Ils doivent étudier :

  • les éléments d’art appliqué. Cela permet d’apprendre les techniques de la sculpture, et aussi de développer leurs propres idées créatrices
  • le portrait
  • une composition abstraite. Le développement et la présentation de son imaginaire est l’objectif principal de cette partie

Tous ceux qui participent aux ateliers pour la 2e fois peuvent choisir eux-mêmes le sujet de la sculpture. Certains ont réussi à créer des oeuvres réellement monumentales, y compris des chapelles en céramique de 3 ou 4 mètres de haut !
Les professeurs chargés des ateliers essaient de ne pas intervenir dans le processus de création de la sculpture. En fait, quelques gestes faits ensemble avec une personne sourde-aveugle suffisent à faire entrer l’idée d’une tâche donnée dans l’esprit du participant, et à poser les bases du travail à venir. Le but de cette procédure est de faire prendre conscience aux artistes sourds-aveugles d’une grande variété de formes allant des plus simples aux plus étonnantes. Les sculptures sont tristes ou mélancoliques, ou tout au contraire drôles et optimistes. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est le forme de la sculpture créée.
Bien que dans la plupart des cas, nous puissions communiquer par dactylologie, nous sommes surpris de voir que l’utilisation d’un langage apparaît superflue. Durant les onze ans d’ateliers, nous avons travaillé avec des gens incapables d’utiliser aucun langage et il s’est avéré que ce n’était jamais un problème d’expliquer la tâche à aucun des participants.
Il arrive quelquefois qu’un travail ne soit pas de la meilleure qualité du point de vue technique. Dans ce cas, tout ce que vous avez à faire, c’est de suggérer une position différente des mains pendant la procédure du moulage afin de mieux contrôler la forme de la sculpture et sa stabilité.

Un voyage

Pour les sourds-aveugles, c’est souvent un voyage depuis les profondeurs du désespoir, avec des sentiments d’impuissance et de constante humiliation, en passant par la fascination du processus de création et de la capacité d’expression de soi, jusqu’à un sentiment d’utilité sociale. Cela apporte aussi un éveil de l’intérêt et de l’admiration des autres indifférents au problèmes de la surdicécité.
C’est là qu’ils découvrent leur propre potentiel. C’est là aussi qu’ils deviennent des artistes et des créateurs.

Les artistes sourds-aveugles

Mirek Luszawa est arrivé à Oronsko dans un très mauvais état nerveux. Il avait des moyens de communication très limités, pratiquement aucun. Heureusement, il n’a fallu qu’une journée d’atelier pour remplacer la tension et la peur habituelles par la joie et la fascination ! Après la fin des ateliers, en rentrant chez lui, Mirek pleurait, ce qui est le meilleur commentaire sur l’atmosphère des ateliers en général. Ce n’est que là qu’il est devenu artiste et a pris conscience de sa propre valeur. Pendant les ateliers, il a fait trois moulages qui semblent très inhabituelles de par leur forme et leur originalité.
J’ai eu personnellement le plaisir de travailler avec un autre participant aux ateliers, M. Mieczyslaw Lesczynski. C’était un travail encore plus difficile, parce qu’il avait aussi un handicap des mains. Donc, dès le départ, j’ai dû " guider " ses mains afin que la sculpture fonctionne techniquement. Mais c’est M. Lesczynski qui a décidé de la forme finale de l’oeuvre. Au bout d’une semaine, il était déjà capable de sculpter tout seul et on peut voir et admirer le résultat étonnant de son travail.
Franciszek Wielgus a consacré tous ses ateliers à la création de son auto-portrait grandeur nature. Il a commencé par la colonne vertébrale, puis il a ajouté successivement les côtes, les intestins et l’estomac. Enfin, il a tout recouvert d’argile – un homme doit tout de même faire vrai !
Jan Wisniewski est complètement sourd-aveugle, et a connu dans sa vie la perte tragique de sa femme et de son fils, ainsi que l’amputation d’une jambe. " Je me sens vraiment heureux quand je sculpte " confesse-t-il. Il travaille dans une concentration totale et ses sculptures sont le fruit d’une profonde vie intérieure, de la contemplation, et de la prière à Dieu avec qui, révèle-t-il, il reste constamment en contact par une conversation quotidienne. " Dieu a fait un homme en argile, et l’a éveillé à la vie " dit un autre artiste sourd-aveugle, Henryk Kowalczyk.
C’est si difficile pour nous, artistes instruits, de donner vie à nos sculptures, mais les sourds-aveugles y arrivent, presque sans effort. Henryk Kowalczyk est l’auteur de la Tour de Babel de trois mètres de haut. Elle va jusqu’au ciel ! Le haut de la sculpture est la paume du Tout-Puissant. Les labyrinthes des escaliers représentent le dur chemin des hommes essayant d’atteindre Dieu. La tour de Babel est une sorte d’hommage rendu par l’artiste à Dieu qui, bien qu’Il lui ait ôté la vue et l’ouie, lui a donné la capacité de créer et de sculpter dans l’argile – le matériau avec lequel il a lui-même commencé.
Les ateliers d’Oronsko nous ont donné une connaissance particulière des capacités de ces créatifs qui ont une limitation extrême des sens. Nous avons plus de dix ans d’expérience de l’enseignement de la sculpture aux sourds-aveugles.

Les professeurs de sculpture cherchent à avoir des contacts avec d’autres

Les professeurs sont les artistes qualifiés. Personnellement, je suis diplômée des beaux-Arts (je suis peintre) ainsi qu’en pédagogie, avec une spécialisation sur la cécité. J’enseigne la sculpture depuis 1996. Actuellement, je travaille à ma thèse de doctorat dont le sujet est : " Le monde dans l’esprit et la sculpture des sourds-aveugles ". Donc, si vous avez une expérience analogue, je vous serais très reconnaissante de m’en faire part. Je serais heureuse d’avoir toutes sortes de matériels et documents concernant votre travail artistique avec des sourds-aveugles.
Si vous êtes intéressés par une quelconque coopération, nous attendons de vos nouvelles. Pour le moment, l’organisation d’ateliers internationaux reste du domaine du rêve, mais nous espérons pouvoir y arriver, peut-être avec votre aide. Nous avons une équipe de professionnels compétents. Il y a aussi plusieurs sourds-aveugles qui ont participé aux ateliers dès le départ et maintenant, avec l’expérience, ils sont capables d’enseigner aux autres.

CAMPAGNE

Bouger !
La canne rouge et blanche pour les sourds-aveugles en République Tchèque

Jan Jake, de l’Association des Sourds-Aveugles, définit le contexte de cette législation importante en République Tchèque, qui rendra les déplacements plus faciles et plus sûrs pour les sourds-aveugles. Cela souligne l’importance d’avoir une " parole " claire et cohérente, et de travailler en association avec d’autres qui peuvent avoir des positions analogues.

La canne rouge et blanche pour les sourds-aveugles est définie comme un " signe distinctif " des personnes sourdes-aveugles par la Loi réglementant la circulation routière, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2001. L’usage de la canne a été introduit le 31 janvier 2001 par le règlement d’application de la loi. Depuis 2002, les cannes rouges et blanches sont fournies sur ordonnance des ophtalmologistes et remboursées par les assurances médicales.
La canne rouge et blanche est une aide compensatoire importante pour les sourds-aveugles, qui leur permet de s’orienter et de se déplacer librement dans les endroits publics, les rues, les passages cloutés. Jusqu’ici les sourds-aveugles utilisaient la canne blanche , qui est normalement utilisée comme signe distinctif , et comme appareil distinctif, des aveugles. C’est pourquoi les sourds-aveugles se trouvaient souvent dans des situations difficiles, par exemple lorsqu’ils ne répondaient pas aux signaux des conducteurs aux passages cloutés, ou lorsqu’ils réagissaient bizarrement quand on leur offrait de l’aide. Ceci a souvent causé des malentendus et quelquefois mis en danger la sécurité du sourd-aveugle et des autres personnes impliquées. Grâce à la canne à rayures rouges et blanches, les sourds-aveugles peuvent se déplacer avec plus de sécurité dans les villes et dans la circulation. La canne rouge et blanche attire l’attention du public sur le fait qu’une personne sourde-aveugles est présente, c’est-à-dire qu’elle sert à signaler qu’en plus de problèmes d’orientation et de mobilité, il peut y avoir un plus gros problème de communication.

Confiance en soi

En outre, la canne rouge et blanche donne aux citoyens sourds-aveugles un sentiment de meilleure sécurité, d’assurance et de confiance en soi. C’est un symbole important de leur identité. Elle apporte aussi plus de respect du grand public.

Le contexte de la nouvelle réglementation

Le chemin qui a conduit à l’introduction de la canne rouge et blanche a été long, et au début ça paraissait vraiment très loin. L’association civile LORM – la société pour les sourds-aveugles- a été la première à s’attaquer à ce problème à l’initiative de ses membres sourds-aveugles. Ils ont discuté de la nécessité d’avoir un signe distinctif spécial lors d’un stage de rééducation, dirigé par Mme Vera Husakova, une psychologue, en octobre 1993.La discussion a abouti à demander une canne jaune pour les sourds-aveugles.

La canne jaune

Nous avons entrepris une enquête pour savoir si l’usage de la canne blanche pour les aveugles se fondait sur la législation. Nous avons trouvé que l’usage de la canne blanche se fondait sur la coutume. Nous avons aussi trouvé que la canne blanche n’était mentionnée que dans la réglementation de la circulation routière. A cette époque, les questions de circulation routière concernaient le Ministère de l’Intérieur. Voilà pourquoi nous avons déposé notre demande pour introduire la canne jaune comme signe distinctif spécial pour les sourds-aveugles auprès du ministère. Cela a été fait au printemps 1996, au moment où le ministère commençait à préparer une nouvelle loi sur la circulation. Nous avions aussi pris contact avec la société Svarovsky qui fabrique les cannes pour les aveugles et commandé plusieurs échantillons de cannes jaunes , dont quelques unes avec des rayures noires contrastantes. Nous avons remis les échantillons au ministère de l’intérieur.

Demandes ignorées

En 1997, la circulation routière est passée au Ministère des Transports et des Communications., et notre initiative a été transmise à ce ministère. Nous avons à nouveau déposé notre demande de reconnaissance et d’introduction de la canne jaune . Notre initiative n’a pas eu de réponse. Plus tard, il est apparu que notre initiative n’avait pas été du tout prise en compte dans la loi ; en fait , une disposition précisant un devoir élémentaire des conducteurs de respecter les personnes utilisant la canne blanche pour les aveugles, avait aussi été omise dans la loi. Les auteurs de la loi n’avaient pas du tout tenu compte des conditions spécifiques des aveugles et des sourds-aveugles.

Naissance de la VIA ... et début de la campagne

Nos affaires ont pris un tour favorable avec notre nouvelle initiative. En 1999, avec plusieurs amis sourds-aveugles nous avons créé l’association des sourds-aveugles – VIA, une organisation indépendante. Nous avons demandé l’aide de plusieurs partis politiques parlementaires pour développer l’inclusion sociale des sourds-aveugles. L’un des partis politiques a organisé une réunion pré-électorale pour les membres de VIA avec son candidat au Sénat tchèque. A la réunion, les sourds-aveugles ont parlé de leur situation et présenté des suggestions concrètes pour l ‘amélioration de la position et l’inclusion des sourds-aveugles dans la société.

Parmi ceux qui participaient à la réunion, il y avait Mme Zuzana Roithova, présidente de la Commission de la santé et des affaires sociales du Sénat qui s’est intéressée à nos problèmes. Elle a reconnu qu’elle ne savait rien de la surdicécité et des sourds-aveugles, et qu’elle avait même hésité à participer à la réunion. Elle a promis de nous aider en mettant nos initiatives en application, en disant qu’elle aurait besoin de nos connaissances techniques et de notre aide. Nous avons précisé quatre tâches interconnectées : introduction d’une canne spéciale pour les sourds-aveugles, reconnaissance du droit à obtenir des appareils auditifs pour les deux oreilles ( correction bilatérale) pour les sourds-aveugles ayant des restes auditifs fonctionnels, que ces appareils soient remboursés par les compagnies d’assurances médicales, et définition du diagnostic médical de surdicécité. Notre but était d’améliorer l’orientation des sourds-aveugles dans leur environnement au moyen des aides techniques existantes.
Avec Me Vera Husakova, nous avons préparé les données concernant chacune de ces tâches pour le sénateur Roithova. Pour les appareils auditifs, une analyse des besoins économiques a été faite du point de vue des compagnies d’assurances médicales.

Action commune

La dernière partie de notre longue route vers la canne rouge et blanche a commencé en janvier 2000. Le sénateur Roithova nous a invités à participer aux débats avec un représentant du Ministère des Transports et des Communications sur la loi de réglementation de la circulation. Vu les usages existant déjà dans certains pays et le caractère international de la circulation routière, il fut décidé d’introduire aussi la canne rouge et blanche en République Tchèque. Son aspect et sa conception ont été préparés en collaboration avec la société Svarovsky qui fabrique les cannes pour les aveugles. Nous avions aussi un nouvel allié – nous avions informé les représentants de l’association des aveugles de notre activité. Ils essayaient d’introduire la canne blanche dans la loi. Nous leur avons proposé de se joindre à notre initiative. Notre campagne parlementaire pour la canne rouge et blanche pouvait s’étendre à la canne blanche. Lorsque la loi a été discutée au parlement, il a été possible, avec le soutien de la plupart des députés, d’amender la loi pour y inclure une disposition sur les cannes comme signe distinctif pour les aveugles et les sourds-aveugles. En même temps, la loi imposait au ministère des transports et des communications de se préparer à mettre en application des réglementations légales qui, entre autres, préciseraient les types et les dessins des signes distinctifs des aveugles et des sourds-aveugles. L’objectif a été atteint : depuis le 31 janvier 2001, les sourds-aveugles de la République Tchèque peuvent utiliser la canne rouge et blanche.
Trois autres tâches nous restaient : garantir le droit des sourds-aveugles à avoir deux appareils auditifs , assurer le financement de la canne rouge et blanche et des appareils auditifs , et définir la surdicécité dans le but de distribuer les aides techniques. Pour mener à bien ces tâches, le sénateur Roithova a créé une commission d’experts. Ses membres ont été recrutés parmi les représentants d’associations civiles de sourds-aveugles et d’aveugles , du ministère des transports et des communications, de la société des ophtalmologues, des secteurs otologie et phoniatrie de la société tchèque d’oto-rhino-laryngologie, et de compagnies d’assurances médicales. Nos propositions ont servi de base au document final, appelé " Memorandum : la distribution d’aides compensatoires pour cause de surdicécité ". Les représentants des sociétés de médecins, des assurances médicales et des sourds-aveugles (LORM et Tyfloservis) ont signé le Mémorandum en décembre 2001. Le mémorandum définit les principes, les procédures et les règles de fourniture d’aides techniques compensatoires aux sourds-aveugles.
Sur la base de ce mémorandum, depuis juillet 2002, les patients sourds-aveugles ayant des restes auditifs fonctionnels ont le droit de recevoir deux appareils auditifs pour réception bilatérale, couverts par les compagnies d’assurance médicale. Les assurances médicales couvrent aussi la canne rouge et blanche.

Introduction de la canne

Le processus d’introduction de la canne rouge et blanche, et l’inclusion sociale des sourds-aveugles, sont également soutenus par les activités de la Faculté de Pédagogie de l’université Charles de Prague, à l’initiative de M.Boris Titzi du département Education Spécialisée. Il a théorisé, défendu et mis en pratique l’introduction du sujet de la surdicécité dans le programme des modules Education spécialisée et Education spécialisée et Psychologie. Dans son enseignement, il souligne l’importance d’une approche spécifique des sourds-aveugles, et d’aides et de services spécifiques pour les sourds-aveugles, en particulier la canne rouge et blanche et l’assistance personnelle. Dans le cadre de ces activités, l’auteur de ces lignes donne un cours intitulé " Une personne sourde-aveugle " au département Education spécialisée. L’université Charles forme donc des spécialistes dont la formation correspond aux derniers développements dans le domaine de la surdicécité en République Tchèque.

Un groupe de pression puissant obtient des résultats

La campagne a eu aussi un effet secondaire important. Elle a montré que même un petit groupe soi-disant sans importance de sourds-aveugles peut atteindre un objectif important, et même aider d’autres personnes, comme dans le cas de la canne blanche pour les aveugles, lorsque la pression des représentants des aveugles ne s’était pas avérée assez influente. Il a aussi été démontré que de telles initiatives, dont les buts peuvent être aisément identifiés par d’autres associations, peuvent réussir. C’est un tremplin prometteur pour d’autres tâches que nous devons accomplir concernant notre inclusion dans la société.

CONFERENCES

Annonce :
2e Conférence européenne des familles à Slettestrand, Nord Jutland, Danemark
20-26 Juin 2004

Rencontre des familles :
" Listen to me 2 " au Danemark
Communication par la culture et la nature danoise

Les réseaux de DbI  de la Culture Nordique et les membres d’Edbn , ainsi que Sense International et le programme Hilton/Perkins, ont le plaisir de vous inviter à une nouvelle rencontre des familles.
La conférence est destinée aux parents et à leurs enfants des pays d’Europe occidentale, d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Comme les autres conférences précédentes, cette conférence permettra aux parents d’échanger expériences et informations sur une large gamme de questions concernant la vie familiale. Le comité scientifique organisateur se compose de :
Lone Poggioni (Danemark)
Gill Morbey (Royaume-Uni)
Ursula Heinemann ( Allemagne)
Klaus Vilhelmsen ( Dk)
Preben Gundersen (Dk)
William Green ( Italie)
Frank Ulmer ( Dk)
Ricardo Lopez ( Espagne)

Ce groupe est en train de finaliser le programme, qui promet d’être une intéressante base de discussion, et fait suite aux réflexions de la rencontre des familles de l’an dernier en Italie. Ils cherchent aussi un nouveau dessin pour un logo qui représenterait le thème de " Listen to me " puisque c’est un événement qui doit avoir lieu tous les deux ans.

Dates
Arrivée le 20 juin et départ le 26 juin 2004.

Lieu 
Le centre de vacances de Slettestrand se trouve dans un magnifique endroit du Jutland , juste à 250m de la mer. Pour y arriver, on passe normalement par Aalborg où on peut se rendre facilement en train, en avion ou en voiture.

Le centre offre une large gamme d’activités correspondant à tous les goûts. L’hébergement peut être en chambres convenant pour 4-5 personnes et donnant sur la mer. Il y a des équipements de jeux pour les enfants. Pour plus d’informations, voir le site www.slettestrand.dk.

Participants
Pour l’inscription, une " famille " a jusqu’à quatre membres : les parents, le membre de la famille handicapé sensoriel, et un accompagnant choisi par la famille.

Grandes lignes du programme
En fait, le programme comprendra de nombreuses parties :

  • Réunions et conférences pour les parents
  • Pendant ces réunions, leurs enfants et accompagnants pourront participer à des activités artistiques/musicales conçues pour eux et dirigées par des artistes compétents dans des domaines tels que la sculpture, la musique, la danse, le théâtre ou l’artisanat, et bien d’autres selon les besoins et les choix.
  • Programme pour les frères et sœurs
  • Visites dans des services pour enfants et adultes sourds-aveugles

Du temps sera réservé aux excursions touristiques , aux activités artistiques ou simplement à faire une pause et se détendre ensemble.
Les excursions peuvent inclure shopping, promenades en bateau etc.

Frais

Le comité organisateur examine actuellement le possibilités de financement pour que le prix soit accessible à tous et pour permettre la participation de familles des pays d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Pour avoir des renseignements complémentaires, pour proposer un logo ou pour dire que vous êtes intéressé, prenez contact avec nous le plus tôt possible :
Lone Poggioni

enrico-lone@post.tele.dk

CONFERENCES

STAGES DE FORMATION ET CONFERENCES 2004 au NUD ( Centre nordique de formation du personnel pour les services pour sourds-aveugles)

Sourds-aveugles congénitaux avec un syndrome de CHARGE
20-25 janvier

Ce stage de formation mettra en lumière la complexité du syndrome de CHARGE et soulignera les challenges que cela peut entraîner dans la création et l’organisation de conditions optimales d’apprentissage et de développement. Toutes les catégories de personnel peuvent demander à participer.

Rééducation de base pour les personnes ayant une surdicécité acquise
1-6 mars

Le cours apportera une connaissance de la combinaison d’une perte de la vision et d’une perte de l’audition sévères et de ses conséquences sur la communication, l’accès à l’information et l’orientation et la mobilité de la personne. Le stage comportera divers exercices de simulation et offrira des exemples concrets. Il s’adresse à ceux qui travaillent dans des services de rééducation directs.

Développement de la communication chez les sourds-aveugles congénitaux
14-26 mars

Le cours présentera les dernières informations sur l’interaction et la communication avec les sourds-aveugles congénitaux. Le cours sera suivi de projets individuels et de réunions de réseaux.

Formation pour directeurs/conseillers pédagogiques pour les sourds-aveugles
19-25 avril

Cette réunion est la deuxième partie d’un stage de formation pour directeurs/conseillers de services éducatifs pour sourds-aveugles congénitaux qui a commencé en septembre 2003, en se concentrant sur l’évaluation des sourds-aveugles congénitaux. L’objet de ce stage sera comment créer des conditions optimales pour la communication et le développement. Ce stage présentera et évaluera aussi les projets des participants sur l’évaluation et la planification pédagogique individuelle.

Les enfants déficients auditifs et visuels dans les programmes pré-scolaires et scolaires
12-15 mai

Cette conférence a pour but de présenter et de discuter des informations sur la façon d’adapter les situations d’apprentissage pour les enfants d’âge préscolaire et scolaire présentant une surdicécité acquise ou devenant sourds-aveugles. Ce stage s’adresse au personnel travaillant dans des écoles primaires et des écoles maternelles, ainsi qu’aux directeurs.

Conférence nordique sur la surdicécité
18-22 août

Tous les 4 ans, le Centre nordique de formation du personnel organise une conférence sur la surdicécité. Cet événement rassemble des sourds-aveugles, des parents, et des personnels et expose et discute des sujets intéressant les personnes actuellement impliquées dans la fourniture de services.

Développement de la communication chez les enfants sourds-aveugles congénitaux ayant des implants cochléaires
8-11 septembre 2004

Cette conférence est organisée pour présenter et discuter des connaissances théoriques et expérimentales sur le développement de la communication chez les sourds-aveugles congénitaux ayant des implants cochléaires.
Ce stage s’adresse aux personnels des programmes scolaires et pré-scolaires , ainsi qu’aux directeurs et conseillers. Cette conférence est également ouverte à des participants d’autres pays que les pays nordiques.

Rééducation pour les personnes ayant une surdicécité acquise
27 septembre- 2 octobre

Ce stage présentera et discutera différents modèles de rééducation pour les personnes devenant sourdes-aveugles ainsi que d’autres questions de nature éthique et pratique sur le sujet. Il s’adresse à tous les types de personnel de rééducation.

Education et travail pour les personnes ayant une surdicécité acquise
10-13 novembre

Cette conférence mettra en lumière les opportunités d’éducation et autres préparations à la vie professionnelle pour les jeunes ayant une surdicécité acquise. Elle examinera aussi les modifications du travail nécessaires pour les gens qui deviennent sourds-aveugles plus tard. Ce stage s’adresse à des personnels qui ont des sourds-aveugles parmi leurs élèves et à des personnels des services de réadaptation professionnelle pour les sourds-aveugles.
Pour plus de détails, prenez contact avec nous : Nordic Staff Training Centre for Deafblind Services (NUD)
nud@nud.dk

nouvelles régionales

Australie :
Les derniers événements par Mike Steer

En juin 2001, la population de l’Australie était de 19,5 millions d’habitants, dont environ 18% sont estimés avoir un handicap ou une déficience. En décembre 2002, l’Institut australien pour la santé et le bien-être (AIHW) a publié : Services de soutien au handicap : premiers résultats nationaux sur les services fournis en application du CSDA. Le CSDA ( Accord du Commonwealth sur le handicap) est le plus système de financement des principaux services pour handicapés pour le partage des frais entre les administrations fédérale, des états et des territoires.

Le rapport publié dernièrement donne un résumé des données " photographiques " recueillies par jour: en une journée, 65 809 consommateurs ont utilisé 77 382 services financés par le CSDA dans les sites de services de toute l’Australie. Les services utilisés dans cette journée étaient :

  • aide au logement –34%
  • accès à la communauté – 29%
  • emploi – 28%
  • aide de la communauté – 20%
  • repos – 5%

Les types de services les plus utilisés comprenaient :

  • développement de l’apprentissage et de l’autonomie( 12 167 consommateurs)
  • emploi protégé (11 898 )
  • foyers (9 528)

Le groupe de handicaps le plus répandu était la déficience intellectuelle( 39 909 consommateurs, ou 61%), suivi par le handicap physique ( 8 002 ou 12%). Ceux qui donnaient la déficience visuelle comme handicap principal étaient 1 716 ( vision) et 170 (sourds-aveugles).

Le rapport est disponible en formats PDF et Word avec texte principal en HTML sur : http://www.aihw.gov.au/publications/index.cfm?type=details&id=827

Formation des enseignants

Un rapport du sénat du Commonwealth publié juste avant Noël a recommandé une formation obligatoire pour tous les assistants d’éducation et professeurs à l’éducation des d’élèves handicapés.
Les recommandations figurent dans le rapport de la commission sur l’emploi, les relations de travail et l’éducation du sénat sur l ‘enquête sur l’éducation des élèves handicapés. L’enquête a été faite pour répondre aux inquiétudes quant à l’efficacité des programmes du Commonwealth destinés aux élèves handicapés et pour savoir si le secteur scolaire et post-secondaire répondaient aux besoins de ces élèves . La commission rapporte que de nombreuses preuves et témoignages donnent nettement l’impression qu’une éducation de qualité pour les élèves handicapés est en général rare dans les écoles.
Il y avait beaucoup de preuves d’un manque de compétences grave et croissant en Australie chez les enseignants , qui ont de plus en plus d’élèves handicapés dans leurs classes et n’y sont pas préparés.
De plus, la plupart des enseignants déjà en poste ont peu de chances de recevoir une formation continue dans ce domaine. Le manque de formation est exacerbé par la diminution des bases de connaissances spécialisées dans la profession. La grave pénurie de spécialistes dans les domaines des déficiences sensorielles , de l’autisme et des difficultés d’apprentissage a été soulignée.
Quoique le gouvernement du Commonwealth ne soit pas obligé d’agir selon le rapport, le fait que les recommandations de la commission soient soutenues par le gouvernement, l’opposition, et les membres démocrates de la commission lui donnera du poids.
Ce rapport ( 194 pages) peut être consulté ou téléchargé en un seul document ou par sections sur :
www.aph.gov.au/senate/committee/eet_ctte/ed_students_withdisabilities/report/index.htm

Nouveau centre d’audiologie pour Sydney

Le 29 août de l’année dernière, l’institut pour enfants sourds et aveugles de North Rock a ouvert son nouveau centre d’audiologie.
Ce centre a pris le nom de Jim Patrick, un pionnier des implants cochléaires en Australie. Il dispose des derniers équipements de tests pour les enfants, y compris les bébés et les enfants avec des handicaps associés.

