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Juillet - décembre 2002
DbI Review
Le Magazine International des Sourds-AveuglesSOMMAIRE
SmartBo - une maison " intelligente " pour handicapés
Gerhard Elger
Intégration sensorielle
Gail Deuce
Objets de référence Marleen
Janssen
Promenade en Russie Irene
Salomatina
Unité spécialisée pour enfants sourds-aveugles en Grèce
Menelaos Tsaoussis
Personnalités
Bob et Michelle Smithdas
Anneke Balder
Evolution en Inde Akhil Paul
Arts plastiques
Bronze à toucher Argyro
Kondtandinidou
Nouvelles régionales
Amérique latine
Slovaquie
Australie
République tchèque
Kazakhstan
Roumanie
Suède
Inde
Nouvelles des réseaux
Conférences
Nouvelles de l’administration
Message du président
Aujourd’hui aux USA, nous sommes au lendemain de Thanksgiving et la plupart des Américains se remettent de s’être goinfrés de dinde et de tout ce qui va avec, chose que nous faisons tous les ans au nom de l’action de grâce. Toute plaisanterie mise à part, c’est le jour de congé favori de la plupart des Américains parce que nous pouvons nous arrêter et réfléchir au moins une journée à toutes les choses pour lesquelles nous devrions rendre grâce: nos amis, nos familles, notre travail, notre santé et notre bien-être. Ce jour n’a pas la grandiloquence de la fête de l’Indépendance ni la frénésie anticipatoire que Noël semble apporter. C’est un jour de festin, de remerciement, de tranquillité en famille, et de réflexion.
Notre famille sourde-aveugle a aussi beaucoup de choses dont elle peut rendre grâce. Nous avons un merveilleux organe de direction en la personne de notre Comité Directeur , et un Conseil très actif. Ces personnes sont extrêmement généreuses de leur temps, afin de garantir que nous soyons une organisation professionnelle viable. Nous avons aussi un excellent bulletin d’information, qui soutient la comparaison avec n’importe quelle publication mondiale de n’importe quelle organisation de handicapés. Merci à notre rédactrice en chef et à son équipe compétente pour un travail bien fait dans la continuité. Nous avons des responsables de réseaux actifs, qui s’occupent du travail fait en coopération dans beaucoup de domaines intéressants. Grâce à nos membres , individuels ou institutions, nous avons une stabilité financière qui nous permet de faire fonctionner l’organisation à un niveau bien plus élevé que par le passé . Nous avons une organisation d’accueil, Sense International, qui permet à notre secrétariat salarié de fonctionner de manière plus productive. Nous avons aussi amélioré nos fonctions de communication et actuellement nous sommes en train d’améliorer considérablement notre présence sur le web.
Tous ces aspects font partie de notre infrastructure générale pour laquelle nous devons rendre grâce. En examinant le contenu de ce numéro que vous avez entre les mains, il m’apparaît que nous devrions aussi rendre grâce pour les membres individuels de notre organisation qui sont toujours prêts à participer. Je vois des articles de collègues qui ont pris le temps d’écrire sur la " maison intelligente " en Suède, ou les loisirs en Russie. Ils sont représentatifs des membres qui écrivent et contribuent à toutes les éditions du magazine : des gens qui font un réel travail avec des sourds-aveugles et qui sont prêts à partager leurs méthodes et approches. Nous devrions rendre grâce que ce soit l’objet de DbI . Je vois aussi un article d’un nouveau rédacteur du Kazakstan, un pays dont nous entendons parler pour la première fois. Nous avons un portrait des Smithdas, un couple dont nous devrions rendre grâce de pouvoir dire qu’ils font partie de nous. Ce couple de sourds-aveugles ont été d’infatigables militants pendant toute leur vie. Et nous disons un chaleureux au revoir à Anneke Balder, qui se retire du travail avec les sourds-aveugles après plusieurs décennies, et qui a été pour beaucoup dans le succès de notre première conférence européenne. Merci en vérité pour avoir eu des gens comme elle dans nos rangs.
Nous ne pouvons évidemment pas remercier tous ceux qui le méritent dans ces lignes. Disons simplement que nous rendons grâce pour ce que nous sommes et pour ceux que nous avons parmi nous, et que nous rendons grâce de cette étroite communauté mondiale de gens incluant DbI .
Michael COLLINS , Président
Editorial
Cette édition de la revue comporte notre mélange habituel d’articles et de nouvelles du monde entier et nous espérons que vous apprécierez de lire les exploits et les réussites de collègues de lieux si différents !
Le succès des conférences et des réseaux apparaît largement et il ne fait aucun doute que la notion de regroupement et d’échange d’informations et de soutien, pas seulement au niveau local et national, mais aussi au niveau international, a un effet très bénéfique dans le domaine de la surdicécité. Les communications électroniques ont fait une différence et nous aident à " nous parler ".
Ici, au siège de la revue de DbI, nous recevons presque tout, y compris les photos, par Email. Ceci signifie que nous pouvons répondre plus rapidement et plus efficacement. Beaucoup d’entre vous seront heureux d’apprendre que le site de DbI est à nouveau actif et que Malcolm Matthews, responsable de l’information de DbI, projette de nouveaux développements pour les mois à venir. Malcolm écrira dans la revue pour nous tenir au courant et je sais qu’il accueillera favorablement vos commentaires et contributions.
Nous aussi, nous sommes très reconnaissants de toute l’aide que nous recevons de nos correspondants réguliers. Mike en Australie, Elin au Danemark, et Stan au Canada n’ont aucune idée du plaisir que nous avons à recevoir leurs articles sans les réclamer ! Stan, Linda et l’équipe vont travailler dur dans les six prochains mois pour préparer notre grande conférence de DbI au Canada l’été prochain. Nous leur souhaitons toute la réussite possible et nous espérons vous voir là-bas. Et si vous n’avez pas encore écrit pour nous - qu’est-ce qui vous en empêche ? Ecrivez-nous !
Meilleurs vœux à tous !
Eileen et Frances
SmartBo – une " maison intelligente " pour les personnes handicapées
Gerhard Eiger de l’Institut Suédois du Handicap , décrit ce projet révolutionnaire utilisant les nouvelles technologies pour permettre aux sourds-aveugles et autres personnes handicapées d’avoir une vie indépendante. Le projet est financé par le Fond Suédois du Patrimoine et l’Institut Suédois du Handicap et a bénéficié du soutien et du sponsorat de sociétés privées. Le mot " Bo " en suédois signifie " nid " et le terme " SmartBo " cherche à donner l’impression qu’une maison hi-tech peut aussi être un endroit confortable et chaud !
Introduction
L’une des activités de l’Institut Suédois du Handicap est de contrôler et d’employer les nouvelles technologies au profit des personnes handicapées. Grâce à un certain nombre de projets pilotes avec des " maisons intelligentes " et des solutions informatiques, nous avons appris comment les nouvelles technologies peuvent être rendues accessibles aux personnes handicapées. Notre expérience de ces projets pilotes a constitué une base solide pour le projet SmartBo. Dans un appartement de démonstration nous montrons des solutions qui marchent pour servir d’exemple, de source de compétences et d’inspiration.
But du projet
Le but du projet est d’accumuler connaissances et compétences et de les partager avec d’autres. Nous avons recherché comment on pouvait utiliser la technologie de l’information et de la communication (ICT) pour donner aux personnes handicapées plus de chances d’avoir une vie indépendante, par exemple comment les fonctions à la maison pourraient être automatisées ou contrôlées par des personnes gravement handicapées. Nous souhaitons aussi créer un intérêt pour les solutions d’ICT au profit des personnes handicapées , et montrer la nécessité d’une nouvelle technologie, en servant de source d’inspiration aux usagers aussi bien qu’aux professionnels. Les solutions et dispositifs d’assistance sont créés en coopération avec les fabricants.
Groupes cible
SmartBo démontre les possibilités existantes pour les handicapés moteurs, les handicapés visuels et auditifs et les personnes avec des handicaps cognitifs ( troubles du développement, lésions cérébrales, démence).
Nos groupes cible comprennent les personnes handicapées, les professionnels travaillant avec des dispositifs d’assistance, les sociétés privées, le marché du travail, les universités, les autorités locales, les formateurs pour le personnel de santé ou les éducateurs spécialisés, les politiciens, et autres décideurs.
Méthodes
Sur la base de notre connaissance des groupes cible, nous avons élaboré des scénarios dans lesquels des personnages imaginaires avec des handicaps différents mèneraient une vie riche et indépendante dans l’appartement. On a fait la liste des problèmes rencontrés dans la vie quotidienne . On a discuté de la façon de répondre aux besoins et aspirations. Lors d’un séminaire, les scénarios ont été présentés aux personnes handicapées et approuvés. Toutefois, les participants ont insisté sur le point que les installations techniques devaient être invisibles ou au moins discrètes. Se sentir chez soi était très important.
Qu’est-ce que SmartBo ?
SmartBo est un appartement de deux pièces en rez-de-chaussée dans un immeuble de cinq étages situé un faubourg de Stockholm. Cette maison, ainsi que sept autres, a été construite pour une association coopérative de logement pour personnes âgées. Par conséquent, l’accès est facile pour les personnes handicapées ; il n’y a ni marches à monter ni escaliers. La porte d’entrée peut s’ouvrir par télécommande. L’appartement fait 78 m2 avec une cuisine avec coin repas et une grande salle de bains. Le living-room donne sur une petite cour privée .
SmartBo n’est pas adapté à un handicap en particulier. Le projet est centré sur la technologie de l’information et de la communication et les dispositifs d’assistance et solutions à partir de l’informatique et de l’électronique. Nous voulons montrer comment les personnes handicapées peuvent mener une vie riche et indépendante quel que soit le type de handicap. Ceci signifie que beaucoup de fonctions dans une maison ordinaire doivent pouvoir être contrôlées et supervisées par des gens ayant des handicaps légers à sévères. SmartBo est un appartement équipé pour la relaxation et les loisirs, pour le travail et l ‘étude.
En choisissant les installations pour répondre aux besoins des usagers, nous avons opté pour un équipement standard lorsqu’il existait. Les produits industriels standard ont un meilleur rapport qualité/prix que l’équipement créé spécialement pour les personnes handicapées. En ce sens, on peut diviser les installations de l’appartement en deux catégories, l’une commune à tous les usagers, l’autre adaptée à chaque groupe – et même à chaque personne handicapée.
La première catégorie comprend les systèmes de base permettant à l’usager de superviser et contrôler les fonctions existant dans une maison, comme les fenêtres, portes, serrures, eau, électricité et cuisinière. On répond très aisément au besoin de contrôler un si grand nombre de fonctions en choisissant un " home bus system " qui utilise un système de contrôle d’immeuble intelligent, en particulier si on veut programmer des fonctions plus complexes.
Nous savons d’expérience que le EIB ( Bus d’installation européen), qui peut contrôler, réguler, mesurer, allumer et éteindre, détecter et surveiller), est très fiable. Pratiquement tous les détecteurs qui donnent des signaux d’entrée au système de bus sont des composants ordinaires standard. Les interrupteurs muraux pour la lumière etc. sont aux normes EIB. Un câble relie tous les détecteurs et tous les actionneurs dans l’appartement. (Les détecteurs sont les dispositifs d’entrée tels que les interrupteurs, les détecteurs de mouvement, les commutateurs magnétiques, sensibles à la pression, les dispositifs détecteurs de courant, d’écoulement d’eau etc. Les actionneurs sont des dispositifs de sortie comme les relais pour établir le courant , l’automatisation des portes, ou les gradateurs de lumière. )
Les éléments suivants sont détectés par le système :
Ces éléments sont contrôlés par le système :
Telles sont les fonctions de base surveillées et contrôlées par le système. Mais il faut rendre la surveillance et le contrôle accessibles aux personnes handicapées. L’interface de l’usager d’équipement standard est souvent inadaptée. Chaque handicap et chaque besoin individuel peut nécessiter une solution spéciale pour l’accessibilité . C’est là le réel challenge dans un projet comme SmartBo où nous nous efforçons d’optimiser l’accessibilité pour une large gamme de handicaps.
Les dispositifs de présentation des informations aux usagers sont l’écran d’ordinateur plus les annonces enregistrées. En outre, il y a des dispositifs de signal visuel et tactile, un programme d’agrandissement de texte, un synthétiseur de parole et un affichage Braille pour les handicapés visuels, les aveugles et les sourds-aveugles. Les dispositifs d’entrée sont différents types de claviers, des claviers spéciaux avec pictogrammes en superposition etc., unités de protection de l’environnement ( ECUs) avec signaux infra-rouges, dispositifs à reconnaissance vocale, une souris et des interrupteurs standard et spéciaux.
Il y a fondamentalement trois façons de contrôler le système. Premièrement, par l’ordinateur ( connecté au système bus par une interface série), deuxièmement par les ECUs et les récepteurs à infra-rouges répartis dans l’appartement, et enfin par les commutateurs muraux EIB standard à quatre fonctions .
L’interface graphique de l’usager du programme informatique SmartBo affiche une vue d’ensemble de tout l’appartement. Cliquez pour entrer dans une pièce ou tapez la première lettre du nom de la pièce ( " b " pour " bedroom " etc.) et voyez quels objets sont contrôlables et quelle est leur situation. Par exemple, vous pouvez voir si une lampe est allumée ou non, ou si une fenêtre est ouverte ou fermée. Vous pouvez allumer ou éteindre la lampe en cliquant avec la souris, en tapant une lettre sur le clavier ou en touchant le pictogramme voulu sur le clavier spécial ; ouvrir et fermer de la même manière la fenêtre de la cuisine . Pour tous les objets contrôlables, on a le choix entre différents niveaux d’alerte.
Pour les objets pour lesquels il est important de s’assurer du changement de situation, il y a des panneaux sur l’écran, quelquefois avec une annonce vocale ; lorsqu’il y a une alerte, par exemple si la sonnette ou le téléphone sonnent, si l’eau coule d’un robinet depuis trop longtemps, si la cuisinière chauffe trop etc., l’alarme incendie est activée. Pour les sourds-aveugles, certaines alertes sont transmises à un dispositif à vibrations porté à la ceinture ou dans une poche. Il y a quatre types de vibrations différents selon le type d’alerte, par exemple sonnette, TDD ou téléphone –Braille, alarme incendie.
De nouveaux programmes de contrôle SmartBo client/serveur sont développés dans le projet BoMan de Föreningen Furuboda. Le financement vient du programme Technologie de l’Information en Pratique. La première interface usager créée est une interface texte spéciale pour les personnes utilisant l’affichage Braille, comme les sourds-aveugles. Les réponses des sourds-aveugles utilisant cette interface ont été extrêmement positives. D’autres interfaces vont suivre, comme l’interface usager graphique pour les personnes avec un handicap moteur et/ou un handicap cognitif.
Un grand avantage de cette solution clients/serveurs est que le client peut être choisi et adapté pour un avantage maximum pour l’usager. On peut utiliser un ordinateur portable dans un environnement sans fil ou un ordinateur normal, à sa convenance.
Tous les ordinateurs de SmartBo sont connectés en un réseau sans fil . On peut donc se déplacer librement avec un ordinateur , par exemple, sur son fauteuil roulant, et contrôler l’appartement à distance.
A côté du lit et de la porte d’entrée, il y a de petits boîtiers avec un bouton, une lampe rouge et une lampe verte, avec deux trous en dessous. On les appelle les boîtiers bonjour et bonne nuit. En appuyant sur le bouton en quittant l’appartement , ou la nuit en allant se coucher, on obtient un message " Tout va bien " ou qui dit ce qu’on a oublié de faire. Cela peut signifier qu’il faut fermer la porte donnant sur la cour ou la fenêtre de la cuisine, éteindre la cuisinière ou fermer le robinet. Les messages sont oraux, visuels ( la lampe rouge ou verte du boîtier s ‘allume) ou tactiles ( des tiges sortent de sous le boîtier). De cette façon, l’information peut être reçue quel que soit le handicap. Les sourds-aveugles peuvent sentir les tiges. S’ils ne se rappellent plus la cause de l’alerte, ils peuvent la lire sur l’affichage Braille.
Par exemple, certaines fonctions complexes du système contribuent à la sécurité des personnes âgées. Quand une personne quitte son lit la nuit, des lampes faibles éclairent le chemin de la chambre à la salle de bains. Si la personne ne revient pas dans son lit après un temps déterminé, les assistants peuvent alors être alertés.
Toujours dans la maison, et en élargissant l’utilisation de l’ordinateur, il y a tout une gamme d’aménagements disponibles. Ils comprennent une imprimante couleur, un scanner et un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR) ( afin que les aveugles et les sourds-aveugles puissent scanner du texte pour l’afficher en Braille) et un changeur de CD-ROM ( afin que les handicapés moteurs graves, les aveugles et les sourds-aveugles puissent accéder aux encyclopédies, dictionnaires , littérature etc.), un modem et un logiciel d’accès à Internet.
Des dispositifs d’assistance et des logiciels sur un second ordinateur aideront les personnes handicapées mentales, atteintes de lésions cérébrales ou de démence. Le but est de leur donner le contrôle de leur vie dans un appartement, de soutenir leurs activités en leur donnant la capacité de planifier avec des rappels de l’ordinateur et de les aider à communiquer, qu’ils puissent parler ou non. Un terminal universel ( vidéo téléphone + minitel + téléphone vocal ) pour les personnes qui signent ( aussi pour les malentendants ou les retardés mentaux) est installé afin d’aider leur communication. Il y a un vidéo téléphone à la porte pour les handicapés moteurs et les personnes âgées, et un interphone spécial pour les sourds-aveugles. Les usagers veulent savoir qui sonne à leur porte et si c’est vraiment quelqu’un à qui ils ont envie d’ouvrir !
Discussion et conclusions
Alors que la technologie de l ‘information et de la communication et l’électronique offrent plus d’opportunités aux personnes handicapées et aux personnes âgées d’avoir une vie meilleure et plus indépendante , des systèmes pourraient être employés pour contrôler et surveiller les gens d’une façon contraire à l’éthique. L’intégrité de l’individu doit toujours être protégée. Les aspects éthiques sont d’une très grande importance lorsqu’on parle des conditions de vie futures.
Les coûts d’installation et d’adaptation d’un appartement avec les nouvelles technologies pourraient être compensés par les dépenses réduites en personnel d’assistance. Cela peut être une expérience très positive de pouvoir se débrouiller pour faire des choses tout seul sans avoir toujours un assistant auprès de soi. Néanmoins, ce n’est pas une excuse pour priver les personnes handicapées d’assistance individuelle. Cela économise de l’argent lorsque les personnes âgées peuvent continuer à vivre en sécurité chez elles au lieu d’aller dans des institutions. Beaucoup de gens préféreraient probablement rester chez eux si c’était une possibilité. Mais cela devrait toujours être une affaire de choix personnel. Dans l’hypothèse optimale, grâce à l’emploi des technologies modernes, une personne profitera d’une vie intéressante et indépendante malgré un handicap sévère ; en même temps , le coût pour la société peut être diminué.
SmartBo a été achevé en décembre 2000. 1500 visiteurs environ sont venus du monde entier, dont des sourds-aveugles de Suède, du Japon et d’Afrique du Sud.
Un résultat très important du projet est la communication d’informations et un ensemble de deux CD ROM et d’une vidéo est en vente. La vidéo montre l’utilisation de la maison et les CD contiennent des descriptions détaillées et une visite interactive. La vidéo est sous-titrée en Anglais.
SmartLab
Le travail sur la vie " intelligente " continue à L’Institut suédois du handicap dans une nouvelle activité appelée " SmartLab " où sont impliqués tous les départements de l’institut. Les connaissances, l’expérience et l’équipement de SmartBo ont servi à ce projet.
On peut trouver des informations sur
http://www.hi.se/english/smartlab_eng.pdfL’association suédoise pour les sourds-aveugles ( FSDB) va lancer un projet au printemps 2003 – appelé Villa SmartBo – sur la vie indépendante pour les personnes sourdes-aveugles. Villa SmartBo bénéficiera de la technologie de pointe pour permettre aux personnes sourdes-aveugles de vivre de façon indépendante et d’avoir une vie sociale active !
Renseignements sur SmartBo
Le film sous-titré en Suédois avec les 2 CD ROM coûte 200 couronnes ( environ 20 €). Référence : n° 01801. Le film avec des sous-titres anglais " People using SmartBo " coûte 150 couronnes ( environ 15 €). Les deux peuvent être commandés au Swedish Handicap Institute, téléphone : + 46 8 620 17 00, fax : + 46 8 739 21 52 ou sur
www.hi.seDysfonctionnement de l’intégration sensorielle chez les enfants sourds-aveugles
Pour la plupart d’entre nous, l’intégration sensorielle se fait inconsciemment. Ensuite, l’organisation des informations reçues de nos différentes modalités sensorielles est utilisée pour nous permettre d’avoir des rapports efficaces avec le monde qui nous entoure. Dans cet article, Gail Deuce, éducatrice expérimentée pour enfants sourds et sourds-aveugles, explore ces idées.
En travaillant avec des enfants sourds-aveugles, j’ai pris conscience du nombre important de ceux-ci qui avaient des difficultés dans ce domaine. Il n’est pas inhabituel d’entendre un éducateur décrire un enfant qui sait utiliser ses restes visuels efficacement ou utiliser ses restes auditifs efficacement, mais pas les deux à la fois ; ou un enfant qui doit s’arrêter de marcher pour écouter ; ou encore un enfant qui doit tourner la tête avant d’attraper un jouet. Certains enfants sourds-aveugles semblent en plus présenter un dysfonctionnement grave , et éprouvent des difficultés à traiter et intégrer les informations reçues de toutes leurs modalités sensorielles.
Ayres a étudié le processus de l’intégration sensorielle chez des enfants ayant des difficultés d’apprentissage modérées et l’a assimilé au traitement de l’information par lequel :
Le cerveau doit sélectionner, renforcer, inhiber, comparer et associer les informations sensorielles ( de différents canaux) en un modèle flexible et changeant constamment. ( Ayres, 1989, p.11)
Ayres (1987) a élaboré une théorie qui insistait sur la nécessité de l’intégration des informations des sens du toucher, proprioceptif et kinesthésique . Michaels ( 2002) a plus tard trouvé que les enfants atteints de dyslexie, dyspraxie ou ADHD avaient plus de risques d’avoir une mauvaise intégration sensorielle que les autres.
Quoique ces travaux ne concernent pas des enfants sourds-aveugles, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant d’examiner le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles, en recherchant si, chez les enfants chez qui ces sens sont insuffisamment développés, cela entraîne un dysfonctionnement de l’intégration sensorielle.
Cette idée a été confortée lorsque j’ai eu la chance de travailler avec David Brown (alors directeur du Centre familial de Sense à Ealing), et que je me suis occupée d’une petite fille atteinte du syndrome de CHARGE. On pensait que cette enfant avait des difficultés à développer ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire et à intégrer les informations sensorielles reçues. David suggéra que nous appliquions un programme thérapeutique d’intégration sensorielle. Cela s’est avéré un challenge très difficile et il nous fallait recourir aux conseils et à l’expertise d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute ayant une formation spéciale dans ce domaine. Finalement, nous en avons trouvé un et un programme individuel a été établi avec des effets positifs immédiats.
Le succès de cette méthode m’a encouragée à étudier plus avant le développement des sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire chez les enfants sourds-aveugles et à examiner les conséquences possibles sur l’apprentissage pour l’enfant éprouvant des difficultés dans ces domaines.
Etude de cas
Joshua
J’ai d’abord rencontré Joshua à la maison, et les observations suivantes ont été faites sur 3 mois :
On a introduit des jeux avec des grands mouvements (ex. se balancer et sauter) que Joshua appréciait vraiment, et sauter est devenu l’activité que Joshua réclamait en attrapant les mains de l’adulte ( presque sans fin). Après un trimestre à l’école, il y a eu peu de changement dans son comportement et seulement des progrès limités.
On a consulté un kinésithérapeute. Finalement, l ‘école a payé un thérapeute privé pour travailler avec Joshua, car ceux qui travaillaient déjà à l’école avec les enfants n’avaient pas la formation spécialisée voulue. On a remarqué que Joshua avait des difficultés dans un certain nombre de domaines liés à ses sens proprioceptif, kinesthésique et vestibulaire.
Un programme d’intégration sensorielle a été établi et appliqué pendant huit sessions par semaine.
Au bout de six semaines, de nombreuses nouvelles compétences sont apparues, dont :
Harry
Harry est un petit garçon atteint du syndrome de CHARGE. Il a une perte auditive profonde, un glaucome, et est considéré comme malvoyant. Il a une trachéotomie et des problèmes de santé continus. En conséquence, il a une aide médicale à plein temps à l’école.
A cause de longues périodes d’hospitalisation, Harry n’a pas été envoyé à l’équipe spécialisée pour une action concernant ses besoins sensoriels jusqu’à ce qu’il arrive à l’école à l’âge de 4 ans.
Petit à petit, les observations d’Harry ont montré que :
L’éducateur d’Harry avait d’abord suggéré que ces comportements signifiaient juste qu’il était vilain et voulait attirer l’attention. Cette interprétation du comportement d’Harry a été révisée et on a suggéré que ces comportements ( bien qu’ils soient socialement inacceptables) étaient des tentatives d’Harry pour obtenir des informations de son environnement. Cette opinion s’appuyait sur l’observation que Harry pinçait les jouets et les objets qu’on lui donnait, et pas seulement les gens.
Un travail de compression des articulations a commencé sous la direction d’un ergothérapeute ( se spécialisant en travail d’intégration sensorielle) et après le seconde session, Harry a commencé à initier ces activités lui-même. Lorsque ces activités ont été entreprises, Harry a nettement moins pincé et griffé après pendant un certain temps. On le sentait aussi plus heureux, souriant et prêt à avoir des rapports avec les autres. A la fin de la seconde session, Harry à imité le signe " au revoir ", comportement qu’on n’avait pas observé auparavant. Un programme d’intégration sensorielle plus détaillé est établi maintenant avec l’ergothérapeute.
Sarah
Sarah est une petite fille qui a subi des lésions cérébrales dans un accident. Elle a maintenant une cécité corticale et une perte auditive modérée. Sarah est souvent très angoissée quand on la touche et elle est plus heureuse quand on la laisse couchée sur le sol. Il y a très peu de mouvements du corps.
Des activités de mouvements modérées ont été entreprises pour contrôler l’usage de son sens vestibulaire. Les mouvements de côté étaient régulièrement tolérés, mais Sarah est devenue angoissée à chaque fois qu’on introduisait des mouvements vers l’avant ou vers l’arrière. Cela a amené à poser la question de comment il valait mieux soulever Sarah ou la reposer afin qu’elle ne s’angoisse pas. Il a été convenu que :
Ceci a été appliqué régulièrement par tous ceux qui travaillaient avec Sarah et il y a eu une amélioration presque immédiate de la capacité de Sarh à tolérer qu’on la touche. Par suite, ses parents ont pu la mettre en position pour d’autres activités sans qu’elle ne devienne angoissée.
Un programme d’intégration sensorielle utilisant un gros ballon de kinésithérapie a été établi , pour travailler sur :
Ce programme a été appliqué régulièrement et après environ six semaines, Sarah a commencé à se servir de ses jambes plus intentionnellement. Une boîte " Be-Active " noire et blanche a été introduite et Sarah est devenue capable de passer volontiers jusqu’à vingt minutes dans cet environnement, en se servant de ses jambes pour activer les objets sonores suspendus au plafond de la boîte. Les mouvements intentionnels des jambes se sont accrus et ont été utilisés pour développer des jeux simples de cause à effet. Cela a maintenant abouti à ce que Sarah fasse la tâche simple d’allumer et d’éteindre en se servant de ses pieds pour activer l’interrupteur.
Conclusion
Ces enfants et d’autres m’ont montré que les enfants qui peuvent avoir besoin de soutien dans ce domaine pouvaient présenter les caractères suivants:
Je pense qu’il est nécessaire de se concentrer sur ces aspects du développement sensoriel.
Ces enfants m’ont appris que jusqu’à ce qu’ils soient :
il y a peu de chances qu’ils puissent efficacement utiliser leur corps pour avoir des rapports avec leur environnement ou agir sur celui-ci et apprendre.
Maintenant je reconnais encore plus l’importance d’identifier ces enfants qui ont d’importants dysfonctionnements sensoriels et ont besoin de soutien pour favoriser le développement et l’intégration de ces sens sous-jacents.
Il semble que jusqu ‘à ce que ces sens soient établis ces enfants aient des difficultés à intégrer effectivement les informations sensorielles reçues de tous les autres canaux sensoriels et à y répondre positivement.
OBJETS DE REFERENCE..... OBJETS DE CONVERSATION
Les origines et le développement des objets de référence en Europe
Marleen Janssen, Section Sourds-Aveugles, Instituut voor Doven, Hollande
Dans cet article, Marleen Janssen examine brièvement l’histoire des méthodes de communication pour les sourds-aveugles dans le passé puis se concentre sur les méthodes qui ont inspiré l’équipe de l’Instituut voor Doven dans son travail, passé et présent, pour aboutir à une prestation spécialisée. Elle parle des personnes et des méthodes qu’elles ont utilisées pour aider à la communication et comment on a utilisé les objets de référence pour développer des conversations avec les enfants sourds-aveugles. Marleen donne beaucoup d’exemples pratiques et souligne l’importance de l’application appropriée de la méthodologie dans la vie quotidienne.
Conversations avec les sourds-aveugles au temps jadis
C’est fascinant de voir tout ce qu’on connaissait déjà sur les méthodes de communication pour les sourds-aveugles il y a une centaine d’années ( Lenderink, 1907). Les rapports sur les sourds-aveugles célèbres nous disent que les conversations avec eux se faisaient en utilisant diverses méthodes dont la dactylologie dans la main, la méthode Tadoma, les signes tactiles et une combinaison de toutes.
Nous connaissons l’histoire des réussites de ces sourds-aveugles célèbres. Mais comment cela se passait-il avant qu’ils ne soient capables de communiquer à un niveau symbolique, en d’autres termes avant qu’ils ne maîtrisent ces formes de communication – systèmes de symboles ?
James Mitchell, fils d’un pasteur protestant écossais, né en 1795, était l’un des rares enfants sourds-aveugles reconnus alors, chez qui la double perte sensorielle était congénitale. Il diffère en cela des enfants sourds-aveugles que j’ai cités plus haut, dont le double handicap sensoriel a été acquis lorsqu’ils ont commencé à grandir. Ceci fait une grosse différence pour le développement de la communication.
De naissance, James Mitchell était totalement sourd, mais avait des restes visuels. La cataracte affectant ses yeux lui permettait de distinguer un certain nombre de couleurs. Il avait un sens de l’odorat et un sens du toucher extrêmement bien développés. Sa communication était limitée, mais efficace, comme vous allez le voir dans l’exemple suivant. Lorsque quelqu’un entrait dans la pièce, il le savait immédiatement à l’odeur, et cela le menait à l’endroit où l’étranger se tenait, et le visiteur faisait immédiatement l’objet d’une exploration tactile. Il se servait de son sens du toucher pour découvrir si l’étranger portait ou non des bottes. James aimait passionnément les chevaux, et les bottes lui indiquaient si le visiteur partageait son intérêt.
La colère, la joie et la tristesse s’observaient clairement chez James ; il montrait ces émotions en émettant des sons discordants, de forts éclats de rire et en pleurant (Lenderink, 1907, p. 83-87 ).
Grâce à ces personnes et aux études de leur cas, nous avons quelques indications sur la manière dont les éducateurs de cette époque s’efforçaient d’engager le dialogue avec les sourds-aveugles et de leur donner un langage pour décrire les événements quotidiens.
La méthode " conversationnelle " du Dr. Van Uden
La tâche de Jan Van Dijk au début des années 60 était également difficile : offrir aux enfants sourds-aveugles congénitaux une bonne éducation et une bonne instruction dans la nouvelle section spécialisée qui devait s’ouvrir à Sint-Michielsgestel. En peu de temps, 13 enfants sourds-aveugles y ont été admis. Jan avait une formation de professeur pour sourds et d’éducateur spécialisé. Pour pouvoir assumer son nouveau rôle, il a étudié les diverses méthodes qui avaient été mises au point pour les sourds-aveugles dans d’autres pays. Il a passé quelque temps à Perkins à Boston et s’est familiarisé avec les méthodes utilisées là-bas.
Il a observé la " méthode d’identification " appliquée par Howe avec Laura Bridgman. La communication était apprise par le modèle stimulus-réponse, l’éducateur étant toujours celui qui nommait les objets . Par exemple, l’éducateur met un ballon dans la main de l’enfant et dit " ballon ". Ou bien l’éducateur montre à l’enfant une image sous laquelle l’enfant doit placer un mot écrit.
Jan Van Dijk a aussi étudié les méthodes utilisées dans l’ex Union Soviétique par Sokolansky et Meshcheryakov. Il a appris combien il est important de créer des opportunités et de donner aux enfants suffisamment de possibilités de construire des représentations du monde qui les entoure et d’implanter ces images dans leur mémoire (Meshcheryakov, 1979 ; Enerstvedt, 1996).
Mais la plus grande source d’inspiration pour Jan Van Dijk reste la " méthode conversationnelle " du Dr. Van Uden, à laquelle Jan avait été formé en tant que professeur pour sourds, tout comme mes propres prédécesseurs. L’essence de cette méthode est l’approche centrée sur l’enfant de la " conversation ". Van Uden a élaboré la méthode de " saisir et jouer un double rôle ".
Cette méthode peut être définie comme une méthode didactique naturelle qui est aussi employée par les mères avec leurs jeunes enfants : la mère " saisit " les énoncés de l’enfant en les répétant avec les bons mots et dans le bon ordre, et ensuite ajoute sa propre contribution. Elle le fait dans des situations naturelles à des moments où l’enfant est motivé et attend ses réponses. Van Uden (1977) donne beaucoup d’exemples de ces moments de conversation, par exemple :
La mère s’approche du berceau, attirée par les sons que produit son bébé. Le bébé se met immédiatement à bouger les bras, les jambes, et les traits du visage, moitié pleurant, moitié riant. La mère comprend ces mouvements expressifs, ces expressions non-verbales de " langage corporel " et dit " Tu as faim ? Viens là, mon chéri ".
Ces deux phrases représentent une conversation : la première phrase contient les mots que le bébé aurait prononcés s’il avait su parler : " j’ai faim ", verbalisés par la mère dans " Tu as faim ? ". La deuxième phrase est la contribution de la mère à la conversation : " Viens là mon chéri ". L’enfant ne comprend pas encore cette deuxième phrase, mais la mère se fait comprendre par ses actes : elle sort l’enfant de son berceau. De cette façon, l’enfant en viendra rapidement à comprendre ce que l’expression " viens là " veut dire et , par exemple, il va tendre les bras en entendant ces mots ( Van Uden, 1979, p.3). La méthode est fondée sur une approche anticipatoire, s’appuyant sur la motivation de l’enfant ; comme l’enfant est motivé, il a des attentes quant à la réaction de sa mère . La répétition et la prévisibilité dans la routine quotidienne jouent ici un rôle important.
Ensuite, un instrument de soutien important dans cette méthode est le rappel des moments de conversation par le dessin et l’écriture. L’art consiste toujours à rappeler les éléments les plus caractéristiques, ceux qui ont fait le plus d’impression sur l’enfant, et ensuite de fournir le langage pour ces éléments ( Van Uden, 1979).
Formation des symboles dans la méthode Van Dijk
Fonction symbolique
Jan Van Dijk a mis au point une méthode de communication pour les enfants sourds-aveugles dans laquelle prendre conscience de la fonction symbolique est considéré comme un processus crucial, analogue au développement des enfants non handicapés. La fonction symbolique sépare la pensée de l’action concrète et permet à l’enfant d’évoquer les représentations intériorisées des choses, gens et événements lorsqu’ils ne sont pas présents. L’enfant découvre que ces représentations peuvent être nommées par un mot ou un geste.
Chez les enfants sourds-aveugles congénitaux, le processus de la prise de conscience de la signification des symboles peut prendre de nombreuses années. La méthode Van Dijk est basée sur l’idée que la formation des symboles doit se faire dans un contexte social naturel, dans lequel l’initiative appartient à l’enfant.
Dans le développement du comportement symbolique il est important à tous moments d’essayer de répondre à la sphère d’intérêt de l’enfant, d’essayer de créer des moments de conversation en prenant comme point de départ les signes personnels de l’enfant.
Comme Werner et Kaplan (1963), Jan Van Dijk croit que ces signaux doivent initialement avoir quelque chose en commun avec l’objet auquel ils se réfèrent, par exemple faire un cercle avec le bras pour signifier " bicyclette ", ou baisser et monter le haut du corps pour signifier " balançoire ". Le point essentiel est de permettre à l’enfant de découvrir les relations par lui-même. Comme à ce niveau nous avons des symboles faisant appel à des compétences motrices, il est important de bien apprendre à se servir du corps.
L’importance de désigner et de faire référence
En plus du développement des gestes naturels, la formation des symboles est aussi encouragée, permettant à l’enfant de faire des références. Au cours de leur communication, et en particulier quand ils utilisent des mots ou des gestes, les partenaires d’une conversation font référence à des choses sur lesquelles ils ont des connaissances communes. Par exemple, le mot " table " renvoie à une représentation dans l’esprit des deux partenaires. Le mot renvoie à quelque chose qui n’est pas présent à ce moment : c’est un substitut . On peut appeler cela une référence représentative.
Désigner est une préparation à cette fonction référentielle du mot. Un jeune enfant montre du doigt une photographie sur le mur et commence à babiller ; la mère de l’enfant suit le doigt et dit : " Oui, c’est grand-père ". Le comportement du jeune enfant doit être vu comme une désignation. Par exemple, quand l’enfant ramasse un objet, le soulève et veut que l’autre personne le regarde. Lorsque les gens désignent quelque chose, ils sortent d’eux-mêmes et font appel à l’autre personne.
Comme désigner du doigt peut être considéré comme une extension de regarder quelque chose, cela s’observe rarement chez les handicapés visuels. Cette fonction est remplacée, par exemple, par un léger tapotement sur une chose, comme une assiette, et ensuite un tapotement sur l’enfant à qui l’assiette est destinée. Cette action revient à dire : " cette assiette est pour Peter ". Un autre exemple peut être d’abord un tapotement sur le corps de l’enfant puis un tapotement sur le sien, comme manière de dire : " toi et moi ensemble ". On n’utilise pas de mots. Les mots remplacent une certaine notion ; pas l’acte de désigner . Bien que la désignation fasse référence à une chose, il ne la remplace pas (référence non représentative).
Il est clair que l’utilisation d’objets de référence est une extension de la désignation.
Objets de référence
Quand un enfant, après des expériences répétées, commence à réussir à former une représentation de la manière dont certaines activités se font, certains objets qui sont ( ou sont devenus) les plus caractéristiques pour l’enfant, peuvent acquérir une fonction référentielle.
Par exemple, quand on lui présente une certaine timbale à une certaine heure tous les jours, l’enfant évoquera la représentation de " Je vais boire " quand on lui présentera la timbale. Dans cette situation, la timbale renvoie à " boire ".
Une fois que l’enfant a conscience de la fonction référentielle d’un objet, on peut lui apprendre à faire référence à l’activité en question en prenant l’objet, ou en utilisant une forme schématisée de celui-ci. Les objets de référence schématisés peuvent être des objets miniatures ou " une partie du tout ". Si l’enfant veut faire du vélo et que le vélo n’est pas à proximité, on peut lui donner la possibilité de faire référence à cette activité en montrant un " morceau d’un vélo ", par exemple la clé du cadenas du vélo.
L’importance des objets de référence
On ne saurait trop insister sur l’importance de ces objets de référence . Ils donnent à l’enfant sans langage la possibilité d’exprimer activement ses désirs ; l’enfant totalement aveugle le fait à l’aide de symboles " tactiles ", tandis que l’enfant ayant des restes visuels utilise des dessins des objets, par exemple un " livre de référence ".
En utilisant ces objets de référence, les expériences peuvent être enregistrées dans des calendriers et cahiers de conversation. Les objets de référence apportent quelque chose de tangible – un moyen concret de parler des expériences et des événements. Enregistrer les événements donne à l’enfant la possibilité d’attendre un événement agréable, par exemple. L’enfant peut aussi exprimer des désirs en ce qui concerne l’avenir, tout comme il peut revenir sur des événements du passé. On donne ainsi à l’enfant sourd-aveugle une possibilité de devenir une personne avec un présent, un passé et un avenir.
Du signal au symbole
Les objets de référence peuvent se transformer en véritables symboles s’ils en viennent à fonctionner de plus en plus dans des situations différentes ( décontextualisation). Par exemple, la timbale n’est plus seulement l’objet qui est utilisé le matin et l’après-midi, mais c’est aussi un objet utilisé par les autres membres du groupe de l’enfant , qui peut être acheté dans un magasin, qui peut avoir différentes formes et couleurs, qu’on lave après usage, et dont on peut parler : " Quand achèteras-tu une nouvelle timbale ? ". En utilisant l’objet de référence dans la conversation de toutes sortes de manières, souvent en combinaison avec les gestes ou la parole, l’enfant abandonne l’idée qu’un objet de référence doit toujours conduire à une action particulière, mais arrive à réaliser que l’objet de référence peut permettre de donner un nom aux choses, par exemple : " Ceci est une voiture ". L’enfant intériorise cela et se rend compte qu’on peut donner un nom à tout. Ainsi, il est possible pour l’enfant de se détacher du monde purement pragmatique.
Un système de symboles
Une fois que l’enfant a découvert qu’on peut participer aux mondes d’action et de pensée des autres, le besoin de le faire systématiquement apparaît. Il faut choisir un système de langage. Pour les enfants sourds et sourds-aveugles, l’évolution vers la langue des signes est le choix évident. Cependant, pour certains enfants sourds-aveugles, il est possible de combiner leurs propres gestes avec des symboles tactiles et le Braille, et aussi avec la dactylologie ou l’écriture ( Van Dijk, 1965 ; 1967 ;Van Dijk et Janssen, 1993 ; Van den Tillart, Janssen & Visser, 2000).
Objets de référence dans la conversation de tous les jours
Dans les années 1970, mon collègue et prédécesseur Mary Rose Jurgens décrivait les importantes fonctions des objets de référence comme étant :
La caractérisation des expériences se fait en choisissant un détail caractéristique, en prenant comme point de départ les intérêts de l’enfant ; ceci signifie que le détail caractéristique peut varier fortement d’un enfant à l’autre.
Au début des années 80, des systèmes toujours plus perfectionnés étaient utilisés avec les enfants individuellement. J’ai commencé mon travail dans la section sourds-aveugles en schématisant des objets de référence tactiles pour un enfant aveugle avec du papier en relief. ( Janssen, 1984).
Evolution de 1980 à nos jours
Au début des années 80, le nombre d’enfants sourds-aveugles dans notre section avait atteint 35. Nous avions développé toutes sortes de systèmes de communication différentiés sur la base des intérêts et des capacités des différents enfants. La conversation était toujours au centre de ces méthodes, et les objets de référence jouaient un rôle de soutien pour provoquer et soutenir la conversation.
Au milieu et vers la fin des années 80, l’usage d’objets de référence était de plus en plus établi, non seulement pour les sourds-aveugles, mais aussi pour d’autres groupes d’enfants et d’adultes plurihandicapés.
Recherches dans le domaine
En 1989 Charity Rowland et Philip Schweigert ont étudié l’utilisation de systèmes de symboles conceptuellement concrets avec les sourds-aveugles. Leurs études ont montré que les objets de référence étaient extrêmement utiles pour les sourds-aveugles qui ne parlaient pas. L’utilisation d’objets de référence est décrite dans beaucoup de publications dans le cadre des " boîtes d’activités ", " rayons d’anticipation ", " systèmes de calendriers ", et s’adresse souvent à des individus sourds-aveugles. Un certain nombre de systèmes de communication augmentée ou alternative ( AAC) ont été mis au point pour être utilisés avec des individus ne parlant pas depuis le milieu des années 80. Ils ont été soigneusement passés en revue par Beukelman et Mirenda (1998) et au Royaume-Uni par Park (1997). Beaucoup de ces systèmes de symboles nécessitent des compétences cognitives assez bien développées ainsi qu’une bonne acuité visuelle.
Récemment, Rowland et Schweigert (2000) ont montré que les objets de référence sont utiles aussi pour des individus ayant une plus large gamme de handicaps : retard mental sévère, anomalies du développement, autisme ou troubles généralisés du développement, handicap visuel sévère, handicap orthopédique sévère, handicaps multiples et surdicécité. Ils ont aussi démontré que des objets de référence tangibles peuvent servir de passerelle vers d’autres systèmes de symboles, y compris les systèmes abstraits ( comme la parole ou la langue des signes) et qu’apprendre à utiliser des symboles tangibles ne gêne pas l’acquisition de la parole.
Application : retour à la case départ
Dans notre section pour sourds-aveugles, depuis 1990 nous avons assisté à une évolution qui correspond aux évolutions qui ont eu lieu ailleurs. Notre section a doublé en nombre (65 enfants maintenant), et nous avons donc beaucoup de nouveau personnel. L’utilisation d’objets de référence, comme l’usage d’autres formes de communication, a exigé standardisation, enregistrement précis et transmission aux nouveaux membres de l’équipe. Nous avons acheté de beaux coffrets de communication en 1993, qui contenaient des matériels standardisés, mais qui pouvaient être adaptés à chaque enfant. L’inconvénient était que nous ne pouvions pas fournir aux nouveaux venus la supervision adéquate et le soutien à l’initiation selon les principes originaux rappelés ici. Les conséquences furent que:
Nous en avons donc tiré les leçons....
Donc en conclusion, je voudrais insister sur le fait que cela ne vaut la peine d’utiliser des objets de référence que si les éducateurs ( parents, professeurs, familles d’accueil et autres personnes prenant part à l’éducation de l’enfant) sont bien conscients des diverses fonctions des objets de référence et savent comment les utiliser. Pour nous, cela voulait dire " retourner à la case départ " en ce qui concerne l’application : expliquer comment les objets de référence devaient être utilisés dans le contexte des conversations de tous les jours. Un bon soutien à la communication et aux interactions et une formation adéquate des éducateurs se sont avérés une condition nécessaire (Janssen, 2001,2002 ; Van den Tillaart, 2001) pour obtenir l’impact mérité.
(Cet article a été élaboré à partir d’une conférence donnée à l’université de Birmingham , faculté d’éducation, 20 juin 2002)
Promenade en Russie.... est-ce juste un loisir?
Depuis la fondation du Forum d’Usher, nous avons décidé de créer des services à la fois pour les sourds-aveugles d’âges divers et pour les familles de sourds-aveugles. Notre organisation a presque 5 ans et nous essayons de développer notre programme de loisirs.
Le programme de loisirs comprend trois directions de travail :
Il se tient une ou deux fois par mois et est ouvert à tous les sourds-aveugles ou membres des familles. En outre, chacun peut y inviter des amis ou qui il veut.
traditionnellement ( nous avons déjà nos traditions !) nous célébrons les anniversaires et faisons des fêtes pour le nouvel an et le printemps avec des compétitions, des jeux, où l’on s’amuse beaucoup.
Je vais les raconter en détail. Chaque excursion a différents objectifs . Je vais en indiquer quelques uns. Le plus évident, c’est de visiter un endroit intéressant.
Etre seul, avoir des problèmes de mobilité ou être trop occupé dans la vie( dans le cas des membres des familles) créée de gros problèmes pour visiter les nombreux centres historiques , culturels et musées situés à Moscou et dans la région. Les sourds-aveugles ont des problèmes de communication, de guides et interprètes ( nous n’avons pas de services d’interprétation pour sourds-aveugles en Russie pour l’instant). Aussi, des guides-interprètes bénévoles aident les gens à visiter ces lieux intéressants.
Un autre est que cette visite représente un véritable événement dans leur vie. C’est ce que nous voulons vraiment apporter à tous les participants à nos excursions. La plupart des sourds-aveugles et leurs familles nous disent que c’est un gros problème pour eux de ne pas avoir d’événements intéressants dans leurs vies monotones.
Les sourds-aveugles et leurs familles trouvent qu’ils n’ont pas d’histoires à raconter à leurs amis. Ceci entraîne le rétrécissement du cercle de communication autour d’une personne sourde-aveugle et des familles avec un membre sourd-aveugle. Aussi, participer à un véritable événement donne une bonne occasion d’apporter du contenu aux futures conversations avec ses pairs et collègues.
Les participants à nos excursions sont surtout des adultes devenus sourds-aveugles. Ils avaient l’habitude de mener une vie beaucoup plus active et avaient beaucoup plus d’opportunités de loisirs. La surdicécité ferme pratiquement la porte à la culture et pas seulement à cause de la baisse de la vue et/ou de l’ouïe. La situation financière dans une de ces familles devient en général très difficile dans notre pays et il est leur est difficile de se permettre d’aller quelque part. Le but du programme loisirs est de les ramener à une vie normale ( en un sens). Beaucoup de gens visitent les musées le samedi et le dimanche. Nous faisons la même chose que les autres.
Les sourds-aveugles que nous avons interrogés ont insisté sur le fait que nos excursions leur donnaient la possibilité de continuer à apprendre :
" J’aime aller avec vous. J’aime apprendre des choses nouvelles " ( Elena S.)
" J’aime lire les écrivains russes. Ce serait bien de visiter les musées d’écrivains russes " (Julia L.)
" Quand j’étais écolière, je détestais aller dans les musées. J’avais des problèmes de mobilité mais personne ne voulait m’attendre et j’avais besoin de plus de temps pour tout voir. A chaque fois, je me perdais. J’aime bien aller avec Usher Forum parce que je n’ai pas peur de me perdre avec vous et vous me donnez assez de temps pour tout " (Elena S.)
Pour certains sourds-aveugles, ces excursions du programme loisirs sont devenues un retour au temps où ils avaient une bonne vision et une bonne audition. Pour la plupart, ce n’est pas du tout une rencontre douloureuse avec le passé.
" Bien que je sois venue ici quand j’étais plus jeune, c’était un plaisir de revenir à un endroit que j’ai aimé visiter quand j’étais jeune et belle " ( Nataly K.)
Pour les familles de sourds-aveugles, nous avons d’autres objectifs. D’abord, nous offrons la possibilité de rencontrer différents sourds-aveugles et de voir qu’il est possible de survivre dans une telle situation ; et ensuite, qu’il y a différentes méthodes de communication qu’on peut utiliser avec les sourds-aveugles.
Dans le programme de loisirs, il est très fréquent que lorsqu’une mère sourde-aveugle ne peut pas venir avec nous, sa fille voyante et entendante et son mari viennent avec nous à sa place. Les enfants voyants et entendants de personnes sourdes-aveugles participent souvent ; les mères et grand’mères, leurs amis et parents – nous nous connaissons tous ! Le hasard d’une excursion donne une bonne opportunité d’être inclus dans le groupe ou de rester en dehors du groupe mais de garder un oeil sur lui. A notre avis, encourager le mélange de gens différents créée une base positive pour accepter les problèmes.
Ces excursions signifient que les parents ont la rare possibilité de prendre un vrai repos, cette pause dont ils rêvent constamment. A de rares occasions, au cours d’un récent voyage, les mères ont pu se relaxer vraiment. L’une d’elles a souri et dit : " Je ne sais même pas où G. est en ce moment ! je sais seulement que je n’ai pas à m’inquiéter pour lui ici – il n’est pas tout seul ici. Il est en sécurité. ( Ella A.). Une autre mère était assise toute seule sur le bateau et regardait défiler les arbres sur l’autre rive. Je lui ai demandé : " Vous ne vous sentez pas seule ? " . " Non merci, je me repose ! " ( Lilia H.).
Enfin, je veux vous parler de notre voyage de fin d’année. Traditionnellement, nous terminons la saison par une excursion plus lointaine. Cette année, nous sommes allés à New Jérusalem , un centre historique et culturel à 75 km à l’ouest de Moscou. Un monastère du 17e siècle a été construit sur le modèle de Jérusalem pour que les chrétiens russes puissent visiter les monuments religieux importants – en Russie. Lorsque nous l’avons visité, c’était le premier jour de l’été et le temps était beau et clair. Il y avait beaucoup de nouveaux participants dans le groupe. Victoria a un syndrome d’Usher type 2. Sa famille nous avait découverts en février, mais Victoria ne voulait pas venir au club loisirs ou à nos fêtes. Mais cette fois Victoria, sa mère et sa tante sont venues avec nous. Nous étions heureux. Galina G., la mère de Victoria, nous a dit : " Ma fille est restée à la maison pendant 4 ans. Elle ne voulait aller nulle part. Ici nous avons vu pour la première fois qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher pouvait rencontrer d’autres gens et continuer d’apprendre des choses sur le monde. "
Irene Salomatina, Usher Forum, Moscou, Russie.
Inspiration et travail acharné aboutissent à une unité spécialisée pour l’éducation des enfants sourds-aveugles en Grèce
La création de la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en Grèce est un rêve devenu réalité. Les luttes de l’association des parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles ont été fructueuses car le ministère de l’éducation, sous la direction du directeur de l’éducation spéciale, a créé la première unité pour l’éducation des sourds-aveugles en coopération avec le centre d’éducation et de rééducation des aveugles ( K.E.A.T.). L’unité ouvrira dans les locaux modernes du K.E.A.T. en novembre 2002.
Le processus de création de cette unité a commencé il y a 15 ans, lorsque Mme Argyro Raptou , professeur au K.E.A.T. , a entendu parler de Kosmas, un enfant sourd-aveugle né avec des restes visuels et des restes auditifs. Kosmas avait été abandonné par sa famille et avait été pris en charge par une institution d’état responsable de l’éducation des enfants abandonnés atteints de handicaps multiples. Mme Raptou a contacté son amie Calliope Karanikola qui, jusqu’alors , avait consacré sa vie à un travail de missionnaire dans divers pays d’Afrique et d’Asie. Calliope Karanikola a décidé de parrainer Kosmas , et en même temps elle a commencé à se battre pour son éducation. En même temps, elles ont découvert d’autres enfants avec des problèmes analogues et sont entrées en contact avec le psychologue français Jacques Souriau. L’aide de Jacques a été très précieuse, premièrement par les conseils pédagogiques qu’il a donnés, deuxièmement par l’aide qu’il a apportée aux parents, tuteurs et professionnels qui travaillaient avec ces enfants . De plus, un programme de formation interne pour la spécialisation des professionnels du K.E.A.T. a commencé par des visites aux unités pour sourds-aveugles en Europe et en Amérique. A la suite de l’inscription de trois enfants sourds-aveugles dans la section maternelle du K.E.A.T. , et afin de répondre à la nécessité d’une meilleure information des professionnels travaillant avec les enfants sourds-aveugles et de se tenir au courant des derniers développements dans ce domaine, des programmes de formation internes ont été introduits. Deux professionnels du K.E.A.T. y ont participé . Cette équipe de professionnels composait le noyau central de l’association des parents, tuteurs et amis des enfants sourds-aveugles. La première présidente de l’association était Calliope Karanikola. L’étape suivante fut l’objectif de l’association d’établir une unité pour l’éducation des enfants sourds-aveugles et de faire reconnaître cette unité comme une section éducative indépendante.
Jusqu’à maintenant, les enfants sourds-aveugles en Grèce ont été accueillis soit par COMMUNICATION – une unité pour enfants aveugles avec handicaps associés – ou par le K.E.A.T. ou par d’autres unités s’occupant d’enfants avec d’autres handicaps associés. Le " Phare pour les aveugles de Grèce " a adopté l’idée d’une unité pour enfants sourds-aveugles dès le début, non seulement en fournissant les locaux pour l’association, mais aussi en fournissant les locaux pour le programme d’activités créatives des enfants. Le rêve de Calliope Karanikola était non seulement de voir la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles, mais aussi la création de centres de réadaptation pour les personnes sourdes-aveugles. Kosmas grandissait , et comme elle croyait à la réussite de ses projets, elle a parrainé un second enfant appelé Apostolos. L’association bénéficiait du soutien de beaucoup de spécialistes internationaux , y compris DbI et EDbN, pour son projet d’unité pour sourds-aveugles. Le résultat de cette coopération fut l’organisation d’une série de séminaires sur des thèmes concernant les sourds-aveugles, sous le patronage du K.E.A.T. , comprenant cinq séminaires de deux ou trois jours, d’une durée totale de 60 heures. 95 spécialistes – éducateurs, musicothérapeutes, ergothérapeutes, et kinésithérapeutes, moniteurs de mobilité et parents – ont assisté à ces séminaires. L’objectif de ces séminaires était de créer un réseau de professionnels capables de répondre aux besoins de soutien des enfants sourds-aveugles dans divers domaines. Les séminaires ont été organisés avec l’aide de William Green (Lega del Filo d’Oro), qui en a assuré la coordination.
Les conférenciers invités en Grèce étaient des experts dans leur domaine et venaient de différents pays. Ils ont répondu à l’invitation avec enthousiasme et ont donné leurs conférences gratuitement. Ils ont aussi donné des conseils pour l’établissement de l’unité elle-même. Les invités d’honneur étaient : William Green ( Lega del Filo d’Oro), Tony Best (Sense), Jacques Souriau (CRESAM), Inger Rodbroe ( NUD – Dk), Dennis Lolli (Perkins), Emmanuela Storani (Lega del Filo d’Oro), Toula Matsa ( Association grecque des parents, tuteurs et amis d’enfants sourds-aveugles), Ursula Heinemann ( Autriche), Bernadette Kappen ( Overbrook School for the Blind), et Mary Guest (Sense).
M.Stratis Hatzicharalampus, sociologue et membre du conseil d’administration du K.E.A.T. , a joué un grand rôle dans l’organisation de ces séminaires et la création de l’unité elle-même. L’unité a eu aussi le soutien inconditionnel du président du K.E.A.T. , M.Andreas Kravaritis. Les séminaires se sont terminés en septembre 2002 et leur achèvement a pris un air de fête car il s’est accompagné de l’annonce officielle de la création de l’unité pour sourds-aveugles, en même temps que de la réunion des membres de DbI. La clôture des séminaires et la création de l’unité pour enfants sourds-aveugles ont été saluées par un discours de M.Michael Collins , président de DbI, et de Kevin Lessard, directeur de Perkins School for the Blind.
L’unité pour sourds-aveugles démarrera avec 5 à 6 enfants et son programme pédagogique sera appliqué par 8 à 9 professionnels dans le cadre de la coopération entre le ministère de l’éducation et le ministère de la santé. L’équipe éducative se composera de : un psychologue, un musicothérapeute, un ergothérapeute et un kinésithérapeute ; un éducateur spécialisé ; un professeur d’école maternelle ; un moniteur de mobilité ; un aide-éducateur ; une infirmière extérieure et le personnel de ménage nécessaire. Les besoins des enfants vont certainement augmenter à l ‘avenir et l’objectif est de pouvoir accueillir tous les enfants . Le personnel continue sa formation dans le domaine de l’éducation spéciale en suivant des cours et des séminaires organisés par des associations étrangères. Dans le cadre de cette collaboration, l’un de nos ergothérapeutes, Georgia Pappa, suit actuellement le Perkins-Hilton Program à l’école Perkins.
Malheureusement, Calliope Karanikola, la femme qui a inspiré tant de gens en Grèce, n’est plus avec nous pour se réjouir du premier jour de Kosmas dans sa nouvelle école. Elle a quitté ce monde en janvier 2000.
Aujourd’hui Kosmas fait partie de la famille de Despina Mylona qui continue le difficile travail de Calliope Karanikola.
Menelaos Tsaoussis
CAUSE : un projet en marche
Nous avons déjà passé un an sur les 18 mois du projet CAUSE et nous pouvons constater que les divers éléments du projet commencent véritablement à se mettre en place.
CAUSE est financé par le Programme européen des maladies rares, et a pour but de promouvoir les travaux sur les syndromes de CHARGE et d’Usher en Europe. Ceci se fera par :
En octobre, en Italie, les partenaires du projet CAUSE ont tenu leur dernière réunion avant la conférence. Ils nous ont donné la possibilité de passer en revue le projet jusqu’à ce jour et de planifier les détails de la conférence et des informations que doit produire le projet.
Aux précédentes réunions, les divers représentants ont parlé en sous-groupes des aspects spécifiques du projet concernant Usher et CHARGE. Le sous-groupe CHARGE a employé son temps à écrire deux des notices d’information qui paraîtront finalement dans le dossier du projet CAUSE. Le sous-groupe Usher s’est consacré au programme de la conférence.
CAUSE va développer l’information sur Usher et CHARGE. Les partenaires ont identifié les grands groupes cibles qui recevront les informations et les participants au projet vont produire des informations accessibles, adaptées à l’utilisateur, pour répondre aux besoins de ces groupes. Nous avons l’intention de produire non seulement un rapport écrit sur les deux études, mais aussi une vidéo d’interviews de personnes ayant participé à ces études. La notice d’information sur les effets fonctionnels du syndrome d’Usher sera basée, par exemple, sur des études de cas dans lesquelles nous espérons que les personnes atteintes de la maladie se retrouveront. La notice sur les ressources sera basée sur les résultats de l’enquête sur les conditions de vie avec le syndrome d’Usher ; en soulignant les services et les ressources que les gens atteints d’Usher trouvent les plus intéressants.
Au cours de leurs 3 réunions, les représentants des associations partenaires ont pris conscience des points forts et des manques de leurs propres ressources d’information. Notre objectif est de produire un dossier ressource qui comblera certains de ces manques, signalera les autres sources d’information et sera tout aussi intéressant et utile pour un professionnel travaillant avec des enfants atteints de CHARGE en Allemagne que pour une personne atteinte d’Usher en Espagne.
La conférence de CAUSE " S’adapter au changement
"Cette conférence rassemblera le réseau CHARGE et le réseau européen sur le syndrome d’Usher. Les deux thèmes de la conférence sont " S’adapter au changement ", dont Margaret de Feu, Royaume-Uni, donnera les détails dans son discours d’ouverture, et " Identité et être " que Carol Brill-Oran, membre du EUSN d’Irlande, traitera de son point de vue personnel.
Nous sommes heureux de pouvoir confirmer que David Brown et Tim Hartshorne viendront des Etats-Unis. David présentera : " Intégration sensorielle : un défi particulier pour CHARGE " tandis que Tim présentera les résultats de l’étude de comportement sur CHARGE. Ce sera aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les récents développements de la recherche sur le syndrome d’Usher.
Le président de la conférence sera William Green, vice-président de DbI. Beaucoup d’intervenants et d’animateurs d’ateliers spécialistes d’Usher et de CHARGE participeront à la conférence. Il est prévu du temps pour les discussions et l’établissement de contacts. La conférence sera aussi l’occasion pour les réseaux d’envisager l’avenir. Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous en mars.
Conférence CAUSE
27 – 30 mars 2003
Hanover International Hotel, Hinckley, Leicestershire, Angleterre
Inscriptions
Tarif familles : 250€ par adulte et 85€ par enfant jusqu’à 2 enfants, gratuit
au-dessus de 2.
Individuel : 400€
Pour informations complémentaires, s’adresser à :
Liz Cook, Sense, 11-13 Clifton Terrace,Finsbury
Park, London N4 3SR, UK. Email:
lcook@sense.org.uk
Des gens extraordinaires:
Bob et Michelle Smithdas
Therese Madden Rose, Ph.D., est spécialiste de l’ aide technique au Consortium national de l’aide technique auprès du Helen Keller National Center, à Sands Point, New York, USA. Elle décrit ici les exploits de deux de ses collègues, Bob et Michelle Smithdas.
Depuis plus de 25 ans, l’équipe du Helen Keller National Center (HKNC) à Sands Point, New York, a eu le privilège d’assister à d’extraordinaires exploits accomplis par des gens extraordinaires. Beaucoup de sourds-aveugles de tout le pays viennent au Centre en tant qu’étudiants pour des stages de formation au cours desquels ils apprennent des compétences qui les aideront à s’adapter à la vie quotidienne. Plusieurs autres personnes sourdes-aveugles remarquables sont des professionnels dans notre équipe. Deux de ces personnes extraordinaires sont Bob et Michelle Smithdas.
Bob Smithdas est devenu célèbre lorsqu’il a passé non seulement une licence, mais aussi une maîtrise, et a continué jusqu’à quatre diplômes de doctorat à titre honorifique. Il est donc devenu le Dr Bob Smithdas. Mais l’histoire de sa vie commence bien avant cela. A l’âge de 4 ans ½ , il a contracté une méningite cérébro-spinale et a perdu la vue et pratiquement toute l’ouïe. Plus tard, il est devenu totalement sourd. Dans sa première autobiographie, " La vie au bout des doigts ", il notait : " incapable d’entendre le son de ma propre voix, je perdis progressivement toute sensibilité à la tonalité et aux accents qui donnent à la parole son caractère humain ". M.Smithdas m’a dit : " j’ai toujours été satisfait de trouver que je pouvais surmonter les obstacles de la surdicécité par moi-même, et les défis à relever étaient les choses qui me donnaient satisfaction parce que cela montrait que tout est possible jusqu’à ce qu’on prouve que c’est impossible ! . En plus, j’étais plutôt têtu quand j’étais enfant, et si on me disait que je ne pouvais pas faire quelque chose, j’essayais de prouver qu’on avait tort et que j’avais raison ".
Il l’a certainement fait de nombreuses fois. Nous avons tous profité de son entêtement, en particulier les sourds-aveugles. Avec Helen Keller et Peter Salmon, M.Smithdas a joué un rôle vital dans l’établissement aux USA de la législation autorisant la création du Helen Keller National Center pour les jeunes et adultes sourds-aveugles. A l’âge de 77 ans, il continue de travailler comme directeur de l’éducation sociale au HKNC. L’apparence quelquefois bourrue et farouche de Bob est contrebalancée par sa sensibilité poétique. Dans " Shared Beauty " (" Beauté partagée "), il notait : " Je l’appelle la vie, et ris de son enchantement. Bien que la vie elle-même soit hors de vue et d’ouïe. " . Outre " Shared Beauty ", Bob Smithdas est aussi l’auteur d’un autre recueil de poèmes : " City of the Heart " ( " La cité du coeur ").
Michelle Smithdas est née malentendante et est devenue totalement sourde à l’âge de 15 ans. Après un accident de motoneige durant sa 4e année à l’université de Gallaudet, elle a perdu la vue. Michelle a rencontré Bob lorsqu’elle est venue étudier au HKNC en 1972. Ils se sont mariés 3 ans après. Michelle est enseignante dans le département communications du Centre. Dans une interview publiée dans The Deaf American en 1976, Michelle dit qu’elle a appris de Bob le courage et la détermination. Toutefois, quand Michelle décida de se faire poser un implant cochléaire en 1994, Bob garda son opinion pour lui jusqu’à ce que sa décision ait été prise. Lorsque l’implant a été mis, le premier son qu’elle a entendu a été la voix de Bob. Michelle dit que l’expérience a été " passionnante ".
Comme beaucoup d’Américains, Bob a un garage plein d’outils électriques dont il se sert pour faire des réparations dans la maison qu’il possède avec Michelle. C’est aussi un cuisinier gourmet. Michelle est une excellente pâtissière.
La journaliste de la télévision américaine Barbara Walters parle de son interview de Bob et Michelle Smithdas comme de la plus mémorable de sa carrière. Dans le numéro " Power " de novembre 2001 du Ladies Home Journal, Barbara Walters désigne Michelle Smithdas comme la femme qui l’a le plus inspirée . Le 7 novembre 2001, Barbara Walters a remis le prix du HKNC pour l’œuvre de toute une vie au Dr Bob Smithdas.
Quelquefois, nous qui travaillons dans le domaine de la défense des handicapés, nous ne remarquons pas les exploits de nos collègues. A cause de gens comme Bob et Michelle Smithdas, des portes s’ouvrent dont on ne pouvait pas même s’approcher du temps d’Helen Keller. Cela est vraiment extraordinaire.
Merci Anneke !
A l’occasion du 4e séminaire du réseau surdicécité acquise en Suisse, Anneke Balder réfléchit sur son évolution au cours des années.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le réseau surdicécité acquise, je commencerai par une brève présentation. Nous avons commencé en 1989, petit groupe de professionnels isolés qui s’étaient rencontrés à une conférence européenne de l’IAEDB ( l’ancienne DbI). L’IAEDB était une organisation où les professeurs et éducateurs d’enfants sourds-aveugles se rencontraient lors de conférences et de sous-commissions. Les thèmes des conférences plénières et des ateliers dans les conférences étaient tous sur la surdicécité congénitale. Ce n’était pas surprenant parce que c’était le domaine prioritaire à cette époque. En 1989, il y a eu un léger changement lorsque quelques professionnels qui travaillaient avec des personnes devenues sourdes-aveugles se sont rencontrés à la conférence de Warwick ( Royaume-Uni). Je faisais partie de ce petit groupe et nous avons eu plusieurs discussions animées et quelquefois passionnées sur notre travail car nous étions pour la plupart des " lonesome cowboys " dans nos pays respectifs, qui devaient se battre, isolément, pour les gens devenus sourds-aveugles. Nous avons décidé de nous rencontrer régulièrement et notre premier acte " de guerre " fut de demander d’être reconnus officiellement en tant que sous-commission par l’IAEDB. Nous réussîmes et notre association est devenue réalité !
Comme nous n’étions ni plus ni moins que des professionnels isolés, le premier sujet de nos premières réunions fut comment joindre les autres professionnels isolés et comment les mettre en contact. L’idée d’organiser un séminaire était née ! Le premier fut organisé en 1994 en Hollande. Au programme étaient représentés différents aspects de la surdicécité acquise et la meilleure chose fut qu’après cela 60 professionnels isolés se sentirent moins isolés parce qu’ils avaient rencontré des gens ayant exactement les mêmes problèmes.
Deux ans après, à Poitiers ( France), nous avions un vrai thème : la Réglementation des Nations Unies pour les Handicapés. Trois sous-thèmes sur cette réglementation étaient le sujet du séminaire : accessibilité, rééducation et services de soutien. Il y a eu beaucoup de discussions sur les expériences et les idées sur ces sujets et beaucoup de participants ont eu le sentiment qu’ils n’étaient plus des cow-boys solitaires ! Il y a eu des projets de coopération. Pour nos collègues français, le séminaire fut un grand succès. Peu après, ils commencèrent un projet de centre de ressources pour la surdicécité acquise qui est déjà ouvert et qui marche.
Pour le 3e séminaire européen, la surdicécité des personnes âgées est devenue le thème des conférences. Le programme couvrait une grande variété de sujets. La plupart des participants sont repartis avec beaucoup d’inspiration, mais ils avaient aussi un sentiment d’impuissance parce que c’était un problème grandissant et non reconnu.
Nous sommes maintenant au début du 4e séminaire. Nous avons plus d’ambitions que jamais et il y a beaucoup de sujets qui nous interpellent :
Nous n’échouerons pas dans notre mission car nous espérons que ce séminaire apportera aux participants l’inspiration pour repartir avec des projets concrets de meilleurs services pour les personnes devenues sourdes-aveugles. Pour cela nous avons besoin de vous et de votre active contribution.
Je voudrais vous faire part de quelques remarques personnelles. Quand j’ai pris la responsabilité de faire ce discours d’ouverture, je ne m’imaginais pas que ce serait le dernier dans le monde des sourds-aveugles. Certains d’entre vous savent déjà que je vais quitter ce travail avec les sourds-aveugles pour relever un nouveau défi. Des gens m’ont demandé pourquoi j’avais pris cette décision. La réponse est qu’il y a eu des changements d’organisation qui font qu’il m’est impossible de continuer. Ces sortes de choses peuvent arriver.
Mais, dans tout ce changement, je voudrais laisser mon mot de la fin, que je vous laisse en héritage à tous : " Je souhaite que les sourds-aveugles et les professionnels trouvent le moyen de coopérer dans le respect les uns des autres pour créer un véritable dialogue ".
Article adapté du discours au Séminaire sur la surdicécité acquise à Zurich du 2 au 6 octobre 2002.
Rencontre des familles " Listen to me "
La récente conférence des familles du 20 au 27 octobre 2002 à Bari en Italie a connu un grand succès. Plus de 90 parents, professionnels et jeunes sont venus d’Europe occidentale, centrale et orientale pour écouter les conférences et participer aux groupes de discussion, aux ateliers de musique et de sculpture. Le but était de permettre aux parents d’échanger expériences et informations sur une large gamme de questions concernant la vie familiale. La conférence a été rendue possible grâce au soutien financier de La Lega del Filo d’Oro, de Hilton Perkins et de Sense International. Ce parrainage a permis la participation de plus de familles, notamment celles d’Europe de l’est. La conférence a aussi bénéficié de la collaboration avec une organisation locale pour les handicapés, dont les nombreux bénévoles ont apporté une aide administrative inestimable.
Le lieu de la conférence dans le sud de l’Italie a été choisi dans le but de faire connaître les besoins de services des sourds-aveugles dans la région. Il y a beaucoup de familles dans la région des Pouilles qui n’ont actuellement pas accès à un soutien spécialisé. On espère que les autorités régionales qui ont assisté à la conférence seront encouragés à fournir des services appropriés aux sourds-aveugles à l’avenir.
L’un des points forts de la conférence a été la merveilleuse façon de communiquer entre eux des enfants et jeunes adultes sourds-aveugles des différents pays d’Europe. Les sessions quotidiennes " Au-delà des mots " étaient organisées par le Nordic Culture Network ( Réseau culturel nordique) et Sense Ecosse, qui ont permis aux participants sourds-aveugles et à leurs familles de s’exprimer par des ateliers expérimentaux de sculpture et de musique et vibrations lumineuses.
Tous les participants ont dit qu’ils avaient bénéficié du temps passé ensemble à la conférence. Ricardo Lopez, d’Espagne, va faire une liste de mailing informelle afin que les familles puissent rester en contact.
Il y a eu une bonne couverture de la conférence à la télévision locale et dans les journaux, et un petit film en sera tiré afin que d’autres puissent en profiter. Une autre conférence est prévue en 2004 au Danemark et sera organisée par Lone Poggioni du Nordic Culture Network.
Evolution en Inde....
Akhil Paul, Directeur de Sense International (Inde) décrit
La situation en Inde
L’infirmité fait partie de l’existence humaine depuis les débuts de la vie sur cette terre. En Inde, on dit parfois que l’infirmité est " le résultat de mauvaises actions dans une vie antérieure ". Ce mythe disparaît progressivement à cause de l’information faite par diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales. En Inde, beaucoup de travail a été fait pour ceux qui ont un handicap, c’est-à-dire ceux qui sont aveugles, sourds, handicapés mentaux et handicapés moteurs, mais pour les services pour les plurihandicapés, le scénario est très différent.
On estime que le nombre de personnes atteintes d’un handicap en Inde est de plus de 90 millions. On ne dispose d’aucune donnée sur la taille de la population sourde-aveugle car à ce jour, il n ‘y a pas eu d’étude ou de recherche pour déterminer le nombre exact. Les estimations, faites à partir de projets des services sociaux, indiquent qu’il pourrait y avoir plus de 450 000 sourds-aveugles dans le pays.
Les besoins en services pour sourds-aveugles
Avant la création de Sense International ( Inde), la surdicécité était peu connue. Dans ce vaste pays, il n’y avait qu’une école pilote, l’Institut Helen Keller pour les sourds et les sourds-aveugles à Mumbai, qui accueillait 23 élèves sourds-aveugles. La situation était telle que ni le gouvernement, ni les associations travaillant avec les handicapés , n’étaient conscients qu’il y avait une population sourde-aveugle. Le manque d’information sur ce handicap particulier signifiait, et signifie toujours, que beaucoup de personnes sourdes-aveugles sont laissées sans aide, ou sont catégorisées par exemple comme handicapées mentales et reçoivent une aide inappropriée.
Brainstorming national
Cependant, une détermination à faire avancer les choses naissait dans le pays et avec l’aide de nos amis internationaux le processus s’engagea.
Sense International fut créé et depuis nous nous sommes impliqués dans la création de 25 services pour sourds-aveugles dans 13 états de l’Inde, grâce à l’aide d’ONG de handicapés locales . Les services sont établis sur le modèle adapté à la région en gardant à l’esprit les besoins régionaux. Certains de ces modèles sont :
Soutien professionnel
En plus d’aider au développement de services, nous travaillons avec chaque ONG partenaire à développer sa capacité par l’organisation de programmes de formation et d’ateliers, dirigés par des spécialistes dans le domaine de la surdicécité qui viennent du monde entier . Nous aidons aussi beaucoup d’autres ONG / écoles et institutions gouvernementales grâce à notre expertise technique.
Aide du gouvernement
Nous avons réalisé que nous avions un rôle militant et nous avons réussi à obtenir la reconnaissance de la surdicécité comme catégorie de plurihandicap en faisant pression sur le gouvernement. Nous avons réussi à faire prendre conscience au gouvernement qu’il y a une énorme population sourde-aveugle en Inde, qui a besoin de l’attention de tous les côtés de la société.
Diffusion de l’information
Le concept de surdicécité est nouveau en Inde. Il n’existe ni littérature ni informations sur la surdicécité. Pour combler ce manque, nous avons créé une unité de ressources et d’information. C’est la première de la sorte en Asie et elle répondra aux besoins des organisations et des individus qui veulent en savoir plus sur la surdicécité par des tracts, articles, bulletins, dépliants et affiches spécialisés.
L’éveil
Le nouveau millénaire a apporté de nouveaux espoirs. La première conférence de DbI Asie a été l’occasion d’échanger et d’apprendre avec des collègues de nombreux pays. Nous projetons de les aider activement à l’avenir.
Durabilité
Dans tous nos programmes, la " durabilité " est un élément clé. Au cours des 5 dernières années, nous avons vu une amélioration notable de la qualité des services. Nous avons réussi à renforcer les programmes grâce aux spécialistes locaux.
L’avenir
Les 5 dernières années ont vu quelques développements très intéressants. Ici , en Inde, il y a de plus en plus de familles et de professionnels qui sont déterminés à améliorer la vie des centaines de milliers de sourds-aveugles dans le pays. Le " Projet " d’origine est devenu un " Programme " et maintenant c’est un " Mouvement " - pour soutenir les sourds-aveugles où qu’ils se trouvent en Inde.
Akhil Sukant Paul
LA CONFERENCE ECOSSAISE
Succès de la conférence "Rêves, ambitions et réalités "
" Merveilleuse atmosphère, comme toujours. L’Ecosse est accueillante et pleine d’idées fantastiques ".
Plus de 200 délégués du monde entier ont assisté à la conférence de septembre 2002. La conférence a reçu les éloges de beaucoup de ceux qui ont participé aux 3 jours à la Caledonian University de Glasgow. L’extraordinaire atmosphère était due en grande partie aux enfants et adultes usagers des services de Sense Scotland et leurs familles qui s’étaient impliqués avec enthousiasme.
La déléguée Marie Richardson a déclaré : " l’équipe était formidable, du sommet à la base tout le monde s’y est mis pour que nous nous sentions vraiment les bienvenus ".
Pendant la conférence, les délégués ont participé à des ateliers, à des conférences de professionnels de la santé, de personnes sourdes-aveugles et d’experts de renommée internationale. Il y a eu aussi diverses soirées, dont une première de l’exposition du prix Helen Keller et une soirée de fête avec un groupe de musiciens sourds-aveugles.
Brian Abery, de l’université du Minnesota, USA, a évoqué la question de l’autodétermination et a posé la question : " Les sourds-aveugles nous en diraient-ils plus si nous savions mieux les écouter? "
La conférence inaugurale de Tait Mitchell, qui aura lieu chaque année, a été présentée par William Green, Lega del Filo d’Oro, Italie, et vice-président de DbI. Dans son intervention, il s’est appuyé sur son expérience de travail avec la communauté sourde-aveugle pour parler de la déontologie.
La séance plénière finale a vu Paul Hart, de Sense Ecosse, se servir de la musique de Bach pour étudier la communication entre les sourds-aveugles et leurs partenaires voyants et entendants. Son intervention profonde et divertissante a prouvé, selon ses propres termes : " qu’il faut être deux pour danser le tango ", l’un de ses messages clé étant que " l’essence d’être humain est d’être ".
Gillian Morbey, présidente de Sense Scotland , a déclaré : " La conférence a provoqué énormément de discussions et débats sur les problèmes de la vie réelle des personnes nécessitant un soutien complexe. C’était une des rares occasions pour les professionnels, les familles et les usagers des services de partager leurs perspectives propres et d’apprendre les uns des autres. Je sais que les gens sont repartis revigorés et pleins de confiance dans la vie et le travail qu’ils font. "
Renseignements complémentaires sur le site de Sense Ecosse :
www.sensescotland.org.ukDes bronzes à toucher...
Une artiste de renommée internationale, Argyro Kondtandinidou, était invitée à montrer ses oeuvres lors d’une exposition coïncidant avec la réunion du conseil d’administration de DbI à Athènes. Mme Kondtandinidou est sculpteur depuis 20 ans. Ses oeuvres se trouvent dans des galeries et résidences privées en Grèce et à l’étranger et récemment certaines ont été exposées à Chicago, et à Atlanta .
Argyro a étudié le dessin et la peinture puis la sculpture sur bois avec des maîtres artisans d’Italie. Cela a été la révélation d’un talent particulier chez Argyro qui a été reconnu par l’UNICEF et, par la suite, Argyro a enseigné la sculpture sur bois à des jeunes dans le cadre de son programme .
L’œuvre exposée lors de la réunion du conseil est un bronze sculpté qui se compose de 14 pièces, toutes de même dimension. Chaque pièce représente la vie publique et privée dans les quatre civilisations anciennes les plus importantes : Grèce, Egypte, Mexique et Inde.
Cette oeuvre magnifique peut être placée sur le sol, on peut marcher dessus et la toucher. On peut aussi l’utiliser comme outil pédagogique pour les enfants sourds-aveugles.
Diamanta-Toula Matsa, présidente de l’association grecque des sourds-aveugles, parents, tuteurs et amis des sourds-aveugles, a invité Argyro parce que son oeuvre parle à tous de la beauté et de la culture communes à toutes les anciennes civilisations.
Argyro Kondtandinidou travaille à Athènes et son atelier se
trouve 4 rue Tripodon ., Plaka.
L’association grecque se trouve 27-29 rue Ragavi ., Athènes 11474.
Centre de ressources sur la surdicécité : une réponse aux
besoins d’information en Amérique latine
(par Marcela Forero)
Dans beaucoup de pays en développement, l’accès à l’information sur la surdicécité est limité, en particulier en ce qui concerne les conditions locales. Les informations produites à l’extérieur sont souvent inadaptées parce qu’elles ne sont pas dans la langue locale et trop souvent les réussites des sourds-aveugles et/ou des professionnels au niveau local passent inaperçues.
Sense International ( Amérique latine), avec l’aide du Fonds social du Royaume-Uni, vient de passer un an à rassembler des données pour créer le premier centre de ressources électronique.
Le Centre de ressources sur la surdicécité est un site web conçu pour répondre aux divers besoins des individus, groupes, et organisations travaillant avec les sourds-aveugles, les familles et les professionnels. Nous établissons des contacts et des liens entre les institutions de soins, les organismes d’éducation et de rééducation, la communauté sourde-aveugle, les éducateurs, professionnels, étudiants, chercheurs, politiciens, gestionnaires, les communautés locales et les groupes de réalisation personnelle dans tout le continent. Il est prouvé que l’accès à l’information au bon moment peut faire la différence entre l’inclusion ou l’exclusion des sourds-aveugles dans la société.
Le Centre de ressources pilote a été lancé le 9 septembre 2002 à Bogota en Colombie, et plus de 300 personnes, sourds-aveugles, membres des familles, et professionnels intéressés, ont participé à l’événement. Il sera officiellement inauguré en décembre 2002 après que des améliorations aient été apportées à la suite de consultations.
Quelles informations nous apporte le centre de ressources ?
A une revue complète de la littérature concernant la surdicécité : sur notre site il y a des fiches sur :
Les fiches sont faciles à télécharger et peuvent être imprimées et distribuées gratuitement.
B Les usagers peuvent accéder à notre bibliothèque virtuelle, demander une copie ou consulter une base de données, avec environ 500 publications comprenant livres, magazines, manuels et articles. On peut aussi télécharger des vidéos sur le sujet ( par exemple une vidéo sur la vie d’Helen Keller ou les systèmes de communication).
C Le site comporte des informations sur les organisations, écoles, association et institutions de tous les pays d’Amérique latine, ainsi qu’une carte de tous les contacts clé dans chaque pays.
D Une partie du site est consacrée aux forums de discussion. Il y a des sections comprenant : " communauté sourde-aveugle ", " réseau jeunesse ", " forum ", et " demande d’aide ".
E enfin le centre de ressources montre la vie réelle des sourds-aveugles d’Amérique latine.
Comment accéder au Centre de Ressources ?
On peut accéder aux informations du centre de ressources soit directement, en allant sur notre site
www.sordoceguera.org. , soit indirectement, en prenant contact avec les associations locales travaillant avec des sourds-aveugles ( ces associations peuvent imprimer les informations gratuitement).Parallèlement à ce projet, trois centres de jeunes seront créés au Pérou, au Brésil et en Colombie , et auront tous les outils informatiques permettant aux sourds-aveugles avec des restes visuels d’accéder directement au site web.
Comment savoir si c’est exact ?
Nous avons un comité consultatif composé de 12 personnes de 8 pays différents ( dont des sourds-aveugles, des représentants des familles et des professionnels). Leur travail est de garantir que le centre de ressources est à jour et de faire remonter les réactions critiques sur la manière dont il est utilisé localement.
Projets d’avenir
Nos projets incluent la traduction du centre de ressources en portugais ; la création de forums de discussion/ réseaux pour les guides-interprètes et les familles ; un lien emploi pour les sourds-aveugles ; et la mise en réseau de la bibliothèque virtuelle avec d’autres pays où il existe des ressources semblables.
Slovaquie :
(Janka Sarisska, directrice de l’école primaire évangélique spécialisée pour les enfants sourds-aveugles de Cervenica, Slovaquie, nous parle d’ intéressants développements en Slovaquie)
Camp international pour les familles d’enfants sourds-aveugles à Sabinov, Slovaquie
Avec l’aide financière de Hilton/Perkins International, nous avons organisé le 6e Camp familial en Slovaquie. Les 3 premiers camps avaient été organisés pour des familles slovaques d’enfants sourds-aveugles et les 3 derniers comprenaient des familles de l’étranger.
Cette année, le camp se tenait dans la petite ville de Sabinov à l’est de la Slovaquie. Nous avions 15 familles et 86 participants en tout. Les familles invitées étaient de l’école pour sourds-aveugles de Cervenica et il y avait trois nouvelles familles avec des enfants plurihandicapés. En plus, il y avait des familles d’Europe de l’est : Hongrie, République Tchèque, Roumanie et Bulgarie. Six professionnels s’occupaient des activités avec les enfants sourds-aveugles, les frères et sœurs, parents et professionnels. L’une était Gillian Morbey de Sense Ecosse, qui est aussi la mère d’un jeune homme de 27 ans. Les participants ont fait 4 groupes – enfants sourds-aveugles, leurs frères et sœurs, parents, et éducateurs. Le programme a été divisé en 4 parties :
L’un des points forts de la semaine a été notre " représentation " avec les enfants sourds-aveugles et leurs frères et sœurs. Nous avons invité les parents et les gens de la ville à cette représentation. C’était merveilleux ! Le plus impressionnant a été quand les frères et sœurs ont chanté et que les enfants sourds-aveugles ont chanté aussi " avec leurs mains ". Même un petit de 3 ans signait !
Ce camp pour les familles a duré 6 jours et chaque jour avait son programme. Nous travaillions de 9h du matin à 6h du soir . C’était contraignant mais tout le monde savait que le temps passé ensemble serait utile aux familles à l’avenir. Il y avait une évaluation régulière de la façon dont les choses progressaient. Toutes les familles étaient enchantées du programme. Elles ont appris beaucoup sur le travail avec leur enfant à la maison et à l’école. Le mieux a peut-être été les relations qui se sont créées entre les familles. Les frères et sœurs de Slovaquie et les familles étrangères n’ont ressenti aucune barrière, même s’ils ne parlaient pas la même langue ! Il y a eu une merveilleuse coopération de tous – professionnels et familles.
Un foyer de vie
L’association des parents, l’école pour enfants sourds-aveugles de Cervenica et l’union des aveugles de Kosice travaillent tous au projet de création d’un foyer pour sourds-aveugles adultes. Le gouvernement slovaque a reconnu les besoins de la population sourde-aveugle dans le programme national de soins des sourds-aveugles. Le programme national, décidé par le gouvernement, est une occasion unique de commencer plus systématiquement à résoudre les problèmes des sourds-aveugles dans notre pays.
Visiteurs étrangers
Le 27 octobre 2002 était un jour spécial pour l’école pour sourds-aveugles de Cervenica. La directrice Janka Sarisska , le personnel et les élèves, ont accueilli à l’école un groupe de 7 Américains. C’étaient le président de la fondation Hilton, Steven M.Hilton, le vice-président Dayanne M.Hayes et le Dr.Robert Buckley avec son fils Brian Buckley. Ils étaient accompagnés de Michael Collins, directeur de l’école Perkins, de Kevin Lessard et du spécialiste de l’Europe de l’est Dennis Lolli, de Hilton Perkins International.
Australie
(Mike Steer nous donne les dernières nouvelles d’Australie)
Conférence nationale
La 6e conférence nationale des sourds-aveugles s’est tenue à Lidcombe, Sydney, du 12 au 15 juillet 2002. Il y avait 226 participants, avec 30 intervenants. Il y avait un bon niveau de participation des sourds-aveugles ( à la fois en nombre et en implication dans les débats) avec des délégués de tous les états et territoires d’Australie ( sauf le territoire du Nord). Il y avait 8 personnes de Nouvelle Zélande, ainsi que des intervenants du Japon et des USA avec des délégués du ministère des personnes âgées et des handicapés de Nouvelle-Galles du Sud ( administratifs et travailleurs sociaux).
31 délégués étaient sourds-aveugles, 7 étaient sourds et 6 étaient aveugles. Il y avait 35 interprètes et 40 bénévoles pour aider les délégués. Deux chauffeurs bénévoles assuraient le transport des délégués depuis l ‘aéroport jusqu’à leur chambre et jusqu’à la conférence. La relaxation musculaire des délégués était assurée par 4 masseurs bénévoles et pour ceux qui avaient des enfants à surveiller, il y avait une garde bénévole.
La Nouvelle Zélande est maintenant membre du Conseil australien des sourds-aveugles depuis l’assemblée générale qui s’est tenue lors de la conférence.
Le délégué australien aux Droits de l’Homme, Sev Ozdowski, a ouvert la conférence, en attirant l’attention sur les droits des Australiens qui sont sourds-aveugles et sur le décalage existant dans les services et le financement pour les personnes sourdes-aveugles. M.Shin-Ichiro Kadokawa du Japon ( lui-même sourd-aveugle) a parlé de son combat pour l’éducation et du travail qu’il fait maintenant à Osaka pour a) améliorer les conditions pour les personnes qui sont sourdes-aveugles et b) promouvoir le soutien de leurs pairs par les personnes qui sont sourdes-aveugles au Japon.
Cinq intervenants des Etats-Unis ont parlé de divers problèmes, dont l’éducation, le syndrome de CHARGE, les facteurs importants dans l’interprétation pour les sourds-aveugles, la fonction de la communication dans les problèmes de comportement, et le rôle des grands-parents dans le développement de la communication . Les intervenants locaux et des autres états ont aussi traité des domaines de l’éducation, de l’interprétation, des droits, des réseaux de contacts, des guides, de la participation personnelle et de la communauté, des problème sensoriels dans les communautés aborigènes, des questions médicales et de la technologie.
Une copie des minutes sur CD, coûtant 20 A$ peut être commandée à : Janne Bidenko
Janne a aussi des t-shirts de la conférence australienne , très chics à manches longues à 22A$ (dollars australiens) pièce et à manches courtes à 16A$. Les deux modèles ont devant le logo de la conférence et au dos les alphabets dactylologiques et Braille ( bleu marine impression jaune). Les casquettes avec " touch " en Braille sur le devant et logo de la conférence en jaune sont à 15A$. Les sacs de la conférence sont à 12A$ pièce. Frais de port en sus.
Besoins en services non satisfaits
Margaret Verick, la lobbyiste professionnelle du Forum australien de la cécité de Canberra, signale que l’institut australien de la santé (AIHW) a récemment indiqué que 519 millions de dollars de financement supplémentaire du Commonwealth et des états ou territoires pour besoins non satisfaits dans les services pour handicapés seraient applicables pour 2000-1 et 2001-2.
L’AIHW a entrepris une étude pour les Administrateurs nationaux des Handicaps afin d’étudier les effets d’un nouveau financement et d’estimer les besoins non satisfaits restants dans les services pour handicapés en Australie. L’étude apporte des informations pour les négociations du prochain accord sur le handicap Commonwealth – Etats/Territoires.
L’Australie a une population de plus de 19.2 millions d’habitants. On estime qu’environ 18% ont un handicap. Les résultats de l’étude révèlent que pour un jour-test en 2001, grâce au financement des besoins non satisfaits, 900 personnes de plus ont bénéficié de services de logement, 2350 autres de services d’aide sociale et 2425 autres de services d’accès. Cependant on estime qu’au minimum 12 500 Australiens handicapés ont encore besoin de services de logement et d’aide. On a besoin de 8200 places dans les services d’accès et 5400 personnes ont besoin d’aide à l’emploi. On peut consulter le résumé du rapport sur le site de l’AIHW :
www.aihw.gov.au . Il n’y a aucune indication sur le nombre de ces personnes ne bénéficiant pas de services qui sont sourdes-aveugles.Nouvelles du Conseil national
Le conseil d’administration du Conseil australien des sourds-aveugles (ADBC) pour 2002-3 se compose de Irene Mc Minn, Sven Topp et Di Hartmann , représentant les sourds-aveugles, et de trois autres membres – Mike Steer, Sharon Barrey Grassick et Meryle Trentini. Le conseil d’administration a réélu Irene McMinn comme présidente, Sven Topp vice-président, Sharon Barrey Grassick secrétaire et Meryle Trentini trésorière. ADBC cherche toujours un représentant des parents pour siéger au conseil d’administration.
Les adieux de l’ADBC à John Finch
C’est avec beaucoup de regret que l’ADBC, lors de son assemblée générale de 2002, a dit adieu à l’un de ses fondateurs, stimulateurs, et bienfaiteurs , John Finch, PDG de l’association des sourds-aveugles de Victoria. Les membres de l’ADBC du monde entier lui adressent tous leurs vœux de bonne retraite et espèrent lire bientôt l’histoire de la surdicécité qu’il prépare.
John Finch part en retraite
( Sharon Hillman ajoute sa contribution)
John Finch, Président Directeur Général de l’association des sourds-aveugles de Victoria, Australie, a pris sa retraite en juillet 2002.
M.Finch, qui a été PDG de l’association pendant 17 ans, a déclaré que c’était avec des sentiments mitigés qu’il avait annoncé son départ en retraite.
" Je suis très fier d’avoir travaillé avec un personnel et des bénévoles aussi dévoués. Personne ne s’investit plus qu’eux dans l’amélioration de la vie des personnes de la communauté sourde-aveugle. Les challenges et la satisfaction du travail dans un tel environnement me manqueront. "
La contribution personnelle de M.Finch à l’association a été très importante. Il s’est consacré sans relâche à faire connaître la communauté sourde-aveugle dans le gouvernement et dans le grand public. Sous sa direction, M.Finch a vu l’association grandir significativement en taille et en stature à la fois dans le cadre des associations à but non lucratif et en dehors, en restructurant l’organisation pour servir les personnes à handicaps multiples.
" L’association des sourds-aveugles s’est fait la réputation exceptionnelle de faire une différence dans la vie des gens atteints de surdicécité ou de handicaps multiples. Pendant ma retraite, entre mes expéditions en 4x4 et mes projets de voyage, j’ai l’intention de faire partager mes expériences en retraçant l’histoire de l’association des sourds-aveugles (DBA). "
Le conseil d ‘administration de l’association des sourds-aveugles a le plaisir d’annoncer que Celestine Hare, l’actuelle directrice générale, assumera la fonction de PDG à partir du 1er juillet 2002.
Mme Hare est à l’association depuis 14 ans – au poste de vice-présidente depuis 7ans ½ - et a dirigé les services directs aux clients de l’association pendant 5 ans.
Le conseil d’administration de l’association est sûr que ce sera une transition en douceur, car le processus de transmission est en cours. " M.Finch et Mme Hare se sont investis ensemble dans la DBA pendant de nombreuses années , et je suis sûr que l’avenir de l’association est en de très bonnes mains. J’espère que nous continuerons à travailler en étroite collaboration ", a expliqué M.Eddie Keir, président de l’association des sourds-aveugles.
République tchèque
Avis de recherche : Hôtes pour les vacances de l’été 2004 en
Europe !
Les vacances des sourds-aveugles d’un bout à l’autre de l’Europe, par Jan Jakes
Le 5e séjour de vacances pour les sourds-aveugles a eu lieu en Croatie en juin 2002., accueilli par l’association croate des sourds-aveugles : DODIR. Le prochain se tiendra en Pologne l’été prochain. Donc maintenant nous cherchons un organisateur pour l’année 2004, ainsi que pour les années suivantes.
Depuis 1997, les sourds-aveugles européens ont eu l’occasion de passer des vacances ensemble dans les séjours internationaux. Le programme des camps de vacances vise à offrir des activités sociales, culturelles, et autres activités de loisirs. Il y a des jeux de société, des bals, des excursions, et des visites de monuments, de musées et d’endroits beaux et intéressants . Les participants sourds-aveugles des divers pays et leurs interprètes ont le temps de bavarder, d’avoir des discussions amicales, des rencontres informelles, et l’occasion de partager leurs expériences personnelles. C’est vraiment intéressant de découvrir des gens, de faire connaissance et d’acquérir de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences en communication. Les autres activités sont amusantes et représentent aussi des défis ! Par exemple, nous avons essayé de faire du ski nautique en Suisse et appris à plonger en Croatie.
Le fait que les sourds-aveugles participent ensemble aux activités du camp leur remonte le moral tout en leur permettant d’apprendre de nouvelles choses qui rendent la vie plus intéressante.
Jusqu’à ce jour, les sourds-aveugles ont eu le plaisir de participer à cinq camps internationaux , qui étaient organisés par des associations nationales de sourds-aveugles. Les voici :
Propositions, offres, questions, commentaires et correspondance peuvent être adressés à : Jan Jakes,
c/o Association of the Deafblind
K Vodojemu 29
150 00 Praha 5
Email:
Kazakhstan
Meyrim – la première fondation pour les sourds-aveugles au
Kazakhstan,
par Galina Frolova, présidente de Meyrim
La première et la seule organisation caritative qui aide les sourds-aveugles au Kazakhstan a été fondée au début de 2001 par un groupe de personnes. Elle s’appelle Meyrim – Fondation publique d’aide sociale et de rééducation des personnes sourdes-aveugles. La fondation est située dans la ville d’Almaty, l’ancienne capitale du Kazakhstan. Galina Frolova, sourde-aveugle elle-même, est présidente de la fondation.
Depuis le début la fondation travaille bénévolement. Elle a de bonnes relations avec les associations pour les sourds et pour les aveugles dans la région. Actuellement, il y a 60 adultes sourds-aveugles et 40 enfants sourds-aveugles vivant à Almaty recensés par la Fondation. Ils ont des causes de surdicécité différentes. La Fondation a des informations sur d’autres sourds-aveugles vivant dans différentes régions du pays qui ne sont pas inscrits sur cette liste de recensement.
La fondation a réussi à établir de bons contacts avec la plupart des sourds-aveugles et familles d’enfants sourds-aveugles recensés. Nous avons un bureau où se tiennent les réunions du club de communication des sourds-aveugles. Ces réunions sont la première étape de la résolution du problèmes le plus compliqué pour les sourds-aveugles – communiquer et obtenir des informations.
Grâce à des donations de l’ambassade canadienne, la fondation a pu acheter l’équipement et le mobilier dont nous avions besoin. D’autres donations nous ont donné la possibilité de financer des fêtes et des activités de loisirs pour les sourds-aveugles et leurs familles, choses qui leur manquaient beaucoup.
Nous avons encore besoin d’informations et de matériel sur la façon dont les parents peuvent éduquer leurs enfants sourds-aveugles. Nous avons aussi besoin de conseils sur la manière d’aider les personnes ayant différentes causes de surdicécité.
Nous aimerions beaucoup avoir de vos nouvelles. Ecrivez à :
Galina Frolova,
Présidente de la Fondation " Meyrim ",
Bogenbay batyr str., 214
480012 Kazakhstan, Almaty
Email:
Roumanie
par Cristina Salomie, directrice de Sense International Roumanie
Notre priorité majeure pour cette année ( mis à part le partenariat avec le gouvernement roumain) est de créer un centre de jour pour un groupe de 29 adultes sourds-aveugles dans la région de Timisoara. Nous venons d’élire le coordinateur du groupe et nous sommes ravis de cette désignation. Geta-Cristina Manderscheid a 34 ans et est de Timisoara. Elle a une perte auditive profonde et une vision en tunnel et est mariée à un sourd. Geta-Cristina est diplomée de l’école professionnelle pour les sourds de Timisoara, où elle a eu une formation en bobinage. Elle a travaillé un peu dans une usine, mais comme elle avait de graves problèmes de vue, c’était difficile pour elle et elle a dû démissionner. Elle aime peindre et a beaucoup de talent. Elle est allée un an dans une école des beaux-arts mais elle n’avait pas assez d’argent pour finir ses études.
Sa principale difficulté est de communiquer avec les autres. Bien qu’elle ait fréquenté une école pour sourds, elle n’a pas reçu une éducation adaptée à son handicap complexe. Elle s’est toujours sentie isolée et frustrée de ne pas pouvoir communiquer avec les autres comme elle le voudrait. Geta nous a dit que le nouveau Centre de jour de Timisoara représente une oasis dans le désert de sa vie. Elle s’est déjà impliquée dans toutes les activités du centre de jour et, grâce à son enthousiasme et au soutien de son mari, elle est le moteur du groupe de sourds-aveugles de Timisoara. Comme elle a aussi des qualités de leader, elle est devenue la coordinatrice du groupe. Elle est très active, optimiste, sensible, pleine de charme et a un grand sens de l’humour. Elle se considère comme sourde-aveugle et est consciente de ses besoins très spéciaux. Nous sommes ravis de cette nouvelle nomination et nous espérons que le groupe va prospérer sous sa conduite.
Nous avons aussi élu Geta-Cristina comme membre du Comité consultatif de Sens International (Roumanie). Elle est très heureuse d’avoir été élue membre de notre comité. Elle a assisté récemment à une réunion et a dit par l’intermédiaire de son interprète qu’elle était heureuse d’avoir été traitée comme l’une d’entre nous et qu’elle pourrait représenter les sourds-aveugles dans toutes les activités du comité consultatif.
Cristiana Salomie
Directrice Sense International ( Roumanie)
Blv. Timisora 27
BI D, sc B, et.5, ap. 23
Bucharest
Email :
SUEDE
Sensation, perception et formation du sens par Anny Koppen, NUD
En coopération avec le Groupe de travail de DbI sur la communication et la surdicécité congénitale, le NUD ( Centre nordique de formation du personnel pour les services pour sourds-aveugles) a organisé une conférence sur le thème : sensation, perception et formation du sens chez les sourds-aveugles congénitaux. L’évènement a eu lieu à Gothenburg en Suède du 27 août au 1er septembre et a rassemblé environ 80 personnes. Le groupe de travail sur communication et surdicécité congénitale explore depuis quelque temps la formation du sens dans l’interaction communicative avec les personnes sourdes-aveugles congénitales et a suggéré de se focaliser sur deux concepts essentiels : le récit et l’intégration. En une rencontre entre le monde de la recherche et le monde de l’éducation des sourds-aveugles, ces deux concepts ont été examinés de différents points de vue , ce qui a amené des discussions en profondeur, de nouveaux centres d’intérêt communs et de nouveaux participants au Groupe de travail sur la communication.
Les interventions à la conférence seront publiées sur le site du NUD , sur www.nud.dk
Inde
par Akhil Paul, Binali Sundahani et Sumitra Mishra
Atelier de recyclage pour éducateurs de sourds-aveugles
Sense International ( Inde) a organisé un atelier de recyclage pour les éducateurs et coordinateurs de projet de toutes ses associations partenaires du 16 au 18 septembre 2002 à Mumbai. L’objet principal de cet atelier était la mise à jour des compétences des professionnels travaillant avec des sourds-aveugles. Plus de 40 professionnels de tout le pays y ont assisté. Les participants et les professeurs ont apprécié les nombreuses sessions interactives sur des sujets tels que l’évaluation, le planning du programme individuel, et le travail avec les familles etc. Une des sessions était consacrée aux initiatives de construction de capacités pour les participants. Les participants avaient beaucoup de problèmes pratiques à discuter au sujet des sourds-aveugles avec qui ils travaillaient. L’importance de construire des programmes de bonne qualité a été soulignée tout au long des sessions et tous les participants sont repartis avec des plans d’action bien définis qu’ils vont maintenant appliquer dans leurs programmes respectifs.
Réseau des éducateurs de sourds-aveugles
Educateurs, travailleurs sociaux de terrain et coordinateurs de projets se sont réunis le 19 septembre et après discussion ont formé le premier Réseau d’éducateurs de sourds-aveugles ! Le réseau permettra aux professionnels travaillant avec des enfants sourds-aveugles de partager leurs réussites et leurs problèmes, et d’apprendre mutuellement de leurs expériences. Le réseau fournira un tremplin pour l’évolution professionnelle de ses membres grâce à l’échange d’informations, aux opportunités de formation et au soutien mutuel de collègues ayant les mêmes préoccupations. Les activités du réseau seront déterminées par ses membres. La prochaine réunion du réseau est prévue en février 2003.
Visites d’information sur les sourds-aveugles
Il y a maintenant quelques années que les membres des équipes des nouveaux programmes pour sourds-aveugles visitent les organisations travaillant avec des enfants sourds-aveugles . Les visites sont organisées d’abord pour acquérir une expérience pratique de la gestion d’un programme pour sourds-aveugles et évaluer les nécessités et la logistique d’un programme durable. Ces programmes d’échange entre deux organisations permettent de créer un mécanisme de partage d’idées et d’expériences à long terme.
Quels sont les avantages ?
Le personnel de l’organisation visiteuse acquiert des informations et des connaissances sur divers aspects du travail avec les enfants et les familles et a des exemples pratiques et réussis de mobilisation des ressources dans la communauté. En même temps, l’organisation qui reçoit a l’opportunité de développer ses compétences en élaborant un programme pour les visiteurs. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur ses propres activités et de revoir son action et son rôle. Au cours des derniers mois, 5 organisations ont participé à un tel programme à des moments différents.
PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT PROFESSIONNEL 2003
Sense International, avec Sense Ecosse, organisera son 5e programme de développement professionnel (PDP) en septembre 2003.
Le PDP est un programme de formation et de développement professionnel de 6 semaines , au Royaume-Uni, qui donne l’opportunité aux professionnels du monde entier, de développer leurs compétences dans un domaine spécialisé de la surdicécité. Dans le cadre du programme, vous passerez 6 semaines au Royaume-Uni en septembre et octobre 2003.
Depuis son lancement en 1996, le PDP de Sense International a permis à plus de 22 professionnels de 13 pays différents de participer. Leela Agnes de l’Inde et Stella Kamau du Kenya ont participé toutes les deux au PDP de 2001.
" Le PDP m’a donné une vue très large sur une diversité de programmes différents " ( Leela Agnes, Inde)
" Le PDP a ouvert ma réflexion sur la fourniture de services aux sourds-aveugles d’une manière entièrement nouvelle " ( Stella Kamau, Kenya)
Le PDP donne aux professionnels l’opportunité de :
Pour tout renseignement complémentaire et pour les candidatures au PDP, veuillez prendre contact avec Emma Fisher à
La date limite pour les candidatures est le 28 février 2003.
NOUVELLES DES RESEAUX
Réseau emploi
Suite à une très bonne rencontre l’an dernier en Hollande, on a fait une demande de financement à L’Europe pour permettre aux membres du réseau emploi de se rencontrer et de développer les liens établis. Malheureusement , quoique la demande ait été reconnue valable, il n’y avait pas assez d’argent disponible, et donc elle n’a pas été financée. Ceci nous laisse dans une situation où du travail valable est fait dans beaucoup de pays , mais où il y a peu d’occasions de le mettre en commun.
C’est là que le réseau emploi peut jouer. L’emploi est si important dans la vie quotidienne des sourds-aveugles qu’il faut que nous partagions nos expériences et nos connaissances. Je voudrais avoir des nouvelles de quiconque s’intéresse aux problèmes de l’emploi afin qu’on puisse trouver un moyen d’échanger les informations. Peut-être pourrions-nous utiliser l’internet pour échanger nos idées. Il est possible de se réunir sur le net et de discuter idées et problèmes. Si vous êtes intéressé, envoyez-moi un Email à :
captaink48@hotmail.com et nous établirons un lien.Le réseau a été créé pour développer et promouvoir le bon usage dans le domaine de l’emploi. On nous a demandé de produire un document pouvant être utilisé par DbI pour cela, donc je souhaiterais avoir des nouvelles de quiconque voudrait échanger des idées avec les autres.
Les récents travaux au Royaume-Uni ont porté sur :
Si vous faites un travail similaire, ou si vous souhaitez
avoir des exemplaires des documents élaborés dans ces projets, contactez-moi.
Tony Kirk
Réseau EUSN ( Réseau européen sur le syndrome d’Usher)
Carol Brill Doran, secrétaire de l’EUSN, et Marylin Kilsby, membre de l’EUSN, s’occupent activement de l’organisation de la conférence de CAUSE, qui aura lieu du 27 au 30 mars à Hinckley, Leicestershiore.
Nous espérons qu’autant de membres que possible de l’EUSN pourront assister à cette conférence, car ce sera une bonne occasion d’étendre l’EUSN, à la fois en nombre de membres et en projets d’avenir.
Marylin Kilsby
Le réseau culturel nordique par Lone Poggioni (Danemark)
La Norvège, la Suède et le Danemark ont une longue tradition de coopération dans toutes sortes de projets, problèmes et sujets. Les gouvernements des trois pays collaborent étroitement et beaucoup d’ONG scandinaves se réunissent régulièrement pour échanger des informations et résoudre leurs problèmes communs.
Il était donc naturel que les organisations de parents des pays nordiques créent aussi une association. Elle a démarré formellement en 1993, et en 1998 il a été décidé de créer l’association culturelle nordique pour les sourds-aveugles congénitaux avec des professionnels et des artistes.
En 1999, il a été demandé à l’association culturelle nordique – en tant que groupe-réseau – de devenir membre du conseil de DbI. Nous avons été très honorés et avons accepté aussitôt.
L’association est dirigée par un conseil d’administration composé de 2 représentants de chacune des associations nordiques de parents. Elle a plusieurs objectifs :
C’est un grand plaisir pour l’association de donner aux sourds-aveugles congénitaux l’opportunité de développer des talents créatifs, et donc de leur donner l’opportunité d’apprendre, d’expérimenter, de s’exprimer et de communiquer avec le monde extérieur d’une nouvelle manière. Pourquoi est-ce si important de donner cette opportunité aux sourds-aveugles ? Parce que les sourds-aveugles sont comme vous et moi.
Chacun de nous s’efforce – d’une manière ou d’une autre – de trouver un modèle de vie, ou un modèle dans la vie. Une personne sourde-aveugle a son mode de vie particulier et sa propre façon d’expérimenter l’environnement comme tout le monde. Nous sommes certains que les sourds-aveugles connaissent plus de contradictions, de conflits et de paradoxes dans leur vie que nous n’en connaîtrons jamais.
Pour cette raison, les sentiments de discontinuité et de chaos sont peut-être les sentiments dominants chez les sourds-aveugles.
Nous nous sommes demandé s’il y aurait une chance qu’ils puissent extérioriser leurs passions, protestations et drames, et développer ces expressions dans des directions artistiques. On pense souvent que les artistes sont des gens très spéciaux, pas des gens ordinaires. Donc, nous nous sommes dit : pourquoi des gens spéciaux qui sont sourds-aveugles ne deviendraient-ils pas aussi des artistes ?
Pour un sourd-aveugle, être un artiste lui apporte plaisir et amitiés et il/elle est sûr d’avoir une meilleure qualité de vie.
Et, pendant ces 7 années, nous avons pu voir ceci se vérifier.
Nous avons commencé en été 96 par un stage. C’était un stage de sculpture dans le Gotland avec 6 participants qui fut une réussite. Donc en 1997, nous avons proposé deux stages – un de sculpture et un de danse. Les deux ont eu lieu dans le Gotland en Suède. 10 sourds-aveugles y ont participé.
Chaque année, nous avons développé nos stages et cette année il y aura 5 stages en Suède, en Norvège et au Danemark sur la sculpture, la danse et le théâtre, la musique et la sculpture dans la nature. Cette année, il y a eu 34 sourds-aveugles adultes qui y ont participé, ce qui fait un total de 140 participants depuis le début.
Notre conférence
Cette année, nous avons tenu notre 3e conférence. Elle a eu lieu en Suède et 54 parents de toute la Scandinavie y ont assisté. Son thème était l’exploration de l’essence de la surdicécité et de ce qui était important pour les parents d’enfants sourds-aveugles. Elle était aussi centrée sur la collaboration entre parents et professionnels et sur la communication par l’expérience commune.
Réseau adultes sourds-aveugles congénitaux (CDBAN)
Nous avons le plaisir de vous annoncer que le Réseau adultes sourds-aveugles congénitaux (CDBAN) se porte bien. Les 9 et 10 novembre 2002, un groupe de personnes intéressées d’Ecosse, Italie et France se sont rencontrées et ont dressé un plan de travail pour une série d’activités de réseau jusqu’en 2007. Ce plan d’action inclut les préparatifs de notre journée des réseaux à Toronto et une stratégie pour recueillir des informations par des vidéos d’interviews de parents, de prestataires de services, de professionnels et, si possible, de sourds-aveugles parlant en leur nom. Les questions posées se situent dans deux domaines principaux : prestation de services et structure, et indices de qualité de la vie. Nous sommes convenus qu’il est très important d’étudier les besoins et les ressources des sourds-aveugles congénitaux et de se servir de ces informations comme base de l’action future de notre groupe. Ces informations seront à la disposition de toutes les parties intéressées. Nous envisageons aussi un projet sur le passage à l’âge adulte des sourds-aveugles congénitaux et l’influence de l’âge qui pourrait exister.
Nous avons l’intention d’inclure quelques membres permanents supplémentaires dans notre réseau , familles et professionnels et si possible, usagers des services. Nous espérons voir beaucoup de monde à Toronto pour notre journée des réseaux.
Pour tout renseignement complémentaire, contacter Dominique Spriet par Email :
spriet.dominique@wanadoo.fr ou par fax : 33(0)1 45 89 03 00.ou bien Paul Hart à :
phart@sensescotland.org.ukRéseau MDVI ( Enfants déficients visuels multihandicapés) par Ken Lundvist
Un atelier sur l’évaluation visuelle pour les enfants et les jeunes déficients visuels multihandicapés s’est tenu du 11 au 15 décembre au Centre de ressources vision d’Orebro en Suède.
On y a accueilli des praticiens faisant quotidiennement des mesures de la vision des enfants déficients visuels multihandicapés. L’objectif était d’inviter deux membres de chaque organisation fondatrice à participer au réseau européen, afin qu’ils échangent leurs usages concernant les méthodes, objectifs et conséquences pratiques de l’évaluation visuelle chez les jeunes déficients visuels multihandicapés.
Rapport détaillé au prochain numéro.
Groupe d’études sur le syndrome d’Usher par Mary Guest
Depuis 1985, un groupe de personnes préoccupées d’améliorer la connaissance et la compréhension du syndrôme d’Usher se réunit tous les 2 ou 3 ans en Europe. La conférence mondiale de DbI se tenant au Canada en 2003, le réseau Groupe d’études sur le syndrome d’Usher de Deafblind International a pensé que c’était l’occasion de convier les participants nord-américains à étudier ensemble ce handicap. Les personnes atteintes de Usher, les familles et les professionnels sont invités à participer à un séminaire de 2 jours consacré aux échanges sur comment vivre avec un syndrome d’Usher et à la recherche médicale et scientifique actuelle sur ce thème.
Lieu et date
Le séminaire se tiendra au Delta Meadowvale Resort and Conference Center à Mississauga, Ontario, les samedi 2 août et dimanche 3 août 2003, juste avant la 13e conférence mondiale sur la surdicécité du 5 août 2003.
Programme du séminaire
Premier jour : recherche médicale et scientifique, et en particulier la question des familles impliquées dans les programmes de recherche.
Deuxième jour : manières et moyens de vivre avec un syndrome d’Usher.
Pendant ces deux jours, échange de vues et débats libres seront encouragés afin de stimuler réflexion approfondie et bon usage.
Les discussions porteront aussi sur l’encouragement de la création d’un groupe nord-américain sur le syndrome d’Usher et des relations internationales au sein de DbI.
Réseau communication tactile par Bernadette van den Tillaart
En mai 2001, 40 membres du personnel de différentes sections pour sourds-aveugles d’Europe ont été invités à une rencontre avec le Groupe de travail européen sur la communication. Lors de cette rencontre, l’initiative a été prise de former un groupe d’éducateurs intéressés par la façon dont les enfants sourds-aveugles apprennent à communiquer par la modalité tactile. Ces éducateurs sont : Barbara Bettenmann de Heim Tanne, Suisse, Barbara Miles de Vermont, USA, Bernadette van den Tillaart de l’Institut voor Doven, Hollande/Usa, Gunnar Vege de l’Andebu Dovblindesenter d’Andebu, Norvège, et Gabi van de Ven, de l’Institut voor Doven à St Michielsgestel, Hollande.
Au cours de l’année suivante, nous avons fixé les objectifs généraux et les idéaux du groupe de travail, et déposé notre candidature pour être reconnus en tant que réseau . Nous nous sommes sentis très soutenus lorsque le comité de direction de DbI a accepté notre demande de devenir un réseau.
En mai 2002, nous nous sommes réunis à l’invitation de Ton Visser de l’institut voor Doven, en Hollande. Pendant 3 jours nous avons parlé de nos expériences et de la façon dont les enfants sourds-aveugles congénitaux se servent du toucher, des modalités proprioceptives et kinesthésiques pour apprendre à communiquer. Nos discussions ont conduit à la formulation d’un thème de recherche que nous avons l’intention de traiter dans les années qui viennent. En gros cette question est : Comment les enfants sourds-aveugles congénitaux développent-ils des concepts sociaux par le mode tactile ?
Nous allons utiliser des études de cas et des analyses approfondies de vidéos d’interactions pour mieux comprendre comment les enfants sourds-aveugles congénitaux parviennent à se considérer comme des membres de systèmes sociaux. Nous remercions Hans van Balkom de l’institut voor Doven de nous avoir aidés à mettre au point ce projet et à trouver un financement.
En décembre 2002, nous nous réunirons à l’Andebu Dovblindesenter en Norvège, où nous serons accueillis par Knut Johansson. Le réseau communication tactile gardera des relations avec le groupe de travail européen sur la communication pour des échanges sur nos mutuels développements.
Nous souhaiterions échanger idées, expériences et informations. Nous invitons les membres de DbI à nous communiquer leurs observations, suggestions de lectures et questions se rapportant à notre sujet de recherche. Nous le faisons en espérant que notre recherche sera utile à la grande communauté des éducateurs d’enfants et d’adultes sourds-aveugles.
Contact : DbI- Tactile Communication Network
Bernadettevandentillaart@tiscalimail.nlLe réseau communication par Jacques Souriau
Le réseau communication s’est réuni récemment à Gothenberg, en Suède, le 1er septembre 2002, après avoir participé à la conférence " Sensation, perception et signification " organisée par le NUD. Suite à cette réunion, le NUD a publié sur Internet une mise à jour sur le réseau.
Les activités du réseau communication sont rendues possibles grâce à la collaboration du NUD ( Centre de formation du personnel des pays nordiques) et du CNEFEI ( Centre français d’études et de formation pour l’enfance inadaptée). Beaucoup d’autres organisations y contribuent également : Skadalen ( Norvège), IvD (Hollande), Spermalie ( Belgique) et le CRESAM (France). Il est important de noter que la majorité des organisations européennes s’occupant des sourds-aveugles s’impliquent en faisant participer leur personnel aux activités de formation du personnel.
Nos projets d’avenir comprennent un atelier spécialisé en mai 2003 qui étudiera les questions de communication et de signification. Nous projetons aussi un stage international, mais le contenu exact et la date n’en sont pas encore fixés.
Le réseau surdicécité acquise par Anneke Balder
Du 2 au 6 octobre nous avons organisé notre 4e séminaire à Zurich (Suisse). Près de 100 personnes de 12 pays différents y ont participé. Le thème était " les problèmes de la surdicécité acquise et les services des professionnels aujourd’hui ". Des séances plénières et des ateliers ont eu lieu sur ce thème. Au cours des 2 premiers jours, les discussions ont porté sur un inventaire des problèmes et le 3e jour le sujet des ateliers était la résolution des problèmes et l’organisation de l’avenir.
Les extraits des ateliers qui suivent vous donneront une idée de nos discussions.
Dépistage de la surdicécité chez les personnes âgées
Cet atelier examinait les outils de dépistage, en particulier une étude sur l’impact des handicaps associés sévères sur les conditions de vie et la qualité de la vie des personnes âgées en Norvège. Nous proclamons toujours que nous devons identifier les personnes âgées avec une double perte sensorielle, mais qu’avons nous à leur offrir après cette identification ? Existe-t-il des services, et si oui, lesquels ?
Un autre point important est que le système de santé considère les problèmes de vue et les problèmes d’audition, mais pratiquement personne ne réalise qu’un problème de vue et d’audition sur la même personne ce n’est pas deux handicaps séparés, mais c’est en réalité un seul handicap sévère.
Prise de conscience
Ce groupe a parlé des différents niveaux de conscience de la surdicécité et de l’importance que les sourds-aveugles soient au centre du processus de prise de conscience. Les programmes de formation peuvent aider à combattre la peur des sourds-aveugles chez les professionnels qui ont peu de connaissance des sourds-aveugles. Les sourds-aveugles doivent jouer un rôle central dans ces programmes de formation. On a insisté sur le rôle fondamental de l’information sur la surdicécité et les sourds-aveugles.
Relations entre sourds-aveugles et professionnels
Ce groupe a examiné le problème du conflit naturel entre les sourds-aveugles et les professionnels. Il y a un gros écart entre les attentes de la personne sourde-aveugles et les compétences du professionnel. Une personne sourde-aveugle se pose des questions sur sa vie ; le professionnel va l’aider avec des connaissances théoriques. Le challenge est d’arriver à un meilleur équilibre dans cette situation de conflit.
Relations entre professionnels
La discussion a porté surtout sur la surdicécité des personnes âgées.
La collaboration entre les professionnels est gênée par plusieurs facteurs :
L’opinion unanime a été que nous devrions prendre des initiatives pour mettre ce problème au programme international. Cela pourrait se faire d’en haut par une campagne dans les médias, et d’en bas par des activités de formation des aides à domicile et des familles. Dans tout le processus, le médecin était reconnu comme très important, parce que c’est lui qui fait le premier diagnostic.
Services d’aide
Cet atelier a étudié le système de la " personne de contact " qui existe au Danemark. D’après une loi spéciale sur les services sociaux, toutes les personnes sourdes-aveugles au Danemark ont droit à une personne de contact. Les rôles de la personne de contact sont si nombreux et si variés que chacun ( le sourd-aveugle et le professionnel) doit savoir ce que sont les tâches d’une personne de contact et ce qu’elles ne sont pas.
Services environnementaux et aides techniques
Ce groupe a examiné le problème des aides techniques et de l’équipement qui ne sont pas assez intéressants pour que les grosses entreprises commerciales y investissent. Donc, le marché est très limité. Il est important de coopérer entre les différents pays car se transmettre les informations sur les aides techniques qui ont été mises au point empêchera qu’on fasse la même chose à deux ou trois endroits.
Communication avec les personnes âgées sourdes-aveugles
Des exposés théoriques et des exemples de la vie quotidienne ont permis à ce groupe de discuter des idées suivantes :
En résumé : la réussite de la communication dépend énormément de la prise en compte des aspects narratifs de l’échange et de la sensibilité à la perspective de la personne sourde-aveugle.
Rééducation
Cet atelier a porté sur l’étude du cas d’une femme de 69 ans atteinte d’un syndrome d’Usher de type 2. Elle a des problèmes de mobilité.
Un modèle de rééducation dans lequel la question du patient est la base de la rééducation rend ce type de situation difficile à gérer.
La première étape est le développement de la confiance entre la personne sourde-aveugle et le professionnel. Ensuite, on peut créer une situation où le professionnel peut donner des informations sur le problème de mobilité. Après, la personne sourde-aveugle peut choisir une rééducation en mobilité ou non. Les professionnels doivent toujours respecter les souhaits du patient, même si c’est quelquefois difficile !
13e conférence DbI 2003
" La communication est la clé pour ouvrir les portes du monde aux personnes qui sont sourdes-aveugles "
Message de la présidente de la 13e conférence mondiale de DbI :
Au nom de l’association canadienne des sourds-aveugles et rubéoliques et de la commission d’organisation de la conférence de DbI, je vous invite à venir à Mississauga, Ontario, Canada, du 5 au 10 août 2003, pour assister à la 13e conférence mondiale de Deafblind International (DbI) sur la surdicécité.
Nous sommes heureux d’en être les hôtes et d’accueillir collègues, familles et personnes sourdes-aveugles du monde entier qui viennent assister à cet événement au Canada, où il se tient pour la première fois.
Au moment où j’écris, il nous reste environ 8 mois pour faire de cette conférence un événement dont vous vous souviendrez vraiment.
La commission scientifique vous promet un programme riche et varié suite au succès incroyable de son appel à communications, qui a entraîné plus de 200 propositions d’interventions de personnes de 27 pays et de 6 continents. Le fait de voir ces communications du monde entier m’a encore confortée dans l’idée que les problèmes de ce handicap sont similaires et que nous sommes solidaires internationalement !
Nous avons prévu une gamme intéressante d’événements pré-conférence, dont :
Alors que le programme de la conférence est encore en préparation, je vous communique les titres des séances plénières envisagées : " Célébration de la communication dans le monde ", avec des intervenants d’Europe de l’est, d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et du Canada ; " De la recherche à la pratique et de la pratique à la recherche " ; " Les relations sont la clé de la communication " ; " Communication et collaboration sont les clés du combat pour la qualité ", et la séance de clôture : " Ouvrir les portes de l’avenir ".
Je voudrais vous rappeler quelques dates limites à respecter :
Nous pensons qu’un programme préliminaire de la conférence sera disponible à partir du 1er avril 2003, et sera envoyé à tous les inscrits à la conférence.
Surveillez votre courrier, vous aurez un mailing de la Conférence avant la fin de l’année, et reportez-vous au site web de la Conférence pour les dernières informations.
Linda Mamer – Présidente de la Conférence
Mise à jour du site de DbI
Malcolm Matthews est le responsable de l’information de DbI et est chargé du site web de DbI. Malcolm aura une chronique régulière pour tenir au courant les lecteurs de DbI Review et pour encourager votre participation
" Nous voulons faire du site web une source d’information utile et un outil pour ceux qui travaillent dans le domaine de la surdicécité dans le monde entier ".
Le site est à :
www.deafblindinternational.orgL’assistance technique est assurée par Sense International Inde.
Quoi de neuf ?
A l’avenir, une nouvelle rubrique sera créée sur la reconnaissance de la surdicécité et la promotion des questions concernant la surdicécité dans différents pays. Le but est de fournir du matériel qui permettra aux gens d’organiser des campagnes et de faire pression pour la reconnaissance de la surdicécité et du besoin en services pour les sourds-aveugles dans leurs propres pays. L’information sur ce qui s’est passé ailleurs est souvent très utile quand on essaie d’apporter du changement dans son propre pays.
La majeure partie du site www.deafblindinternational.org est en Anglais. Mais nous espérons qu’il y aura bientôt une version française du site. Vous aurez d’autres informations lorsqu’elle sera lancée.
Nous avons d’autres idées mais ce qui va arriver dépend de vos contributions ! A bientôt dans le cyberespace !
Malcolm Matthews
mmtthews@sense.org.uk
Les prix DbI 2003
Avec la conférence mondiale qui approche, les propositions de nomination pour le Lifetime Achievement Award et pour le DbI Distiguished Service Award sont activement recherchées.
Lifetime Achievement Award
A chaque conférence mondiale, un Lifetime Achievement Award sera remis à une/des personne/s qui a/ont apporté une contribution exceptionnelle aux services pour sourds-aveugles au niveau national et international. Ce prix est destiné à être remis vers la fin de la vie professionnelle de la personne et ne sera attribué qu’occasionnellement et lorsque cela sera jugé nécessaire. C’est un nouveau prix de DbI et il n’a encore jamais été attribué.
Distinguished Service Award
Ce prix sera attribué plus fréquemment que le Lifetime Achievement Award. Il sera remis à des personnes qui ont apporté une contribution importante dans le domaine de la surdicécité , ou à DbI, au niveau international. Ce prix sera remis à une conférence régionale ou mondiale. Les récipiendaires précédents sont : Joan Shields, Edward Waterhouse, Jan van Dijk, John McInnes, Rodney Clark, Sonja Jarl, Norman Brown, Anthony Best, William Green, Mike Collins, Jacques Souriau, Beroz Vacha, Sadako Imamura, Dietrich Bunck et Marjaana Suosalmi.
Propositions
Le comité directeur a nommé Richard Hawkes et William Green à la commission des prix. Toute communication à ce propos doit leur être envoyée par l’intermédiaire du secrétariat de DbI (
dbi@sense.org.uk) .La date limite pour les propositions de candidats est le 15 février 2003.