Nouvelles du Conseil national des sourds-aveugles

Depuis sa création en 1999, le site web du Conseil national des sourds-aveugles australien (ADBC)a reçu 14 550 visites sur : http://internex.net.au/dba

Parmi les dernières activités de l’ADBC :

  • un groupe de " chat " de sourds-aveugles de tout le pays pour chercher des réponses aux problèmes de la surdicécité
  • ADBC demande à être affilié à la Fédération australienne des associations de handicapés (AFDO)
  • L’association de sourds-aveugles du sud de l’Australie est d’accord pour lancer la semaine nationale de la surdicécité en 2003.

Les sujets examinés dans les réunions des commissions de l’ADBC comprennent :

  • comment développer la coopération avec les sourds-aveugles de Nouvelle Zélande
  • création d’un groupe de soutien pour les parents de sourds-aveugles
  • débat sur un logo convenable pour la surdicécité en Australie

Ascension du pont du port de Sydney

En juillet l’année dernière, les membres d’ADBC Heather Lawson et Joseph Heenan, qui ont tous deux un syndrome d’Usher, avec les guides Carla Anderson et Bill Hynes de Sydney, ont escaladé le spectaculaire pont du port de Sydney. Cet immense pont, avec le kangourou, le boomerang et l’Opéra, est l’un des symboles de l’Australie. L’escalade a été organisée par Bridgeclimb , une société qui offre aux visiteurs de Sydney une aventure en petits groupes avec ascensions guidées au sommet du pont du port, jour et nuit. Passant au-dessus de 1500m d’arches d’acier, jusqu’à 134 m au-dessus de l’animation du port, les intrépides aventuriers se sont risqués sur les passerelles, les échelles, et ont grimpé par l’arche principale jusqu’au rivage nord. C’était la première fois que Bridgeclimb rencontrait un groupe de sourds-aveugles utilisant les signes tactiles, donc il y avait un interprète.

Au départ, la demande du groupe avait été rejetée par Bridgeclimb, mais Heather et Joseph ont envoyé un Email au patron pour exprimer leur déception. Ils ont expliqué qu’ils n’auraient besoin que d’une aide limitée pour faire l’escalade. A cause de leur déception et de l’annulation initiale, Bridgeclimb les a invités et a offert de payer les frais de leur billet d’avion de Melbourne à Sydney, une nuit d’hôtel et le coût de l’escalade. Après avoir réussi l’escalade, Heather a dit : " nous avons été traités royalement ".

Tous les détails de l’ascension sont publiés dans le numéro de février de l’ADBC Beacon. Pour en avoir un exemplaire, contactez le responsable d’ADBC, Bob Segrave, à segrave@connexus.net.au

INDE

Une presse Braille informatisée pour l’Inde , par Bushan Punani

Une presse Braille informatisée a été inaugurée à 10h30 le samedi 22 février 2003 dans les locaux de l’association des aveugles, Vastrapur. Elle a été inaugurée par le Dr.Tae-Sup Lee, premier vice-président international du Lions Club.
L’association des aveugles a une presse Braille depuis 1967 et produit des livres et autres matériels en Braille. Mais l’impression Braille manuelle est embêtante, monotone, chère et il y a beaucoup d’erreurs. Elle fait appel à des procédés démodés et à des techniques pénibles. Comme il y a presque 10 000 enfants aveugles qui font des études, les besoins en livres Braille sont importants. La presse manuelle ne pouvait pas satisfaire cette demande. L’association s’est rendu compte de ces défauts et a décidé d’informatiser.
Après s’être renseignée, l’association a trouvé que pour avoir un équipement permettant de faire convenablement le travail, cela coûterait très cher, donc elle a fait appel au Lions Club de Vastrapur & Ranip. Ils ont été d’accord pour présenter le projet à la fondation du Lions Club International. Heureusement, la proposition a été acceptée. La fondation du Lions Club International et la fondation pour l’éducation Indo-Américaine ont accepté de sponsoriser l’équipement ensemble.
Le nouvel équipement est convivial, rapide, précis et rentable, et il transforme notre production !

Croatie de Marina Stabi

Chers amis,
Je vous écris au nom de l’association des sourds-aveugles, Dodir, qui a travaillé très dur récemment pour faire pression sur le gouvernement croate, et en particulier le Comité national des personnes handicapées de la République de Croatie, pour que la surdicécité soit reconnue comme un handicap spécial et que les droits et les services pour sourds-aveugles soient reconnus.
Lors des différentes discussions avec les représentants du gouvernement, on nous a demandé de rassembler les lois et réglementations concernant la surdicécité dans différents pays.
Au début de mai, la loi sur les services sociaux sera discutée au Parlement croate et nous essayons d’y faire inclure la définition de la surdicécité et le droit à des services pour les sourds-aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin d’informations sur la façon dont ces droits sont accordés dans les autres pays européens et les autres pays dans le monde.
Nous voudrions vous demander de nous envoyer toutes les informations que vous avez sur les domaines suivants, en n’importe quelle langue, par Email ou fax : +385 1 48 75 431/432 :
A - Législation, réglementations ou instructions avec les références exactes et l’année où elles ont été publiées, les articles exacts où la surdicécité est mentionnée, et comment les sourds-aveugles ont droit à des aides, des guides/interprètes ou des assistants personnels
B - Par quels ministères ces droits sont-ils donnés et sur quelles bases. Comment la participation des sourds-aveugles est-elle incluse et comment l’ensemble est-il administré ?
Merci d’avance

Marina Stabi, Assistante sociale, Programme de Recherche et développement.

Amérique latine

Réseau " Grupo Brasil " 1997-2002
par Ximena Serpa

Les professionnels travaillent au Brésil depuis de nombreuses années. En fait, le Brésil a été un des premiers pays à comprendre les besoins des sourds-aveugles et des multihandicapés dans la région.
" Grupo Brasil " est le principal réseau en Amérique latine et a été créé en 1997 en tant qu’ONG. Il inclut l’association de parents et l’association brésilienne des sourds-aveugles et d’autres institutions qui travaillent pour les sourds-aveugles et les déficients sensoriels multihandicapés au Brésil. " Grupo Brasil " a des représentants dans 10 villes des 4 grandes régions du pays.
Depuis 1997, il a organisé 2 conférences internationales qui ont eu beaucoup de succès – la dernière en octobre 2002 – avec la participation des professionnels et parents locaux. Des collègues internationaux du Portugal, du Chili, d’Angleterre, de Colombie et du Pérou y ont également assisté. Trois séminaires nationaux et six régionaux ont été organisés, et aussi un séminaire sur Usher, en invitant les parents, les sourds-aveugles et les professionnels de tout le pays.
Le groupe a fait des campagnes d’information et des séminaires avec le Retina Group de São Paulo et les facultés de médecine, le gouvernement et les institutions, pour informer le public sur la manière de reconnaître les sourds-aveugles ayant un syndrome d’Usher. Pour cela, ils ont diffusé des affiches et des imprimés dans le public. La formation aussi est importante et le groupe a formé divers professionnels de tout le pays.
Il y a un matériel éducatif, comme les brochures sur la communication, le syndrome d’Usher, la surdicécité congénitale et acquise ; un site web national sur la surdicécité ; un journal et un livre intitulé " Deux sens : pour les sens et vers les sens "et un manuel pour les parents et les enseignants, publié par Sense international ( Amérique latine) en Portugais.
Le groupe a gardé un bon contact avec le gouvernement et le ministère de l’éducation et a créé du matériel écrit, des programmes de formation et des projets pour eux.
Pour plus de détails, prenez contact par Email :
grpbrasil@ssol.com.br

Forum sur le syndrome d’Usher à Moscou
par Irene Salomatina

En mars 2003, le forum Usher à Moscou a réuni 17 sourds-aveugles et parents de Moscou, St Petersbourg et Ufa. Le but de cette rencontre était d’évaluer l’impact de 18 mois de travail pour améliorer le niveau des sourds-aveugles et de leurs familles dans ces villes, un projet rendu possible grâce au financement du ministère du développement international du Royaume-Uni.
Le séminaire a démontré la valeur d’un projet qui a rapproché les sourds-aveugles, à la fois au sein des trois villes et entre elles. Les délégués de St Petersbourg ont été surpris que leur collègues d’Ufa n’aient jamais entendu parler des implants cochléaires. Inversement, la délégation d’Ufa – qui va bientôt se déclarer comme ONG indépendante- a été un modèle pour les délégués de St Petersboug, qui se débattent toujours avec la bureaucratie russe. Comme l’a dit l’un des délégués : "  Ce projet nous aidera tous à l’avenir – dans le passé, nous n’avons pas su affirmer nos droits ".
La valeur du rassemblement des sourds-aveugles russes et de leurs familles a été renforcée par un autre délégué déclarant : " J’ai vu des vidéos de nos amis britanniques, mais il nous faut des films de nos propres sourds-aveugles – leur réalité, comment ils vivent. "
Vous pouvez prendre contact avec Irene Salomatina sur
irv@child.ru

Pays nordiques

Stage de formation NUD
" Corrélations entre comportement à problèmes et manque de communication chez les adultes sourds-aveugles congénitaux "
5-9 novembre 2003
au Centre de formation du personnel pour les services pour sourds-aveugles des pays nordiques, à Dronninglund, Danemark

Présidents
Inger Rodbroe du NUD, Danemark et Randi Sorlie de Norvège

Objectifs

Ce stage de formation est consacré au groupe d’adultes sourds-aveugles congénitaux qui ont des comportements à problèmes. La corrélation entre le comportement à problèmes et le manque de communication sera mise en lumière et discutée de différents points de vue. Les stratégies de traitement par des méthodes éducatives seront présentées et discutées dans des études de cas. Donc, l’objectif est de trouver des solutions au comportement à problèmes par le développement de la communication.

Organisation du travail
Le travail se composera de cours magistraux sur les questions théoriques, et les présentations de projets et d’études de cas seront les bases de discussions en séances plénières et en groupes de travail.

Participants
Le stage est prévu pour le personnel confronté à des comportements à problèmes soit dans leur travail direct avec des adultes sourds-aveugles congénitaux, soit comme conseillers ou directeurs.

Date limite pour les candidatures
Les candidatures doivent être soumises au NUD par fax : + 45 96 47 16 16 ou par Email :
nud@nud.dk avant le 20 août 2003.

Le programme préliminaire comporte des contributions de : Eva Hultengren ( Danemark) ; Jude Nicholas (Norvège) ; Inger Simonsen ( Danemark) ; Siskoanneli Ruuskanen ( Finlande) ; Ivar Maelhe ( Norvège) ; Wenche Andersen (Norvège) ; Karl Jacobsen ( Norvège) ; Randi Sorlie ( Norvège) ; Paul Hart & Ian Noble ( Royaume-Uni).

Slovaquie
Des visiteurs croates
, par Janka Sarisska

L’école pour sourds-aveugles de Slovaquie attend la visite de collègues croates en mai 2003. Les visiteurs ont l’intention de créer une école pour enfants sourds-aveugles et ils veulent apprendre tout ce qu’ils peuvent sur la façon de gérer une école. Notre école leur a préparé un programme spécial pour la semaine. Ils participeront à des activités éducatives dans les classes. Ils auront l’occasion de parler de l’évaluation de l’ élève, des programmes éducatifs individuels, de la façon dont l’enseignant organise le travail en classe, etc. Ils verront aussi les résultats des projets que nos étudiants entreprennent à l’université de Presov et dans l’entreprise qui fabrique des jouets. Ils rencontreront aussi le psychologue qui travaille avec l’école depuis son ouverture.
Nous espérons que les visiteurs de Croatie seront stimulés par les collègues slovaques et que leur visite d’étude sera utile aux enfants sourds-aveugles de Croatie.

Rencontre avec la République Tchèque – un nouveau groupe de parents

La coopération entre la Slovaquie et la République Tchèque a commencé en 2000 lorsque nous avons invité une famille ayant une fille sourde-aveugle et deux éducateurs à participer à notre Camp des familles. Il y a une classe pour sourds-aveugles à l’école pour sourds de la ville d’Olomouc et les collègues tchèques souhaitaient développer la coopération avec l’école de Cervenica. Après le Camp des familles, ils ont visité l’école, ils ont passé beaucoup de temps dans les classes, la bibliothèque et ils avaient des milliers de questions !
Lorsque la même famille est venue au deuxième camp des familles, les parents ont été encouragés par le groupe de parents slovaques à créer une association de parents et à développer des activités pour les enfants sourds-aveugles en République Tchèque. La participation d’un parent et de pédagogues d’Olomouc à la Conférence européenne de Nordwijkerhout a fait de l’association de parents une réalité. Depuis, ils ont organisé un petit séminaire pour les parents d’enfants sourds-aveugles et les professionnels du domaine de la surdité, la surdicécité et du multihandicap. Ils ont demandé aux parents et aux professionnels de Slovaquie de leur faire part de leurs expériences et de préparer des interventions à ce séminaire.
Une bonne coopération peut porter ses fruits ! En février 2003, la première conférence sur la surdicécité du pays a été organisée avec une participation internationale en République Tchèque. La conférence avait pour but de comparer l’état des services pour sourds-aveugles en République tchèque avec les services en Slovaquie et dans les autres pays. Le but était aussi de persuader les représentants des secteurs de l’éducation, des services sociaux et de la santé que les sourds-aveugles ont les mêmes droits que le reste de la population.

Un communiqué de la conférence a été envoyé au gouvernement et on espère que le fait de réaliser qu’il devrait y avoir un engagement national envers la population sourde-aveugle, en fournissant éducation, services sociaux et de santé, permettra de prendre des mesures législatives dans tous ces domaines.

Amérique latine

Formation universitaire, par Graciela Ferioli
Les universités d’Amérique latine s’intéressent de plus en plus aux besoins des professionnels travaillant avec les enfants multihandicapés, y compris avec les sourds-aveugles. Dernièrement, un second groupe de professionnels de Colombie, du Mexique, du Venezuela, d’Argentine et du Chili, ont obtenu leur maîtrise à l’université métropolitaine des sciences de l’éducation – UMCE. Une maîtrise a commencé à l’université presbytérienne Mackenzie de Sao Paulo, au Brésil, et une autre débutera en juillet à l’université interaméricaine du Costa Rica. Ces programmes de formation ont été créés grâce à une collaboration entre les universités locales, la fondation Once pour l’Amérique latine (FOAL) et le programme Hilton Perkins .

Trois publications traduites en Espagnol

La première s’intitule " Calendriers pour les élèves présentant des handicaps multiples y compris la surdicécité " de Robbie Blaha de l’école du Texas pour les aveugles et handicapés visuels, USA.
La deuxième s’intitule " Guide d’activités et ressources de Perkins , manuel pour les éducateurs et les parents d’élèves handicapés visuels avec handicaps associés " de l’école Perkins.
La dernière est " Etre grands parents ", pour les grands-parents d’enfants handicapés visuels, par Debra K.Chapuis de l’école Perkins. Ces traductions ont été faites grâce à l’aide du programme Hilton Perkins et à une subvention de la fondation Conrad N.Hilton et de la fondation ONCE Amérique latine (FOAL). Ces publications seront diffusées dans toute l’Amérique latine.

Changement d’attitude en Amérique latine

Tous les jours, ceux qui travaillent dans l’éducation des sourds-aveugles peuvent constater combien le public abandonne l’idée fausse que les enfants sourds-aveugles n’ont pas droit à une éducation. Ce changement est possible grâce aux efforts de beaucoup d’ONG internationales qui travaillent en coopération avec les ressources locales pour soutenir les programmes et amener à la prise de conscience des associations de parents et aussi à la formation des professionnels. Les programmes travaillent dur pour intégrer les enfants dans les activités normales de la communauté afin de changer cette idée fausse. Sur la photo, au Venezuela les enfants tirent des numéros dans une tombola pour obtenir des fonds de la communauté afin de soutenir les futures activités d’intégration.

Catalogne

A tous les hispanisants ! un appel de Ricard Lopez
Ricard Lopez et ses collègues sont persuadés que le CD-ROM de Jan Van Dijk pourrait être une aide très importante et très utile pour les communautés hispaniques. Il souhaite faire tout ce qu’il peut pour que cela soit possible. Il a reçu une subvention pour traduire le contenu de l’actuel CD-ROM Anglais/Hollandais en Espagnol. La prochaine étape est de modifier le CD-ROM. L’éditeur dit qu’il faudrait en commander entre 250 et 400 au prix de 35/40 Euros le CD-ROM pour pouvoir couvrir les coûts de production. Donc, il faut faire un investissement !
Pour que cela devienne réalité, Ricard voudrait que toutes les organisations, tous les professionnels et toutes les familles indiquent si elles souhaiteraient commander à l’avance. On ne demandera à personne d’envoyer de l’argent avant que les commandes atteignent le nombre minimum pour rendre le projet financièrement viable. Le prix de vente final sera égal au coût, entre 35 et 40 Euros pièce, plus les frais d’expédition et d’administration.

On peut avoir des renseignements sur la version anglaise du CD-ROM du Dr Van Dijk sur le site : http://www.tr.wou.edu/dblink/jvd-order.htm
Si vous désirez manifester votre intérêt, contactez Ricard par Email à : talking3@teleline.es

Ecosse

" Partenaires en communication " - une série de séminaires et des opportunités de développement des techniques
Sense Ecosse a organisé une série très réussie de séminaires et autres travaux pratiques avec l’aide du Fonds social européen. Cela a commencé par 2 jours sur le thème : " Tout le monde a une histoire à raconter " - titre choisi pour amener la discussion sur la communication, comment elle se développe normalement, pourquoi ça ne marche pas, et ce que nous pouvons y faire.
Au début de l’année, les participants ont examiné le domaine de l’évaluation, l’écoute des enfants, la mobilité et l’orientation et l’environnement de communication. Ils ont également eu un stage sur l’éducation à l’extérieur et le développement des arts, deux domaines où Sense Ecosse a innové avec grand succès.
Plus tard, le cours traitera de la tenue de dossiers et des développements de la recherche et se conclura par un séminaire résidentiel de deux jours pour voir la progression et faire avancer les choses.
La dimension européenne sera évoquée avec une intervention d’Inger Rodbroe.
Certains de ces événements sont ouverts à tous – si vous voulez plus de détails, contactez AnneMarie McLaughlin :
amlaughlin@sensescotland.org.uk

Kazakhstan

La fondation kazakh " Meyrim " a créé son propre journal. Son nouvel éditeur en chef est Timur Timirkhanov et il recherche des informations sur tout une gamme de sujets concernant la surdicécité.
Il aimerait des informations sur les liens vers les sites web, sur la rééducation et les méthodes d’enseignement aux enfants sourds-aveugles.
Veuillez envoyer vos messages à
timirkhanovs@nursat.kz

Nouvelles des réseaux

CHARGE

Les 18 derniers mois ont été passionnants pour le réseau avec comme principal centre d’intérêt le projet CAUSE ( Charge et Syndrome d’Usher en Europe). Le projet lui-même a pris fin le 30 avril 2003 mais il y a encore un peu d’activité pour diffuser les informations qui ont été produites.
Le grand moment du projet CAUSE fut une conférence qui s’est tenue au Royaume-Uni. Ce fut un grand succès des deux côtés, CHARGE et Usher. David Brown, Tim Hartshorne, et Jacques Souriau étaient les principaux intervenants pour CHARGE et furent très bien accueillis. Plus de 100 personnes assistaient à la partie CHARGE, familles et professionnels de 12 pays différents. Nous pensons que c’était une réussite fantastique.
A la fin de la conférence, nous avons fait une réunion "  Avenir du réseau ". Il a été convenu que cela valait la peine d’essayer d’avoir une conférence CHARGE à côté de la prochaine conférence européenne de DbI qui se tiendra en Slovaquie en 2005. D’autres groupes l’ont fait les années précédentes – en particulier le réseau Usher - avec un grand succès. L’un des grands avantages est que beaucoup de ressources sont déjà en place pour la conférence principale, par exemple le lieu, l’hébergement, les annonces etc...
Cela permettra aussi au réseau CHARGE de faire deux choses importantes : capitaliser sur le succès du projet CAUSE et planifier une conférence CHARGE à côté de la conférence mondiale de DbI en 2007.
Nous espérons que d’ici 2007 le réseau CHARGE sera devenu une organisation qui fonctionne pleinement et que l’association CHARGE aura un meilleur profil international. Nous ne savons toujours pas le nombre exact de personnes atteintes de CHARGE dans le monde.
Ces dates peuvent paraître loin, mais le temps passe. Lorsque nous avons formé le réseau en 1999, nous avons dû faire face à beaucoup d’obstacles parce qu’alors nos idées semblaient être des rêves lointains. Mais, avec l’aide et le soutien de diverses personnes, organisations, divers professionnels et parents, nous avons déjà commencé à réaliser ces rêves. Il a fallu 4 ans pour organiser la conférence CAUSE au Royaume-Uni, mais cela en valait la peine. Pour les personnes atteintes de CHARGE et leurs familles, le profit en a été incommensurable. Nous pensons qu’une autre conférence en Slovaquie en 2005 peut faire encore plus.

David Levey
Coordinateur du réseau CHARGE

levey2000@aol.com

Premier groupe d’étude Usher en Amérique du Nord
2-3 août 2003, Delta Meadowvale Hotel, Mississauga, Ontario, Canada

Depuis 1985, un groupe de personnes souhaitant améliorer leur connaissance et leur compréhension du syndrome d’Usher se réunit tous les deux ou trois ans en Europe pour mettre en commun leur savoir.
Les conséquences ont été d’une grande portée. Les membres sont revenus très centrés sur les problèmes d’Usher et motivés pour identifier les familles avec un Usher et informer leurs collègues sur les effets du syndrome. Avec la conférence mondiale de DbI prévue à Toronto en 2003, il semblait opportun de réunir un groupe d’étude sur le syndrome d’Usher juste avant, les 2et 3 août, au même endroit.
Au moment où j’écris, les répercussions de la guerre en Irak continuent à se faire sentir dans le monde entier et le virus SARS fait hésiter les gens à se rendre dans des pays où on a identifié des cas. Malgré cette toile de fond négative, nous projetons un programme de 2 jours pour examiner les " Implications des résultats de la recherche sur le syndrome d’Usher sur les familles " et " Comment progressent les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher " .
Dans les 5 à 10 années à venir, les familles avec un Usher seront de plus en plus impliquées dans les résultats de la recherche médicale actuelle. Il est important qu’elles comprennent ce qui arrive et les implications pour eux actuellement et pour les générations à venir. Le premier jour, nous examinerons ces implications en profondeur. Pour nous y aider, nous avons invité plusieurs scientifiques de ce domaine. Bronya parle de son travail sur les familles d’Acadie avec un syndrome d’Usher en Louisiane, Medhi Sadeghi qui a travaillé avec les familles Usher en Suède, fait une intervention sur l’évolution de l’audition chez les personnes ayant un Usher type2 A et sur l’évolution de la vision dans les Usher 1,2 et 3. Bill Kimberling du Boys Town National Research Center d’Omaha, dirige un débat intitulé "  Bientôt des tests cliniques pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher ? "
Le 2e jour, l’accent sera mis sur le style de vie et la progression. Le programme Usher Peer Mentor Scheme, où des personnes atteintes d’Usher sont formées pour en conseiller d’autres, est décrit par les coordonnateurs Gloria Ward et Chris Sherlock. Anny Koppen parle de l’évolution des besoins de formation du personnel travaillant avec des personnes atteintes d’Usher.
Une jeune femme, Rebecca Atkinson qui a un Usher type 2, parle de ses projets et de comment elle voit son avenir.
Nous espérons que le premier groupe d’étude Usher attirera les gens de la région de Toronta et ceux qui viendront de la communauté mondiale et qui souhaitent apprendre et partager leurs connaissances sur cette cause importante de surdicécité chez les adultes.
Si tout va bien, nous évoquerons quelques unes des interventions dans le prochain numéro de DbI.

Mary Guest
Secrétaire du Groupe d’étude Usher européen

Réseau développement du personnel

Dans les derniers numéros de DbI Review, nous avons dit qu’actuellement ce réseau travaillait de manière informelle avec des personnes en contact pour mettre en commun idées et ressources. Bien qu’à la dernière conférence européenne, beaucoup se soient engagés à le faire, les collègues ont eu des difficultés à trouver le temps pour maintenir un contact régulier et généralisé. Les centres d’intérêt identifiés étaient : formation des personnes sans qualification professionnelle pendant la première année de travail ; formation du personnel travaillant avec des adultes sourds-aveugles congénitaux ; et utiliser la technologie comme outil de formation. La conférence mondiale au Canada est une occasion de reprendre contact et les collègues sont invités à apporter matériels et idées à partager. Les collègues de Sense et Sense Ecosse apporteront des informations sur les modules de formation communs de 1ère année, un cours de communication pour le personnel travaillant avec des adultes sourds-aveugles congénitaux et sur une unité de valeur qui sera bientôt validée à l’université et qui est une étude d’ensemble de la surdicécité. Si l’un de ces sujets vous intéresse ou si vous avez des ressources à partager, envoyez-moi un Email, et je ferai en sorte que des contacts soient pris avant la conférence pour permettre une rencontre lors de notre séjour au Canada.

Virginia von Malachowski

Sense vvonmal@aol.com

RESEAU EUROPEEN SYNDROME D’USHER (EUSN)

Le projet CAUSE a été établi pour profiter à deux nouveaux réseaux reconnus par DbI : le groupe de soutien aux familles CHARGE et le réseau européen Usher. L’EUSN a eu deux occasions d’organiser des réunions à la conférence CAUSE en mars 2003. Les réunions étaient ouvertes à tout délégué à la conférence intéressé. L’EUSN s’est réuni deux fois, les 29 et 30 mars. A chaque réunion assistaient environ 50 à 60 personnes, la plupart des personnes atteintes d’Usher, plus des membres des familles, des amis et des professionnels . En conséquence, nous allons probablement doubler nos effectifs. Il y aura bientôt une élection par Email des responsables. Nous espérons confirmer la désignation d’une personne atteinte d’un syndrome d’Usher comme représentante du groupe au Conseil de DbI.
Il y aura bientôt une autre occasion de faire connaître l’EUSN , car je vais présenter un atelier " Développer un réseau Usher en Europe et au-delà " à la conférence mondiale de DbI au Canada en août. Nous espérons pouvoir utiliser cet atelier pour recruter d’autres membres en Europe et établir des liens avec d’autres réseaux Usher dans le monde.