Pour proposer quelqu’un, veuillez indiquer brièvement qui vous êtes et qui vous proposez et pourquoi. Vous devez aussi joindre une biographie de cette personne.
Ces informations doivent être envoyées au secrétariat de DbI (
dbi@sense.org.uk) le 15 février 2003 au plus tard.William Green ( vice-président de DbI)
et Richard Hawkes ( secrétaire de DbI)
Nouvelles du Comité directeur et du Conseil
Nous avons la joie de vous annoncer la naissance de Scarlett, fille de la secrétaire de DbI Emanuela Brahamsha, le 16 septembre . Félicitations à Emanuela et tous nos voeux pour elle et pour Scarlett. En l’absence d’Emanuela, Richard Hawkes fera office de secrétaire jusqu’à nouvel ordre.
Les dernières réunions du comité directeur et du conseil ont eu lieu à Athènes, en Grèce, les 20 et 21 septembre. Les deux réunions ont été très réussies et ont coïncidé avec deux importantes activités : d’abord, l’ouverture de la toute première section pour sourds-aveugles en Grèce, l’Unité pour l’Education des Sourds-Aveugles ; et deuxièmement, le déroulement d’un certain nombre de séminaires de formation sur la surdicécité pour spécialistes. Pour plus de renseignements sur ces activités, voir l’article de Menelaos Tsaoussis dans ce numéro. DbI voudrait dire un grand merci à toute l’équipe de l’association grecque des parents, tuteurs et amis des enfants sourds-aveugles et à tout le personnel du Centre d’éducation et de rééducation des aveugles (K.E.A.T.) pour la chaleur de leur hospitalité au cours du séjour à Athènes.
Modification de la constitution de DbI
Suite aux discussions de la dernière réunion du Conseil, les membres ont accepté à l’unanimité une proposition du comité directeur de modifier la constitution de DbI – afin que le nombre de vice-présidents élus de DbI passe de un à deux. La constitution a maintenant été modifiée et 2 nouveaux vice-présidents seront élus à la conférence mondiale au Canada en août 2003.
Elections de DbI 2003
De nouveaux membres du conseil seront élus à la conférence mondiale au Canada. Un comité des nominations a été constitué pour faciliter la procédure. Si vous voulez avoir votre mot à dire sur qui est élu, devenez membre votant dès aujourd’hui ! Contactez le secrétariat à
dbi@senseinternational.org.uk pour savoir comment inscrire votre organisation comme membre votant institutionnel. Toutes les candidatures doivent arriver le 31 décembre au plus tard.Mise à jour des adhésions
Il y a actuellement 564 membres de 76 pays différents. Un rappel de renouvellement des cotisations sera envoyé en janvier 2003. Il est impératif que vous renouveliez votre inscription pour l’année prochaine le plus tôt possible. Les membres qui n’inscrivent pas leurs coordonnées seront supprimés de la base de données.
Secrétariat de DbI
Si vous avez des questions sur DbI, n’hésitez pas à les adresser à Emma Fisher au secrétariat. On peut la contacter par Email à
dbi@senseinternational.org.uk ou par courrier à : DbI Secretariat, 11-13 Clifton Terrace, Finsbury Park, London N4 3SR.Site web de DbI
Nous sommes heureux de vous annoncer que le site web fonctionne à nouveau. Rendez-vous sur
www.deafblindinternational.org pour les dernières nouvelles et les informations sur DbI.Mise à jour sur la planification stratégique
A la suite des recommandations de Marjaana Suosalmi, les membres du conseil et du comité directeur ont accepté que DbI pose sa candidature aux Nations Unies à titre consultatif. Nous espérons que cela apportera à DbI une meilleure reconnaissance au niveau mondial. En outre, et dans ce cadre, le responsable de l’information de DbI, Malcolm Matthews, rédigera un certain nombre de déclarations de principes et de fiches. Ceci comprendra des études de cas soulignant la manière dont les choses ont évolué dans les différents pays, tout en se demandant dans quelle mesure la surdicécité est reconnue dans ces pays.
Pouvez-vous accueillir la conférence mondiale en 2007
Cela peut paraître loin, mais nous invitons actuellement les organisations à soumettre leurs candidatures pour accueillir la conférence mondiale en 2007. Si vous êtes intéressé, contactez le secrétariat pour savoir comment poser votre candidature. Toutes les candidatures doivent être envoyées au secrétariat pour le 15 février 2003.
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Janvier-juin 2003
DbI Review
Le Magazine International des Sourds-AveuglesSommaire
Message du Président
Le rôle de partenaire dans les moments de communication avec un sourd-aveugle
:
Paul Hart
Cours de sculpture dans la nature : Jan Ole
Johnsgaard et Lone Poggioni
L’école dans la gare : Beatriz Zoppi
Le Centre de la Sculpture Polonaise : Eva
Niestorowicz
La canne rouge et blanche en République Tchèque :
Jan Jakes
Meyrim est la lueur d’espoir : Galina Frolova
Définition de la surdicécité :
Jan Jakes
Nouvelles régionales
Australie
Inde
Croatie
Amérique latine
Russie
Pays Nordiques
Slovaquie
Amérique latine
Catalogne
Ecosse
Kazakhstan
Nouvelles des réseaux
Conférences et vacances
Vacances pour les sourds-aveugles
Danemark
NUD
CAUSE
Espagne
Canada
Nouvelles de l’administration
Merci Mike !
Formulaire d’adhésion
Message du président
En écrivant ce dernier message ( mais que dis-je, j’espère que
ce n’est pas le dernier !) je me réalise à quel point le temps a passé vite. Me
voici à la fin de mes quatre ans à la présidence, précédés de huit ans à la
vice-présidence de DbI .Douze ans ont donc passé depuis la première fois que
j’ai accepté d’être administrateur, à la conférence d’Orebro. Cela semble
presque impossible, comme mes enfants terminant leurs études, se mariant et se
lançant dans leurs propres carrières d’enseignants ou d’économistes. Ce sont des
étapes qui nous rappellent nos propres changements et la vitesse folle à
laquelle le temps passe. Lorsque j’ai assisté pour la première fois à une
conférence de DbI à Hanovre, en Allemagne, je me sentais comme un petit enfant
dans ce domaine ; je dois dire que maintenant j’ai l’impression d’être un des
grands-pères !
Ce n’est pas avec regret, mais plutôt avec impatience, que je passerai au rôle
de " dernier président ". Cela voudra dire que je suis toujours impliqué dans
les rouages internes de DbI , mais sans toute la responsabilité d’en être le
principal décideur. Je viens toujours à table, mais je ne mange que ce que je
veux !
Au cours des 4 dernières années, nous avons assisté à beaucoup de changements, à
la fois à DbI et dans l’ensemble du monde. Nous avons tant bien que mal survécu
à la démission d’un très grand leader en la personne de Marjaana Suosalmi. Pour
compliquer les choses, nous avons aussi subi le départ à la retraite du pilier
de notre organisation pendant ces dix dernières années, en la personne de notre
secrétaire Rodney Clark. Heureusement, nous avons vu arriver d’autres grands
leaders pour aider notre organisation, des nouveaux dans l’administration de DbI,
comme Ton Visser, Emanuela Brahamsha, Richard Hawkes, Anny Koppen, ainsi qu’une
gestionnaire très capable , en la personne d’Emmy Fisher. Grâce à leur fort
soutien et à celui d’autres vétérans comme Malcolm Mattews, Eileen Boothroyd et
William Green, nous avons bien tenu le coup pendant ces changements. DbI a
continué à prospérer, sur des bases financières solides, et reste centrée sur
ses objectifs d’origine, grâce au travail acharné et au dévouement de ces
personnes. Nous leur devons tous énormément de gratitude pour leurs
contributions pendant cette période.
Ces dernières années n’ont pas été des plus simples en ce qui concerne l’état du
monde. Les problèmes de guerre, de terrorisme et de santé ont eu un effet
incontestable sur notre travail, et sur les aspects positifs de la
mondialisation au royaume des services humains. Nous avons tous connu
l’inquiétude et l’anxiété causées par les actes de violence et d’agression, et
certains d’entre nous ont été forcés d’annuler des travaux très important à
cause de ces forces. De même, notre conférence mondiale est restée incertaine
jusqu’à ces derniers temps à cause de l’épidémie de SRAS et de ses conséquences
au Canada. Lorsque nous avions choisi le Canada, il y a quatre ans, comme lieu
de notre prochaine conférence mondiale, nous pensions en toute confiance que
c’était un choix sans danger. Comme on dit chez moi, " Qui l’eût cru ? ".
Pas étonnant que nous ayons des cheveux blancs.
Si nous avons tiré une leçon de ces temps difficiles dans notre organisation et
à l’extérieur, c’est que nous devons garder notre cap, et continuer à avancer,
avec tout l’enthousiasme et toute l’énergie que notre travail crée pour nous.
Nous avons vu le monde changer en mieux dans la dernière décennie, en
particulier dans le domaine que nous concerne. Assurons-nous que l’éducation et
les services pour les sourds-aveugles continuent à s’améliorer encore plus dans
les années à venir.
Merci à chacun d’entre vous pour le soutien que vous m’avez apporté pendant ces
années. J’espère que nous allons continuer à travailler ensemble.
Editorial
Le " travail en partenariat " est le thème récurrent de ce
numéro, qui célèbre les réussites de sourds-aveugles et de leurs amis, familles
et collègues travaillant ensemble pour faire bouger les choses !
J’admire depuis longtemps le travail du Réseau culturel nordique pour sa
capacité d’inspirer, et de produire un art qui lui-même inspire ! Le Réseau a un
programme important d’évènements chaque année, et nous en avons un écho : les
stages de sculpture dans la nature en Norvège, qui sont évoqués cette fois. En
Europe de l’est aussi, les artistes polonais travaillent en partenariat avec les
sourds-aveugles et leurs massives et monumentales sculptures d’argile sont le
sujet d’un article passionnant qui parle de la spiritualité personnelle et du
pouvoir de l’attitude " peut le faire " de leurs partenaires artistes
polonais. L’article de Paul Hart , dont le sujet est" partenaires dans la
communication ", contribue à la réflexion actuelle dans ce domaine important.
Nous avons notre courrier habituel du monde entier et notre tout premier article
du Kazakhstan sur une nouvelle association, et une proposition pour un nouveau
réseau DbI – pour les frères et soeurs.
Merci encore à tous pour votre aide, nous espérons avoir de vos nouvelles – sur
votre travail, votre famille ou votre service ! Si vous avez la chance d’aller
au Canada, j’espère vous y rencontrer.
Eileen et Frances
PARTENAIRES de COMMUNICATION
Le rôle de partenaire dans les moments de communication avec
un sourd-aveugle
par Paul Hart
Paul est actuellement responsable du développement des méthodes pour Sense Ecosse à Glasgow, où il passe beaucoup de son temps à élaborer et à donner des cours de formation, à aider au développement de stratégies de communication avec des individus, et à réfléchir à de nouvelles façons de soutenir les gens ayant des difficultés multiples. Dans cet article, Paul examine la notion de partenaires de communication en se basant sur sa propre expérience.
Rodbroe et Souriau (2000) soutiennent que les enfants
sourds-aveugles ont besoin de l’intervention constante de partenaires de
communication si on veut qu’ils développent des compétences de communication.
Cette intervention doit être basée sur la manière naturelle dont tous les
enfants apprennent à communiquer et, en s’appuyant sur Vygotsky, ils affirment
que le rôle du partenaire est de découvrir, puis de soutenir les nouvelles
compétences émergentes, mais jamais de former des compétences qui ne sont pas
prêtes à émerger. Vygotsky éclipse aussi la notion de " communication
co-créative " (Nafstad et Rodbroe, 1999), mais ils s’inspirent aussi du concept
d’ " échafaudage " pour décrire le rôle du partenaire , ce qui suggérerait que
le partenaire de communication est le plus compétent.
Cette revue traite de l’importance de considérer le développement des enfants
sourds-aveugles dans une perspective sociale constructiviste, mais vise aussi à
examiner ce que cela pourrait suggérer pour les relations existant entre les
sourds-aveugles et leurs partenaires de communication. Vygotsky ( 1999) a décrit
la Zone de Développement Proximal comme la distance entre le niveau de
développement réel et le niveau de développement potentiel des enfants. Cet
écart est comblé avec l’aide d’autres plus compétents. Brownell et Carriger
(1998) suggèrent aussi que les relations sociales sont le contexte dans lequel
se forme la connaissance. Ceci est repris par Meadows (1999) qui considère que
les capacités cognitives ne sont pas " internes et individualistes " mais se
construisent dans les interactions avec l’environnement. Tout cela est pertinent
pour les enfants sourds-aveugles, en particulier si nous nous référons à
l’opinion de Macmurray , selon qui " l’unité de l’existence personnelle n’est
pas l’individu mais deux personnes dans une relation personnelle ". (Faulkner et
Woodhead, 1999).
Cependant, lorsque nous commençons à examiner l’idée de Vygotsky selon laquelle
l’instruction donnée par d’autres plus compétents est la caractéristique
centrale du processus d’apprentissage dans la zone de développement proximal
( ZDP) , cela soulève un certain nombre de questions sur la façon dont les
sourds-aveugles apprennent à communiquer. Wood (1988) suggère que
l’apprentissage est " échafaudé " ; Rogoff &al. (1998) proposent le terme de
" participation guidée " ; Tharp et Gallimore (1998) décrivent une " performance
assistée " et Mercer ( 1995) insiste sur la manière de guider les enfants pour
" construire la connaissance ". De quelque manière que le processus
d’apprentissage soit décrit, il y a l’hypothèse sous-jacente que l’autre plus
compétent a un objectif en tête.
L’idée de Tharp et Gallimore que la " réinvention guidée " dénote à la fois un
apprentissage social et des arguments cognitifs constructivistes, ainsi que
l’idée complémentaire que les enfants n’inventent pas le langage pour eux-mêmes
( Faulner et Woodhead, 1999), délimitent ce défi auquel font face les
sourds-aveugles dans leur voyage vers le langage. Tous les langages naturels ont
comme principal moyen de transmission l’ouie ou la vue et Vonen et Nafstad
(1999) disent qu’aucun langage tactile naturel ne s’est jamais développé nulle
part . Donc , si les enfants sourds-aveugles ne peuvent pas construire un
langage pour eux et qu’ils ne peuvent pas simplement apprendre la langue de la
culture dominante, quel type d’apprentissage devra-t-il y avoir et qu’est-ce que
cela indique sur les processus d’apprentissage impliqués ?
Rogoff & al. ( 1998) expriment la réserve qu’en étant trop centré sur
l’apprentissage de la lecture et des compétences langagières adaptées à une
éducation formelle, l’ " échafaudage " suggère qu’il faut suivre un chemin
particulier. Il peut y avoir encore plus de critiques si l’on considère les
barrières qui existent pour une personne sourde-aveugle qui essaie d’accéder au
langage. Donc, peut-être qu’une relation asymétrique qui guide un sourd-aveugle
vers la langue utilisée par le partenaire de communication n’est pas le meilleur
modèle pour le développement des compétences de communication ? Des relations
symétriques pour des sourds-aveugles suggéreraient un certain nombre de
barrières insurmontables , donc la littérature sur le sujet peut-elle nous
diriger vers le type de ZDP à deux faces décrite par Brown ( Séminaire DbI,
2001), où dans tout interaction il y a une ZDP pour la personne sourde-aveugle
et une ZDP parallèle pour le partenaire de communication ? Peut-être la personne
voyante et entendante a-t-elle autant à apprendre de la personne sourde-aveugle
et sur elle que l’inverse.
Brownell et Carriger (1998) se demandent quel type de conflit cognitif pourrait
être engendré chez l’expert qui échafaude l’apprentissage pour un novice.
Cependant, tout en considérant qu’il y a apprentissage pour les deux
participants, ils voient toujours une relation asymétrique. Wood ( 1998)
donnerait aussi la priorité au rôle de l’éducateur, même s’il suggère que
" l’enseignement donne des opportunités d’acquisition de la connaissance ". Moll
et Whitmore (1998) proposent une " ZDP collective " où il y a une
interdépendance des adultes et des enfants suggérant que le système
socioculturel est créé mutuellement par les enseignants et les apprenants. Tharp
et Gallimore (1998) caractérise la ZDP comme une série de délimitations
progressives qui sont l’expression des activités et des relations sociales de
l’enfant. (Faulkner et Woodhead, 1999) . Donc peut-être qu’en établissant la
communication, nous verrons la possibilité d’estomper la distinction entre les
rôles joués par les sourds-aveugles et leurs partenaires de communication.
Mais qu’est-ce que la communication ? Ici, elle sera simplement définie comme
des partenaires essayant de développer une compréhension commune. Göncü (1998)
décrit cela comme l’intersubjectivité, " l’adoption d’un centre d’attention
commun et d’un accord sur la nature de la communication ". Rodbroe et Souriau
(2000) étudient la distinction faite par Trevarthen et Hubley entre
l’intersubjectivité primaire et l’intersubjectivité secondaire, en soulignant
qu’au premier stade , les émotions partagées, le sujet abordé et les énoncés
utilisés, tout provient de la " communion entre les deux partenaires ". Si,
comme le suggère Göncü (1998), on atteint l’intersubjectivité par
" reconnaissance et coordination d’intentions " cela n’implique pas
immédiatement d’aller vers le langage employé par le partenaire de
communication. Comment l’enfant sourd-aveugle peut-il accepter un tel langage
s’il est en grande partie inaccessible ? Au lieu de cela, les possibilités de
négocier des significations communes et de co-créer des langages communs restent
ouvertes. Nadel et Camaioni (1993) ont suggéré qu’un moment de communication est
" un processus d’adaptation en ligne l’un à l’autre dans lequel les intentions
et les émotions sont partagées et négociées".
Göncü (1998) souligne l’importance de la " prolepse " pour atteindre à
l’intersubjectivité, où les deux participants font un effort pour se comprendre
l’un l’autre et le locuteur présuppose que l’écoutant a des connaissances
préalables pas encore initiées à la conversation. Il décrit cette dernière comme
" basée sur la foi dans un monde partagé ". Rogoff & al. (1998) décrivent des
principes de communication selon lesquels le locuteur devrait être sensible au
point de vue et aux connaissances de l’écoutant, et c’est un thème repris par
Stone (1998) qui considère que la confiance mutuelle est un élément essentiel
dans le processus pour parvenir à l’intersubjectivité. Stone propose d’autres
liens entre la prolepse et la notion de participation guidée de Rogoff & al.
(1998), en disant que les adultes et les enfants doivent trouver un terrain
commun, permettant de faire le lien entre le connu et le nouveau à venir. Stone
est en faveur d’ " un processus interpersonnel fluide dans lequel les échanges
communicatifs des participants servent à construire une perspective mutuelle en
constante évolution sur la façon de réussir la situation actuelle ". Ceci
suggère un degré de symétrie dans les relations qui est très éloigné de la
notion de l’autre plus compétent de Vygotsky.
Les relations symétriques sont une caractéristique essentielle de la
communication co-créative ( Nafstad et Rodbroe, 1999) et Nafstad (2000) dit
qu’un des rôles des partenaires est simplement de reconnaître la personne
sourde-aveugle comme une version extraordinaire de nous-mêmes. Ceci entraîne
l’égalité dans la relation. La suggestion " d’adaptations mutuelles dans la
communication " pour combler l’écart , de Rogoff & al., les " adaptations
continuelles " en réponse directe à l’apprenant de Tharp et Gallimore (1998), et
Brownell et Carriger examinant comment les apprenants structurent ensemble leurs
activités (1998), tout cela va vers une reconnaissance des rôles importants et
égaux joués par les deux participants dans un échange dyadique.
Shaffer (1996) examine aussi le rôle actif joué par les deux participants dans
les moments en commun. Et bien que Moll et Whitmore (1998) reconnaissent que
l’emphase est mise en général sur la transmission des compétences de l’adulte à
l’enfant, ils suggèrent qu’une conception plus transactionnelle de la ZDP est
possible, " qui soit centrée sur la construction du sens " et après tout " la
recherche d’une signification commune est dans la nature de la communication
humaine " ( Rogoff & al., 1998).
Meadows (1999) parle de la " différence évidente " entre les individus dans leur
développement cognitif, ce qui ressemble aux arguments de Wertsch et Tulviste
(1998) qui jugent " plus approprié de caractériser le fonctionnement mental des
individus en termes d‘hétérogénéité ". Tout comme beaucoup d’auteurs soulignent
les variations du développement dans les différentes cultures ( Schaffer, 1996 ;
Cole, 1998), nous devons tenir compte des différences qui existent certainement
dans la manière dont les personnes atteintes d’un double handicap sensoriel
apprennent à communiquer. Nous devrions relever le défi d’essayer de " capter
les faits " concernant les différences dans le développement entre les voyants
et entendants et les sourds-aveugles, sans " être en proie à des hypothèses "
selon lesquelles la langue de la culture dominante est supérieure. (Wertsch et
Tulviste, 1998).
Avec en arrière-plan l’idée que " la culture est un moyen et pas une variable
indépendante " (Cole, 1998), les commentaires de Visser (1999) sur la méthode
" ancienne " d’enseignement du langage aux enfants sourds-aveugles pourraient
suggérer qu’avant les éducateurs considéraient les handicaps sensoriels comme
" une variable indépendante " plutôt que comme une partie intégrante de
l’enfant. Cependant il semble clair que l’absence de vision et d’audition d’un
enfant ne peut pas être autre chose qu’un moyen par lequel passent toutes les
informations. Nous ne devrions pas considérer la surdicécité comme un état
négatif dans lequel la vue et l’ouie n’existent pas, mais plutôt comme un état
positif dans lequel le toucher est la source prééminente d’information. Cela
indique immédiatement les manières de canaliser l’information. Si les gens
apportent ce qu’ils sont déjà dans les relations dans lesquelles ils prennent
part ( Stone, 1998 ; Brownell et Carriger, 1998), toutes les chances seront
contre la personne sourde-aveugle si le partenaire de communication ne veut pas
la considérer comme co-contributeur d’actes communicatifs dans cette relation.
Brownell et Carriger (1998) disent que ce que les enfants retireront des
collaborations variera en fonction de ce qu’ils y apportent. Cela peut également
nous amener à nous demander ce qu’un partenaire de communication doit apporter
dans une relation avec un sourd-aveugle pour arriver à une rencontre réussie
conduisant à une compréhension entre les deux participants.
Moll et Whitmore (1998) décrivent comment l’éducateur peut " participer " à un
cours, où la guidance est incluse dans les activités, et cela rappelle les
conseils de Rodbroe et Souriau selon lesquels un partenaire doit créer un
" contexte naturel " pour le développement de la communication. Moll et Whitmore
(1998) suggèrent qu’un éducateur doit permettre , et encourager, le partage du
pouvoir entre lui-même et les apprenants. Faire confiance à l’apprenant est un
thème central pour cette position. On le retrouve à la base de la recommandation
de Rodbroe et Souriau selon laquelle le partenaire doit être sensible aux
contributions de la personne sourde-aveugle, voulant à la fois diriger et être
dirigée. De même, Hoogsteder & al. (1998) indiquent que dans toute analyse
d’apprentissage, l’objectif ne doit pas être unidirectionnel. La régulation
commune d’une activité est une caractéristique essentielle , et ils proposent
trois modes différents de catégorisation de la distribution des rôles dans les
interactions :
Rodbroe et Souriau (2000) considèrent que " la manière
naturelle d’apprendre est de jouer " (2000) donc ils insistent sur le mode
joueur et ont une attitude critique à l’égard du domaine de l’éducation des
sourds-aveugles pour son insistance passée à considérer la communication comme
un simple système de messages. Ils pourraient y voir le " mode performant et
économique " où l’adulte essaie d’imposer le langage à un enfant, sans
s’intéresser obligatoirement à la création de " moments communicatifs prolongés
et joyeux " , ce qui après tout est peut-être le but initial d’un enfant. (Tharp
et Gallimore, 1998). Rodbroe et Souriau (2000) disent que la responsabilité de
prolonger ces moments incombe essentiellement au partenaire de communication.
Comme les deux participants " doivent construire leurs objectifs ... sur place "
et que ces objectifs " émergent de l’interaction de la dyade elle-même " (Hoogsteder
& al., 1998) il semble clair qu’en prolongeant l’interaction il y aura plus de
possibilités d’arriver à une harmonie émotionnelle , de négocier des
significations communes et de développer une attention conjointe. Il n’y a pas
de façon prédéfinie de le faire (Hoogsteder & al., 1998) et " il ne sera jamais
possible de créer un programme indiquant quoi faire et quand dans des événements
communicatifs ". ( Rodbroe et Souriau, 2000). Un certain nombre de méthodes sont
indiquées permettant aux partenaires de développer des énoncés produits par une
personne sourde-aveugle, encourageant ainsi une continuation des épisodes
communicatifs. Best (2000) dit qu’un partenaire compétent sera capable de
" lire " l’enfant et de se conduire d’une manière suffisamment semblable pour
que l’enfant ait l’expérience du rapport – de la dépendance entre soi et
l’autre. Cela rappelle l’indication de Bruner qu’un éducateur doit " diriger en
suivant ". (Wood, 1998). Le rôle du partenaire de communication compétent n’est
donc pas de guider la personne sourde-aveugle vers une destination donnée, mais
de suivre l’exemple de la personne sourde-aveugle et , ce faisant, de créer un
nouveau moyen négocié de communication.
Bien que les relations asymétriques aient été le point de départ de cette revue
de la littérature sur le sujet, il semble que la symétrie puisse fournir une
base plus fructueuse pour la communication en co-création. Néanmoins, il y a un
rôle à part que doit jouer le partenaire de communication, mais les lacunes de
nos connaissances actuelles sur la possible application des ZDP aux
sourds-aveugles laissent sans réponse quelques questions sur la nature exacte de
ce rôle. On se pose des questions sur la manière dont de jeunes enfants ,
oralisés au minimum, peuvent reconnaître des indices sociaux et communicatifs
pour établir une référence commune et négocier des significations. ( Brownell et
Carriger, 1998). On a aussi besoin de recherches supplémentaires sur la manière
dont les jeunes enfants utilisent les messages non verbaux métacommunicatifs
pour créer un langage pour rire. (Göncü). Enfin, Rogoff & al. indiquent que
" les bébés qui sont en contact corporel presque constant avec leur mère peuvent
arriver à une communication efficace par contact tactile dans les mouvements et
changements de posture ". (1998) . Peut-être les sourds-aveugles savent-ils déjà
reconnaître et utiliser des stratégies de communication tactiles subtiles et la
notion d’une double ZDP ( Séminaire DbI, 2001) indiquerait que ce sont les
compétences qu’un partenaire de communication doit développer. Peut-être la
symétrie sera-t-elle atteinte si le partenaire de communication doit apprendre à
percevoir le monde du point de vue d’un sourd-aveugle, ce qui est décrit par
Nafstad et Rodbroe comme " une soumission absolue aux besoins de l’enfant
sourd-aveugle " (1999).
LES ARTS
Le Réseau de la Culture Nordique
Stages de sculpture dans la nature pour les sourds-aveugles à Johnsgaard,
Somaadalen, Norvège
Tous les ans, le réseau culture nordique organise des stages pour des sourds-aveugles congénitaux en Suède, en Norvège et au Danemark. En 2003, quatre stages sont proposés : un en Suède, un en Norvège et deux au Danemark. Le stage de Norvège se tiendra à Somaadalen, un merveilleux endroit en pleine campagne, où les sourds-aveugles ont plein d’opportunités pour participer à des activités culturelles, avoir de nouvelles expériences, et se faire de nouveaux amis. Jan Ole Johnsgaard, qui a créé le stage, nous en dit plus.
Ces cinq dernières années, nous avons accueilli des adultes
sourds-aveugles de naissance participant à un stage de sculpture. Cela a été un
grand plaisir : tout ce dur travail, toutes ces expériences partagées, tous ces
résultats fantastiques ! Ce sont des choses que chacun d’entre nous devrait
connaître. Un sourd-aveugle norvégien disait, le dernier jour, l’automne
dernier : " Je suis fatigué, je rentre à la maison, mais je reviendrai ". Qu’il
ait prononcé ces mots nous a fait à tous une forte impression . Il y avait des
larmes silencieuses sur tous les visages : être fatigué par un dur travail fait
avec d’autres, c’est profiter de la vie et en avoir conscience.
Je n’étais pas là quand les participants ont tenu leur dernière réunion pour
discuter de la semaine. Pendant cette semaine, le groupe avait fait un lieu de
pique-nique. De simples sièges autour d’un feu. Quand je suis arrivé, il y avait
une atmosphère de tranquillité dans le groupe. Personne ne voulait partir. Ils
étaient tous réunis dans une communion silencieuse. Tous participant également à
un thème commun. Observer cela a été une extraordinaire récompense pour avoir
participé à ce projet, élaboré par l’association des parents scandinaves pour
les sourds-aveugles de naissance.
Pourquoi Johnsgaard ?
Etant parents d’un garçon de 17 ans , né sourd-aveugle avec un
syndrome de Charge, il était naturel que nous offrions notre maison pour l’un
des stages de l’école de la Culture. Tormod, notre fils, est né et a été élevé
ici, à Somaadalen. Il est allé à l’école du pays , et il y vivra toute sa vie.
C’est de là qu’il est, c’est là que sont ses racines, c’est là qu’est sa
famille.
Nous sommes fermiers et nous avons un camping qui est ouvert toute l’année. Nous
sommes dans les montagnes norvégiennes , à environ quatre heures de route au
nord d’Oslo.
Johnsgaard se trouve près du lac Langsjoen, à 1350m d’altitude, et attire les
amateurs de randonnée. Le lever du soleil vu du sommet est inoubliable. Le plus
magique, c’est en mars. Nous sommes tentés par les longues pistes de ski de
randonnée et nous avons environ 70 km de pistes de descente autour de chez nous
l’hiver.
Rencontres de parents
En rencontrant d’autres parents lorsque Tormod était petit, nous avons formé un groupe de familles qui ont commencé à se rencontrer souvent. Nous avions les mêmes problèmes et surtout une joie commune. Nous aimions la compagnie des autres et au fil des ans Johnsgaard est devenu notre lieu de rencontre. Cela a commencé par une semaine pendant l’été. C’était il y a 12 ans. Petit à petit, le séjour s’est prolongé l’été, pour les petites vacances d’automne, Noël, les petites vacances d’hiver, Pâques, les week-end, etc. Certaines familles ont acheté des camping-cars, certaines louent une maison de vacances tout près, et d’autres séjournent dans nos chalets.
Bien sûr de nouvelles familles peuvent se joindre à nous. Tous les étés, pendant la 28e semaine de l’année, nous nous rencontrons lors de la semaine des familles. Nous nous retrouvons pour dîner autour du barbecue, c’est le point de rencontre quotidien. Pendant la semaine, nous allons marcher, pêcher, chasser le castor etc. D’autres vont faire leurs courses chez Roros. Les sourds-aveugles se mêlent à tous ces gens, frères et sœurs, oncles et tantes, grands-parents et amis. Les frères et sœurs ont particulièrement tiré profit de ces semaines. Ils ont formé un groupe de jeunes partageant des expériences communes.
La semaine de sculpture dans la nature
Dans ce stage, il y a eu des participants suédois, danois et
norvégiens. Ils viennent en voiture ou par avion. Chaque groupe a son chalet (
ou ses chalets). Ils se retrouvent dans la maison principale pour tous les
repas. Le soir, ils se retrouvent au bord du lac pour prendre le café et
discuter de la journée.
La première année, on a consacré beaucoup de travail à re-sculpter un pin.
Chaque année, on ajoute une branche à " l’arbre des trolls ". Chaque participant
travaille la pierre comme principal matériau. On utilise surtout la pierre
locale, mais on a essayé différents échantillons de pierres avec différentes
propriétés. L’année dernière nous avons essayé une pierre tendre facile à
travailler. Les stagiaires apprennent à manier divers outils. Ils participent
aussi à la fabrication de supports de présentation pour les sculptures
lorsqu’elles sont terminées.
Nous avons constaté, au fil des années, les progrès de ceux qui sont venus
plusieurs fois. Ils reconnaissent, ils savent ce qui va se passer et ils
travaillent dur. Certains sont difficiles à arrêter. Certains travaillent
pendant une séance et font la pause pendant la suivante. D’autres en font trois
par jour !
A fin de la semaine, nous avons un grand dîner au bord du lac. Pendant la
semaine, chacun aura contribué au dîner. Certains auront pêché, d’autres auront
trait les vaches, d’autres fait le beurre, et d’autres ramassé des framboises.
Tout cela est fait bénévolement par les participants. Nous mangeons, nous
chantons, et même nous dansons !
C’est un succès – tout le monde revient !
Eskild et Gry reviennent tous les ans. Ils vont à la pêche
tous les ans. Ils savent d’après leurs expériences précédentes qu’ont jette les
filets dans le lac le soir et ils savent à quoi s’attendre le matin suivant. Ils
en parlent même à la maison.
Chaque année est différente. Il y a toujours des gens dévoués. Nous ne pouvons
qu’admirer l’enthousiasme que les personnes travaillant avec nos sourds-aveugles
mettent dans leur travail. Je pense que le fait d’amener tous ces gens dans une
situation entièrement nouvelle , de leur donner de nouvelles perspectives de
travail, a apporté de nouvelles expériences à tous. Partir en voyage ensemble et
partager de nouvelles expériences apporte toujours quelque chose de nouveau et
d’inattendu. Deux sourds-aveugles se sont retrouvés à travailler sur un support.
Ils ont construit le support en pierre ensemble. Ensemble, ils ont travaillé à
tasser le sol, puis à poser les pierres les unes sur les autres pour le support,
et enfin ils ont mis la sculpture en place. Ils ont travaillé ensemble, ils se
sont partagé la tâche. Et ils ont aimé cette expérience.
Le parc de la sculpture
Tout le travail aboutit à un parc de la sculpture. Le lieu de
pique-nique, la mare avec une pompe et une chute d’eau, les différentes
sculptures et l’arbre sont reliés par une longue corde qui fait le tour du parc.
Chaque année, on ajoute quelque chose de nouveau. Il est important de revenir
pour trouver les travaux précédents. Ce projet scandinave donne l’occasion de le
faire. Poser là quelque chose qui représente beaucoup d’effort en commun puis
pouvoir revenir et le retrouver comme c’était . C’est construire des histoires
partagées.
Le Réseau de la Culture Nordique aura un matinée-réseau à la conférence
canadienne en août 2003, où nous espérons parler aux participants de ce
magnifique projet.
Lone Poggioni est la personne de contact pour ce réseau. On peut la joindre sur
enrico.lone@post.tele.dk
CREATION D’ECOLES
L’ECOLE DANS LA GARE !
La gare de General Pico n’a pas vu de train depuis des années, mais elle a toujours un flux régulier de visiteurs. L’école pour aveugles occupe maintenant le hall et les salles d’attente. La directrice, Beatriz Zoppi, nous en dit plus....
L’école pour aveugles de General Pico, au nord de la province de La Pampa, a
commencé à travailler avec les sourds-aveugles et les enfants multihandicapés en
1993.
L’école appartient au secteur public. Le Ministère de l’Education de La Pampa
assure l’éducation primaire et l’éducation spécialisée.
Un groupe de parents demandaient la création d’un service pour leurs enfants
multihandicapés qui n’avaient pas accès à une autre école dans notre communauté.
Le personnel de l’école a pris une décision, parce qu’en examinant cette
population différente, nous nous sommes rendu compte que la formation
professionnelle que nous avions n’envisageait pas la cécité associée à d’autres
handicaps.
Le programme Hilton Perkins nous a vraiment beaucoup aidés et grâce à Graciela,
Steve et Mike, nous avons pu accepter l’invitation à un stage de
perfectionnement professionnel pour en apprendre plus sur ces enfants en 1991.
Depuis, Hilton Perkins a assuré une suite, non seulement par des projets
annuels, mais aussi par des relations qui nous ont permis de travailler en
constante progression. Nous connaissons maintenant beaucoup d’autres
organisations importantes. J’étudie à l’université de Birmingham, je suis le
cours de MSI, avec la coopération de FOAL et d’Hilton Perkins.
Nos éducateurs
Les éducateurs comme Fabiana, Diana, Gabriela, Nora, Analia, Maria Silvia, Maria Rosa et Marina sont enthousiastes et participent au programme avec des conseillers qui nous rendent visite pour nous transmettre leur savoir et nous aider dans ce lieu éloigné.
L’école de notre communauté
Nous respectons, prenons en considération et aidons l’ensemble de la
communauté. Nous avons une Asociacion Cooperadora ( ass.de coopération) et l’ASCAR
( l’association pour les sourds-aveugles) est dans le même immeuble. Le maire et
l’administration locale ont restauré un magnifique bâtiment de 1910, lorsque des
ingénieurs anglais sont venus dans notre pays pour construire le chemin de fer.
Nous y avons emménagé en 1998.
Les photos qui illustrent cet article ont été prises à la dernière réunion
l’année dernière. Les jardins ont de vieux arbres, et pas seulement des fleurs !
Pour les familles
En 2003, il y aura plus d’événements spéciaux pour les parents. Il est long et difficile d’améliorer les services, nous le savons tous, à cause des besoins particuliers de cette population, mais nous savons tous aussi que les parents, les professionnels, les adultes et les enfants sourds-aveugles et multihandicapés forment une grande famille et essaient de travailler ensemble dans le monde entier.
LES ARTS
" C’est ici qu’il est devenu artiste et a pris conscience de sa propre valeur "
Au Centre de Sculpture Polonaise, des artistes et des artisans travaillent avec des sourds-aveugles pour les aider à réaliser leur potentiel créatif. Un des résultats en est une collection de belles sculptures évocatrices. Ewa Niestorowicz, l’une des artistes qui enseigne à l’atelier, décrit leur travail...
Depuis 1990, le Centre de la Sculpture Polonaise à Oronsko accueille des
ateliers annuels conçus pour les sourds-aveugles. On y utilise exclusivement
l’argile. Les sourds-aveugles créent d’énormes formes en utilisant la méthode de
la céramique : on fabrique une armature et ensuite on recouvre l’extérieur avec
une couche d’argile de plusieurs millimètres d’épaisseur.
Les ateliers de sculpture prennent habituellement deux ou trois mois, pendant
lesquels les participants sont supposés sculpter toute la journée. Tous ceux qui
participent aux ateliers pour la première fois doivent affronter trois épreuves
fondamentales. Ils doivent étudier :
Tous ceux qui participent aux ateliers pour la 2e fois peuvent
choisir eux-mêmes le sujet de la sculpture. Certains ont réussi à créer des
oeuvres réellement monumentales, y compris des chapelles en céramique de 3 ou 4
mètres de haut !
Les professeurs chargés des ateliers essaient de ne pas intervenir dans le
processus de création de la sculpture. En fait, quelques gestes faits ensemble
avec une personne sourde-aveugle suffisent à faire entrer l’idée d’une tâche
donnée dans l’esprit du participant, et à poser les bases du travail à venir. Le
but de cette procédure est de faire prendre conscience aux artistes
sourds-aveugles d’une grande variété de formes allant des plus simples aux plus
étonnantes. Les sculptures sont tristes ou mélancoliques, ou tout au contraire
drôles et optimistes. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est le forme de la
sculpture créée.
Bien que dans la plupart des cas, nous puissions communiquer par dactylologie,
nous sommes surpris de voir que l’utilisation d’un langage apparaît superflue.
Durant les onze ans d’ateliers, nous avons travaillé avec des gens incapables
d’utiliser aucun langage et il s’est avéré que ce n’était jamais un problème
d’expliquer la tâche à aucun des participants.
Il arrive quelquefois qu’un travail ne soit pas de la meilleure qualité du point
de vue technique. Dans ce cas, tout ce que vous avez à faire, c’est de suggérer
une position différente des mains pendant la procédure du moulage afin de mieux
contrôler la forme de la sculpture et sa stabilité.
Un voyage
Pour les sourds-aveugles, c’est souvent un voyage depuis les profondeurs du
désespoir, avec des sentiments d’impuissance et de constante humiliation, en
passant par la fascination du processus de création et de la capacité
d’expression de soi, jusqu’à un sentiment d’utilité sociale. Cela apporte aussi
un éveil de l’intérêt et de l’admiration des autres indifférents au problèmes de
la surdicécité.
C’est là qu’ils découvrent leur propre potentiel. C’est là aussi qu’ils
deviennent des artistes et des créateurs.
Les artistes sourds-aveugles
Mirek Luszawa est arrivé à Oronsko dans un très mauvais état nerveux. Il
avait des moyens de communication très limités, pratiquement aucun.
Heureusement, il n’a fallu qu’une journée d’atelier pour remplacer la tension et
la peur habituelles par la joie et la fascination ! Après la fin des ateliers,
en rentrant chez lui, Mirek pleurait, ce qui est le meilleur commentaire sur
l’atmosphère des ateliers en général. Ce n’est que là qu’il est devenu artiste
et a pris conscience de sa propre valeur. Pendant les ateliers, il a fait trois
moulages qui semblent très inhabituelles de par leur forme et leur originalité.
J’ai eu personnellement le plaisir de travailler avec un autre participant aux
ateliers, M. Mieczyslaw Lesczynski. C’était un travail encore plus difficile,
parce qu’il avait aussi un handicap des mains. Donc, dès le départ, j’ai dû
" guider " ses mains afin que la sculpture fonctionne techniquement. Mais c’est
M. Lesczynski qui a décidé de la forme finale de l’oeuvre. Au bout d’une
semaine, il était déjà capable de sculpter tout seul et on peut voir et admirer
le résultat étonnant de son travail.
Franciszek Wielgus a consacré tous ses ateliers à la création de son
auto-portrait grandeur nature. Il a commencé par la colonne vertébrale, puis il
a ajouté successivement les côtes, les intestins et l’estomac. Enfin, il a tout
recouvert d’argile – un homme doit tout de même faire vrai
!
Jan Wisniewski est complètement sourd-aveugle, et a connu dans sa vie la perte
tragique de sa femme et de son fils, ainsi que l’amputation d’une jambe. " Je me
sens vraiment heureux quand je sculpte " confesse-t-il. Il travaille dans une
concentration totale et ses sculptures sont le fruit d’une profonde vie
intérieure, de la contemplation, et de la prière à Dieu avec qui, révèle-t-il,
il reste constamment en contact par une conversation quotidienne. " Dieu a fait
un homme en argile, et l’a éveillé à la vie " dit un autre artiste
sourd-aveugle, Henryk Kowalczyk.
C’est si difficile pour nous, artistes instruits, de donner vie à nos
sculptures, mais les sourds-aveugles y arrivent, presque sans effort. Henryk
Kowalczyk est l’auteur de la Tour de Babel de trois mètres de haut. Elle va
jusqu’au ciel ! Le haut de la sculpture est la paume du Tout-Puissant. Les
labyrinthes des escaliers représentent le dur chemin des hommes essayant
d’atteindre Dieu. La tour de Babel est une sorte d’hommage rendu par l’artiste à
Dieu qui, bien qu’Il lui ait ôté la vue et l’ouie, lui a donné la capacité de
créer et de sculpter dans l’argile – le matériau avec lequel il a lui-même
commencé.
Les ateliers d’Oronsko nous ont donné une connaissance particulière des
capacités de ces créatifs qui ont une limitation extrême des sens. Nous avons
plus de dix ans d’expérience de l’enseignement de la sculpture aux
sourds-aveugles.
Les professeurs de sculpture cherchent à avoir des contacts avec d’autres
Les professeurs sont les artistes qualifiés. Personnellement, je suis
diplômée des beaux-Arts (je suis peintre) ainsi qu’en pédagogie, avec une
spécialisation sur la cécité. J’enseigne la sculpture depuis 1996. Actuellement,
je travaille à ma thèse de doctorat dont le sujet est : " Le monde dans l’esprit
et la sculpture des sourds-aveugles ". Donc, si vous avez une expérience
analogue, je vous serais très reconnaissante de m’en faire part. Je serais
heureuse d’avoir toutes sortes de matériels et documents concernant votre
travail artistique avec des sourds-aveugles.
Si vous êtes intéressés par une quelconque coopération, nous attendons de vos
nouvelles. Pour le moment, l’organisation d’ateliers internationaux reste du
domaine du rêve, mais nous espérons pouvoir y arriver, peut-être avec votre
aide. Nous avons une équipe de professionnels compétents. Il y a aussi plusieurs
sourds-aveugles qui ont participé aux ateliers dès le départ et maintenant, avec
l’expérience, ils sont capables d’enseigner aux autres.
CAMPAGNE
Bouger !
La canne rouge et blanche pour les sourds-aveugles en République Tchèque
Jan Jake, de l’Association des Sourds-Aveugles, définit le contexte de cette législation importante en République Tchèque, qui rendra les déplacements plus faciles et plus sûrs pour les sourds-aveugles. Cela souligne l’importance d’avoir une " parole " claire et cohérente, et de travailler en association avec d’autres qui peuvent avoir des positions analogues.
La canne rouge et blanche pour les sourds-aveugles est définie comme un
" signe distinctif " des personnes sourdes-aveugles par la Loi réglementant la
circulation routière, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2001.
L’usage de la canne a été introduit le 31 janvier 2001 par le règlement
d’application de la loi. Depuis 2002, les cannes rouges et blanches sont
fournies sur ordonnance des ophtalmologistes et remboursées par les assurances
médicales.
La canne rouge et blanche est une aide compensatoire importante pour les
sourds-aveugles, qui leur permet de s’orienter et de se déplacer librement dans
les endroits publics, les rues, les passages cloutés. Jusqu’ici les
sourds-aveugles utilisaient la canne blanche , qui est normalement utilisée
comme signe distinctif , et comme appareil distinctif, des aveugles. C’est
pourquoi les sourds-aveugles se trouvaient souvent dans des situations
difficiles, par exemple lorsqu’ils ne répondaient pas aux signaux des
conducteurs aux passages cloutés, ou lorsqu’ils réagissaient bizarrement quand
on leur offrait de l’aide. Ceci a souvent causé des malentendus et quelquefois
mis en danger la sécurité du sourd-aveugle et des autres personnes impliquées.
Grâce à la canne à rayures rouges et blanches, les sourds-aveugles peuvent se
déplacer avec plus de sécurité dans les villes et dans la circulation. La canne
rouge et blanche attire l’attention du public sur le fait qu’une personne
sourde-aveugles est présente, c’est-à-dire qu’elle sert à signaler qu’en plus de
problèmes d’orientation et de mobilité, il peut y avoir un plus gros problème de
communication.
Confiance en soi
En outre, la canne rouge et blanche donne aux citoyens sourds-aveugles un sentiment de meilleure sécurité, d’assurance et de confiance en soi. C’est un symbole important de leur identité. Elle apporte aussi plus de respect du grand public.
Le contexte de la nouvelle réglementation
Le chemin qui a conduit à l’introduction de la canne rouge et blanche a été long, et au début ça paraissait vraiment très loin. L’association civile LORM – la société pour les sourds-aveugles- a été la première à s’attaquer à ce problème à l’initiative de ses membres sourds-aveugles. Ils ont discuté de la nécessité d’avoir un signe distinctif spécial lors d’un stage de rééducation, dirigé par Mme Vera Husakova, une psychologue, en octobre 1993.La discussion a abouti à demander une canne jaune pour les sourds-aveugles.
La canne jaune
Nous avons entrepris une enquête pour savoir si l’usage de la canne blanche pour les aveugles se fondait sur la législation. Nous avons trouvé que l’usage de la canne blanche se fondait sur la coutume. Nous avons aussi trouvé que la canne blanche n’était mentionnée que dans la réglementation de la circulation routière. A cette époque, les questions de circulation routière concernaient le Ministère de l’Intérieur. Voilà pourquoi nous avons déposé notre demande pour introduire la canne jaune comme signe distinctif spécial pour les sourds-aveugles auprès du ministère. Cela a été fait au printemps 1996, au moment où le ministère commençait à préparer une nouvelle loi sur la circulation. Nous avions aussi pris contact avec la société Svarovsky qui fabrique les cannes pour les aveugles et commandé plusieurs échantillons de cannes jaunes , dont quelques unes avec des rayures noires contrastantes. Nous avons remis les échantillons au ministère de l’intérieur.
Demandes ignorées
En 1997, la circulation routière est passée au Ministère des Transports et des Communications., et notre initiative a été transmise à ce ministère. Nous avons à nouveau déposé notre demande de reconnaissance et d’introduction de la canne jaune . Notre initiative n’a pas eu de réponse. Plus tard, il est apparu que notre initiative n’avait pas été du tout prise en compte dans la loi ; en fait , une disposition précisant un devoir élémentaire des conducteurs de respecter les personnes utilisant la canne blanche pour les aveugles, avait aussi été omise dans la loi. Les auteurs de la loi n’avaient pas du tout tenu compte des conditions spécifiques des aveugles et des sourds-aveugles.
Naissance de la VIA ... et début de la campagne
Nos affaires ont pris un tour favorable avec notre nouvelle initiative. En 1999, avec plusieurs amis sourds-aveugles nous avons créé l’association des sourds-aveugles – VIA, une organisation indépendante. Nous avons demandé l’aide de plusieurs partis politiques parlementaires pour développer l’inclusion sociale des sourds-aveugles. L’un des partis politiques a organisé une réunion pré-électorale pour les membres de VIA avec son candidat au Sénat tchèque. A la réunion, les sourds-aveugles ont parlé de leur situation et présenté des suggestions concrètes pour l ‘amélioration de la position et l’inclusion des sourds-aveugles dans la société.
Parmi ceux qui participaient à la réunion, il y avait Mme Zuzana Roithova,
présidente de la Commission de la santé et des affaires sociales du Sénat qui
s’est intéressée à nos problèmes. Elle a reconnu qu’elle ne savait rien de la
surdicécité et des sourds-aveugles, et qu’elle avait même hésité à participer à
la réunion. Elle a promis de nous aider en mettant nos initiatives en
application, en disant qu’elle aurait besoin de nos connaissances techniques et
de notre aide. Nous avons précisé quatre tâches interconnectées : introduction
d’une canne spéciale pour les sourds-aveugles, reconnaissance du droit à obtenir
des appareils auditifs pour les deux oreilles ( correction bilatérale) pour les
sourds-aveugles ayant des restes auditifs fonctionnels, que ces appareils soient
remboursés par les compagnies d’assurances médicales, et définition du
diagnostic médical de surdicécité. Notre but était d’améliorer l’orientation des
sourds-aveugles dans leur environnement au moyen des aides techniques
existantes.
Avec Me Vera Husakova, nous avons préparé les données concernant chacune de ces
tâches pour le sénateur Roithova. Pour les appareils auditifs, une analyse des
besoins économiques a été faite du point de vue des compagnies d’assurances
médicales.
Action commune
La dernière partie de notre longue route vers la canne rouge et blanche a
commencé en janvier 2000. Le sénateur Roithova nous a invités à participer aux
débats avec un représentant du Ministère des Transports et des Communications
sur la loi de réglementation de la circulation. Vu les usages existant déjà dans
certains pays et le caractère international de la circulation routière, il fut
décidé d’introduire aussi la canne rouge et blanche en République Tchèque. Son
aspect et sa conception ont été préparés en collaboration avec la société
Svarovsky qui fabrique les cannes pour les aveugles. Nous avions aussi un nouvel
allié – nous avions informé les représentants de l’association des aveugles de
notre activité. Ils essayaient d’introduire la canne blanche dans la loi. Nous
leur avons proposé de se joindre à notre initiative. Notre campagne
parlementaire pour la canne rouge et blanche pouvait s’étendre à la canne
blanche. Lorsque la loi a été discutée au parlement, il a été possible, avec le
soutien de la plupart des députés, d’amender la loi pour y inclure une
disposition sur les cannes comme signe distinctif pour les aveugles et les
sourds-aveugles. En même temps, la loi imposait au ministère des transports et
des communications de se préparer à mettre en application des réglementations
légales qui, entre autres, préciseraient les types et les dessins des signes
distinctifs des aveugles et des sourds-aveugles. L’objectif a été atteint :
depuis le 31 janvier 2001, les sourds-aveugles de la République Tchèque peuvent
utiliser la canne rouge et blanche.
Trois autres tâches nous restaient : garantir le droit des sourds-aveugles à
avoir deux appareils auditifs , assurer le financement de la canne rouge et
blanche et des appareils auditifs , et définir la surdicécité dans le but de
distribuer les aides techniques. Pour mener à bien ces tâches, le sénateur
Roithova a créé une commission d’experts. Ses membres ont été recrutés parmi les
représentants d’associations civiles de sourds-aveugles et d’aveugles , du
ministère des transports et des communications, de la société des
ophtalmologues, des secteurs otologie et phoniatrie de la société tchèque
d’oto-rhino-laryngologie, et de compagnies d’assurances médicales. Nos
propositions ont servi de base au document final, appelé " Memorandum : la
distribution d’aides compensatoires pour cause de surdicécité ". Les
représentants des sociétés de médecins, des assurances médicales et des
sourds-aveugles (LORM et Tyfloservis) ont signé le Mémorandum en décembre 2001.
Le mémorandum définit les principes, les procédures et les règles de fourniture
d’aides techniques compensatoires aux sourds-aveugles.
Sur la base de ce mémorandum, depuis juillet 2002, les patients sourds-aveugles
ayant des restes auditifs fonctionnels ont le droit de recevoir deux appareils
auditifs pour réception bilatérale, couverts par les compagnies d’assurance
médicale. Les assurances médicales couvrent aussi la canne rouge et blanche.
Introduction de la canne
Le processus d’introduction de la canne rouge et blanche, et l’inclusion sociale des sourds-aveugles, sont également soutenus par les activités de la Faculté de Pédagogie de l’université Charles de Prague, à l’initiative de M.Boris Titzi du département Education Spécialisée. Il a théorisé, défendu et mis en pratique l’introduction du sujet de la surdicécité dans le programme des modules Education spécialisée et Education spécialisée et Psychologie. Dans son enseignement, il souligne l’importance d’une approche spécifique des sourds-aveugles, et d’aides et de services spécifiques pour les sourds-aveugles, en particulier la canne rouge et blanche et l’assistance personnelle. Dans le cadre de ces activités, l’auteur de ces lignes donne un cours intitulé " Une personne sourde-aveugle " au département Education spécialisée. L’université Charles forme donc des spécialistes dont la formation correspond aux derniers développements dans le domaine de la surdicécité en République Tchèque.
Un groupe de pression puissant obtient des résultats
La campagne a eu aussi un effet secondaire important. Elle a montré que même un petit groupe soi-disant sans importance de sourds-aveugles peut atteindre un objectif important, et même aider d’autres personnes, comme dans le cas de la canne blanche pour les aveugles, lorsque la pression des représentants des aveugles ne s’était pas avérée assez influente. Il a aussi été démontré que de telles initiatives, dont les buts peuvent être aisément identifiés par d’autres associations, peuvent réussir. C’est un tremplin prometteur pour d’autres tâches que nous devons accomplir concernant notre inclusion dans la société.
CONFERENCES
Annonce :
2e Conférence européenne des familles à Slettestrand, Nord Jutland,
Danemark
20-26 Juin 2004
Rencontre des familles :
" Listen to me 2 " au Danemark
Communication par la culture et la nature danoise
Les réseaux de DbI de la Culture Nordique et les membres d’Edbn , ainsi
que Sense International et le programme Hilton/Perkins, ont le plaisir de vous
inviter à une nouvelle rencontre des familles.
La conférence est destinée aux parents et à leurs enfants des pays d’Europe
occidentale, d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Comme les autres conférences précédentes, cette conférence permettra aux parents
d’échanger expériences et informations sur une large gamme de questions
concernant la vie familiale. Le comité scientifique organisateur se compose de :
Lone Poggioni (Danemark)
Gill Morbey (Royaume-Uni)
Ursula Heinemann ( Allemagne)
Klaus Vilhelmsen ( Dk)
Preben Gundersen (Dk)
William Green ( Italie)
Frank Ulmer ( Dk)
Ricardo Lopez ( Espagne)
Ce groupe est en train de finaliser le programme, qui promet d’être une intéressante base de discussion, et fait suite aux réflexions de la rencontre des familles de l’an dernier en Italie. Ils cherchent aussi un nouveau dessin pour un logo qui représenterait le thème de " Listen to me " puisque c’est un événement qui doit avoir lieu tous les deux ans.
Dates
Arrivée le 20 juin et départ le 26 juin 2004.
Lieu
Le centre de vacances de Slettestrand se trouve dans un magnifique endroit
du Jutland , juste à 250m de la mer. Pour y arriver, on passe normalement par
Aalborg où on peut se rendre facilement en train, en avion ou en voiture.
Le centre offre une large gamme d’activités correspondant à tous les goûts. L’hébergement peut être en chambres convenant pour 4-5 personnes et donnant sur la mer. Il y a des équipements de jeux pour les enfants. Pour plus d’informations, voir le site
www.slettestrand.dk.Participants
Pour l’inscription, une " famille " a jusqu’à quatre membres : les parents,
le membre de la famille handicapé sensoriel, et un accompagnant choisi par la
famille.
Grandes lignes du programme
En fait, le programme comprendra de nombreuses parties :
Du temps sera réservé aux excursions touristiques , aux activités artistiques
ou simplement à faire une pause et se détendre ensemble.
Les excursions peuvent inclure shopping, promenades en bateau etc.
Frais
Le comité organisateur examine actuellement le possibilités de
financement pour que le prix soit accessible à tous et pour permettre la
participation de familles des pays d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Pour avoir des renseignements complémentaires, pour proposer un logo ou pour
dire que vous êtes intéressé, prenez contact avec nous le plus tôt possible :
Lone Poggioni
CONFERENCES
STAGES DE FORMATION ET CONFERENCES 2004 au NUD ( Centre nordique de formation du personnel pour les services pour sourds-aveugles)
Sourds-aveugles congénitaux avec un syndrome de CHARGE
20-25 janvier
Ce stage de formation mettra en lumière la complexité du syndrome de CHARGE et soulignera les challenges que cela peut entraîner dans la création et l’organisation de conditions optimales d’apprentissage et de développement. Toutes les catégories de personnel peuvent demander à participer.
Rééducation de base pour les personnes ayant une surdicécité acquise
1-6 mars
Le cours apportera une connaissance de la combinaison d’une perte de la vision et d’une perte de l’audition sévères et de ses conséquences sur la communication, l’accès à l’information et l’orientation et la mobilité de la personne. Le stage comportera divers exercices de simulation et offrira des exemples concrets. Il s’adresse à ceux qui travaillent dans des services de rééducation directs.
Développement de la communication chez les sourds-aveugles congénitaux
14-26 mars
Le cours présentera les dernières informations sur l’interaction et la communication avec les sourds-aveugles congénitaux. Le cours sera suivi de projets individuels et de réunions de réseaux.
Formation pour directeurs/conseillers pédagogiques pour les sourds-aveugles
19-25 avril
Cette réunion est la deuxième partie d’un stage de formation pour directeurs/conseillers de services éducatifs pour sourds-aveugles congénitaux qui a commencé en septembre 2003, en se concentrant sur l’évaluation des sourds-aveugles congénitaux. L’objet de ce stage sera comment créer des conditions optimales pour la communication et le développement. Ce stage présentera et évaluera aussi les projets des participants sur l’évaluation et la planification pédagogique individuelle.
Les enfants déficients auditifs et visuels dans les programmes pré-scolaires
et scolaires
12-15 mai
Cette conférence a pour but de présenter et de discuter des informations sur la façon d’adapter les situations d’apprentissage pour les enfants d’âge préscolaire et scolaire présentant une surdicécité acquise ou devenant sourds-aveugles. Ce stage s’adresse au personnel travaillant dans des écoles primaires et des écoles maternelles, ainsi qu’aux directeurs.
Conférence nordique sur la surdicécité
18-22 août
Tous les 4 ans, le Centre nordique de formation du personnel organise une conférence sur la surdicécité. Cet événement rassemble des sourds-aveugles, des parents, et des personnels et expose et discute des sujets intéressant les personnes actuellement impliquées dans la fourniture de services.
Développement de la communication chez les enfants sourds-aveugles
congénitaux ayant des implants cochléaires
8-11 septembre 2004
Cette conférence est organisée pour présenter et discuter des connaissances
théoriques et expérimentales sur le développement de la communication chez les
sourds-aveugles congénitaux ayant des implants cochléaires.
Ce stage s’adresse aux personnels des programmes scolaires et pré-scolaires ,
ainsi qu’aux directeurs et conseillers. Cette conférence est également ouverte à
des participants d’autres pays que les pays nordiques.
Rééducation pour les personnes ayant une surdicécité acquise
27 septembre- 2 octobre
Ce stage présentera et discutera différents modèles de rééducation pour les personnes devenant sourdes-aveugles ainsi que d’autres questions de nature éthique et pratique sur le sujet. Il s’adresse à tous les types de personnel de rééducation.
Education et travail pour les personnes ayant une surdicécité acquise
10-13 novembre
Cette conférence mettra en lumière les opportunités d’éducation et autres
préparations à la vie professionnelle pour les jeunes ayant une surdicécité
acquise. Elle examinera aussi les modifications du travail nécessaires pour les
gens qui deviennent sourds-aveugles plus tard. Ce stage s’adresse à des
personnels qui ont des sourds-aveugles parmi leurs élèves et à des personnels
des services de réadaptation professionnelle pour les sourds-aveugles.
Pour plus de détails, prenez contact avec nous : Nordic Staff Training Centre
for Deafblind Services (NUD)
Nouvelles Régionales
Australie :
Les derniers événements par Mike Steer
En juin 2001, la population de l’Australie était de 19,5 millions d’habitants, dont environ 18% sont estimés avoir un handicap ou une déficience. En décembre 2002, l’Institut australien pour la santé et le bien-être (AIHW) a publié : Services de soutien au handicap : premiers résultats nationaux sur les services fournis en application du CSDA. Le CSDA ( Accord du Commonwealth sur le handicap) est le plus système de financement des principaux services pour handicapés pour le partage des frais entre les administrations fédérale, des états et des territoires.
Le rapport publié dernièrement donne un résumé des données " photographiques " recueillies par jour: en une journée, 65 809 consommateurs ont utilisé 77 382 services financés par le CSDA dans les sites de services de toute l’Australie. Les services utilisés dans cette journée étaient :
Les types de services les plus utilisés comprenaient :
Le groupe de handicaps le plus répandu était la déficience intellectuelle( 39 909 consommateurs, ou 61%), suivi par le handicap physique ( 8 002 ou 12%). Ceux qui donnaient la déficience visuelle comme handicap principal étaient 1 716 ( vision) et 170 (sourds-aveugles).
Le rapport est disponible en formats PDF et Word avec texte principal en HTML sur : http://www.aihw.gov.au/publications/index.cfm?type=details&id=827
Formation des enseignants
Un rapport du sénat du Commonwealth publié juste avant Noël a recommandé une
formation obligatoire pour tous les assistants d’éducation et professeurs à
l’éducation des d’élèves handicapés.
Les recommandations figurent dans le rapport de la commission sur l’emploi, les
relations de travail et l’éducation du sénat sur l ‘enquête sur l’éducation des
élèves handicapés. L’enquête a été faite pour répondre aux inquiétudes quant à
l’efficacité des programmes du Commonwealth destinés aux élèves handicapés et
pour savoir si le secteur scolaire et post-secondaire répondaient aux besoins de
ces élèves . La commission rapporte que de nombreuses preuves et témoignages
donnent nettement l’impression qu’une éducation de qualité pour les élèves
handicapés est en général rare dans les écoles.
Il y avait beaucoup de preuves d’un manque de compétences grave et croissant en
Australie chez les enseignants , qui ont de plus en plus d’élèves handicapés
dans leurs classes et n’y sont pas préparés.
De plus, la plupart des enseignants déjà en poste ont peu de chances de recevoir
une formation continue dans ce domaine. Le manque de formation est exacerbé par
la diminution des bases de connaissances spécialisées dans la profession. La
grave pénurie de spécialistes dans les domaines des déficiences sensorielles ,
de l’autisme et des difficultés d’apprentissage a été soulignée.
Quoique le gouvernement du Commonwealth ne soit pas obligé d’agir selon le
rapport, le fait que les recommandations de la commission soient soutenues par
le gouvernement, l’opposition, et les membres démocrates de la commission lui
donnera du poids.
Ce rapport ( 194 pages) peut être consulté ou téléchargé en un seul document ou
par sections sur :
Nouveau centre d’audiologie pour Sydney
Le 29 août de l’année dernière, l’institut pour enfants sourds et aveugles de
North Rock a ouvert son nouveau centre d’audiologie.
Ce centre a pris le nom de Jim Patrick, un pionnier des implants cochléaires en
Australie. Il dispose des derniers équipements de tests pour les enfants, y
compris les bébés et les enfants avec des handicaps associés.
Nouvelles du Conseil national des sourds-aveugles
Depuis sa création en 1999, le site web du Conseil national des sourds-aveugles australien (ADBC)a reçu 14 550 visites sur :
http://internex.net.au/dbaParmi les dernières activités de l’ADBC :
Les sujets examinés dans les réunions des commissions de l’ADBC comprennent :
Ascension du pont du port de Sydney
En juillet l’année dernière, les membres d’ADBC Heather Lawson et Joseph Heenan, qui ont tous deux un syndrome d’Usher, avec les guides Carla Anderson et Bill Hynes de Sydney, ont escaladé le spectaculaire pont du port de Sydney. Cet immense pont, avec le kangourou, le boomerang et l’Opéra, est l’un des symboles de l’Australie. L’escalade a été organisée par Bridgeclimb , une société qui offre aux visiteurs de Sydney une aventure en petits groupes avec ascensions guidées au sommet du pont du port, jour et nuit. Passant au-dessus de 1500m d’arches d’acier, jusqu’à 134 m au-dessus de l’animation du port, les intrépides aventuriers se sont risqués sur les passerelles, les échelles, et ont grimpé par l’arche principale jusqu’au rivage nord. C’était la première fois que Bridgeclimb rencontrait un groupe de sourds-aveugles utilisant les signes tactiles, donc il y avait un interprète.
Au départ, la demande du groupe avait été rejetée par Bridgeclimb, mais Heather et Joseph ont envoyé un Email au patron pour exprimer leur déception. Ils ont expliqué qu’ils n’auraient besoin que d’une aide limitée pour faire l’escalade. A cause de leur déception et de l’annulation initiale, Bridgeclimb les a invités et a offert de payer les frais de leur billet d’avion de Melbourne à Sydney, une nuit d’hôtel et le coût de l’escalade. Après avoir réussi l’escalade, Heather a dit : " nous avons été traités royalement ".
Tous les détails de l’ascension sont publiés dans le numéro de février de l’ADBC Beacon. Pour en avoir un exemplaire, contactez le responsable d’ADBC, Bob Segrave, à
segrave@connexus.net.auINDE
Une presse Braille informatisée pour l’Inde , par Bushan Punani
Une presse Braille informatisée a été inaugurée à 10h30 le samedi 22 février
2003 dans les locaux de l’association des aveugles, Vastrapur. Elle a été
inaugurée par le Dr.Tae-Sup Lee, premier vice-président international du Lions
Club.
L’association des aveugles a une presse Braille depuis 1967 et produit des
livres et autres matériels en Braille. Mais l’impression Braille manuelle est
embêtante, monotone, chère et il y a beaucoup d’erreurs. Elle fait appel à des
procédés démodés et à des techniques pénibles. Comme il y a presque 10 000
enfants aveugles qui font des études, les besoins en livres Braille sont
importants. La presse manuelle ne pouvait pas satisfaire cette demande.
L’association s’est rendu compte de ces défauts et a décidé d’informatiser.
Après s’être renseignée, l’association a trouvé que pour avoir un équipement
permettant de faire convenablement le travail, cela coûterait très cher, donc
elle a fait appel au Lions Club de Vastrapur & Ranip. Ils ont été d’accord pour
présenter le projet à la fondation du Lions Club International. Heureusement, la
proposition a été acceptée. La fondation du Lions Club International et la
fondation pour l’éducation Indo-Américaine ont accepté de sponsoriser
l’équipement ensemble.
Le nouvel équipement est convivial, rapide, précis et rentable, et il transforme
notre production !
Croatie de Marina Stabi
Chers amis,
Je vous écris au nom de l’association des sourds-aveugles, Dodir, qui a
travaillé très dur récemment pour faire pression sur le gouvernement croate, et
en particulier le Comité national des personnes handicapées de la République de
Croatie, pour que la surdicécité soit reconnue comme un handicap spécial et que
les droits et les services pour sourds-aveugles soient reconnus.
Lors des différentes discussions avec les représentants du gouvernement, on nous
a demandé de rassembler les lois et réglementations concernant la surdicécité
dans différents pays.
Au début de mai, la loi sur les services sociaux sera discutée au Parlement
croate et nous essayons d’y faire inclure la définition de la surdicécité et le
droit à des services pour les sourds-aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin
d’informations sur la façon dont ces droits sont accordés dans les autres pays
européens et les autres pays dans le monde.
Nous voudrions vous demander de nous envoyer toutes les informations que vous
avez sur les domaines suivants, en n’importe quelle langue, par Email ou fax :
+385 1 48 75 431/432 :
A - Législation, réglementations ou instructions avec les références exactes et
l’année où elles ont été publiées, les articles exacts où la surdicécité est
mentionnée, et comment les sourds-aveugles ont droit à des aides, des
guides/interprètes ou des assistants personnels
B - Par quels ministères ces droits sont-ils donnés et sur quelles bases.
Comment la participation des sourds-aveugles est-elle incluse et comment
l’ensemble est-il administré ?
Merci d’avance
Marina Stabi, Assistante sociale, Programme de Recherche et développement.
Amérique latine
Réseau " Grupo Brasil " 1997-2002
par Ximena Serpa
Les professionnels travaillent au Brésil depuis de nombreuses
années. En fait, le Brésil a été un des premiers pays à comprendre les besoins
des sourds-aveugles et des multihandicapés dans la région.
" Grupo Brasil " est le principal réseau en Amérique latine et a été créé en
1997 en tant qu’ONG. Il inclut l’association de parents et l’association
brésilienne des sourds-aveugles et d’autres institutions qui travaillent pour
les sourds-aveugles et les déficients sensoriels multihandicapés au Brésil. " Grupo
Brasil " a des représentants dans 10 villes des 4 grandes régions du pays.
Depuis 1997, il a organisé 2 conférences internationales qui ont eu beaucoup de
succès – la dernière en octobre 2002 – avec la participation des professionnels
et parents locaux. Des collègues internationaux du Portugal, du Chili,
d’Angleterre, de Colombie et du Pérou y ont également assisté. Trois séminaires
nationaux et six régionaux ont été organisés, et aussi un séminaire sur Usher,
en invitant les parents, les sourds-aveugles et les professionnels de tout le
pays.
Le groupe a fait des campagnes d’information et des séminaires avec le Retina
Group de São Paulo et les facultés de médecine, le gouvernement et les
institutions, pour informer le public sur la manière de reconnaître les
sourds-aveugles ayant un syndrome d’Usher. Pour cela, ils ont diffusé des
affiches et des imprimés dans le public. La formation aussi est importante et le
groupe a formé divers professionnels de tout le pays.
Il y a un matériel éducatif, comme les brochures sur la communication, le
syndrome d’Usher, la surdicécité congénitale et acquise ; un site web national
sur la surdicécité ; un journal et un livre intitulé " Deux sens : pour les sens
et vers les sens "et un manuel pour les parents et les enseignants, publié par
Sense international ( Amérique latine) en Portugais.
Le groupe a gardé un bon contact avec le gouvernement et le ministère de
l’éducation et a créé du matériel écrit, des programmes de formation et des
projets pour eux.
Pour plus de détails, prenez contact par Email :
Forum sur le syndrome d’Usher à Moscou
par Irene Salomatina
En mars 2003, le forum Usher à Moscou a réuni 17 sourds-aveugles et parents
de Moscou, St Petersbourg et Ufa. Le but de cette rencontre était d’évaluer
l’impact de 18 mois de travail pour améliorer le niveau des sourds-aveugles et
de leurs familles dans ces villes, un projet rendu possible grâce au financement
du ministère du développement international du Royaume-Uni.
Le séminaire a démontré la valeur d’un projet qui a rapproché les
sourds-aveugles, à la fois au sein des trois villes et entre elles. Les délégués
de St Petersbourg ont été surpris que leur collègues d’Ufa n’aient jamais
entendu parler des implants cochléaires. Inversement, la délégation d’Ufa – qui
va bientôt se déclarer comme ONG indépendante- a été un modèle pour les délégués
de St Petersboug, qui se débattent toujours avec la bureaucratie russe. Comme
l’a dit l’un des délégués : " Ce projet nous aidera tous à l’avenir – dans
le passé, nous n’avons pas su affirmer nos droits ".
La valeur du rassemblement des sourds-aveugles russes et de leurs familles a été
renforcée par un autre délégué déclarant : " J’ai vu des vidéos de nos amis
britanniques, mais il nous faut des films de nos propres sourds-aveugles – leur
réalité, comment ils vivent. "
Vous pouvez prendre contact avec Irene Salomatina sur
Pays nordiques
Stage de formation NUD
" Corrélations entre comportement à problèmes et manque de communication chez
les adultes sourds-aveugles congénitaux "
5-9 novembre 2003 au Centre de formation du personnel pour les services
pour sourds-aveugles des pays nordiques, à Dronninglund, Danemark
Présidents
Inger Rodbroe du NUD, Danemark et Randi Sorlie de Norvège
Objectifs
Ce stage de formation est consacré au groupe d’adultes sourds-aveugles congénitaux qui ont des comportements à problèmes. La corrélation entre le comportement à problèmes et le manque de communication sera mise en lumière et discutée de différents points de vue. Les stratégies de traitement par des méthodes éducatives seront présentées et discutées dans des études de cas. Donc, l’objectif est de trouver des solutions au comportement à problèmes par le développement de la communication.
Organisation du travail
Le travail se composera de cours magistraux sur les questions théoriques, et
les présentations de projets et d’études de cas seront les bases de discussions
en séances plénières et en groupes de travail.
Participants
Le stage est prévu pour le personnel confronté à des comportements à
problèmes soit dans leur travail direct avec des adultes sourds-aveugles
congénitaux, soit comme conseillers ou directeurs.
Date limite pour les candidatures
Les candidatures doivent être soumises au NUD par fax : + 45 96 47 16 16 ou
par Email :
Le programme préliminaire comporte des contributions de : Eva Hultengren ( Danemark) ; Jude Nicholas (Norvège) ; Inger Simonsen ( Danemark) ; Siskoanneli Ruuskanen ( Finlande) ; Ivar Maelhe ( Norvège) ; Wenche Andersen (Norvège) ; Karl Jacobsen ( Norvège) ; Randi Sorlie ( Norvège) ; Paul Hart & Ian Noble ( Royaume-Uni).
Slovaquie
Des visiteurs croates, par Janka Sarisska
L’école pour sourds-aveugles de Slovaquie attend la visite de collègues
croates en mai 2003. Les visiteurs ont l’intention de créer une école pour
enfants sourds-aveugles et ils veulent apprendre tout ce qu’ils peuvent sur la
façon de gérer une école. Notre école leur a préparé un programme spécial pour
la semaine. Ils participeront à des activités éducatives dans les classes. Ils
auront l’occasion de parler de l’évaluation de l’ élève, des programmes
éducatifs individuels, de la façon dont l’enseignant organise le travail en
classe, etc. Ils verront aussi les résultats des projets que nos étudiants
entreprennent à l’université de Presov et dans l’entreprise qui fabrique des
jouets. Ils rencontreront aussi le psychologue qui travaille avec l’école depuis
son ouverture.
Nous espérons que les visiteurs de Croatie seront stimulés par les collègues
slovaques et que leur visite d’étude sera utile aux enfants sourds-aveugles de
Croatie.
Rencontre avec la République Tchèque – un nouveau groupe de parents
La coopération entre la Slovaquie et la République Tchèque a commencé en 2000
lorsque nous avons invité une famille ayant une fille sourde-aveugle et deux
éducateurs à participer à notre Camp des familles. Il y a une classe pour
sourds-aveugles à l’école pour sourds de la ville d’Olomouc et les collègues
tchèques souhaitaient développer la coopération avec l’école de Cervenica. Après
le Camp des familles, ils ont visité l’école, ils ont passé beaucoup de temps
dans les classes, la bibliothèque et ils avaient des milliers de questions !
Lorsque la même famille est venue au deuxième camp des familles, les parents ont
été encouragés par le groupe de parents slovaques à créer une association de
parents et à développer des activités pour les enfants sourds-aveugles en
République Tchèque. La participation d’un parent et de pédagogues d’Olomouc à la
Conférence européenne de Nordwijkerhout a fait de l’association de parents une
réalité. Depuis, ils ont organisé un petit séminaire pour les parents d’enfants
sourds-aveugles et les professionnels du domaine de la surdité, la surdicécité
et du multihandicap. Ils ont demandé aux parents et aux professionnels de
Slovaquie de leur faire part de leurs expériences et de préparer des
interventions à ce séminaire.
Une bonne coopération peut porter ses fruits ! En février 2003, la première
conférence sur la surdicécité du pays a été organisée avec une participation
internationale en République Tchèque. La conférence avait pour but de comparer
l’état des services pour sourds-aveugles en République tchèque avec les services
en Slovaquie et dans les autres pays. Le but était aussi de persuader les
représentants des secteurs de l’éducation, des services sociaux et de la santé
que les sourds-aveugles ont les mêmes droits que le reste de la population.
Un communiqué de la conférence a été envoyé au gouvernement et on espère que le fait de réaliser qu’il devrait y avoir un engagement national envers la population sourde-aveugle, en fournissant éducation, services sociaux et de santé, permettra de prendre des mesures législatives dans tous ces domaines.
Amérique latine
Formation universitaire, par Graciela Ferioli
Les universités d’Amérique latine s’intéressent de plus en plus aux besoins
des professionnels travaillant avec les enfants multihandicapés, y compris avec
les sourds-aveugles. Dernièrement, un second groupe de professionnels de
Colombie, du Mexique, du Venezuela, d’Argentine et du Chili, ont obtenu leur
maîtrise à l’université métropolitaine des sciences de l’éducation – UMCE. Une
maîtrise a commencé à l’université presbytérienne Mackenzie de Sao Paulo, au
Brésil, et une autre débutera en juillet à l’université interaméricaine du Costa
Rica. Ces programmes de formation ont été créés grâce à une collaboration entre
les universités locales, la fondation Once pour l’Amérique latine (FOAL) et le
programme Hilton Perkins .
Trois publications traduites en Espagnol
La première s’intitule " Calendriers pour les élèves présentant des handicaps
multiples y compris la surdicécité " de Robbie Blaha de l’école du Texas pour
les aveugles et handicapés visuels, USA.
La deuxième s’intitule " Guide d’activités et ressources de Perkins , manuel
pour les éducateurs et les parents d’élèves handicapés visuels avec handicaps
associés " de l’école Perkins.
La dernière est " Etre grands parents ", pour les grands-parents d’enfants
handicapés visuels, par Debra K.Chapuis de l’école Perkins. Ces traductions ont
été faites grâce à l’aide du programme Hilton Perkins et à une subvention de la
fondation Conrad N.Hilton et de la fondation ONCE Amérique latine (FOAL). Ces
publications seront diffusées dans toute l’Amérique latine.
Changement d’attitude en Amérique latine
Tous les jours, ceux qui travaillent dans l’éducation des sourds-aveugles peuvent constater combien le public abandonne l’idée fausse que les enfants sourds-aveugles n’ont pas droit à une éducation. Ce changement est possible grâce aux efforts de beaucoup d’ONG internationales qui travaillent en coopération avec les ressources locales pour soutenir les programmes et amener à la prise de conscience des associations de parents et aussi à la formation des professionnels. Les programmes travaillent dur pour intégrer les enfants dans les activités normales de la communauté afin de changer cette idée fausse. Sur la photo, au Venezuela les enfants tirent des numéros dans une tombola pour obtenir des fonds de la communauté afin de soutenir les futures activités d’intégration.
Catalogne
A tous les hispanisants ! un appel de Ricard Lopez
Ricard Lopez et ses collègues sont persuadés que le CD-ROM de Jan Van Dijk
pourrait être une aide très importante et très utile pour les communautés
hispaniques. Il souhaite faire tout ce qu’il peut pour que cela soit possible.
Il a reçu une subvention pour traduire le contenu de l’actuel CD-ROM
Anglais/Hollandais en Espagnol. La prochaine étape est de modifier le CD-ROM.
L’éditeur dit qu’il faudrait en commander entre 250 et 400 au prix de 35/40
Euros le CD-ROM pour pouvoir couvrir les coûts de production. Donc, il faut
faire un investissement !
Pour que cela devienne réalité, Ricard voudrait que toutes les organisations,
tous les professionnels et toutes les familles indiquent si elles souhaiteraient
commander à l’avance. On ne demandera à personne d’envoyer de l’argent avant que
les commandes atteignent le nombre minimum pour rendre le projet financièrement
viable. Le prix de vente final sera égal au coût, entre 35 et 40 Euros pièce,
plus les frais d’expédition et d’administration.
On peut avoir des renseignements sur la version anglaise du CD-ROM du Dr Van Dijk sur le site :
http://www.tr.wou.edu/dblink/jvd-order.htmEcosse
" Partenaires en communication " - une série de séminaires et des
opportunités de développement des techniques
Sense Ecosse a organisé une série très réussie de séminaires et autres travaux
pratiques avec l’aide du Fonds social européen. Cela a commencé par 2 jours sur
le thème : " Tout le monde a une histoire à raconter " - titre choisi pour
amener la discussion sur la communication, comment elle se développe
normalement, pourquoi ça ne marche pas, et ce que nous pouvons y faire.
Au début de l’année, les participants ont examiné le domaine de l’évaluation,
l’écoute des enfants, la mobilité et l’orientation et l’environnement de
communication. Ils ont également eu un stage sur l’éducation à l’extérieur et le
développement des arts, deux domaines où Sense Ecosse a innové avec grand
succès.
Plus tard, le cours traitera de la tenue de dossiers et des développements de la
recherche et se conclura par un séminaire résidentiel de deux jours pour voir la
progression et faire avancer les choses.
La dimension européenne sera évoquée avec une intervention d’Inger Rodbroe.
Certains de ces événements sont ouverts à tous – si vous voulez plus de détails,
contactez AnneMarie McLaughlin :
Kazakhstan
La fondation kazakh " Meyrim " a créé son propre journal. Son nouvel éditeur
en chef est Timur Timirkhanov et il recherche des informations sur tout une
gamme de sujets concernant la surdicécité.
Il aimerait des informations sur les liens vers les sites web, sur la
rééducation et les méthodes d’enseignement aux enfants sourds-aveugles.
Veuillez envoyer vos messages à
Nouvelles des réseaux
CHARGE
Les 18 derniers mois ont été passionnants pour le réseau avec
comme principal centre d’intérêt le projet CAUSE ( Charge et Syndrome d’Usher en
Europe). Le projet lui-même a pris fin le 30 avril 2003 mais il y a encore un
peu d’activité pour diffuser les informations qui ont été produites.
Le grand moment du projet CAUSE fut une conférence qui s’est tenue au
Royaume-Uni. Ce fut un grand succès des deux côtés, CHARGE et Usher. David
Brown, Tim Hartshorne, et Jacques Souriau étaient les principaux intervenants
pour CHARGE et furent très bien accueillis. Plus de 100 personnes assistaient à
la partie CHARGE, familles et professionnels de 12 pays différents. Nous pensons
que c’était une réussite fantastique.
A la fin de la conférence, nous avons fait une réunion " Avenir du
réseau ". Il a été convenu que cela valait la peine d’essayer d’avoir une
conférence CHARGE à côté de la prochaine conférence européenne de DbI qui se
tiendra en Slovaquie en 2005. D’autres groupes l’ont fait les années précédentes
– en particulier le réseau Usher - avec un grand succès. L’un des grands
avantages est que beaucoup de ressources sont déjà en place pour la conférence
principale, par exemple le lieu, l’hébergement, les annonces etc...
Cela permettra aussi au réseau CHARGE de faire deux choses importantes :
capitaliser sur le succès du projet CAUSE et planifier une conférence CHARGE à
côté de la conférence mondiale de DbI en 2007.
Nous espérons que d’ici 2007 le réseau CHARGE sera devenu une organisation qui
fonctionne pleinement et que l’association CHARGE aura un meilleur profil
international. Nous ne savons toujours pas le nombre exact de personnes
atteintes de CHARGE dans le monde.
Ces dates peuvent paraître loin, mais le temps passe. Lorsque nous avons formé
le réseau en 1999, nous avons dû faire face à beaucoup d’obstacles parce
qu’alors nos idées semblaient être des rêves lointains. Mais, avec l’aide et le
soutien de diverses personnes, organisations, divers professionnels et parents,
nous avons déjà commencé à réaliser ces rêves. Il a fallu 4 ans pour organiser
la conférence CAUSE au Royaume-Uni, mais cela en valait la peine. Pour les
personnes atteintes de CHARGE et leurs familles, le profit en a été
incommensurable. Nous pensons qu’une autre conférence en Slovaquie en 2005 peut
faire encore plus.
David Levey
Coordinateur du réseau CHARGE
Premier groupe d’étude Usher en
Amérique du Nord
2-3 août 2003, Delta Meadowvale Hotel, Mississauga, Ontario, Canada
Depuis 1985, un groupe de personnes souhaitant améliorer leur connaissance et
leur compréhension du syndrome d’Usher se réunit tous les deux ou trois ans en
Europe pour mettre en commun leur savoir.
Les conséquences ont été d’une grande portée. Les membres sont revenus très
centrés sur les problèmes d’Usher et motivés pour identifier les familles avec
un Usher et informer leurs collègues sur les effets du syndrome. Avec la
conférence mondiale de DbI prévue à Toronto en 2003, il semblait opportun de
réunir un groupe d’étude sur le syndrome d’Usher juste avant, les 2et 3 août, au
même endroit.
Au moment où j’écris, les répercussions de la guerre en Irak continuent à se
faire sentir dans le monde entier et le virus SARS fait hésiter les gens à se
rendre dans des pays où on a identifié des cas. Malgré cette toile de fond
négative, nous projetons un programme de 2 jours pour examiner les
" Implications des résultats de la recherche sur le syndrome d’Usher sur les
familles " et " Comment progressent les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher "
.
Dans les 5 à 10 années à venir, les familles avec un Usher seront de plus en
plus impliquées dans les résultats de la recherche médicale actuelle. Il est
important qu’elles comprennent ce qui arrive et les implications pour eux
actuellement et pour les générations à venir. Le premier jour, nous examinerons
ces implications en profondeur. Pour nous y aider, nous avons invité plusieurs
scientifiques de ce domaine. Bronya parle de son travail sur les familles
d’Acadie avec un syndrome d’Usher en Louisiane, Medhi Sadeghi qui a travaillé
avec les familles Usher en Suède, fait une intervention sur l’évolution de
l’audition chez les personnes ayant un Usher type2 A et sur l’évolution de la
vision dans les Usher 1,2 et 3. Bill Kimberling du Boys Town National Research
Center d’Omaha, dirige un débat intitulé " Bientôt des tests cliniques
pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher ? "
Le 2e jour, l’accent sera mis sur le style de vie et la progression.
Le programme Usher Peer Mentor Scheme, où des personnes atteintes d’Usher sont
formées pour en conseiller d’autres, est décrit par les coordonnateurs Gloria
Ward et Chris Sherlock. Anny Koppen parle de l’évolution des besoins de
formation du personnel travaillant avec des personnes atteintes d’Usher.
Une jeune femme, Rebecca Atkinson qui a un Usher type 2, parle de ses projets et
de comment elle voit son avenir.
Nous espérons que le premier groupe d’étude Usher attirera les gens de la région
de Toronta et ceux qui viendront de la communauté mondiale et qui souhaitent
apprendre et partager leurs connaissances sur cette cause importante de
surdicécité chez les adultes.
Si tout va bien, nous évoquerons quelques unes des interventions dans le
prochain numéro de DbI.
Mary Guest
Secrétaire du Groupe d’étude Usher européen
Réseau développement du personnel
Dans les derniers numéros de DbI Review, nous avons dit qu’actuellement ce réseau travaillait de manière informelle avec des personnes en contact pour mettre en commun idées et ressources. Bien qu’à la dernière conférence européenne, beaucoup se soient engagés à le faire, les collègues ont eu des difficultés à trouver le temps pour maintenir un contact régulier et généralisé. Les centres d’intérêt identifiés étaient : formation des personnes sans qualification professionnelle pendant la première année de travail ; formation du personnel travaillant avec des adultes sourds-aveugles congénitaux ; et utiliser la technologie comme outil de formation. La conférence mondiale au Canada est une occasion de reprendre contact et les collègues sont invités à apporter matériels et idées à partager. Les collègues de Sense et Sense Ecosse apporteront des informations sur les modules de formation communs de 1ère année, un cours de communication pour le personnel travaillant avec des adultes sourds-aveugles congénitaux et sur une unité de valeur qui sera bientôt validée à l’université et qui est une étude d’ensemble de la surdicécité. Si l’un de ces sujets vous intéresse ou si vous avez des ressources à partager, envoyez-moi un Email, et je ferai en sorte que des contacts soient pris avant la conférence pour permettre une rencontre lors de notre séjour au Canada.
Virginia von Malachowski
Sense –
vvonmal@aol.comRESEAU EUROPEEN SYNDROME D’USHER (EUSN)
Le projet CAUSE a été établi pour profiter à deux nouveaux réseaux reconnus
par DbI : le groupe de soutien aux familles CHARGE et le réseau européen Usher.
L’EUSN a eu deux occasions d’organiser des réunions à la conférence CAUSE en
mars 2003. Les réunions étaient ouvertes à tout délégué à la conférence
intéressé. L’EUSN s’est réuni deux fois, les 29 et 30 mars. A chaque réunion
assistaient environ 50 à 60 personnes, la plupart des personnes atteintes d’Usher,
plus des membres des familles, des amis et des professionnels . En conséquence,
nous allons probablement doubler nos effectifs. Il y aura bientôt une élection
par Email des responsables. Nous espérons confirmer la désignation d’une
personne atteinte d’un syndrome d’Usher comme représentante du groupe au Conseil
de DbI.
Il y aura bientôt une autre occasion de faire connaître l’EUSN , car je vais
présenter un atelier " Développer un réseau Usher en Europe et au-delà " à la
conférence mondiale de DbI au Canada en août. Nous espérons pouvoir utiliser cet
atelier pour recruter d’autres membres en Europe et établir des liens avec
d’autres réseaux Usher dans le monde.
Marylin Kilsby
Coordinatrice national Usher,
Sense et Trésorière suppléante de l’EUSN. 29 avril 2003
Réseau surdicécité acquise
Le groupe de coordination du réseau s’est réuni à Oslo fin février. C’était
notre première rencontre depuis le 4e séminaire européen du réseau
très réussi à Zurich en octobre dernier. C’était aussi notre première réunion
sans Anneke Balder comme présidente. Anneke a maintenant un nouveau travail dans
un domaine différent et je l’ai remplacée comme président d’un groupe de
coordination récemment agrandi qui comprend maintenant Else-Marie Svingen
(Norvège) , Marie-Dominique Loussier ( France), Catherine Woodtli ( Suisse),
Henryk Riber et Else-Marie Jensen (Danemark) et moi-même : Ges Roulstone (
Royaume-Uni). Le groupe a élaboré des actions de suivi du séminaire de Zurich
maintenant que les collègues suisses ont terminé la traduction de toutes les
interventions d’Allemand en Anglais ! On avait promis aux participants de Zurich
un rapport sur les résultats et les actions du dernier séminaire et il sera
envoyé bientôt. Le groupe de coordination a aussi convenu d’envoyer aux membres
du réseau un résumé des points discutés lors de nos réunions bisannuelles.
Le point principal concernait la préparation initiale du prochain séminaire
européen en 2004. Il se tiendra au Royaume-Uni fin septembre/début octobre2004.
Sense a accepté d’accueillir le séminaire pour marquer le début de la
célébration du 50e anniversaire de Sense en 2005. La première annonce
sera faite cet été pour coïncider avec la journée des réseaux à la conférence
mondiale au Canada en août, mais ceux qui souhaitent y assister doivent noter la
date dans leur agenda dès maintenant !
Ges Roulstone
Rapport du réseau communication
Rien de neuf depuis le dernier rapport dans cette revue. Cependant, suite à
la conférence organisée à Gothenburg par le NUD sur " Sensation, perception et
signification " et conformément à notre planning à long terme, un mini-séminaire
sur l’analyse sémiotique est en préparation. Il aura lieu au NUD, Dronninglund
Castle, les 1er et 2 mai 2003. Il s’adresse à un groupe restreint de
chercheurs dans les domaines de la surdicécité congénitale et de la sémiologie.
Le réseau communication déplace son centre d’intérêt de l’étude de la
communication du point de vue de l’interaction, du dialogue et des régulations
intersubjectives vers l’étude de la façon dont la signification est partagée,
transmise et établie au cours des épisodes de communication. Cela ne veut pas
dire que nous changeons de sujet, ou passons au chapitre suivant. Cela signifie
simplement que nous découvrons à quel point le contenu des échanges est un
élément puissant et profond dans le processus de communication. Lorsque nous
communiquons avec des sourds-aveugles congénitaux, y compris de manière
mimétique ( non linguistique), il semble que nous soyons plus efficaces lorsque
nous provoquons et soutenons des récits , qui sont des sortes d’histoires
racontant des expériences qui ne prennent pas nécessairement la forme de langage
mais ont un réel potentiel pour développer une complexité, soutenir des
échanges, former une identité sûre et intégrer des formes linguistiques.
Lors de ce séminaire, deux concepts principaux seront abordés : " récits "
et " mélange ". Le premier, qui se rapporte à l’art de raconter, sera abordé du
point de vue de la dynamique de la structure narrative en tant qu’interface
entre les partenaires de communication et entre un individu et son expérience du
monde. Le second ( " mélange ") montre comment, lors des expériences de
communication, nous utilisons, de manière rapide, cohérente et efficace, des
mélanges de divers niveaux d’expériences ( par exemple des expressions
mimétiques et linguistiques, ou les éléments d’un récit précédent pour en
qualifier un autre, etc.) afin de donner un sens. Cette capacité de jouer avec
divers types d’expressions ou de savoirs existe chez tous les êtres humains, y
compris les sourds-aveugles congénitaux . Il peut y avoir un écart, ou un
contraste , entre les compétences linguistiques d’un individu et sa capacité à
prendre part à des jeux d’"élaboration de sens ".
Ces sujets sont à la fois très simples et très compliqués. Ils sont simples
lorsque nous les voyons naturellement réalisés dans les expériences de
communication ( ils passent presque inaperçus)... mais ils sont très difficiles
à décrire et à comprendre. Mais notre tâche est de faire en sorte que les
personnes en contact avec les sourds-aveugles congénitaux cultivent les
compétences liées aux processus qui sont désignés par ces concepts. Nous sommes
aidés dans cette recherche par Per Aage Brandt de l’université de Aarhus (
Danemark) et Sarah Taub qui est chercheur à l’université de Gallaudet (USA).
Nous espérons que ce séminaire permettra de dégager du matériel thématique pour
un séminaire international plus inclusif à l’avenir ( par exemple à Paris en
2005) et qu’il inspirera de nouveaux échanges de collaboration dans la recherche
et le développement des connaissances.
Il est important de mentionner que beaucoup de collègues de toute l’Europe ont
contribué à la dynamique de notre quête d’une meilleure communication avec les
enfants et les adultes sourds-aveugles congénitaux. Ils ont apporté leur
expérience, leurs données et leurs observations et nous souhaitons que cela
continue. Nous voudrions également souligner combien le NUD soutient notre
travail en organisant ou en accueillant des événements qui contribuent
directement ou indirectement à améliorer nos connaissances sur l’élaboration de
la signification. NUD diffusera bientôt sur le web des textes qui pourraient
intéresser beaucoup de collègues. Ces textes seront publiés sous le titre CNUS :
Communication Network Updated Series (Mises à jour réseau communication).
Jacques Souriau
LIVRES
Objets de référence : leur rôle pour aider les apprenants multihandicapés
Ce sont les minutes de la conférence nationale qui s’est tenue au département
Education de l’université de Birmingham en juin l’année dernière. Il comprend
les travaux de Marleen Janson, Liz Hodges, Laura Pease et Adam Ockleford.
Exemplaires disponibles au prix de 5 Livres auprès de Mrs J Whittaker, The
University of Birmingham, School of Education, Edgebaston, Birmingham B15 2TT,
England.
EDdN : Réseau sourds-aveugles européen
EDbN a été créé à l’origine pour avoir accès à un financement de l’Europe
pour des projets concernant la surdicécité. L’un de ses principes était d’avoir
un parent ou représentant des familles, un sourd-aveugle, et un professionnel de
chaque pays. Une importance égale était attachée aux trois groupes. A un moment,
EDbN a obtenu une subvention de coordination de l’Union Européenne et a financé
un secrétariat qui a été tenu pendant des années par Lex Grandia et Ann Thestrup.
EDbN publiait un bulletin, organisait des réunions annuelles, des séminaires, et
avait beaucoup de projets. Malheureusement, l’UE a décidé de financer moins
d’ONG européenne dans le domaine du handicap. L’année dernière, il n’y a pas eu
de subvention pour EDbN. EDbN a tenu une réunion à Bruxelles en mai ( dans le
cadre d’un projet d’inclusion sociale) où un sentiment fort que quelque chose
devait continuer s’est exprimé. Ceci s’est confirmé à Athènes en septembre 2002
et on a pris la décision qu’un certain nombre d’organisations et de personnes
travailleraient ensemble en tant qu’EDbN.
Ce souhait de continuer EDbN s’est encore fortement exprimé à la conférence des
familles d’octobre dernier en Italie, où beaucoup de familles sont venues et ont
expliqué leur besoin d’une tribune.
Aussi, en mars 2003, le groupe suivant s’est réuni pour parler de la possibilité
de continuer EDbN : Richard Hawkes ( Sense International), Wolfgang Angermann (
association des sourds-aveugles allemands, président suppléant d’EDbN), Ricard
Lopez ( association de parents catalans et espagnols), William Green (
vice-président DbI, conseiller à la Lega del Filo d’Oro, Italie), Ursula
Heinemann ( Autriche , sœur d’un sourd-aveugle, psychologue), Sue Brown
(dirigeante des campagnes de Sense), Lucy Drescher ( chargée des campagnes de
Sense), Malcolm Matthews ( directeur de CSI à Sense, représentant des
professionnels du Royaume-Uni à EDbN).
Nous avons discuté de ce que devriat faire exactement EDbN à l’avenir et reconnu
que cela dépendrait des opportunités qui se présenteraient et de l’engagement
dont seraient capables les diverses organisations/personnes. On a souligné que
l’un des meilleurs atouts d’EDbN est d’être une organisation regroupant
familles, professionnels et sourds-aveugles. On a également reconnu que les
professionnels et les sourds-aveugles ont beaucoup d’autres opportunités de se
rencontrer et donc une des priorités d’EDbN doit être de se centrer sur les
familles. Les familles ont besoin d’un EDbN fort pour les entraîner vers des
activités en réseau. Cependant, il a été redit que les familles ne seraient pas
le seul centre d’intérêt d’EDbN. Il continuera à rechercher des opportunités
pour les trois groupes, tout en reconnaissant que les familles doivent être
prioritaires si possible.
Une organisation comprenant professionnels, familles et sourds-aveugles à un
niveau européen, EDbN, continue à avoir une valeur, mais à l’avenir la solution
sera de travailler avec les parents et de leur donner des opportunités de
fonctionner en réseau. A cause de l’importance de l’Europe dans nos pays, nous
avons aussi reconnu l’importance de faire campagne au niveau européen.
Le but de la réunion était de convenir de la façon d’assurer les fonctions de
secrétariat, de discuter des campagnes à faire, de convenir des domaines
prioritaires, d’examiner les moyens de communications ( y compris le web et le
bulletin)et d’accepter l’adhésion à EDF. Nous avons aussi parlé des liens avec
DbI, y compris si EDbN veut siéger au conseil de DbI (EDbN est un réseau de DbI).
Il a été convenu qu’Ursula assurerait le contact avec DbI et que Ricard serait
désigné pour siéger au Conseil de DbI. Ursula a proposé de travailler
bénévolement pendant un certain nombre d’heures par semaine et Ricard a proposé
de s’occuper de certains domaines. Sense a proposé de travailler sur les
campagnes. Le principal thème des campagnes sera " la reconnaissance de la
surdicécité en Europe ".
William et la Lega del Filo d’Oro et Ricard et Sense International se sont
engagés pour les activités transnationales et la recherche de financement.
Wolfgang a maintenu le lien avec EDF et continuera à assurer ce rôle.
L’assemblée a réparti les tâches comme suit :
Sense :
Ursula Heinemann ( Coordinatrice du réseau) :
Ricard Lopez :
Wolfgang Angermann :
Tous :
IL a été mentionné que les séminaires et journées d’étude ont fait partie de
l’activité d’EDbN dans le passé et que de tels événements pourraient être
organisés à l’avenir.
La Conférence des familles au Danemark pourrait fournir l’occasion de la
prochaine réunion d’EDbN.
Voici donc les dernières nouvelles d’EDbN. Nous ne sommes pas un groupe ayant la
sécurité financière , mais nous voulons maintenir notre réseau par notre
dévouement et notre motivation.
Pour tout renseignement, contacter Ursula Heinemann :
EDbN crée un E-groupe
EDbN a créé un E-groupe pour faciliter la communication entre les membres et
pour permettre l’échange de documents, l’annonce d ‘événements etc. Cet E-groupe
peut être utile pour envoyer toutes sortes de messages aux membres et garantir
ainsi que tout le monde recevra l’information.
Cet e-groupe est accessible par la page d’accueil du site EDbN . Venez jeter un
coup d’oeil !
Ricard Lopez, EDbN
Nouveau réseau POUR DbI
Réseau des frères et sœurs
Avoir un frère sourd-aveugle ou une sœur sourde-aveugle a un grand impact sur la vie de la fratrie . Il est important que parents et professionnels, ainsi que les frères et sœurs sourds-aveugles, s’en rendent compte. Donc, un nouveau réseau pour les frères et sœurs d’enfants et d’adultes sourds-aveugles a été créé. Un réseau qui accueille tout frère ou sœur et peut offrir soutien et conseils lorsque les choses sont difficiles et où les expériences peuvent être partagées. Et aussi où on peut discuter de notre rôle de tuteur lorsque les parents ne peuvent plus s’en occuper.
Les objectifs du réseau seront :
Pour les deux premiers, nous nous servirons des Emails et de l’Internet,
ainsi que des réunions et conférences, que nous espérons organiser aussi
nous-mêmes.
Nous allons demander à être un réseau reconnu de DbI dès que possible. Cela nous
permettra d’atteindre notre 3e objectif de former des liens avec
d’autres réseaux et organisations.
Si vous êtes un frère ou une sœur de sourd-aveugle et êtes intéressé par une
discussion sur votre rôle en tant que frère ou sœur, contactez Sabine Kersten :
KAZAKHSTAN
" Meyrim " est la lueur d’espoir !
Meyrim est un mot kazakh qui signifie bonté, charité et caresse ! C’est le nom
qui a été choisi pour l’association des sourds-aveugles. C’est une toute
nouvelle organisation, deux ans seulement, mais pleine de confiance et d’idées,
et qui a l’ambition d’aller plus loin dans l’aide aux sourds-aveugles du
Kazakhstan. Dans cet article, Galina Frolova, présidente de la fondation Meyrim,
présente la fondation et nous donne une idée du travail qu’elle fait.
Nous pouvons faire beaucoup !
Notre fondation " Meyrim " n’a que 2 ans, mais nous avons déjà une histoire.
Bien que nos rêves ne se soient pas tous réalisés, et que nous ayons encore des
difficultés, nous regarderons le passé avec gratitude.
C’est la première, et la seule, organisation au Kazakhstan, qui a pour objectif
d’apporter une aide aux sourds-aveugles et à leurs familles.
En janvier 2001, nous avons fêté le nouvel an ensemble pour la première fois.
Nous avons aussi ouvert le " Club des cœurs solitaires " pour les
sourds-aveugles. 27 personnes se sont réunies dans une salle du centre de
loisirs de la Société kazakh des aveugles. Une belle représentation par des
acteurs sourds a créé une atmosphère de vacances en ce jour spécial. Nous avons
bu du thé et pris des photos qui reflètent la joie de se réunir. En bref, la
rencontre a eu un succès au-delà de toute espérance. Nous avons confiance en
nous et en notre force. Nous pouvons faire beaucoup !
Le succès donne des ailes
Malheureusement la vie n’est pas faite que de vacances ! Il a fallu se mettre
au travail. Nous avons pris une salle de la Société des sourds et nous avons
commencé à travailler. Tout était nouveau pour nous : premières rencontres,
interviews et publications, et la quête difficile d’un sponsor. En récompense de
notre travail, les premiers résultats et les premiers bénévoles sont arrivés. Le
succès donne toujours des ailes !
Nous sommes partis de rien, avec seulement le souhait d’aider ceux qui ne
peuvent pas se débrouiller seuls et ceux qui doivent vivre "dans un autre
monde ". Ici, les sourds-aveugles sont mal connus, et seuls les spécialistes,
les parents et les sourds-aveugles eux-mêmes connaissent les problèmes
spécifiques de ces personnes handicapées. Pendant un certain temps, nous avons
frappé à des portes fermées, en criant nos problèmes à des bureaucrates qui
semblaient incapables d’entendre nos préoccupations. Mais nous faisons tout ce
que nous pouvons.
Ils nous font confiance !
Tandis que nous allions d’une porte fermée à l’autre, le temps passait, et un autre jour de fête est arrivé – la journée internationale des femmes. Notre recherche de sponsors a réussi cette fois et nous avons pu célébrer ce jour au restaurant. Dans la grande salle du restaurant, en plus des sourds-aveugles et de leurs parents, il y avait des représentants des médias. Des gens en tenue décontractée avec de grands sourires, ça signifiait que ce n’était pas seulement un dîner de charité de plus. L’artiste qui s’est produit a été regardé par tout le personnel du restaurant, car presque personne n’avait vu auparavant comment les sourds chantent et dansent. Le personnel du restaurant a été invité à juger le concours de cuisine qui était organisé en même temps ! Chaque sourd-aveugle a reçu un cadeau à la fin de la réunion, mais le plus gros cadeau, c’est nous les organisateurs qui l’avons reçu, en voyant les visages heureux et souriants de nos nouveaux amis et leur confiance. Ils nous font confiance !
Enregistrement
Le jour est venu où 4 personnes ayant le même but se sont réunies et ont
signé le contrat de constitution et envoyé les documents nécessaires au
ministère de la justice pour l’enregistrement par l’état de la fondation. Les
membres fondateurs de la fondation comprenaient un spécialiste de la rééducation
de la société kazakh des aveugles, un aveugle, un homme d’affaires, et moi,
l’auteur de cet article, qui suis sourde-aveugle mais qui ai encore des restes
visuels. En tant que personne comprenant bien les sourds-aveugles et connaissant
leurs problèmes de l’intérieur, j’ai été invitée à être présidente de la
fondation.
En mars 2001, notre fondation était officiellement enregistrée. Aujourd’hui,
c’est notre anniversaire officielle – la Fondation bénévole pour l’aide sociale
et la rééducation des sourds-aveugles – " Meyrim ". Ce mot, traduit du Kazakh,
signifie bonté, charité, caresse. C’est une très bonne nouvelle, mais cela
signifie aussi responsabilité et faire face à beaucoup de travail et de
difficultés. Nous avons un nouveau bureau, plus confortable, loué gratuitement
par la papeterie KBS, qui nous a été donné après la publication d’un article
dans le journal local " Almaty tonight ". Mais notre compte est dans le rouge,
et notre enthousiasme assombri par différents obstacles, en particulier notre
recherche de sponsors ; et bien sûr, le désir d’aider ceux qui ne peuvent pas se
débrouiller seuls.
100 personnes identifiées
Au moment de l’enregistrement de notre fondation, nous avions trouvé plus de 100 sourds-aveugles à Almaty. Il y a beaucoup de sourds-aveugles dans d’autres régions du Kazakhstan, mais nous ne savons pas combien parce qu’ils n’ont pas d’association.
Bonheur et souffrance
Juste trois mois après son enregistrement s’est tenue la présentation de la
fondation. Quelle histoire de " découvrir " la surdicécité car presque personne
n’en avait entendu parler !
Puis à nouveau, les congés étaient finis et il fallait se remettre au travail.
Pour la plupart d’entre nous, chaque jour est plein d’une souffrance
insupportable qui touche au désespoir, en voyant les enfants très malades. Par
exemple : deux sœurs jumelles, belles, totalement sourdes, atteintes d’un
syndrome d’Usher. Le champ visuel de Khalida, 15 ans, a rétréci jusqu’au point
critique. Kamila, 3 ans, a déjà eu un diagnostic de rétinite pigmentaire. Un
autre exemple est celui de la toute menue Elina, 11 ans, et de Kolya , 5 ans,
souffrant de rubéole congénitale. Et leurs mères, toujours près de leurs
enfants, qui ne connaissent même pas la gravité de l’état de leur enfant, n’ont
pas compris le diagnostic, et refusent d’entendre la sentence de mort des
médecins. Elles se battent pour la vie de leurs enfants. Quels désastres
attendent les enfants sourds-aveugles à l’avenir ? Quand sera-t-il possible de
les aider tous ? Dieu seul le sait.
Alors que nous ne connaissons pas la réponse, chaque vendredi le Club des cœurs
solitaires pour les sourds-aveugles se réunit dans notre petit bureau, souvent
plein à craquer. Ici viennent tous ceux qui ont besoin d’avoir une vie sociale
et de rencontrer des amis, de parler des problèmes de tous les jours, de laisser
parler leurs cœurs !
Fin de notre première année... merci !
En s’inquiétant pour les gens et en s’occupant d’eux, notre première année de
travail est passée. Nous avons célébré l’anniversaire de notre fondation à
Nauryz, la nouvelle année turque, les vacances de printemps. Dans une
compétition organisée par KSB, nous sommes arrivés 2e sur 11 autres
associations. Nous avons aussi participé à d’autres compétitions.
Nos vacances, nos réunions, les petits cadeaux aux membres de l’association, ne
sont possibles que grâce à l’aide de nos sponsors. Nous les remercions beaucoup
de leur aide inestimable pour nos activités.
Merci pour l’aide que nous recevons
D’abord, nous souhaitons remercier l’ambassade du Canada au Kazakhstan, la société de télécommunications " Nursat " et un jeune homme d’affaires, Alexander, qui nous aide toujours matériellement et pour faire représenter notre fondation dans les instances gouvernementales. Et aussi , Almaz Urazimov, le directeur du Centre de loisirs " Cardinal ".
Notre avenir
Nous avons de grands projets pour l’avenir, et en dépit du fait que notre
fondation soit toute jeune, nous avons la chance de réaliser ces projets. Notre
grand rêve est de créer un centre de rééducation, avec toutes sortes de services
vitaux pour les sourds-aveugles. En ce moment au Kazakhstan, il n’y a aucun
centre de ce type. En ce moment, quelqu’un qui vit au Kazakhstan et qui perd
soudainement la vue et l’ouie, n’a pas accès à un service psychologique ou
médical de base. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour surmonter les
difficultés qui leur sont tombées dessus. Ils doivent faire toute leur
rééducation et surmonter les obstacles psychologiques. En plus, ils ne reçoivent
aucune aide extérieure ni équipement technique.
Notre objectif est d’apporter l’aide nécessaire à tous les sourds-aveugles du
Kazakhstan.
CONFERENCES
Problèmes de comportement, NON. Problèmes de communication, OUI.
David Levey, coordinateur du réseau CHARGE, donne un point de vue de père sur
le syndrome de CHARGE suite aux interventions novatrices à la conférence CAUSE (
CAUSE= CHARGE et syndrome d’Usher en Europe)
Le syndrome de CHARGE est une des principales causes de surdicécité
congénitale et de multihandicap sensoriel dans le monde d’aujourd’hui. Les
premières années suivant la naissance sont consacrées aux opérations pour sauver
la vie de l’enfant, et aux changements d’adaptation dans la vie des parents. Ce
n’est qu’une fois que les problèmes physiques semblent plus " gérables ",
qu’apparaissent les problèmes plus profonds. Ceux-ci ont tendance à tomber dans
les catégories comportement et communication. C’est à la conférence CAUSE que
j’ai finalement réalisé que ces deux aspects de CHARGE sont inséparables.
Après les interventions incroyablement précises et riches d’informations faites
par les conférenciers , je suis arrivé à la conclusion que je ne veux plus
appliquer le terme " problèmes de comportement" à mon fils, Joshua. Bien que je
puisse comprendre combien cette étiquette a évolué dans le temps, je constate
qu’elle ne m’a pas du tout aidé à améliorer ma relation avec lui. Pourquoi ?
Les trois principaux intervenants sur CHARGE à la conférence étaient David
Brown, Tim Hartshorne et Jacques Souriau. Ils ont respectivement traité des
sujets de l’intégration sensorielle, du comportement et de la communication.
Une citation de chacune de leurs conférences vous donnera une idée de la façon
dont je suis arrivé à mes conclusions sur ma relation avec Joshua, qui a
maintenant 10 ans.
David Brown
" ...les difficultés à s’exprimer, ou l’expérience constante que leurs communications expressives soient mal interprétées, peuvent conduire certains enfants à abandonner, ou à recourir à des comportement explosifs qui peuvent être interprétés comme imprévisibles ou irrationnels. "
Tim Hartshorne
" Tout comportement a un but, tout comportement est communication "
Jacques Souriau
" il est certain qu’un soutien basé sur les besoins des personnes
atteintes de CHARGE plutôt que sur les idées et réflexions de leur partenaire,
donnera de meilleurs résultats... "
Chacun des conférenciers s’est servi de ses connaissances étendues,
accumulées pendant de nombreuses années d’expérience et de recherche, pour
dépeindre un tableau que tout parent d’un enfant atteint de CHARGE reconnaîtrait
instantanément. Ces conférences ne faisaient pas que se recouper. Elles étaient
étroitement liées et montraient la complexité de CHARGE, et donnaient une image
en trois dimensions de l’interaction entre le comportement et la communication.
J’ai choisi ces affirmations clé de chaque conférencier parce qu’ensemble elles
m’ont fait réaliser que je m’y prenais mal avec Joshua. J’avais tendance à me
polariser beaucoup plus sur son comportement que sur ses essais de communication
efficace. Pas étonnant que ça ait souvent fini par une dispute !
Je connais personnellement ce terrible sentiment de frustration quand quelqu’un
ne me comprend pas. Ce doit être une des expériences les plus désagréables que
je peux imaginer. Qu’est-ce que ça peut être alors pour quelqu’un atteint de
CHARGE ? En plus de la surdicécité et du handicap multisensoriel, ils peuvent
très bien avoir divers autres problèmes physiques affectant leur capacité à
communiquer.
La conférence CAUSE a montré l’incroyable variété de stratégies de communication
utilisées par les personnes atteintes de CHARGE et aussi du syndrome d’Usher.
J’ai pu aussi constater la diversité des comportements que nous montrons en tant
qu’espèce. Avec ou sans syndrome, nous sommes assez bizarres si vous prenez le
temps d’observer !
Pas de " problèmes de comportement" mais " des problèmes de communication "
" Problèmes de comportement" est un terme généralement accepté et je comprends pourquoi il est utilisé, mais en tant que père d’un garçon atteint de CHARGE je pense que " problèmes de communication " est un terme de référence plus positif et certainement plus utile. Il m’aide à me concentrer sur ce que Joshua essaie de faire plutôt que sur ce que je ne veux pas qu’il fasse. Cela déstresse un peu ce qui peut être un processus épuisant, pour un père. En m’efforçant d’intégrer cette nouvelle façon de penser, j’essaie de me rappeler que toute communication est à problèmes. Même mes personnes les plus éloquentes et les plus sûres d’elles se trompent souvent.
Références : Textes de la conférence CAUSE , Hinckley, Angleterre – mars 2003
David Brown, services pour sourds-aveugles de Californie, USA. " Quelques
implications comportementales des problèmes sensoriels chez les enfants atteints
de syndrome de CHARGE "
Tim Hartshorne, Professeur de Psychologie, Université centrale du Michigan, USA.
" Problèmes de comportement dans le syndrome de CHARGE ", " Le
comportement comme communication : la fonction des comportements à problèmes "
Jacques Souriau, Directeur du CRESAM, France, " Syndrome de CHARGE et
communication "
Troisième rencontre espagnole des familles d’enfants sourds-aveugles : Pontevedra, 28-31 juillet 2002
La surdicécité est un handicap qui entraîne des besoins et une attention spéciale pour ceux qui en sont atteints, et qui, selon le degré de handicap, exige beaucoup de la famille ; la plupart du temps, il est très difficile de difficile de concilier l’attention que nécessite cet enfant et l’attention qu’exige le reste de la famille. Pour cette raison, la famille a besoin d’aide. Ana Alvarez : Besoins des familles d’enfants sourds-aveugles, 2002
Historique
A l’Apascide nous pensons que ces rencontres des familles sont d’une grande aide pour les familles. Bien que nous recommandions une rencontre tous les 2 ans, pour diverses raisons la dernière avait eu lieu il y a 3 ans en 2001. Mais nous espérons en avoir une autre en 2004.
Préparations et lieu de la rencontre
La rencontre a été organisée par l’APASCIDE grâce à une subvention de la Fondation ONCE et la collaboration du CRE ( Centre de ressources pédagogiques) Santiago Apostol d’ONCE à Pontevedra.
Le nombre de participants
25 familles de toute l’Espagne ont participé. 6 familles de Galice venaient pour la première fois. L’âge des enfants sourds-aveugles allait de 7 mois à 41 ans. Ceci signifie qu’il y avait une représentation d’une large gamme de problèmes. 34 bénévoles formidables ont permis de rendre la rencontre possible. L’organisation et la coordination de l’événement étaient assurées par 11 personnes. En tout, 141 personnes ont participé et en plus de participer, elles se sont fait beaucoup d’amis et ont tissé des liens durables.
Ouverture et rapport d’APASCIDE
La rencontre a commencé par la lecture émouvante de l’article de Norman Brown " Célébration des objectifs " ( voir bulletin APASCIDE n° 8) par Dolores Romero. Le " Programme d’aide aux familles " était particulièrement intéressant ; ce programme était financé par le Ministère du travail et des affaires sociales , avec les priorités suivantes :
L’Andalousie est le principal bénéficiaire du programme du Ministère du travail et des affaires sociales à cause du grand nombre de cas dans la région. Vu le manque de ressources dans l’ensemble du pays, un de nos objectifs est d’obtenir plus de financement. Le gouvernement d’Andalousie et, dans une moindre mesure, le gouvernement de Galice, vont collaborer.
Compte-rendu : Les besoins des familles d’enfants sourds-aveugles – atelier
Ana Alvarez, coordinatrice du programme d’Aide aux familles et psychologue à
APASCIDE, a déclaré : " la famille a besoin d’aide et les projets et les
activités d’APASCIDE essaient d’apporter une réponse à cette réalité ". Le
projet le plus important est celui d’aide aux familles s’occupant de leurs
enfants sourds-aveugles, financé par le Ministère du travail et des affaires
sociales.
Avec l’aide d’Isabel Paredes, assistante sociale à APASCIDE, un atelier pour
parents s’est tenu. Ils ont examiné cinq cas, par groupes : le diagnostic, la
réorganisation de la famille, les frères et sœurs d’enfants sourds-aveugles, la
scolarisation de l’enfant sourd-aveugle et les questions : Que pouvons-nous
faire ? Quelles dispositions pouvons-nous prendre pour après qu’ils auront
quitté l’école ?
Les sourds-aveugles et les étapes de leur développement
Mme Pilar Gomez Viñas, coordinatrice des programmes pour sourds-aveugles à ONCE, a souligné que " la perception d’un sourd-aveugle est différente de la nôtre. Nous devons faire un effort pour comprendre les messages qu’ils nous adressent dans la perspective de leur image du monde ".
Perte auditive des sourds-aveugles, prothèses et implants
le Dr Carlos Cenjor ( Fondation Jimenez Diaz) a fait une intervention sur les implants cochléaires et a déclaré : " aujourd’hui, ils sont efficaces, sans danger et durables " et " actuellement l’implantation dans l’oreille qui a la meilleure audition est recommandée parce qu’ayant été plus stimulée, les résultats obtenus sont bien meilleurs "
Le projet du centre pour sourds-aveugles d’APASCIDE
Mme Dolores Romero, présidente d’APASCIDE, a parlé du projet préliminaire du
premier foyer et CAT espagnol pour jeunes et adultes sourds-aveugles . L’Espagne
n’a pas de centre pour les sourds-aveugles au-dessus de 18 ans, et il est
essentiel de prévoir le développement d’un projet personnalisé pour chaque
sourd-aveugle.
Les objectifs sont :
Le centre devra être :
Ma vie en tant que sourd-aveugle
José Maria est un sculpteur galicien célèbre , et un exemple pour tous, car il a montré combien un sourd-aveugle peut être indépendant quand il a les aides nécessaires. Son intervention a été très émouvante et nous nous sommes tous identifiés avec les problèmes qu’il a exposés. Un exemple qui nous a particulièrement touchés a été la description d’un voyage par avion pendant lequel il est resté abandonné 6 heures dans un aéroport parce que les gens qui devaient s’en occuper ignoraient son handicap. Il a manifesté son affection et son soutien à notre projet de centre.
Les activités des enfants et des jeunes sourds-aveugles
Les coordinateurs de l’association ont pris grand soin des activités des enfants et des jeunes. Les caractéristiques spécifiques de chacun ont été prises en compte. Chacun avait un assistant bénévole exclusif et expérimenté, choisi sur la base de leurs besoins spécifiques de communication et d’interaction.
La situation en Galice
Dernièrement, des enfants sourds-aveugles, et des jeunes diagnostiqués sourds-aveugles, sont passés d’une classe spécialisée à une intégration avec d’autres enfants. Le nombre de professionnels expérimentés dans la surdicécité n’est pas suffisant et il faudrait l’augmenter d’urgence. Pour s’attaquer à ce problème, l’APASCIDE a présenté un projet au " Conseil des affaires sociales du gouvernement de Galice " pour la première fois.
Les bénévoles
Après nos enfants , les bénévoles sont les personnes les plus importantes dans nos vies. Sans eux, aucun de nos enfants sourds-aveugles ne participerait à une activité extra-scolaire. Les rencontres avec d’autres familles ne seraient pas possible non plus. Ils donnent à nos enfants non seulement du temps et de l’amour, mais aussi une interaction compétente avec le monde et les activités. Bien qu’ils soient bénévoles, ce sont aussi des professionnels compétents. On n’a pas le temps de raconter des anecdotes, mais laissez-moi leur dire : " merci beaucoup, nous ne pourrions pas nous en sortir sans vous ".
Conclusions de la rencontre des familles
Les conclusions furent les suivantes :
Ricard Lopez (
talking3@teleline.es)MERCI MIKE !
Sense International ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans Mike
Collins. C’est peut-être un drôle de chose à dire, mais c’est vrai. Depuis
notre création en 1994, Mike nous a prodigué ses conseils et son aide, à
l’organisation et à moi-même. Il a vraiment été un mentor dans tous les sens
du mot.
Pendant une grande partie de cette période, Mike a été président de DbI et
Sense International en a assuré le secrétariat. Ce fut une période difficile
pour DbI dans beaucoup de sens, mais sous la direction de Mike, l’organisation
s’est renforcée. Grâce à lui c’est un privilège d’appartenir à DbI, et
lorsqu’il laissera la place à un nouveau président, il laissera une base
solide sur laquelle on continuera à développer DbI dans les années à venir.
Ce fut un honneur de travailler si étroitement avec Mike, et je suis sûr que
nous tous qui avons eu cette chance, avons appris énormément de lui. C’est un
homme formidable et je suis fier de me considérer comme son ami. J’espère
conserver ce lien avec Mike et je sais que DbI souhaitera continuer à
bénéficier de ses compétences et de son savoir à l’avenir.
Richard Hawkes
Depuis que j’ai été acceptée dans la famille internationale des
sourds-aveugles, j’ai connu trois présidents de l’IAEDB ou de DbI . Mike était
le plus grand ! Un grand peut faire de grands pas en avant et viser plus loin.
Je pense que durant sa présidence, Mike est allé plus loin dans toutes les
directions et a agrandi la famille sourde-aveugle d’Est
en Ouest et du Nord au
Sud. Mike, votre cœur sait écouter tout le monde.
Janka Sarisska
En tant qu’ancien président, j’ai eu le plaisir de collaborer avec Mike qui
était vice-président. Il était non seulement " vice " mais aussi " wise "(
sage – excusez le mauvais jeu de mots). A cette époque, DbI se développait
très vite et la constitution n’était plus adaptée. Il fallait la sérénité et
l’efficacité de Mike pour faire face à cette situation difficile et préparer
une nouvelle constitution. Depuis lors, beaucoup d’activités se sont créées
dans le cadre de DbI. Malgré cette nouvelle complexité, Mike, en tant que
président, a réussi à encourager tous les groupes, pays et réseaux à
travailler ensemble sans heurts et efficacement. Sa capacité d’écoute de tous
et d’être si bien organisé a fait de DbI une organisation appréciée de tous
dans le domaine de la surdicécité.
Jacques Souriau
J’ai le plaisir de connaître Mike J.Collins aussi bien comme président de
DbI que comme directeur du programme Hilton/Perkins. C’est un vrai
professionnel et un administrateur très dévoué. Mike est très connu parmi ceux
qui travaillent avec les multihandicapés déficients visuels. Sans prétention,
réaliste et simple, Mike inspire le respect à ses collègues du monde entier.
Il a toujours cherché à promouvoir les services pour sourds-aveugles dans les
pays en développement. Il a apporté toute sa coopération, son soutien et ses
conseils lors de l’organisation de la conférence DbI-Icevi d’Asie à Ahmedabad
du 8 au 13 février 2000. Il a également joué un rôle décisif en lançant divers
programmes dans les pays en développement pour les enfants multihandicapés.
Même au fin fond de la Chine orientale, le principal de l’école pour sourds et
aveugles de Kunming, province du Yunnan, savait que Mike s’intéressait au
développement des services dans cette province. J’étais très fier de savoir
que les gens, même dans ce pays lointain, connaissaient DbI et son
charismatique président. Les sourds-aveugles des pays en développement seront
toujours redevables à Mike pour ses multiples initiatives de promotion des
services dans cette partie du monde.
J’apprécie spécialement la façon démocratique qu’a Mike de diriger les
réunions du Conseil mondial de DbI . Il a une manière très professionnelle de
donner l’ordre du jour, de rechercher à l’avance les commentaires sur les
point à l’ordre du jour, de suivre fidèlement l’ordre du jour et de donner à
chacun la possibilité de donner son point de vue sur chaque sujet. J’ai été
très honoré qu’il accepte de faire une réunion du Conseil mondial à Ahmedabad
, à l’association des aveugles, immédiatement après la conférence de DbI.
Grâce à cette initiative, les membres du conseil ont pu apprécier les besoins
et les aspirations des sourds-aveugles des pays en développement.
Ce fut ma fierté et un privilège de travailler sous la dynamique direction de
Mike. Je continuerai à espérer ses conseils pour la création et la promotion
des services pour les enfants ayant des besoins spéciaux dans les pays en
développement. Par son agréable personnalité, l’étendue de ses connaissances,
et ses qualités de leader, Mike est devenu un ami, un philosophe et un guide
pour beaucoup de professionnels dans le monde entier.
Bushan Punani
DEFINITION DE LA SURDICECITE
Comment définir la surdicécité ? Essai de synthèse
Dans cet article, Jan Jakes, président de VIA, Association des sourds-aveugles, et chargé de cours au Département d’Education spécialisée de l’université Charles à Prague, soumet ses idées pour une discussion sur la définition de la surdicécité
Qu’est-ce que la surdicécité ?
On peut trouver beaucoup de définitions et de descriptions différentes du concept de surdicécité . On essaie actuellement de distinguer la surdicécité des autres handicaps sensoriels , avec beaucoup de discussions pour alimenter le débat. Au niveau du dictionnaire, ce qu’est la surdicécité semble clair. Ce n’est qu’en arrivant à la situation réelle, en termes humains, que de grandes difficultés se présentent. Il y a une variété d’opinions différentes soutenues par les autorités et les professionnelles, mais aussi par les sourds-aveugles et leurs familles, amis et assistants. Donc la question est : qui est sourd-aveugle ? Est-ce lorsqu’une personne reconnaît que sa situation est si grave qu’il/elle dit : je suis sourd-aveugle ? Est-ce quand nous pouvons reconnaître que quelqu’un d’autre est sourd-aveugle ? Nous n’avons pas besoin de réfléchir à des définition si nous pouvons aider les sourds-aveugles individuellement et avoir une approche personnalisée. Mais, si nous voulons créer un système de prestation de services, un système d’aide sociale et de législation sociale, nous avons besoin d’un modèle ou de critères.
Trouver un modèle ou des critères
En général nous pouvons trouver des mots qui décrivent la surdicécité comme
une infirmité, une déficience, un handicap, une maladie etc. Nous pouvons dire
aussi qu’elle présente des problèmes pédagogiques, psychologiques, sociaux,
médicaux et de rééducation. En général, c’est un phénomène anthropologique et
ontologique qui cause de sérieux problèmes à la personne handicapée. Nous
savons qu’elle requiert notre attention. En résumé, la surdicécité est un défi
personnel, social, culturel et politique.