Marylin Kilsby
Coordinatrice national Usher, Sense et Trésorière suppléante de l’EUSN. 29 avril 2003

Réseau surdicécité acquise

Le groupe de coordination du réseau s’est réuni à Oslo fin février. C’était notre première rencontre depuis le 4e séminaire européen du réseau très réussi à Zurich en octobre dernier. C’était aussi notre première réunion sans Anneke Balder comme présidente. Anneke a maintenant un nouveau travail dans un domaine différent et je l’ai remplacée comme président d’un groupe de coordination récemment agrandi qui comprend maintenant Else-Marie Svingen (Norvège) , Marie-Dominique Loussier ( France), Catherine Woodtli ( Suisse), Henryk Riber et Else-Marie Jensen (Danemark) et moi-même : Ges Roulstone ( Royaume-Uni). Le groupe a élaboré des actions de suivi du séminaire de Zurich maintenant que les collègues suisses ont terminé la traduction de toutes les interventions d’Allemand en Anglais ! On avait promis aux participants de Zurich un rapport sur les résultats et les actions du dernier séminaire et il sera envoyé bientôt. Le groupe de coordination a aussi convenu d’envoyer aux membres du réseau un résumé des points discutés lors de nos réunions bisannuelles.
Le point principal concernait la préparation initiale du prochain séminaire européen en 2004. Il se tiendra au Royaume-Uni fin septembre/début octobre2004. Sense a accepté d’accueillir le séminaire pour marquer le début de la célébration du 50e anniversaire de Sense en 2005. La première annonce sera faite cet été pour coïncider avec la journée des réseaux à la conférence mondiale au Canada en août, mais ceux qui souhaitent y assister doivent noter la date dans leur agenda dès maintenant !
Ges Roulstone

ges.roulstone@sense-east.org.uk

Rapport du réseau communication

Rien de neuf depuis le dernier rapport dans cette revue. Cependant, suite à la conférence organisée à Gothenburg par le NUD sur " Sensation, perception et signification " et conformément à notre planning à long terme, un mini-séminaire sur l’analyse sémiotique est en préparation. Il aura lieu au NUD, Dronninglund Castle, les 1er et 2 mai 2003. Il s’adresse à un groupe restreint de chercheurs dans les domaines de la surdicécité congénitale et de la sémiologie.
Le réseau communication déplace son centre d’intérêt de l’étude de la communication du point de vue de l’interaction, du dialogue et des régulations intersubjectives vers l’étude de la façon dont la signification est partagée, transmise et établie au cours des épisodes de communication. Cela ne veut pas dire que nous changeons de sujet, ou passons au chapitre suivant. Cela signifie simplement que nous découvrons à quel point le contenu des échanges est un élément puissant et profond dans le processus de communication. Lorsque nous communiquons avec des sourds-aveugles congénitaux, y compris de manière mimétique ( non linguistique), il semble que nous soyons plus efficaces lorsque nous provoquons et soutenons des récits , qui sont des sortes d’histoires racontant des expériences qui ne prennent pas nécessairement la forme de langage mais ont un réel potentiel pour développer une complexité, soutenir des échanges, former une identité sûre et intégrer des formes linguistiques.
Lors de ce séminaire, deux concepts principaux seront abordés : " récits "  et " mélange ". Le premier, qui se rapporte à l’art de raconter, sera abordé du point de vue de la dynamique de la structure narrative en tant qu’interface entre les partenaires de communication et entre un individu et son expérience du monde. Le second ( " mélange ") montre comment, lors des expériences de communication, nous utilisons, de manière rapide, cohérente et efficace, des mélanges de divers niveaux d’expériences ( par exemple des expressions mimétiques et linguistiques, ou les éléments d’un récit précédent pour en qualifier un autre, etc.) afin de donner un sens. Cette capacité de jouer avec divers types d’expressions ou de savoirs existe chez tous les êtres humains, y compris les sourds-aveugles congénitaux . Il peut y avoir un écart, ou un contraste , entre les compétences linguistiques d’un individu et sa capacité à prendre part à des jeux d’"élaboration de sens ".
Ces sujets sont à la fois très simples et très compliqués. Ils sont simples lorsque nous les voyons naturellement réalisés dans les expériences de communication ( ils passent presque inaperçus)... mais ils sont très difficiles à décrire et à comprendre. Mais notre tâche est de faire en sorte que les personnes en contact avec les sourds-aveugles congénitaux cultivent les compétences liées aux processus qui sont désignés par ces concepts. Nous sommes aidés dans cette recherche par Per Aage Brandt de l’université de Aarhus ( Danemark) et Sarah Taub qui est chercheur à l’université de Gallaudet (USA).
Nous espérons que ce séminaire permettra de dégager du matériel thématique pour un séminaire international plus inclusif à l’avenir ( par exemple à Paris en 2005) et qu’il inspirera de nouveaux échanges de collaboration dans la recherche et le développement des connaissances.
Il est important de mentionner que beaucoup de collègues de toute l’Europe ont contribué à la dynamique de notre quête d’une meilleure communication avec les enfants et les adultes sourds-aveugles congénitaux. Ils ont apporté leur expérience, leurs données et leurs observations et nous souhaitons que cela continue. Nous voudrions également souligner combien le NUD soutient notre travail en organisant ou en accueillant des événements qui contribuent directement ou indirectement à améliorer nos connaissances sur l’élaboration de la signification. NUD diffusera bientôt sur le web des textes qui pourraient intéresser beaucoup de collègues. Ces textes seront publiés sous le titre CNUS : Communication Network Updated Series (Mises à jour réseau communication).
Jacques Souriau

LIVRES

Objets de référence : leur rôle pour aider les apprenants multihandicapés

Ce sont les minutes de la conférence nationale qui s’est tenue au département Education de l’université de Birmingham en juin l’année dernière. Il comprend les travaux de Marleen Janson, Liz Hodges, Laura Pease et Adam Ockleford.
Exemplaires disponibles au prix de 5 Livres auprès de Mrs J Whittaker, The University of Birmingham, School of Education, Edgebaston, Birmingham B15 2TT, England.

EDdN : Réseau sourds-aveugles européen

EDbN a été créé à l’origine pour avoir accès à un financement de l’Europe pour des projets concernant la surdicécité. L’un de ses principes était d’avoir un parent ou représentant des familles, un sourd-aveugle, et un professionnel de chaque pays. Une importance égale était attachée aux trois groupes. A un moment, EDbN a obtenu une subvention de coordination de l’Union Européenne et a financé un secrétariat qui a été tenu pendant des années par Lex Grandia et Ann Thestrup. EDbN publiait un bulletin, organisait des réunions annuelles, des séminaires, et avait beaucoup de projets. Malheureusement, l’UE a décidé de financer moins d’ONG européenne dans le domaine du handicap. L’année dernière, il n’y a pas eu de subvention pour EDbN. EDbN a tenu une réunion à Bruxelles en mai ( dans le cadre d’un projet d’inclusion sociale) où un sentiment fort que quelque chose devait continuer s’est exprimé. Ceci s’est confirmé à Athènes en septembre 2002 et on a pris la décision qu’un certain nombre d’organisations et de personnes travailleraient ensemble en tant qu’EDbN.
Ce souhait de continuer EDbN s’est encore fortement exprimé à la conférence des familles d’octobre dernier en Italie, où beaucoup de familles sont venues et ont expliqué leur besoin d’une tribune.
Aussi, en mars 2003, le groupe suivant s’est réuni pour parler de la possibilité de continuer EDbN : Richard Hawkes ( Sense International), Wolfgang Angermann ( association des sourds-aveugles allemands, président suppléant d’EDbN), Ricard Lopez ( association de parents catalans et espagnols), William Green ( vice-président DbI, conseiller à la Lega del Filo d’Oro, Italie), Ursula Heinemann ( Autriche , sœur d’un sourd-aveugle, psychologue), Sue Brown (dirigeante des campagnes de Sense), Lucy Drescher ( chargée des campagnes de Sense), Malcolm Matthews ( directeur de CSI à Sense, représentant des professionnels du Royaume-Uni à EDbN).
Nous avons discuté de ce que devriat faire exactement EDbN à l’avenir et reconnu que cela dépendrait des opportunités qui se présenteraient et de l’engagement dont seraient capables les diverses organisations/personnes. On a souligné que l’un des meilleurs atouts d’EDbN est d’être une organisation regroupant familles, professionnels et sourds-aveugles. On a également reconnu que les professionnels et les sourds-aveugles ont beaucoup d’autres opportunités de se rencontrer et donc une des priorités d’EDbN doit être de se centrer sur les familles. Les familles ont besoin d’un EDbN fort pour les entraîner vers des activités en réseau. Cependant, il a été redit que les familles ne seraient pas le seul centre d’intérêt d’EDbN. Il continuera à rechercher des opportunités pour les trois groupes, tout en reconnaissant que les familles doivent être prioritaires si possible.
Une organisation comprenant professionnels, familles et sourds-aveugles à un niveau européen, EDbN, continue à avoir une valeur, mais à l’avenir la solution sera de travailler avec les parents et de leur donner des opportunités de fonctionner en réseau. A cause de l’importance de l’Europe dans nos pays, nous avons aussi reconnu l’importance de faire campagne au niveau européen.
Le but de la réunion était de convenir de la façon d’assurer les fonctions de secrétariat, de discuter des campagnes à faire, de convenir des domaines prioritaires, d’examiner les moyens de communications ( y compris le web et le bulletin)et d’accepter l’adhésion à EDF. Nous avons aussi parlé des liens avec DbI, y compris si EDbN veut siéger au conseil de DbI (EDbN est un réseau de DbI). Il a été convenu qu’Ursula assurerait le contact avec DbI et que Ricard serait désigné pour siéger au Conseil de DbI. Ursula a proposé de travailler bénévolement pendant un certain nombre d’heures par semaine et Ricard a proposé de s’occuper de certains domaines. Sense a proposé de travailler sur les campagnes. Le principal thème des campagnes sera "  la reconnaissance de la surdicécité en Europe ".
William et la Lega del Filo d’Oro et Ricard et Sense International se sont engagés pour les activités transnationales et la recherche de financement.
Wolfgang a maintenu le lien avec EDF et continuera à assurer ce rôle.
L’assemblée a réparti les tâches comme suit :

Sense :

  • Campagnes
  • Recherche active de fonds ( avec Richard Hawkes et William Green)
  • Encourager la participation aux campagnes
  • Diffuser des informations sur les campagnes

Ursula Heinemann ( Coordinatrice du réseau) :

  • gestion d’EDbN
  • répondre aux demandes de renseignements sur l’ensemble des sujets concernant la surdicécité
  • encourager la participation
  • diffuser les informations
  • tenir les dossiers
  • répondre aux questions des membres et des organisations extérieures
  • coordination et soutien pour les réunions

Ricard Lopez :

  • gestion du site web
  • encourager la participation des familles
  • diffusion d’informations en format électronique
  • production d’un bloc-note et/ou bulletin électronique à diffuser dans toute l’Europe
  • liaison avec DbI ( EDbN est membre du conseil de DbI)

Wolfgang Angermann :

  • liaison avec EDF
  • liaison avec WFD
  • représentant officiel d’EDbN

Tous :

  • participer aux décisions sur le lieu des conférences
  • liaison avec toute comité organisateur de conférences
  • les campagnes seront dirigées par Sense et se concentreront sur la reconnaissance explicite de la surdicécité en Europe

IL a été mentionné que les séminaires et journées d’étude ont fait partie de l’activité d’EDbN dans le passé et que de tels événements pourraient être organisés à l’avenir.
La Conférence des familles au Danemark pourrait fournir l’occasion de la prochaine réunion d’EDbN.
Voici donc les dernières nouvelles d’EDbN. Nous ne sommes pas un groupe ayant la sécurité financière , mais nous voulons maintenir notre réseau par notre dévouement et notre motivation.
Pour tout renseignement, contacter Ursula Heinemann :

ursiheinemann@usa.net

EDbN crée un E-groupe

EDbN a créé un E-groupe pour faciliter la communication entre les membres et pour permettre l’échange de documents, l’annonce d ‘événements etc. Cet E-groupe peut être utile pour envoyer toutes sortes de messages aux membres et garantir ainsi que tout le monde recevra l’information.
Cet e-groupe est accessible par la page d’accueil du site EDbN . Venez jeter un coup d’oeil !
Ricard Lopez, EDbN

Nouveau réseau POUR DbI

Réseau des frères et sœurs

Avoir un frère sourd-aveugle ou une sœur sourde-aveugle a un grand impact sur la vie de la fratrie . Il est important que parents et professionnels, ainsi que les frères et sœurs sourds-aveugles, s’en rendent compte. Donc, un nouveau réseau pour les frères et sœurs d’enfants et d’adultes sourds-aveugles a été créé. Un réseau qui accueille tout frère ou sœur et peut offrir soutien et conseils lorsque les choses sont difficiles et où les expériences peuvent être partagées. Et aussi où on peut discuter de notre rôle de tuteur lorsque les parents ne peuvent plus s’en occuper.

Les objectifs du réseau seront :

  • établir des contacts entre fratries
  • développer la prise de conscience des parents, des frères et sœurs sourds-aveugles et des professionnels
  • former des liens avec les autres réseaux ( ex. EDbN, DbI) et organisations

Pour les deux premiers, nous nous servirons des Emails et de l’Internet, ainsi que des réunions et conférences, que nous espérons organiser aussi nous-mêmes.
Nous allons demander à être un réseau reconnu de DbI dès que possible. Cela nous permettra d’atteindre notre 3e objectif de former des liens avec d’autres réseaux et organisations.
Si vous êtes un frère ou une sœur de sourd-aveugle et êtes intéressé par une discussion sur votre rôle en tant que frère ou sœur, contactez Sabine Kersten :
Sabine_Kersten@hotmail.com

KAZAKHSTAN

" Meyrim " est la lueur d’espoir !
Meyrim est un mot kazakh qui signifie bonté, charité et caresse ! C’est le nom qui a été choisi pour l’association des sourds-aveugles. C’est une toute nouvelle organisation, deux ans seulement, mais pleine de confiance et d’idées, et qui a l’ambition d’aller plus loin dans l’aide aux sourds-aveugles du Kazakhstan. Dans cet article, Galina Frolova, présidente de la fondation Meyrim, présente la fondation et nous donne une idée du travail qu’elle fait
.

Nous pouvons faire beaucoup !

Notre fondation " Meyrim " n’a que 2 ans, mais nous avons déjà une histoire. Bien que nos rêves ne se soient pas tous réalisés, et que nous ayons encore des difficultés, nous regarderons le passé avec gratitude.
C’est la première, et la seule, organisation au Kazakhstan, qui a pour objectif d’apporter une aide aux sourds-aveugles et à leurs familles.
En janvier 2001, nous avons fêté le nouvel an ensemble pour la première fois. Nous avons aussi ouvert le " Club des cœurs solitaires " pour les sourds-aveugles. 27 personnes se sont réunies dans une salle du centre de loisirs de la Société kazakh des aveugles. Une belle représentation par des acteurs sourds a créé une atmosphère de vacances en ce jour spécial. Nous avons bu du thé et pris des photos qui reflètent la joie de se réunir. En bref, la rencontre a eu un succès au-delà de toute espérance. Nous avons confiance en nous et en notre force. Nous pouvons faire beaucoup !

Le succès donne des ailes

Malheureusement la vie n’est pas faite que de vacances ! Il a fallu se mettre au travail. Nous avons pris une salle de la Société des sourds et nous avons commencé à travailler. Tout était nouveau pour nous : premières rencontres, interviews et publications, et la quête difficile d’un sponsor. En récompense de notre travail, les premiers résultats et les premiers bénévoles sont arrivés. Le succès donne toujours des ailes !
Nous sommes partis de rien, avec seulement le souhait d’aider ceux qui ne peuvent pas se débrouiller seuls et ceux qui doivent vivre "dans un autre monde ". Ici, les sourds-aveugles sont mal connus, et seuls les spécialistes, les parents et les sourds-aveugles eux-mêmes connaissent les problèmes spécifiques de ces personnes handicapées. Pendant un certain temps, nous avons frappé à des portes fermées, en criant nos problèmes à des bureaucrates qui semblaient incapables d’entendre nos préoccupations. Mais nous faisons tout ce que nous pouvons.

Ils nous font confiance !

Tandis que nous allions d’une porte fermée à l’autre, le temps passait, et un autre jour de fête est arrivé – la journée internationale des femmes. Notre recherche de sponsors a réussi cette fois et nous avons pu célébrer ce jour au restaurant. Dans la grande salle du restaurant, en plus des sourds-aveugles et de leurs parents, il y avait des représentants des médias. Des gens en tenue décontractée avec de grands sourires, ça signifiait que ce n’était pas seulement un dîner de charité de plus. L’artiste qui s’est produit a été regardé par tout le personnel du restaurant, car presque personne n’avait vu auparavant comment les sourds chantent et dansent. Le personnel du restaurant a été invité à juger le concours de cuisine qui était organisé en même temps ! Chaque sourd-aveugle a reçu un cadeau à la fin de la réunion, mais le plus gros cadeau, c’est nous les organisateurs qui l’avons reçu, en voyant les visages heureux et souriants de nos nouveaux amis et leur confiance. Ils nous font confiance !

Enregistrement

Le jour est venu où 4 personnes ayant le même but se sont réunies et ont signé le contrat de constitution et envoyé les documents nécessaires au ministère de la justice pour l’enregistrement par l’état de la fondation. Les membres fondateurs de la fondation comprenaient un spécialiste de la rééducation de la société kazakh des aveugles, un aveugle, un homme d’affaires, et moi, l’auteur de cet article, qui suis sourde-aveugle mais qui ai encore des restes visuels. En tant que personne comprenant bien les sourds-aveugles et connaissant leurs problèmes de l’intérieur, j’ai été invitée à être présidente de la fondation.
En mars 2001, notre fondation était officiellement enregistrée. Aujourd’hui, c’est notre anniversaire officielle – la Fondation bénévole pour l’aide sociale et la rééducation des sourds-aveugles – " Meyrim ". Ce mot, traduit du Kazakh, signifie bonté, charité, caresse. C’est une très bonne nouvelle, mais cela signifie aussi responsabilité et faire face à beaucoup de travail et de difficultés. Nous avons un nouveau bureau, plus confortable, loué gratuitement par la papeterie KBS, qui nous a été donné après la publication d’un article dans le journal local " Almaty tonight ". Mais notre compte est dans le rouge, et notre enthousiasme assombri par différents obstacles, en particulier notre recherche de sponsors ; et bien sûr, le désir d’aider ceux qui ne peuvent pas se débrouiller seuls.

100 personnes identifiées

Au moment de l’enregistrement de notre fondation, nous avions trouvé plus de 100 sourds-aveugles à Almaty. Il y a beaucoup de sourds-aveugles dans d’autres régions du Kazakhstan, mais nous ne savons pas combien parce qu’ils n’ont pas d’association.

Bonheur et souffrance

Juste trois mois après son enregistrement s’est tenue la présentation de la fondation. Quelle histoire de " découvrir " la surdicécité car presque personne n’en avait entendu parler !
Puis à nouveau, les congés étaient finis et il fallait se remettre au travail. Pour la plupart d’entre nous, chaque jour est plein d’une souffrance insupportable qui touche au désespoir, en voyant les enfants très malades. Par exemple : deux sœurs jumelles, belles, totalement sourdes, atteintes d’un syndrome d’Usher. Le champ visuel de Khalida, 15 ans, a rétréci jusqu’au point critique. Kamila, 3 ans, a déjà eu un diagnostic de rétinite pigmentaire. Un autre exemple est celui de la toute menue Elina, 11 ans, et de Kolya , 5 ans, souffrant de rubéole congénitale. Et leurs mères, toujours près de leurs enfants, qui ne connaissent même pas la gravité de l’état de leur enfant, n’ont pas compris le diagnostic, et refusent d’entendre la sentence de mort des médecins. Elles se battent pour la vie de leurs enfants. Quels désastres attendent les enfants sourds-aveugles à l’avenir ? Quand sera-t-il possible de les aider tous ? Dieu seul le sait.
Alors que nous ne connaissons pas la réponse, chaque vendredi le Club des cœurs solitaires pour les sourds-aveugles se réunit dans notre petit bureau, souvent plein à craquer. Ici viennent tous ceux qui ont besoin d’avoir une vie sociale et de rencontrer des amis, de parler des problèmes de tous les jours, de laisser parler leurs cœurs !

Fin de notre première année...merci !

En s’inquiétant pour les gens et en s’occupant d’eux, notre première année de travail est passée. Nous avons célébré l’anniversaire de notre fondation à Nauryz, la nouvelle année turque, les vacances de printemps. Dans une compétition organisée par KSB, nous sommes arrivés 2e sur 11 autres associations. Nous avons aussi participé à d’autres compétitions.
Nos vacances, nos réunions, les petits cadeaux aux membres de l’association, ne sont possibles que grâce à l’aide de nos sponsors. Nous les remercions beaucoup de leur aide inestimable pour nos activités.

Merci pour l’aide que nous recevons

D’abord, nous souhaitons remercier l’ambassade du Canada au Kazakhstan, la société de télécommunications " Nursat " et un jeune homme d’affaires, Alexander, qui nous aide toujours matériellement et pour faire représenter notre fondation dans les instances gouvernementales. Et aussi , Almaz Urazimov, le directeur du Centre de loisirs " Cardinal ".

Notre avenir

Nous avons de grands projets pour l’avenir, et en dépit du fait que notre fondation soit toute jeune, nous avons la chance de réaliser ces projets. Notre grand rêve est de créer un centre de rééducation, avec toutes sortes de services vitaux pour les sourds-aveugles. En ce moment au Kazakhstan, il n’y a aucun centre de ce type. En ce moment, quelqu’un qui vit au Kazakhstan et qui perd soudainement la vue et l’ouie, n’a pas accès à un service psychologique ou médical de base. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour surmonter les difficultés qui leur sont tombées dessus. Ils doivent faire toute leur rééducation et surmonter les obstacles psychologiques. En plus, ils ne reçoivent aucune aide extérieure ni équipement technique.
Notre objectif est d’apporter l’aide nécessaire à tous les sourds-aveugles du Kazakhstan.

CONFERENCES

Problèmes de comportement, NON. Problèmes de communication, OUI.

David Levey, coordinateur du réseau CHARGE, donne un point de vue de père sur le syndrome de CHARGE suite aux interventions novatrices à la conférence CAUSE ( CAUSE= CHARGE et syndrome d’Usher en Europe)
Le syndrome de CHARGE est une des principales causes de surdicécité congénitale et de multihandicap sensoriel dans le monde d’aujourd’hui. Les premières années suivant la naissance sont consacrées aux opérations pour sauver la vie de l’enfant, et aux changements d’adaptation dans la vie des parents. Ce n’est qu’une fois que les problèmes physiques semblent plus " gérables ", qu’apparaissent les problèmes plus profonds. Ceux-ci ont tendance à tomber dans les catégories comportement et communication. C’est à la conférence CAUSE que j’ai finalement réalisé que ces deux aspects de CHARGE sont inséparables.
Après les interventions incroyablement précises et riches d’informations faites par les conférenciers , je suis arrivé à la conclusion que je ne veux plus appliquer le terme " problèmes de comportement" à mon fils, Joshua. Bien que je puisse comprendre combien cette étiquette a évolué dans le temps, je constate qu’elle ne m’a pas du tout aidé à améliorer ma relation avec lui. Pourquoi ?
Les trois principaux intervenants sur CHARGE à la conférence étaient David Brown, Tim Hartshorne et Jacques Souriau. Ils ont respectivement traité des sujets de l’intégration sensorielle, du comportement et de la communication.
Une citation de chacune de leurs conférences vous donnera une idée de la façon dont je suis arrivé à mes conclusions sur ma relation avec Joshua, qui a maintenant 10 ans.

David Brown

" ...les difficultés à s’exprimer, ou l’expérience constante que leurs communications expressives soient mal interprétées, peuvent conduire certains enfants à abandonner, ou à recourir à des comportement explosifs qui peuvent être interprétés comme imprévisibles ou irrationnels. "

Tim Hartshorne

" Tout comportement a un but, tout comportement est communication "

Jacques Souriau

"  il est certain qu’un soutien basé sur les besoins des personnes atteintes de CHARGE plutôt que sur les idées et réflexions de leur partenaire, donnera de meilleurs résultats... "
Chacun des conférenciers s’est servi de ses connaissances étendues, accumulées pendant de nombreuses années d’expérience et de recherche, pour dépeindre un tableau que tout parent d’un enfant atteint de CHARGE reconnaîtrait instantanément. Ces conférences ne faisaient pas que se recouper. Elles étaient étroitement liées et montraient la complexité de CHARGE, et donnaient une image en trois dimensions de l’interaction entre le comportement et la communication. J’ai choisi ces affirmations clé de chaque conférencier parce qu’ensemble elles m’ont fait réaliser que je m’y prenais mal avec Joshua. J’avais tendance à me polariser beaucoup plus sur son comportement que sur ses essais de communication efficace. Pas étonnant que ça ait souvent fini par une dispute !
Je connais personnellement ce terrible sentiment de frustration quand quelqu’un ne me comprend pas. Ce doit être une des expériences les plus désagréables que je peux imaginer. Qu’est-ce que ça peut être alors pour quelqu’un atteint de CHARGE ? En plus de la surdicécité et du handicap multisensoriel, ils peuvent très bien avoir divers autres problèmes physiques affectant leur capacité à communiquer.
La conférence CAUSE a montré l’incroyable variété de stratégies de communication utilisées par les personnes atteintes de CHARGE et aussi du syndrome d’Usher. J’ai pu aussi constater la diversité des comportements que nous montrons en tant qu’espèce. Avec ou sans syndrome, nous sommes assez bizarres si vous prenez le temps d’observer !

Pas de " problèmes de comportement" mais " des problèmes de communication "

" Problèmes de comportement" est un terme généralement accepté et je comprends pourquoi il est utilisé, mais en tant que père d’un garçon atteint de CHARGE je pense que " problèmes de communication " est un terme de référence plus positif et certainement plus utile. Il m’aide à me concentrer sur ce que Joshua essaie de faire plutôt que sur ce que je ne veux pas qu’il fasse. Cela déstresse un peu ce qui peut être un processus épuisant, pour un père. En m’efforçant d’intégrer cette nouvelle façon de penser, j’essaie de me rappeler que toute communication est à problèmes. Même mes personnes les plus éloquentes et les plus sûres d’elles se trompent souvent.

Références : Textes de la conférence CAUSE , Hinckley, Angleterre – mars 2003

David Brown, services pour sourds-aveugles de Californie, USA. " Quelques implications comportementales des problèmes sensoriels chez les enfants atteints de syndrome de CHARGE "
Tim Hartshorne, Professeur de Psychologie, Université centrale du Michigan, USA. "  Problèmes de comportement dans le syndrome de CHARGE ", " Le comportement comme communication : la fonction des comportements à problèmes "
Jacques Souriau, Directeur du CRESAM, France, " Syndrome de CHARGE et communication "

Troisième rencontre espagnole des familles d’enfants sourds-aveugles : Pontevedra, 28-31 juillet 2002

La surdicécité est un handicap qui entraîne des besoins et une attention spéciale pour ceux qui en sont atteints, et qui, selon le degré de handicap, exige beaucoup de la famille ; la plupart du temps, il est très difficile de difficile de concilier l’attention que nécessite cet enfant et l’attention qu’exige le reste de la famille. Pour cette raison, la famille a besoin d’aide. Ana Alvarez : Besoins des familles d’enfants sourds-aveugles, 2002

Historique

A l’Apascide nous pensons que ces rencontres des familles sont d’une grande aide pour les familles. Bien que nous recommandions une rencontre tous les 2 ans, pour diverses raisons la dernière avait eu lieu il y a 3 ans en 2001. Mais nous espérons en avoir une autre en 2004.