La surdicécité est un handicap caractéristique et distinct. Elle résulte des
conséquences d’une double déficience sensorielle. Une grave déficience des
deux sens distants, la vue et l’ouie, n’est pas en fait la surdicécité, mais
est une cause de surdicécité. La surdicécité n’est pas une simple somme de
déficience des deux sens distants. C’est quelque chose de tout à fait
spécifique qui doit être considéré comme des composants concomitants ayant un
impact sur d’autres facteurs. Donc, peut-être est-ce la combinaison non pas
juste de la déficience auditive et de la déficience visuelle , mais la
relation fonctionnelle entre l’ouie et la vue, et un groupe étendu de
conséquences personnelles, biologiques, psychologiques, sociales,
pédagogiques, culturelles et éthiques de la double déficience sensorielle.
La question est comment exprimer exactement le sens d’un mot vague comme
surdicécité : comment concevoir une description ou définition complète du sens
de ce mot compliqué. Est-il possible de combiner tous ces attributs en un
modèle simple, universel, exhaustif et général ?
La formule
Je propose d’utiliser des méthode formelles, une équation , pour définir la surdicécité, comme suit :
D = f (H, V,r,Q), où
D signifie surdicécité
f indique une fonction ou somme des composantes et éléments
pertinents qui figurent entre parenthèses
H signifie déficience auditive. Le degré de cette déficience est exprimé
par un diagnostic, par le type et l’étendue de la perte sensorielle, et par le
moment où elle s’est déclarée. Si H est nul, D est nul aussi.
V signifie déficience visuelle. Le degré de cette déficience est exprimé
par un diagnostic, par le type et l’étendue de la perte sensorielle, et par le
moment où elle s’est déclarée. Si V est nul, D est nul aussi.
r indique la relation entre la fonction de l’audition et de la vision.
Je l’ai exprimée comme un genre de coefficient, qui indique le degré auquel la
capacité naturelle de compenser la perte de vision ou d’audition est limitée
ou même complètement absente en cas de surdicécité. La valeur de ce
coefficient r pourrait être la multiplication des valeurs des pertes
auditives et visuelles exprimées en pourcentages ( ou tout autre échelle). Il
est alors possible de trouver que la valeur résultante varie de zéro à un.
Par exemple, avec cette méthode, la combinaison de la surdité totale et de la
cécité totale donne 1. Quand le niveau de perte auditive est de 83% et la
perte visuelle de 100%, le coefficient r est de 0,83%.
Q signifie le groupe de toutes les conséquences du fait d’être doublement
handicapé sensoriel qui ont une influence sur la qualité de la vie, par
exemple les aspects de développement et apprentissage, éducation, insertion et
réinsertion individuelle, emploi, logement etc. Pour examiner ce domaine, je
suggère une approche à plusieurs facettes du concept de surdicécité. Cela nous
permet de rendre le processus flexible quand il concerne l’évaluation.
Nous pouvons peut-être désigner les facettes suivantes avec l’agrément
général :
Donc, la définition et la description de la surdicécité en utilisant la composante Q pourraient se faire avec l’aide d’échelles d’évaluation pour chaque facette. Le problème crucial est de créer des échelles qui seront acceptées par tous !
Inclure toutes les composantes
Dans le développement de cette équation pour explorer le concept et permettre de trouver un descripteur pour la surdicécité, il est essentiel de prendre toutes les composantes en considération. Si l’une des composantes de la définition n’est pas présente, la résultante D peut être nulle ! Si elle est nulle, cela signifie que dans ce cas, il s’agit d’un autre handicap qui est différent de la surdicécité.
Identifier exactement le soutien individuel
Je pense que cette formule décrit la surdicécité et a la capacité de rassembler tous ses types, formes et manifestation. Elle devrait aider à identifier le type de soutien exigé pour répondre aux besoins d’éducation et de rééducation. On peut l’utiliser à des fins de développement, d’éducation, à des fins sociales, sociologiques, démographiques etc... Elle peut aussi servir d’outil pour une meilleure identification aux sourds-aveugles , pour rechercher et trouver leur identité.
Eléments fonctionnels
Cette formule de la surdicécité nous donne un cadre. Les composantes H, V,
r, Q s’appliquent par rapport aux conditions de vie réelles. Les éléments qui
constituent ces composantes décrivent la situation d’une personne handicapée.
A l’aide de ce modèle, nous sommes libres de les décrire avec plus ou moins de
concision, et de différents points de vue. La composante Q surtout,
c’est-à-dire celle qui décrit la variété d’attributs des activités humaines,
offre une importante opportunité d’identification des éléments fonctionnels.
La flexibilité est importante. Par exemple, si nous prenons un élève
sourd-aveugle et ses besoins de communication, nous pouvons appliquer, dans
cette composante Q, certains éléments du critère éducatif. Ainsi, nous
l’adaptons à diverses fins correspondant à la fourniture de services dans le
monde réel avec des personnes réelles. De plus, si nous
formulons une définition pour des lois ou réglementations nationales, le
format de la définition nous permettrait aussi de suivre la philosophie,
l’intention, et la structure de la législation existantes, des lois et
articles s’y rattachant.
NOUVELLES DE L’ADMINISTRATION
Mise à jour des adhésions
Il y a actuellement 585 membres de 77 pays différents. Si ce n’est déjà
fait, veuillez renouveler votre adhésion à DbI pour 2003. Le coût comprend une
cotisation pour l’année calendaire et cela nous aiderait vraiment si vous
pouviez renvoyer le formulaire rapidement. Cette année, nous allons mettre
notre base de données à jour, donc il est très important que vous renouveliez
votre adhésion dès que possible. Si nous n’avons pas de vos nouvelles au 30
septembre, nous considérerons que vous ne souhaitez plus être membre et
vos coordonnées seront supprimées de la base de données.
Nous vous demandons également de mettre à jour les informations que nous avons
sur vous et votre organisation. Si vous avez des questions, ou si vous voulez
adhérer par Email, contactez nous à
Conférence européenne en Slovakie en 2005
La conférence européenne de DbI en 2005 se tiendra à Cervenica en Slovakie. Le vice-président William Green fait partie de la commission scientifique et le secrétaire de DbI, Richard Hawkes, fait partie du comité d’organisation.
Site web de DbI
Pour les dernières informations sur DbI, allez sur
www.deafblindinternational.orgSecrétariat de DbI
Si vous avez des questions, vous pouvez vous adresser à Tara Takini au secrétariat, en la contactant par Email à
dbi@senseinternational.org.ukDbI Numéro 32
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DBI REVIEW LE MAGAZINE DE DEAF-BLIND INTERNATIONAL
Numéro 32 – Juillet
- décembre 2003
Message du Président
Après avoir travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la surdicécité, le
rôle de président de DbI est un honneur auquel je suis véritablement très
attaché. Toute ma vie, j’ai participé à des activités internationales – en
coordonnant des conférences mondiales et européennes, en organisant des
séminaires internationaux et des réunions de réseaux, et en trouvant des
financements pour des activités transnationales. Rassembler les gens de
différents pays a toujours été mon but car je pense qu’ainsi on peut créer des
opportunités pour que les gens se rencontrent, parlent et échangent des idées.
Je crois que cela est essentiel pour le développement et l’épanouissement de
notre domaine.
Au cours des quatre prochaines années, DbI continuera sur des bases solides avec
des projets pour développer et garder son identité d’importante organisation
internationale. Ceci signifiera abattre les barrières pour que des personnes
plus jeunes accèdent aux rôles de dirigeants et pour faire participer nos
partenaires naturels – particulièrement les sourds-aveugles et les membres de
leurs familles. Il faudra que nous devenions encore plus accessibles et que nous
proposions notre soutien pour permettre aux gens de participer plus pleinement.
J’ai été très honoré de participer avec des amis et collègues à la création de
l’Union Européenne des Sourds-Aveugles en novembre au Danemark. Vous trouverez
des détails sur ce formidable événement dans ce numéro.
La reconnaissance des sourds-aveugles comme des partenaires à part égale est au
cœur du travail de DbI et je pense qu’il est vital que notre organisation
travaille en étroite collaboration avec d’autres pour garantir les droits et la
reconnaissance des sourds-aveugles où qu’ils vivent. Mon souhait serait que tous
– nouveaux venus ou vieux amis – se sentent chez eux dans notre organisation.
Pour que ce soit possible, nos activités, bulletins et journaux doivent englober
ce que nos membres veulent, ainsi ils tiennent à être membres et souhaitent
participer. Nos réseaux se développent. Ils sont thématiques ou géographiques et
ils joueront un rôle important pour atteindre nos objectifs. J’ai eu la chance
dernièrement de visiter l’Ukraine , avec l’équipe de Slovaquie, pour prendre de
nouveaux contacts là-bas !
Au fur et à mesure que nous donnons le pouvoir aux sourds-aveugles, le rôle des
professionnels change et DbI devra aborder de nouvelles manières de travailler.
Travailler au changement au niveau des principales instances mondiales, y
compris les Nations Unies, figure dans les premiers points de notre programme.
La campagne en Europe, à partir de janvier, au Parlement européen à Bruxelles,
est déjà organisée et lancée. Je demande instamment à tous d’y participer .
Au fur et à mesure que DbI se développe, il faudra contrôler que notre
constitution et nos pratiques restent adaptées et efficaces. Il faudra aussi
consacrer du temps à notre planning stratégique afin de réaliser nos souhaits
pour l’avenir.
Personnellement, et en votre nom à tous, je voudrais exprimer notre profonde
sympathie à la famille et aux collègues de Dietrich Bunck, dont la mort
prématurée est évoquée dans ces pages. C’était un ami dont l’immense
contribution ne sera pas oubliée. Et pour Sam Boshielo et sa famille , nous
pensons à vous, toute notre amitié.
J’espère travailler avec vous tous – que vous soyez professionnel, sourd-aveugle
ou membre d’une famille. Au cours de ces quatre prochaines années cruciales,
nous continuerons à travailler dans le but d’assurer que des services de qualité
existent pour les enfants et les adultes sourds-aveugles et, par conséquent, que
l’on approche de leur pleine participation à tous les aspects de la vie.
William Green.
Editorial
Il y a beaucoup à faire ici, et on s’est activé pour que vous ayez tous le
magazine pour le Nouvel An ! On espère que vous aimez le nouveau look !
Les sujets traités sont vastes, avec des articles sur le travail que nous
faisons, les pays où nous travaillons, les organisations pour lesquelles nous
travaillons et qui nous sommes !Tim Hartshorne souligne l’importance de la
compétence sociale, l’étudie en tant que concept en termes très clairs, et
rapporte ces idées aux enfants sourds-aveugles. Connie Miles, consultante au
Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher, décrit son travail avec les
familles, en insistant sur le choix en connaissance de cause, et ce que cela
signifie pour la recherche génétique. Nous avons aussi un premier article ( sur
deux) d’Isabel Amaral sur un travail récent sur la communication – donnant une
analyse détaillée de sa recherche dans ce numéro, et dans le prochain quelques
indications pour les praticiens.
Les nouvelles du monde entier continuent à montrer que vous êtes de plus en plus
nombreux à nous contacter pour nous parler de vos projets et nous faire part de
vos réflexions. On voyage avec ce que vous écrivez et les photos qu’on reçoit !
Les vacances en Pologne ont apparemment été fantastiques – cela se voit dans le
récit que nous en avons. Le travail se développe dans les pays de l’Europe de
l’Est, y compris l’ex URSS, ainsi qu’un grand nombre de projets à long terme en
Amérique latine. Et enfin, merci de tout cœur aux Canadiens pour la merveilleuse
conférence.
Donc merci de penser à nous. Nous aimerions avoir des nouvelles de votre
programme, ou de votre passion, et si cela vous intimide d’avoir à écrire dans
une langue étrangère, on peut vous aider pour cela aussi !
Eileen et Frances
SOUTIENS COMPORTEMENTAUX POSITIFS ET RELATIONS SOCIALES
Tim Hartshorne, Central Michigan University
Tous les gens devraient vivre dans un environnement où ils peuvent réussir et où ils peuvent se sentir bien dans leur peau. Dans certains environnements, le fait d’avoir un handicap empêche de réussir et de se sentir bien. Avec certains handicaps, les enfants peuvent avoir des difficultés à acquérir les techniques sociales nécessaires pour avoir des relations avec les autres, et peuvent aussi développer certains comportements qui vont à l’encontre de relations sociales positives. Dans cet article j’utilise les " soutiens comportementaux positifs " comme concept d’ensemble pour examiner la compétence comportementale et sociale des enfants, suivi d’un examen plus détaillé du concept de compétence sociale. Enfin, j’étudie une méthode pour aider les enfants sourds-aveugles à développer leur compétence comportementale et sociale.
Pour illustrer les concepts, j’utiliserai un exemple ( imaginaire). Justin est un garçon de 9 ans ayant des handicaps sensoriels multiples. Souvent, lorsque des élèves ou des professeurs le touchent volontairement ou par hasard, il les frappe.
Soutiens comportementaux positifs (PBS/SCP)
Dans le passé, nous nous sommes efforcés de changer l’enfant. Justin aurait subi diverses punitions pour lui apprendre que c’était mal de frapper. Le mouvement des soutiens comportementaux positifs ( SCP) a changé cette orientation. Le SCP " regarde les carences du système, du cadre ou des techniques plutôt que l’individu . La modification du comportement essaie de " réparer " la personne, alors que le SCP ajuste le système et le cadre, en visant à améliorer les techniques " ( Travnikar, 2001). Le comportement se produit toujours dans un contexte. Le SCP recherche les carences dans ce contexte, soit dans les conditions environnementales, soit dans les techniques comportementales de l’individu (Carr, Horner, Turnbull, Marquis, Magito McLaughlin, McAtee, et al., 1999). L’objectif du SCP n’est pas juste la réduction ou l’élimination des comportements à problèmes, " mais plutôt d’améliorer la vie des gens " ( Carr et al. 1999, p.5).
Le SCP a deux étapes de base. Premièrement, une évaluation fonctionnelle du comportement est faite pour comprendre le but du comportement. Deuxièmement, un projet d’intervention sur le comportement est élaboré pour entreprendre les soutiens nécessaires pour améliorer les techniques.
L’évaluation fonctionnelle du comportement rassemble des informations sur les " pourquoi " d’un comportement particulier ( Carr, Levin, McConnachie, Carlson, Kemp & Smith, 1997). En d’autres termes, l’évaluation fonctionnelle sert à identifier le but du comportement à problème. Si on connaît le but, le comportement est compréhensible.
Pourquoi Justin frappe-t-il ceux qui le touchent ? Qu’est-ce que son comportement nous communique à propos de Justin et de son expérience dans son environnement ? Nous pourrions être tentés de l’étiqueter comme " agressif ". Mais au lieu de cela, nous pourrions considérer que Justin pourrait dire ou communiquer quelque chose en frappant. Quels pourraient être son but ou sa fonction ? Douglass ( 1995) suggère les possibilités suivantes :
En d’autres termes, il y a beaucoup de buts possibles pour ce comportement, dont certains ne sont pas évidents.
Les quatre objectifs principaux d’une évaluation fonctionnelle du comportement sont (1) d écrire le comportement ; (2) prédire les heures et les situations où le comportement se produira ; (3) identifier le but ou l’objectif du comportement ; et (4) proposer des interventions liées au contexte et au but du comportement ( Travnikar, 2001).
Une évaluation complète examinera les contextes dans lesquels le comportements se produit, et les conséquences de ces comportements, afin d’identifier le but. Des hypothèses sont développées sur la base de l’évaluation, et les interventions sont choisies sur la base des hypothèses. La réussite des interventions apporte un soutien aux hypothèses, ou si elles ne réussissent pas, cela indique qu’une évaluation supplémentaire est nécessaire.
Un projet d’intervention sur le comportement est un projet individualisé de soutien du comportement qui porte à la fois sur les conditions d’environnement carencées qui peuvent exister et sur les techniques insuffisantes que peut avoir la personne. Les exemples de conditions environnementales carencées peuvent inclure le cadre matériel, le cadre social, les activités et l’instruction, la programmation et la prévisibilité, et les opportunités de choix. Les techniques insuffisantes peuvent inclure la communication, les techniques sociales, le contrôle de soi, et les comportements adaptatifs. Des composants d’intervention multiples sont employés pour changer l’environnement et construire les techniques, avec l’objectif de ne pas simplement modifier le comportement visé, mais plutôt d’envisager la qualité de vie au sens large de la personne ( Travnikar, 2001).
Si, par exemple, Justin communique qu’il a besoin de plus d’avertissement quand les gens s’approchent de lui, et que le but du comportement est d ‘éviter de tels contacts et de se protéger, quelle construction de technique ou quelle modification environnementale peuvent être justifiées ? Peut-on lui apprendre d’autres méthodes d’exprimer son désir d’éviter le contact soudain avec les autres ? L’environnement peut-il être modifié de façon à éviter la probabilité de ce contact ? Peut-on apprendre aux élèves et aux professeurs d’autres manières d’approcher Justin ? Dans quelle mesure le toucher fait-il partie de la qualité de vie, et comment peut-on l’incorporer dans l’expérience de Justin d’une manière qu’il apprécie ?
Compétence sociale
" Le degré auquel les élèves sont capables d’établir et de maintenir des relations interpersonnelles satisfaisantes, de se faire accepter par leurs pairs, d’établir et maintenir des amitiés, et de mettre fin à des relations interpersonnelles négatives ou pernicieuses, définit la compétence sociale et permet de prévoir l’adaptation psychologique et sociale à long terme " ( Gresham, Sugai, & Horner, 2001). La compétence sociale est la capacité d’accomplir avec compétence des tâches sociales. Les techniques sociales sont les comportements spécifiques qu’une personne emploie pour accomplir ces tâches avec compétence. Il est évident que le comportement de Justin qui frappe quand on le touche n’est pas une bonne technique sociale et indique quelques problèmes de compétence sociale. Le SCP envisage la compétence sociale en termes de contextes, à la fois les techniques sociales qu’une personne a acquises, et l’environnement dans lequel l’action sociale se produit.
Techniques sociales
Les techniques sociales peuvent se classer en plusieurs catégories ( Caldarella & Merrell, 1997) :
Les déficits ou manques dans les techniques sociales peuvent aussi être classés ( Gresham, Sugai & Horner, 2001) :
Justin a peut-être un déficit dans les techniques d’affirmation , ou la manière appropriée de faire savoir aux autres ce qu’il aime ou n’aime pas. IL peut ne jamais avoir acquis cette technique, il peut manquer de pratique, ou il peut ne pas vouloir l’utiliser. Frapper peut être simplement son comportement préféré , ou il peut ne pas en connaître d’autre. Les techniques sociales peuvent s’enseigner ; en général dans le cadre d’un groupe en utilisant répétition guidée, feedback, renforcement et pratique ( Waas & Graczyk, 1998). Mais le SCP exige de s’attaquer à la fois aux manques de techniques et aux carences de l’environnement.
Conditions environnementales
Une des conséquences du manque de techniques sociales peut être le rejet des pairs. Mais le rejet des pairs n’est pas dû simplement au manque de techniques sociales ; c’est aussi le résultat de schémas relationnels négatifs ( Waas & Graczyk, 1998). Les schémas relationnels sont les scénarios et les règles que vous avez sur vos relations avec les autres. Par exemple, les autres élèves peuvent avoir des schémas relationnels avec Justin selon lesquels " il est agressif ", " il est désagréable à côtoyer ", " il faut l’éviter ". Beaucoup d’enfants handicapés souffrent probablement à la fois d’un manque de techniques sociales et de schémas relationnels négatifs les concernant. Ils peuvent eux-mêmes avoir des schémas relationnels négatifs sur les autres. Ces schémas relationnels négatifs font partie du contexte environnemental qui existe quand il y a un comportement négatif.
La conséquence de schémas relationnels négatifs peut être un environnement qui n’est pas favorable à l’apprentissage et à l’exécution des techniques sociales. Si Justin frappe pour avertir les autres qu’il lui faut plus de temps pour qu’ils l’approchent, son comportement réussit probablement à écarter les autres de lui. Il créée effectivement un contexte d’évitement, qui est soutenu par les schémas relationnels négatifs que les autres ont à son encontre. Il repousse, et les autres restent à l’écart. Apprendre à Justin un autre comportement est un début, mais à moins que l’environnement ne change, il n’aura aucune raison d’utiliser le nouveau comportement.
Projet centré sur la personne et cercle d’amis
Le projet centré sur la personne (PCP) est un processus qui permet l’inclusion de personnes handicapées dans leur communautés naturelles, y compris le voisinage, l’école, le travail. Les objectifs généraux du PCP pour l’individu comprennent :
Pour tous les PCP , on commence par se concentrer sur les désirs et les besoins de l’individu et par reconnaître l’importance des soutiens formels et informels pour aider la personne à réaliser ses rêves. Le PCP représente un changement d’orientation : au lieu de trouver ce qui ne va pas chez une personne et comment y remédier, on va identifier ses capacités, et trouver comment les développer de façon à ce que la personne puisse vivre la vie qu’elle imagine ou que nous imaginons ( O’Brien, O’Brien & Mount, 1997)
Un type de PCP utilisé pour le personnes handicapées de tous âges est le MAPS / Etablir des plans d’action ( Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il est fréquemment utilisé par la personne et son Cercle d’amis. Le groupe examine plusieurs questions telles que : Qui est cette personne ? Quels sont les rêves de cette personne ? Quelles sont les points forts de cette personne ? A quoi ressemble une excellente journée pour cette personne ?
Le PCP permet de définir les conditions environnementales souhaitables pour cette personne. A partir de là, des plans d’action peuvent être élaborés pour réaliser les confrontations sociales parfaites dans la journée de la personne, à l’école ou au travail, qui tiennent compte des points forts et des besoins de la personne, et l’aident à aller vers la réalisation de ses rêves. Nous pourrions imaginer l’excellente journée de Justin à l’école comme celle où professeurs et pairs l’approchent avec précaution mais positivement d’une manière qu’il peut accepter et apprécier.
Un Cercle d’Amis est un cercle de soutien qui se forma autour d’une personne handicapée (Pearpoint, Forest & O’Brien, 1996). Il a pour but de soutenir l’inclusion de la personne à l’école, dans la communauté et le lieu de travail. La personne ( ou si sa communication est limitée, un proche) invite ceux dont elle désire qu’ils participent au cercle, selon qu’elle pense qu’ils la soutiennent dans sa vie. Les Cercles d’Amis peuvent comprendre des professionnels ou non. Dans l’idéal, les membres restent en permanence dans le Cercle, fournissant un réseau de soutien social naturel à l’individu.
Les Cercles d’Amis sont un moyen d’éviter ou d’éliminer les schémas relationnels négatifs. Frederickson et Turner ( 2003) ont montré que si un Cercle avait peu d’impact sur la perception de soi de l’enfant, ou sur la perception du comportement de l’enfant par le professeur, il avait bien un impact positif sur l’acceptation sociale de l’enfant. Le Cercle d’Amis de Justin peut soutenir le développement de sa compétence sociale en (1) apprenant comment prendre contact avec lui d’une façon qu’il peut accepter et à laquelle il peut répondre positivement, (2) aidant à lui enseigner les techniques sociales, et (3) faire savoir aux autres qu’ils sont des amis de Justin et que Justin a beaucoup de qualités positives. Personne ne développe une compétence sociale ou n’apprend les techniques sociales s’il est isolé. Et rien ne vient mieux à bout des schémas relationnels négatifs que l’interaction positive avec ses pairs.
Résumé
Il est préoccupant qu’un enfant manque de compétence comportementale et sociale. Mais l’approche des Soutiens Comportementaux Positifs fait que cela est une préoccupation partagée, un problème commun, avec une solution commune. On n’évalue pas la responsabilité . Au lieu de cela, on recherche les sources environnementales des problèmes, on identifie le but du comportement négatif pour l’enfant, et on élabore d’autres moyens pour que l’enfant atteigne ses objectifs. Un Projet d’Intervention Comportementale est élaboré dans le contexte du Projet Centré sur la Personne, et un Cercle d’Amis garantit que l’enfant soit soutenu tout au long du processus.
Choix et consentement en connaissance de cause dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher – Mise à jour.
Constance Miles, Consultante, Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital
Le diagnostic du syndrome d’Usher se fait maintenant de plus en plus tôt grâce aux progrès scientifiques réalisés par divers chercheurs dans le monde entier. Le Dr Claes Moller a observé qu’un enfant qui marche après 18 mois aura très probablement un syndrome d’Usher de type 1 ( Moller et al. 1989). Aujourd’hui, dans de nombreux cas, il est possible de faire un diagnostic moléculaire à la naissance ( Kimberling et al. 1999, 2003). Maintenant on peut identifier les bébés ayant un syndrome d’Usher grâce aux tests de dépistage auditifs pendant qu’ils sont encore à l’hôpital. Le diagnostic précoce du syndrome d’Usher permet aux familles d’envisager les avantages d’interventions, y compris les implants cochléaires et la participation aux prochains essais cliniques .
Aujourd’hui beaucoup d’enfants entrent à l’école avec un diagnostic de syndrome d’Usher tandis que d’autres apprennent le diagnostic pendant leur adolescence. Alors que les adaptations éducatives peuvent être minimales à l’école primaire, les parents commenceront à demander conseil plus tôt car la recherche scientifique continue à en apprendre davantage sur les trois différents types de syndrome d’Usher. Les éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des découvertes médicales pour planifier de manière appropriée les programmes personnalisés et les services de soutien pour les enfants ayant les différents types de syndrome d’Usher.
L’éminent spécialiste de la psychologie de l’enfant, Fred Rogers, proposait ces réflexions aux ophtalmologistes qui travaillent avec des enfants :
Vous avez été enfant vous aussi, jadis. Cela peut paraître évident, mais le savoir et se rappeler comment c’était d’être un enfant peut faire une grande différence dans la relation entre vous et votre petit patient....Les enfants sentent très rapidement ce que ressentent leurs parents, et ils sont particulièrement sensibles aux anxiétés de leurs parents. Tout ce que vous pourrez faire pour aider les parents à se sentir confiants et calmes sera très utile pour calmer leurs enfants....La plupart des anxiétés viennent de la peur de l’inconnu ou du manque d’information ou de compréhension.
Dans nos rencontres sur le terrain, les parents parlent souvent du diagnostic initial et ont donné des conseils aux professionnels qui participent à la vie de leur enfant. Ne dites pas à mon enfant, ou à moi, qu’un test auditif, un examen de l’œil ou une autre procédure sont mauvais, demandent-ils. Les parents conseillent aux professionnels de dire qu’une perte auditive a été identifiée ou qu’une perte auditive a été détectée. Mauvais est un mot puissant qui ôte l’espoir. Rappelez-vous de sourire et de parler directement à nos enfants. Ne nous dites pas de faire apprendre le Braille à nos enfants. Rappelez-vous que ce sont d’abord des êtres humains avant d’être des sujets de recherche. Rappelez-vous que ce sont des enfants.
Adolescence
Beaucoup d ‘adultes chez qui on avait identifié un syndrome d’Usher à l’adolescence nous ont fait part de leur opinion que le diagnostic avait été plus difficile pour leurs parents que pour eux, à beaucoup d’égards. Les adolescents savaient souvent que leur vision était différente, en particulier le soir. Beaucoup avaient remarqué qu’il y avait des situations où ils ne pouvaient pas voir les conversations en langue des signes que leurs amis pouvaient suivre, qu’ils ne pouvaient pas se déplacer aussi facilement que leurs amis dans un cinéma quand on rallumait les lumières, ou ne voyaient pas bien pendant un orage soudain qui assombrissait le ciel. Dans des entretiens avec 40 personnes, toutes ont dit qu’elles savaient que quelque chose n’allait pas dans leurs yeux dès l’âge de 12 ans, même si le diagnostic n’avait pas encore été fait ou qu’on ne leur avait pas dit ( Miner, 1995).
J’ai réalisé une série d’entretiens et d’études avec 125 familles dont les enfants avaient eu un diagnostic de syndrome d’Usher à l’adolescence. L’étude a été faite en 1986 alors que je travaillais pour le Centre national Helen Keller, pour déterminer les besoins non satisfaits des familles et des adolescents pour lesquels on avait diagnostiqué un syndrome d’Usher. Les réponses sont par famille.
A la question : " De quoi vous souvenez-vous à propos de l’annonce du diagnostic de syndrome d’Usher pour votre enfant ? "
A la suite de cette étude, nous avons organisé un groupe d’études pour psychologues et psychiatres travaillant avec des enfants sourds-aveugles ou ayant un syndrome d’Usher. Les intervenants comprenaient les Dr. McCay Vernon et Paul Wheatley, Art Roehrig, le psychologue pour sourds Dr.Larry Stewart, des psychologues de l’université de Californie à San Francisco, etc. Le Dr.Joann Boughman a parlé de la génétique du syndrome d’Usher. Tous les participants ont reconnu l’importance des informations et des mises au courant de la recherche génétique dans le soutien des personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et de leurs familles.
Mise au courant de la recherche
Afin de tenir les familles au courant des dernières recherches et de répondre aux questions sur les types de syndrome d’Usher, des rencontres de terrain sont organisées par le Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher au Boys Town National Research Hospital. Le Dr.William Kimberling donne les dernières informations sur la recherche et répond aux questions du public. Les rencontres sont toujours organisées pour répondre aux besoins d’information et aux demandes du public. Certaines rencontres sont seulement sur le syndrome d’Usher de type 2, et seront peut-être suivies d’une autre sur le syndrome d’Usher de type 1. Quiconque ayant un syndrome d’Usher de n’importe quel type peut assister à toutes les rencontres pour apprendre et poser des questions. Les parents et autres membres des familles sont toujours les bienvenus. Les rencontres sont gratuites. Les stages permettent souvent aux familles de parler à d’autres familles ou personnes atteintes du syndrome d’Usher pour la première fois. Les gens ne sont pas obligés de donner leur identité ni de dire pourquoi ils assistent aux rencontres.
Certains nous ont dit que le diagnostic de syndrome d’Usher avait presque été un soulagement parce que maintenant ils avaient un nom à mettre sur ce qui leur arrivait et qu’ils savaient que d’autres dans le monde connaissaient la même expérience. Mais, bien sûr, le diagnostic est toujours difficile et obsédant pour les parents et pour l’enfant. Et chaque parent et chaque enfant réagit différemment au diagnostic de syndrome d’Usher. Une mère, une artiste, a commencé à peindre avec son enfant en sachant que même si son enfant pourrait ne plus voir les peintures un jour, il pourrait toujours se les rappeler parce qu’elles entraient dans son âme par ses mains.
Et après le diagnostic, il y a la vie. Il y a des choix à faire, on peut aller de l’avant, reconnaître et accepter le changement dans sa vie et embrasser l’avenir, ou bien on peut choisir de se retirer de la vie. Il y a aller de l’avant ou rester immobile. Il y a des décisions à prendre et des risques à prendre. Il y a de nouvelles techniques à apprendre qui exigent beaucoup d’énergie, de ténacité, et de volonté. Des techniques nécessaires pour continuer à être capable de se déplacer seul le soir ou les jours d’orage. Des techniques pour compléter la capacité de signer et de lire la langue des signes, de lire sur les lèvres, ou d’utiliser ses implants cochléaires à l’extérieur. Il y a des décisions à prendre sur la formation continue, le travail, les sorties avec les amis, et même sur les fêtes de famille et les styles de vie traditionnels dans la communauté. Il y a aussi des décisions à prendre sur les occasions de participer à la recherche scientifique dans des centres qui se consacrent à traiter le syndrome d’Usher dans le but final de le stopper, de retourner à l’état antérieur et de le guérir. Toutes ces décisions sont liées dans la vie.
Le diagnostic de syndrome d’Usher touche toute la famille et tous ceux qui ont les mêmes gènes. Tous ont des sentiments et des opinions sur la recherche scientifique. Bien que chaque adulte atteint d’un syndrome d’Usher décide de façon indépendante de participer ou non à la recherche, il peut être le vecteur de transmission des informations à sa famille élargie. Pour la majorité des familles, les progrès médicaux sont d’un grand intérêt et sont considérés comme bénéfiques. Si on a besoin d’autres échantillons de sang ou autres informations des membres de la famille, chaque adulte a la possibilité de prendre sa décision basée sur son choix en connaissance de cause et son consentement en connaissance de cause. Il est important de savoir que les informations médicales sur un membre de la famille ne seront pas communiquées à un autre membre de la famille par les chercheurs ou leurs hôpitaux. C’est un contrat moral dans le consentement en connaissance de cause.
Choix en connaissance de cause
Le choix en connaissance de cause, c’est recevoir et obtenir des informations, poser des questions, comprendre et décider seul de participer ou non à la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. C’est apprendre les risques et bénéfices possibles de la participation à la recherche. Un test sanguin peut faire mal ou les résultats de la recherche peuvent prendre plus longtemps pour une personne que pour une autre. La participation peut conduire à l’identification du type de syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause c’est plus que signer un formulaire pour accepter de participer à la recherche, et pour les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher cela peut être beaucoup plus compliqué.
Les opportunités de connaître les programmes de recherche sur le syndrome d’Usher sont limitées, en partie à cause du manque de fonds dont disposent les centres pour conduire des recherches sur le syndrome d’Usher.
En cas de perte progressive de la vue associée à la surdité ou à une déficience auditive, les conversations de personne à personne sont souvent compromises, sans l’intermédiaire d’un interprète connaissant les adaptations spéciales pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire. Il y a des périodes transitionnelles d’ajustement où une personne qui signait couramment doit maintenant se tenir à une certaine distance d’une autre personne qui signe. L’éclairage doit être correct et la pièce ne doit pas être trop lumineuse ni trop sombre. La personne qui signe doit porter une couleur appropriée qui fasse suffisamment de contraste avec sa peau sans être trop contrastante. Par exemple, le noir peut faire trop de contraste avec les peux blanches. Le marron peut se confondre avec une couleur de peau et on ne peut pas distinguer les signes. Porter un vêtement à pois ou un imprimé peut éblouir la personne qui regarde les signes. La rétinite pigmentaire peut causer des îlots de perte visuelle dans un champ visuel réduit. La perte de la vision périphérique peut nécessiter l’utilisation d’une langue des signes plus concise ou plus compacte, plus près du visage de l’interprète. Cela peut sembler être de petits détails, mais cela peut empêcher de comprendre une communication éloquente en langue des signes. Tous ces détails sont amplifiés quand une personne a une rétinite pigmentaire associée à une surdité ou une déficience auditive.
Il peut aussi y avoir des périodes transitionnelles d’ajustement si une personne atteinte de RP a une diminution de son champ visuel ou une modification de sa vision centrale l’obligeant à suivre la langue des signes matériellement. C’est le fait de placer sa main sur le bras du signeur pour suivre plus facilement les mouvements de la main. Il faut un moment de transition pour s’adapter à la nouvelle façon de recevoir l’information. La communication peut aller un peu plus lentement en attendant. Il arrive qu’une personne atteinte du syndrome d’Usher devienne un signeur tactile et lise les signes avec ses mains placées sur les mains de l’interprète. Il y a encore une période d’apprentissage pendant laquelle la communication peut être ralentie pendant un moment. Une perte de vision peut modifier la capacité d’une personne à lire sur les lèvres, à voir les signes ou juste à lire l’écriture. Une modification de la rétine peut nécessiter de nouvelles façons de traiter l’information. Cela peut être plus long pour comprendre la même information qui était facilement comprise un an plus tôt dans le même cabinet avec le même docteur. La communication doit être comprise ou il ne peut pas y avoir de choix en connaissance de cause.
Le choix en connaissance de cause signifie répondre aux besoins de communication actuels d’une personne atteinte du syndrome d’Usher. C’est une évolution. Acquérir plus d’information peut nécessiter plus de temps pour la traiter. Des changements dans l’interface de communication peuvent être nécessaires.
Le choix en connaissance de cause permet aux adultes de décider seuls de participer ou non à la recherche scientifique dont la recherche sur le syndrome d’Usher. Le choix en connaissance de cause permet l’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher. Si les adultes choisissent de participer, ils donnent leur consentement en connaissance de cause pour être impliqués dans la recherche. Les parents prennent ces décisions pour, et en général avec, leurs enfants atteints d’un syndrome d’Usher. Les enfants peuvent donner leur assentiment.
Les parents assistant aux rencontres du Centre d’étude et de traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital ont dit qu’ils se sentaient optimistes simplement parce qu’ils avaient rencontré un chercheur qui travaillait à guérir le syndrome d’Usher. Quand le chercheur peut répondre à leurs questions, ils se sentent des points communs avec les autres qui ont un syndrome d’Usher. Ils ont aussi de l’espoir.
Recherche mondiale
Au fur et à mesure que la recherche et la collaboration sur le syndrome d’Usher deviennent mondiales, de nouveaux défis se présentent pour la communication. Non seulement les chercheurs et les professionnels se déplacent dans le monde entier, mais le monde vient aussi vers nous par les migrations des populations. Quelquefois, une personne atteinte du syndrome d’Usher connaît la langue des signes locale, mais peut ne pas connaître la langue écrite du pays où elle vit. Certaines cultures sont orales et n’ont pas traditionnellement de langue écrite. Quelquefois, les membres plus âgés de la famille parlent une langue tandis que les plus jeunes, dont ceux qui ont un syndrome d’Usher , connaissent plusieurs langues. Ceci introduit d’autres liens dans l’interface de communication vers le choix en connaissance de cause et le consentement en connaissance de cause, en particulier si plusieurs membres de la famille veulent s’engager dans la recherche. Certaines cultures ont des croyances sur l’origine du syndrome d’Usher. Quelquefois ces croyances interviennent dans le processus de décision. La recherche scientifique a réfuté certaines croyances locales sur le syndrome d’Usher. Par exemple, le syndrome d’Usher existe dans le monde entier, pas seulement dans une communauté ou une ethnie. Plusieurs personnes dans une famille peuvent avoir un syndrome d’Usher, mais ce n’est pas contagieux, c’est génétique. Dans une communauté, cette information a encouragé les membres d’une communauté sourde à consulter avec quatre frères et sœurs atteints d’un syndrome d’Usher après vingt ans de méconnaissance de l’étiologie.
Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et les parents de jeunes
enfants atteints d’un syndrome d’Usher ont besoin d’avoir constamment des
opportunités d’être informés des dernières recherches, avancées, et des
possibilités de participation à la recherche et aux essais cliniques. Les
éducateurs et autres professionnels devront se tenir informés des avancées
médicales pour élaborer des programmes personnalisés et des services de soutien
pour les enfants ayant différents types de syndrome d’Usher. Avec de meilleures
connaissances, les personnes atteintes du syndrome d’Usher décident seuls s’ils
veulent ou non participer aux programmes de recherche génétique dans le monde
entier. L’autodétermination dans la recherche génétique sur le syndrome d’Usher
ouvre les portes du développement des connaissances pour les personnes atteintes
d’un syndrome d’Usher et leurs familles.
Email :
cmilesusa@houston.rr.com
Campagne européenne d’EdbN - MAINTENANT
par Lucy Drescher
EdbN ( Réseau européen des sourds-aveugles) travaille avec Richard Howitt , membre du parlement européen, président de l’intergroupe Handicap au parlement européen, à une campagne visant à faire reconnaître la surdicécité comme un handicap à part au niveau européen.
En 2002, Richard Howitt est intervenu lors du séminaire sur l’inclusion sociale organisé par Sense International, la Lega del Filo d’Oro et Casa Pia de Lisbonne, en promettant de soutenir la Charte pour les citoyens sourds-aveugles d’Europe. Lorsque EdbN s’est réuni à Londres en mars 2003, Sense UK a accepté de diriger la campagne et j’en ai donc pris la responsabilité. Pour donner suite à la promesse de Richard Howitt, je suis allée à Bruxelles en juillet cette année pour rencontrer Richard et Sophie Beaumont du Forum européen sur le handicap (EDF).
Richard et Sophie tiennent beaucoup à travailler avec les sourds-aveugles pour faire reconnaître la surdicécité au niveau européen. Cette reconnaissance de la surdicécité pourrait servir aux gens dans les différents états membres à persuader leur gouvernement de donner aux sourds-aveugles les droits dont ils ont besoin pour jouer un rôle à part entière dans la société.
A la suite de ces discussions nous avons convenu de faire une réception pour les membres du parlement européen et les autres personnes intéressées, au parlement européen début janvier, afin de lancer une Déclaration Ecrite sur les besoins des sourds-aveugles. La même semaine, nous ferons une exposition au parlement pour montrer les besoins des sourds-aveugles.
Comment participer ?
Une Déclaration Ecrite fait 200 mots et exprime ce que nous croyons devoir se passer dans l’Union européenne. Si nous pouvons persuader plus de la moitié des députés européens de signer la déclaration, elle sera adoptée par le parlement européen. Pour cela, il est vital que les sourds-aveugles, leurs familles et les professionnels travaillant dans ce secteur, fassent pression sur les députés européens de leur pays pour qu’ils signent. Contactez-moi si vous souhaitez participer à cette campagne.
Email : ldresch@sense.org.uk
Analyse des interactions enseignant/enfant : qu’est-ce qui fait que la communication est réussie ?
Cet article est le premier de deux articles d’Isabel Amaral de l’Ecole Supérieure d’Education de Lisbonne, Portugal. Il se rapporte à une étude faite par l’auteur avec l’aide d’enseignants et d’élèves. Le second article, qui découle des résultats de cette recherche, propose des règles d’intervention de communication, et est destiné à aider les équipes éducatives spécialisées. Il paraîtra dans la prochaine édition.
Introduction
La communication avec les enfants multihandicapés nécessite l’emploi de mode non linguistiques de communication qui ne sont pas toujours maîtrisés par les enseignants et les autres adultes dans l’école.
Cette étude a pour but de décrire le caractère communicatif des interactions entre deux enfants multihandicapés et leurs enseignants, et de présenter les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre de comportements des enfants qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants.
Les résultats indiquent que les enseignants ratent des opportunités de communication, et qu’une procédure d’intervention qui diminue le nombre de comportements qui ne reçoivent pas de réponse des enseignants ne change pas considérablement les interactions. Des problèmes émergent des analyses de données qu’il faut faire pour des interactions avec des apprenants qui n’utilisent pas la parole pour communiquer. Une discussion sur ces problèmes est incluse dans la discussion des résultats.
Les résultats des analyses de données viennent à l’appui des conseils pratiques pour aider les enseignants sans formation en éducation spécialisée à planifier leur interven,tion de communication.
Les enfants multihandicapés 1 souvent n’utilisent pas la parole ni aucune autre forme de langage pour communiquer. Néanmoins, quand ils sont immergés dans un contexte ou une routine qui leur sont familiers, ils communiquent en employant des formes telles que mouvements, sourires, et manipulation d’objets ( Siegel-Causey & Guess, 1989). Les partenaires dans les environnements des apprenants ont donc à découvrir comment les modes différents que ces individus utilisent pour communiquer peuevnt être transformés en interactions communicatives qui permettront aux multihandicapés de découvrir et d’apprécier la vie pleinement.
La recherche n’a pas encore fourni suffisamment d’informations sur la façon d’apprendre de ces enfants, et comment les écoles et les services peuvent le mieux répondre à leurs besoins exceptionnels. Mais il ne fait pas de doute qu’à moins que ces enfants puissent interagir avec leurs environnements et communiquer avec les gens dans ces environnements, leur développement en sera sérieusement affecté et leur accès aux opportunités scolaires réduit.
Plus qu’une compétence, la capacité de communiquer efficacement est un art. Cet " art " devient un réel défi lorsque les partenaires de communication ne peuvent pas utiliser la parole comme moyen habituel de communication. L’absence de formes normalisées de communication gêne le processus de communication et créée des difficultés supplémentaires dans l’établissement d’interactions signifiantes et d’apprentissages.
Nous devons nous poser, entre autres, les question suivantes : Comment les enfants multihandicapés accèdent-ils à des informations signifiantes du monde qui les entoure ? Qu’apprennent ces enfants, en l’absence de moyens efficaces de communication, qu’est-ce qui pose les bases d’interactions humaines réussies ?
1
Multihandicap : Association de retard mental sévère à profond et de handicaps sensoriels, moteurs et/ou de problèmes de santéCréer des interactions
Le succès des interactions entre les parents ou éducateurs et les enfants multihandicapés dépend largement de la capacité du parent/éducateur à interpréter et à répondre aux formes non symboliques de communication de l’enfant. Même si les parents d’enfants qui ont un développement normal répondent spontanément aux enfants, la recherche a montré que les signaux envoyés par les enfants ayant un retard de développement sont plus difficiles à interpréter et qu’il est plus difficile d’y répondre pour les parents ( Walden et Knieps, 1996, Clark et Seifer, 1983). Les enfants handicapés peuvent aussi avoir des problèmes pour comprendre les signaux de leurs parents ( Walden et Knieps, 1996). Ces difficultés peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement d’un enfant, car la réceptivité parentale aux signaux de l’enfant a des conséquences sur le développement social et émotionnel à venir et aux aptitudes de communication de l’enfant.
Certains auteurs suggèrent que les enfants multihandicapés ne sont pas aussi prévisibles que les enfants normaux au stade non symbolique ( Siegel-Causey et al. 1988). Ceci peut conduire à une diminution de la quantité et de la qualité des réponses de l’éducateur, et à la possibilité d’échanges asynchrones. Les parents/éducateurs ne perçoivent souvent pas les enfants multihandicapés comme des partenaires dans les interactions sociales, ce qui peut à son tour créer moins d’opportunités pour l’enfant de recevoir des réponses contingentes. Dans ces situations, les parents/éducateurs ont tendance à assumer la responsabilité d’initier et de contrôler les échanges ( Hanzlik & Stevenson, 1986 ; Mahoney & Robenalt, 1986) sans tenir compte des signaux et indications de l’enfant.
Siegel, Causey et al. (1988) , examinant les caractéristiques des interactions entre des mères et leurs bébés sourds-aveugles, ont souligné trois aspects : sensibilité, synchronisation et contingence et prévisibilité.
La sensibilité fait référence à la capacité du parent/éducateur de déchiffrer et de répondre aux comportements exceptionnels de l’enfant. Les enfants multihandicapés souvent ne font pas de vocalises, ce qui est le comportement auquel répondent le plus souvent les parents/éducateurs de bébés au développement normal, et donc exigent que les éducateurs apprennent à répondre à d’autres comportements comme les mouvements.
La synchronisation des réponses est difficile à obtenir lorsque les signaux des enfants ne sont pas compris comme communication par les éducateurs. Les enfants sourds-aveugles montrent souvent moins de réceptivité et de compétences rythmiques interactives , ce qui conduit les éducateurs à répondre au mauvais moment, soit en répondant trop vite, soit en laissant certains comportements sans réponse. Dans certains cas, les parents/éducateurs sur-stimulent en vocalisant constamment et donc en laissant moins de pauses, ce qui réduit les opportunités pour l’enfant de répondre ou d’initier la communication.
La contingence et la prévisibilité des réponses des éducateurs développe un sens de la réussite des tentatives de communication de l’enfant. Les enfants apprennent que leurs comportements sont reconnus par d’autres. Cependant, la contingence des comportements des éducateurs est souvent réduite à cause des caractéristiques exceptionnelles des bébés sourds-aveugles, telles que non réceptivité, répertoire de réponses limitées, opportunités réduites d’interaction sociale ou sentiments des éducateurs liés aux handicaps.
Le processus d’attachement décrit par Bowlby ( 1969), grâce auquel l’enfant développe un lien sûr avec son éducateur originel, lui permet d’explorer et d’accéder à de nouvelles opportunités d’expérience et d’apprentissage, est menacé chez les enfants multihandicapés à cause des difficultés décrites pour établir des systèmes de signaux lisibles. Les déficiences visuelles ont un rôle important dans le processus d’attachement et peuvent causer des difficultés supplémentaires pour un enfant multihandicapé car elles affectent l’établissement du contact visuel entre l’enfant et sa mère ( van Dijk, 1986 ; Fraiberg, 1975). Les enfants avec une perte visuelle sont donc menacés dans le développement de relations sûres avec leurs parents/éducateurs.
Objectifs de communication
La réussite du développement des compétences de communication pour les enfants multihandicapés dépend de diverses caractéristiques de communication liées essentiellement au rôle des éducateurs dans leurs interactions avec les enfants. Ces caractéristiques sont : a) la capacité de considérer les enfants multihandicapés comme des partenaires égaux dans les interactions ( Miles et Riggio, 1999), b) la capacité de lire et d’interpréter les signaux de communication potentiels ( Sigafoos et al., 2000), c) la capacité de répondre conditionnellement aux comportements des enfants ( Siegel-Causey et al, 1988) et d) la capacité de donner accès à des expériences signifiantes qui aideront au développement de la communication et à l’apprentissage ( Miles et Riggio, 1999, McLetchie et Riggio, 2002, Cripe et Venn, 1997).
IL y a eu peu de recherches sur les besoins de communication des enfants multihandicapés. Ceci est dû en partie à l’hétérogénéité de la population, mais aussi au fait qu’on ne croit pas que les individus multihandicapés puissent apprendre et se développer. Pour ces individus, le nombre réduit des environnement et le nombre réduit des partenaires de communication dans chaque environnement représentent un problème supplémentaire pour le développement d’une communication fonctionnelle. La capacité des éducateurs d’augmenter au maximum les opportunités de communication dépendra donc de la capacité de saisir et de choisir des opportunités signifiantes, y compris en identifiant des partenaires particuliers, ainsi que de la capacité à détecter les meilleures formes de communication pour un individu dans un environnement donné.
Le projet de recherche – Méthodes et procédures
Cette étude fait partie d’une étude plus vaste ayant pour objet la description et l’analyse des interactions entre les enfants multihandicapés et leurs professeurs. Le but de cette étude est d’analyser les manques d’opportunité de communication entre les enfants multihandicapés et leurs enseignants pendant les activités scolaires, et de décrire les résultats d’un processus d’intervention destiné à réduire le nombre des opportunités manquées.
L’étude utilise un mode d’étude de cas ( Yin, 1994 ; Stake, 1995) de deux enfants multihandicapés et de leurs professeurs. Quatre activités ont été filmées en vidéo pour chaque cas. Une procédure d’intervention a été effectuée entre la troisième et la quatrième activité filmée.
Les cassettes vidéo ont été analysées et les opportunités de communication ratées ont été comptées. Un groupe de juges utilisant une échelle de neuf items et cinq notations a observé les vidéos et exprimé son opinion sur la qualité des interactions.
Participants
Les participants à cette recherche sont deux élèves multihandicapés qui ne parlent pas et leurs enseignants. Anna est une petite fille de 10 ans, qui aime rester assise tranquillement et jouer avec de la pâte à modeler. Son profil médical indique qu’elle a une maladie chromosomique liée au chromosome X. Anna montre de bonnes compétences tactiles positives par rapport à ses aptitudes auditives et visuelles. Maria est une fillette de dix ans qui passe la plupart de son temps en fauteuil roulant. Elle aime la musique forte et les gens qui se montrent sociables avec elle. Elle a une quadriplégie spastique et une rétinopathie liée à sa prématurité. Elle répond aux sons mais ne comprend pas la parole.
Les deux enseignants sont des enseignants d’école maternelle ayant plus de 15 ans d’expérience et aucune formation en éducation spécialisée. C’est la première année qu’ils travaillent avec des enfants multihandicapés.
Recueil des données
Enregistrement vidéo
Une observation systématique des interactions enseignant/enfant a été effectuée grâce aux vidéos. On a enregistré quatre activités pour chaque enfant. Dans chaque cas, une vidéo a été faite après l’intervention pour recueillir des données pour l ‘évaluation de l’intervention. Les activités ont été choisies au hasard dans l’emploi du temps quotidien.
Le système vidéo utilisé était une caméra vidéo non professionnelle compacte VHS. La caméra était orientée vers l’enfant ou vers l’interaction dyadique enseignant/enfant. Comme les déplacements étaient très rares, on a utilisé une caméra fixe pour que l’enregistrement soit aussi discret que possible. Les vidéos ont été transcrites avec indication de l’heure.
L’analyse des vidéos couvrait :
Le décompte des opportunités manquées a été utilisé pour évaluer les séances pré et post intervention.
Critères de " comportement communicatif "
Avant de commencer l’analyse des vidéos, on a établi des critères pour définir ce qu’est un comportement communicatif. On a considéré que tout comportement montré par l’enfant pouvait être considéré comme potentiellement communicatif et donc avoir une réponse des éducateurs.
Pour obtenir des informations complémentaires sur les différences pré et post intervention observées dans les observations systématiques, les vidéos ont été montrées à un groupe de juges, à qui on a demandé d’exprimer leurs opinions par l’évaluation de neuf items. Les juges, 26 au total, se composaient de spécialistes de la pathologie de la parole et du langage et de psychologues, tous avec une formation appropriée .
L’échelle d’évaluation se composait de neuf affirmations ( tableau 1) ayant pour but d’informer sur :
Le processus d’intervention
La communication était un problème pour les deux enseignants et ils ont exprimé le désir d’en savoir plus sur les manières de communiquer avec les enfants multihandicapés.
La procédure d’intervention a été employée après trois des quatre observations systématiques. La méthodologie comprenait :
Dans les deux cas, étaient incluses des stratégies pour répondre aux comportements potentiellement communicatifs.
Les interactions enseignant/enfant ont été observées à nouveau un mois après la procédure d’intervention.
Tableau 1 : Echelle d’opinion – Evaluation des interactions enseignant/enfant
Pour chaque évaluation, on choisit entre 5 possibilités :
Absolument pas d’accord ; pas d’accord ; un peu d’accord ; d’accord ; tout à fait d’accord
FDI l’activité permet de faciliter les interactions
IAT L’enseignant introduit le chacun son tour dans l’activité
CIC L’enfant initie la communication
RIC L’enseignant répond aux initiatives de l’enfant
AAM Activité amusante et motivante
ICC L’enfant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif
RRF L’enseignant rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant
POI L’enseignant manque les opportunités de communication
IPA L’enseignant développe des interactions donnant des opportunités
d’apprentissage
Analyse des données
L’analyse de contenu et le comptage des comportements ont été utilisés comme méthodologies pour analyser les observations systématiques. Le nombre moyen des opportunités manquées de communication par minute dans les trois séances pré-intervention a été calculé. Le nombre obtenu a été utilisé pour calculer les opportunités manquées de communication prévues pour la séance post intervention. Les résultats prévus et les résultats obtenus ont été comparés et décrits.
Les données provenant de l’échelle d’opinion ont été analysés par statistiques descriptives. Les valeurs modales de chaque séance pré-intervention ont été comparées avec les valeurs de la séance post intervention pour évaluer la procédure d’intervention. Le test de Kolmogorov-Smirnov a été utilisé pour déterminer l’accord entre les juges.
Résultats
Observations systématiques
Dans le cas d’Anna, 67 actes potentiellement communicatifs ont été manqués au cours des 35 minutes qui représentent la durée totale des trois séances pré-intervention. D’après ces chiffres, on a calculé un nombre de 1,91 opportunités manquées par minute. En considérant la durée de l’activité post-intervention ( 13 minutes), un nombre de 24,8 comportements laissés sans réponse en séance A10 ( musique) était attendu. Les résultats de la séance post-intervention pour les comportements laissés sans réponse, indiquent un nombre de 12 comportements laissés sans réponse.
Dans le cas de Maria, sur un total de 32 comportements laissés sans réponse sur les 56 minutes qui représentent la durée totale des séances pré-intervention, un chiffre de 0,57 opportunités manquées par minute a été calculé. A l’aide de ce chiffre, on a obtenu un nombre attendu de 9,77 opportunités manquées pour la séance post-intervention . Le nombre observé d’opportunités manquées dans les séances post-intervention est de zéro ( tableau 2). Ceci conduit à la conclusion qu’il y a des différences entre les séances pré et post interventions en ce qui concerne les réponses de l’enseignant aux actes potentiellement communicatifs de l’enfant. Cependant, il faut remarquer que la nature de l’activité ( avec une forte composante rythmique) et la manière dont elle était développée par l’enseignant ( recherchant activement les réponses de Maria) créait en quelque sorte des opportunités naturelles pour que les réponses de Maria soient relevées par l’enseignant.
Comme la procédure d’intervention incluait des informations sur les manières de répondre aux comportements potentiellement communicatifs de l’enfant, on peut tirer la conclusion qu’il y a eu un changement dans la manière dont les enseignants ont répondu aux comportements potentiellement communicatifs qui indique la possibilité de résultats d’intervention positifs .
Tableau 3 : Valeurs modales pour les deux cas
Anna Pré-intervention Post-intervention
| A4 | A4A | A6 | A10 | |
| FDI | 4 | 4 | 4 | 4 |
| IAT | 1 | 2 | 2 | 3 |
| CIC | 2 | 4 | 2 | 4 |
| RIC | 2 | 3 | 2 | 2 |
| AAM | 4 | 4 | 2 | 2 |
| ICC | 2 | 4 | 2 | 3 |
| RRF | 2 | 2 | 2 | 1 |
| POI | 1 | 2 | 1 | 2 |
| IPA | 1 | 2 | 2 | 2 |
Maria Pré-intervention Post-intervention
| M6 | M7 | M9 | M11 | |
| FDI | 4 | 4 | 2 | 4 |
| IAT | 2 | 3 | 2 | 3 |
| CIC | 4 | 4 | 3 | 4 |
| RIC | 2 | 4 | 2 | 3 |
| AAM | 3 | 4 | 2 | 2 |
| ICC | 2 | 4 | 2 | 2 |
| RRF | 2 | 3 | 2 | 2 |
| POI | 2 | 2 | 2 | 2 |
| IPA | 2 | 3 | 2 | 3 |
FDI : l’activité facilite l’interaction ; IAT : l’enseignant incorpore le chacun son tour ; CIC : l’enfant initie la communication ; RIC : l’enseignant répond à l’initiative de l’enfant ; AAM : activité amusante et motivante ; ICC : l’enseignant interprète le comportement de l’enfant comme communicatif ; RRF : l’enseignant rythme l’interaction ; POI : l’enseignant manque les opportunités d’interaction ; IPA : l’interaction donne des opportunités d’apprentissage.
Echelle d’opinion
Les résultats de l’échelle d’opinion ont été décrits en utilisant des valeurs
modales pour chaque séance et chaque item .
La distribution des réponses a été établie par le test de Kolmogorov-Smirnov
pour déterminer l’accord entre les juges. Les valeurs D ( valeur statistique
résultant du test KS) et les niveaux de signification par item et séance
figurent aux tableaux 4 et 5.
Les résultats de l’échelle d’opinion utilisée pour évaluer les interactions entre Anna et son professeur révèlent que le professeur manque des opportunités de communication, ne fournit pas d’opportunités d’apprentissage et ne rythme pas l’interaction selon les besoins d’Anna. Bien qu’il y ait eu accord sur les réponses concernant le professeur qui ne répondait pas aux initiatives d’Anna, les réponses des juges concernant Anna initiant la communication n’étaient pas significatives dans aucune séance, conduisant donc à la conclusion, du participant comme des observations systématiques.
Les différences des modes pré-intervention et post-intervention analysées en conjonction avec les niveaux de signification révèlent que les différences trouvées sont basées sur des résultats qui ne montrent pas toujours des niveaux significatifs d’accord et donc , nous devons en conclure que l’intervention n’a pas eu d’effet sur les interactions entre le professeur et Anna.
Dans le cas de Maria, les réponses de juges aux items RRF (le professeur rythme l’interaction selon les besoins de l’enfant) , POI ( le professeur manque des opportunités de communication) et IPA ( les interactions donnent des opportunités d’apprentissage) indiquent que les interactions entre Maria et son professeur ont des problèmes importants concernant le rythme de l’interaction selon les besoins de Maria, la mise à profit des opportunités de communication et l’inclusion d’opportunités d’apprentissage dans les interactions.
L’analyse des différences entre les résultats de chaque séance pré-intervention et les résultas post-intervention montrent que l’intervention n’a pas affecté la qualité des interactions entre Maria et son professeur.
Les résultats pour les deux cas d’Anna et de Maria montrent que :
sont les caractéristiques les plus saillantes des interactions professeur/enfant sur l’ensemble des séances.
Tableau 4 : Anna – Valeurs D (au test KS) par séance et item et niveaux de signification
; A4; sign.; A4A; sign.; A6; sign.; A10; sign.
l’activité facilite l’interaction (FDA); 0,2; ; 0,37; .01; 0,122; ; 0,331; .01
le professeur introduit le chacun son tour (IAT); 0,408; .01; 0,292; .05; 0,446; .01; 0,119;
l’enfant initie la communication (CIC); 0,161; ; 0,246; ; 0,162; ; 0,208;
le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC); 0,331; .01; 0,285; .05; 0,408; .01; 0,361; .01
activité amusante et motivante (AAM); 0,162; ; 0,285; .05; 0,446; .01; 0,246;
le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC); 0,446; .01; 0,2; ; 0,331; .01; 0,324; .01
le professeur rythme l’interaction (RRF); 0,485; .01; 0,4; .01; 0,524; .01; 0,408; .01
le professeur manque les opportunités de communication (POI); 0,485; .01; 0,446; .01; 0,485; .01; 0,523; .01
l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA); 0,485; .01; 0,285; .05; 0,331; .01; 0,284; .05
Tableau 5 : Maria – Valeurs D (test KS) par séance et item et niveaux de signification
; M6; sign.; M7; sign.; M9; sign.; M11; sign.
l’activité facilite l’interaction (FDA); 0,2; ; 0,418; .01; 0,173; ; 0,155;
le professeur introduit le chacun son tour (IAT); 0,4; .01; 0,2; ; 0,31; .05; 0,309; .05
l’enfant initie la communication (CIC); 0,15; ; 0,464; .01; 0,264; ; 0,2;
le professeur répond à l’initiative de l’enfant (RIC); 0,263; ; 0,2; ; 0,355; 0.5; 0,309; .05
activité amusante et motivante (AAM); 0,309; .05; 0,464; .01; 0,127; ; 0,264;
le professeur interprète le comportement de l’enfant comme communicatif (ICC); 0,309; .05; 0,199; ; 0,201; ; 0,309; .05
le professeur rythme l’interaction (RRF); 0,327; .05; 0,264; ; 0,372; .01; 0,418; .01
le professeur manque les opportunités de communication (POI); 0,509; .01; 0,263; ; 0,509; .01; 0,418; .01
l’interaction donne des opportunités d’apprentissage (IPA); 0,418; .01; 0,264; ; 0,327; .01; 0,401; .01
Discussion
L’analyse des opportunités de communication manquées au cours des observations systématiques, qui prenait en compte des comportements des enfants auxquels les professeurs n’avaient pas répondu, a montré que les professeurs ne laissaient pas beaucoup de comportements des enfants sans réponse, et aussi que leur nombre pouvait être diminué grâce à l’intervention.
Une analyse des réponses sur l’échelle d’opinion pour la séance post intervention n’indique aucune différence significative dans les interactions professeur/enfant. Les items se rapportant le plus à l’interaction (RIC, POI, IPA) ont une note basse et ne montrent pas de différence par rapport à la séance pré-intervention.
Dans les deux cas, les professeurs avaient mentionné que le besoin d’augmenter les interactions était pour eux une préoccupation importante. Les deux programmes ont été conçus de manière à inclure des stratégies pour augmenter l’interaction en réduisant le nombre de comportements laissés sans réponse, ainsi que des modes alternatifs de communication ( comme des indications tactiles ou par objets dans le cas de Maria) ou des stratégies pour accroître l’initiative de l’enfant ( telles qu’accroître la participation à des activités de montage dans le cas d’Anna).
Il reste une question importante touchant le temps dont les professeurs disposaient pour expérimenter le programme ( un mois), qui semble trop court pour produire des effets significatifs dans les interactions professeur/enfant. C’est le fait que l’année scolaire était sur le point de s’achever et que les deux professeurs allaient quitter l’école qui a imposé la durée de l’expérimentation. Une deuxième question concerne l’absence de soutien de la part du chercheur pendant la période d’expérimentation, qui aurait pu aider les professeurs à se sentir plus à l’aise dans l’utilisation du programme. La recherche récente sur la préparation des professeurs ( Janssen, 2001) à la communication avec des enfants sourds-aveugles, souligne le besoin d’un soutien continu afin que les professeurs puissent améliorer leurs interactions de communication.
Implications pour la pratique
De cette étude émergent deux implications pour la pratique. La première concerne le besoin d’élaborer des programmes centrés sur la communication qui préparent les professeurs à travailler avec les élèves multihandicapés ; la seconde concerne le besoin d’établir des directives d’intervention pour les interventions de communication avec les enfants multihandicapés qui ne parlent pas.
Formation et préparation des professeurs
La formation dans le domaine de la communication avec les élèves multihandicapés doit préparer les professeurs à évaluer les besoins de communication des élèves et à concevoir des projets d’intervention qui répondent à ces besoins. La pratique dans la formation des maîtres doit donc comporter des opportunités pour que les professeurs acquièrent :
Il n’est pas toujours facile de changer de comportements de communication pour les professeurs qui sont habitués à se servir de la parole comme principal moyen de Kaizer et Goetz, 1993). Cela exige du temps et une supervision pour apprendre à répondre aux besoins de communication de l’élève ( Janssen, 2001). Les professeurs doivent avoir, à la fin des programmes de préparation, des compétences dans l’utilisation des techniques à appliquer – y compris la capacité d’utiliser des modes alternatifs de communication - et dans la réflexion qui les conduit à mettre en question leur pratique pour l’évaluation et la modification de l’intervention à chaque fois que cela sera nécessaire.
Programme " Peer Mentor ", Royaume-Uni
( Programme de formation de mentors, ou conseillers, sourds-aveugles pour d’autres sourds-aveugles, leurs pairs)
Mary Guest présente ce programme et en expose les motivations, et Chris Sherlock parle des aspects formation et supervision, qui sont essentiels à sa réussite. Ce travail a été présenté au Groupe d’études sur le syndrome d’Usher à la conférence de DbI au Canada.
L’une des conséquences de la surdicécité peut être l’isolement dans la famille, sur le lieu de travail et dans la société. L’isolement et la diminution des compétences, telles que la communication, peuvent provoquer des périodes d’extrême angoisse mentale pour les personnes qui sont en train de perdre, ou ont perdu, la vue et l’ouïe. La surdicécité est rare dans l’ensemble de la population . Il n’est pas facile de rencontrer d’autres personnes qui en sont atteintes, ou des professionnels formés et expérimentés dans ce domaine.
L’idée principale du projet Peer Mentor, lancé en 2002, était de remédier à ce manque en formant des sourds-aveugles pour qu’ils puissent être équipés pour servir de mentors ou conseillers pour d’autres et permettre de réduire l’isolement et la dépression qui se produisent souvent avec la progression de la surdicécité.
Quand nous avons lancé le projet, notre but était de fournir, par le programme de formation de spécialistes, une personne capable d’écouter avec empathie, qui connaisse l’expérience du syndrome d’Usher de l’intérieur. Cette personne devrait bien connaître les différentes formes de syndrome d’Usher, pouvoir répondre aux questions générales et donner des informations. Les mentors peuvent confirmer ou préciser les connaissances et, très important, mettre la personne conseillée en contact avec d’autres qui pourraient lui apporter un soutien permanent.
Le programme de formation conçu par Chris Sherlock et Gloria Ward, qui coordonne le projet, vise à former des mentors qui vivent efficacement avec un syndrome d’Usher, et qui sont capables d’apporter une aide, pour permettre de redonner un avenir à d’autres qui peuvent l’avoir perdu, même temporairement.
Formation et supervision des mentors
La formation se fait en deux étapes. La première étape commence avec une formation à temps plein sur deux jours. L’orientation dans un nouvel environnement représente un premier défi pour les mentors – il faut qu’ils se familiarisent avec un nouveau lieu et s’y orientent et cela indique comment les éventuels futurs mentors se débrouilleront pour se déplacer afin de rencontrer une personne conseillée hors de leur environnement familier.
La présentation initiale de l’historique du projet permet aux mentors de se replacer dans le développement de l’ensemble du programme Peer Mentor.
On passe un certain temps à un brainstorming explorant la perception qu’ont les mentors du rôle de mentor par rapport à celui de simple conseiller. On établit un cadre des nombreuses facettes de la relation de mentor dans laquelle il faut un équilibre entre le " je le fais pour vous " et " vous le faites pour vous ". Le mentor est embarqué avec la personne qu’il conseille, la guidant pour répondre à son besoin particulier du moment. Le besoin peut être pratique et/ou émotionnel et la flexibilité est un don essentiel pour que les mentors progressent dans leur travail.
On donne aux mentors une opportunité d’explorer leur propre histoire du syndrome d’Usher et on les encourage à identifier leur processus douloureux personnel par jeu de rôle et échange avec leur groupe de pairs. Le processus de perte est exploré par rapport au syndrome d’Usher, pour comprendre que la douleur peut persister mais que le manque est exacerbé dans les périodes de réajustement et de crise provoquées par la nature progressive de la double perte sensorielle dans le syndrome d’Usher.
Une séance de génétique retrace pour les mentors la transmission du gène du syndrome d’Usher dans les familles.
Quand ils choisissent d’aider les autres, il est important que les mentors pensent à devenir plus forts eux-mêmes. La séance de soutien personnel permet aux mentors d’identifier leurs réseaux de soutien et d’échanger des stratégies dans le groupe.
Le " démarrage " est un autre jeu de rôle où les mentors sont invités à répéter leur première séance avec leur personne conseillée.
Deuxième étape de la formation
La 2e étape est organisée autour des centres d’intérêts qui sont apparus pour un groupe au cours de l’étape 1. Par exemple, les thèmes de famille, recherche, santé mentale et de langue des signes sont des domaines que nous avons introduits d’après les besoins des mentors.
Prenant ses sources dans la psychologie humaniste, notre formation est basée sur l’expérience et les mentors sont encouragés à échanger leurs réflexions , leurs sentiments et leurs idées entre eux. Par le jeu de rôle, tous apportent un feedback au mentor stagiaire. Cette orientation de la formation met l’apprenant au centre des processus d’apprentissage, et il y a du temps pour que l’apprentissage se fasse au fur et à mesure que les besoins émergent au sein du groupe. L’apprentissage centré sur l’élève de Rogers (1951) a la même orientation et dans notre formation, cela a fourni un forum d’apprentissage sécurisant pour que les mentors acquièrent de l’assurance dans leur travail avec leurs pairs.
Après le stage
Après la formation, on propose aux mentors une supervision de groupe , programmée sur 4-5 heures, où les mentors présentent leur travail d’assistance individuelle à leur groupe de pairs. A nouveau, chacun apporte un feedback au mentor et les questions sont reprises par un animateur – tous apprennent ensemble dans un cadre riche et en confiance.
Références :
Rogers, C.R. ( 1951) Client Centred Therapy- Boston, Houghton Mifflin.
Chris Sherlock est conseiller et superviseur d’intégration et exerce à Londres
Est.
Elle a 4 enfants et sa fille, Lindsey, a un Usher de type 1.
Elle est professeur de Conseil Psychologique en formation continue.
Elle prépare actuellement un doctorat en psychologie intitulé " Vivre avec un
syndrome d’Usher – qu’est-ce qui fait avancer les choses? "
Elle est consultante pour le programme Mentor et s’occupe de la formation et de
la supervision des mentors.
Gloria Ward est la coordinatrice du programme Peer Mentor.
Vers la communication et l’intégration grâce à des activités créatives
Maria Podhajecka & Janka Sarisska
Dans cet article, les auteurs décrivent les projets de communication centrés sur des activités créatives pré-planifiées qu’ils ont mis en place avec des partenaires . Leur objectif était de créer des opportunités de communication et de créativité , et de favoriser un processus d’inclusion pour les enfants.
Le projet était un partenariat entre le pensionnat évangélique pour enfants sourds-aveugles de Cervenica, la faculté de pédagogie de l’université de Prestov, un fabricant de jouets: VHV, et une école maternelle de Prestov. Il a été réalisé sur 30 mois.
Commencer par la communication sociale
La communication se fait dans divers domaines de l’activité humaine. Mais notre principale préoccupation est la communication sociale, qui est la relation entre les gens et la transmission d’informations entre eux. La communication pédagogique est une partie spéciale de la communication sociale.
La communication, suivant les objectifs pédagogiques, permet d’accroître l’efficacité de l’éducation. Dans la communication pédagogique, l’information passe par des moyens verbaux et non verbaux. La communication pédagogique a ses dimensions spatio-temporelles et est un phénomène multidimensionnel. Selon Gavora et al., il y a trois niveaux fondamentaux : contextuel, affectif et régulateur.
Dans chaque aspect de la communication qui a été examiné dans le cadre de ce projet, il y a trois composants élémentaires :
Un canal créée un moyen pour que l’information passe entre celui qui la donne et celui qui la reçoit. Dans nos projets, les canaux essentiels pour la communication interpersonnelle étaient : le toucher, le regard, l’expression du visage, les mimiques, le son, les signes, le mouvement et les gestes.
L’étude
L’étude comprenait un partenariat entre l’école, l’entreprise de jouets, une école maternelle et l’université de Prestov. Les partenaires s’engageaient à mettre à profit la communication, de l’intégration et de la socialisation pour soutenir les enfants sourds-aveugles dans un environnement nouveau et inconnu. Et les projets étaient centrés sur le développement de la personnalité de l’enfant sourd-aveugle par des activités de " travail ".
Notre objectif était de :
permettre aux enfants et jeunes sourds-aveugles de connaître de nouveaux
environnements où avaient lieu les activités
permettre aux enfants sourds-aveugles de rencontrer d’autres gens dans un
environnement professionnel
informer ceux qui coopéraient avec nous des réalités de la surdicécité
encourager les sourds-aveugles à communiquer et développer la prise de
conscience
améliorer le vocabulaire des sourds-aveugles pendant les activités créatives
améliorer et développer les capacités, les connaissances, la communication et
les aptitudes au travail créatif.
Pour la préparation du projet, nous avons fait un énorme travail pour nous assurer que nos objectifs étaient réalistes et que nous pouvions obtenir des résultats.
Les projets
1ere partie – Production de jouets en bois et en tissu
Avec nos partenaires de l’entreprise de jouets, des collègues de l’école et deux de nos élèves les plus grands, nous avons commencé à exécuter nos plans !
Explication du processus
Le personnel de l’entreprise de jouets a démontré le processus de travail et nous avons expliqué aux élèves qu’après que la production des jouets soit terminée, nous allions les leur montrer à l’école, à la maison, puis les leur donner comme cadeaux pour les enfants de l’école maternelle. Durant l’année scolaire, nous nous servions de ces jouets pour une activité éducative, pour que les élèves comprennent à quoi servaient les jouets nouvellement produits. Ceci étant bien compris, nous sommes passés à la production !
Comment nous avons fait
Les élèves sont allés à l’entreprise VHV toutes les semaines à jours et heurs fixes. Ils étaient conduits par une employée de l’entreprise qui avait quelque expérience de l’enseignement. Chaque semaine, elle préparait le travail pour deux élèves et ensuite ils participaient à la production de jouets – du début à la fin ! Pour faire un ours en peluche, par exemple, la production commençait en découpant les pièces d’un patron en papier et en les posant sur le tissu. D’abord, ils dessinaient une forme, puis ils la découpaient. Les pièces devaient ensuite être cousues ensemble à la machine. Là, les élèves aient besoin de l’aide d’un machiniste de l’entreprise qui assemblait les pièces pur eux. Natalia et Peter, nos élèves, regardaient. Puis, il fallait rembourrer, coudre à la main, coller les yeux, le nez, la bouche et enfin attacher un gros ruban autour du cou de l’ours ! Tante Jana, comme les enfants appelaient l’employée de l’entreprise, préparait les étapes de travail personnelles pour Natalia et Peter avec beaucoup d’enthousiasme. Et les élèves étaient heureux de venir chaque semaine dans l’entreprise pour essayer ce qu’ils apprenaient à l’école. Bien sûr, un éducateur de l’école pour sourds-aveugles était toujours présent pour assurer que les élèves comprenaient bien tout le processus de travail et ne se blessaient pas. Les élèves ont apporté les produits finis à l’école et les ont montré fièrement à tous les employés de l’école. Ils les ont aussi emportés à la maison pour les montrer à leurs parents et à leurs frères et soeurs. A la fin de l’année scolaire, ils avaient faits différentes sortes de jouets : des marionnettes, des animaux en peluche comme un ours, un renard, un agneau, une grenouille ; des fruits en tissu ; des cubes, des dominos, des jeux d’assemblage en bois, qu’ils ont pu offrir en cadeau.
Offrir les jouets à l’école maternelle
Un jour, Natalia et Peter ainsi que leurs camarades sont allés à l’école maternelle de la rue Zemplinska à Prestov pour donner les jouets aux enfants.
Il y a 26 écoles maternelles à Prestov, mais celle que nous avons choisie est une école d’application de l’université de six classes avec 22 enfants par classe. Nous avons rendu visite aux enfants et aux enseignants dans l’une de ces classes. C’était la première fois que nos élèves faisaient cela !
Le directeur de l’école maternelle nous a accueillis et a présenté les élèves sourds-aveugles aux jeunes enfants. Nos élèves utilisent les signes au lieu des mots et chacun a un signe spécial en guise de nom ! C’est ainsi qu’ils se sont présentés, en signant leur nom. Les enfants de maternelle étaient très attentifs et certains ont même pu reproduire les signes. Après avoir " testé " l’audition des sourds-aveugles en criant fort, ils ont été encore plus attentifs. Les enfants de l’école maternelle et les élèves de Cervenica se sont très bien entendus !
2e partie – Rencontrer les enfants et leur offrir les jouets
Natalia et Peter leur ont expliqué en signes comment ils travaillaient et fabriquaient les jouets. Ils ont mimé la coupe, la couture, le rembourrage, le collage etc. Puis ils ont distribué tous les jouets aux enfants. L’offre et l’acceptation des jouets étaient très spontanées et il n’y avait pas de barrière de communication entre les enfants. Natalia et Peter étaient heureux d’offrir et ne cachaient pas leur joie d’avoir fabriqué ces nouveaux jouets. Beaucoup d’enfants de maternelle ont fait le signe " merci " pour que Natalia et Peter les comprennent. Après les cadeaux, les élèves de Cervenica se sont levés et ont interprété un chant traditionnel, mais au lieu de leurs voix, ils se sont servi de leurs mains ! Une institutrice de l’école maternelle a chanté à leur place ! Les enfants de maternelle ont aimé chanter avec les mains et ils ont essayé aussi. Enfin, ils ont fait tous ensemble un jeu de mouvements avec danse et musique tous en rond et accompagnés à la guitare. C’était une grande et joyeuse compagnie qui pourrait servir d’exemple à tous les adultes ! Il n’y a aucune barrière qui ne puisse être surmontée pour arriver à la joie et la compréhension mutuelles. Et ces enfants y sont arrivés.
3e partie – Transfert de compétences
La dernière partie de projet était consacrée à la mise en application des compétences et du savoir acquis par les élèves pendant leurs activités de travail. Cette fois, les enfants ont travaillé avec des étudiants de l’université et leurs professeurs.
Comme précédemment, il y a eu une phase de préparation avec les étudiants et l’équipe de l’université qui avaient étudié la surdicécité et le travail avec des élèves sourds-aveugles. Nous leur avons communiqué notre livre " Une fille qui voyait par le toucher et entendait avec le cœur " ( 2000) pour leur permettre d’avoir quelques aperçus.
Après cette préparation, l’université a établi un plan d’activités créatives pour les élèves de Cervenica.
Pour réaliser leurs objectifs, ils ont acheté du matériel, des outils, des instruments, et installé un atelier à la faculté. Ils voulaient fabriquer des porte-clé en cuir, des tableaux en bois pour accrocher les clés, des plâtres, des cadres en bois, des pots de fleurs avec des céramiques, des personnages de Noël, des décorations de Noël, des dessins et des gravures. Au début, ce n’était pas facile pour les étudiants de se retrouver face à face avec les élèves sourds-aveugles. Un étudiant en pédagogie sourd qui étudiait les problèmes d’apprentissage a aussi rejoint le projet. Il communiquait avec les élèves en langue des signes.
Chaque élève avait une approche personnelle pour travailler . Les étudiants s’y sont tellement intéressés que peu à peu ils sont venus participer aux activités des camps de vacances pour les enfants sourds-aveugles et leurs familles.
Souvenirs d’une réussite
Des vidéos ont été réalisées pour illustrer le projet et grâce à ces vidéos, on a permis aux enfants de se souvenir des activités qu’ils avaient eues dans le cadre de ce projet. A l’aide des vidéos, nous parlons des étapes individuelles du processus de travail à la suite de quoi, au bout d’un certain temps, ils revivent à nouveau la joie du travail accompli.
Conclusion
Tous ceux qui ont participé au projet sont entrés dans une communication qui a apporté la dimension d’une nouvelle lumière dans leurs vies. Cette " lumière de la communication " était différente pour chacun. Chacun s’est enrichi différemment, mais surtout humainement !
Dr Maria Podhajecka, PhD.
Université de Prešov
ul.17 novembra 15
080 78 Prešov Slovaquie Email :
marpo@unipo.sk
Travailler ensemble : une association de sourds et des sourds-aveugles
IL y a 5 ans une nouvelle association s’est crée à Moscou – " Protection des personnes atteintes du syndrome d’Usher et sourdes-aveugles( enfants et adultes) – " Usher Forum ". Les adultes sourds-aveugles et atteints du syndrome d’Usher, les membres de leurs familles, les professionnels et les parents étaient co-fondateurs de cette association. Le principal but de l’organisation est de créer un réseau de services pour les sourds-aveugles et leurs familles. Dès le départ, Usher Forum a eu des relations très étroites avec l’Association des Sourds de Moscou.
Nous pensons que l’expérience de leur coopération pourrait servir aux organisations pour sourds-aveugles qui démarrent. Les résultats acquis par ces groupes travaillant ensemble sont décrits ci-dessous en deux parties : aide aux familles et aux personnes et campagnes auprès des autorités locales et nationales.
Aide aux sourds-aveugles et à leurs familles
Ce que nous offrons :
Informer la société et les autorités sur les problèmes des sourds-aveugles
Ce que nous offrons :
Dans les différentes régions de Russie, les sourds-aveugles deviennent plus actifs. Plus de gens s’engagent dans les campagnes pour les droits des sourds-aveugles. Les sourds russes qui perdent la vue connaissent de nombreux problèmes. D’abord, il y a le problème d’apprendre la langue des signes tactile . En Russie, ce mode de communication est pratiquement inconnu. Par ailleurs, nous avons besoin d’expérience pour créer des centres d’éducation et de rééducation pour les jeunes. Nous avons besoin d’expérience pour organiser des formations professionnelles et des emplois pour les sourds-aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin de contacts avec nos collègues internationaux, pour faire des échanges et des partenariats.
Quelques mots sur moi : j’ai un syndrome d’Usher. J’ai perdu la vue et l’ouïe progressivement . J’ai fait mes études à l’université Lomonosov de Moscou et j’ai un diplôme en histoire. IL y a 12 ans, je suis devenue sourde et pratiquement aveugle. J’ai travaillé pour l’association pendant de nombreuses années, et maintenant je suis un des membres fondateurs de l’association Usher Forum, et présidente du groupe local de personnes sourdes-aveugles et atteintes du syndrome d’Usher dans l’Association des Sourds de Moscou.
Nataly Kremneva
Usher Forum
Moscou, Russie
irv@child.ru
Loi morale naturelle et droit des sourds-aveugles au service de
guides-interprètes
par Jan Jakes, président de VIA, l’association des sourds-aveugles, et
enseignant vacataire au Département d’Education Spéciale de l’université Charles
de Prague.
Pourquoi les sourds-aveugles ont-ils besoin des services de guides-interprètes ?
L’aptitude des gens à mener une vie heureuse est conditionnée par leur capacité d’interaction avec leur environnement. Pour avoir une interaction avec leur environnement, il faut que les gens entendent et voient. 94% des informations reçues par une personne sur l’environnement passent par les sens de la vue et de l’ouïe. Mais une personne totalement sourde-aveugle ne peut pas obtenir ces 94% ; elle ne dispose que de 6% des informations qui sont obtenues par les sens restants, en particulier par le toucher. Un sourd-aveugle perd ainsi une chance d’interaction active et efficace avec son environnement. Une perte aussi importante peut être allégée en partie avec l’aide d’une autre personne, voyante et entendante et qui sait comment transmettre les informations obtenues aux sourds-aveugles. Cette personne est le guide-interprète.
Les sourds-aveugles sont comme des étrangers dans un pays inconnu couvert de brouillard. Pour survivre, il leur faut un guide-interprète qui connaît bien le pays et qui va les aider à se faire comprendre des habitants. La tâche du guide-interprète est de :
Posons une question : à quoi ressemble le monde immédiat qui nous entoure, que nous appelons environnement, et dans lequel les sourds-aveugles s’aventurent avec leur guide-interprète de confiance ? Et encore une autre question qui y est liée : que doit savoir le guide-interprète, de quoi doit-il être capable, afin d’être un bon guide-interprète fiable ?
L’environnement
Lorsqu’on parle de l’environnement d’une personne, on considère la complexité de tout ce qui entoure la personne. En même temps, on distingue entre le monde naturel et le monde fait par l’homme.
Le monde naturel peut en outre être divisé en :
Le monde fait par l’homme ( créé artificiellement par l’homme) peut être subdivisé en :
En se basant sur cette description simple de l’environnement, deux choses sont évidentes : combien il est difficile pour une personne sourde-aveugle de s’orienter lorsqu’elle ne peut utiliser les sens de la vue et de l’ouïe, et combien la tâche du guide-interprète de la personne sourde-aveugle est importante et complexe.
La revendication d’un service de guide-interprète par les sourds-aveugles
Le monde qui nous entoure a beaucoup d’aspects et de formes , qui se pénètrent et se recouvrent mutuellement. Il est varié, changeant, très complexe et difficile à saisir. C’est pourquoi le monde est intéressant et incite les gens à l’explorer. L’interaction avec leur environnement est un défi pour les gens . Le défi s’adresse à tous. Aux sourds-aveugles aussi ! Ce défi est la tache et le devoir de l’être humain. Donc, ce n’est pas seulement un droit humain naturel, mais un devoir, en fait, de connaître notre environnement et d’avoir des interactions avec celui-ci.
Et c’est de ce devoir humain que nous, les sourds-aveugles, nous tirons notre droit aux services d’un guide-interprète. Au cas où les capacités naturelles intrinsèques d’un individu ne lui suffisent pas pour remplir ce devoir, parce qu’elles sont limitées ou déficientes, les sentiments sociaux naturels des autres , et de la société, viennent au premier plan ; cela comprend les sentiments et comportements moraux naturels, le sens de la responsabilité et la capacité et le besoin d’aider. Ainsi, par exemple, les parents aident leurs enfants , les fils et filles adultes aident leurs parents âgés, et les gens en bonne santé aident les malades et les handicapés.
La réclamation naturelle des services d’un guide-interprète par les sourds-aveugles est basée sur au moins trois raisons. Deux sont existentielles et une est éthique :
Pour ces trois raisons, la réclamation des sourds-aveugles peut aussi s’exprimer par ces questions cruciales :
Il est triste que nous, les sourds-aveugles, ayons à rappeler ce principe naturel aux gouvernements et aux législateurs. C’est pourquoi nous devons parler avec énergie de nos besoins et de nos exigences, et aussi de notre demande d’un service de guides-interprètes. Il faut souligner que le guide-interprète est une personne dont nous avons besoin, parce qu’elle nous permet l’interaction directe avec notre environnement – ce qui signifie qu’elle nous aide à vivre en être humain dans le monde et avec les gens qui nous entourent.
Ce raisonnement s’applique à tous les services pour sourds-aveugles, pas seulement le service de guide-interprète, mais aussi les services d’assistant personnel, d’intervenant et autres !
Solution proposée
Le droit des sourds-aveugles au service d’un guide-interprète est fondé sur les lois des droits de l’homme, c’est-à-dire sur le droit individuel à vivre, le droit naturel à vivre une vie humaine dans la dignité, le droit à l’éducation, le droit d’accès à l’information, le droit de se déplacer librement et de se fixer et le droit à l’aide sociale. Les lois générales sur les droits de l’homme , c’est bien mais insuffisant. Il faut établir un environnement légal avec des règles qui garantissent le respect des besoins et exigences spécifiques des sourds-aveugles.
La législation doit comporter clairement et sans réserve :
Prague, le 30 octobre 2003
Réseau sourds-aveugles congénitaux
par Dominique Spriet, coordinatrice du réseau
Au cours de la conférence de DbI au Canada, nous avons fait le projet d’essayer de mieux nous connaître ! Il nous a semblé que nous avions besoin d’avoir plus d’informations sur ce que les autres font. Le recrutement du personnel pour travailler dans ce domaine nous intéressait tous et la première question débattue a été :comment procédons-nous pour recruter les membres de notre personnel ? Nous avons entamé un débat et différentes idées ont été présentées. J’espère donc que les lecteurs de DbI Review nous aideront en nous rejoignant et en répondant à ce bref questionnaire. Cela nous aidera à nous connaître mieux !
Contactez Dominique à :
spriet.dominique@wanadoo.frNom de l’organisation :
Adresse :
Pays :
Nom du responsable :
Comment fonctionnez-vous ?
Externat : oui non Internat : oui non
Foyer ouvert toute l’année : oui non
Avez-vous une obligation légale de fourniture du service pendant un certain nombre de jours, si oui, combien : Oui non
Les sourds-aveugles
Nombre : Sexe : Ages :
Niveaux d’autonomie, communication, handicaps moteurs associés, problèmes psychologiques associés, autres handicaps associés :
Activités
Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non
Rééducation
Dans l’organisation : oui non Dans la communauté : oui non
Le personnel ( équivalents temps plein) (ETP)
Nombre d’heures annuelles : Nombre total de personnel :
Nombre de personnes en contact direct avec les sourds-aveugles :
Nombre de personnel administratif :
Nombre de personnel d’entretien :
Personnel associatif , si oui combien : oui non
Bénévoles, si oui combien : oui non
Qualifications du personnel et nombre dans chaque catégorie :
Observations et autres questions :
Le groupe d’études sur le syndrome d’Usher
compte-rendu de la rencontre des 2-3 août 2003 à Mississauga, Canada, par Mary
Guest
Le Groupe d’Etudes Usher ( ex groupe d’études européen sur le syndrome d’Usher) s’est réuni cette année pendant 2 jours au Canada , juste avant la 13e conférence mondiale sur la surdicécité de DbI. Le groupe se réunit tous les 2 ou 3 ans pour échanger des connaissances et des expériences sur tous les aspects du syndrome d’Usher. Pour faciliter les discussions et la communication, le nombre de participants est limité de 25 à 35. Le Groupe d’Etudes Usher est ouvert à) quiconque souhaite approfondir sa connaissance des syndromes d’Usher.
Le premier jour, nous avons examiné les implications futures de la recherche scientifique pour les familles ayant différentes formes d’Usher. Les progrès de la génétique pendant la dernière décennie ont développé la connaissance du syndrome d’Usher et des autres maladies liées à la Rétinite Pigmentaire au point que les expérimentations cliniques sur l’homme sont immanentes.
Dans son intervention, le Dr Bill Kimberling, directeur du Centre pour l’étude et le traitement du syndrome d’Usher du Boys Town National Research Hospital d’Omaha a confirmé que sur onze gènes connus comme causant un syndrome d’Usher, on a identifié huit. Le décodage de ces gènes a donné aux chercheurs une connaissance bien plus approfondie des causes réelles du syndrome d’Usher.
Medhi Sadeghi, du Département d’Audiologie de la Sahlgrenska Academy, à Gothenburg a parlé de deux études, l’une sur les modifications de l’ouïe dans le Usher de type 2 et l’autre comparant la vision fonctionnelle des personnes atteintes d’Usher de type 1,2 et 3. Il a insisté sur l’importance du génotype et du phénotype pour comprendre comment une forme particulière peut affecter une personne.
Dans son intervention : " Les familles acadiennes et le syndrome d’Usher ", le Dr Bronya Keats, directeur et chef du département de génétique à l’université d’état de Louisiane, décrit comment l’histoire : l’expulsion des Acadiens du Canada français vers 1750, et la géographie : la vie dans les bayous isolés de Louisiane pendant près de 2 siècles, a conduit à une forte incidence du syndrome d’Usher de type 1. Les récentes études sur le gène Usher 1C indiquent que le syndrome d’Usher peut être diagnostiqué par des tests génétiques à un stade précoce chez les enfants sourds de naissance d’origine acadienne, ce qui pourrait conduire au traitement de la Rétinite Pigmentaire avant que l’apparition des symptômes.
Connie Miles, qui organise les réunions du Boys Town National Research Hospital où les personnes atteintes du syndrome d’Usher sont informées sur " le choix en connaissance de cause ", " le consentement en connaissance de cause " et les avancées de la science dans la recherche sur la syndrome d’Usher, a terminé la première journée en parlant des manières d’utiliser l’information scientifique pour améliorer la qualité de vie des familles. Les enfants ayant eu un diagnostic précoce ont des besoins d’information particuliers. Comme les recherches cliniques deviennent une réalité pour beaucoup de familles, les besoins d’information des familles deviennent de plus en plus grands.
Au cours de notre 2e journée, Rebecca Atkinson a parlé de son passage personnel du diagnostic à la réalité de la perte de la vue dans sa vie quotidienne de documentaliste pour la radio. Cette excellente intervention qui donne à réfléchir figure aux minutes de la conférence de DbI.
Anny Koppen, directrice du Centre nordique de formation du personnel, à Dronninglund, nous a rendu un peu jaloux lorsqu’elle a parlé des connaissances et du perfectionnement des familles recevant des services. Les professionnels des Pays Nordiques doivent se tenir au courant de la technologie, des modifications légales et de l’autodétermination pour les personnes atteintes d’Usher et ont besoin de formation en cours d’emploi régulière.
Irina Salomatina, qui dirige l’association Usher Forum en Russie, a décrit le programme d’activités sociales, visites de musées, restaurants, excursions à la campagne, qui apporte aux sourds-aveugles et guides-interprètes de nouvelles expériences et beaucoup de distractions. Tout cela a été réalisé malgré les bouleversements politiques et économiques de la dernière décennie, ce qui nous a fait admirer la ténacité des membres d’Usher Forum en Russie.
Les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher ont une expérience exceptionnelle qui, avec une formation et un soutien, peut être mise au service des autres atteints d’un Usher . En 2000, Sense a lancé le programme Peer Mentor au Royaume Uni, qui a montré comment en formant des personnes atteintes d’Usher au rôle de mentor, on pouvait éviter des vies improductives, des dépressions, et donner une nouvelle orientation et un sens de leur propre valeur à la fois à l’utilisateur du service et au mentor. " La formation et la supervision des mentors ", article de Chris Sherlock, est publié dans ce numéro de la revue de DbI.
Les résultats d’une étude exposée par Liz Cook sur 67 personnes dans 6 pays d’Europe, concluent que malgré les différences géographiques et nationales, les besoins des familles Usher étaient similaires. Après avoir rencontré des collègues des quatre continents à ce groupe d’études Usher, nous nous sommes rendu compte que les personnes atteintes d’un syndrome d’Usher et leurs familles font face aux mêmes difficultés où qu’elles vivent.
Enfin, Joseph Morrissey, du Kenya, a interpellé tout le groupe avec sa description de la situation des sourds-aveugles en Afrique, où la rubéole est encore une cause importante d surdicécité. Il a demandé que plus d’informations et d’expertise sur le syndrome d’Usher soient envoyées en Afrique , ce à quoi nous sommes tout à fait disposés à répondre.
P.S. : Mary Guest a reçu le Distinguished Service Award de DbI pour sa contribution exceptionnelle dans ce domaine ( note de la rédaction)
Le réseau des frères et sœurs
Depuis la création du réseau des frères et sœurs en mai , la question la plus fréquemment posée a été : pourquoi un réseau des frères et sœurs ? La réponse en bref est que les frères et sœurs jouent un rôle très important dans la vie de leurs frères et sœurs sourds-aveugles, mais que les professionnels qui travaillent avec les sourds-aveugles et leurs familles ne le reconnaissent pas toujours. Quelquefois, même mes parents ne le remarquent pas, car beaucoup de ce que font les frères et sœurs est considéré comme " donner un coup de main quand c’est nécessaire ". Mais grandir avec un frère ou une soeur sourds-aveugles est différent, et pour la plupart des frères et sœurs , cela aura un énorme impact sur leur vie.
Je suis en contact maintenant avec un petit groupe, toutes des sœurs , venant d’Autriche, du Canada, d’Italie, de Hollande, de Pologne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Je suis allée à la conférence mondiale de DbI au Canada, où j’ai pu parler avec beaucoup de professionnels et de parents. Ces discussions, toutes très positives, n’ont fait que confirmer le besoin d’un réseau et ont montré qu’il restait beaucoup de travail à faire. Il faut mieux faire connaître la situation des frères et sœurs .
En outre, je peux annoncer la Soirée nationale des frères et sœurs en Hollande à la fin mars 2004, qui sera organisée avec Viataal. D’après cette première rencontre, nous déciderons comment continuer en Hollande.
Pour tout renseignement complémentaire, on peut me contacter par Email :
siblingsnetwork@gmx.netSabine Kersten
Réseau Surdicécité Acquise
(ADBN)Depuis le dernier numéro de DbI Review, la date du prochain séminaire international a été fixée au 6 –10 octobre 2004 à Londres. Un lieu prestigieux au centre de Londres a été retenu pour satisfaire à toutes les exigences en termes de salles de conférences pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes, en tenant compte des exigences d’accès pour les personnes sourdes-aveugles et handicapées.
Le titre du séminaire est : " Espérances, opportunités et possibilités " - étude des relations entre les gens dans le monde de la surdicécité acquise.
Une première annonce du séminaire a été faite comme prévu à la conférence mondiale de Toronto en août. Le réseau ADBN a tenu une journée de réseau réussie lors de la conférence, qui a attiré plus de 30 personnes. La discussion a porté sur les retombées du dernier séminaire de Zurich en 2002, et la liaison avec le prochain en 2004.
Le groupe de coordination d’ADBN se réunira à Londres fin octobre pour commencer le planning détaillé du programme du séminaire. Nous serions heureux de recevoir des projets de présentation d’interventions ou d’ateliers. Nos coordonnées pour nous contacter figurent plus loin dans la revue avec l’annonce du séminaire d’octobre 2004.
Réseau européen syndrome d’Usher ( EUSN)
Après les réunions du réseau à la conférence CAUSE en mars et l’intervention sur l’EUSN à la conférence de DbI en août, nous avons le plaisir d’annoncer que le nombre des membres de l’EUSN est passé de 18 à 52. Ceci comprend des gens venant du Canada et d’Israël, comme de plusieurs pays européens. La majorité des nouveaux membres ont un Usher.
Peter Palmer a abandonné la présidence de l’EUSN parce que ses obligations familiales se sont accrues récemment. Au nom de l’EUSN , je voudrais remercier Peter pour son intérêt pour l’EUSN et son travail des six dernières années.
Le cadre de l’EUSN est en discussion actuellement. La nouvelle présidente intérimaire est Carol Brill Doran, qui est toujours secrétaire et représentante de l’EUSN au Conseil de DbI. Marylin Kilsby reste trésorière intérimaire. Nous espérons organiser des élections dans les six prochains mois. Il va y avoir du changement, lisez les prochains articles !
Marylin Kilsby
Coordinatrice nationale Usher
EDbN : Réseau Sourd-Aveugle Européen
Le groupe de pilotage du réseau s’est réuni à Londres en mars 2003. C’était la première réunion afin de mettre au point une nouvelle stratégie EDbN de se consacrer en priorité aux problèmes clé pour les familles.
Depuis, tous les membres ont contribué aux objectifs convenus :
Campagnes ( conduites par Sense). Travail sur deux fronts :
Coordination du réseau ( par Ursula Heinemann). Coordination des domaines d’intérêt avec DbI, dans le but de diffuser l’information et de stimuler la participation.
Systèmes de communication de l’EDbN. Le E-groupe de l’EDbN fonctionne comme liste de diffusion et permet aux membres d’avoir accès aux fichiers et données. Plusieurs membres ont pu faire des études sur différents sujets d’intérêt général. Un nouvel E-groupe a été créé et est ouvert à tous pour recevoir le bulletin et les nouvelles. Le site web officiel reste :
www.edbn.org.Contacts ( avec EDF et le WFDB) : Wolfgang Angermann nous a informé sur tous les projets de l’EDF.
A la 13e conférence de DbI au Canada, Ricard Lopez a été nommé membre du Conseil de DbI comme représentant de l’EDbN, et a pris part à la réunion du nouveau conseil, présidé par William Green, le nouveau président. Le réseau profite de l’occasion pour remercier nos amis de la CDBRA pour leur excellente organisation et leur amitié.
Nous attendons la prochaine réunion de l’EDbN en juin 2004 dans le cadre de la rencontre des familles " Listen to me 2 " au Danemark.
Ricard Lopez
Lancement du réseau mondial de parents de sourds-aveugles
A la 13e conférence de DbI au Canada, j’ai parlé devant le groupe " Famille " du " réseau mondial de parents et familles de sourds-aveugles ". Suite aux conversations qui ont suivi, la création d’un réseau pour les parents et les familles au niveau mondial a été approuvée. La demande d’autorisation d’un tel réseau a déjà été faite auprès de DbI et actuellement l’infrastructure est en création.
Quelles sont les raisons qui nous ont convaincus de la nécessité de cette étape ? Voici un résumé de mon intervention qui passe en revue ces motivations.
Notre identité en tant que parents et familles de personnes sourdes-aveugles
En tant que parents, familles, nous ressentons dans notre coeur le besoin de travailler pour le présent et l’avenir de tous les enfants, les nôtres et ceux des autres familles. Beaucoup d’entre nous ont appris qu’il est nécessaire d’être présent partout où il y a des discussions sur nos enfants et sur nous. Nous ne devons pas laisser cette responsabilité à d’autres, mais nous devons l’accepter ou la partager , à tout prix. Si nous ne sommes pas présents à ces réunions, les décisions qui y sont prises ne répondent pas à nos besoins réels.
Les familles doivent assurer tous les besoins de nos enfants, mais nous devons faire face à un manque de ressources de toutes sortes. Il faut que les programmes conçus pour s’occuper du sourd-aveugle incluent le soutien dont la famille a besoin. Souvent la famille doit assumer des responsabilités excessives pour réussir à faire entrer leur fils ou leur fille sourds-aveugles dans une école ou un programme. C’est particulièrement dur d’être les parents d’un fils ou d’une fille avec une surdicécité congénitale et/ou avec des handicaps associés. Il y a beaucoup de familles qui doivent faire face à ce challenge. Des problèmes d’identification se posent : est-ce la surdicécité ou non ? Dans plusieurs pays, les gens ne sont identifiés comme sourds-aveugles que si les ressources correspondantes existent ou s’il y a la volonté de les traiter comme tels. Autrement, ils sont classés comme multihandicapés ou retardés mentaux, et on ne se pose plus le problème.
Parfois, les professionnels nous posent des questions sur nos besoins et nous ne savons pas comment répondre, parce que nous avons tellement l’habitude de ne pas penser à nous. Nous n’avons pas non plus la formation nécessaire pour aborder cette question.
Pour ces raisons, entre autres, il est impératif que nous, parents et familles, acceptions notre identité et travaillions ensemble à définir les problèmes dans toutes leurs dimensions, et travaillions avec tous ceux qui travaillent à les résoudre. Personnellement, je trouve souhaitable que ce travail soit fait en coopération avec les professionnels et les sourds-aveugles qui ont la volonté de relever ce défi.
La situation des familles de sourds-aveugles
Les familles d’enfants sourds-aveugles ( en particulier de sourds-aveugles de naissance ou avec des handicaps associés) ont des problèmes de représentation. Nous nous trouvons inclus dans des programmes conçus par des gens qui n’ont qu’une vue partielle ou conditionnelle de nos problèmes. Nous ne participons pas à l’élaboration des programmes ; nous jouons seulement un rôle passif dans quelques services.
Que faisons-nous ?
Mise en place d’un réseau, dans le but de :
Comment pensons-nous faire avancer les choses ?
Quiconque est intéressé peut s’inscrire pour adhérer à ce réseau à
talking3@teleline.es.Nous avons besoin que tous les parents et représentants d’enfants et d’adultes sourds-aveugles s’inscrivent comme parents contacts.
Ricard Lopez, père de Clara ( 11 ans, sourde-aveugle de naissance)
talking3@teleline.es
APSOCECAT Association catalane pour les sourds-aveugles
www.xarxabcn.net/apsocecat
APASCIDE Association espagnole de parents de sourds-aveugles
www.apascide.org
EDbN Réseau européen des sourds-aveugles
www.edbn.org
DbI
www.deafblindinternational.org
Réseau CHARGE
La réunion CHARGE à la conférence mondiale de Toronto a été largement suivie , la salle était pleine à craquer et beaucoup de familles étaient présentes. La journée a commencé par une introduction merveilleusement claire et sensible de Nancy Hartshorne, parent elle-même. Après cela, la discussion et les questions se sont librement succédées, chacun y prenant une part active. David Brown, Tim Hartshorne, Ann Gloyn et le Dr Kim Blake étaient présents, et en plus ils avaient tous une intervention au programme de la conférence.
Dans la partie administration, il a été question de la démission de David Levey comme coordinateur de réseau. Après plusieurs années à ce poste, David pensait qu’il était temps de changer, mais il restera un membre actif du réseau.
On a pris la décision de créer un petit groupe chargé d’administrer le réseau. Ce qui est plus important, il y aura un Email listserv pour le réseau, avec David Brown comme secrétaire. Le principal objet en sera l’information et les questions sur les pratiques et la recherche. L’orientation sera plus " professionnelle ". C’est différent du listserv CHARGE actuel, qui est plus " échange entre parents ". Mais quiconque souhaite savoir plus de choses sur le syndrome de CHARGE peut s ‘inscrire. La liste des membres servira aussi pour planifier les rencontres et les réunions CHARGE qui se tiendront lors des conférences européennes et mondiales.
Réseau Communication Tactile
par Bernadette van den Tillaart
Les membres du réseau ont été très actifs. L’année dernière nous nous sommes réunis 3 fois. En décembre 2002, nous nous sommes rencontrés en Norvège, où Knut Johansen, Directeur du Centre pour sourds-aveugles d’Andebu a accueilli notre réseau.
La principale question ( qui avait été posée avant) était : " Comment les personnes sourdes-aveugles congénitales développent-elles des concepts sociaux par le mode tactile ? "
En août 2003, à la conférence de DbI à Toronto, nous avons échangé nos premières idées et vidéos avec les nombreux participants de la réunion du réseau. Leur contribution a été très fructueuse. En octobre dernier, le réseau a été reçu par Erika Steiger, directrice du Zentrum Tanne of Die Zweiserische Stiftung fur Taubblinde. Les réunions de l’année dernière ont conduit aux réflexions suivantes :
Nous nous intéressons à la façon dont les sourds-aveugles construisent tactilement des concepts sociaux . Nous espérons que comprendre cela nous permettra d’élargir nos concepts sociaux grâce à l’apport enrichissant des sourds-aveugles. D’autre part, cela peut nous permettre de partager nos concepts sociaux avec les sourds-aveugles, pour que nos concepts leur apportent enrichissement et soutien dans leur vie.
Nous supposons que l’attention tactile mutuelle – toucher et explorer des choses ensemble et expérimenter des mouvements du corps ensemble – affecte les concepts qu’un enfant sourd-aveugle a du monde matériel et social qui l’entoure , et vice versa : le monde matériel dans lequel nous nous trouvons avec la personne sourde-aveugle ( et/ou que nous créons avec elle) affecte nos expériences sociales communes.
Nous invitons les membres de DbI à nous faire part des idées et expériences qui peuvent contribuer à cette tentative d’exploration du monde tactile des sourds-aveugles. Voici quelques questions qui peuvent inspirer votre réflexion :
Avez-vous établi des représentations ( dessinées ou mentales) de ce à quoi l’expérience qu’un sourd-aveugle a de son monde matériel et social ( récit, histoire) peut ressembler de son point de vue ? Ou – si vous êtes sourd-aveugle – pouvez-vous établir une telle représentation de votre propre expérience dans le monde qui vous entoure ?
Pour un jeune enfant , a-t-il une image mentale de la dimension de son monde tactile (corporel, social), ou de sa dimension au-delà de son propre corps ? Cela peut-il être représenté sur un schéma qui peut être signifiant pour les autres ?
Merci de nous envoyer toutes les réflexions, dessins, schémas, photos, ou vidéos qui peuvent nous aider dans notre réflexion.
Le réseau Communication Tactile espère se réunir à nouveau au printemps.
Email :
bernadettevandentillaart@tiscalimail.nlSlovaquie et Ukraine : Partenariat avec l’Ukraine !
Janka Sarisska et Maria Podhajecka racontent le début d’un intéressant
partenariat par delà les frontières
L’internat pour enfants sourds-aveugles de Cervenica en Slovaquie a élaboré un nouveau projet avec l’internat pour enfants sourds d’Uzhgorod en Ukraine. Le titre en est : Partenariat pour l’amélioration des services pour les sourds-aveugles en Ukraine. Les auteurs du projet sont Maria Podhajecka de l’université de Prestov et Janka Sarisska, directrice de l’école pour sourds-aveugles de Cervenica.
Le projet se développera :
Nous avons commencé à réaliser ce projet en août. Lors de notre première visite en Ukraine, nous avons constaté qu’il n’y avait vraiment aucun service pour les enfants et les adultes sourds-aveugles. Nous avons préparé un séminaire sur le thème : Education et instruction des enfants sourds-aveugles. Les participants étaient les professionnels de l’école pour sourds d’Uzhgorod et des professionnels des écoles pour sourds et des écoles pour aveugles de la région de Ruthenia en Ukraine. Il y avait aussi les parents des enfants sourds-aveugles, des représentants des autorités locales et des professionnels travaillant avec des enfants, des jeunes et des adultes multihandicapés.
Les interventions couvraient un large domaine, et comprenaient une introduction à la surdicécité, la création de services, la famille et le travail avec des enfants multihandicapés. Nous avons établi maintenant que :
Bienvenue en Pologne !
Vacances européennes 2003.
Justina Korzeniewska, de l’Association pour le bien-être des sourds-aveugles en Pologne , nous donne juste un aperçu des merveilleux moments que les participants ont passé dans ce pays accueillant.
Cette année les vacances pour les sourds-aveugles ont eu lieu du 16 au 23 août en Pologne. Nous avons eu grand plaisir à inviter des sourds-aveugles des autres pays européens, comme la Belgique, la République Tchèque, la Finlande, la France, la Hollande, L’Italie, la Russie, la Suède et la Suisse. Il y avait 20 sourds-aveugles avec 21 guides-interprètes et en plus 16 sourds-aveugles de Pologne.
L’idée initiale était de donner une opportunité d’échange d’expériences personnelles et professionnelles, de présenter des cultures et des personnes différentes, et aussi de profiter d’activités de loisirs . Nous nous sommes orientés vers cela en organisant le séjour. Nous voulions montrer à nos hôtes la culture et l’histoire polonaises. Nous avons donc proposé des excursions vers les vieilles villes de Varsovie, Torun et Kolobrzeg avec des visites guidées. Nous voulions aussi présenter l’art polonais traditionnel ( dans des ateliers) et la cuisine polonaise typique.
L’intégralité de ce séjour 2003 a été consacrée aux loisirs actifs. Ceci comprenait des promenades sur la plage, une visite au " Village indien & son petit zoo ", des sports nautiques, une visite au " musée des jardins ", et même la conduite de véhicules militaires !
Conformément à l’objectif principal des vacances internationales pour les sourds-aveugles, nous avons appris beaucoup de choses sur différents pays, cultures et nations. Nous avons acquis ces connaissances par les contacts quotidiens et grâce à la " Soirée des nations " préparée par chaque pays. La plus grosse surprise pour nous a été que nous avons aussi appris beaucoup sur notre propre culture, notre pays et nos sourds-aveugles polonais ! La plupart ne parlent pas très bien Anglais et n’ont pas beaucoup d’expérience des contacts internationaux. Nous craignions qu’ils ne soient trop timides pour entrer en contact avec les invités étrangers. Nous avons été très impressionnés quand ils ont demandé de prolonger les réunions avec le groupe international ; ils étaient si ouverts et désireux de se faire de nouveaux amis d’autres pays et d’autres langues. Nous avons aussi été surpris par la quantité de nouvelles informations et expériences de notre pays que nous ont apportées les contacts avec les gens de différents pays. Nous avons appris que notre pays est grand et qu’en traverser la moitié en une journée peut être une grande aventure ( c’était un des points du programme). Nous avons aussi changé d’avis sur la cuisine polonaise. En fait, ce n’était pas les plats les plus réputés qui étaient les préférés de nos invités. Certains de nos plats de tous les jours ( comme la kasza) étaient leurs préférés !
Et l’expérience professionnelle ? Nous avons observé beaucoup de styles de guidage différents par les guides-interprètes des sourds-aveugles. Chaque accompagnant avait un haut niveau de compétence professionnelle, et employait des méthodes similaires, mais avec un style différent ! On peut dire que chaque pays a sa propre école de guides-interprètes. Une autre grande découverte de ce séjour est de voir comme l’alphabet LORM est populaire auprès des sourds-aveugles ! Certains participants l’ont appris en quelques jours en étant avec d’autres qui le connaissaient bien.
Nous avons passé un merveilleux moment et nous souhaitons aux pays qui vont organiser des vacances pour les sourds-aveugles à l ‘avenir beaucoup de bonnes journées et de moments exceptionnels !
Justina Korzeniewska,
Association pour le bien-être des sourds-aveugles
ul. Konwiktorska 9
00 – 216 Varsovie
Pologne
Kazakhstan
par Timur Timirkhanov
Dans le dernier numéro, j’ai annoncé que la fondation kazakh " Meyrim " lançait son bulletin. Il s’appelle " Gleam ". Si vous voulez le recevoir en format pdf, contactez-moi !
Je voudrais demander conseil aux lecteurs de DbI Review, car je voudrais trouver plus d’informations sur la surdicécité et les sourds-aveugles. J’aimerais que l’on m’indique des sources comme l’Internet et les listes de diffusion en Anglais. J’aimerais en particulier que l’on m’indique de bons sites où je pourrais trouver les informations que je cherche.
Russie : " Espoir " au bout de l’Europe – " Omat " est créée !
par Irene Salomatina
Il y a une ville russe qui s’appelle Oufa tout au bout de l’Europe, au sud de l’Oural. Oufa est la capitale de la République de Bachkirie. En avril 2003, grâce au travail des sourds-aveugles Bachkirs et de leurs familles, une nouvelle association d’aide aux sourds-aveugles est née en Russie. En Bachkir, elle s’appelle " Omat ", ce qui signifie " Espoir ".
" Notre association a été créée par des parents d’enfant sourds-aveugles et des adultes sourds-aveugles" , dit Nina Urlova, directrice adjointe d’Omat. " Les gens qui ont connu la douleur, l’ignorance et les tensions sont devenus les leaders de l’organisation . Ils connaissent les problèmes des autres et savent dire les mots qui réconfortent ". Omat a été créée par 11 personnes : 3 parents d’enfants sourds-aveugles et 9 sourds-aveugles. La mère d’une fillette sourde-aveugle – Svetlana Vavilova – est directrice de l’organisation.
Omat a défini 2 priorités pour le proche avenir. La première est d’identifier les sourds-aveugles dans la ville de Oufa et en République de Bachkirie et de créer une base de données, et la seconde de créer des services médicaux pour les enfants sourds-aveugles.
En attendant, les sourds-aveugles et leurs familles ont célébré la fondation de l’association. Une fête d’anniversaire a rassemblé les amis sourds, sourds-aveugles et aveugles , les membres de leurs familles et les accompagnants. Les femmes ont préparé des gâteaux et les hommes un programme de danses et de musique. Le champagne a coulé pour célébrer l’événement... on a plaisanté : " ces gens peuvent-ils être sourds-aveugles ? Ils dansent et chantent avec tant de bonheur ! "
Nous sommes heureux de dire que cet extraordinaire événement a eu lieu grâce à l’aide de Sense International et de Usher Forum ( Russie). Il a été financé par CAF et DFID.
Philippines
par le Dr Yolanda Capulong
Le programme pour sourds-aveugles est basé à l’ école pour sourds des Philippines et c’est l’un des programmes pour enfants sourds avec handicaps associés. L’école travaille sur le programme scolaire pour y inclure un programme de transition afin de préparer les enfants à leur vie en sortant de l’école.
Nous cherchons aussi à développer un groupe d’intervenants et à militer pour faire avancer la cause des sourds-aveugles aux Philippines. Le programme Hilton Perkins International et l’école Perkins pour les aveugles nous aident dans le domaine de la formation des éducateurs et de l’information.
Ils ont un magnifique local que les enfants sourds-aveugles partagent avec les enfants sourds et qui a été construit et équipé par la banque HSBC.
Cours de Langue des Signes pour les parents
Il y a plusieurs années que nous avons commencé à organiser des cours d’enseignement de la Langue des Signes aux parents de sourds-aveugles. Les cours ont généralement lieu toutes les semaines pendant l’année scolaire, et nous communiquons et nous amusons beaucoup. Ainsi, les familles peuvent communiquer avec leurs enfants sourds-aveugles sans trop d’effort. En même temps, les liens plus étroits s’établissent entre les familles. Nous encourageons les familles à participer à ces " cours " spéciaux.
Espagne
APASCIDE Aragon, par Juan Carlos Garcia
L’Apascide Aragon a été fondée en 1996 pour apporter des ressources aux personnes, familles, amis et communautés touchés par la surdicécité. Association de familles et amis de sourds-aveugles, tous y sont les bienvenus pour participer aux efforts d’Apascide Aragon. Le projet de l’association, intitulé " Projet pour l’intégration et le développement de la personne sourde-aveugle ", a non seulement pour but d’aider ceux d’Aragon, mais aussi de servir de référence pour les associations établies dans d’autres régions d’Espagne. L’une des principales initiatives du projet comprend la création d’un cours de formation professionnelle et de formation continue pour ceux qui travaillent avec des sourds-aveugles. Apascide Aragon cherche aussi à fournir une bibliothèque de ressources sur les possibilités thérapeutiques, éducatives et médicales existantes en Espagne et au niveau international.
En outre, l’association a pour but de proposer aux personnes et à leurs familles des services de conseil, une aide sur différents besoins de vie quotidienne et d’hébergement, et des activités de rééducation et de loisirs utilisant les compétences tactiles et de communication. Un des objectifs centraux de l’association est de fournir des médiateurs formés qui peuvent guider la famille par des méthodes qui continuent l’éducation et l’intégration sociale de la personne sourde-aveugle. En continuant à développer ses efforts, Apascide Aragon espère pouvoir former spécialement des bénévoles dans la communauté pour travailler avec des sourds-aveugles.
Plus de 50 professionnels ont participé aux initiatives de l’association, et elle a des contacts avec des organisations locales, régionales, nationales et internationales pour la surdicécité ainsi qu’avec des associations pour les implants cochléaires.
Organisation publique, Apascide Aragon cherche actuellement à renforcer les bases structurelle et économique de ses initiatives. Etant au stade du développement, l’association apprécierait tout soutien ou conseil que les organisations similaires d’autres régions d’Espagne ou du monde pourraient lui offrir.
Les Emails sont les bienvenus et peuvent être envoyés directement à l’association à l’adresse :
apascide-aragon@wanadoo.esAmérique latine
par Graciela Ferioli
Célébration en Argentine
: le 8 novembre 2003, l’institut Fatima de Buenos Aires a célébré son 15e anniversaire. Le personnel et les familles ont fait des activités avec les enfants, les familles et les amis. C’était un grand jour !Nouveau CD en Espagnol ! Un nouveau CD est sorti, avec un contenu produit ou traduit en Espagnol. Ce CD comporte des articles sur les sujets suivants : Programme scolaire, Evaluation, Communication, Education sexuelle, Recherche, et autres. Il sera distribué aux programmes dans toute l’Amérique latine pour fournir ders informations à jour aux professionnels et aux parents qui s’intéressent au domaine de la surdicécité et de l’éducation des multihandicapés. Ce CD a été réalisé avec l’aide du programme Hilton Perkins grâce à une subvention de la fondation Conrad N.Hilton.
10e anniversaire : le 9 novembre 2003, c’était le 10e anniversaire de l’association argentine des parents d’enfants sourds-aveugles. L’association l’a fêté par diverses activités et distractions. Mrs Clara Berg, de l’association nationale des familles de sourds-aveugles des Etats-Unis, était l’invitée d’honneur et animait la fête. Elle a fait une intervention sur " Qu’est-ce que les parents de jeunes adultes sourds-aveugles veulent savoir sur leur avenir ? "
Inde
par le Dr Bushan Punani de BPA. ( Association des Aveugles)
Comme vous le savez, BPA et Spandan ont commencé à travailler ensemble après le terrible tremblement de terre du 26 janvier 2001, pour fournir divers services aux gens du Kutch district touchés par le tremblement de terre. Ces deux organisations ont décidé de créer une unité permanente de rééducation appelée " Centre de rééducation de Kutch " fournissant des services comme kinésithérapie, prothèses et autres services pour aider les personnes handicapées de manière permanente.
Grâce aux nombreux donateurs, aux personnes qui nous ont soutenus, la construction de l’immeuble est terminée, et tous les services ont commencé à travailler. Nous sommes fiers de dire que la technologie utilisée au centre apportera des services de haute qualité aux victimes du tremblement de terre.
Blind People’s Association
Jagdish Patel Chowk
Surdas Marg
Ahmedabad 380 015
India
Tel. : +91 79 630 3346
Fax : +91 79 630 0106
site web :www.bpaindia.org
Venezuela
par Maria Luz Neri de Troconis
SOCIEVEN Sourds-aveugles du Venezuela a été fondée en 1995 pour aider les sourds-aveugles et leurs familles ainsi que les multihandicapés qui pourraient bénéficier de ses programmes. Les personnes auxquelles elle s’adresse connaissent tous de graves difficultés de communication, et elle est consacrée principalement aux sourds-aveugles congénitaux.
SOCIEVEN travaille aussi avec le Centre pour sourds-aveugles ( CAIS) créé en 1995 par le ministère de l’éducation, de la culture et des sports, et ORVES, l’organisation vénézuélienne pour les sourds-aveugles âgés, également créée en 1995.
SOCIEVEN reçoit un soutien technique du programme international Hilton Perkins et un soutien financier de la mairie de Chacao.
SOCIEVEN fait aussi partie de l’ULAC, Union d’Amérique Latine pour les Aveugles, et a des liens avec ONCE, l’association des aveugles d’Espagne, et reçoit aussi une aide de la mairie de Baruta.
Démographie : On estime qu’au Vénézuela, il y a environ 4000 enfants, adolescents et adultes, qui ont une surdicécité congénitale ou acquise. Jusqu’ici on a localisé 300 sourds-aveugles. Depuis la création de SOCIEVEN il y a 7 ans, beaucoup a été fait pour faire avancer la cause de la surdicécité, mais il reste encore beaucoup à faire.
L’état de l’économie du pays a un gros impact sur le travail de l’association.
Mission : " Construire , avec les sourds-aveugles et les multihandicapés, leurs familles, les professionnels, les organisations nationalesd et internationales, et toute la communauté, la place que les sourds-aveugles et les multihandicapés méritent dans la société vénézuélienne , en s’efforçant d’améliorer leur qualité de vie et celle de leurs familles ".
Canada : Etude démographique de la surdicécité
par Stan Monroe
La CDBRA ( association canadienne des sourds-aveugles et rubéoliques) et la CNSDB (association nationale canadienne des sourds-aveugles) sont associées dans une étude de la démographie et des services pour sourds-aveugles au Canada. Ce projet est financé par Human Resources Development, Canada, et sera achevé en juin 2004. Le but en est de produire un rapport qui sera essentiellement un annuaire des ressources contenant des informatioins détaillées sur la démographie des sourds-aveugles au Canada, une liste des services et ressources accessibles, des commentaires sur l’état actuel de ce handicap et l’avenir. On est en train de localiser des assistants de recherche dans tout le Canada pour recueillir des informations démographiques et pour conduire des réunions d’orientation. Une importante composante de ce projet est la prise de conscience du public. Il y aura des actions en direction des médias afin de faire connaître la surdicécité sur le plan national et de favoriser l’avancée du projet dans la recherche sur le terrain.
Colombie : Travailler avec son cœur
De jeunes sourds-aveugles ont des vies bien remplies grâce à des bénévoles. Marcela Forero nous parle d’un nouveau projet intéressant :
En Colombie le programme de bénévoles de Sense International-Amérique latine, créé pour aider à la rééducation et répondre aux besoins des sourds-aveugles, se développe avec succès.
S’éveiller un jour avec le soleil sur son visage et ne pas pouvoir voir ou ressentir les merveilleuses choses qui se passent autour de vous , c’est quelque chose qui peut ne pas être facile à vivre. C’est pourquoi cent cinq bénévoles colombiens de diverses origines donnent leur temps, leurs efforts et leurs compétences pour être les yeux et les oreilles de ceux qui, à cause de coups du destin divers, sont privés de la possibilité de jouir de privilèges que beaucoup d’entre nous considèrent comme acquis.
Mais quelle est la motivation qui pousse ces hommes et ces femmes qui, sans contrepartie financière, donnent leur temps comme le ferait une mère, et sont là pour accompagner jour après jour les petits pas en avant que font ces jeunes adultes pendant la rééducation ? La réponse, quoique complexe, peut se trouver dans la partie fondamentale de l’être humain : le cœur. C’est le moteur qui semble entraîner ces bénévoles ! Le pouvoir du cœur peut être représenté par un sourire, un mot de gratitude, ou simplement le silence devant l’achèvement d’une tâche ardue faite ensemble.
Grâce aux efforts infatigables de ces bénévoles, le Centre d’intégration des jeunes adultes sourds-aveugles " Yolanda Rodriguez ", a été ouvert officiellement le 22 mai 2003. Ce centre est géré par l’association colombienne des sourds-aveugles ( SURCOE) avec l’aide de Sense International (Amérique latine). Depuis le premier jour, ils se consacrent à l’intégration sociale des sourds-aveugles et à leur autonomie. En outre, un groupe de 32 bénévoles soutiennent le programme éducatif CELIVIA dans lequel ils contribuent au développement de près de 20 enfants sourds-aveugles et multihandicapés.
L’union de ces cœurs a été le résultat du rêve de quelques personnes. Après avoir surmonté un certain nombre de difficultés au départ, ils ont réussi à réunir diverses personnes – jeunes, adultes, professionnels et femmes au foyer – et leur ont donné les connaissances et les outils nécessaires pour mener à bien cette noble tâche. Sur les 180 candidats , 105 ont terminé la formation avec succès. Ils ont reçu la qualification convoitée ( premier niveau ) en février et le 9 août de cette année. Cela les encouragera à aller vers un monde spécial habité par des gens qui pourrons profiter de leur travail.
Maintenant, le groupe s’est renforcé grâce aux graines semées dans divers comités et projets, qui ont servi non seulement à mener notre barque efficacement, mais aussi à acquérir les ressources humaines nécessaires dans un pays où la population et la communauté internationale réclament le changement.
Et parce que les bonnes choses méritent qu’on les imite, une autre initiative a été lancée pour attirer de nouvelles recrues souhaitant contribuer à la construction de notre continent, et aussi souhaitant défendre les droits des enfants, des jeunes et des adultes sourds-aveugles dans d’autres institutions de Colombie. Bientôt, ce centre repoussera les frontières lorsque le Pérou et le Brésil le rejoindront. On envisage que cette nouvelle collaboration adopte cette nouvelle façon de travailler simplement avec des personnes qui s’engagent de tout leur cœur à travailler au profit des autres, en oubliant les différences ou les limites qui peuvent exister entre êtres humains, et dans l’unité, surmontent toutes les difficultés qui submergent actuellement l’Amérique latine.
Pour tout renseignement complémentaire, contacter Marcela Forero, Development Manager, Sense International ( Amérique latine), à :
mforero@senseintla.orgSlovaquie : Foyer pour adultes sourds-aveugles en Slovaquie
par Peter Fasnung, Président de l’Association des parents et amis des enfants sourds-aveugles en Slovaquie
Il n’y a rien pour assumer la prise en charge complexe que nécessitent les sourds-aveugles adultes en Slovaquie. Le type de prise en charge dont nous parlons inclut l’éducation des enfants sourds-aveugles. Les résultats de 10 ans de travail éducatif avec les enfants sourds-aveugles à Cervenica prouvent qu’ils peuvent être éduqués comme les autres. Actuellement, il y a 12 élèves à l’école.
En 1988, l’Association des parents et amis des enfants sourds-aveugles en Slovaquie a été créée. L’une de ses priorités dès le départ était de créer des conditions de vie dignes pour les sourds-aveugles devenant adultes.
Maintenant, l’école donne à nos enfants un bon niveau d’éducation, mais personne n’a résolu le problème de ce qui arrivera lorsqu’ils atteindront 18 ans. La grande question , c’est où aller après l’école. Les sourds-aveugles adultes ont deux possibilités – vivre avec leurs parents ou vivre dans les énormes foyers du ministère des affaires sociales en Slovaquie. Les deux sont insatisfaisantes, parce que les enfants vont perdre les connaissances et les compétences acquises à l’école à cause du manque d’activités intéressantes. Nous savons que nos enfants continueront à avoir besoin d’un soutien pour la communication, sinon il y aura des problèmes. Nous ne voulons pas permettre que cela arrive !
En 2001, en coopération avec l’association de parents et l ‘école de Cervenica, un projet pilote a été créé, conçu pour établir un programme de soutien pour la vie dans la communauté des adultes sourds-aveugles et multihandicapés lorsqu’ils quittent l’école. Une assistance sera apportée à chaque personne sourde-aveugles afin qu’elle puisse utiliser les services de la communauté pour assurer un développement maximum de ses compétences d’autonomie , de manière à pouvoir vivre sa vie de membre à part entière de la communauté. Toutes les parties de leur logement seront adaptées aux besoins de ces personnes et ils auront une assistance totale ou partielle selon leur degré de handicap.