Préparations et lieu de la rencontre

La rencontre a été organisée par l’APASCIDE grâce à une subvention de la Fondation ONCE et la collaboration du CRE ( Centre de ressources pédagogiques) Santiago Apostol d’ONCE à Pontevedra.

Le nombre de participants

25 familles de toute l’Espagne ont participé. 6 familles de Galice venaient pour la première fois. L’âge des enfants sourds-aveugles allait de 7 mois à 41 ans. Ceci signifie qu’il y avait une représentation d’une large gamme de problèmes. 34 bénévoles formidables ont permis de rendre la rencontre possible. L’organisation et la coordination de l’événement étaient assurées par 11 personnes. En tout, 141 personnes ont participé et en plus de participer, elles se sont fait beaucoup d’amis et ont tissé des liens durables.

Ouverture et rapport d’APASCIDE

La rencontre a commencé par la lecture émouvante de l’article de Norman Brown   " Célébration des objectifs " ( voir bulletin APASCIDE n° 8) par Dolores Romero. Le " Programme d’aide aux familles " était particulièrement intéressant ; ce programme était financé par le Ministère du travail et des affaires sociales , avec les priorités suivantes :

  • apporter un soutien aux familles dont les enfants sourds-aveugles ne sont pas pris en charge. Souvent, les enfants ayant des handicaps associés ont des difficultés à être traités comme des sourds-aveugles.
  • cette longue période durant l’été où les enfants et les jeunes sourds-aveugles sont particulièrement isolés

L’Andalousie est le principal bénéficiaire du programme du Ministère du travail et des affaires sociales à cause du grand nombre de cas dans la région. Vu le manque de ressources dans l’ensemble du pays, un de nos objectifs est d’obtenir plus de financement. Le gouvernement d’Andalousie et, dans une moindre mesure, le gouvernement de Galice, vont collaborer.

Compte-rendu : Les besoins des familles d’enfants sourds-aveugles – atelier

Ana Alvarez, coordinatrice du programme d’Aide aux familles et psychologue à APASCIDE, a déclaré : "  la famille a besoin d’aide et les projets et les activités d’APASCIDE essaient d’apporter une réponse à cette réalité ". Le projet le plus important est celui d’aide aux familles s’occupant de leurs enfants sourds-aveugles, financé par le Ministère du travail et des affaires sociales.
Avec l’aide d’Isabel Paredes, assistante sociale à APASCIDE, un atelier pour parents s’est tenu. Ils ont examiné cinq cas, par groupes : le diagnostic, la réorganisation de la famille, les frères et sœurs d’enfants sourds-aveugles, la scolarisation de l’enfant sourd-aveugle et les questions : Que pouvons-nous faire ? Quelles dispositions pouvons-nous prendre pour après qu’ils auront quitté l’école ?

Les sourds-aveugles et les étapes de leur développement

Mme Pilar Gomez Viñas, coordinatrice des programmes pour sourds-aveugles à ONCE, a souligné que " la perception d’un sourd-aveugle est différente de la nôtre. Nous devons faire un effort pour comprendre les messages qu’ils nous adressent dans la perspective de leur image du monde ".

Perte auditive des sourds-aveugles, prothèses et implants

le Dr Carlos Cenjor ( Fondation Jimenez Diaz) a fait une intervention sur les implants cochléaires et a déclaré : " aujourd’hui, ils sont efficaces, sans danger et durables " et "  actuellement l’implantation dans l’oreille qui a la meilleure audition est recommandée parce qu’ayant été plus stimulée, les résultats obtenus sont bien meilleurs "

Le projet du centre pour sourds-aveugles d’APASCIDE

Mme Dolores Romero, présidente d’APASCIDE, a parlé du projet préliminaire du premier foyer et CAT espagnol pour jeunes et adultes sourds-aveugles . L’Espagne n’a pas de centre pour les sourds-aveugles au-dessus de 18 ans, et il est essentiel de prévoir le développement d’un projet personnalisé pour chaque sourd-aveugle.
Les objectifs sont :

  1. Continuer tous les aspects de la formation pour les sourds-aveugles, et
  2. Obtenir une meilleure autonomie pour chacun

    Le centre devra être :

    • un point d’information pour toute l’Espagne
    • un centre de formation pour les professionnels et les bénévoles

    Ma vie en tant que sourd-aveugle

    José Maria est un sculpteur galicien célèbre , et un exemple pour tous, car il a montré combien un sourd-aveugle peut être indépendant quand il a les aides nécessaires. Son intervention a été très émouvante et nous nous sommes tous identifiés avec les problèmes qu’il a exposés. Un exemple qui nous a particulièrement touchés a été la description d’un voyage par avion pendant lequel il est resté abandonné 6 heures dans un aéroport parce que les gens qui devaient s’en occuper ignoraient son handicap. Il a manifesté son affection et son soutien à notre projet de centre.

    Les activités des enfants et des jeunes sourds-aveugles

    Les coordinateurs de l’association ont pris grand soin des activités des enfants et des jeunes. Les caractéristiques spécifiques de chacun ont été prises en compte. Chacun avait un assistant bénévole exclusif et expérimenté, choisi sur la base de leurs besoins spécifiques de communication et d’interaction.

    La situation en Galice

    Dernièrement, des enfants sourds-aveugles, et des jeunes diagnostiqués sourds-aveugles, sont passés d’une classe spécialisée à une intégration avec d’autres enfants. Le nombre de professionnels expérimentés dans la surdicécité n’est pas suffisant et il faudrait l’augmenter d’urgence. Pour s’attaquer à ce problème, l’APASCIDE a présenté un projet au " Conseil des affaires sociales du gouvernement de Galice " pour la première fois.

    Les bénévoles

    Après nos enfants , les bénévoles sont les personnes les plus importantes dans nos vies. Sans eux, aucun de nos enfants sourds-aveugles ne participerait à une activité extra-scolaire. Les rencontres avec d’autres familles ne seraient pas possible non plus. Ils donnent à nos enfants non seulement du temps et de l’amour, mais aussi une interaction compétente avec le monde et les activités. Bien qu’ils soient bénévoles, ce sont aussi des professionnels compétents. On n’a pas le temps de raconter des anecdotes, mais laissez-moi leur dire : " merci beaucoup, nous ne pourrions pas nous en sortir sans vous ".

    Conclusions de la rencontre des familles

    Les conclusions furent les suivantes :

    • les administrations gouvernementales doivent officiellement reconnaître la surdicécité comme handicap spécifique
    • le premier problème des sourds-aveugles est le manque de communication
    • le second est le combat pour l’autonomie
    • le soutien professionnel sur la base d’un pour un est essentiel
    • la création d’un centre d’information spécial pour la surdicécité est une nécessité stratégique
    • on a besoin de professionnels ayant une formation spécialisée pour la surdicécité

    Ricard Lopez ( talking3@teleline.es)
    Père de Clara

    MERCI MIKE !

    Sense International ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans Mike Collins. C’est peut-être un drôle de chose à dire, mais c’est vrai. Depuis notre création en 1994, Mike nous a prodigué ses conseils et son aide, à l’organisation et à moi-même. Il a vraiment été un mentor dans tous les sens du mot.
    Pendant une grande partie de cette période, Mike a été président de DbI et Sense International en a assuré le secrétariat. Ce fut une période difficile pour DbI dans beaucoup de sens, mais sous la direction de Mike, l’organisation s’est renforcée. Grâce à lui c’est un privilège d’appartenir à DbI, et lorsqu’il laissera la place à un nouveau président, il laissera une base solide sur laquelle on continuera à développer DbI dans les années à venir.
    Ce fut un honneur de travailler si étroitement avec Mike, et je suis sûr que nous tous qui avons eu cette chance, avons appris énormément de lui. C’est un homme formidable et je suis fier de me considérer comme son ami. J’espère conserver ce lien avec Mike et je sais que DbI souhaitera continuer à bénéficier de ses compétences et de son savoir à l’avenir.
    Richard Hawkes

    Depuis que j’ai été acceptée dans la famille internationale des sourds-aveugles, j’ai connu trois présidents de l’IAEDB ou de DbI . Mike était le plus grand ! Un grand peut faire de grands pas en avant et viser plus loin. Je pense que durant sa présidence, Mike est allé plus loin dans toutes les directions et a agrandi la famille sourde-aveugle d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Mike, votre cœur sait écouter tout le monde.
    Janka Sarisska

    En tant qu’ancien président, j’ai eu le plaisir de collaborer avec Mike qui était vice-président. Il était non seulement " vice "  mais aussi " wise "( sage – excusez le mauvais jeu de mots). A cette époque, DbI se développait très vite et la constitution n’était plus adaptée. Il fallait la sérénité et l’efficacité de Mike pour faire face à cette situation difficile et préparer une nouvelle constitution. Depuis lors, beaucoup d’activités se sont créées dans le cadre de DbI. Malgré cette nouvelle complexité, Mike, en tant que président, a réussi à encourager tous les groupes, pays et réseaux à travailler ensemble sans heurts et efficacement. Sa capacité d’écoute de tous et d’être si bien organisé a fait de DbI une organisation appréciée de tous dans le domaine de la surdicécité.
    Jacques Souriau

    J’ai le plaisir de connaître Mike J.Collins aussi bien comme président de DbI que comme directeur du programme Hilton/Perkins. C’est un vrai professionnel et un administrateur très dévoué. Mike est très connu parmi ceux qui travaillent avec les multihandicapés déficients visuels. Sans prétention, réaliste et simple, Mike inspire le respect à ses collègues du monde entier.
    Il a toujours cherché à promouvoir les services pour sourds-aveugles dans les pays en développement. Il a apporté toute sa coopération, son soutien et ses conseils lors de l’organisation de la conférence DbI-Icevi d’Asie à Ahmedabad du 8 au 13 février 2000. Il a également joué un rôle décisif en lançant divers programmes dans les pays en développement pour les enfants multihandicapés.
    Même au fin fond de la Chine orientale, le principal de l’école pour sourds et aveugles de Kunming, province du Yunnan, savait que Mike s’intéressait au développement des services dans cette province. J’étais très fier de savoir que les gens, même dans ce pays lointain, connaissaient DbI et son charismatique président. Les sourds-aveugles des pays en développement seront toujours redevables à Mike pour ses multiples initiatives de promotion des services dans cette partie du monde.
    J’apprécie spécialement la façon démocratique qu’a Mike de diriger les réunions du Conseil mondial de DbI . Il a une manière très professionnelle de donner l’ordre du jour, de rechercher à l’avance les commentaires sur les point à l’ordre du jour, de suivre fidèlement l’ordre du jour et de donner à chacun la possibilité de donner son point de vue sur chaque sujet. J’ai été très honoré qu’il accepte de faire une réunion du Conseil mondial à Ahmedabad , à l’association des aveugles, immédiatement après la conférence de DbI. Grâce à cette initiative, les membres du conseil ont pu apprécier les besoins et les aspirations des sourds-aveugles des pays en développement.
    Ce fut ma fierté et un privilège de travailler sous la dynamique direction de Mike. Je continuerai à espérer ses conseils pour la création et la promotion des services pour les enfants ayant des besoins spéciaux dans les pays en développement. Par son agréable personnalité, l’étendue de ses connaissances, et ses qualités de leader, Mike est devenu un ami, un philosophe et un guide pour beaucoup de professionnels dans le monde entier.
    Bushan Punani

     

    DEFINITION DE LA SURDICECITE

    Comment définir la surdicécité ? Essai de synthèse

    Dans cet article, Jan Jakes, président de VIA, Association des sourds-aveugles, et chargé de cours au Département d’Education spécialisée de l’université Charles à Prague, soumet ses idées pour une discussion sur la définition de la surdicécité

    Qu’est-ce que la surdicécité ?

    On peut trouver beaucoup de définitions et de descriptions différentes du concept de surdicécité . On essaie actuellement de distinguer la surdicécité des autres handicaps sensoriels , avec beaucoup de discussions pour alimenter le débat. Au niveau du dictionnaire, ce qu’est la surdicécité semble clair. Ce n’est qu’en arrivant à la situation réelle, en termes humains, que de grandes difficultés se présentent. Il y a une variété d’opinions différentes soutenues par les autorités et les professionnelles, mais aussi par les sourds-aveugles et leurs familles, amis et assistants. Donc la question est : qui est sourd-aveugle ? Est-ce lorsqu’une personne reconnaît que sa situation est si grave qu’il/elle dit : je suis sourd-aveugle ? Est-ce quand nous pouvons reconnaître que quelqu’un d’autre est sourd-aveugle ? Nous n’avons pas besoin de réfléchir à des définition si nous pouvons aider les sourds-aveugles individuellement et avoir une approche personnalisée. Mais, si nous voulons créer un système de prestation de services, un système d’aide sociale et de législation sociale, nous avons besoin d’un modèle ou de critères.

    Trouver un modèle ou des critères

    En général nous pouvons trouver des mots qui décrivent la surdicécité comme une infirmité, une déficience, un handicap, une maladie etc. Nous pouvons dire aussi qu’elle présente des problèmes pédagogiques, psychologiques, sociaux, médicaux et de rééducation. En général, c’est un phénomène anthropologique et ontologique qui cause de sérieux problèmes à la personne handicapée. Nous savons qu’elle requiert notre attention. En résumé, la surdicécité est un défi personnel, social, culturel et politique.
    La surdicécité est un handicap caractéristique et distinct. Elle résulte des conséquences d’une double déficience sensorielle. Une grave déficience des deux sens distants, la vue et l’ouie, n’est pas en fait la surdicécité, mais est une cause de surdicécité. La surdicécité n’est pas une simple somme de déficience des deux sens distants. C’est quelque chose de tout à fait spécifique qui doit être considéré comme des composants concomitants ayant un impact sur d’autres facteurs. Donc, peut-être est-ce la combinaison non pas juste de la déficience auditive et de la déficience visuelle , mais la relation fonctionnelle entre l’ouie et la vue, et un groupe étendu de conséquences personnelles, biologiques, psychologiques, sociales, pédagogiques, culturelles et éthiques de la double déficience sensorielle.
    La question est comment exprimer exactement le sens d’un mot vague comme surdicécité : comment concevoir une description ou définition complète du sens de ce mot compliqué. Est-il possible de combiner tous ces attributs en un modèle simple, universel, exhaustif et général ?

    La formule

    Je propose d’utiliser des méthode formelles, une équation , pour définir la surdicécité, comme suit :

    D = f (H, V,r,Q), où
    D
    signifie surdicécité
    f
    indique une fonction ou somme des composantes et éléments pertinents qui figurent entre parenthèses
    H
    signifie déficience auditive. Le degré de cette déficience est exprimé par un diagnostic, par le type et l’étendue de la perte sensorielle, et par le moment où elle s’est déclarée. Si H est nul, D est nul aussi.
    V
    signifie déficience visuelle. Le degré de cette déficience est exprimé par un diagnostic, par le type et l’étendue de la perte sensorielle, et par le moment où elle s’est déclarée. Si V est nul, D est nul aussi.
    r
    indique la relation entre la fonction de l’audition et de la vision. Je l’ai exprimée comme un genre de coefficient, qui indique le degré auquel la capacité naturelle de compenser la perte de vision ou d’audition est limitée ou même complètement absente en cas de surdicécité. La valeur de ce coefficient r pourrait être la multiplication des valeurs des pertes auditives et visuelles exprimées en pourcentages ( ou tout autre échelle). Il est alors possible de trouver que la valeur résultante varie de zéro à un.
    Par exemple, avec cette méthode, la combinaison de la surdité totale et de la cécité totale donne 1. Quand le niveau de perte auditive est de 83% et la perte visuelle de 100%, le coefficient r est de 0,83%.
    Q
    signifie le groupe de toutes les conséquences du fait d’être doublement handicapé sensoriel qui ont une influence sur la qualité de la vie, par exemple les aspects de développement et apprentissage, éducation, insertion et réinsertion individuelle, emploi, logement etc. Pour examiner ce domaine, je suggère une approche à plusieurs facettes du concept de surdicécité. Cela nous permet de rendre le processus flexible quand il concerne l’évaluation.
    Nous pouvons peut-être désigner les facettes suivantes avec l’agrément général :

    • 1 usage fonctionnel des sens ( de l’audition, la vision, du toucher, et du mouvement y compris l’usage fonctionnel de l’audition et de la vision dans l’interaction sociale et la communication).
    • 2 interaction ( avec l’environnement physique et/ou naturel, social, culturel ; proximité de l’environnement, exploration de l’environnement, interaction sociale et communication avec l’environnement)
    • 3 communication et langage ( communication de réception et d’expression ; communication interpersonnelle, en groupe, sociale ; développement de la parole ; compétences de communication dans différents environnements sociaux)
    • 4 conséquences psychologiques ( développement cognitif et social, développement personnel, apprentissage, adaptation)
    • 5 conséquences pédagogiques (éducation, formation professionnelle, besoins éducatifs).
    • 6 compétences de vie quotidienne, activités et routines de la vie de tous les jours (mobilité à l’intérieur et à l’extérieur, logement, école, travail et emploi, loisirs, activités culturelles, etc.)
    • 7 besoin de rééducation
    • 8 besoin d’aides techniques pour les pertes auditives et visuelles
    • 9 besoin d’assistance ( y compris l’aide des autres pour un certain nombre d’activités)

    Donc, la définition et la description de la surdicécité en utilisant la composante Q pourraient se faire avec l’aide d’échelles d’évaluation pour chaque facette. Le problème crucial est de créer des échelles qui seront acceptées par tous !

    Inclure toutes les composantes

    Dans le développement de cette équation pour explorer le concept et permettre de trouver un descripteur pour la surdicécité, il est essentiel de prendre toutes les composantes en considération. Si l’une des composantes de la définition n’est pas présente, la résultante D peut être nulle ! Si elle est nulle, cela signifie que dans ce cas, il s’agit d’un autre handicap qui est différent de la surdicécité.

    Identifier exactement le soutien individuel

    Je pense que cette formule décrit la surdicécité et a la capacité de rassembler tous ses types, formes et manifestation. Elle devrait aider à identifier le type de soutien exigé pour répondre aux besoins d’éducation et de rééducation. On peut l’utiliser à des fins de développement, d’éducation, à des fins sociales, sociologiques, démographiques etc... Elle peut aussi servir d’outil pour une meilleure identification aux sourds-aveugles , pour rechercher et trouver leur identité.

    Eléments fonctionnels

    Cette formule de la surdicécité nous donne un cadre. Les composantes H, V, r, Q s’appliquent par rapport aux conditions de vie réelles. Les éléments qui constituent ces composantes décrivent la situation d’une personne handicapée. A l’aide de ce modèle, nous sommes libres de les décrire avec plus ou moins de concision, et de différents points de vue. La composante Q surtout, c’est-à-dire celle qui décrit la variété d’attributs des activités humaines, offre une importante opportunité d’identification des éléments fonctionnels.
    La flexibilité est importante. Par exemple, si nous prenons un élève sourd-aveugle et ses besoins de communication, nous pouvons appliquer, dans cette composante Q, certains éléments du critère éducatif. Ainsi, nous l’adaptons à diverses fins correspondant à la fourniture de services dans le monde réel avec des personnes réelles. De plus, si nous formulons une définition pour des lois ou réglementations nationales, le format de la définition nous permettrait aussi de suivre la philosophie, l’intention, et la structure de la législation existantes, des lois et articles s’y rattachant.

    NOUVELLES DE L’ADMINISTRATION

    Mise à jour des adhésions

    Il y a actuellement 585 membres de 77 pays différents. Si ce n’est déjà fait, veuillez renouveler votre adhésion à DbI pour 2003. Le coût comprend une cotisation pour l’année calendaire et cela nous aiderait vraiment si vous pouviez renvoyer le formulaire rapidement. Cette année, nous allons mettre notre base de données à jour, donc il est très important que vous renouveliez votre adhésion dès que possible. Si nous n’avons pas de vos nouvelles au 30 septembre, nous considérerons que vous ne souhaitez plus être membre et vos coordonnées seront supprimées de la base de données.
    Nous vous demandons également de mettre à jour les informations que nous avons sur vous et votre organisation. Si vous avez des questions, ou si vous voulez adhérer par Email, contactez nous à
    dbi@senseinternational.org.uk

    Conférence européenne en Slovakie en 2005

    La conférence européenne de DbI en 2005 se tiendra à Cervenica en Slovakie. Le vice-président William Green fait partie de la commission scientifique et le secrétaire de DbI, Richard Hawkes, fait partie du comité d’organisation.

    Site web de DbI

    Pour les dernières informations sur DbI, allez sur www.deafblindinternational.org
    Connectez-vous en août pour les nouvelles de la conférence mondiale en direct !
    Nous acceptons toujours les nouvelles contributions au site, donc si vous voulez annoncer un événement ou faire part d’un récent succès, envoyez les détails à Malcolm Matthews à
    mmatthe@sense.org.uk

    Secrétariat de DbI

    Si vous avez des questions, vous pouvez vous adresser à Tara Takini au secrétariat, en la contactant par Email à dbi@senseinternational.org.uk
    ou par la poste : DbI Scretariat, 11-13 Clifton Terrace, Finsbury Park, London N4 3SR
     

DbI Numéro 32

 
DbI Review : Numéro 32  juillet-décembre 2003

Message du Président

Après avoir travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la surdicécité, le rôle de président de DbI est un honneur auquel je suis véritablement très attaché. Toute ma vie, j’ai participé à des activités internationales – en coordonnant des conférences mondiales et européennes, en organisant des séminaires internationaux et des réunions de réseaux, et en trouvant des financements pour des activités transnationales. Rassembler les gens de différents pays a toujours été mon but car je pense qu’ainsi on peut créer des opportunités pour que les gens se rencontrent, parlent et échangent des idées. Je crois que cela est essentiel pour le développement et l’épanouissement de notre domaine.
Au cours des quatre prochaines années, DbI continuera sur des bases solides avec des projets pour développer et garder son identité d’importante organisation internationale. Ceci signifiera abattre les barrières pour que des personnes plus jeunes accèdent aux rôles de dirigeants et pour faire participer nos partenaires naturels – particulièrement les sourds-aveugles et les membres de leurs familles. Il faudra que nous devenions encore plus accessibles et que nous proposions notre soutien pour permettre aux gens de participer plus pleinement. J’ai été très honoré de participer avec des amis et collègues à la création de l’Union Européenne des Sourds-Aveugles en novembre au Danemark. Vous trouverez des détails sur ce formidable événement dans ce numéro.
La reconnaissance des sourds-aveugles comme des partenaires à part égale est au cœur du travail de DbI et je pense qu’il est vital que notre organisation travaille en étroite collaboration avec d’autres pour garantir les droits et la reconnaissance des sourds-aveugles où qu’ils vivent. Mon souhait serait que tous – nouveaux venus ou vieux amis – se sentent chez eux dans notre organisation. Pour que ce soit possible, nos activités, bulletins et journaux doivent englober ce que nos membres veulent, ainsi ils tiennent à être membres et souhaitent participer. Nos réseaux se développent. Ils sont thématiques ou géographiques et ils joueront un rôle important pour atteindre nos objectifs. J’ai eu la chance dernièrement de visiter l’Ukraine , avec l’équipe de Slovaquie, pour prendre de nouveaux contacts là-bas !
Au fur et à mesure que nous donnons le pouvoir aux sourds-aveugles, le rôle des professionnels change et DbI devra aborder de nouvelles manières de travailler. Travailler au changement au niveau des principales instances mondiales, y compris les Nations Unies, figure dans les premiers points de notre programme. La campagne en Europe, à partir de janvier, au Parlement européen à Bruxelles, est déjà organisée et lancée. Je demande instamment à tous d’y participer .
Au fur et à mesure que DbI se développe, il faudra contrôler que notre constitution et nos pratiques restent adaptées et efficaces. Il faudra aussi consacrer du temps à notre planning stratégique afin de réaliser nos souhaits pour l’avenir.
Personnellement, et en votre nom à tous, je voudrais exprimer notre profonde sympathie à la famille et aux collègues de Dietrich Bunck, dont la mort prématurée est évoquée dans ces pages. C’était un ami dont l’immense contribution ne sera pas oubliée. Et pour Sam Boshielo et sa famille , nous pensons à vous, toute notre amitié.
J’espère travailler avec vous tous – que vous soyez professionnel, sourd-aveugle ou membre d’une famille. Au cours de ces quatre prochaines années cruciales, nous continuerons à travailler dans le but d’assurer que des services de qualité existent pour les enfants et les adultes sourds-aveugles et, par conséquent, que l’on approche de leur pleine participation à tous les aspects de la vie.

William Green.

Editorial

Il y a beaucoup à faire ici, et on s’est activé pour que vous ayez tous le magazine pour le Nouvel An ! On espère que vous aimez le nouveau look !
Les sujets traités sont vastes, avec des articles sur le travail que nous faisons, les pays où nous travaillons, les organisations pour lesquelles nous travaillons et qui nous sommes !Tim Hartshorne souligne l’importance de la compétence sociale, l’étudie en tant que concept en termes très clairs, et rapporte ces idées aux enfants sourds-aveugles. Connie Miles, consultante au Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher, décrit son travail avec les familles, en insistant sur le choix en connaissance de cause, et ce que cela signifie pour la recherche génétique. Nous avons aussi un premier article ( sur deux) d’Isabel Amaral sur un travail récent sur la communication – donnant une analyse détaillée de sa recherche dans ce numéro, et dans le prochain quelques indications pour les praticiens.
Les nouvelles du monde entier continuent à montrer que vous êtes de plus en plus nombreux à nous contacter pour nous parler de vos projets et nous faire part de vos réflexions. On voyage avec ce que vous écrivez et les photos qu’on reçoit ! Les vacances en Pologne ont apparemment été fantastiques – cela se voit dans le récit que nous en avons. Le travail se développe dans les pays de l’Europe de l’Est, y compris l’ex URSS, ainsi qu’un grand nombre de projets à long terme en Amérique latine. Et enfin, merci de tout cœur aux Canadiens pour la merveilleuse conférence.
Donc merci de penser à nous. Nous aimerions avoir des nouvelles de votre programme, ou de votre passion, et si cela vous intimide d’avoir à écrire dans une langue étrangère, on peut vous aider pour cela aussi !

Eileen et Frances
eileen.boothroyd@sense.org.uk

SOUTIENS COMPORTEMENTAUX POSITIFS ET RELATIONS SOCIALES

Tim Hartshorne, Central Michigan University
tim.hartshorne@cmich.edu

Tous les gens devraient vivre dans un environnement où ils peuvent réussir et où ils peuvent se sentir bien dans leur peau. Dans certains environnements, le fait d’avoir un handicap empêche de réussir et de se sentir bien. Avec certains handicaps, les enfants peuvent avoir des difficultés à acquérir les techniques sociales nécessaires pour avoir des relations avec les autres, et peuvent aussi développer certains comportements qui vont à l’encontre de relations sociales positives. Dans cet article j’utilise les " soutiens comportementaux positifs " comme concept d’ensemble pour examiner la compétence comportementale et sociale des enfants, suivi d’un examen plus détaillé du concept de compétence sociale. Enfin, j’étudie une méthode pour aider les enfants sourds-aveugles à développer leur compétence comportementale et sociale.

Pour illustrer les concepts, j’utiliserai un exemple ( imaginaire). Justin est un garçon de 9 ans ayant des handicaps sensoriels multiples. Souvent, lorsque des élèves ou des professeurs le touchent volontairement ou par hasard, il les frappe.