Je suis donc heureux de pouvoir dire que nous progressons ! Nous en sommes très heureux mais nous n’avions aucune idée de la quantité d’efforts et de travail qu’il fallait pour réaliser cette excellente idée ! Nous avons commencé par chercher une maison qui convenait et nous avons trouvé ! c’est une grande maison avec un jardin qui peut loger 6 à 10 personnes.
Le plus difficile , c’est de trouver l’argent pour acheter la maison. Malgré un gros effort de tous les intéressés, nous n’avons pas pu réunir toute la somme. Nous cherchons encore 25000 Euros.
L’association de parents et l’école coopèrent étroitement avec l’Union des aveugles et malvoyants de Kosice et les autorités locales. Nos partenaires étrangers sont le programme Hilton/Perkins International , Sencse International et DbI.
Nous en sommes au début de la réalisation de notre projet, mais je crois que nous réussirons parce que nous sommes déterminés à créer les conditions d’une belle vie et du développement de l’éducation de tous nos enfants sourds-aveugles en Slovakie.
Nouvelle Zélande
Bonne nouvelle de Nouvelle Zélande ! Jan Scahill, membre fondateur de Deafblind NZ a été décoré du Queen’s Service Order à l’occasion de l’anniversaire de la Reine. Seules quelques personnes reçoivent une telle distinction chaque année, et celle-ci était bien méritée. Jan publie le magazine SeeHear ! qui donne des nouvelles des nombreuses activités en Nouvelle Zélande et est distribué par Deafblind NZ.
Il y a des rencontres dans toute la Nouvelle Zélande . Les sourds-aveugles et les déficients visuels/auditifs se rencontrent pour des sorties comportant discussions, conférences et excursions. Rendez-vous sur le site web !
Les sourds-aveugles européens créent leur propre union !
Le Danemark a accueilli 32 sourds-aveugles de 18 pays d’Europe en octobre 2003 pour la tenue de l’assemblée fondatrice de l’Union européenne des sourds-aveugles - EDbU - . Cet événement a eu lieu au Centre de formation de l’Association danoise des aveugles à Fredericia.
Tout a commencé en 1999 lorsque les associations de sourds-aveugles nordiques ont eu l’idée de fonder une union, et avec le président danois, Ové Bejsnap à leur tête, ils ont travaillé à ce projet depuis cette date. Ils ont élaboré ensemble la constitution de l’EDbU.
Le but de l’union est d’améliorer les conditions pour les sourds-aveugles dans toute l’Europe. A présent, les sourds-aveugles ont des services différents dans chaque pays. Dans certains pays, les sourds-aveugles n’ont pas leur propre association, mais adhèrent soit à une association de sourds ou d’aveugles ou à des organisations dirigées par des professionnels, plutôt que par les sourds-aveugles eux-mêmes. Cela signifie que les sourds-aveugles ne participent pas au processus de décision sur leurs propres besoins.
Naturellement, il est difficile pour les sourds-aveugles de se faire entendre et donc, il est aussi difficile pour eux de trouver de l’argent pour leurs activités. Par exemple, les sourds-aveugles de plusieurs pays n’ont pas pu assister à la réunion historique au Danemark, soit parce qu’ils n’avaient pas l’argent pour le voyage, soit parce qu’ils ne pouvaient pas avoir d’interprètes ou d’accompagnants.
Les sourds-aveugles de Bulgarie, Turquie et Pays-Bas entre autres, n’ont pas pu y participer, même s’ils soutiennent la fondation de l’EDbU.
Réalisations danoises ! Au Danemark, les sourds-aveugles ont la possibilité d’avoir un assistant personnel pour les aider dans les choses pratiques qui sont difficiles à faire pour eux. Aux dernières nouvelles, un projet pilote fournissant des services d’interprétariat gratuits aux sourds-aveugles dans des occasions telles que réunions de famille et réunions à l’école, va devenir permanent.
La législation sur l’aide aux sourds-aveugles est très différente d’un pays à l’autre, et grâce à la nouvelle union, les sourds-aveugles devraient pouvoir influencer les politiciens et améliorer leurs conditions.
Audit des services
L’une des premières tâches de l’Union européenne des sourds-aveugles sera d’avoir une idée générale des services existants dans chaque pays.
Après une première assemblée aussi réussie, l’EDbU a pris un bon départ !
Prix International Helen Keller 2004
Attribué à la meilleure œuvre d’art présentée sur n’importe quel support, sur le
thème de la surdicécité
Sense Scotland invite les artistes travaillant sur tout support à présenter leurs œuvres pour le prix artistique international Helen Keller 2004. Le concours est ouvert à tout artiste, le seul critère étant que l’œuvre présentée doit être sur le thème de la surdicécité. Un jury indépendant décidera de l’attribution et l’identité des artistes ne sera pas divulguée avant que la décision du jury ne soit prise.
Le vainqueur du prix artistique international Helen Keller 2004 recevra un trophée et un chèque de 1000 Livres. Deux mentions spéciales du jury recevront chacune un certificat et un chèque de 200 Livres. Il pourra y avoir d’autres mentions à la discrétion des juges.
Comment s’inscrire :
Les artistes souhaitant présenter une œuvre doivent remplir un formulaire d’inscription et le renvoyer à Sense Scotland.
Vous pouvez également vous inscrire en ligne sur
www.sensescotland.org.uk/helenkellerSense Scotland, 5th Floor
45 Finnieston Street
Glasgow G3 8JU
Pour les formulaires d’inscription ou pour avoir plus de détails sur le prix, contactez :
Lindsay Mitchell
Arts Development Officer
Téléphone : 0141 564 2444
Email :
arts@sensescotland.org.uk
" Les meilleures choses du monde et les plus belles ne peuvent pas se voir ni se toucher. Il faut les sentir avec son cœur " Helen Keller
Première annonce
5e Séminaire européen du Réseau Surdicécité Acquise
" Attentes, opportunités et possibilités "
Exploration des relations entre les gens dans le monde de la surdicécité
acquise
6-10 octobre 2004 à Londres, Royaume-Uni
Thème : Ce séminaire examinera les relations entre les gens dans le monde
de la surdicécité acquise. Nous étudierons les moyens d’améliorer le services
pour les personnes devenues sourdes-aveugles.
Dans ce cadre, nous parlerons des attentes des sourds-aveugles, quelles
opportunités peuvent être créées et comment, ensemble, nous pouvons transformer
les possibilités en réalités.
Le réseau surdicécité acquise : le réseau surdicécité acquise est reconnu par DbI et a été établi en 1989. Son but est de créer et d’aider un réseau de personnes impliquées dans le monde de la surdicécité acquise. Pour cette raison, un séminaire sur la " surdicécité acquise " s’est tenu tous les 2 ans dans un pays d’Europe différent depuis 1994.
Sense : Sense est l’association nationale pour les sourds-aveugles qui aide les personnes qui ont à la fois des problèmes d’audition et des problèmes de vision. Sense offre une large gamme d’aides et de services dans tout le Royaume-Uni pour aider les sourds-aveugles de tous âges à réaliser leur potentiel. Ceci inclut les conseils, l’aide et l’information pour les personnes qui perdent l’ouïe et la vue à un âge avancé.
Le programme complet du séminaire et le formulaire d’inscription seront disponibles en avril 2004.
Sense East
72 Church Street
Market Deeping
Peterborough
Cambs, PE6 8AL, UK
Pour avoir ces informations sous une autre forme ou des renseignements complémentaires, veuillez contacter Tracey Cook :
tracey.cook@sense-east.org.ukConférence NUD ( Centre nordique de formation du personnel des services pour sourds-aveugles)
Développement de la communication chez les enfants sourds-aveugles congénitaux implantés
8 – 11 septembre
Cette conférence est organisée pour présenter et discuter les connaissances théoriques et l’expérience sur le développement de la communication chez les enfants sourds-aveugles congénitaux qui ont des implants cochléaires.
Le public visé est le personnel des programmes pré-scolaires et scolaires, ainsi que les directeurs et les consultants.
Pour avoir des renseignements détaillés, contacter :
NUD
Slotsgade 8, DK-9330, Dronninglund, Denmark
Nud@nud.dk
Ce stage de formation apportera des connaissances sur la combinaison d’une perte auditive et d’une perte visuelle sévères et ses conséquences pour la communication d’une personne, son accès à l’information , son orientation et sa mobilité. Ce stage est destiné à des personnes travaillant dans des services au contact direct et comportera divers exercices de simulation et des exemples concrets.
Les enfants déficients auditifs et visuels dans les programmes pré-scolaires
et scolaires
12 - 15 mai
Cette conférence présentera et discutera des informations sur la façon d’adapter la situation d’apprentissage aux enfants en établissement pré-scolaire et scolaire qui deviennent sourds-aveugles. Le public visé est le personnel des écoles et des écoles maternelles, ainsi que leurs directeurs.
2e Conférence européenne des familles
Slettestrand, Nord Jutland, Danemark
20 – 26 juin 2004
Rencontre des familles : " Listen to me 2 au Danemark "
Communication par la culture danoise et la nature
Les réseaux Culture nordique et EdbN, ainsi que Sense International et le
programme Hilton/Perkins ont le plaisir de vous inviter à un nouveau
rassemblement international des familles.
La conférence s’adresse aux parents et à leurs enfants des pays d’Europe de
l’ouest, d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Comme les autres conférences dans le passé, cette conférence permettra aux
parents de discuter et d’échanger des expériences et des informations sur une
large gamme de sujets concernant la vie de la famille. Le comité d’organisation
scientifique est composé de :
Lone Poggioni ( DK)
Gill Morbey (UK)
Ursula Heinemann ( A)
Klaus Vilhelmsen (DK)
Preben Gundersen ( DK)
William Green (I)
Frank Ulmer ( DK)
Ricard Lopez (E).
Ce groupe est en train de finaliser le programme, qui promet d’être une intéressante base de discussion, et fait suite aux idées qui ont émergé de la rencontre des familles l ‘an dernier en Italie. Le groupe cherche aussi un nouveau logo pour représenter le thème " Listen to me " car cet événement doit avoir lieu tous les 2 ans.
Dates
La date d’arrivée est fixée au 20 juin et la date de départ au 26 juin 2004.
Lieu
Le centre de vacances de Slettstrand est situé dans un bel endroit du Jutland
et à seulement 250 m. de la mer. Pour y arriver, passer par Aalborg, facilement
accessible en train, en avion ou en voiture.
Le centre offre une large gamme d’activités pour tous les goûts. L’hébergement peut être en chambres pour jusqu’à 4 – 5 personnes avec vue sur la mer. Il y a des aires de jeux pour les enfants. Pour plus de détails sur le centre, aller à :
www.slettstrand.dkParticipants
Pour l’inscription, une " famille " comporte jusqu’à 4 membres : les parents, leur enfants déficient sensoriel et un accompagnant de leur choix.
Grandes lignes du programme
En fait le programme comportera de nombreuses parties :
Il y aura du temps pour des excursions touristiques, des activités artistiques, ou juste pour faire une pause et se relaxer tous ensemble.
Les excursions peuvent inclure shopping, promenades en bateau, etc.
Coût
Le Comité d’organisation examine actuellement les possibilités de financement afin que le prix soit accessible pour tous et pour permettre la participation de familles des pays d’Europe centrale et d’Europe de l’est.
Pour plus d’informations, pour proposer un logo ou pour signaler que vous êtes intéressés, contactez dès que possible :
Lone Poggioni
Après la 13e conférence mondiale de Deafblind International
Les Canadiens réfléchissent à leur succès !
par Stan Monroe
La 13e conférence mondiale de DbI a été une grande réussite. Les organisateurs de la conférence étaient ravis d’accueillir 557 délégués de 48 pays au Delta Meadowvale Hotel à Mississauga, en Ontario, du 5 au 10 août 2003. C’était la première fois en deux décennies que l’Amérique du Nord accueillait cet événement international , et la première fois au Canada. Le thème de la conférence était : " La communication est la clé pour ouvrir les portes du monde aux personnes sourdes-aveugles "
IL y a eu tant d’activités dans la semaine qu’il est difficile de les décrire toutes en un petit article. Voici juste quelques uns des meilleurs moments pour ceux qui n’y assistaient pas :
L’ouverture de la conférence a été mémorable ; elle a commencé par l’hymne national dans les deux langues officielles du Canada, l’Anglais et le Français, suivi par la cérémonie des drapeaux, avec pour chaque pays un drapeau et un porteur de drapeau, rappelant les jeux olympiques.
Les délégués ont été accueillis par Hazel MacCaillion, maire de Mississauga, ONtario.
On a rendu honneur aux membres fondateurs de l’association canadienne CDBRA et ceux qui étaient présents ont reçu un diplôme.
Le livre " Perceptions de lumière – Canada ", un document photographique sur des Canadiens sourds-aveugles produit par Natalie Schonfeld a été lancé et Natalie a fait une présentation en vidéo d’une partie du contenu du livre.
Après la cérémonie d’ouverture, les délégués se sont vu offrir une quantité de spécialités du Canada pour une rencontre réussie et une belle réception !
Séances plénières
" La communication joue un rôle crucial pour ouvrir les portes aux sourds-aveugles dans la vie quotidienne " a déclaré Michael T.Collins , le président, dans son discours d’ouverture de la première séance plénière. " Cette conférence nous donne l’opportunité d’encourager la coopération, d’améliorer nos connaissances et d’ouvrir les portes du futur aux sourds-aveugles du monde entier ". La séance plénière de Michael intitulée " Célébration de la communication dans le monde ", incluait des conférenciers et de courts films de Slovaquie, Costa Rica, Inde, Kenya et Canada montrant les progrès réalisés dans la prestation de services aux personnes sourdes-aveugles dans tous les coins du monde.
Grands moments
La collaboration des sections de la CDBRA de Colombie britannique et du Nouveau Brunswick a donné une rencontre des familles très réussie un soir. Les parents et frères et sœurs du Canada, Etats-Unis, Angleterre, Pays de Galles, Inde, Pays Bas, Espagne, Brésil et Argentine, ont pu se rencontrer avec rafraîchissements et musique.
Un autre grand moment a été lorsque Stephen Lewis a parlé de la " Lutte mondiale contre la maladie ; L’impact des services de qualité ". M.Lewis est l’ancien ambassadeur du Canada aux Nations Unies et il est actuellement envoyé des Nations Unies pour le sida en Afrique. Il a parlé de la nécessité pour les organisations de défendre les droits et les besoins des sourds-aveugles dans le monde entier, en particulier parce que la surdicécité, étant un handicap rare, ne reçoit souvent pas l’attention qu’elle exige.
Ateliers
Les délégués à la conférence ont pu assister à 130 ateliers, 32 séances affichage, 21 expositions sur des programmes, de nombreuses expositions commerciales, des consultations d’experts et des expositions d’artistes sourds-aveugles.
Des enregistrements audio et vidéo des sessions ont été réalisés et sont en vente sur le site : www.cmcgc.com/030806
Les conférenciers venaient des pays en voie de développement et des pays développés, chacun apportant sa propre expertise culturelle unique. Parmi eux le Dr Jude Nicholas, de Norvège, qui est un grand chercheur en neurophysiologie liée à la surdicécité, en particulier sur le syndrome de la rubéole congénitale.
Détente
Les participants à la conférence ont pu se détendre et choisir entre trois excursions : les chutes du Niagara, Toronto ou une soirée théâtre des Famous People Players, une compagnie théâtrale qui s’est produite dans le monde entier et se compose de beaucoup de personnes handicapées. D’après ce qu’on a entendu le lendemain, tous ont passé un bon moment.
Lors du banquet de clôture, deux Canadiens ont reçu de prestigieuses distinctions. Cherry Bulmer a reçu la Médaille Ann Sullivan pour ses nombreuses années de bénévolat au conseil d’administration national de la CDBRA, comme co-auteur de " WINGS : modèle de vie intégrée ", un livre sur sa fille adulte, sourde-aveugle de naissance, et comme rédacteur en chef de Intervention, le bulletin de la CDBRA, depuis longtemps. Stan Munroe a reçu le Distinguished Service Award pour ses nombreuses années de présidence de la CDBRA, et comme chercheur responsable de deux projets – Manifestations tardives de la rubéole congénitale, et Résultats d’un recensement volontaire des personnes sourdes-aveugles, 1999-2001.
Bonjour de John et Jacquie McInnes !
Nous venons juste de recevoir DbI Review, Talking Sense et Intervention, et nous les avons rapidement parcourus tous les trois. C’est tellement intéressant de pouvoir se tenir au courant de toutes les choses formidables qui se font dans le monde. Nous allons passer de nombreuses heures à lire et imaginer dans nos cœurs et dans nos têtes comment ce serait de pouvoir voyager et de partager ces événements avec chacun de vous. Merci à vous tous qui prenez le temps de d’envoyer des nouvelles. C’est une manière " d’être concerné et de partager ", qui remonte le moral quand les choses sont difficiles et donne à tous l’occasion de se sentir heureux de ce qu’ils font de bien.
Nous n’avons pas pu assister à la dernière conférence mondiale, mais nous savons de source sûre qu’elle a permis à beaucoup de reprendre des forces pour rentrer chez eux et continuer le combat.
Toutes nos amitiés et notre admiration à vous tous qui relevez le défi pour garantir que les sourds-aveugles de votre partie du monde aient une chance de réaliser leur potentiel.
Merci de prendre le temps d’être concernés et de partager !
Vivre avec un syndrome de CHARGE
Les Dr. Jan van Dijk et Arno de Kort ont sorti un CDRom intitulé " Vivre avec CHARGE " qui donne des informations et des idées sur l’évaluation et examine, grâce à une gamme d’étude de cas, certains comportements à problèmes que ces enfants peuvent avoir.
Le lecteur/spectateur peut naviguer à son rythme et peut voir des clips des enfants, de leurs éducateurs et de leurs familles. Le CDRom fournit un mini didacticiel sur le développement des compétences d’observation – si important pour aider des enfants avec des besoins complexes comme ceux que nous voyons ici.
Des questions sont posées au lecteur ce qui garantit que les points clé sont saisis et assimilés. Les enfants très différents montrés ici font que ce CDRom est très intéressant et aussi représentatif que possible lorsque tous les enfants sont des cas uniques.
En plus des études de cas, il y a une bonne partie de texte et de vidéo complémentaire pour ceux qui veulent approfondir la question et développer leurs connaissances.
Pour en commander un exemplaire, Email :
info@aapnootmuis.comNouvelles du Comité de Direction
Le Comité de Direction s’est réuni le 4 août 2003 à la 13e conférence mondiale à Mississauga, Canada. Beaucoup de points ont été discutés, dont les détails de la conférence européenne à Cervenica, Slovaquie en août 2005, et le lieu possible de la prochaine conférence mondiale en 2007, qui sera décidé par vote du Conseil.
L’assemblée générale s’est aussi réunie pendant la conférence et a ratifié les modifications de statuts, dont quelques ajouts aux distinctions honorifiques DbI Awards et la désignation de deux vice-présidents, dont l’un devra être extérieur à l’Europe et aux Etats-Unis.
Mike Collins a quitté la présidence, après avoir dirigé l’organisation avec succès pendant les 4 dernières années. DbI a participé à beaucoup d’événements importants et d’activités pendant cette période. Nous remercions tous Mike de sa formidable contribution et de son engagement et espérons qu’il continuera à s’impliquer dans DbI en tant que dernier président.
Nouveaux responsables et membres du conseil
William Green a été élu président de DbI et Bernadette Kappen et Graciela Ferioli vice-présidentes. En plus de ces changements, Richard Hawkes, Anny Koppen et Ton Visser ont été nommés membres du Comité de Direction et Malcolm Matthews continue comme responsable de l’information coopté.
William a déclaré qu’il était honoré d’être élu président de DbI et d’être à la tête d’une si merveilleuse organisation internationale. Il a dit qu’il s’efforcerait de poursuivre les objectifs de DbI. Pour l’avenir, il a insisté sur l’importance du planning stratégique, et sur le développement et l’extension des réseaux de DbI comme but pour son mandat.
Le nouveau Conseil s’est aussi réuni lors de la conférence au Canada. Les nouveaux membres du Conseil sont :
William Green ( Italie)
Bernadette Kappen ( Etats-Unis)
Graciela Ferioli ( Argentine)
Ton Visser ( Hollande)
Richard Hawkes ( Royaume-Uni)
Michael Collins ( Etats-Unis)
Dominique Spriet ( France)
Wolfgang Angermann ( Allemagne)
Rossano Bartoli ( Italie)
Daniel Alvarez Reyes ( Espagne)
Sergei Sorokin ( Suède)
Tony Best ( Royaume-Uni)
Barbara Mason ( Etats-UNis)
Celestine Hare (Australie)
Stan Monroe ( Canada)
Anny Koppen ( Danemark)
Bushan Punani ( Inde)
Koh Poh Kwang ( Singapour)
Gill Morbet (Royaume-Uni)
Ges Roulstone (Royaume-Uni)
Jacques Souriau ( France)
Ricard Lopez (Espagne)
Carol Brill-Doran ( Irlande)
Mary Guest ( Royaume-Uni)
Lone Poggioni ( Danemark).
Conférence mondiale 2007 – Annonce du pays retenu !
Nous avons le plaisir d’annoncer que la prochaine conférence mondiale aura lieu en Australie. Les détails complémentaires seront donnés l’année prochaine.
Si vous souhaitez avoir la totalité ou une partie des minutes de la conférence ou les modifications des statuts, veuillez nous contacter à :
13e conférence mondiale
C’était une conférence très réussie et très agréable et , au nom de DbI, nous remercions Stan Monroe, Linda Mamer et le personnel de l’Association canadienne des sourds-aveugles et rubéoliques ( CDBRA) pour leur fantastique travail d’organisation de cette conférence. 561 personnes représentant 48 pays ont assisté à la conférence cette année.
A la conférence, DbI a créé une nouvelle distinction pour les personnes qui ont attribué une contribution exceptionnelle dans notre domaine durant toute leur vie. La première récipiendaire a été Peggy Freeman, Officier de l’ordre de l’Empire Britannique. C’est un honneur bien mérité pour Peggy, pour des années de grandes réalisations et contributions au domaine de la surdicécité.
La distinction du Distinguished Service Award a été attribuée à Mary Guest ( Royaume Uni), Stan Monroe ( Canada) et Inger Rodbroe ( Danemark).
Les principaux événements de DbI pendant les 4 prochaines années seront :
2004
Conférence des familles au Danemark en juin organisée par le Réseau culture
nordique
Conférence du Réseau Surdicécité acquise à Londres en octobre
Conférence de DbI Asie
2005
Conférence européenne de DbI en Slovaquie ( août)
2007
Conférence mondiale de DbI en Australie
Mise à jour des adhésions
DbI remercie les grandes et les petites sociétés-membres de continuer à la soutenir. Nous encourageons fortement les adhésions individuelles afin de contribuer à notre communauté mondiale, et de l’élargir, dans le domaine de la surdicécité.
Nous avons actuellement 611 membres de 78 pays enregistrés dans notre base de données. Il est très important que tous les membres renouvellent leur adhésion pour cette année car nous allons mettre à jour notre base de données et vos coordonnées en seront supprimées si nous n’avons pas de vos nouvelles d’ici la fin de l’année. Si vous avez des questions , n’hésitez pas à nous contacter sur
dbi@senseinternational.org.ukSite web de DbI
Pour avoir les dernières nouvelles et pour tout renseignement sur DbI, allez sur
www.deafblindinternational.org. Nous accueillons volontiers les nouvelles propositions pour le site web, donc si vous voulez envoyer une contribution ou annoncer un événement ou faire part d’une réussite, envoyez les renseignements à Malcolm Matthews à mmatthe@sense.org.ukSecrétariat de DbI :
si vous avez des questions sur DbI, envoyez-les à
dbi@senseinternational.org.ukDietrich Bunck
C’est avec une profonde tristesse que je dois vous faire part du décès de
notre ami et collègue, directeur du service éducatif du Centre allemand de
rééducation des sourds-aveugles de Hanovre ( Allemagne), Dietrich Bunck, survenu
le 30 septembre 2003.
Nous sommes bouleversés par sa mort soudaine.
Dietrich Bunck a été l’un des grands éducateurs de notre temps dans le
domaine de la surdicécité. Ses conseils et son expertise étaient recherchés dans
notre pays comme à l’étranger. Son énergie stimulante, sa façon d’aller à
l’essentiel, et ses dons d’organisation ont fait de lui un membre très apprécié
de beaucoup de groupes, commissions et conseils de direction.
En plus de ses nombreuses autres activités au plan international, il a été
pendant de nombreuses années le représentant de notre centre de rééducation à
Deafblind International et dans le Réseau sourd-aveugle européen, et était l’un
des auteurs des statuts. Il faisait partie des initiateurs du groupe d’études
sur le syndrome d’Usher, et a pris part à la préparation et à l’organisation de
nombreux conférences et séminaires internationaux.
A la 5e conférence européenne de DbI en juillet 2001, Dietrich
Bunck a reçu le DbI Distinguished Service Award en reconnaissance de sa
contribution exceptionnelle aux services pour les sourds-aveugles.
Nous nous souviendrons toujours de Dietrich Bunck avec profond respect et gratitude ; ses idées et concepts généraux resteront vivants dans notre travail.
Wolfgang Angermann
Directeur
Deutsches Taubblindenwerk gGmbH
Albert-Schweitzer-Hof 27
D-30559 Hannover
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DBI REVIEW LE MAGAZINE DE DEAF-BLIND INTERNATIONAL
Sommaire
- Le vieillissement et les manifestations tardives des maladies causes de
surdicécité congénitale chez les adultes sourds-aveugles au Danemark
Birthe Laustrup
- Invitation à des vacances en Suède ( FSDB)
- Un nouveau monde dans le Petersbourg russe ! Un nouveau succès pour les sourds-aveugles! Andrey Markov
- Katmandou et les gens du Népal – quelle expérience ! Lone Poggioni
- L’intervenant – un relais de communication entre la personne sourde-aveugle congénitale et le monde Natalia Molino Llano
- Synchroniser le chant et la danse : réflexions sur le développement de l’écoute chez les enfants sourds-aveugles/multihandicapés sensoriels Patricia Gibbons
- Un centre d’intervention précoce pour les enfants multi-handicapés sensoriels Meena Ramesh Nikam
- Règles pour l’intervention en communication Isabel Amaral
- Travailler avec des enfants sourds-aveugles en Roumanie Andrea Hathazi
- John fait des toasts Gill Morbey
Message du président
Il y a eu énormément d‘activité depuis le début de l’année ! Nous avons tenu
une réunion du Conseil très réussie et bien soutenue en Hollande en février,
dont le changement de forme a été le bienvenu: il a donné aux membres du Conseil
plus d’opportunités de discussion et un rôle plus important dans la prise de
décision. Le gros travail de révision de notre constitution a été fait et cela
nous apportera plus de clarté dans notre développement. Le Secrétariat, qui se
trouve maintenant en Inde, fait toujours du bon travail pour soutenir toutes nos
activités : une première tâche importante a été de revoir les listes d’adhérents
et d’encourager de nouveaux membres à adhérer.
Il y a beaucoup d’événements à venir auxquels nous pourrons participer. Il y
a une Conférence du Réseau sur la Surdicécité Acquise en Angleterre en octobre,
une Conférence DBI / ICEVI ( Conseil International pour l’Education des
Personnes ayant un Handicap Visuel*) au Népal en novembre et au moment où
j’écris ces lignes, nous nous préparons à notre réunion de parents au Danemark !
L’été prochain nous préparons une autre Conférence Européenne de DbI . C’est un
beau pays, la Slovaquie, qui sera notre hôte et nous espérons accueillir un
nombre record de participants de toute l’Europe et du monde entier. Tous
travaillent dur pour que ces événements soient accessibles à tous.
Nous continuons à collaborer avec des partenaires internationaux comme la
Fédération mondiale pour les sourds-aveugles et ICEVI* – cela entre tout à fait
dans nos objectifs et profite à tous. Notre groupe responsable des contacts et
des campagnes a remporté un grand succès ce printemps – voir ci-dessous – et
nous a montré à tous que faire pression de la bonne manière donne des résultats
et que travailler ensemble nous donne plus de poids. Vous serez aussi heureux de
savoir que dernièrement notre demande de reconnaissance par les Nations Unies a
été envoyée.
Comme nous sommes fondamentalement une organisation de réseaux de contact, il
est bon de rappeler quelques succès. J’ai récemment participé au projet Culture
2000, un étonnant projet international d’art et de théâtre pour les
sourds-aveugles qui aiment les arts – et pour ceux qui commencent juste ! Une
autre première vient d’Amérique du Sud, où s’est tenue une conférence virtuelle,
organisée par les membres du Conseil, considérée comme une réussite.
Merci de votre travail assidu où que vous soyez dans le monde – votre aide
est vitale.
William Green
Editorial
Merci à tous ceux qui ont collaboré à ce numéro de la Revue. Je pense que
vous conviendrez que, si nous examinons notre travail, des compétences et des
savoirs se développent dans beaucoup de contextes culturels différents grâce au
travail assidu de nos membres.
Ce tour d’horizon de notre travail comprend les importants résultats de la
recherche faite au Danemark sur les effets de la surdicécité congénitale sur des
personnes vieillissantes. C’est un domaine qui a des implications pour presque
toutes les organisations prestataires de services à long terme et toutes les
personnes atteintes du syndrome de la rubéole congénitale (SRC) et autres
maladies. Nous avons aussi les conseils pour les praticiens sur les stratégies
de communication , suite de la recherche d’Isabel Amaral, parue dans le dernier
numéro.
Comme d’habitude, nous avons une image de l’activité dans le monde entier, et
ce qui est frappant, c’est que tellement d’initiatives soient des
collaborations, impliquant plusieurs membres de DbI ou institutions qui
travaillent ensemble. Nos réseaux sont faits pour cela, mais cette façon de
travailler devient de plus en plus une seconde nature pour nous tous. Notre
sujet de couverture concerne les familles du Népal qui ont invité Lone Poggioni,
elle-même parent du Danemark, à leur rendre visite et à partager leurs
expériences. Les résultats de cette aventure parlent d’eux-mêmes. Un travail
collectif est présenté en Amérique latine, centré sur les jeunes et le genre
d’intervention nécessaire pour qu’ils participent avec les autres, et aussi dans
la formation d’un nouveau groupe de soutien en Russie !
La Roumanie aussi a connu une évolution formidable récemment, grâce à la
clairvoyance et à l’engagement du gouvernement à encourager les professionnels
par la création d’une formation. Nous lirons l’histoire de cette réussite et les
avis personnels d’un jeune professionnel dans le domaine. En Inde aussi, une
création intéressante pour les très jeunes enfants a commencé et nous espérons
en savoir plus sur ses résultats pour les enfants à l’avenir.
Merci encore à mes collaborateurs réguliers qui nous tiennent au courant des
nouvelles de leurs pays et de leurs réseaux.
Tous nos vœux de succès à tous et restez en contact....
Eilenn
Le vieillissement et les manifestations tardives des maladies causes de surdicécité congénitale chez les adultes sourds-aveugles au Danemark
Le Centre d’information sur la surdicécité congénitale au Danemark a réalisé une enquête et commencé à recueillir des informations en 1999. Dans cet article, Birthe Laustrup, Directeur du Centre d’Information, résume les principaux résultats de cette recherche. Le rapport complet est disponible en Danois.
But de l’enquête
L’enquête a recueilli des informations sur le processus de vieillissement et
les manifestations tardives des causes de surdicécité congénitale.
Qui y a participé ?
Toutes les personnes de plus de 18 ans , pour lesquels a été diagnostiquée
une surdicécité congénitale au Danemark, sont incluses dans l’enquête, soit au
total 58 personnes. 53 des participants ont déclaré que l’étiologie de leur
maladie était connue. Les 5 pour lesquels il n’y avait pas de diagnostic étaient
tous du groupe non-rubéolique. Les 2/3 du groupe vivent dans des résidences pour
personnes sourdes-aveugles congénitales, et l’autre tiers vit avec une personne
ou des personnes ayant d’autres handicaps.
Pour faire quoi ?
L’enquête a comparé 26 personnes, avec un diagnostic de syndrome de rubéole
congénitale (SRC), avec 32 personnes ayant d’autres étiologies.
Terminologie
Les données statistiques sont organisées en " groupe rubéolique " et " groupe
non rubéolique ".
Lorsqu’on emploie le terme " les deux groupes ", on fait allusion à des
variables applicables à la fois au " groupe rubéolique " et au " groupe non
rubéolique ".
Résumé des résultats
Informations médicales et physiologiques
Le groupe rubéolique comporte plus d’hommes que le groupe non rubéolique.
Poids
Dans les deux groupes, il y a un fort pourcentage de " petits poids " à la
naissance( nées à terme, mais avec un poids à la naissance inférieur à la
normale). Dans les deux groupes, il y a beaucoup de personnes qui ont eu des
problèmes de poids plus tard. Dans le groupe non rubéolique, il y a un problème
caractéristique de perte de poids non désirée. Ceci au contraire du groupe
rubéolique où il est plus fréquent d’être en surpoids à l’âge adulte.
Selon les données recueillies, les problèmes de prise de poids sont d’une
importance telle qu’ils demandent une enquête supplémentaire pour en identifier
les causes.
Coeur
L’arrêt cardiaque congénital se produit surtout dans le groupe rubéolique.
Avec une opération précoce, les malformations cardiaques ne posent pas de
problèmes plus tard.
Développement moteur
Si nous examinons les fonctions motrices et les handicaps physiques présents
à la naissance, ceux-ci n’existent que dans le groupe non rubéolique. Mais ,
dans les deux groupes, il y a des individus qui, plus tard dans leur vie,
connaissent une détérioration physique telle qu’ils ont besoin d’appareils
d’assistance à la mobilité. Dans le groupe non rubéolique, cette détérioration a
lieu tôt dans la vie, et dans le groupe rubéolique, elle n’a lieu qu’après 30
ans. Ceci peut indiquer la présence d’une manifestation tardive de la maladie.
Dans les deux groupes, il y a une fréquence relativement élevée ( 15,5%) de
détérioration musculaire et de mauvais équilibre à l’âge adulte. Ceci renforce
l’exigence d’un traitement par des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes pour
les personnes sourdes-aveugles congénitales à l ‘âge adulte.
Vision et audition
La majorité des participants, dans les deux groupes, ont un handicap visuel
qui a été diagnostiqué au cours de la première année de leur vie.
Environ les 2/3 de la population présentant une surdicécité congénitale ont
une perte de vision progressive ( comme le glaucome, le décollement de la
rétine, le rétrécissement du champ visuel, et la perte d’un œil). Nous pouvons
aussi constater les changements dus à l’âge qui se produisent en général,
sensiblement au même niveau dans les deux groupes. L’enquête danoise indique
que :
Dans les deux groupes, les individus ont des pertes auditives sévères ou une
surdité ( cette dernière étant plus fréquente). Des pertes auditives
" modérées " ne sont identifiées que dans le groupe non rubéolique. Les deux
groupes montrent que les déficiences auditives sont identifiés plus tard que les
déficiences visuelles.
Les individus du groupe non rubéolique sont en général diagnostiqués plus tôt
que ceux du groupe rubéolique. Ce résultat peut surprendre, car une cataracte
congénitale, pouvant être associée à un faible poids de naissance et à une
malformation cardiaque, devrait faire suspecter une perte auditive concomitante
causée par le virus de la rubéole.
Appareils auditifs
Selon nos informations ; 50 individus avaient eu un appareil auditif au
moment où ils avaient été diagnostiqués. Aujourd’hui, 16 individus portent
encore leurs appareils. Des pertes auditives progressives sont identifiées dans
les deux groupes. Cependant, la fréquence des pertes auditives progressives peut
être plus élevée que ne le montrent les données recueillies car, à la différence
des progressions des pertes visuelles, la progression de la perte auditive n’est
pas immédiatement détectée dans les observations de changements dans le
comportement. Pour cette raison même, il semble alarmant que des examens
appropriés ne soient pas faits à intervalles réguliers.
En ce qui concerne les pertes auditives et visuelles, l’enquête relève que la
conscience du risque de déficiences sensorielles progressives fait défaut dans
les environnements ou vivent les sourds-aveugles adultes. L’enquête indique
aussi qu’on a plus conscience des possibilités de baisse de la vision. C’est
pourquoi un individu sur deux est régulièrement emmené chez l’ophtalmologue , et
seulement un sur cinq a un contrôle de son audition.
Maladies hormonales
Les problèmes de métabolisme sont une manifestation tardive connue du
syndrome de Down, et sont mentionnées dans des études étrangères comme une
manifestation tardive du syndrome de la rubéole congénitale aussi. Aucun des
participants à l’étude danoise ne présente un diagnostic de problèmes de
métabolisme, donc il semblerait que ce ne soit pas une question de manifestation
tardive.
Néanmoins, d’après les données recueillies, il faut dire que 10 individus sur
20 dans le groupe rubéolique sont en surpoids , et ces 10 personnes présentent
de 2 à 6 symptômes de faible métabolisme ( fatigabilité, tristesse,
accroissement de l’instabilité émotionnelle, passivité, moins de résistance, et
prise de poids).
Des études étrangères démontrent que le syndrome de la rubéole congénitale
entraîne un risque important de diabète . Dans notre étude, nous avons identifié
quelques cas de diabète (3) , et seulement dans le groupe rubéolique. Nous
n’avons pas pu déterminer d’après la présente étude si ce résultat était une
coïncidence statistique ou s’il représentait vraiment une manifestation tardive.
Le retard de croissance a aussi été mentionné comme problème spécifique aux
personnes nées avec un syndrome de rubéole congénitale. Nous avons identifié des
cas de retard de croissance dans les deux groupes, mais la fréquence est
nettement plus élevée dans le groupe rubéolique.
Maladies neuropsychologiques
L’épilepsie , selon nos informations, a une fréquence presque identique dans
les deux groupes, mais l’âge du diagnostic est différent.
Dans le groupe non rubéolique, l’épilepsie est diagnostiquée très jeune et
doit être considérée comme faisant partie de l’image clinique. Les témoignages
sur les individus présentant une épilepsie dans le groupe rubéolique confirment
l’hypothèse que l’épilepsie est une manifestation tardive – susceptible
d’apparaître à l’adolescence.
Dans notre étude, nous avons aussi demandé des informations sur les
changements dans les phénomènes neuropsychologiques comme l’attention, la
concentration et la mémoire. Là nous avons trouvé des différences nettes entre
les deux groupes, la baisse des capacités dans ces fonctions étant
remarquablement plus fréquente dans le groupe rubéolique. Notre étude, qui
recouvre toutes les étiologies présentes dans notre pays chez les personnes
atteintes de surdicécité congénitale, montre que la baisse de la mémoire et de
l’attention sont des manifestations tardives caractéristiques du diagnostic de
syndrome de rubéole congénitale.
Un certain nombre d’individus du groupe non rubéolique présente aussi des
problèmes croissants de concentration, et donc la différence entre les deux
groupes est moins importante.
Développement de problèmes de comportement
Dans notre étude, nous avons demandé des informations sur les changements de
comportement dans 11 domaines différents , qui sont : auto-stimulation,
agitation motrice, comportement d’auto-agression, agressivité, tolérance des
changements dans la routine, niveaux de confusion, agitation, impulsivité
accrue, initiative, capacité de démarrer une activité, difficultés à passer
d’une activité à une autre.
Dans six de ces domaines, il y a un score dominant des personnes atteintes du
syndrome de rubéole congénitale (SRC).
Il y a aussi d’autres explications possibles : que ces trois types de comportement expriment une carence généralisée chez les sourds-aveugles congénitaux, ou bien qu’ils sont liés à des processus de vieillissement précoce. Nous savons d’après la gérontologie que les comportements mentionnés peuvent s’observer dans les processus de vieillissement normaux.
Ces comportements sont aussi connus en gérontologie.
Parmi ceux qui travaillent avec des sourds-aveugles congénitaux, on s’est souvent demandé si ces types de comportements à problèmes pouvaient s’expliquer par des facteurs environnementaux.
Nous avons donc essayé d’identifier d’éventuelles caractéristiques communes des personnes et de leur environnement lorsque les comportements en question se produisent. Aucun ne semble dépendre de ce que le cadre soit spécifique aux sourds-aveugles ou non. Nous ne pouvons pas non plus établir une corrélation avec le niveau général de fonctionnement de la personne ou sa capacité à communiquer.
Etat psychologique et facteurs psycho-sociaux
Nous avons étudié 11 types de comportement : repli émotionnel, fréquent
accès de larmes et passivité accrue, moins d’énergie, dépression, instabilité
émotionnelle, abaissement du seuil de frustration, troubles du sommeil, durée
de sommeil très brève et troubles du rythme circadien.
Deux sont peu fréquents dans les deux groupes. Cinq sur les neuf restants
ont une fréquence modérée dans les comportements étudiés, avec sensiblement le
même niveau dans les deux groupes. Quatre variables ont des chiffres élevés
dans les deux groupes , mais nettement plus pour le groupe rubéolique.
Le risque de développer une maladie psychiatrique est relativement élevé dans les deux groupes. La seule différence entre les groupes que l’on peut affirmer, c’est que la maladie est diagnostiquée plus tôt dans le groupe non rubéolique.
Les individus chez qui nous avons évalué tous ces comportements à problèmes
constituent une section représentative du groupe rubéole congénitale de la
population sourde-aveugle adulte au Danemark qui vit en foyers.
Du point de vue du niveau de fonctionnement, le groupe étudié est aussi
hautement représentatif, à part les individus manifestant des troubles du
sommeil. Ce sont essentiellement des personnes qui, dans une certaine mesure,
sont capables de communiquer linguistiquement avec ceux qui les entourent.
Conclusions
Les changements dans le comportement observés dans le groupe rubéolique qui
sont significativement différents du groupe non rubéolique pourraient indiquer
une manifestation tardive du syndrome spécifique à la rubéole. Des changements
de nature neurologique ou physiologique ont lieu dans certains organes de ces
individus, et entraînent l’apparition de problèmes aux niveaux somatique,
comportemental et psychosocial à l’âge adulte . Certains signes peuvent
indiquer un vieillissement plus précoce dans le groupe rubéolique que chez les
autres.
Lorsque nous constatons des changements dans le comportement, nous devons
nous demander si ce sont des facteurs internes, externes ou une combinaison
des deux qui ont déclenché les changements observés. D’abord, il faut chercher
si la cause pourrait être une maladie somatique non décelée, une maladie
neurologique, ou une baisse de l’audition et/ou de la vision. Il faut prêter
attention au caractère soudain ou graduel des changements observés. Une
évaluation neurologique et psychologique est également importante, et les
interactions des individus avec leurs environnements doivent être observées et
analysées comme faisant partie de l’évaluation totale de la situation de la
personne.
Nous recommandons un contrôle annuel de la santé de toutes les personnes
atteintes du syndrome de la rubéole congénitale. A l’annexe 2 du rapport
d’enquête complet, il y a une liste récapitulative , qui peut être présentée
au médecin examinant la personne atteinte du SRC. Nous insistons encore sur
l’importance d’examens réguliers de l’audition et de la vision. En général, il
y a besoin de faire beaucoup plus attention au risque de détérioration des
deux principaux sens à distance pour la population sourde-aveugle dans son
ensemble.
Si nous regardons combien les changements se produisent vite dans les deux
groupes étudiés pour les variables évaluées, il apparaît que sur les deux
années de notre enquête, les réponses affirmatives sont presque exclusivement
dans le groupe rubéolique (compte-rendu à l’annexe 3 du rapport). Si cette
tendance se confirme, nous pouvons estimer que dans cinq ans, les différences
entre les deux groupes comparés seront encore plus importantes.
Suite
Le Centre d’Information sur la Surdicécité Congénitale recommande que cette
enquête soit suivie d’une étude quantitative du même groupe d’individus
commençant au plus tard en 2006. Jusque là, des entretiens axés sur le
qualitatif peuvent contribuer au développement des connaissances actuelles en
identifiant des indications utiles chez des participants sélectionnés. Une
progression basée sur l’expérience est encore nécessaire dans ce domaine très
important et il est prouvé que c’est un avantage certain lorsque ce travail
est associé à la recherche médicale. Des informations systématiques de ce type
seraient extrêmement précieuses pour le travail clinique dans notre domaine et
contribueraient beaucoup à une meilleure qualité de vie pour les
sourds-aveugles congénitaux.
Traduit en Anglais par Elin Ostli
Birthe Laustrup
Centre National d’Information sur la Surdicécité Congénitale
INVITATION A DES VACANCES EN SUEDE
Chers amis,
Cette année, nos amis de Suède organisent la semaine de vacances européenne –
du lundi 5 juillet au dimanche 11 juillet. L’hébergement sera à l’école de
Mullsjö, bien connue pour ses nombreux stages internationaux et cours de
formation. L’Association des Sourds-Aveugles Suédois y organise depuis de
nombreuses années des stages pour les sourds-aveugles. L’école est très bien
adaptée pour les personnes mal voyantes ou en fauteuil roulant et toutes les
chambres ont une salle de bains. L’école est située dans un cadre pittoresque,
elle donne sur un lac qui porte le même nom, Mullsjö. Un beau sentier de
randonnée de 23 km fait le tour du lac et il y a une jolie plage pour se baigner
, pas loin de l’école. Pour qui aime la nature, Mullsjö est l’endroit parfait
pour les vacances – calme, paisible avec un environnement naturel préservé.
L’école est située à 15 minutes de marche du centre de Mullsjö, où vous
trouverez plusieurs boutiques, restaurants et autres.
L’aéroport le plus proche est Axamo in Jönköping et l’école est à 20 minutes
en voiture. Les vols pour Axamo partent entre autre d’Arlanda ( Stockholm) ou de
Kastrup ( Copenhague). Si vous avez Internet et que vous voulez des information
supplémentaires, allez sur
Nous espérons vous voir tous en Suède ! Bienvenue !
Cordialement,
Mia Nyström
(pour Mona-Britt Broberg, Présidente)
Coût
Le coût total du séjour est de 340 Euros, comprenant la pension complète et
les activités. Si vous voulez une chambre particulière, le prix est de 430 €.
Nb : Le voyage aller-retour à Mullsjö n’est pas compris !
Langue
Pour que tout le monde puisse communiquer, nous utiliserons l’Anglais. Donc ;
il est important que les participants sourds-aveugles ( ou leurs
interprètes/guides) parlent Anglais.
Assurance
Les participants doivent vérifier eux-mêmes qu’ils ont bien une assurance
pour le voyage et pour leur séjour en Suède.
Candidature
Si vous êtes intéressé par les vacances pour personnes sourdes-aveugles en
Suède, veuillez remplir le formulaire joint et nous le renvoyer directement ou
par l’intermédiaire de votre association.
Un programme détaillé vous sera envoyé plus tard.
Si vous connaissez une personne sourde-aveugles qui pourrait être intéressée
par ces vacances, veuillez lui transmettre ce message ou nous communiquer son
adresse.
Si vous voulez d’autres informations ou si vous avez des questions, n’hésitez
pas à nous contacter :
Association of the Swedish Deafblind, FSDB
S-122 88 Enskede
Sweden
Fax +46 (0)8 659 50 42
Email:
Un nouveau monde dans le Petersbourg russe ! Un nouveau succès pour les sourds-aveugles !
Une organisation caritative appelée " Monde ouvert " vient d’être créée à St Petersbourg . Les conditions de vie des enfants et des adultes sourds-aveugles ont conduit ceux qui s’en occupent à réaliser la nécessité de fonder une organisation caritative. L’expérience de Sense Royaume-Uni leur a également servi.
Comment cela a-t-il commencé ?
Au début, nous connaissions deux familles. Dans l’une, il y avait un garçon
sourd-aveugle qui n’avait pas seulement un handicap visuel et auditif, mais
aussi des problèmes de mobilité. L’autre famille a une fille sourde-aveugle qui
a eu des problèmes cardiaques en plus de ses handicaps visuel et auditif. Bien
que ses problèmes soient très compliqués, elle est très active.
Ces familles nous ont poussés à commencer à réfléchir à la façon dont nous
pourrions les aider. Dans notre pays, il n’y avait pratiquement aucune
information sur la façon de travailler avec des enfants ayant des problèmes
aussi complexes. Nous avons pris part à un partenariat russo-britannique
" Donner une voix aux sourds-aveugles en Russie " qui nous a permis de connaître
personnellement l’expérience britannique. Lors de notre visite au Royaume Uni,
nous avons pu apprécier le niveau du soutien aux enfants et adultes
sourds-aveugles et à leurs familles. Nous avons découvert que les
sourds-aveugles étaient libres de se grouper en différentes associations et que
ce n’était pas considéré comme inhabituel mais comme une aspiration naturelle de
différents groupes à défendre leurs droits. Nous avons compris que nous pouvions
utiliser l’expérience acquise pour continuer notre travail.
Petit à petit, d’autres personnes ont commencé à nous rejoindre. Des
étudiants de l’Université de Pédagogie ( Université A.Hertzen et Raul Valenberg)
sont devenus nos bénévoles. Ils se sont perfectionnés sur la surdicécité, nous
ont aidés pour nos séminaires, ont lu le courrier, servi de guides et
interprètes etc.
Les contacts avec le Centre des organisations à but non lucratif ont aussi
été très utiles. Nous avons suivi leur formation sur la création d’une
organisation caritative et sa reconnaissance officielle. Leur aide nous a été
précieuse pour nos premiers pas.
En même temps, nous avons continué à chercher des alliés dans les milieux des
mass médias. A cet égard, je voudrais insister sur notre collaboration avec
Radio " Maria ". Pendant deux ans, huit programmes ont été consacrés aux
problèmes de la surdicécité , dont trois à notre partenariat russo-britannique.
Nous espérons que notre collaboration avec Radio Maria va se renforcer.
Donc, notre travail s’est développé dans plusieurs directions. Le principal
objectif était de développer la prise de conscience dans le public de
l’existence des sourds-aveugles et de préparer le terrain pour la fondation
d’une organisation caritative.
Le 18 mars 2004, l’organisation " Monde ouvert " a été officiellement
reconnue d’utilité publique par le Ministère de la Justice.
Nous espérons qu’avec d’autres organisations russes et étrangères, nous
résoudrons les problèmes complexes et très difficiles des sourds-aveugles dans
notre ville.
Contact :
Audrey Markov
Pr. Prosveschenia, 5-1-25
194355 St Petersburg
Russie
Tel : (7-812) 513-72-73
Email :
Katmandou et les gens du Népal – quelle expérience !
Lone Poggioni est allée pour la première fois dans ce fantastique pays en
mars cette année. Elle était invitée pour rencontrer des familles. Armée de son
expérience personnelle - ayant elle-même un fils sourd-aveugle - et de quelques
jeux de construction pour les enfants, elle a donné une impulsion qui sera
amplifiée par les familles népalaises
Après un très long vol depuis Copenhague, je suis arrivée pour la première
fois à Katmandou ! J’étais très impatiente de connaître ce qui allait m’arriver
dans les jours à venir. Mon séjour à Katmandou devait durer sept jours, et
durant tout ce temps j’ai connu beaucoup d’émotions fortes.
Le lendemain de mon arrivée, lors d’une rencontre d’information avec nos
contacts, on m’a informée du programme de mon séjour à Katmandou. Je devais
rendre visite à des familles de sourds-aveugles congénitaux , et à une école
avec quatre enfants aveugles, et enfin assister à une atelier de deux jours.
Visites aux familles
Le troisième jour, j’ai commencé la visite aux familles. Un chauffeur de taxi
très aimable, un homme d’une exceptionnelle gentillesse, M.Madhav Aryal, qui
était aussi mon interprète, et moi-même, dans une vieille voiture très
distinguée, sommes partis voir la première famille. J’avais emporté quelques
briques de construction DUPLO pour les enfants sourds-aveugles, et
j’appréhendais de rencontrer les parents et de leur parler.
Nous avons quitté Katmandou par les rues sales et poussiéreuses et nous avons
roulé environ une heure, puis grimpé pendant deux kilomètres sur des chemins
pleins de trous et de poussière. Enfin, quand la voiture n’a plus pu monter,
nous avons marché pendant les 2/3 derniers km. J’étais quasiment totalement
épuisée, tellement le chemin était raide et glissant ! Finalement, nous sommes
arrivés chez la famille , qui était composée d’une grand’mère, du père, de la
mère, d’une grande sœur, et de deux frères sourds-aveugles de naissance, de 8 et
11 ans. C’est impossible de décrire la pauvreté que j’ai vue et ce que
j’ai ressenti en voyant ces deux frères sourds-aveugles très mignons, mais mal
nourris et apathiques, assis par terre. La plupart du temps, ils étaient
abandonnés à eux-mêmes avec leur sœur, car leurs parents et la grand’mère
devaient travailler aux champs. Sans leur travail, ils ne gagneraient même pas
le modeste salaire de 50/65 dollars par semaine pour vivre.
J’ai donné les briques DUPLO aux frères et, après un début prudent, ils ont
peu à peu découvert que les briques pouvaient produire des sons et que certaines
pouvaient même bouger ce qui était intéressant à sentir avec les mains. Nous
nous sommes dit bonjour " namaste " et nous avons essayé de jouer !
Notre visite suivante a été pour une famille qui a un fils sourd-aveugle de
17 ans. M.Madhav Aryal m’a dit que le premier contact qu’ils avaient eu avec la
famille datait d’il y a deux ans, quand ils avaient trouvé par hasard le fils
gisant dans un grenier sans aucune stimulation et avec très peu de contact avec
des gens. Le voir ainsi m’a fait mal au cœur. C’était un garçon de 17 ans,
petit, avec des yeux effrayés, qui était un objet de honte pour la famille, et
donc que l’on cachait à l’écart du monde – ni vu ni entendu.
La dernière visite a été à une famille avec trois adultes enfants
sourds-aveugles. Le plus jeune avait 19 ans, la sœur 25, et le plus âgé 27 ans.
Le Danemark est le deuxième pays après le Japon pour l’aide économique au
Népal , mais je ne peux que confirmer qu’il y aurait besoin d’encore plus
d’aide. Les trois frères avaient reçu des appareils auditifs gratuits de la
société danoise Oticon , mais comme ils n’avaient plus de piles, et ne pouvaient
pas s’en payer d’autres, c’était pour eux une grosse perte. Le plus jeune le
ressentait plus fortement, car il avait acquis un bon langage grâce à son
appareil.
Obtenir une aide de l’administration au Népal, par exemple pour des piles ou
des appareils auditifs pour des personnes handicapées, sans parler d’éducation
spécialisée, c’est impensable, à cause du manque d ressources financières. Mais
quelle gentille famille !
J’ai eu de la peine à m’endormir après avoir vu une telle pauvreté et la vie
misérable que menaient les sourds-aveugles. Mais si la première visite m’avait
donné beaucoup à réfléchir, j’ai découvert qu’il y a des familles qui vivent
dans des conditions encore pires.
Le lendemain, nous avons rendu visite à une très mignonne petite
sourde-aveugle de 11 ans. Sa maison était d’une pauvreté inimaginable. Son seul
contact pendant la journée était sa vieille grand’mère, car ses parents devaient
travailler aux champs pour gagner seulement quelques roupies.
La fillette avait une vision très faible et ne parlait pas du tout, mais elle
était très intéressée par les briques DUPLO et a commencé tout de suite à jouer.
La dernière visite a été pour une famille ayant une fillette de 7 ans,
peut-être celle qui avait le plus de " chance " parmi les sourds-aveugles
congénitaux que j’ai rencontrés, parce que ses parents comprenaient mieux son
état et avaient un revenu normal.
A cause des distances et des routes très mauvaises, nous n’avons
malheureusement pas pu rendre visite à d’autres familles.
Atelier pour les parents
A cause d’une grève générale, notre atelier a été repoussé de deux jours,
mais quand l’atelier a finalement eu lieu, ce fut un grand plaisir de voir
combien de parents avaient fait un long voyage jusqu’à Katmandou pour y
participer. Le premier jour, ils avaient leur enfants sourd-aveugle avec eux et
le jour suivant ils sont venus seuls. C’était la première fois qu’ils
participaient à une réunion de ce genre et avaient l’occasion de parler avec
d’autres parents qui avaient les mêmes problèmes, frustrations, tristesse,
colère et désespoir.
L’atelier a été ouvert par des représentants du gouvernements du Népal, avec
des mots encourageants, mais, j’en ai peur, des promesses sans lendemain.
L’ouverture officielle de l’atelier a été diffusée à la télévision et il y avait
même des journalistes. Tout cet intérêt public était très positif, ce qui est le
premier pas pour améliorer les conditions de vie des sourds-aveugles.
J’ai raconté mon expérience de mère d’un jeune homme sourd-aveugle, et sa vie
au Danemark, et j’ai expliqué quel traumatisme c’est pour une famille d’avoir un
enfant sourd-aveugle. Ensuite, j’ai passé un film vidéo avec par exemple les
différentes manières de communiquer et les différentes méthodes d’enseignement
pour les sourds-aveugles au Danemark. Au début, les parents étaient très
silencieux mais très attentifs. Après quelques heures, ils ont commencé à poser
des questions et un débat intéressant s’est instauré : une expérience
magnifique ! Les parents attendaient beaucoup du " savoir-faire " danois, en
particulier pour l’éducation et le programme d’aide aux familles.
Nous avons insisté sur le fait que nous étions très heureux de les aider à
faire accepter un projet par Danida au Danemark, mais à condition que les
parents au Népal prennent l’initiative et qu’ils soient notre contact direct (
eux-mêmes, pas le gouvernement). Cette façon de penser était entièrement
nouvelle pour les parents et a dû être discutée en débat interne.
Organisation de parents
Peu de temps avant de quitter le Népal, j’ai été contactée par le
coordinateur de Katmandou, Renu, qui voulait me donner une information
formidable. Les parents avaient créé une organisation indépendante de parents,
appelée " Association de parents de sourds-aveugles ", qui devait être déclarée
et reconnue par le gouvernement népalais, ce qui prendrait environ 6 mois.
J’ai quitté le pays avec dans la tête beaucoup " d’images " qui faisaient
réfléchir , mais aussi plein d’espoir dans mes bagages. Cela à cause du grand
nombre de bénévoles qui offrent leur sourire et leur aide, et des parents
formidables qui sont prêts à faire la différence. Je suis sûre qu’avec l’aide de
tous ceux qui participent à cette cause, cela va être le début d’une vie
meilleure pour les sourds-aveugles au Népal.
Lone Poggioni
Association des Parents du Danemark
L’intervenant – un relais de communication entre la personne sourde-aveugle congénitale et le monde
Natalia Modina Llano est bénévole à Sense International depuis l’an dernier. Elle étudie l’orthophonie à l’université de Rosario à Bogota (Colombie). En tant que bénévole, elle travaille avec une personne sourde-aveugle congénitale et assure actuellement la coordination d’un projet pilote appelé " Intervenants dans le Centre de Jour pour jeunes adultes sourds-aveugles ". Le centre est géré par l’Association des Sourds-aveugles de Colombie.
Dans cet article, je voudrais vous dire comment, grâce à Pedro, le projet
d’intervenants pour les sourds-aveugles congénitaux en Colombie a démarré et
comment cela nous fait réfléchir sur l’avenir de ceux qui n’ont pas encore
atteint un niveau de communication symbolique.
Pedro, qui est au centre de mon récit, est un jeune homme de 22 ans avec une
déficience visuelle due à une cataracte congénitale, une déficience auditive et
des déficiences d’apprentissage.
Depuis l’enfance de Pedro, ses parents, qui l’aiment beaucoup, ont visité
plusieurs institutions, frappé à de nombreuses portes, et Pedro, petit à petit,
a appris et développé des compétences. Mais les autres n’ont pas compris sa
communication avec le monde, rendant ainsi son adaptation sociale plus
difficile.
Il y a quelques mois, après avoir participé un certain temps à un groupe de
bénévoles, j’ai commencé à me demander ce qui pouvait bien passer par la tête de
Pedro tout le long de la journée. Son comportement au Centre faisait que tous se
tenaient à l’écart de lui. Il était isolé, il se balançait sur une chaise et
s’arrachait des petits morceaux de peau du visage. J’ai commencé alors à porter
toute mon attention sur ce jeune homme. Je sentais que Pedro devait être capable
de faire les choses que les autres font et, qu’avec mon aide comme relais de
communication, Pedro pourrait affronter les autres et le monde. J’ai commencé à
élaborer un projet structuré qui pourrait aider à atteindre ce but, en
restaurant son estime de soi par l’apport d’un soutien.
Mais je me suis rendu compte que le concept avait déjà été mis en
application ! Par des contacts professionnels, j’ai appris qu’au Canada, en
Europe, et en particulier au Royaume-Uni, il y avait des programmes
" d’intervenants ", ce qui était exactement ce que je voulais devenir. Je
voulais intervenir entre Pedro et son monde : Pedro et sa famille, et Pedro et
son désir de faire partie d’un groupe de jeunes où chacun se construit une vie
meilleure avec l’aide de nous tous.
Qu’est-ce qu’un intervenant ?
Un intervenant est la personne chargée d’ouvrir le monde à la personne
sourde-aveugle, en lui apportant des informations importantes qu’il/elle ne
pourrait pas atteindre autrement, et en lui fournissant des opportunités de
profiter d’expériences sociales et d’apprentissage qui lui donnent un accès
total à l’environnement et au programme scolaire. Pour que tout cela se
produise, nous dirons que les principales fonctions d’un intervenant sont :
Afin de remplir convenablement ces tâches, l’intervenant a besoin d’une
formation spéciale sur la surdicécité, la communication, la mobilité, et autres
aspects liés à son travail d’intervenant.
Nous, les intervenants, devons interpréter le sens des informations venant du
monde de façon que les gens comme Pedro puissent les comprendre et les utiliser
pour un futur apprentissage. Nous, les intervenants, avons besoin de certaines
compétences spécifiques, comme des connaissances sur le développement de la
communication, l’expérience du travail avec les personnes handicapées, être de
bons communicateurs, avoir de bonnes compétences sociales, l’aptitude à
travailler en équipe, beaucoup d’initiative , une attitude positive, de
l’enthousiasme, de la patience, de la bonne volonté et de la souplesse.
Pas à pas, en franchissant chaque étape avec Pedro, lui et moi avons établi
un lien mutuel de confiance. Lorsqu’il me voit, je sens qu’il me reconnaît et
qu’il sait qui je suis et je sens que j’ai atteint son affection envers moi et
envers les autres.
Ses comportements, qualifiés précédemment de répétitifs ou stéréotypés, sont
devenus pour nous deux des comportements de communication, maintenant que je
comprends ses désirs et ses mécontentements plus facilement, et nous pouvons
faire des activités avec un objectif spécifique pour ses besoins de
communication. Nous avons tous les deux développé des compétences d’exploration
et de participation aux activités de groupe. IL est très important de garder à
l’esprit que Pedro est celui qui doit faire les choses – pas moi ! Je lui ai
présenté quelques défis et il m’a surprise et m’a appris à faire confiance à ses
capacités et à dépasser nos objectifs.
Jusqu’ici, nous avons fait beaucoup de choses ensemble, comme utiliser les
transports publics colombiens. Nous avons appris à monter et descendre comme si
c’était un jeu et en espérant que Pedro descende à la station indiquée et pas
n’importe où il en aurait envie ! Je suis allée chez lui et je connais sa
famille. Nous sommes allés au parc où il aime faire du toboggan avec moi.
Pedro a rit pour la première fois au Centre lorsqu’on l’a félicité pour un
travail bien fait ! Maintenant il n’arrête pas de rire quand je le chatouille.
Il a découvert des choses que la vie peut lui apporter – des choses aussi
simples qu’une sucette. Pedro imite nos mouvements, nos gestes et nos
comportements, il obéit à des ordres simples, il commence à avoir des relations
avec d’autres personnes, et il suit une routine et utilise des objets de
référence pour anticiper ses activités quotidiennes. Il aime la musique, que
nous utilisons comme moyen de communication. Petit à petit, son initiative
s’éveille. Il fait souvent plus des activités qu’il préfère, mais pas celles
qu’on lui dit de faire. Il prend son indépendance, choisit son goûter quand on
l’achète, choisit les couleurs lorsqu’il peint sa nouvelle boîte de références,
ce qui donne un style inhabituel de peinture mais très signifiant.
Les progrès de Pedro nous ont permis de connaître ensemble de nouvelles
expériences de vie signifiantes.
Les intervenants font partie d’un projet pilote ; nous voulons aider d’autres
jeunes comme ¨Pedro. Nous voulons qu’ils aient la possibilité de connaître le
monde grâce à l’intervenant quand ils sont enfants. A l’avenir, nous voudrions
pouvoir montrer les réussites du Projet d’Intervenants en Colombie .... et
pourquoi pas en Amérique latine ?
Nous ,intervenants, ne sommes pas exactement interprètes, parce que le
système de communication est très individuel ; nous ne sommes pas professeurs
non plus, parce que nous n’enseignons pas en classe directement ; nous ne sommes
pas guides parce que c’est pas notre seul rôle. Nous sommes ceux qui écoutons
avec chaque partie de notre corps, bien sûr avec nos oreilles, mais aussi avec
nos yeux et nos mains, mais particulièrement avec notre coeur.