Soutiens comportementaux positifs (PBS/SCP)

Dans le passé, nous nous sommes efforcés de changer l’enfant. Justin aurait subi diverses punitions pour lui apprendre que c’était mal de frapper. Le mouvement des soutiens comportementaux positifs ( SCP) a changé cette orientation. Le SCP " regarde les carences du système, du cadre ou des techniques plutôt que l’individu . La modification du comportement essaie de " réparer " la personne, alors que le SCP ajuste le système et le cadre, en visant à améliorer les techniques " ( Travnikar, 2001). Le comportement se produit toujours dans un contexte. Le SCP recherche les carences dans ce contexte, soit dans les conditions environnementales, soit dans les techniques comportementales de l’individu (Carr, Horner, Turnbull, Marquis, Magito McLaughlin, McAtee, et al., 1999). L’objectif du SCP n’est pas juste la réduction ou l’élimination des comportements à problèmes, " mais plutôt d’améliorer la vie des gens " ( Carr et al. 1999, p.5).

Le SCP a deux étapes de base. Premièrement, une évaluation fonctionnelle du comportement est faite pour comprendre le but du comportement. Deuxièmement, un projet d’intervention sur le comportement est élaboré pour entreprendre les soutiens nécessaires pour améliorer les techniques.

L’évaluation fonctionnelle du comportement rassemble des informations sur les " pourquoi " d’un comportement particulier ( Carr, Levin, McConnachie, Carlson, Kemp & Smith, 1997). En d’autres termes, l’évaluation fonctionnelle sert à identifier le but du comportement à problème. Si on connaît le but, le comportement est compréhensible.

Pourquoi Justin frappe-t-il ceux qui le touchent ? Qu’est-ce que son comportement nous communique à propos de Justin et de son expérience dans son environnement ? Nous pourrions être tentés de l’étiqueter comme " agressif ". Mais au lieu de cela, nous pourrions considérer que Justin pourrait dire ou communiquer quelque chose en frappant. Quels pourraient être son but ou sa fonction ? Douglass ( 1995) suggère les possibilités suivantes :

  • Je déteste les surprises ;
  • Je n’aime pas qu’on me touche ;
  • Je voulais montrer que je savais que vous étiez là ;
  • Je vous aime beaucoup ;
  • J’ai besoin de plus d’avertissement avant que vous m’approchiez ;
  • On m’a trop touché et je ne peux plus le supporter ;
  • Je vous disais que j’étais prêt à travailler ;
  • Je vous demandais de revenir plus tard.

En d’autres termes, il y a beaucoup de buts possibles pour ce comportement, dont certains ne sont pas évidents.

Les quatre objectifs principaux d’une évaluation fonctionnelle du comportement sont (1) d écrire le comportement ; (2) prédire les heures et les situations où le comportement se produira ; (3) identifier le but ou l’objectif du comportement ; et (4) proposer des interventions liées au contexte et au but du comportement ( Travnikar, 2001).

Une évaluation complète examinera les contextes dans lesquels le comportements se produit, et les conséquences de ces comportements, afin d’identifier le but. Des hypothèses sont développées sur la base de l’évaluation, et les interventions sont choisies sur la base des hypothèses. La réussite des interventions apporte un soutien aux hypothèses, ou si elles ne réussissent pas, cela indique qu’une évaluation supplémentaire est nécessaire.

Un projet d’intervention sur le comportement est un projet individualisé de soutien du comportement qui porte à la fois sur les conditions d’environnement carencées qui peuvent exister et sur les techniques insuffisantes que peut avoir la personne. Les exemples de conditions environnementales carencées peuvent inclure le cadre matériel, le cadre social, les activités et l’instruction, la programmation et la prévisibilité, et les opportunités de choix. Les techniques insuffisantes peuvent inclure la communication, les techniques sociales, le contrôle de soi, et les comportements adaptatifs. Des composants d’intervention multiples sont employés pour changer l’environnement et construire les techniques, avec l’objectif de ne pas simplement modifier le comportement visé, mais plutôt d’envisager la qualité de vie au sens large de la personne ( Travnikar, 2001).

Si, par exemple, Justin communique qu’il a besoin de plus d’avertissement quand les gens s’approchent de lui, et que le but du comportement est d ‘éviter de tels contacts et de se protéger, quelle construction de technique ou quelle modification environnementale peuvent être justifiées ? Peut-on lui apprendre d’autres méthodes d’exprimer son désir d’éviter le contact soudain avec les autres ? L’environnement peut-il être modifié de façon à éviter la probabilité de ce contact ? Peut-on apprendre aux élèves et aux professeurs d’autres manières d’approcher Justin ? Dans quelle mesure le toucher fait-il partie de la qualité de vie, et comment peut-on l’incorporer dans l’expérience de Justin d’une manière qu’il apprécie ?

Compétence sociale

" Le degré auquel les élèves sont capables d’établir et de maintenir des relations interpersonnelles satisfaisantes, de se faire accepter par leurs pairs, d’établir et maintenir des amitiés, et de mettre fin à des relations interpersonnelles négatives ou pernicieuses, définit la compétence sociale et permet de prévoir l’adaptation psychologique et sociale à long terme " ( Gresham, Sugai, & Horner, 2001). La compétence sociale est la capacité d’accomplir avec compétence des tâches sociales. Les techniques sociales sont les comportements spécifiques qu’une personne emploie pour accomplir ces tâches avec compétence. Il est évident que le comportement de Justin qui frappe quand on le touche n’est pas une bonne technique sociale et indique quelques problèmes de compétence sociale. Le SCP envisage la compétence sociale en termes de contextes, à la fois les techniques sociales qu’une personne a acquises, et l’environnement dans lequel l’action sociale se produit.

Techniques sociales

Les techniques sociales peuvent se classer en plusieurs catégories ( Caldarella & Merrell, 1997) :

  • Techniques de relations avec les pairs ( complimenter les autres, offrir son aide, inviter ses pairs à jouer)
  • Techniques de contrôle de soi ( maîtriser la colère, suivre des règles, faire des compromis)
  • Techniques scolaires ( faire son travail tout seul, écouter le professeur, ne pas déranger)
  • Techniques de conformité (suivre des indications, suivre des règles, employer son temps libre de manière appropriée)
  • Techniques d’affirmation ( entamer des conversations, tenir compte des compléments, faire des demandes)

Les déficits ou manques dans les techniques sociales peuvent aussi être classés ( Gresham, Sugai & Horner, 2001) :

  • Déficit d’acquisition – ne l’a jamais appris
  • Déficit d’exécution – l’a appris mais ne peut pas ou ne veut pas le faire
  • Déficit de facilité – ne le fait pas très bien ou pas dans tous les contextes

Justin a peut-être un déficit dans les techniques d’affirmation , ou la manière appropriée de faire savoir aux autres ce qu’il aime ou n’aime pas. IL peut ne jamais avoir acquis cette technique, il peut manquer de pratique, ou il peut ne pas vouloir l’utiliser. Frapper peut être simplement son comportement préféré , ou il peut ne pas en connaître d’autre. Les techniques sociales peuvent s’enseigner ; en général dans le cadre d’un groupe en utilisant répétition guidée, feedback, renforcement et pratique ( Waas & Graczyk, 1998). Mais le SCP exige de s’attaquer à la fois aux manques de techniques et aux carences de l’environnement.

Conditions environnementales

Une des conséquences du manque de techniques sociales peut être le rejet des pairs. Mais le rejet des pairs n’est pas dû simplement au manque de techniques sociales ; c’est aussi le résultat de schémas relationnels négatifs ( Waas & Graczyk, 1998). Les schémas relationnels sont les scénarios et les règles que vous avez sur vos relations avec les autres. Par exemple, les autres élèves peuvent avoir des schémas relationnels avec Justin selon lesquels " il est agressif ", " il est désagréable à côtoyer ", " il faut l’éviter ". Beaucoup d’enfants handicapés souffrent probablement à la fois d’un manque de techniques sociales et de schémas relationnels négatifs les concernant. Ils peuvent eux-mêmes avoir des schémas relationnels négatifs sur les autres. Ces schémas relationnels négatifs font partie du contexte environnemental qui existe quand il y a un comportement négatif.

La conséquence de schémas relationnels négatifs peut être un environnement qui n’est pas favorable à l’apprentissage et à l’exécution des techniques sociales. Si Justin frappe pour avertir les autres qu’il lui faut plus de temps pour qu’ils l’approchent, son comportement réussit probablement à écarter les autres de lui. Il créée effectivement un contexte d’évitement, qui est soutenu par les schémas relationnels négatifs que les autres ont à son encontre. Il repousse, et les autres restent à l’écart. Apprendre à Justin un autre comportement est un début, mais à moins que l’environnement ne change, il n’aura aucune raison d’utiliser le nouveau comportement.

Projet centré sur la personne et cercle d’amis

Le projet centré sur la personne (PCP) est un processus qui permet l’inclusion de personnes handicapées dans leur communautés naturelles, y compris le voisinage, l’école, le travail. Les objectifs généraux du PCP pour l’individu comprennent :

  • être présent et participer à la vie de la communauté
  • avoir et garder des relations satisfaisantes
  • exprimer des préférences et faire des choix dans la vie quotidienne
  • avoir l’occasion de remplir des fonctions respectées et de vivre avec dignité
  • continuer à développer ses compétences personnelles ( Kincaid, 1996, p.440-441)

Pour tous les PCP , on commence par se concentrer sur les désirs et les besoins de l’individu et par reconnaître l’importance des soutiens formels et informels pour aider la personne à réaliser ses rêves. Le PCP représente un changement d’orientation : au lieu de trouver ce qui ne va pas chez une personne et comment y remédier, on va identifier ses capacités, et trouver comment les développer de façon à ce que la personne puisse vivre la vie qu’elle imagine ou que nous imaginons ( O’Brien, O’Brien & Mount, 1997)

Un type de PCP utilisé pour le personnes handicapées de tous âges est le MAPS / Etablir des plans d’action ( Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il est fréquemment utilisé par la personne et son Cercle d’amis. Le groupe examine plusieurs questions telles que : Qui est cette personne ? Quels sont les rêves de cette personne ? Quelles sont les points forts de cette personne ? A quoi ressemble une excellente journée pour cette personne ?

Le PCP permet de définir les conditions environnementales souhaitables pour cette personne. A partir de là, des plans d’action peuvent être élaborés pour réaliser les confrontations sociales parfaites dans la journée de la personne, à l’école ou au travail, qui tiennent compte des points forts et des besoins de la personne, et l’aident à aller vers la réalisation de ses rêves. Nous pourrions imaginer l’excellente journée de Justin à l’école comme celle où professeurs et pairs l’approchent avec précaution mais positivement d’une manière qu’il peut accepter et apprécier.

Un Cercle d’Amis est un cercle de soutien qui se forma autour d’une personne handicapée (Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il a pour but de soutenir l’inclusion de la personne à l’école, dans la communauté et le lieu de travail. La personne ( ou si sa communication est limitée, un proche) invite ceux dont elle désire qu’ils participent au cercle, selon qu’elle pense qu’ils la soutiennent dans sa vie. Les Cercles d’Amis peuvent comprendre des professionnels ou non. Dans l’idéal, les membres restent en permanence dans le Cercle, fournissant un réseau de soutien social naturel à l’individu.

Les Cercles d’Amis sont un moyen d’éviter ou d’éliminer les schémas relationnels négatifs. Frederickson et Turner ( 2003) ont montré que si un Cercle avait peu d’impact sur la perception de soi de l’enfant, ou sur la perception du comportement de l’enfant par le professeur, il avait bien un impact positif sur l’acceptation sociale de l’enfant. Le Cercle d’Amis de Justin peut soutenir le développement de sa compétence sociale en (1) apprenant comment prendre contact avec lui d’une façon qu’il peut accepter et à laquelle il peut répondre positivement, (2) aidant à lui enseigner les techniques sociales, et (3) faire savoir aux autres qu’ils sont des amis de Justin et que Justin a beaucoup de qualités positives. Personne ne développe une compétence sociale ou n’apprend les techniques sociales s’il est isolé. Et rien ne vient mieux à bout des schémas relationnels négatifs que l’interaction positive avec ses pairs.

Résumé

Il est préoccupant qu’un enfant manque de compétence comportementale et sociale. Mais l’approche des Soutiens Comportementaux Positifs fait que cela est une préoccupation partagée, un problème commun, avec une solution commune. On n’évalue pas la responsabilité . Au lieu de cela, on recherche les sources environnementales des problèmes, on identifie le but du comportement négatif pour l’enfant, et on élabore d’autres moyens pour que l’enfant atteigne ses objectifs. Un Projet d’Intervention Comportementale est élaboré dans le contexte du Projet Centré sur la Personne, et un Cercle d’Amis garantit que l’enfant soit soutenu tout au long du processus.

 

Choix et consentement en connaissance de cause dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher – Mise à jour.

Constance Miles, Consultante, Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital

Le diagnostic du syndrome d’Usher se fait maintenant de plus en plus tôt grâce aux progrès scientifiques réalisés par divers chercheurs dans le monde entier. Le Dr Claes Moller a observé qu’un enfant qui marche après 18 mois aura très probablement un syndrome d’Usher de type 1 ( Moller et al. 1989). Aujourd’hui, dans de nombreux cas, il est possible de faire un diagnostic moléculaire à la naissance ( Kimberling et al. 1999, 2003). Maintenant on peut identifier les bébés ayant un syndrome d’Usher grâce aux tests de dépistage auditifs pendant qu’ils sont encore à l’hôpital. Le diagnostic précoce du syndrome d’Usher permet aux familles d’envisager les avantages d’interventions, y compris les implants cochléaires et la participation aux prochains essais cliniques .

Aujourd’hui beaucoup d’enfants entrent à l’école avec un diagnostic de syndrome d’Usher tandis que d’autres apprennent le diagnostic pendant leur adolescence. Alors que les adaptations éducatives peuvent être minimales à l’école primaire, les parents commenceront à demander conseil plus tôt car la recherche scientifique continue à en apprendre davantage sur les trois différents types de syndrome d’Usher. Les éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des découvertes médicales pour planifier de manière appropriée les programmes personnalisés et les services de soutien pour les enfants ayant les différents types de syndrome d’Usher.

L’éminent spécialiste de la psychologie de l’enfant, Fred Rogers, proposait ces réflexions aux ophtalmologistes qui travaillent avec des enfants :

Vous avez été enfant vous aussi, jadis. Cela peut paraître évident, mais le savoir et se rappeler comment c’était d’être un enfant peut faire une grande différence dans la relation entre vous et votre petit patient....Les enfants sentent très rapidement ce que ressentent leurs parents, et ils sont particulièrement sensibles aux anxiétés de leurs parents. Tout ce que vous pourrez faire pour aider les parents à se sentir confiants et calmes sera très utile pour calmer leurs enfants....La plupart des anxiétés viennent de la peur de l’inconnu ou du manque d’information ou de compréhension.

Dans nos rencontres sur le terrain, les parents parlent souvent du diagnostic initial et ont donné des conseils aux professionnels qui participent à la vie de leur enfant. Ne dites pas à mon enfant, ou à moi, qu’un test auditif, un examen de l’œil ou une autre procédure sont mauvais, demandent-ils. Les parents conseillent aux professionnels de dire qu’une perte auditive a été identifiée ou qu’une perte auditive a été détectée. Mauvais est un mot puissant qui ôte l’espoir. Rappelez-vous de sourire et de parler directement à nos enfants. Ne nous dites pas de faire apprendre le Braille à nos enfants. Rappelez-vous que ce sont d’abord des êtres humains avant d’être des sujets de recherche. Rappelez-vous que ce sont des enfants.

Adolescence

Beaucoup d ‘adultes chez qui on avait identifié un syndrome d’Usher à l’adolescence nous ont fait part de leur opinion que le diagnostic avait été plus difficile pour leurs parents que pour eux, à beaucoup d’égards. Les adolescents savaient souvent que leur vision était différente, en particulier le soir. Beaucoup avaient remarqué qu’il y avait des situations où ils ne pouvaient pas voir les conversations en langue des signes que leurs amis pouvaient suivre, qu’ils ne pouvaient pas se déplacer aussi facilement que leurs amis dans un cinéma quand on rallumait les lumières, ou ne voyaient pas bien pendant un orage soudain qui assombrissait le ciel. Dans des entretiens avec 40 personnes, toutes ont dit qu’elles savaient que quelque chose n’allait pas dans leurs yeux dès l’âge de 12 ans, même si le diagnostic n’avait pas encore été fait ou qu’on ne leur avait pas dit ( Miner, 1995).

J’ai réalisé une série d’entretiens et d’études avec 125 familles dont les enfants avaient eu un diagnostic de syndrome d’Usher à l’adolescence. L’étude a été faite en 1986 alors que je travaillais pour le Centre national Helen Keller, pour déterminer les besoins non satisfaits des familles et des adolescents pour lesquels on avait diagnostiqué un syndrome d’Usher. Les réponses sont par famille.

A la question : "  De quoi vous souvenez-vous à propos de l’annonce du diagnostic de syndrome d’Usher pour votre enfant ? "

  • 125 des familles ont dit que l’annonce du diagnostic était stressante.
  • 119 ont dit qu’elles se rappelaient peu ce que les professionnels avaient dit après l’annonce du diagnostic
  • 119 n’avaient jamais entendu parler du syndrome d’Usher avant le diagnostic et n’avaient jamais rencontré personne qui ait le syndrome d’Usher.
  • 32 des mères attribuaient la perte de vision à quelque chose qu’elles avaient fait avant ou pendant la grossesse – même après avoir entendu que le syndrome d’Usher est génétique.
  • 97 parents souhaitaient cacher le diagnostic à leurs enfants aussi longtemps que possible.
  • 67 parents voulaient cacher la nouvelle aux membres de la famille
  • 78 voulaient cacher le diagnostic à l’école
  • 1 mère avait placé l’un de ses deux enfants diagnostiqués pour adoption

A la suite de cette étude, nous avons organisé un groupe d’études pour psychologues et psychiatres travaillant avec des enfants sourds-aveugles ou ayant un syndrome d’Usher. Les intervenants comprenaient les Dr. McCay Vernon et Paul Wheatley, Art Roehrig, le psychologue pour sourds Dr.Larry Stewart, des psychologues de l’université de Californie à San Francisco, etc. Le Dr.Joann Boughman a parlé de la génétique du syndrome d’Usher. Tous les participants ont reconnu l’importance des informations et des mises au courant de la recherche génétique dans le soutien des personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et de leurs familles.

Mise au courant de la recherche

Afin de tenir les familles au courant des dernières recherches et de répondre aux questions sur les types de syndrome d’Usher, des rencontres de terrain sont organisées par le Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital. Le Dr.William Kimberling donne les dernières informations sur la recherche et répond aux questions du public. Les rencontres sont toujours organisées pour répondre aux besoins d’information et aux demandes du public. Certaines rencontres sont seulement sur le syndrome d’Usher de type 2, et seront peut-être suivies d’une autre sur le syndrome d’Usher de type 1. Quiconque ayant un syndrome d’Usher de n’importe quel type peut assister à toutes les rencontres pour apprendre et poser des questions. Les parents et autres membres des familles sont toujours les bienvenus. Les rencontres sont gratuites. Les stages permettent souvent aux familles de parler à d’autres familles ou personnes atteintes du syndrome d’Usher pour la première fois. Les gens ne sont pas obligés de donner leur identité ni de dire pourquoi ils assistent aux rencontres.

Certains nous ont dit que le diagnostic de syndrome d’Usher avait presque été un soulagement parce que maintenant ils avaient un nom à mettre sur ce qui leur arrivait et qu’ils savaient que d’autres dans le monde connaissaient la même expérience. Mais, bien sûr, le diagnostic est toujours difficile et obsédant pour les parents et pour l’enfant. Et chaque parent et chaque enfant réagit différemment au diagnostic de syndrome d’Usher. Une mère, une artiste, a commencé à peindre avec son enfant en sachant que même si son enfant pourrait ne plus voir les peintures un jour, il pourrait toujours se les rappeler parce qu’elles entraient dans son âme par ses mains.

Et après le diagnostic, il y a la vie. Il y a des choix à faire, on peut aller de l’avant, reconnaître et accepter le changement dans sa vie et embrasser l’avenir, ou bien on peut choisir de se retirer de la vie. Il y a aller de l’avant ou rester immobile. Il y a des décisions à prendre et des risques à prendre. Il y a de nouvelles techniques à apprendre qui exigent beaucoup d’énergie, de ténacité, et de volonté. Des techniques nécessaires pour continuer à être capable de se déplacer seul le soir ou les jours d’orage. Des techniques pour compléter la capacité de signer et de lire la langue des signes, de lire sur les lèvres, ou d’utiliser ses implants cochléaires à l’extérieur. Il y a des décisions à prendre sur la formation continue, le travail, les sorties avec les amis, et même sur les fêtes de famille et les styles de vie traditionnels dans la communauté. Il y a aussi des décisions à prendre sur les occasions de participer à la recherche scientifique dans des centres qui se consacrent à traiter le syndrome d’Usher dans le but final de le stopper, de retourner à l’état antérieur et de le guérir. Toutes ces décisions sont liées dans la vie.

Le diagnostic de syndrome d’Usher touche toute la famille et tous ceux qui ont les mêmes gènes. Tous ont des sentiments et des opinions sur la recherche scientifique. Bien que chaque adulte atteint d’un syndrome d’Usher décide de façon indépendante de participer ou non à la recherche, il peut être le vecteur de transmission des informations à sa famille élargie. Pour la majorité des familles, les progrès médicaux sont d’un grand intérêt et sont considérés comme bénéfiques. Si on a besoin d’autres échantillons de sang ou autres informations des membres de la famille, chaque adulte a la possibilité de prendre sa décision basée sur son choix en connaissance de cause et son consentement en connaissance de cause. Il est important de savoir que les informations médicales sur un membre de la famille ne seront pas communiquées à un autre membre de la famille par les chercheurs ou leurs hôpitaux. C’est un contrat moral dans le consentement en connaissance de cause.

Choix en connaissance de cause

Le choix en connaissance de cause, c’est recevoir et obtenir des informations, poser des questions, comprendre et décider seul de participer ou non à la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. C’est apprendre les risques et bénéfices possibles de la participation à la recherche. Un test sanguin peut faire mal ou les résultats de la recherche peuvent prendre plus longtemps pour une personne que pour une autre. La participation peut conduire à l’identification du type de syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause c’est plus que signer un formulaire pour accepter de participer à la recherche, et pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher cela peut être beaucoup plus compliqué.

Les opportunités de connaître les programmes de recherche sur le syndrome d’Usher sont limitées, en partie à cause du manque de fonds dont disposent les centres pour conduire des recherches sur le syndrome d’Usher.

En cas de perte progressive de la vue associée à la surdité ou à une déficience auditive, les conversations de personne à personne sont souvent compromises, sans l’intermédiaire d’un interprète connaissant les adaptations spéciales pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire. Il y a des périodes transitionnelles d’ajustement où une personne qui signait couramment doit maintenant se tenir à une certaine distance d’une autre personne qui signe. L’éclairage doit être correct et la pièce ne doit pas être trop lumineuse ni trop sombre. La personne qui signe doit porter une couleur appropriée qui fasse suffisamment de contraste avec sa peau sans être trop contrastante. Par exemple, le noir peut faire trop de contraste avec les peux blanches. Le marron peut se confondre avec une couleur de peau et on ne peut pas distinguer les signes. Porter un vêtement à pois ou un imprimé peut éblouir la personne qui regarde les signes. La rétinite pigmentaire peut causer des îlots de perte visuelle dans un champ visuel réduit. La perte de la vision périphérique peut nécessiter l’utilisation d’une langue des signes plus concise ou plus compacte, plus près du visage de l’interprète. Cela peut sembler être de petits détails, mais cela peut empêcher de comprendre une communication éloquente en langue des signes. Tous ces détails sont amplifiés quand une personne a une rétinite pigmentaire associée à une surdité ou une déficience auditive.

Il peut aussi y avoir des périodes transitionnelles d’ajustement si une personne atteinte de RP a une diminution de son champ visuel ou une modification de sa vision centrale l’obligeant à suivre la langue des signes matériellement. C’est le fait de placer sa main sur le bras du signeur pour suivre plus facilement les mouvements de la main. Il faut un moment de transition pour s’adapter à la nouvelle façon de recevoir l’information. La communication peut aller un peu plus lentement en attendant. Il arrive qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher devienne un signeur tactile et lise les signes avec ses mains placées sur les mains de l’interprète. Il y a encore une période d’apprentissage pendant laquelle la communication peut être ralentie pendant un moment. Une perte de vision peut modifier la capacité d’une personne à lire sur les lèvres, à voir les signes ou juste à lire l’écriture. Une modification de la rétine peut nécessiter de nouvelles façons de traiter l’information. Cela peut être plus long pour comprendre la même information qui était facilement comprise un an plus tôt dans le même cabinet avec le même docteur. La communication doit être comprise ou il ne peut pas y avoir de choix en connaissance de cause.

Le choix en connaissance de cause signifie répondre aux besoins de communication actuels d’une personne atteinte du syndrome d’Usher. C’est une évolution. Acquérir plus d’information peut nécessiter plus de temps pour la traiter. Des changements dans l’interface de communication peuvent être nécessaires.

Le choix en connaissance de cause permet aux adultes de décider seuls de participer ou non à la recherche scientifique dont la recherche sur le syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause permet l’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. Si les adultes choisissent de participer, ils donnent leur consentement en connaissance de cause pour être impliqués dans la recherche. Les parents prennent ces décisions pour, et en général avec, leurs enfants atteints d’un syndrome d’Usher. Les enfants peuvent donner leur assentiment.

Les parents assistant aux rencontres du Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital ont dit qu’ils se sentaient optimistes simplement parce qu’ils avaient rencontré un chercheur qui travaillait à guérir le syndrome d’Usher. Quand le chercheur peut répondre à leurs questions, ils se sentent des points communs avec les autres qui ont un syndrome d’Usher. Ils ont aussi de l’espoir.

Recherche mondiale

Au fur et à mesure que la recherche et la collaboration sur le syndrome d’Usher deviennent mondiales, de nouveaux défis se présentent pour la communication. Non seulement les chercheurs et les professionnels se déplacent dans le monde entier, mais le monde vient aussi vers nous par les migrations des populations. Quelquefois, une personne atteinte du syndrome d’Usher connaît la langue des signes locale, mais peut ne pas connaître la langue écrite du pays où elle vit. Certaines cultures sont orales et n’ont pas traditionnellement de langue écrite. Quelquefois, les membres plus âgés de la famille parlent une langue tandis que les plus jeunes, dont ceux qui ont un syndrome d’Usher , connaissent plusieurs langues. Ceci introduit d’autres liens dans l’interface de communication vers le choix en connaissance de cause et le consentement en connaissance de cause, en particulier si plusieurs membres de la famille veulent s’engager dans la recherche. Certaines cultures ont des croyances sur l’origine du syndrome d’Usher. Quelquefois ces croyances interviennent dans le processus de décision. La recherche scientifique a réfuté certaines croyances locales sur le syndrome d’Usher. Par exemple, le syndrome d’Usher existe dans le monde entier, pas seulement dans une communauté ou une ethnie. Plusieurs personnes dans une famille peuvent avoir un syndrome d’Usher, mais ce n’est pas contagieux, c’est génétique. Dans une communauté, cette information a encouragé les membres d’une communauté sourde à consulter avec quatre frères et sœurs atteints d’un syndrome d’Usher après vingt ans de méconnaissance de l’étiologie.

Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et les parents de jeunes enfants atteints d’un syndrome d’Usher ont besoin d’avoir constamment des opportunités d’être informés des dernières recherches, avancées, et des possibilités de participation à la recherche et aux essais cliniques. Les éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des avancées médicales pour élaborer des programmes personnalisés et des services de soutien pour les enfants ayant différents types de syndrome d’Usher. Avec de meilleures connaissances, les personnes atteintes du syndrome d’Usher décident seuls s’ils veulent ou non participer aux programmes de recherche génétique dans le monde entier. L’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher ouvre les portes du développement des connaissances pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et leurs familles.

Email : cmilesusa@houston.rr.com
kimber@boystown.org

Campagne européenne d’EdbN - MAINTENANT
par Lucy Drescher 

EdbN ( Réseau européen des sourds-aveugles) travaille avec Richard Howitt , membre du parlement européen, président de l’intergroupe Handicap au parlement européen, à une campagne visant à faire reconnaître la surdicécité comme un handicap à part au niveau européen.

En 2002, Richard Howitt est intervenu lors du séminaire sur l’inclusion sociale organisé par Sense International, la Lega del Filo d’Oro et Casa Pia de Lisbonne, en promettant de soutenir la Charte pour les citoyens sourds-aveugles d’Europe. Lorsque EdbN s’est réuni à Londres en mars 2003, Sense UK a accepté de diriger la campagne et j’en ai donc pris la responsabilité. Pour donner suite à la promesse de Richard Howitt, je suis allée à Bruxelles en juillet cette année pour rencontrer Richard et Sophie Beaumont du Forum européen sur le handicap (EDF).

Richard et Sophie tiennent beaucoup à travailler avec les sourds-aveugles pour faire reconnaître la surdicécité au niveau européen. Cette reconnaissance de la surdicécité pourrait servir aux gens dans les différents états membres à persuader leur gouvernement de donner aux sourds-aveugles les droits dont ils ont besoin pour jouer un rôle à part entière dans la société.

A la suite de ces discussions nous avons convenu de faire une réception pour les membres du parlement européen et les autres personnes intéressées, au parlement européen début janvier, afin de lancer une Déclaration Ecrite sur les besoins des sourds-aveugles. La même semaine, nous ferons une exposition au parlement pour montrer les besoins des sourds-aveugles.

Comment participer ?

Une Déclaration Ecrite fait 200 mots et exprime ce que nous croyons devoir se passer dans l’Union européenne. Si nous pouvons persuader plus de la moitié des députés européens de signer la déclaration, elle sera adoptée par le parlement européen. Pour cela, il est vital que les sourds-aveugles, leurs familles et les professionnels travaillant dans ce secteur, fassent pression sur les députés européens de leur pays pour qu’ils signent. Contactez-moi si vous souhaitez participer à cette campagne.

Email : ldresch@sense.org.uk
 

Analyse des interactions enseignant/enfant : qu’est-ce qui fait que la communication est réussie ?

Cet article est le premier de deux articles d’Isabel Amaral de l’Ecole Supérieure d’Education de Lisbonne, Portugal. Il se rapporte à une étude faite par l’auteur avec l’aide d’enseignants et d’élèves. Le second article, qui découle des résultats de cette recherche, propose des règles d’intervention de communication, et est destiné à aider les équipes éducatives spécialisées. Il paraîtra dans la prochaine édition.

Introduction

La communication avec les enfants multihandicapés nécessite l’emploi de mode non linguistiques de communication qui ne sont pas toujours maîtrisés par les enseignants et les autres adultes dans l’école.

Cette étude a pour but de décrire le caractère communicatif des interactions entre deux enfants multihandicapés et leurs enseignants, et de présenter les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre de comportements des enfants qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants.

Les résultats indiquent que les enseignants ratent des opportunités de communication, et qu’une procédure d’intervention qui diminue le nombre de comportements qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants ne change pas considérablement les interactions. Des problèmes émergent des analyses de données qu’il faut faire pour des interactions avec des apprenants qui n’utilisent pas la parole pour communiquer. Une discussion sur ces problèmes est incluse dans la discussion des résultats.

Les résultats des analyses de données viennent à l’appui des conseils pratiques pour aider les enseignants sans formation en éducation spécialisée à planifier leur interven,tion de communication.

Les enfants multihandicapés 1 souvent n’utilisent pas la parole ni aucune autre forme de langage pour communiquer. Néanmoins, quand ils sont immergés dans un contexte ou une routine qui leur sont familiers, ils communiquent en employant des formes telles que mouvements, sourires, et manipulation d’objets ( Siegel-Causey & Guess, 1989). Les partenaires dans les environnements des apprenants ont donc à découvrir comment les modes différents que ces individus utilisent pour communiquer peuevnt être transformés en interactions communicatives qui permettront aux multihandicapés de découvrir et d’apprécier la vie pleinement.

La recherche n’a pas encore fourni suffisamment d’informations sur la façon d’apprendre de ces enfants, et comment les écoles et les services peuvent le mieux répondre à leurs besoins exceptionnels. Mais il ne fait pas de doute qu’à moins que ces enfants puissent interagir avec leurs environnements et communiquer avec les gens dans ces environnements, leur développement en sera sérieusement affecté et leur accès aux opportunités scolaires réduit.

Plus qu’une compétence, la capacité de communiquer efficacement est un art. Cet " art " devient un réel défi lorsque les partenaires de communication ne peuvent pas utiliser la parole comme moyen habituel de communication. L’absence de formes normalisées de communication gêne le processus de communication et créée des difficultés supplémentaires dans l’établissement d’interactions signifiantes et d’apprentissages.

Nous devons nous poser, entre autres, les question suivantes : Comment les enfants multihandicapés accèdent-ils à des informations signifiantes du monde qui les entoure ? Qu’apprennent ces enfants, en l’absence de moyens efficaces de communication, qu’est-ce qui pose les bases d’interactions humaines réussies ?

1 Multihandicap : Association de retard mental sévère à profond et de handicaps sensoriels, moteurs et/ou de problèmes de santé

Créer des interactions

Le succès des interactions entre les parents ou éducateurs et les enfants multihandicapés dépend largement de la capacité du parent/éducateur à interpréter et à répondre aux formes non symboliques de communication de l’enfant. Même si les parents d’enfants qui ont un développement normal répondent spontanément aux enfants, la recherche a montré que les signaux envoyés par les enfants ayant un retard de développement sont plus difficiles à interpréter et qu’il est plus difficile d’y répondre pour les parents ( Walden et Knieps, 1996, Clark et Seifer, 1983). Les enfants handicapés peuvent aussi avoir des problèmes pour comprendre les signaux de leurs parents ( Walden et Knieps, 1996). Ces difficultés peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement d’un enfant, car la réceptivité parentale aux signaux de l’enfant a des conséquences sur le développement social et émotionnel à venir et aux aptitudes de communication de l’enfant.

Certains auteurs suggèrent que les enfants multihandicapés ne sont pas aussi prévisibles que les enfants normaux au stade non symbolique ( Siegel-Causey et al. 1988). Ceci peut conduire à une diminution de la quantité et de la qualité des réponses de l’éducateur, et à la possibilité d’échanges asynchrones. Les parents/éducateurs ne perçoivent souvent pas les enfants multihandicapés comme des partenaires dans les interactions sociales, ce qui peut à son tour créer moins d’opportunités pour l’enfant de recevoir des réponses contingentes. Dans ces situations, les parents/éducateurs ont tendance à assumer la responsabilité d’initier et de contrôler les échanges ( Hanzlik & Stevenson, 1986 ; Mahoney & Robenalt, 1986) sans tenir compte des signaux et indications de l’enfant.

Siegel, Causey et al. (1988) , examinant les caractéristiques des interactions entre des mères et leurs bébés sourds-aveugles, ont souligné trois aspects : sensibilité, synchronisation et contingence et prévisibilité.

La sensibilité fait référence à la capacité du parent/éducateur de déchiffrer et de répondre aux comportements exceptionnels de l’enfant. Les enfants multihandicapés souvent ne font pas de vocalises, ce qui est le comportement auquel répondent le plus souvent les parents/éducateurs de bébés au développement normal, et donc exigent que les éducateurs apprennent à répondre à d’autres comportements comme les mouvements.

La synchronisation des réponses est difficile à obtenir lorsque les signaux des enfants ne sont pas compris comme communication par les éducateurs. Les enfants sourds-aveugles montrent souvent moins de réceptivité et de compétences rythmiques interactives , ce qui conduit les éducateurs à répondre au mauvais moment, soit en répondant trop vite, soit en laissant certains comportements sans réponse. Dans certains cas, les parents/éducateurs sur-stimulent en vocalisant constamment et donc en laissant moins de pauses, ce qui réduit les opportunités pour l’enfant de répondre ou d’initier la communication.

La contingence et la prévisibilité des réponses des éducateurs développe un sens de la réussite des tentatives de communication de l’enfant. Les enfants apprennent que leurs comportements sont reconnus par d’autres. Cependant, la contingence des comportements des éducateurs est souvent réduite à cause des caractéristiques exceptionnelles des bébés sourds-aveugles, telles que non réceptivité, répertoire de réponses limitées, opportunités réduites d’interaction sociale ou sentiments des éducateurs liés aux handicaps.

Le processus d’attachement décrit par Bowlby ( 1969), grâce auquel l’enfant développe un lien sûr avec son éducateur originel, lui permet d’explorer et d’accéder à de nouvelles opportunités d’expérience et d’apprentissage, est menacé chez les enfants multihandicapés à cause des difficultés décrites pour établir des systèmes de signaux lisibles. Les déficiences visuelles ont un rôle important dans le processus d’attachement et peuvent causer des difficultés supplémentaires pour un enfant multihandicapé car elles affectent l’établissement du contact visuel entre l’enfant et sa mère ( van Dijk, 1986 ; Fraiberg, 1975). Les enfants avec une perte visuelle sont donc menacés dans le développement de relations sûres avec leurs parents/éducateurs.

Objectifs de communication

La réussite du développement des compétences de communication pour les enfants multihandicapés dépend de diverses caractéristiques de communication liées essentiellement au rôle des éducateurs dans leurs interactions avec les enfants. Ces caractéristiques sont : a) la capacité de considérer les enfants multihandicapés comme des partenaires égaux dans les interactions ( Miles et Riggio, 1999), b) la capacité de lire et d’interpréter les signaux de communication potentiels ( Sigafoos et al., 2000), c) la capacité de répondre conditionnellement aux comportements des enfants ( Siegel-Causey et al, 1988) et d) la capacité de donner accès à des expériences signifiantes qui aideront au développement de la communication et à l’apprentissage ( Miles et Riggio, 1999, McLetchie et Riggio, 2002, Cripe et Venn, 1997).

IL y a eu peu de recherches sur les besoins de communication des enfants multihandicapés. Ceci est dû en partie à l’hétérogénéité de la population, mais aussi au fait qu’on ne croit pas que les individus multihandicapés puissent apprendre et se développer. Pour ces individus, le nombre réduit des environnement et le nombre réduit des partenaires de communication dans chaque environnement représentent un problème supplémentaire pour le développement d’une communication fonctionnelle. La capacité des éducateurs d’augmenter au maximum les opportunités de communication dépendra donc de la capacité de saisir et de choisir des opportunités signifiantes, y compris en identifiant des partenaires particuliers, ainsi que de la capacité à détecter les meilleures formes de communication pour un individu dans un environnement donné.

Le projet de recherche – Méthodes et procédures

Cette étude fait partie d’une étude plus vaste ayant pour objet la description et l’analyse des interactions entre les enfants multihandicapés et leurs professeurs. Le but de cette étude est d’analyser les manques d’opportunité de communication entre les enfants multihandicapés et leurs enseignants pendant les activités scolaires, et de décrire les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre des opportunités manquées.

L’étude utilise un mode d’étude de cas ( Yin, 1994 ; Stake, 1995) de deux enfants multihandicapés et de leurs professeurs. Quatre activités ont été filmées en vidéo pour chaque cas. Une procédure d’intervention a été effectuée entre la troisième et la quatrième activité filmée.

Les cassettes vidéo ont été analysées et les opportunités de communication ratées ont été comptées. Un groupe de juges utilisant une échelle de neuf items et cinq notations a observé les vidéos et exprimé son opinion sur la qualité des interactions.

Participants

Les participants à cette recherche sont deux élèves multihandicapés qui ne parlent pas et leurs enseignants. Anna est une petite fille de 10 ans, qui aime rester assise tranquillement et jouer avec de la pâte à modeler. Son profil médical indique qu’elle a une maladie chromosomique liée au chromosome X. Anna montre de bonnes compétences tactiles positives par rapport à ses aptitudes auditives et visuelles. Maria est une fillette de dix ans qui passe la plupart de son temps en fauteuil roulant. Elle aime la musique forte et les gens qui se montrent sociables avec elle. Elle a une quadriplégie spastique et une rétinopathie liée à sa prématurité. Elle répond aux sons mais ne comprend pas la parole.

Les deux enseignants sont des enseignants d’école maternelle ayant plus de 15 ans d’expérience et aucune formation en éducation spécialisée. C’est la première année qu’ils travaillent avec des enfants multihandicapés.

Recueil des données

Enregistrement vidéo

Une observation systématique des interactions enseignant/enfant a été effectuée grâce aux vidéos. On a enregistré quatre activités pour chaque enfant. Dans chaque cas, une vidéo a été faite après l’intervention pour recueillir des données pour l ‘évaluation de l’intervention. Les activités ont été choisies au hasard dans l’emploi du temps quotidien.

Le système vidéo utilisé était une caméra vidéo non professionnelle compacte VHS. La caméra était orientée vers l’enfant ou vers l’interaction dyadique enseignant/enfant. Comme les déplacements étaient très rares, on a utilisé une caméra fixe pour que l’enregistrement soit aussi discret que possible. Les vidéos ont été transcrites avec indication de l’heure.

L’analyse des vidéos couvrait :

  • les comportements de l’enfant auxquels l’enseignant répondait et,
  • les opportunités de communication manquées

Le décompte des opportunités manquées a été utilisé pour évaluer les séances pré et post intervention.

Critères de " comportement communicatif "

Avant de commencer l’analyse des vidéos, on a établi des critères pour définir ce qu’est un comportement communicatif. On a considéré que tout comportement montré par l’enfant pouvait être considéré comme potentiellement communicatif et donc avoir une réponse des éducateurs.

Pour obtenir des informations complémentaires sur les différences pré et post intervention observées dans les observations systématiques, les vidéos ont été montrées à un groupe de juges, à qui on a demandé d’exprimer leurs opinions par l’évaluation de neuf items. Les juges, 26 au total, se composaient de spécialistes de la pathologie de la parole et du langage et de psychologues, tous avec une formation appropriée .

L’échelle d’évaluation se composait de neuf affirmations ( tableau 1) ayant pour but d’informer sur :

  • le potentiel de communication dans les activités
  • l’initiation de la communication par les enfants
  • les réponses de l’enseignant aux initiatives de l’enfant et
  • la capacité de l’enseignant à inclure des opportunités de communication et d’apprentissage dans l’activité

Le processus d’intervention

La communication était un problème pour les deux enseignants et ils ont exprimé le désir d’en savoir plus sur les manières de communiquer avec les enfants multihandicapés.

La procédure d’intervention a été employée après trois des quatre observations systématiques. La méthodologie comprenait :

  1. discussions avec les enseignants en regardant leurs comportements de communication sur vidéo et
  2. élaboration d’un plan d’intervention de communication visant à accroître les interactions communicatives entre enseignants et enfants.

Dans les deux cas, étaient incluses des stratégies pour répondre aux comportements potentiellement communicatifs.

Les interactions enseignant/enfant ont été observées à nouveau un mois après la procédure d’intervention.

Tableau 1 : Echelle d’opinion – Evaluation des interactions enseignant/enfant

Pour chaque évaluation, on choisit entre 5 possibilités :

Absolument pas d’accord ; pas d’accord ; un peu d’accord ; d’accord ; tout à fait d’accord

FDI l’activité permet de faciliter les interactions
IAT L’enseignant introduit le chacun son tour dans l’activité
CIC L’enfant initie la communication
RIC L’enseignant répond aux initiatives de l’enfant
AAM Activité amusante et motivante
ICC L’enfant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif
RRF L’enseignant rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant
POI L’enseignant manque les opportunités de communication
IPA L’enseignant développe des interactions donnant des opportunités d’apprentissage

Analyse des données

L’analyse de contenu et le comptage des comportements ont été utilisés comme méthodologies pour analyser les observations systématiques. Le nombre moyen des opportunités manquées de communication par minute dans les trois séances pré-intervention a été calculé. Le nombre obtenu a été utilisé pour calculer les opportunités manquées de communication prévues pour la séance post intervention. Les résultats prévus et les résultats obtenus ont été comparés et décrits.

Les données provenant de l’échelle d’opinion ont été analysés par statistiques descriptives. Les valeurs modales de chaque séance pré-intervention ont été comparées avec les valeurs de la séance post intervention pour évaluer la procédure d’intervention. Le test de Kolmogorov-Smirnov a été utilisé pour déterminer l’accord entre les juges.

Résultats

Observations systématiques

Dans le cas d’Anna, 67 actes potentiellement communicatifs ont été manqués au cours des 35 minutes qui représentent la durée totale des trois séances pré-intervention. D’après ces chiffres, on a calculé un nombre de 1,91 opportunités manquées par minute. En considérant la durée de l’activité post-intervention ( 13 minutes), un nombre de 24,8 comportements laissés sans réponse en séance A10 ( musique) était attendu. Les résultats de la séance post-intervention pour les comportements laissés sans réponse, indiquent un nombre de 12 comportements laissés sans réponse.

Dans le cas de Maria, sur un total de 32 comportements laissés sans réponse sur les 56 minutes qui représentent la durée totale des séances pré-intervention, un chiffre de 0,57 opportunités manquées par minute a été calculé. A l’aide de ce chiffre, on a obtenu un nombre attendu de 9,77 opportunités manquées pour la séance post-intervention . Le nombre observé d’opportunités manquées dans les séances post-intervention est de zéro ( tableau 2). Ceci conduit à la conclusion qu’il y a des différences entre les séances pré et post interventions en ce qui concerne les réponses de l’enseignant aux actes potentiellement communicatifs de l’enfant. Cependant, il faut remarquer que la nature de l’activité ( avec une forte composante rythmique) et la manière dont elle était développée par l’enseignant ( recherchant activement les réponses de Maria) créait en quelque sorte des opportunités naturelles pour que les réponses de Maria soient relevées par l’enseignant.

Comme la procédure d’intervention incluait des informations sur les manières de répondre aux comportements potentiellement communicatifs de l’enfant, on peut tirer la conclusion qu’il y a eu un changement dans la manière dont les enseignants ont répondu aux comportements potentiellement communicatifs qui indique la possibilité de résultats d’intervention positifs .

Tableau 3 : Valeurs modales pour les deux cas

Anna            Pré-intervention Post-intervention

  A4 A4A A6 A10
FDI 4 4 4 4
IAT 1 2 2 3
CIC 2 4 2 4
RIC 2 3 2 2
AAM 4 4 2 2
ICC 2 4 2 3
RRF 2 2 2 1
POI 1 2 1 2
IPA 1 2 2 2

Maria               Pré-intervention Post-intervention

  M6 M7 M9 M11
FDI 4 4 2 4
IAT 2 3 2 3
CIC 4 4 3 4
RIC 2 4 2 3
AAM 3 4 2 2
ICC 2 4 2 2
RRF 2 3 2 2
POI 2 2 2 2
IPA 2 3 2 3

FDI : l’activité facilite l’interaction ; IAT : l’enseignant incorpore le chacun son tour ; CIC : l’enfant initie la communication ; RIC : l’enseignant répond à l’initiative de l’enfant ; AAM : activité amusante et motivante ; ICC : l’enseignant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif ; RRF : l’enseignant rythme l’interaction ; POI : l’enseignant manque les opportunités d’interaction ; IPA : l’interaction donne des opportunités d’apprentissage.

Echelle d’opinion

Les résultats de l’échelle d’opinion ont été décrits en utilisant des valeurs modales pour chaque séance et chaque item .
La distribution des réponses a été établie par le test de Kolmogorov-Smirnov pour déterminer l’accord entre les juges. Les valeurs D ( valeur statistique résultant du test KS) et les niveaux de signification par item et séance figurent aux tableaux 4 et 5.

Les résultats de l’échelle d’opinion utilisée pour évaluer les interactions entre Anna et son professeur révèlent que le professeur manque des opportunités de communication, ne fournit pas d’opportunités d’apprentissage et ne rythme pas l’interaction selon les besoins d’Anna. Bien qu’il y ait eu accord sur les réponses concernant le professeur qui ne répondait pas aux initiatives d’Anna, les réponses des juges concernant Anna initiant la communication n’étaient pas significatives dans aucune séance, conduisant donc à la conclusion, du participant comme des observations systématiques.

Les différences des modes pré-intervention et post-intervention analysées en conjonction avec les niveaux de signification révèlent que les différences trouvées sont basées sur des résultats qui ne montrent pas toujours des niveaux significatifs d’accord et donc , nous devons en conclure que l’intervention n’a pas eu d’effet sur les interactions entre le professeur et Anna.

Dans le cas de Maria, les réponses de juges aux items RRF (le professeur rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant) , POI ( le professeur manque des opportunités de communication) et IPA ( les interactions donnent des opportunités d’apprentissage) indiquent que les interactions entre Maria et son professeur ont des problèmes importants concernant le rythme de l’interaction selon les besoins de Maria, la mise à profit des opportunités de communication et l’inclusion d’opportunités d’apprentissage dans les interactions.

L’analyse des différences entre les résultats de chaque séance pré-intervention et les résultas post-intervention montrent que l’intervention n’a pas affecté la qualité des interactions entre Maria et son professeur.

Les résultats pour les deux cas d’Anna et de Maria montrent que :

  • des opportunités manquées de communication,
  • des problèmes dans l ‘accord du rythme des interactions avec les besoins de l’enfant et
  • le développement d’interactions qui ne permettent pas d’apprentissage,

sont les caractéristiques les plus saillantes des interactions professeur/enfant sur l’ensemble des séances.

Tableau 4 : Anna – Valeurs D (au test KS) par séance et item et niveaux de signification

  A4 sign. A4A sign. A6 sign. A10 sign.
l’activité facilite l’interaction (FDA) 0,2   0,37 .01 0,122   0,331 .01
le professeur introduit le chacun son tour (IAT) 0,408 .01 0,292 .05 0,446 .01 0,119  
l’enfant initie la communication (CIC) 0,161   0,246   0,162   0,208  
le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC) 0,331 .01 0,285 .05 0,408 .01 0,361 .01
activité amusante et motivante (AAM) 0,162   0,285 .05 0,446 .01 0,246  
le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC) 0,446 .01 0,2   0,331 .01 0,324 .01
le professeur rythme l’interaction (RRF) 0,485 .01 0,4 .01 0,524 .01 0,408 .01
le professeur manque les opportunités de communication (POI) 0,485 .01 0,446 .01 0,485 .01 0,523 .01
l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA) 0,485 .01 0,285 .05 0,331 .01 0,284 .05

Tableau 5 : Maria – Valeurs D (test KS) par séance et item et niveaux de signification

  M6 sign. M7 sign. M9 sign. M11 sign.
l’activité facilite l’interaction (FDA) 0,2   0,418 .01 0,173   0,155  
le professeur introduit le chacun son tour (IAT) 0,4 .01 0,2   0,31 .05 0,309 .05
l’enfant initie la communication (CIC) 0,15   0,464 .01 0,264   0,2  
le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC) 0,263   0,2   0,355 0.5 0,309 .05
activité amusante et motivante (AAM) 0,309 .05 0,464 .01 0,127   0,264  
le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC) 0,309 .05 0,199   0,201   0,309 .05
le professeur rythme l’interaction (RRF) 0,327 .05 0,264   0,372 .01 0,418 .01
le professeur manque les opportunités de communication (POI) 0,509 .01 0,263   0,509 .01 0,418 .01
l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA) 0,418 .01 0,264   0,327 .01 0,401 .01

Discussion

L’analyse des opportunités de communication manquées au cours des observations systématiques, qui prenait en compte des comportements des enfants auxquels les professeurs n’avaient pas répondu, a montré que les professeurs ne laissaient pas beaucoup de comportements des enfants sans réponse, et aussi que leur nombre pouvait être diminué grâce à l’intervention.

Une analyse des réponses sur l’échelle d’opinion pour la séance post intervention n’indique aucune différence significative dans les interactions professeur/enfant. Les items se rapportant le plus à l’interaction (RIC, POI, IPA) ont une note basse et ne montrent pas de différence par rapport à la séance pré-intervention.

Dans les deux cas, les professeurs avaient mentionné que le besoin d’augmenter les interactions était pour eux une préoccupation importante. Les deux programmes ont été conçus de manière à inclure des stratégies pour augmenter l’interaction en réduisant le nombre de comportements laissés sans réponse, ainsi que des modes alternatifs de communication ( comme des indications tactiles ou par objets dans le cas de Maria) ou des stratégies pour accroître l’initiative de l’enfant ( telles qu’accroître la participation à des activités de montage dans le cas d’Anna).

Il reste une question importante touchant le temps dont les professeurs disposaient pour expérimenter le programme ( un mois), qui semble trop court pour produire des effets significatifs dans les interactions professeur/enfant. C’est le fait que l’année scolaire était sur le point de s’achever et que les deux professeurs allaient quitter l’école qui a imposé la durée de l’expérimentation. Une deuxième question concerne l’absence de soutien de la part du chercheur pendant la période d’expérimentation, qui aurait pu aider les professeurs à se sentir plus à l’aise dans l’utilisation du programme. La recherche récente sur la préparation des professeurs ( Janssen, 2001) à la communication avec des enfants sourds-aveugles, souligne le besoin d’un soutien continu afin que les professeurs puissent améliorer leurs interactions de communication.

Implications pour la pratique

De cette étude émergent deux implications pour la pratique. La première concerne le besoin d’élaborer des programmes centrés sur la communication qui préparent les professeurs à travailler avec les élèves multihandicapés ; la seconde concerne le besoin d’établir des directives d’intervention pour les interventions de communication avec les enfants multihandicapés qui ne parlent pas.

Formation et préparation des professeurs

La formation dans le domaine de la communication avec les élèves multihandicapés doit préparer les professeurs à évaluer les besoins de communication des élèves et à concevoir des projets d’intervention qui répondent à ces besoins. La pratique dans la formation des maîtres doit donc comporter des opportunités pour que les professeurs acquièrent :

  • des attitudes positives ( perception des élèves comme des partenaires de communication et attitudes positives sur la capacité des élèves à participer au processus d’apprentissage),
  • des connaissances théoriques ( apporter aux professeurs des connaissances approfondies sur la communication en insistant sur la communication pré-linguistique, les caractéristiques de la communication avec des élèves multihandicapés et la nécessité de baser l’intervention de communication sur des contextes signifiants constituant la base d’accès et de développement du contenu) et
  • des compétences pratiques en communication pré-linguistique ( la façon d’utiliser la communication pour soutenir l’enseignement et l’apprentissage et aussi des stratégies comme la supervision de la pratique, qui aide les professeurs à réfléchir sur leur travail et à discuter des résultats).

Il n’est pas toujours facile de changer de comportements de communication pour les professeurs qui sont habitués à se servir de la parole comme principal moyen de Kaizer et Goetz, 1993). Cela exige du temps et une supervision pour apprendre à répondre aux besoins de communication de l’élève ( Janssen, 2001). Les professeurs doivent avoir, à la fin des programmes de préparation, des compétences dans l’utilisation des techniques à appliquer – y compris la capacité d’utiliser des modes alternatifs de communication - et dans la réflexion qui les conduit à mettre en question leur pratique pour l’évaluation et la modification de l’intervention à chaque fois que cela sera nécessaire.
 

Programme " Peer Mentor ", Royaume-Uni

( Programme de formation de mentors, ou conseillers, sourds-aveugles pour d’autres sourds-aveugles, leurs pairs)

Mary Guest présente ce programme et en expose les motivations, et Chris Sherlock parle des aspects formation et supervision, qui sont essentiels à sa réussite. Ce travail a été présenté au Groupe d’études sur le syndrome d’Usher à la conférence de DbI au Canada.

L’une des conséquences de la surdicécité peut être l’isolement dans la famille, sur le lieu de travail et dans la société. L’isolement et la diminution des compétences, telles que la communication, peuvent provoquer des périodes d’extrême angoisse mentale pour les personnes qui sont en train de perdre, ou ont perdu, la vue et l’ouïe. La surdicécité est rare dans l’ensemble de la population . Il n’est pas facile de rencontrer d’autres personnes qui en sont atteintes, ou des professionnels formés et expérimentés dans ce domaine.

L’idée principale du projet Peer Mentor, lancé en 2002, était de remédier à ce manque en formant des sourds-aveugles pour qu’ils puissent être équipés pour servir de mentors ou conseillers pour d’autres et permettre de réduire l’isolement et la dépression qui se produisent souvent avec la progression de la surdicécité.

Quand nous avons lancé le projet, notre but était de fournir, par le programme de formation de spécialistes, une personne capable d’écouter avec empathie, qui connaisse l’expérience du syndrome d’Usher de l’intérieur. Cette personne devrait bien connaître les différentes formes de syndrome d’Usher, pouvoir répondre aux questions générales et donner des informations. Les mentors peuvent confirmer ou préciser les connaissances et, très important, mettre la personne conseillée en contact avec d’autres qui pourraient lui apporter un soutien permanent.

Le programme de formation conçu par Chris Sherlock et Gloria Ward, qui coordonne le projet, vise à former des mentors qui vivent efficacement avec un syndrome d’Usher, et qui sont capables d’apporter une aide, pour permettre de redonner un avenir à d’autres qui peuvent l’avoir perdu, même temporairement.

Formation et supervision des mentors

La formation se fait en deux étapes. La première étape commence avec une formation à temps plein sur deux jours. L’orientation dans un nouvel environnement représente un premier défi pour les mentors – il faut qu’ils se familiarisent avec un nouveau lieu et s’y orientent et cela indique comment les éventuels futurs mentors se débrouilleront pour se déplacer afin de rencontrer une personne conseillée hors de leur environnement familier.

La présentation initiale de l’historique du projet permet aux mentors de se replacer dans le développement de l’ensemble du programme Peer Mentor.

On passe un certain temps à un brainstorming explorant la perception qu’ont les mentors du rôle de mentor par rapport à celui de simple conseiller. On établit un cadre des nombreuses facettes de la relation de mentor dans laquelle il faut un équilibre entre le " je le fais pour vous " et " vous le faites pour vous ". Le mentor est embarqué avec la personne qu’il conseille, la guidant pour répondre à son besoin particulier du moment. Le besoin peut être pratique et/ou émotionnel et la flexibilité est un don essentiel pour que les mentors progressent dans leur travail.

On donne aux mentors une opportunité d’explorer leur propre histoire du syndrome d’Usher et on les encourage à identifier leur processus douloureux personnel par jeu de rôle et échange avec leur groupe de pairs. Le processus de perte est exploré par rapport au syndrome d’Usher, pour comprendre que la douleur peut persister mais que le manque est exacerbé dans les périodes de réajustement et de crise provoquées par la nature progressive de la double perte sensorielle dans le syndrome d’Usher.

Une séance de génétique retrace pour les mentors la transmission du gène du syndrome d’Usher dans les familles.

Quand ils choisissent d’aider les autres, il est important que les mentors pensent à devenir plus forts eux-mêmes. La séance de soutien personnel permet aux mentors d’identifier leurs réseaux de soutien et d’échanger des stratégies dans le groupe.

Le " démarrage " est un autre jeu de rôle où les mentors sont invités à répéter leur première séance avec leur personne conseillée.

Deuxième étape de la formation

La 2e étape est organisée autour des centres d’intérêts qui sont apparus pour un groupe au cours de l’étape 1. Par exemple, les thèmes de famille, recherche, santé mentale et de langue des signes sont des domaines que nous avons introduits d’après les besoins des mentors.

Prenant ses sources dans la psychologie humaniste, notre formation est basée sur l’expérience et les mentors sont encouragés à échanger leurs réflexions , leurs sentiments et leurs idées entre eux. Par le jeu de rôle, tous apportent un feedback au mentor stagiaire. Cette orientation de la formation met l’apprenant au centre des processus d’apprentissage, et il y a du temps pour que l’apprentissage se fasse au fur et à mesure que les besoins émergent au sein du groupe. L’apprentissage centré sur l’élève de Rogers (1951) a la même orientation et dans notre formation, cela a fourni un forum d’apprentissage sécurisant pour que les mentors acquièrent de l’assurance dans leur travail avec leurs pairs.

Après le stage

Après la formation, on propose aux mentors une supervision de groupe , programmée sur 4-5 heures, où les mentors présentent leur travail d’assistance individuelle à leur groupe de pairs. A nouveau, chacun apporte un feedback au mentor et les questions sont reprises par un animateur – tous apprennent ensemble dans un cadre riche et en confiance.

Références :

Rogers, C.R. ( 1951) Client Centred Therapy- Boston, Houghton Mifflin.
Chris Sherlock est conseiller et superviseur d’intégration et exerce à Londres Est.
Elle a 4 enfants et sa fille, Lindsey, a un Usher de type 1.
Elle est professeur de Conseil Psychologique en formation continue.
Elle prépare actuellement un doctorat en psychologie intitulé " Vivre avec un syndrome d’Usher – qu’est-ce qui fait avancer les choses? "
Elle est consultante pour le programme Mentor et s’occupe de la formation et de la supervision des mentors.
Gloria Ward est la coordinatrice du programme Peer Mentor.
 

Vers la communication et l’intégration grâce à des activités créatives
Maria Podhajecka & Janka Sarisska

Dans cet article, les auteurs décrivent les projets de communication centrés sur des activités créatives pré-planifiées qu’ils ont mis en place avec des partenaires . Leur objectif était de créer des opportunités de communication et de créativité , et de favoriser un processus d’inclusion pour les enfants.

Le projet était un partenariat entre le pensionnat évangélique pour enfants sourds-aveugles de Cervenica, la faculté de pédagogie de l’université de Prestov, un fabricant de jouets: VHV, et une école maternelle de Prestov. Il a été réalisé sur 30 mois.

Commencer par la communication sociale

La communication se fait dans divers domaines de l’activité humaine. Mais notre principale préoccupation est la communication sociale, qui est la relation entre les gens et la transmission d’informations entre eux. La communication pédagogique est une partie spéciale de la communication sociale.

La communication, suivant les objectifs pédagogiques, permet d’accroître l’efficacité de l’éducation. Dans la communication pédagogique, l’information passe par des moyens verbaux et non verbaux. La communication pédagogique a ses dimensions spatio-temporelles et est un phénomène multidimensionnel. Selon Gavora et al., il y a trois niveaux fondamentaux : contextuel, affectif et régulateur.

Dans chaque aspect de la communication qui a été examiné dans le cadre de ce projet, il y a trois composants élémentaires :

  1. la source – un communicateur
  2. la destination – un communiquant, un récepteur
  3. le processus d’informer – un communiqué

Un canal créée un moyen pour que l’information passe entre celui qui la donne et celui qui la reçoit. Dans nos projets, les canaux essentiels pour la communication interpersonnelle étaient : le toucher, le regard, l’expression du visage, les mimiques, le son, les signes, le mouvement et les gestes.

L’étude

L’étude comprenait un partenariat entre l’école, l’entreprise de jouets, une école maternelle et l’université de Prestov. Les partenaires s’engageaient à mettre à profit la communication, de l’intégration et de la socialisation pour soutenir les enfants sourds-aveugles dans un environnement nouveau et inconnu. Et les projets étaient centrés sur le développement de la personnalité de l’enfant sourd-aveugle par des activités de " travail ".

Notre objectif était de :

permettre aux enfants et jeunes sourds-aveugles de connaître de nouveaux environnements où avaient lieu les activités
permettre aux enfants sourds-aveugles de rencontrer d’autres gens dans un environnement professionnel
informer ceux qui coopéraient avec nous des réalités de la surdicécité
encourager les sourds-aveugles à communiquer et développer la prise de conscience
améliorer le vocabulaire des sourds-aveugles pendant les activités créatives
améliorer et développer les capacités, les connaissances, la communication et les aptitudes au travail créatif.

Pour la préparation du projet, nous avons fait un énorme travail pour nous assurer que nos objectifs étaient réalistes et que nous pouvions obtenir des résultats.

Les projets

1ere partie – Production de jouets en bois et en tissu

Avec nos partenaires de l’entreprise de jouets, des collègues de l’école et deux de nos élèves les plus grands, nous avons commencé à exécuter nos plans !

Explication du processus

Le personnel de l’entreprise de jouets a démontré le processus de travail et nous avons expliqué aux élèves qu’après que la production des jouets soit terminée, nous allions les leur montrer à l’école, à la maison, puis les leur donner comme cadeaux pour les enfants de l’école maternelle. Durant l’année scolaire, nous nous servions de ces jouets pour une activité éducative, pour que les élèves comprennent à quoi servaient les jouets nouvellement produits. Ceci étant bien compris, nous sommes passés à la production !

Comment nous avons fait

Les élèves sont allés à l’entreprise VHV toutes les semaines à jours et heurs fixes. Ils étaient conduits par une employée de l’entreprise qui avait quelque expérience de l’enseignement. Chaque semaine, elle préparait le travail pour deux élèves et ensuite ils participaient à la production de jouets – du début à la fin ! Pour faire un ours en peluche, par exemple, la production commençait en découpant les pièces d’un patron en papier et en les posant sur le tissu. D’abord, ils dessinaient une forme, puis ils la découpaient. Les pièces devaient ensuite être cousues ensemble à la machine. Là, les élèves aient besoin de l’aide d’un machiniste de l’entreprise qui assemblait les pièces pur eux. Natalia et Peter, nos élèves, regardaient. Puis, il fallait rembourrer, coudre à la main, coller les yeux, le nez, la bouche et enfin attacher un gros ruban autour du cou de l’ours ! Tante Jana, comme les enfants appelaient l’employée de l’entreprise, préparait les étapes de travail personnelles pour Natalia et Peter avec beaucoup d’enthousiasme. Et les élèves étaient heureux de venir chaque semaine dans l’entreprise pour essayer ce qu’ils apprenaient à l’école. Bien sûr, un éducateur de l’école pour sourds-aveugles était toujours présent pour assurer que les élèves comprenaient bien tout le processus de travail et ne se blessaient pas. Les élèves ont apporté les produits finis à l’école et les ont montré fièrement à tous les employés de l’école. Ils les ont aussi emportés à la maison pour les montrer à leurs parents et à leurs frères et soeurs. A la fin de l’année scolaire, ils avaient faits différentes sortes de jouets : des marionnettes, des animaux en peluche comme un ours, un renard, un agneau, une grenouille ; des fruits en tissu ; des cubes, des dominos, des jeux d’assemblage en bois, qu’ils ont pu offrir en cadeau.

Offrir les jouets à l’école maternelle

Un jour, Natalia et Peter ainsi que leurs camarades sont allés à l’école maternelle de la rue Zemplinska à Prestov pour donner les jouets aux enfants.

Il y a 26 écoles maternelles à Prestov, mais celle que nous avons choisie est une école d’application de l’université de six classes avec 22 enfants par classe. Nous avons rendu visite aux enfants et aux enseignants dans l’une de ces classes. C’était la première fois que nos élèves faisaient cela !

Le directeur de l’école maternelle nous a accueillis et a présenté les élèves sourds-aveugles aux jeunes enfants. Nos élèves utilisent les signes au lieu des mots et chacun a un signe spécial en guise de nom ! C’est ainsi qu’ils se sont présentés, en signant leur nom. Les enfants de maternelle étaient très attentifs et certains ont même pu reproduire les signes. Après avoir " testé " l’audition des sourds-aveugles en criant fort, ils ont été encore plus attentifs. Les enfants de l’école maternelle et les élèves de Cervenica se sont très bien entendus !

2e partie – Rencontrer les enfants et leur offrir les jouets

Natalia et Peter leur ont expliqué en signes comment ils travaillaient et fabriquaient les jouets. Ils ont mimé la coupe, la couture, le rembourrage, le collage etc. Puis ils ont distribué tous les jouets aux enfants. L’offre et l’acceptation des jouets étaient très spontanées et il n’y avait pas de barrière de communication entre les enfants. Natalia et Peter étaient heureux d’offrir et ne cachaient pas leur joie d’avoir fabriqué ces nouveaux jouets. Beaucoup d’enfants de maternelle ont fait le signe " merci " pour que Natalia et Peter les comprennent. Après les cadeaux, les élèves de Cervenica se sont levés et ont interprété un chant traditionnel, mais au lieu de leurs voix, ils se sont servi de leurs mains ! Une institutrice de l’école maternelle a chanté à leur place ! Les enfants de maternelle ont aimé chanter avec les mains et ils ont essayé aussi. Enfin, ils ont fait tous ensemble un jeu de mouvements avec danse et musique tous en rond et accompagnés à la guitare. C’était une grande et joyeuse compagnie qui pourrait servir d’exemple à tous les adultes ! Il n’y a aucune barrière qui ne puisse être surmontée pour arriver à la joie et la compréhension mutuelles. Et ces enfants y sont arrivés.

3e partie – Transfert de compétences

La dernière partie de projet était consacrée à la mise en application des compétences et du savoir acquis par les élèves pendant leurs activités de travail. Cette fois, les enfants ont travaillé avec des étudiants de l’université et leurs professeurs.

Comme précédemment, il y a eu une phase de préparation avec les étudiants et l’équipe de l’université qui avaient étudié la surdicécité et le travail avec des élèves sourds-aveugles. Nous leur avons communiqué notre livre  " Une fille qui voyait par le toucher et entendait avec le cœur " ( 2000) pour leur permettre d’avoir quelques aperçus.

Après cette préparation, l’université a établi un plan d’activités créatives pour les élèves de Cervenica.

Pour réaliser leurs objectifs, ils ont acheté du matériel, des outils, des instruments, et installé un atelier à la faculté. Ils voulaient fabriquer des porte-clé en cuir, des tableaux en bois pour accrocher les clés, des plâtres, des cadres en bois, des pots de fleurs avec des céramiques, des personnages de Noël, des décorations de Noël, des dessins et des gravures. Au début, ce n’était pas facile pour les étudiants de se retrouver face à face avec les élèves sourds-aveugles. Un étudiant en pédagogie sourd qui étudiait les problèmes d’apprentissage a aussi rejoint le projet. Il communiquait avec les élèves en langue des signes.

Chaque élève avait une approche personnelle pour travailler . Les étudiants s’y sont tellement intéressés que peu à peu ils sont venus participer aux activités des camps de vacances pour les enfants sourds-aveugles et leurs familles.

Souvenirs d’une réussite

Des vidéos ont été réalisées pour illustrer le projet et grâce à ces vidéos, on a permis aux enfants de se souvenir des activités qu’ils avaient eues dans le cadre de ce projet. A l’aide des vidéos, nous parlons des étapes individuelles du processus de travail à la suite de quoi, au bout d’un certain temps, ils revivent à nouveau la joie du travail accompli.

Conclusion

Tous ceux qui ont participé au projet sont entrés dans une communication qui a apporté la dimension d’une nouvelle lumière dans leurs vies. Cette " lumière de la communication " était différente pour chacun. Chacun s’est enrichi différemment, mais surtout humainement !

Dr Maria Podhajecka, PhD.
Université de Prešov
ul.17 novembra 15
080 78 Prešov Slovaquie Email :
marpo@unipo.sk
Mgr Janka Šarišska
Ecole évangéliste pour sourds-aveugles
082 07 Cervenica 114
Slovaquie
Email :
evphsd@vadium.sk


Travailler ensemble : une association de sourds et des sourds-aveugles
par Nataly Kremneva

IL y a 5 ans une nouvelle association s’est crée à Moscou – " Protection des personnes atteintes du syndrome d’Usher et sourdes-aveugles( enfants et adultes) – " Usher Forum ". Les adultes sourds-aveugles et atteints du syndrome d’Usher, les membres de leurs familles, les professionnels et les parents étaient co-fondateurs de cette association. Le principal but de l’organisation est de créer un réseau de services pour les sourds-aveugles et leurs familles. Dès le départ, Usher Forum a eu des relations très étroites avec l’Association des Sourds de Moscou.

Nous pensons que l’expérience de leur coopération pourrait servir aux organisations pour sourds-aveugles qui démarrent. Les résultats acquis par ces groupes travaillant ensemble sont décrits ci-dessous en deux parties : aide aux familles et aux personnes et campagnes auprès des autorités locales et nationales.

Aide aux sourds-aveugles et à leurs familles

Ce que nous offrons :

  • Services d’interprétation et de guidance : Usher Forum forme des guides-communicateurs qui permettent aux sourds-aveugles de participer aux réunions du Club de Communication et autres activités. Grâce à la coopération avec l’Association des Sourds de Moscou, les moscovites sourds-aveugles – membres de cette association – ont le droit d’utiliser gratuitement les services d’interprètes professionnels en langue des signes ;
  • Aides techniques pour la rééducation : L’Association des Sourds de Moscou fournit aux sourds-aveugles membres de cette association des aides techniques – systèmes de communication pour sourds – différents systèmes de vibrateurs et de signaux ;
  • Informations sur le syndrome d’Usher et la surdicécité : Usher Forum a publié un bulletin sur les problèmes des personnes sourdes-aveugles et atteintes du syndrome d’Usher et d’autres matériels d’information sur les problèmes de la surdicécité. Ces matériels sont distribués aux activistes sourds de l’Association ;
  • Projets de partenariat : Usher Forum, avec les activistes de l’Association des Sourds de Moscou, ont commencé à élaborer un nouveau programme avec des " Mentors " - des sourds-aveugles qui en aident d’autres. Le but est de diminuer l’isolement ressenti par ces personnes.

Informer la société et les autorités sur les problèmes des sourds-aveugles

Ce que nous offrons :

  • Travail avec les autorités de Moscou et de la région : l’Association des Sourds de Moscou avec Usher Forum élabore des propositions aux autorités de Moscou sur les problèmes de la rééducation des personnes ayant des handicaps de l’ouïe et de la vue.
  • Activités communes : Les activistes sourds-aveugles participent et font des interventions aux conférences et séminaires de l’Association des Sourds de Moscou et à la Semaine annuelle des Sourds de Moscou ;
  • Echanges avec les sourds-aveugles des autres régions russes : Répondant à la demande d’Usher Forum, les dirigeants de l’Association des Sourds de Moscou rencontrent des activistes sourds-aveugles d’autres régions de Russie, et leur parlent du partenariat de l’association avec le gouvernement de Moscou dans le domaine de la rééducation des personnes déficientes sensorielles ;
  • Projets internationaux : Entre 2001 et 2003, Usher Forum a établi un partenariat russo-britannique ayant pour but le développement de services pour sourds-aveugles en Russie. Dans le cadre de ce projet, Usher Forum a travaillé dans trois régions de Russie : Moscou, Ufa et St Petersbourg. Divers séminaires et stages de formation sur les problèmes des sourds-aveugles ainsi que des campagnes d’information ont eu lieu pendant cette période. Les activistes des associations de sourds de ces régions ont été invités à participer à toutes ces activités. Nous sommes heureux de vous apprendre que suite à ce travail, une nouvelle association d’aide aux sourds-aveugles a été fondée à Ufa. Elle s’appelle OMAT – " espoir " en langue Bashkir ;
  • Informer la société : Usher Forum publie régulièrement du matériel sur ses activités, le syndrome d’Usher et les problèmes des sourds-aveugles, dans le journal " Le Monde des Sourds " qui est publié par l’Association des Sourds de Moscou.

Dans les différentes régions de Russie, les sourds-aveugles deviennent plus actifs. Plus de gens s’engagent dans les campagnes pour les droits des sourds-aveugles. Les sourds russes qui perdent la vue connaissent de nombreux problèmes. D’abord, il y a le problème d’apprendre la langue des signes tactile . En Russie, ce mode de communication est pratiquement inconnu. Par ailleurs, nous avons besoin d’expérience pour créer des centres d’éducation et de rééducation pour les jeunes. Nous avons besoin d’expérience pour organiser des formations professionnelles et des emplois pour les sourds-aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin de contacts avec nos collègues internationaux, pour faire des échanges et des partenariats.

Quelques mots sur moi : j’ai un syndrome d’Usher. J’ai perdu la vue et l’ouïe progressivement . J’ai fait mes études à l’université Lomonosov de Moscou et j’ai un diplôme en histoire. IL y a 12 ans, je suis devenue sourde et pratiquement aveugle. J’ai travaillé pour l’association pendant de nombreuses années, et maintenant je suis un des membres fondateurs de l’association Usher Forum, et présidente du groupe local de personnes sourdes-aveugles et atteintes du syndrome d’Usher dans l’Association des Sourds de Moscou.

Nataly Kremneva
Usher Forum
Moscou, Russie
irv@child.ru
ivsal@mail.ru

Loi morale naturelle et droit des sourds-aveugles au service de guides-interprètes
par Jan Jakes, président de VIA, l’association des sourds-aveugles, et enseignant vacataire au Département d’Education Spéciale de l’université Charles de Prague.

Pourquoi les sourds-aveugles ont-ils besoin des services de guides-interprètes ?

L’aptitude des gens à mener une vie heureuse est conditionnée par leur capacité d’interaction avec leur environnement. Pour avoir une interaction avec leur environnement, il faut que les gens entendent et voient. 94% des informations reçues par une personne sur l’environnement passent par les sens de la vue et de l’ouïe. Mais une personne totalement sourde-aveugle ne peut pas obtenir ces 94% ; elle ne dispose que de 6% des informations qui sont obtenues par les sens restants, en particulier par le toucher. Un sourd-aveugle perd ainsi une chance d’interaction active et efficace avec son environnement. Une perte aussi importante peut être allégée en partie avec l’aide d’une autre personne, voyante et entendante et qui sait comment transmettre les informations obtenues aux sourds-aveugles. Cette personne est le guide-interprète.

Les sourds-aveugles sont comme des étrangers dans un pays inconnu couvert de brouillard. Pour survivre, il leur faut un guide-interprète qui connaît bien le pays et qui va les aider à se faire comprendre des habitants. La tâche du guide-interprète est de :

  • guider le sourd-aveugle dans l’environnement ;
  • interpréter et familiariser le sourd-aveugle avec la forme et la structure d e l’environnement ;
  • amener le sourd-aveugle vers les gens qui partagent cet environnement avec lui ;
  • interpréter pour le sourd-aveugle le contenu des messages pendant les communications avec les gens de son environnement.

Posons une question : à quoi ressemble le monde immédiat qui nous entoure, que nous appelons environnement, et dans lequel les sourds-aveugles s’aventurent avec leur guide-interprète de confiance ? Et encore une autre question qui y est liée : que doit savoir le guide-interprète, de quoi doit-il être capable, afin d’être un bon guide-interprète fiable ?

L’environnement

Lorsqu’on parle de l’environnement d’une personne, on considère la complexité de tout ce qui entoure la personne. En même temps, on distingue entre le monde naturel et le monde fait par l’homme.

Le monde naturel peut en outre être divisé en :

  1. l’environnement originel de la nature non touché par l’homme et
  2. l’environnement du monde naturel modifié et exploité par l’homme.

Le monde fait par l’homme ( créé artificiellement par l’homme) peut être subdivisé en :

  1. l’environnement créé par les produits matériels de l’activité humaine, comme les maisons, villes, routes et autres choses faites et construites par l’homme, et les objets utilisés à différentes fins, par ex. pour vivre, travailler, se reposer ;
  2. l’environnement composé des liens ( réseaux, systèmes) de relations personnelles et de travail entre les gens, comme l’amitié, le mariage, la famille, l’éducation, la propriété, les conditions de travail, l’économie, la culture, et l’état ; et
  3. l’environnement composé des produits spirituels et culturels de l’activité humaine, comme le langage, la philosophie, la science, la technologie, l’art, la morale, la loi, la politique, la religion.

En se basant sur cette description simple de l’environnement, deux choses sont évidentes : combien il est difficile pour une personne sourde-aveugle de s’orienter lorsqu’elle ne peut utiliser les sens de la vue et de l’ouïe, et combien la tâche du guide-interprète de la personne sourde-aveugle est importante et complexe.

La revendication d’un service de guide-interprète par les sourds-aveugles

Le monde qui nous entoure a beaucoup d’aspects et de formes , qui se pénètrent et se recouvrent mutuellement. Il est varié, changeant, très complexe et difficile à saisir. C’est pourquoi le monde est intéressant et incite les gens à l’explorer. L’interaction avec leur environnement est un défi pour les gens . Le défi s’adresse à tous. Aux sourds-aveugles aussi ! Ce défi est la tache et le devoir de l’être humain. Donc, ce n’est pas seulement un droit humain naturel, mais un devoir, en fait, de connaître notre environnement et d’avoir des interactions avec celui-ci.

Et c’est de ce devoir humain que nous, les sourds-aveugles, nous tirons notre droit aux services d’un guide-interprète. Au cas où les capacités naturelles intrinsèques d’un individu ne lui suffisent pas pour remplir ce devoir, parce qu’elles sont limitées ou déficientes, les sentiments sociaux naturels des autres , et de la société, viennent au premier plan ; cela comprend les sentiments et comportements moraux naturels, le sens de la responsabilité et la capacité et le besoin d’aider. Ainsi, par exemple, les parents aident leurs enfants , les fils et filles adultes aident leurs parents âgés, et les gens en bonne santé aident les malades et les handicapés.

La réclamation naturelle des services d’un guide-interprète par les sourds-aveugles est basée sur au moins trois raisons. Deux sont existentielles et une est éthique :

    1. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes par la naissance des individus de l’espèce Homo Sapiens. Nous devons développer notre individualité pour devenir des personnes. Cependant, je ne peux devenir " je " qu’avec l’aide de quelques " vous ". Pour cela, il faut que nous soyons acceptés par les autres, encouragés par eux dans la réalisation de notre moi, il faut que nous soyons éduqués et aimés par eux. En d’autres termes, il faut qu’on communique avec nous. Mais la plupart des gens communiquent en se basant sur le fait qu’ils peuvent se voir et s’entendre.
    2. Nous sommes des êtres humains. C’est notre devoir d’humain de développer notre existence active dans le monde, de s’occuper des nécessités de la vie, de développer et d’achever notre humanité par la réalisation de soi . Ceci peut se faire par l’activité, par les interactions avec le monde et les gens qui nous entourent. Mais le contact d’une personne avec son environnement, c’est-à-dire avec le monde et les autres, est basé sur des informations obtenues surtout par la vue et l’ouïe.
    3. Nous sommes des êtres humains atteints de surdicécité. Nous nous débattons avec de sérieux problèmes causés par le manque d’informations visuelles et auditives. Nous avons des problèmes permanents dans nos interactions avec le monde et les gens, c’est-à-dire notre environnement. Ceci signifie que nous avons du mal à connaître le monde, à nous orienter dans le monde, à répondre aux événements autour de nous, à nous adapter à l’environnement, à obtenir une réponse à nos besoins.

Pour ces trois raisons, la réclamation des sourds-aveugles peut aussi s’exprimer par ces questions cruciales :

  1. Qui aidera les gens qui nous entourent à communiquer avec nous qui sommes sourds-aveugles ?
  2. Qui nous aidera à être en contact avec notre environnement, alors que nous sommes sourds-aveugles ?
  3. Qui nous aidera à surmonter nos difficultés, causées par la surdicécité ?

Il est triste que nous, les sourds-aveugles, ayons à rappeler ce principe naturel aux gouvernements et aux législateurs. C’est pourquoi nous devons parler avec énergie de nos besoins et de nos exigences, et aussi de notre demande d’un service de guides-interprètes. Il faut souligner que le guide-interprète est une personne dont nous avons besoin, parce qu’elle nous permet l’interaction directe avec notre environnement – ce qui signifie qu’elle nous aide à vivre en être humain dans le monde et avec les gens qui nous entourent.

Ce raisonnement s’applique à tous les services pour sourds-aveugles, pas seulement le service de guide-interprète, mais aussi les services d’assistant personnel, d’intervenant et autres !

Solution proposée

Le droit des sourds-aveugles au service d’un guide-interprète est fondé sur les lois des droits de l’homme, c’est-à-dire sur le droit individuel à vivre, le droit naturel à vivre une vie humaine dans la dignité, le droit à l’éducation, le droit d’accès à l’information, le droit de se déplacer librement et de se fixer et le droit à l’aide sociale. Les lois générales sur les droits de l’homme , c’est bien mais insuffisant. Il faut établir un environnement légal avec des règles qui garantissent le respect des besoins et exigences spécifiques des sourds-aveugles.

La législation doit comporter clairement et sans réserve :

  • une définition expliquant la surdicécité comme un handicap exceptionnel, qui provoque une situation sociale défavorable pour le sourd-aveugle, et explique le besoin de services sociaux spécifiques.
  • une loi exigeant :
  1. des services sociaux pour fournir les services de guide-interprète, d’assistant personnel, et autres services ;
  2. une garantie que les aides techniques pour sourds-aveugles sont accessibles ; et
  3. que la communication soit accessible sous la forme et dans la langue nécessitées par chaque personne sourde-aveugle.

Prague, le 30 octobre 2003
Réseau sourds-aveugles congénitaux
par Dominique Spriet, coordinatrice du réseau

Au cours de la conférence de DbI au Canada, nous avons fait le projet d’essayer de mieux nous connaître ! Il nous a semblé que nous avions besoin d’avoir plus d’informations sur ce que les autres font. Le recrutement du personnel pour travailler dans ce domaine nous intéressait tous et la première question débattue a été :comment procédons-nous pour recruter les membres de notre personnel ? Nous avons entamé un débat et différentes idées ont été présentées. J’espère donc que les lecteurs de DbI Review nous aideront en nous rejoignant et en répondant à ce bref questionnaire. Cela nous aidera à nous connaître mieux !

Contactez Dominique à : spriet.dominique@wanadoo.fr

Nom de l’organisation :

Adresse :

Pays :

Nom du responsable :

Comment fonctionnez-vous ?

Externat : oui non Internat : oui non

Foyer ouvert toute l’année : oui non

Avez-vous une obligation légale de fourniture du service pendant un certain nombre de jours, si oui, combien : Oui non

Les sourds-aveugles

Nombre : Sexe : Ages :

Niveaux d’autonomie, communication, handicaps moteurs associés, problèmes psychologiques associés, autres handicaps associés :

Activités

Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non

Rééducation

Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non

Le personnel ( équivalents temps plein) (ETP)

Nombre d’heures annuelles : Nombre total de personnel :

Nombre de personnes en contact direct avec les sourds-aveugles :

Nombre de personnel administratif :

Nombre de personnel d’entretien :

Personnel associatif , si oui combien : oui non

Bénévoles, si oui combien : oui non

Qualifications du personnel et nombre dans chaque catégorie :

 

Observations et autres questions :

 

Le groupe d’études sur le syndrome d’Usher
compte-rendu de la rencontre des 2-3 août 2003 à Mississauga, Canada, par Mary Guest

Le Groupe d’Etudes Usher ( ex groupe d’études européen sur le syndrome d’Usher) s’est réuni cette année pendant 2 jours au Canada , juste avant la 13e conférence mondiale sur la surdicécité de DbI. Le groupe se réunit tous les 2 ou 3 ans pour échanger des connaissances et des expériences sur tous les aspects du syndrome d’Usher. Pour faciliter les discussions et la communication, le nombre de participants est limité de 25 à 35. Le Groupe d’Etudes Usher est ouvert à) quiconque souhaite approfondir sa connaissance des syndromes d’Usher.

Le premier jour, nous avons examiné les implications futures de la recherche scientifique pour les familles ayant différentes formes d’Usher. Les progrès de la génétique pendant la dernière décennie ont développé la connaissance du syndrome d’Usher et des autres maladies liées à la Rétinite Pigmentaire au point que les expérimentations cliniques sur l’homme sont immanentes.

Dans son intervention, le Dr Bill Kimberling, directeur du Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital d’Omaha a confirmé que sur onze gènes connus comme causant un syndrome d’Usher, on a identifié huit. Le décodage de ces gènes a donné aux chercheurs une connaissance bien plus approfondie des causes réelles du syndrome d’Usher.

Medhi Sadeghi, du Département d’Audiologie de la Sahlgrenska Academy, à Gothenburg a parlé de deux études, l’une sur les modifications de l’ouïe dans le Usher de type 2 et l’autre comparant la vision fonctionnelle des personnes atteintes d’Usher de type 1,2 et 3. Il a insisté sur l’importance du génotype et du phénotype pour comprendre comment une forme particulière peut affecter une personne.

Dans son intervention : " Les familles acadiennes et le syndrome d’Usher ", le Dr Bronya Keats, directeur et chef du département de génétique à l’université d’état de Louisiane, décrit comment l’histoire : l’expulsion des Acadiens du Canada français vers 1750, et la géographie : la vie dans les bayous isolés de Louisiane pendant près de 2 siècles, a conduit à une forte incidence du syndrome d’Usher de type 1. Les récentes études sur le gène Usher 1C indiquent que le syndrome d’Usher peut être diagnostiqué par des tests génétiques à un stade précoce chez les enfants sourds de naissance d’origine acadienne, ce qui pourrait conduire au traitement de la Rétinite Pigmentaire avant que l’apparition des symptômes.

Connie Miles, qui organise les réunions du Boys Town National Research Hospital où les personnes atteintes du syndrome d’Usher sont informées sur " le choix en connaissance de cause ", " le consentement en connaissance de cause " et les avancées de la science dans la recherche sur la syndrome d’Usher, a terminé la première journée en parlant des manières d’utiliser l’information scientifique pour améliorer la qualité de vie des familles. Les enfants ayant eu un diagnostic précoce ont des besoins d’information particuliers. Comme les recherches cliniques deviennent une réalité pour beaucoup de familles, les besoins d’information des familles deviennent de plus en plus grands.

Au cours de notre 2e journée, Rebecca Atkinson a parlé de son passage personnel du diagnostic à la réalité de la perte de la vue dans sa vie quotidienne de documentaliste pour la radio. Cette excellente intervention qui donne à réfléchir figure aux minutes de la conférence de DbI.

Anny Koppen, directrice du Centre nordique de formation du personnel, à Dronninglund, nous a rendu un peu jaloux lorsqu’elle a parlé des connaissances et du perfectionnement des familles recevant des services. Les professionnels des Pays Nordiques doivent se tenir au courant de la technologie, des modifications légales et de l’autodétermination pour les personnes atteintes d’Usher et ont besoin de formation en cours d’emploi régulière.

Irina Salomatina, qui dirige l’association Usher Forum en Russie, a décrit le programme d’activités sociales, visites de musées, restaurants, excursions à la campagne, qui apporte aux sourds-aveugles et guides-interprètes de nouvelles expériences et beaucoup de distractions. Tout cela a été réalisé malgré les bouleversements politiques et économiques de la dernière décennie, ce qui nous a fait admirer la ténacité des membres d’Usher Forum en Russie.

Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher ont une expérience exceptionnelle qui, avec une formation et un soutien, peut être mise au service des autres atteints d’un Usher . En 2000, Sense a lancé le programme Peer Mentor au Royaume Uni, qui a montré comment en formant des personnes atteintes d’Usher au rôle de mentor, on pouvait éviter des vies improductives, des dépressions, et donner une nouvelle orientation et un sens de leur propre valeur à la fois à l’utilisateur du service et au mentor. " La formation et la supervision des mentors ", article de Chris Sherlock, est publié dans ce numéro de la revue de DbI.

Les résultats d’une étude exposée par Liz Cook sur 67 personnes dans 6 pays d’Europe, concluent que malgré les différences géographiques et nationales, les besoins des familles Usher étaient similaires. Après avoir rencontré des collègues des quatre continents à ce groupe d’études Usher, nous nous sommes rendu compte que les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et leurs familles font face aux mêmes difficultés où qu’elles vivent.

Enfin, Joseph Morrissey, du Kenya, a interpellé tout le groupe avec sa description de la situation des sourds-aveugles en Afrique, où la rubéole est encore une cause importante d surdicécité. Il a demandé que plus d’informations et d’expertise sur le syndrome d’Usher soient envoyées en Afrique , ce à quoi nous sommes tout à fait disposés à répondre.

P.S. : Mary Guest a reçu le Distinguished Service Award de DbI pour sa contribution exceptionnelle dans ce domaine ( note de la rédaction)

Le réseau des frères et sœurs

Depuis la création du réseau des frères et sœurs en mai , la question la plus fréquemment posée a été : pourquoi un réseau des frères et sœurs ? La réponse en bref est que les frères et sœurs jouent un rôle très important dans la vie de leurs frères et sœurs sourds-aveugles, mais que les professionnels qui travaillent avec les sourds-aveugles et leurs familles ne le reconnaissent pas toujours. Quelquefois, même mes parents ne le remarquent pas, car beaucoup de ce que font les frères et sœurs est considéré comme "  donner un coup de main quand c’est nécessaire ". Mais grandir avec un frère ou une soeur sourds-aveugles est différent, et pour la plupart des frères et sœurs , cela aura un énorme impact sur leur vie.

Je suis en contact maintenant avec un petit groupe, toutes des sœurs , venant d’Autriche, du Canada, d’Italie, de Hollande, de Pologne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Je suis allée à la conférence mondiale de DbI au Canada, où j’ai pu parler avec beaucoup de professionnels et de parents. Ces discussions, toutes très positives, n’ont fait que confirmer le besoin d’un réseau et ont montré qu’il restait beaucoup de travail à faire. Il faut mieux faire connaître la situation des frères et sœurs .

En outre, je peux annoncer la Soirée nationale des frères et sœurs  en Hollande à la fin mars 2004, qui sera organisée avec Viataal. D’après cette première rencontre, nous déciderons comment continuer en Hollande.

Pour tout renseignement complémentaire, on peut me contacter par Email : siblingsnetwork@gmx.net

Sabine Kersten

Réseau Surdicécité Acquise (ADBN)

Depuis le dernier numéro de DbI Review, la date du prochain séminaire international a été fixée au 6 –10 octobre 2004 à Londres. Un lieu prestigieux au centre de Londres a été retenu pour satisfaire à toutes les exigences en termes de salles de conférences pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes, en tenant compte des exigences d’accès pour les personnes sourdes-aveugles et handicapées.

Le titre du séminaire est : "  Espérances, opportunités et possibilités " - étude des relations entre les gens dans le monde de la surdicécité acquise.

Une première annonce du séminaire a été faite comme prévu à la conférence mondiale de Toronto en août. Le réseau ADBN a tenu une journée de réseau réussie lors de la conférence, qui a attiré plus de 30 personnes. La discussion a porté sur les retombées du dernier séminaire de Zurich en 2002, et la liaison avec le prochain en 2004.

Le groupe de coordination d’ADBN se réunira à Londres fin octobre pour commencer le planning détaillé du programme du séminaire. Nous serions heureux de recevoir des projets de présentation d’interventions ou d’ateliers. Nos coordonnées pour nous contacter figurent plus loin dans la revue avec l’annonce du séminaire d’octobre 2004.

 

Réseau européen syndrome d’Usher ( EUSN)

Après les réunions du réseau à la conférence CAUSE en mars et l’intervention sur l’EUSN à la conférence de DbI en août, nous avons le plaisir d’annoncer que le nombre des membres de l’EUSN est passé de 18 à 52. Ceci comprend des gens venant du Canada et d’Israël, comme de plusieurs pays européens. La majorité des nouveaux membres ont un Usher.

Peter Palmer a abandonné la présidence de l’EUSN parce que ses obligations familiales se sont accrues récemment. Au nom de l’EUSN , je voudrais remercier Peter pour son intérêt pour l’EUSN et son travail des six dernières années.

Le cadre de l’EUSN est en discussion actuellement. La nouvelle présidente intérimaire est Carol Brill Doran, qui est toujours secrétaire et représentante de l’EUSN au Conseil de DbI. Marylin Kilsby reste trésorière intérimaire. Nous espérons organiser des élections dans les six prochains mois. Il va y avoir du changement, lisez les prochains articles !

Marylin Kilsby
Coordinatrice nationale Usher

EDbN : Réseau Sourd-Aveugle Européen

Le groupe de pilotage du réseau s’est réuni à Londres en mars 2003. C’était la première réunion afin de mettre au point une nouvelle stratégie EDbN de se consacrer en priorité aux problèmes clé pour les familles.

Depuis, tous les membres ont contribué aux objectifs convenus :

Campagnes ( conduites par Sense). Travail sur deux fronts :

  1. Reconnaissance de la surdicécité au niveau européen : nous entendons faire pression sur les membres du Parlement européen pendant le premier trimestre 2004. Pour plus de détails, lire l’article de Lucy Drescher dans ce numéro.
  2. Santé : pour étudier les questions de santé associées aux maladies rares provoquant la surdicécité, et pour diffuser les informations qui conduiront à de meilleures perspectives de santé pour les sourds-aveugles ; une demande a été faite auprès de la Commission européenne pour financer ce projet.

Coordination du réseau ( par Ursula Heinemann). Coordination des domaines d’intérêt avec DbI, dans le but de diffuser l’information et de stimuler la participation.

Systèmes de communication de l’EDbN. Le E-groupe de l’EDbN fonctionne comme liste de diffusion et permet aux membres d’avoir accès aux fichiers et données. Plusieurs membres ont pu faire des études sur différents sujets d’intérêt général. Un nouvel E-groupe a été créé et est ouvert à tous pour recevoir le bulletin et les nouvelles. Le site web officiel reste : www.edbn.org.

Contacts ( avec EDF et le WFDB) : Wolfgang Angermann nous a informé sur tous les projets de l’EDF.

A la 13e conférence de DbI au Canada, Ricard Lopez a été nommé membre du Conseil de DbI comme représentant de l’EDbN, et a pris part à la réunion du nouveau conseil, présidé par William Green, le nouveau président. Le réseau profite de l’occasion pour remercier nos amis de la CDBRA pour leur excellente organisation et leur amitié.

Nous attendons la prochaine réunion de l’EDbN en juin 2004 dans le cadre de la rencontre des familles " Listen to me 2 " au Danemark.

Ricard Lopez
Talking3@teleline.es
Catalogne & Espagne

Lancement du réseau mondial de parents de sourds-aveugles

A la 13e conférence de DbI au Canada, j’ai parlé devant le groupe " Famille " du " réseau mondial de parents et familles de sourds-aveugles ". Suite aux conversations qui ont suivi, la création d’un réseau pour les parents et les familles au niveau mondial a été approuvée. La demande d’autorisation d’un tel réseau a déjà été faite auprès de DbI et actuellement l’infrastructure est en création.

Quelles sont les raisons qui nous ont convaincus de la nécessité de cette étape ? Voici un résumé de mon intervention qui passe en revue ces motivations.

Notre identité en tant que parents et familles de personnes sourdes-aveugles

En tant que parents, familles, nous ressentons dans notre coeur le besoin de travailler pour le présent et l’avenir de tous les enfants, les nôtres et ceux des autres familles. Beaucoup d’entre nous ont appris qu’il est nécessaire d’être présent partout où il y a des discussions sur nos enfants et sur nous. Nous ne devons pas laisser cette responsabilité à d’autres, mais nous devons l’accepter ou la partager , à tout prix. Si nous ne sommes pas présents à ces réunions, les décisions qui y sont prises ne répondent pas à nos besoins réels.

Les familles doivent assurer tous les besoins de nos enfants, mais nous devons faire face à un manque de ressources de toutes sortes. Il faut que les programmes conçus pour s’occuper du sourd-aveugle incluent le soutien dont la famille a besoin. Souvent la famille doit assumer des responsabilités excessives pour réussir à faire entrer leur fils ou leur fille sourds-aveugles dans une école ou un programme. C’est particulièrement dur d’être les parents d’un fils ou d’une fille avec une surdicécité congénitale et/ou avec des handicaps associés. Il y a beaucoup de familles qui doivent faire face à ce challenge. Des problèmes d’identification se posent : est-ce la surdicécité ou non ? Dans plusieurs pays, les gens ne sont identifiés comme sourds-aveugles que si les ressources correspondantes existent ou s’il y a la volonté de les traiter comme tels. Autrement, ils sont classés comme multihandicapés ou retardés mentaux, et on ne se pose plus le problème.

Parfois, les professionnels nous posent des questions sur nos besoins et nous ne savons pas comment répondre, parce que nous avons tellement l’habitude de ne pas penser à nous. Nous n’avons pas non plus la formation nécessaire pour aborder cette question.

Pour ces raisons, entre autres, il est impératif que nous, parents et familles, acceptions notre identité et travaillions ensemble à définir les problèmes dans toutes leurs dimensions, et travaillions avec tous ceux qui travaillent à les résoudre. Personnellement, je trouve souhaitable que ce travail soit fait en coopération avec les professionnels et les sourds-aveugles qui ont la volonté de relever ce défi.

La situation des familles de sourds-aveugles

Les familles d’enfants sourds-aveugles ( en particulier de sourds-aveugles de naissance ou avec des handicaps associés) ont des problèmes de représentation. Nous nous trouvons inclus dans des programmes conçus par des gens qui n’ont qu’une vue partielle ou conditionnelle de nos problèmes. Nous ne participons pas à l’élaboration des programmes ; nous jouons seulement un rôle passif dans quelques services.

Que faisons-nous ?

Mise en place d’un réseau, dans le but de :

  • Echanger des informations
  • Coordonner les activités dans le réseau et faire un groupe de pression
  • Former des dirigeants des parents ayant la capacité de coopérer avec les professionnels et de donner suite à l’application des programmes.
  • Coopérer avec DbI. il est important que DbI puisse consacrer une partie de ses efforts à concevoir des programmes pour les familles et qu’à toutes les conférences de DbI des familles soient présentes pour que notre voix soit entendue. Nous nous rendons compte que l’organisation de séjours pour les familles lors des conférences mondiales est très compliquée, mais la participation des familles est nécessaire, autrement ces conférences sont essentiellement pour l ‘élite.
  • Avoir la capacité de représentation. Les professionnels ont des organisations et des activités pour les représenter. Un certain nombre de personnes sourdes-aveugles ont la capacité de se représenter et ont créé, ou sont en train de créer, des organisations et des activités à elles. Les seuls qui sont laissés en dehors , c’est nous – les parents et les familles, avec nos enfants – sans capacité de représentation. Il faut prendre conscience que cette tendance doit changer. La majorité des familles ne peuvent pas se réunir. Leurs vies ne leur en donnent pas l’opportunité, mais quelques uns parmi nous ont pu avoir quelque formation, et nous sommes conscients des besoins et des opportunités.

Comment pensons-nous faire avancer les choses ?

Quiconque est intéressé peut s’inscrire pour adhérer à ce réseau à talking3@teleline.es.

Nous avons besoin que tous les parents et représentants d’enfants et d’adultes sourds-aveugles s’inscrivent comme parents contacts.

  1. Les parents contacts communiqueront entre eux par Email ( dans le cadre d’une liste de diffusion spéciale)
  2. Les personnes inscrites feront le lien entre eux et d’autres parents et représentants
  3. Tous les inscrits auront accès à tous les documents de travail d’un site web
  4. Un bulletin trimestriel sera envoyé pour parler du travail fait pendant cette période
  5. Les langues officielles seront l’Anglais et l’Espagnol.

Ricard Lopez, père de Clara ( 11 ans, sourde-aveugle de naissance)

talking3@teleline.es
APSOCECAT Association catalane pour les sourds-aveugles
www.xarxabcn.net/apsocecat
APASCIDE Association espagnole de parents de sourds-aveugles
www.apascide.org
EDbN Réseau européen des sourds-aveugles
www.edbn.org
DbI
www.deafblindinternational.org

Réseau CHARGE

La réunion CHARGE à la conférence mondiale de Toronto a été largement suivie , la salle était pleine à craquer et beaucoup de familles étaient présentes. La journée a commencé par une introduction merveilleusement claire et sensible de Nancy Hartshorne, parent elle-même. Après cela, la discussion et les questions se sont librement succédées, chacun y prenant une part active. David Brown, Tim Hartshorne, Ann Gloyn et le Dr Kim Blake étaient présents, et en plus ils avaient tous une intervention au programme de la conférence.

Dans la partie administration, il a été question de la démission de David Levey comme coordinateur de réseau. Après plusieurs années à ce poste, David pensait qu’il était temps de changer, mais il restera un membre actif du réseau.

On a pris la décision de créer un petit groupe chargé d’administrer le réseau. Ce qui est plus important, il y aura un Email listserv pour le réseau, avec David Brown comme secrétaire. Le principal objet en sera l’information et les questions sur les pratiques et la recherche. L’orientation sera plus " professionnelle ". C’est différent du listserv CHARGE actuel, qui est plus " échange entre parents ". Mais quiconque souhaite savoir plus de choses sur le syndrome de CHARGE peut s ‘inscrire. La liste des membres servira aussi pour planifier les rencontres et les réunions CHARGE qui se tiendront lors des conférences européennes et mondiales.

Réseau Communication Tactile
par Bernadette van den Tillaart

Les membres du réseau ont été très actifs. L’année dernière nous nous sommes réunis 3 fois. En décembre 2002, nous nous sommes rencontrés en Norvège, où Knut Johansen, Directeur du Centre pour sourds-aveugles d’Andebu a accueilli notre réseau.

La principale question ( qui avait été posée avant) était : " Comment les personnes sourdes-aveugles congénitales développent-elles des concepts sociaux par le mode tactile ? "

En août 2003, à la conférence de DbI à Toronto, nous avons échangé nos premières idées et vidéos avec les nombreux participants de la réunion du réseau. Leur contribution a été très fructueuse. En octobre dernier, le réseau a été reçu par Erika Steiger, directrice du Zentrum Tanne of Die Zweiserische Stiftung fur Taubblinde. Les réunions de l’année dernière ont conduit aux réflexions suivantes :

Nous nous intéressons à la façon dont les sourds-aveugles construisent tactilement des concepts sociaux . Nous espérons que comprendre cela nous permettra d’élargir nos concepts sociaux grâce à l’apport enrichissant des sourds-aveugles. D’autre part, cela peut nous permettre de partager nos concepts sociaux avec les sourds-aveugles, pour que nos concepts leur apportent enrichissement et soutien dans leur vie.

Nous supposons que l’attention tactile mutuelle – toucher et explorer des choses ensemble et expérimenter des mouvements du corps ensemble – affecte les concepts qu’un enfant sourd-aveugle a du monde matériel et social qui l’entoure , et vice versa : le monde matériel dans lequel nous nous trouvons avec la personne sourde-aveugle ( et/ou que nous créons avec elle) affecte nos expériences sociales communes.

Nous invitons les membres de DbI à nous faire part des idées et expériences qui peuvent contribuer à cette tentative d’exploration du monde tactile des sourds-aveugles. Voici quelques questions qui peuvent inspirer votre réflexion :

Avez-vous établi des représentations ( dessinées ou mentales) de ce à quoi l’expérience qu’un sourd-aveugle a de son monde matériel et social ( récit, histoire) peut ressembler de son point de vue ? Ou – si vous êtes sourd-aveugle – pouvez-vous établir une telle représentation de votre propre expérience dans le monde qui vous entoure ?

Pour un jeune enfant , a-t-il une image mentale de la dimension de son monde tactile (corporel, social), ou de sa dimension au-delà de son propre corps ? Cela peut-il être représenté sur un schéma qui peut être signifiant pour les autres ?

Merci de nous envoyer toutes les réflexions, dessins, schémas, photos, ou vidéos qui peuvent nous aider dans notre réflexion.

Le réseau Communication Tactile espère se réunir à nouveau au printemps.

Email : bernadettevandentillaart@tiscalimail.nl

Slovaquie et Ukraine : Partenariat avec l’Ukraine !
Janka Sarisska et Maria Podhajecka racontent le début d’un intéressant partenariat par delà les frontières

L’internat pour enfants sourds-aveugles de Cervenica en Slovaquie a élaboré un nouveau projet avec l’internat pour enfants sourds d’Uzhgorod en Ukraine. Le titre en est : Partenariat pour l’amélioration des services pour les sourds-aveugles en Ukraine. Les auteurs du projet sont Maria Podhajecka de l’université de Prestov et Janka Sarisska, directrice de l’école pour sourds-aveugles de Cervenica.

Le projet se développera :

  • par l’échange d’informations et de méthodes pratiques et le transfert d’expérience. Son objectif est d’améliorer les services pour les sourds-aveugles et leurs familles ainsi que d’améliorer leur intégration sociale. Le travail de Slovaquie concernera tous les sourds-aveugles, mais plus particulièrement les jeunes, les parents, les autorités locales et gouvernementales etc. Une attention particulière sera apportée à l’égalité des chances et des sex