Synchroniser le chant et la danse : réflexions sur l’apprentissage de l’écoute chez les enfants sourds-aveugles/multihandicapés sensoriels
Patricia Gibbons est une éducatrice expérimentée pour enfants multihandicapés sensoriels et travaille comme conseillère à Manchester, Royaume-Uni. Cet article est basé sur un atelier que Patricia a animé pour la première fois à la conférence de l’Association Britannique des Educateurs pour Sourds.
La vision, le toucher et les autres sens ont un rôle vital à jouer pour aider
au processus d’apprendre à écouter. A partir de la 20e semaine de
gestation, le fœtus connaît la voix de la mère et les composantes auditives du
rythme du corps de la mère, ainsi que les sons venant de l’environnement
extérieur. Le conditionnement prénatal permet aux expériences vibrotactiles et
kinesthésiques d’être associées aux expériences auditives. Ce qui assure à son
tour que le bébé continuera à développer une conscience de la cause et de
l’effet après sa naissance. Les sons produits pendant les soins habituels seront
associés aux expériences tactiles et kinesthésiques et aussi avec les
expériences visuels au fur et à masure que la vision se développera.
La satisfaction des besoins corporels est le catalyseur précoce pour le
développement de la conscience sensorielle. Il est probable que la première
manifestation d’anticipation se produise autour des comportements de soins tels
que nourrir et câliner. Le bébé est alerté par des signaux sensoriels – voix et
bruit de pas de la mère – avant qu’on le nourrisse, par exemple. Au fur et à
mesure que se développe le contrôle du corps, et avec lui l’expérience et la
compréhension de la causalité, il y a une forte motivation pour essayer de créer
les conditions pour que les expériences sonores ou visuelles se produisent – par
exemple faire bouger et tinter le mobile. Les liaisons de tout le processus sont
très vite faites – le bébé peut voir un objet ou un mouvement, et l’associer à
un son, ou le sentir, ou entendre le son et chercher la cause, tactilement ou
visuellement. Cette intégration des expériences sensorielles soutient le
processus d’apprendre à être un auditeur actif et à contrôler son corps.
L’enfant atteint de surdicécité ou d’un handicap multisensoriel va
expérimenter les stimuli sensoriels et la vie en général d’une manière
fragmentaire, ce qui rend les expériences difficiles à déchiffrer. Les mois ou
les années de stimuli sensoriels au hasard, incomplets et isolés conduisent à la
confusion et à l’incapacité d’interpréter ou de faire usage des sons. Ceci peut
très bien apprendre à un enfant à ignorer activement les stimuli auditifs , qui
peuvent être vécus comme des bruits désincarnés. Le manque d’accès aux
informations visuelles encourage la réponse sensée d’éviter ou de résister au
toucher, ainsi que le refus de se déplacer ou d’attraper quelque chose au-delà
de l’espace corporel.
Les techniques de tests de comportement pour l’audition sont référencées par
rapport au développement sensoriel intégré habituel et dépendent de la
suppression des indices sensoriels sans rapport pour se concentrer sur une
réponse purement auditive. Pour l’enfant sourd-aveugle/multihandicapé sensoriel,
cette réduction rend l’expérience encore plus fragmentaire, et peut-être
effrayante. Cet enfant ressortira probablement d’une évaluation clinique avec
des résultats non concluants. L’enfant peut ne répondre qu’à des niveaux
d’ " intérêt ", bien au-dessus du seuil d’audition. Les sons purs et mélodieux,
moins signifiants que des sons complexes, et très éphémères, peuvent être
ignorés. Souvent, des enfants ayant une déficience visuelle sévère peuvent
réagir une fois à un son, puis ne plus y répondre. En fait, cette unique réponse
n’est peut-être pas un hasard . Elle peut signifier : " Je sais que c’est là,
mais je n’y peux rien, donc il n’y a pas de raison de réagir à nouveau ".
L’enseignement est plus efficace que les tests si vous voulons comprendre
l’audition de l’enfant, et il faut l’organiser de manière à encourager la prise
de conscience sensorielle et l’intégration sensorielle. Le développement
cognitif dépend de l’exploration et d’apprendre à agir sur l’environnement, et
les objets qui s’y trouvent. A côté de cela, l’enfant a besoin de l’aide d’un
partenaire interactif, qui soit un bon communicateur. Nous savons aussi que la
pragmatique, ou perception du but de l’activité, aide l’apprentissage. Les
conditions favorisant l’apprentissage sont les mêmes pour les enfants ayant des
besoins complexes, même si l’objectif est différent ( par exemple, nous ne
pouvons espérer parvenir qu’à une communication non verbale ou à la relaxation
par la musique).
Apprendre à écouter se fait dans un contexte d’interaction,
d’expérimentation, où on obtient un feedback et où on connaît la réussite et la
satisfaction. L’évaluation fonctionnelle de l’audition et du développement de
l’écoute va établir un record de réponses soigneusement observées dans un
contexte écologique fourni par des activités réelles : présentation de stimuli
sensoriels signifiants, synchronisation du son avec le toucher, ou la vision, ou
le mouvement, chaque stimulus renforçant l’autre, pour que l’enfant puisse
organiser une réponse active.
Donc, par où commencer ? La première priorité est de structurer
l’environnement – évacuer les distractions et s’assurer que l’enfant est dans la
meilleure situation pour répondre. Assurez-vous que l’enfant est bien, dans une
bonne position, sans faire des efforts pour garder l’équilibre, et pas distrait
par une expérience sensorielle plus urgente. Utilisez un indice tactile, comme
un symbole personnel ou une manière de saluer, pour que l’enfant sache qui vous
êtes. Servez-vous des points forts de l’enfant. Un enfant ayant une vision
extrêmement limitée a besoin d’un feedback social, tactile ou vibrotactile.
Un enfant qui ne voit pas, et qui est limité physiquement, est nécessairement
un auditeur passif, incapable de rechercher activement le son ou de
l’interpréter. Il faut que nous lui apprenions, avec un soutien coactif, à
localiser et atteindre ce qui produit les sons , plutôt qu’à chercher du regard.
Si l’enfant refuse le toucher, cela prendra plus de temps pour comprendre ce qui
est proposé mais la plupart voudront toucher et pourront même attraper si
l’expérience est familière, plaisante et cohérente. Ce qu’il ne faut pas faire,
c’est abandonner, en pensant que l’enfant n’aime pas ça. La répétition rend
l’activité familière, et une fois qu’elle est familière, elle devient d’abord
tolérable, et plus tard elle deviendra même intéressante.
Souvent les appareils auditifs sont enlevés , mais il est hasardeux de
décider que l’enfant ne les supporte pas – cela peut simplement être la preuve
qu’il a remarqué qu’il y a quelque chose là ( par le toucher ou par le son),
cela peut signifier " Je n’ai rien de mieux à faire ", ou que le bruit de fond
est totalement confus. Quelquefois, il est utile de cibler l’usage de
l’amplification : mettre les appareils pour une session individuelle, et les
enlever à la fin (l’acte même de les mettre et de les enlever fait alors partie
de la communication, en signifiant " maintenant nous allons travailler " ou
" nous avons fini ").
Prévoyez des activités d’écoute associées à des mouvements du corps, des
mouvements ensemble en harmonie, des massages d’aromathérapie, l’exploration de
jouets musicaux et multisensoriels, des conversations autour de l’activité dans
laquelle l’enfant est impliqué. Une aimable interaction, le " chacun son tour ",
l’imitation ( de mouvements et de sons), les intonations de la voix, babiller et
chanter, tout cela offre des occasions d’intégration sensorielle. Même la
rééducation peut devenir tolérable si elle est faite en association avec de la
musique et des massages !
Envisagez une gamme d’approches à l’amplification, favorisant la prise de
conscience du son et de ses effets. Il faudrait utiliser une stéréo individuelle
, si l’audition est assez bonne, ou bien une unité d’entraînement auditif pour
écouter la musique. Essayez une planche de résonance, avec des jouets musicaux
placés dessus pour obtenir une amplification supplémentaire et une boîte à
rythmes. Les deux permettent aux enfants d’associer les vibrations avec la
musique.
Routines et séquences permettent à l’enfant de savoir à quoi s’attendre, et
apprennent à associer les sons avec les objets, les actions ou les événements.
Cela vous permettra d’observer des preuves qu’il a " pigé " les sons – l’enfant
peut essayer d’attraper l’objet associé, commencer le mouvement de balancement
approprié, et montrer des signes d’anticipation.
Des observations attentives, et des discussions avec les parents et l’équipe
éducative devraient permettre de se faire une idée de la façon dont le son est
utilisé, depuis la conscience (réponses réflexes), l’attention ( s’immobiliser
pour écouter), la localisation ( quoique ceci peut ne pas être possible si
l’audition est inégale, ou associée à un handicap physique, et l’enfant aveugle
ou avec une déficience visuelle sévère peut ne pas se retourner) , la
discrimination ( reconnaître des sons familiers), la reconnaissance ( connaître
des noms, ou des mots ou sons clé), et enfin, compréhension (en utilisant le son
comme un indice et en déduisant le sens).
Notez quel comportement indique que l’enfant écoute, qu’il aime ou qu’il
n’aime pas. Comment l’enfant réagit-il s’il est surpris par le son ? Comparez
les réponses avec et sans composante auditive – le son fait-il une différence ?
L’enfant peut rester occupé à une activité plus longtemps si elle comporte de la
musique ou autres sons synchronisés. L’enfant peut avoir du mal à suivre
visuellement un objet qui bouge, mais peut-être qu’il y aura une différence dans
la réponse si l’objet produit aussi un son.
Quoi d’autre fait une différence dans les réponses – niveaux de
rapprochement, de bruit, complexité, voix humaine, sons musicaux, animaux, son
familier de l’école ou de la maison ? Quelle est l’influence de l’environnement
– cela fait-il une différence su vous êtes dans une pièce plus silencieuse, dans
une pièce inconnue, quand il fait plus froid, avant le dîner ? Quelles réponses
sont rapportées par la maman, dans le cadre de la routine habituelle ?
Si vous n’intervenez que ponctuellement, établissez une session individuelle
faite de séquences qui peut être répétée quotidiennement par l’équipe éducative
( ou par la famille). Observez le comportement de l’enfant au début, et
comparez-le avec les réponses obtenues après chaque période de quatre semaines.
Notez les changements d’attitude – signes d’intérêt, de plaisir, de plus grande
vigilance, plus de recherche visuelle, ou meilleure tolérance du toucher.
Mesurez les sons dont vous êtes sûr qu’ils ont obtenu une réponse, et notez la
distance et la position ainsi que le niveau du son. Peut-être que vous n’aurez
pas des résultats pour remplir un audiogramme , mais vous aurez ensemble une
bonne écoute.
Patricia Gibbons
Le secrétariat de DbI contribue au travail d’information de DbI et en
particulier, il commence à développer le site web. Parag Namdeo et son collègue
Shivkumar Sharma, ont commencé à remanier les pages et à mettre à jour les
informations pour rendre compte de ce que les adhérents font dans le monde.
Nous avons l’intention de refaire tout le site, lorsque nous en aurons les
moyens. Il n’a jamais été révisé et ne convient plus à nos besoins. En même
temps, nous vérifierons que les informations sont à jour, pour trouver plus
facilement les nouveautés au premier coup d’oeil. Nous avons pour objectif de
répondre aux demandes le plus rapidement possible – soit en téléchargeant des
éléments que vous avez envoyés pour publication soit en répondant lorsque des
problèmes d’accès se posent.
Nous sommes heureux de pouvoir répondre aux demandes de soutien de la
Campagne Européenne en mettant des informations et des contacts sur le site et
en soutenant l’effort final pour obtenir le soutien nécessaire pour atteindre
leur objectif de reconnaissance de la surdicécité comme un handicap à part
entière.
Nous allons réfléchir sérieusement à la façon d’avancer et notre intention
n’est pas de reproduire ou d’imiter les sites des membres de DbI, mais de les
mettre en valeur. Ce que nous allons faire, c’est affirmer notre identité de DbI
et fournir un site qui réponde aux besoins de nos membres et de ceux qui
recherchent des informations sur nous – ou sur la surdicécité. Pour cela, nous
fournirons des liens clairs pour que l’accès aux informations qui existent
devienne plus facile.
Cette nouvelle équipe en est encore à son tout début. Nous reviendrons dans
le prochain numéro de la revue, mais n’hésitez pas à nous contacter si vous avez
des commentaires ou des suggestions, ou si vous avez quelque chose à afficher !
Eilen, Sumitra, Parag et Shiv
Un Centre d’Intervention Précoce pour enfants multi-handicapés sensoriels
Dans cet article, Mme Meena Ramesh Nikam décrit un nouveau projet pour de
jeunes enfants à Mumbaï
Lorsque Rohit, un enfant de 4 ans, est allé à l’école maternelle, ses parents
ont réalisé qu’il était différent des autres enfants. Ils ont remarqué que Rohit
avait un problème de vision et d’audition et qu’il était en retard pour la
motricité et la communication. Il avait 4 ans, mais il ne parlait pas et ne se
liait pas aux autres enfants. Il ne supportait pas les changements dans
l’environnement. Lorsqu’ils essayaient de trouver ce qui n’allait pas chez Rohit,
la réponse était donnée en termes très techniques. Beaucoup de professionnels
essayaient de les réconforter en leur disant qu’il irait mieux en grandissant.
Mais les parents étaient inquiets et continuaient à l’emmener voir divers
médecins, mais aucun ne savait diagnostiquer son problème à cet âge.
Ce n’est pas l’histoire du seul Rohit. Ils sont nombreux... Sunita a 5 ans ;
c’était une prématurée avec une déficience visuelle et des problèmes de
langage ; Ganesh a 3 ans et est sourd-aveugle ; Anu a 6 ans, elle est aveugle et
a des symptômes autistiques.
Le besoin d’un centre d’intervention précoce
Bien que la plupart des enfants mentionnés ci-dessus n’aient pas de problèmes
physiques, ils ne marchent toujours pas tout seuls, ils préfèrent jouer avec
leur propre corps et ils sont dépendants des autres pour leur vie quotidienne.
Au fur et à mesure que ces enfants grandissent, leurs parents sont plus
préoccupés par leur éducation et ne savent pas où aller. Il y a beaucoup
d’enfants comme Sunita, Anu et Ganesh. Ce sont des enfants multi-handicapés
sensoriels.
La plupart de ces enfants ont une déficience sensorielle de la vision ou de
l’audition, mais il y a aussi des enfants qui ont d’autres problèmes qui
s’ajoutent comme la paralysie cérébrale, le retard mental, des problèmes
d’apprentissage et de comportement, et des retards de développement.
En Inde, il n’existe pas d’étude sur cette population, mais on estime qu’il
pourrait y avoir 350000 enfants multi-handicapés sensoriels. Actuellement, moins
de 200 bénéficient d’un type de service, ce qui fait seulement 1% de la
population estimée. Cela signifie que ceux qui restent n’ont rien pour leur
éducation et leur rééducation. TRavailler avec ces enfants représente un défi à
cause du coût élevé des programmes, du ratio élevé éducateurs/enfants, de la
nécessité de projets individualisés, et du manque de professionnels formés dans
ce domaine particulier.
Les handicaps multi-sensoriels affectent les rapports de l’enfant avec les
autres, son acquisition des concepts, du langage et son développement moteur.
Cela limite en outre sa capacité à apprendre de son environnement, et ralentit
son processus de développement par rapport à ses pairs. Le développement de ces
enfants dépend d’une gamme de facteurs, dont l’étiologie, l’âge, l’apparition du
handicap et l’âge du diagnostic, les relations familiales, et de si un programme
d’éducation a été commencé à un stade précoce.
Les premières années d’un enfant sont une phase d’apprentissage intensif. A
ce stade, l’enfant acquiert la diversité d’expériences, idées et connaissances
qui deviennent le fondement de son développement général. Les apprentissages
précoces d’un enfant sont le fondement des apprentissages suivants. Par
conséquent, plus le programme spécial d’intervention commence tôt, plus l’enfant
a de chances d’apprendre des compétences plus complexes. POur la plupart d’entre
nous, ce processus se déroule de façon très naturelle, mais ce n’est pas la même
chose pour les enfants handicapés sensoriels.
Les effets sur le développement des handicaps sensoriels sont importants et
exigent des ressources considérables pour aider l’enfant à se développer au
maximum de son potentiel.
Création d’un Centre d’Intervention Précoce
Après la création réussie d’un programme d’intervention dans la famille pour
les enfants multi-handicapés sensoriels dans la ville de Mumbai ( et ensuite
dans tout le pays), l’Association Nationale pour les Aveugles, Secteur
Education, a décidé de créer un Centre d’Intervention Précoce à la pouponnière
Mata Lachmi pour les aveugles à l’hôpital Mata Lachmi de Mumbai, qui a ouvert en
octobre 2003.
Le principal objectif de ce service est :
Si les besoins de ces enfants sont reconnus au stade initial et que
l’intervention de tous les professionnels nécessaires est bien coordonnée,
l’apprentissage et le développement de ces enfants peuvent être beaucoup
améliorés. Si l’on considère qu’il y a un grand nombre d’enfant qui ont besoin
de nos services, ce projet n’est qu’un début. Mais nous pensons pouvoir
refaire d’autres centres dans tout le pays.
Ces Centres d’Intervention Précoces entraîneront une diminution importante
du degré des handicaps résultant du fait d’être né avec des déficiences
multi-sensorielles, et amélioreront le développement des enfants.
Meena Nikam
L’auteur remercie le Dr Sundribai Mirchandani, membre fondateur de la Pouponnière Mata Lachmi pour les Aveugles, de lui avoir fourni les locaux, et remercie les médecins de l’hôpital pour leur aide.
Règles pour l’intervention en communication
Dans le dernier numéro de la Revue, Isabel Amaral a parlé de sa recherche , et aujourd’hui nous continuons avec les règles qui ont été mises au point pour encourager la communication
Comment encourageons-nous les interactions du type chacun son tour et
développons-nous des conversations avec des apprenants multihandicapés ? Comment
apprenons-nous à baser nos interventions sur les expériences de la vie réelle
qui aident à établir une communication sur la vie quotidienne dans un cadre
habituel ? Enfin, comment encourageons-nous le personnel à comprendre et
élaborer des stratégies pour accroître la communication et les opportunités
d’apprentissage ?
Ce modèle décrit les interactions de la communication et de l’apprentissage ,
et comment des concepts comme le tour de rôle et les expériences de la vie
réelle doivent être mis ensemble dans les projets de développement de la
communication pour les apprenants multihandicapés.
Les interactions des apprenants avec les expériences de la vie réelle doivent
donc être accrues par des conversations entre les apprenants et leurs
partenaires communicants. Ces conversations créent des opportunités d’apprendre
sur les environnements et aussi d’apprendre quoi demander, quoi mettre en
question, ou quoi refuser dans ces environnements.
Comment développons-nous ces conversations ?
En développant l’interaction sociale
Ces sortes d’activités permettent aux enfants et aux éducateurs de se faire
confiance et de s’apprécier. Ces interactions sont en général basées sur le
mouvement, le rythme et la répétition, et reflètent la façon dont les mères et
les enfants se conduisent quand ils jouent et parlent ensemble ( Trevarthen,
1977). En prenant un mouvement de l’enfant, en le répétant et en attendant que
l’enfant montre qu’il veut que le mouvement continue, les deux parties sont
engagées. L’éducateur peut aussi commencer un mouvement que l’enfant aime,
attendre que l’enfant donne un signe et refaire le mouvement à nouveau. Van Dijk
(1986) appelle ces interactions résonance, dans le sens que l’éducateur donne
surtout une résonance aux comportements de l’enfant.
En développant le tour de rôle
Le tour de rôle social interactif peut mener à des conversations sur des
thèmes autour d’un objet, d’une personne ou d’un événement. Cela exige que
l’éducateur et l’enfant coordonnent les compétences d’attention qui leur
permettent de prêter attention à des objets, et de déplacer l’attention de
l’information fournie par ces objets à l’information fournie par les partenaires
dans la conversation ( Mundy et Willouhby, 1998). C’est le rôle de l’éducateur
de saisir quels objets, personnes ou événements intéressent le plus l’enfant et
de les utiliser comme thèmes de conversations. Par ce type de conversation,
d’autres thèmes peuvent être introduits, et on peut encourager des tours plus
longs.
En travaillant dans des situations de la vie réelle
L’utilisation des expériences de la vie réelle dans l’intervention éducative
avec des apprenants multihandicapés est basée sur plusieurs hypothèses :
En augmentant les opportunités de communication
La communication est à la fois un moyen et une fin dans le processus
d’apprentissage d’un apprenant multihandicapé. Les apprenants ont besoin de
développer des compétences de communication mais doivent aussi utiliser la
communication pour apprendre sur de nouveaux sujets.
Un ensemble de thèmes doit être envisagé dans le développement d’opportunités
de communication pour les apprenants multihandicapés :
En aidant au développement des fonctions de communication
Il faut insister particulièrement sur les demandes, négations et demandes
d’attention, qui sont les fonctions de base concernant les niveaux précoces de
communication . Modeler différentes fonctions en contexte, créer des
opportunités de communication pour l’utilisation des différentes fonctions, et
proposer à l’apprenant des formes de communication appropriées pour exprimer les
fonctions communicatives sont des manières efficaces de développer et de
diversifier l’usage des fonctions communicatives.
En augmentant le nombre de tours dans les interactions
Les interactions qui reposent sur un tour sont fréquentes dans les processus
de communication avec les apprenants multihandicapés qui ne parlent pas. Bien
que l’interaction sociale soit une base importante pour le développement
d’autres compétences interactives, le tour de rôle de contenu doit être exploré
et étendu afin de soutenir l’introduction et l’exploration de nouveaux thèmes
tirés des activités de la vie réelle. Les éducateurs doivent encourager
l’allongement des interactions, en répondant et en reprenant et développant les
tours des apprenants, et en incluant des sujets signifiants qui apportent du
contenu et aident à poursuivre l’apprentissage.
En rythmant les interactions selon les besoins des apprenants
Les apprenants multihandicapés ont souvent des façons de traiter
l’information qui exigent que les éducateurs attendent plus longtemps les
réponses que dans des conversations normales. Sauf si les éducateurs apprennent
à régler leur tour sur le tour des apprenants, les interactions ne seront pas
synchrones, entraînant une frustration du côté de l’éducateur et un repli du
côté de l’apprenant. A long terme, cette interaction asynchrone entraînera une
diminution d’intérêt. Développer les espoirs sur la capacité de l’apprenant à
intervenir à son tour dans la conversation , et donner à l’apprenant le temps de
répondre, sont deux points fondamentaux que les éducateurs doivent inclure dans
leur pratique de partenaires de communication efficaces.
Enfin
Les éducateurs doivent organiser les activités de manière prévisible
séquentiellement, pour aider les apprenants à comprendre comment une activité
est développée et ce que l’apprenant est censé faire dans une activité. L’emploi
de routines dans les activités de la vie réelle aide aussi à la répétition car
les activités sont souvent répétées dans la vie des apprenants. Cela encouragera
en fin de compte la prise de conscience des attentes de l’éducateur, encouragera
l’initiative et permettra d’avoir le sentiment de réussir.
Réseau CHARGE
par David Brown
2003 a été une année importante et stimulante pour quiconque s’intéresse au
syndrome de CHARGE. C’est extraordinaire de penser qu’en moins de 7 mois, nous
avons assisté à la première réunion européenne sur CHARGE en mars à Hinckley, à
la 6e conférence internationale sur CHARGE à Cleveland en juillet, à
la 13e Conférence de DbI à Toronto en août ( avec une réunion du
réseau CHARGE de DbI, et aussi 10 interventions sur CHARGE, par rapport à aucune
lors de la dernière conférence il y a 4 ans), et à la réunion nationale des
directeurs de projet pour sourds-aveugles à Washington D.C. en octobre ( avec un
discours d’ouverture et un atelier sur CHARGE).
A la demande des parents et des autres membres de la famille, toutes ces
réunions se sont d’abord préoccupées du comportement. A Cleveland, il y a eu une
journée entière consacrée à divers aspects du comportement CHARGE ( avec des
intervenants de Hollande, France, Norvège, Royaume-Uni, Australie et Etats-Unis)
qui ont suscité un intérêt croissant et un élan au fur et à mesure des sessions.
Plusieurs de ces intervenants avaient également parlé à la conférence de
Toronto. Le sujet est si complexe que les thèmes et la gamme de points de vue
présentés étaient très larges ; cela a troublé certaines personnes dans
l’assistance qui voyaient des contradictions là où ils cherchaient des réponses
nettes, mais en réalité cela montrait que nous commençons juste à explorer
toutes ces idées, et que nous devons aller plus loin pour en faire une synthèse
qui sera vraiment utile à chaque personne atteinte de CHARGE.
Le résultat le plus tangible de la réunion de Cleveland a été qu’on a demandé
à l’American Journal of Medical Genetics d’envisager de publier les textes de
toutes les interventions dans un numéro consacré à CHARGE en 2004. Nous espérons
qu’il y aura aussi un article complémentaire écrit par trois parents sur le
comportement de leurs enfants CHARGE. Le numéro Charge de l’AJMG sera une
ressource appréciable pour informer les gens sur CHARGE et stimulera aussi la
recherche.
A la réunion du réseau CHARGE de DbI à Toronto, il a été convenu que je
serais le secrétaire du Réseau, en gardant un contact par Email avec quiconque
sera intéressé pour assurer la représentation de CHARGE dans les programmes des
futures conférences mondiale et européenne de DbI. Le Réseau a également établi
une nouvelle listserv ( créée par Lisa Weir) et quiconque veut en savoir plus
sur le réseau et sa listserv peut me contacter à :
David Brown
Spécialiste de l’Education
Services pour Sourds-Aveugles de Californie
Réseau Surdicécité Acquise
par Ges Roulstone
La principale nouvelle du réseau Surdicécité Acquise est le changement de
date et de lieu du Séminaire international de 2004 sur la surdicécité acquise.
Pour des raisons indépendantes de la volonté de notre hôte de cette année, il
a fallu changer les dates de la conférence qui se tiendra du vendredi 29
octobre au mardi 2 novembre. Ceci à cause d’une modification du lieu : la
conférence se tiendra au Moat House Hotel à Harrogate dans le Yorkshire,
pas loin de la vieille cité de York.
Mais la bonne chose dans ce changement est la diminution du prix ! Le coût de
la conférence, hébergement et repas compris pour 5 jours, est de 655 Livres.
Ceci rend la conférence moins chère que la conférence mondiale de Toronto en
août 2003. Le programme complet du séminaire et le formulaire d’inscription
seront disponibles en mai 2004. Si vous voulez recevoir le programme et le
formulaire d’inscription, adressez-vous à Tracey Cook, PA to Divisional Director,
Sense, 72 Church Street, Market Deeping, Peterborough, CAMBS PE6 7LX. Email :
Réseau Frères et Sœurs
par Sabine Kersten
Depuis le dernier numéro, plusieurs choses se sont passées. D’abord, le
Réseau Frères& Soeurs a été officiellement reconnu par DbI ce qui nous permettra
de mieux faire connaître le rôle que la fratrie joue dans les familles, aussi
bien que le réseau.
La première réunion de frères & sœurs a eu lieu en Hollande. LE 25 mars le
réseau Frères & Sœurs et Vitaal ont organisé une petite réunion pour les frères
et soeurs des résidents adultes à Vitaal. Le principal thème de la soirée
était : " Responsabilité, qui s’occuper de mon frère ou de ma soeur lorsque mes
parents ne le pourront plus ". Nous n’étions qu’un petit groupe, mais la réunion
a été très positive. Nous avons échangé nos expériences et parlé de la
responsabilité que la plupart de nous ressentons. A la fin de la réunion, tout
le monde avait un sentiment positif et nous sommes convenus d’organiser une
autre réunion en automne.
Enfin, nous projetons une journée des frères & soeurs pendant la conférence
européenne en Slovaquie en 2005. Cette journée sera ouverte à tous les frères et
soeurs (adultes) d’enfants et d’adultes sourds-aveugles. Nous échangerons nos
expériences et auront des discussions sur différents thèmes. Je voudrais
profiter de cette occasion pour demander à toutes les organisations pour et de
sourds-aveugles de financer une place pour qu’un frère ou une soeur vienne à
cette journée.
Pour tout renseignement complémentaire, on peut me contacter par Email à :
Réseau Communication
par Marlene Daelman, Anne Nafstad, Inger Rodbroe, Jacques Souriau et Ton
Viser
Lors du dernier séminaire organisé à Paris par le réseau communication, le
thème était : " la formation du sens ". Ce sujet est toujours le thème central
du réseau communication et nous a conduit vers de nouveaux secteurs
scientifiques. Ces nouveaux secteurs pourraient nous aider dans notre recherche
pour comprendre et décrire la communication unique et complexe que nous
observons dans beaucoup de rencontres entre des personnes sourdes-aveugles et
leurs partenaires voyants et entendants. En ce moment nous sommes inspirés par
la collaboration avec Sarah Taub, professeur de linguistique cognitive à
l’université de Gallaudet aux Etats-Unis et par le Professeur Per Aage Brandt du
Centre de sémiotique cognitive à Aarhus au Danemark.
Trois nouveaux membres ont rejoint le groupe : Marlene Janssen, qui travaille
comme consultante et chercheuse à Vitaal en Hollande depuis de nombreuses
années ; Corinne Blouin, consultante au CRESAM en France ; et Flemming Ask
Larsen, qui vient de terminer sa maîtrise de sémiotique cognitive. Son mémoire
était basé sur l’analyse sémiotique de certaines des vidéos réalisées par le
Réseau communication, et sa thèse a été une grande source d’inspiration pour le
travail du groupe.
Flemming travaille actuellement au centre de Skadalen en Norvège comme
consultant sur un projet avec Anne Nafstad. Dans ce projet sur un an, ils
essaient d’appliquer la contribution de la sémiotique cognitive à la pratique
éducative, en suivant les réseaux formés autour de 3 enfants sourds-aveugles à
l’école du centre de Skadalen. L’objectif du projet est d’élaborer des méthodes
théoriques fondées pour décrire et interpréter la communication des enfants
sourds-aveugles et d’essayer ces méthodes dans la pratique clinique. Ce projet
est suivi attentivement lors des réunions du réseau communication.
Au cours des 2 dernières années, le réseau communication a eu 3 réunions –
toutes axées sur la compréhension et l’essai d’application de ce nouveau cadre
théorique au domaine de la surdicécité.
L’année dernière, deux des membres du réseau ont terminé leur doctorat.
Marleen Janssen, avec la thèse : " Interactions harmonieuses entre les enfants
sourds-aveugles et leurs éducateurs ", et Marleen Daelman avec la thèse : " Une
analyse de la communication présymbolique des enfants aveugles multihandicapés ".
Le site du Centre de formation nordique (
EDBN
par Ursula Heinemann
Un article est consacré dans ce numéro à la récente victoire du réseau. Les
mots peuvent à peine décrire ce que nous avons ressenti lorsque nous avons
appris que la surdicécité avait été reconnue ! Mais maintenant que nous avons
remporté cette victoire, il faut que nous l’exploitions et pour cela, nous
allons élaborer une stratégie pour parvenir à ce que la déclaration marche dans
tous les pays. C’est une tâche, mais nous avons un tel esprit d’équipe
maintenant que je suis sûre que nous y arriverons !
Il faut aussi que nous commencions à réfléchir aux nouveaux pays qui ont
rejoint l’Europe le 1er mai 2004. Il faut créer des mécanismes pour
communiquer avec eux et comprendre leurs besoins.
Enfin, et c’est très important, il faut que nous examinions comment EdbN
fonctionnera et sera financé à l’avenir pour que nous continuions à avancer !
Prenez contact si vous voulez en savoir plus sur le réseau ou en faire
partie :
Groupe d’études Usher
par Mary Guest
Le groupe d’études sur le syndrome d’Usher est devenu mondial. Depuis nos
débuts très modestes en 1985 en Hollande à l’Institution pour les sourds de St
Michielsgestel , avec juste une poignée de gens d’Europe occidentale, nous avons
attiré des participants d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Europe de l’Est et
au-delà.
Il n’est pas possible pour tous de venir en personne à chaque fois que nous
réunissons le groupe d’études Usher, mais il est possible de maintenir les liens
et le flux d’informations vers un groupe élargi de personnes intéressées entre
les réunions et entre les continents si nous le voulons.
A la fin de la rencontre de Toronto en 2003, nous avons commencé à prendre
les coordonnées de tous ceux qui voulaient faire partie du groupe d’études Usher,
et en rentrant chez nous, nous avons envoyé à tous le point sur les dernières
recherches médicales.
Notre prochaine étape est d’inviter d’autres personnes dans le monde à
rejoindre le réseau du groupe d’études Usher si :
Si vous voulez en savoir plus , et savoir comment faire partie du réseau ( c’est gratuit), prenez contact avec Mary Guest et Melanie Gonsalves à Sense.
mary.guest@sense.org.uk
melanie.gonsalves@sense.org.uk
Sense
11-13 Clifton Terrace
Finsbury Park
London N4 3SR Tel : 00 44(0)207 272 7774 Fax : 00 44(0)207 272 3862
Groupe de développement des réseaux de DbI
Lors de la dernière réunion du Conseil de DbI en Hollande, en février 2004,
on a de nouveau reconnu que les réseaux de DbI sont très importants dans la vie
de DbI. En même temps, on s’inquiétait que certains réseaux qui avaient été
productifs aient maintenant disparu, peut-être par manque de soutien ou en ayant
le sentiment de ne pas être liés à DbI.
Pour renforcer les liens entre les réseaux et le conseil de DbI, on a décidé
de créer un petit groupe de travail, qui aurait la tâche de prendre contact avec
tous les réseaux et d’ouvrir des canaux de communication entre les réseaux et
DbI.
Les membres du groupe de développement des réseaux de DbI sont : Anny Koppen
(Norvège), membre du comité directeur de DbI, Sergei Sorokin (Suède) et Mary
Guest ( UK). Chacun sera chargé de prendre contact avec trois à quatre réseaux.
Anny, qui préside le groupe, informera ensuite le Conseil et le comité directeur
de DbI.
Notre première tâche est de voir comment les réseaux progressent, leurs
projets, leurs éventuelles difficultés et quelles relations les réseaux
souhaitent avoir avec le reste de DbI. On a envoyé aux réseaux une lettre et un
questionnaire d’enquête à remplir pour le 1er août 2004. Le groupe de
travail analysera les résultats et un rapport sera présenté par Anny Koppen au
comité directeur de DbI lors de sa réunion de novembre au Népal.
Pendant l’été Anny, Sergei et Mary seront chargés de prendre contact chacun
avec leur groupe de réseaux pour voir comment ils progressent. Nous espérons que
suite à ces contacts le travail appréciable que font les réseaux au sein de DbI
sera renforcé et progressera.
Rendez-vous dans le numéro de décembre de la revue pour d’autres nouvelles
des réseaux !
Mary Guest, juin 2004
Travailler avec des enfants sourds-aveugles en Roumanie
Andrea Hathazi est une éducatrice spécialisée, qui prépare son doctorat. Après ses études, Andrea a travaillé 4 ans à l’école pour déficients visuels à Cluj-Napoca, dont 3 ans dans l’unité sourds-aveugles. Titulaire d’une maîtrise et ayant comme intérêt principal d’aider les enfants sourds-aveugles, elle joue un rôle clé dans la création de nouveaux services pour enfants sourds-aveugles en Roumanie. Elle vient d’écrire un guide d’évaluation utile aux enseignants aussi bien qu’aux parents.
Qu’ai-je appris pendant ces 4 années ? Cela m’a fait réfléchir, m’a apporté des satisfactions et des défis à relever !
Je leur en suis reconnaissante .
ON RECHERCHE PAYS HOTE POUR CONFERENCE
Chers amis,
Nos excuses à ceux qui ne sont pas en Europe !
Votre organisation est-elle intéressée par l’accueil de la Conférence
Européenne de DbI en 2009 ?
Cela semble loin, mais la prochaine conférence européenne aura lieu en 2005
en Slovaquie – et on y annoncera les hôtes de la conférence de 2009. Le
processus de prise de décision commence maintenant !
La Conférence européenne est l’un des principaux événements du programme de
DbI. Elle a lieu tous les 4 ans et en général elle vient immédiatement après
la Conférence mondiale en termes de dimension et nombre de délégués.
Les candidatures devront parvenir au secrétariat de DbI d’ici le 31 octobre
2004.
Pour savoir comment présenter sa candidature ou tout autre renseignement
dont vous auriez besoin à ce stade, veuillez contacter Richard Hawkes,
secrétaire de DbI à
Richard.Hawkes@senseinternational.org.uk
Dans l’attente de vos nouvelles,
Amicalement,
Richard
Richard Hawkes
Secretary
Deafblind International
11-13 Clifton Terrace
Finsbury Park
London N4 3SR
United Kingdom
Tel: +44.20.7561 3308 (direct)
+44.20.7272 7881
Fax: +44.20.7272 6012
NOUVELLES RÉGIONALES
AFRIQUE ORIENTALE
par Penny May Kamau
Il y a eu cette année énormément d’activité couronnée de succès , les
parents et les professionnels ont travaillé dur - et ensemble – pour créer de
nouveaux services et de nouveaux moyens de s’aider les uns les autres. Il y a
eu une rencontre de 40 sourds-aveugles à Kibosawa, qui a été un événement.
C’était un moment d’émotion et de fierté pour ceux qui ont travaillé sans
relâche pour le rendre possible, mais qui a aussi fait ressortir l’amplitude
du challenge qui s’offre encore à nous. Pour ceux d’entre nous qui travaillent
avec des sourds-aveugles, c’était intéressant de voir les fruits de leur
travail. Les sourds-aveugles qui ont fait partie du travail qui a ouvert la
voie avaient des échanges d’adultes ayant acquis des compétences et un certain
degré d’indépendance dans leur vie, quelque chose d’impensable il y 20 ans.
Mais il y avait aussi la réalité dégrisante que beaucoup de sourds-aveugles
vivent encore à la périphérie de la société et, à cause de ce manque de
relation, sont particulièrement vulnérables aux mauvais traitements et au
rejet.
L’accès à l’information des sourds-aveugles est très faible et les besoins
sont grands. Cela est illustré par la manière dont les informations sur le
sida ont atteint plus de 90% des Kenyans et cependant quelque chose d’aussi
grave que cela n’est pas accessible aux sourds-aveugles faute de support de
communication adapté.
ECOSSE
La popularité du prix international Helen Keller
Avec plus d’œuvres en concours que jamais – 330 pour être précis – le prix
international Helen Keller est de plus en plus populaire. L’artiste écossais
Aidan Fox Flynn a participé au lancement du prix 2004 au Glasgow Film Theatre
le 1er décembre , où le film promotionnel sur le prix a été projeté
avant le film principal pendant toute la semaine.
Le prix sera attribué en octobre cette année et la galerie Collins à
l’université de Strathclyde à Glasgow accueillera l’exposition des œuvres en
compétition du 8 janvier au 12 février 2005.
Pour tout renseignement complémentaire sur la section art de Sense Ecosse,
s’adresser à :
Lindsay Mitchell
Sense Scotland
5th Floor, Clydeway Centre
45 Finnieston Street
Glasgow G3 8JU
Tel: +44 (0) 141 564 2444
Fax: +44 (0) 141 564 2443
Text: +44 (0) 141 564 2442
Email:
arts@sensescotland.org.uk
Graeme Thomson (Sense): Une vie saine pour les sourds-aveugles
" Healthy Living for Deafblind people " ( " Une vie saine pour les
sourds-aveugles") est un projet national conjoint de Sense Scotland et
Deafblind Scotland qui dure depuis 3 ans et est financé principalement par le
New Opportunities Fund. Les deux équipes de Healthy Living identifient les
problèmes actuels de santé chez les sourds-aveugles dont ils s’occupent.
L’équipe de Sense Scotland se compose du Conseiller principal , de trois
employé à temps partiel, et d’un employé administratif. Ils ont une grande
expérience des personnes qui utilisent les services de Sense Scotland et une
bonne connaissance de la promotion du sport, de la santé et de la nutrition.
Des liens initiaux ont été établis avec les services résidentiels de Sense
Scotland en Ecosse pour faire connaître les opportunités d’accéder à des
activités de vie saine, en particulier l’activité physique et la nourriture
saine. En outre, les équipes de vie saine étudient les priorités
individuelles. Une fois les besoins basiques identifiés, l’équipe peut avoir
une image plus claire des problèmes d’ensemble. Des thèmes se dégagent d’ores
et déjà et on sait que beaucoup de personnes aimeraient être plus actives et
profiter des équipements dans leur communauté.
Pour s’attaquer aux besoins identifiés, le personnel de Healthy Living a
récemment organisé les Journées de la nutrition, des repas sains et un
entraînement aux activités physiques. Les thèmes abordés jusqu’ici
comprennent : les choix de vie saine ; l’importance de manger chaque jour des
fruits et des légumes ; des sessions de dégustation et le développement
d’activités ; le changement dans les habitudes alimentaires. L’équipe se rend
compte que l’accroissement de l’activité physique peut être un plaisir et que
cela peut faire une différence pour le bien-être. Ces sessions sont des
moments de détente et donnent au participants une idée de la façon d’aider les
personnes sourdes-aveugles congénitales ou ayant d’autres besoins complexes, à
améliorer leur santé.
En outre, Deafblind Scotland et Sense Scotland organisent des
manifestations publiques ou des événements " La santé c’est un plaisir ".
Ceux-ci sont ouverts à tous les sourds-aveugles , et les usagers de Sense
Scotland et de Deafblind Scotland y participent. Une large gamme d’activités
est proposée et chacun est encouragé à mieux connaître la façon de mener une
vie plus saine. Depuis l’aérobic en fauteuil et les massages manuels jusqu’aux
conseils sur le choix d’un style de vie sain, le travail consiste à aider tous
les sourds-aveugles à prendre des mesures pour améliorer leur santé.
Commentaires du personnel de Sense Scotland qui a assisté à une de ces
manifestations :
" Je n’avais pas réalisé combien il était important de proposer des
changements et des alternatives aux usagers des services "
" Je pensais passer une bonne journée et bien manger, mais les
informations était nouvelles et je vais pouvoir les communiquer aux usagers du
service "
Une vie saine pour les sourds-aveugles : objectifs généraux
Pour plus d’informations sur cet intéressant projet, prenez contact avec nous.
Maureen d’Inverno
Fife Sensory Impairment Centre
13 Wilson Avenue
Kircaldy KY2 5EF
Tel: +44 (0) 1592 412947
Fax: +44 (0) 1592 411761
Text: +44 (0) 141 564 2442
Email:
hlc@sensescotland.org.uk
FINLANDE:
- La 8e conférence mondiale Helen Keller – Tampere, Finlande, juin 2005
- Assemblée générale de la Fédération mondiale des Sourds-aveugles : du 3
au 7 juin 2005
par Katri Pyykkö, responsable de l’Association des Sourds-aveugles de Finlande
A Tampere, en Finlande, il y aura deux grands événements en 2005. La 8e
conférence Helen Keller sera suivie par la 2e assemblée générale de
la Fédération mondiale des sourds-aveugles.
La conférence est organisée par la Fédération mondiale des sourds-aveugles (WFDB)
et l’association finlandaise des sourds-aveugles (FDBA). La conférence est
sous le patronage de la Présidente de la Finlande, Mme Tarja Halonen.
Le thème de la conférence est " Notre droit d’être sourd-aveugle et de
participer pleinement à la société ". Le programme comportera beaucoup
d’informations et de débats sur les droits de l’homme des personnes
handicapées, en particulier du point de vue des sourds-aveugles.
Nous attendons environ 200 à 300 participants. Il y aura surtout des personnes
sourdes-aveugles avec leurs interprètes, guides et assistants, mais les
personnes travaillant dan,s le domaine de la surdicécité seront aussi les
bienvenus. Nous espérons que de nombreux participants prendront la route de la
Finlande pour se rencontrer. Il y aura tout un programme de conférences
plénières et d’ateliers.
Les conférences plénières traiteront des sujets suivants :
La session de clôture sera le dimanche matin et ensuite commencera le 2e
assemblée générale de la WFDB ( Fédération mondiale des sourds-aveugles) .
Le but de l’assemblée générale est de prendre des résolutions , de faire des
déclarations officielles, etc.
" L’assemblée reprendra les thèmes de la conférence et se concentrera sur le " programme des droits " pour les sourds-aveugles et sur " la reconnaissance en tant que personne égale devant la loi ". En célébrant la diversité, la Conférence et l’Assemblée permettront aux délégués d’avoir une action positive dans le monde entier ; " Lex Grandia, Secrétaire Général de la WFDB.
Qui parlera? Certains intervenants seront invités et certains seront choisis d’après les résumés soumis par les parties intéressées. La date limite pour soumettre un résumé d’intervention est le 1er novembre 2004. La préférence sera donnée aux personnes sourdes-aveugles pour intervenir en conférence plénière ou atelier, mais les résumés soumis par d’autres personnes sont les bienvenus. L’acceptation ou le refus des intervenants sera annoncée en mars 2005.
Qui fait partie du groupe de planification ?
M.Stig Olson, président de WFDB
M.Lex Grandia, secrétaire général de WFDB
M.Daniel Alvarez, vice-président de WFDB
M.Seppo Jurvanen, vice-président de FDBA.
Le comité d’organisation :
Mme Ullas Kungas, présidente de la FDBA
M.Seppo Jurvanen, vice-président de FDBA
Me Anita Palo, membre de la FDBA
M.Kai Leinonen, directeur général de la FDBA
Heikki Majava, responsable internationa de la FDBA
Katri Pyyko, responsable de l’information de la FDBA.
Le service d’organisation de la conférence est Tampere Conference Service Ltd,
chatrgé des inscriptions, etc.
Aide aux délégués
Les participants sourds-aveugles des pays en voie de développement peuvent
demander une aide pour leurs frais de voyage au comité de planification de la
conférence. Les demandes doivent être soumises pour le 1er novembre
2004.
Où ?
La conférence aura lieu dans la ville de Tampere, au sud de la Finlande, à
170 km d’Helsinki. C’est une vieille ville industrielle. La conférence se
tiendra à Tampere Hall, dans le centre. On peut s’y rendre à pied des hôtels.
Langue
La langue officielle de la conférence est l’Anglais.
Contact
Pour les propositions d’interventions et les demandes de subventions et autres
informations :
Helen Keller Conference 2005
Finnish Deafblind Association
P.O.Box 40
FIN –00030 liris
Finland
Tel +358 9 5495 3513
Fax +358 9 5495 3517
Email:
contact@helenkeller2005.com
site:
www.helenkeller2005.com
Pour les questions concernant l’assemblée générale de la WFDB :
WFDB c/o FSBB
SE – 122 88 Enskede
Sweden
Tel : +46 8 39 9155
Fax : +46 8 659 5042
Email :
SUISSE
Le forum des usagers : les sourds-aveugles permettent de façonner les
services de soutien !
par Stefan Spring, Association nationale suisse pour les aveugles, Zurich
Les services de soutien pour les déficients auditifs ou visuels et les
sourds-aveugles en Suisse sont gérés par l’ Association nationale suisse pour
les aveugles (SZB). En tout, 28 personnes travaillent comme assistants
sociaux, moniteurs de rééducation ou dans le domaine des activités de loisir
pour environ 350 sourds-aveugles. 54% des sourds-aveugles vivent de façon
indépendante, soit seuls ou avec un partenaire ou leur famille, et 46%
reçoivent un soutien et vivent dans un foyer ou une maison de retraite. Les
services de soutien de la SZB font tous les ans une enquête écrite anonyme
auprès de leurs usagers déficients visuels et auditifs et sourds-aveugles. Les
questions portaient sur la satisfaction des services fournis. Mais ces
enquêtes ne nous sont pas très utiles. Selon les enquêtes, environ 98% des
clients sont satisfaits en général des services fournis. Donc, cela ne nous
aide pas à améliorer notre travail. Nous pensons que beaucoup d’usagers
dépendent beaucoup de notre travail et que par conséquent ils n’osent pas nous
critiquer par écrit. En outre, l’écrit en lui-même est un problème pour nos
usagers.
Ces 3 dernières années, nous avons fait l’expérience d’une forme différente de
coopération avec nos usagers, une plate-forme que nous appelons " Forum des
usagers ". Les usagers déficients auditifs ou visuels et sourds-aveugles de
toute la Suisse participent aux réunions du Forum des usagers organisées par
les services de soutien de la SZB. Le Forum se consacre expressément à
l’amélioration des services offerts par nos services de soutien. Environ 15
personnes déficientes visuelles et auditives ou sourdes-aveugles se
rencontrent deux fois par an pour des réunions d’une journée.
Dans la première partie de la réunion, la direction des services de soutien
informe les usagers des changements de personnel, des nouvelles idées
concernant les services ou des modifications importantes dans le financement
ou la législation. Les personnes assistant au Forum peuvent faire des
commentaires sur ces informations ou bien poser des questions sur n’importe
quel domaine des services de soutien. Elles peuvent parler de leur expérience,
faire remarquer les erreurs, faire des critiques ou des compliments et poser
des questions à la direction. Si la direction des services ne peut pas
répondre immédiatement à ces questions, une déclaration sera préparée pour la
prochaine réunion.
Dans la seconde partie de la réunion, on discute d’un ou deux sujets concrets.
Un spécialiste ou une personne sourde-aveugle ou déficiente auditive et
visuelle présente le sujet. Ensuite, les usagers peuvent s’exprimer librement
et parler de leurs attentes. Récemment, on a abordé les sujets suivants :
Les tâches d’un/e assistant/e social/e
Les discussions ont montré que beaucoup d’usagers sont prudents dans leurs
commentaires sur des sujets délicats concernant le soutien ( maladies). Les
assistants sociaux doivent se montrer discrets et en même temps écouter
attentivement pour décider quand ils doivent traiter un sujet plus en détails.
Les usagers encouragent les assistants sociaux à demander à une deuxième
personne sourde-aveugle ou déficiente auditive et visuelle de les aider. Cela
est particulièrement utile quand les parents d’enfants sourds-aveugles sont
concernés. En outre, il a été demandé aux services de soutien de réfléchir à
la meilleure façon d’appréhender des situations d’urgence et de donner plus de
sécurité aux personnes concernées quand elles ont à faire face à des
difficultés inattendues.
Nouvelles aides techniques pour les sourds-aveugles
La discussion a tourné sur la meilleure façon d’informer les personnes
concernées sur les nouvelles aides techniques. Suite à cela, les services de
soutien publient maintenant un bulletin par lequel toutes les personnes
concernées sont informées.
Les personnes déficientes auditives et visuelles et sourdes-aveugles aux
congrès internationaux
Les usagers souhaitent être informés régulièrement sur les congrès à venir
et leurs résultats. En outre, les usagers souhaitent que la SZB prenne en
charge une partie des frais pour assister à un congrès.
Guides- assistants
En Suisse, il n’y a pas de services d’aide professionnels. Mais nous avons
plus de 150 bénévoles et cette aide est très appréciée par nos usagers.
Cependant, ils ont souligné que le travail bénévole a ses limites et que c’est
très ennuyeux si, par exemple, vous ne pouvez pas trouver quelqu’un pour vous
accompagner pour un voyage important. Ils demandent clairement une aide
rémunérée. Les services de soutien et les organisations de personnes
déficientes auditives et visuelles et sourdes-aveugles mènent des actions en
ce sens.
Ce ne sont que quelques uns des sujets discutés. A la fin de chaque réunion,
nous convenons du sujet à discuter à la prochaine.
Le Forum des usagers nous a beaucoup aidés à améliorer la coopération avec les
personnes concernées en Suisse. Nous trouvons que cette façon de donner la
parole aux déficients auditifs et visuels et sourds-aveugles est bien plus
efficace que les questionnaires écrits et nous recommandons chaudement cette
méthode aux autres pays.
Contact pour SZB :
Catherine Woodtli, Email :
AUSTRALIE
Un nouveau service pour les sourds-aveugles en Nouvelle-Galles du Sud
par Mike Steer
La société royale des aveugles de Nouvelle-Galles du Sud (RBS) vient de
créer un service pour sourds-aveugles, financé par ministère des personnes
âgées, des handicapés, et services . On adapte actuellement ce service pour
répondre aux besoins des adultes sourds-aveugles.
Le personnel du service sera composé de spécialistes qui donneront une
formation en communication aux usagers et aux personnes qui s’occupent d’eux.
Toutefois l’apprentissage de l’Auslan ( la langue nationale des Australiens
sourds) n’est pas comprise dans le catalogue des propositions. Le programme
sera centré sur ce qui suit :
Actuellement, le groupe auquel s’adresse ce service est limité à 8 à 10 adultes. Il existe des critères de sélection et de priorité. On peut se renseigner auprès de Alyshie Hansen ou de Christine Cummins : par téléphone à Sydney, Australie au (02) 9334 3222 ou TTY (02) 9334 3260.
Un nouveau symbole pour la surdicécité en Australie : l’étoile de mer
Le Conseil australien des sourds-aveugles (ADBC) a décidé que l’étoile de mer deviendrait le symbole de la surdicécité en Australie. Les personnes sourdes-aveugles sont invitées à envoyer leurs dessins du symbole au comité pour choisir les finalistes. Les dessins sélectionnés seront exposés sur le site de l’ADBC et les personnes sourdes-aveugles seront invitées à voter pour choisir le dessin gagnant. Voici quelques unes des raisons pour lesquelles l’étoile de mer a été choisie comme symbole :
Les dessins doivent parvenir à l’ADBC avant le 30 juin 2004.
L’adresse est : ADBC
P.O.Box 1213
Camberwell Victoria
AUSTRALIA 3124
Fédération australienne des associations de handicapés (AFDO)
La nouvelle voix des personnes handicapées est en cours d’enregistrement comme personne morale auprès de la Commission australienne des titres et investissements . Lorsque cela aura été fait, l’AFDO ( site = http://www.pdca.org.au/AusFedOfDisability.html) remplacera l’actuel comité des organisations de handicapés. Les premiers membres à part entière sont :
Bonnes nouvelles d’Australie occidentale( WA)
Les bonnes nouvelles vont vite, donc beaucoup de lecteurs savent peut-être déjà que la Fondation Sense (WA) a été choisie pour accueillir la prochaine Conférence mondiale de DbI en Australie occidentale en 2007 ! Donc, commencez à faire des économies : nous attendons des visiteurs du monde entier.
Lancement du réseau enfants sourds-aveugles en Nouvelle-Galles du Sud (NSW)
Un nouveau réseau et groupe de soutien pour les familles d’enfants
sourds-aveugles a été créé. Ce réseau et groupe de soutien apportera conseils en
communication, guidance, soutien, sorties récréatives, et traitera des questions
concernant les enfants sourds-aveugles.
Avec l’aide de l’association pour les sourds-aveugles ( NSW) le groupe essaiera
d’améliorer la prestation de services par des séminaires , des ateliers et un
bulletin régulier. Le projet de lancement d’une page web parents et familles est
prêt. Il n’existe pas d’autre groupe de soutien de cette nature en NSW.
Pour plus d’informations, s’adresser à :
Deafblind Association (NSW), P.O.Box 1295, Strathfield, NSW 2135.
Email:
dban@gpo.com.au
Site web:
http://www.dbansw.org.au
Carolyn Ferguson – représentant des parents DBA (NSW) Email :
herger@optusnet.com.au
7e Conférence nationale des sourds-aveugles australiens – 2 au 5 juillet 2004.
L’association des sourds-aveugles (Victoria) est fière d’accueillir la 7e
Conférence nationale des sourds-aveugles australiens, qui se tiendra du 2 au 5
juillet 2004 à Rydges Riverwalk, Melbourne.
Les thèmes de la conférence sont :
Renseignements auprès de : Annie Rose, tél. : (03) 9824 4288
Email :
INDE
par Subash Detrange (Association cécité et basse vision- ABLV)
L’année dernière a vu une croissance régulière et un développement de l’association. Une idée de nos activités :
ROUMANIE
La Roumanie vient d’accueillir un séminaire d’évaluation du stage de
formation pour éducateurs, organisé par l’Inspectorat National Roumain pendant
les 18 mois précédents. Le stage était conçu en particulier pour préparer le
personnel à travailler avec des élèves sourds-aveugles et multihandicapés et
était placé sous les auspices d’un accord de coopération existant entre Sense
International (Roumanie) et le Ministère de l’éducation et de la recherche de
Roumanie.
Le stage de formation, soit au total 112 heures de cours, s’est déroulé sur 2
ans, avec des éléments d’enseignement et d’apprentissage personnel. Les
formateurs étaient une équipe de personnels de Roumanie et du Royaume-Uni qui
ont collaboré à la conception du programme. 27 éducateurs ont été très heureux
de recevoir leurs certificats de stage lors d’une cérémonie très animée à
Bucarest au printemps. La cérémonie a été accueillie avec enthousiasme par
l’inspecteur général M.Mircea Vlad et l’inspectrice générale Simona Nicolae du
ministère de l’éducation et de la recherche, qui ont assisté en personne au
séminaire avec des inspecteurs et des directeurs d’école de tout le pays. Ils se
sont joints à Richard Hawkes, Cristiana Salomie et Norman Brown , qui
coordonnaient la formation du Royaume-Uni, pour célébrer ce succès.
RENDRE VISIBLE L’INVISIBLE :
6e conférence européenne sur la surdicécité 2005
2 – 7 août à Presov – Slovaquie
Lieu : la conférence aura lieu à Presov, une belle ville historique de Slovaquie orientale. La conférence se tiendra près du centre ville. On peut s’y rendre à pied depuis les divers hôtels et foyers d’étudiants .
Transports : Il y a un aéroport international à Kosice, à 40 km de Presov. A Presov, il y a des liaisons par autocar et train avec les pays environnants.
Langue : La langue officielle de la conférence est l’anglais.
Dates à noter :
La commission scientifique a identifié des questions clé qui couvrent toute
la vie de la population sourde-aveugle. Le contenu concernera une large gamme
de personnes travaillant avec des enfants, des adultes sourds-aveugles et
leurs familles. Les thèmes principaux et les renseignements complémentaires
sur le programme figureront dans la deuxième annonce.
Un camp familial sera organisé pour les familles d’enfants sourds-aveugles.
Renseignements détaillés dans la 2e annonce.
Secrétariat de la conférence : A&D Global Business Relations, s.r.o.
Attn Anna Misinova
P.O.Box 208
Nam.legionarov 5
080 01 Presov tél. +421 51 7582 485
Slovakia fax +421 51 7582 485
Email:
Pour plus d’informations, rendez vous sur notre site :
www.dbiconference.sk5e Séminaire européen du réseau surdicécité acquise
" Espérances, opportunités et possibilités "
Exploration des relations interpersonnelles dans le monde de la surdicécité
acquise
du 29 octobre au 2 novembre 2004, à Harrogate, Royaume-Uni
Suite à des circonstances indépendantes de notre volonté, le lieu et la date de la conférence ont changé
Thème : Ce séminaire examinera les relations interpersonnelles dans le
monde de la surdicécité acquise. Nous étudierons les moyens d’améliorer les
services destinés aux personnes présentant une surdicécité acquise.
Dans ce cadre, nous parlerons des attentes des sourds-aveugles, quelles sont
opportunités qui peuvent être créées et comment transformer ensemble les
possibilités en réalité .
Réseau surdicécité acquise : le réseau est reconnu par DbI et a été créé en 1989. Son objectif est de créer et soutenir un réseau de personnes impliquées dans le monde de la surdicécité acquise. POur cette raison, un séminaire sur la " surdicécité acquise " a eu lieu tous les 2 ans dans un pays européen différent depuis 1994.
Sense : Sense est l’organisation caritative nationale pour les sourds-aveugles qui aide les personnes qui ont à la fois des problèmes d’audition et de vision. Sense offre une large gamme d’aides et de services dans tout le Royaume-Uni pour aider les sourds-aveugles de tous âges à réaliser leur potentiel. Cela inclut les conseils, le soutien et les informations pour les personnes qui ont eu une perte d’audition et de vision tard dans la vie.
Conférence & Hébergement
Lieu : Harrogate Moat House
Kings Road
Harrogate
North Yorkshire HG1 1XX UK
Coût: 655 Livres par délégué.
Ceci comprend : - l’ inscription à la conférence
- 4 nuits en chambre simple ou double, tous les repas
Le programme complet du séminaire et le formulaire d’inscription seront disponibles en mai 2004
Sense East
72 Church Street
Market Deeping
Peterborough, Cambs
PE6 8AL UK
Si vous avez besoin de ces informations sous une autre forme ou d’autres renseignements, adressez-vous à : Tracey Cook –
tracey.cook@sense.org.ukJohn fait ses toasts
Gillian Morbey, Présidente de Sense Scotland, nous fait part de ses réflexions sur la valeur des programmes artistiques pour les sourds-aveugles et en particulier de " Expression Unlimited " qui fait participer des sourds-aveugles de toute l’Europe à des performances artistiques !
J’ai le privilège de travailler dans notre merveilleux domaine de la
surdicécité depuis près de 30 ans. Pendant ce temps, j’ai fait quelques
observations. Je voudrais faire part de quelques réflexions sur l’usage de l’art
comme manière d’aborder le travail avec des sourds-aveugles.
J’ai constaté que beaucoup d’enfants et d’adultes sourds-aveugles, tout en ayant
des compétences, ne semblaient pas motivés pour les utiliser. John savait se
lever, s’habiller et se faire sa tasse de thé le matin , pourtant chaque journée
était un combat.
Il n’y a pas si longtemps, nous avions l’habitude de fixer des objectifs pour
John, en contrôlant qu’il entreprenait des tâches et, quand il réussissait, nous
en ajoutions une autre. Notre soutien à John était orienté sur les tâches et
mesuré en objectifs.
Je savais que je n’organisais pas ma vie comme ça. Ma vie n’était pas dirigée
par la fixation d’objectifs et la mesure de mes réussites. Quelquefois, je
pouvais même passer à des choses nouvelles sans maîtriser les anciennes. Comment
alors notre façon de soutenir John pouvait-elle s’inscrire dans la philosophie
de plus en plus répandue d’inclusion et de vies normales ?
Peut-être plus exactement, la méthode ne semblait pas aider John. Il ne semblait
pas plus heureux ni plus motivé. Oui, il avait des compétences, mais il y avait
beaucoup d’occasions où il ne les utilisait pas. En fait, quelquefois il
s’employait activement à ne pas les utiliser.
Au long de ma carrière, j’ai entendu diverses opinions à ce sujet. En général,
elles sont dans la ligne : " les enfants rubéoliques sont difficiles à
motiver ", " c’est si difficile de trouver la clé qui ouvre les enfants
sourds-aveugles ", " il ne s’intéresse pas vraiment à grand’chose ", etc.
A l’origine, j’étais infirmière, et je travaillais dans un hôpital
psychiatrique. Là , j’ai vu beaucoup de gens avec des problèmes mentaux, y
compris la dépression. Les patients étaient difficiles à motiver, ils ne
s’intéressaient à rien. Disons simplement que si vous n’avez pas le sens de
votre propre valeur, il est difficile d’être intéressé et actif.
Je ne suggère pas que tous les sourds-aveugles sont déprimés, bien qu’on ait
toutes les raisons de supposer que certains sourds-aveugles souffrent bien de
dépression. Nous savons que pour que ce soit recherché, diagnostiqué et traité,
il faudrait beaucoup de temps, car les médecins ne sont toujours pas préparés à
s’occuper de sourds-aveugles. Nous continuerons , bien sûr, à travailler avec
nos collègues de la santé pour améliorer notre compréhension et notre
traitement ; mais cela serait le sujet d’un autre article.
En attendant, les personnes comme John n’avançaient pas et semblaient manquer du
sens du bien-être et de l’estime de soi. Il était clairement nécessaire d’aider
John maintenant , sans attendre que tous les professionnels ne lui soient tombés
dessus.
L’art semblait être un domaine immédiat et simple à aborder. C’était purement
intuitif. L’idée derrière tout cela c’était : Les gens ne peuvent pas être
inclus à moins que les individus concernés n’aient un sens de leur valeur. Les
sourds-aveugles ont peut-être l’expérience d’un sens de leur valeur et d’estime
de soi très faible et l’art semble permettre de développer la confiance en soi
et un sens de sa valeur.
Les sourds-aveugles sont exclus à cause de leur manque d’accès à l’information
et aux difficultés auxquels ils sont confrontés en communication. La plupart des
programmes artistiques peuvent transcender le besoin de communication verbale,
et donc aplanir le terrain. Le théâtre, la musique, la peinture et la sculpture
peuvent tous être non verbaux. Ces activités peuvent mettre les sourds-aveugles
sur un pied d’égalité. Pensez par exemple à la façon dont vous profitez de la
musique, il n’y a pas besoin de mots pour que vous ayez une réaction
émotionnelle. La musique peut nous faire rire, pleurer et danser.
Beaucoup de sourds-aveugles trouvent difficile de s’exprimer et là encore les
arts offrent une riche ressource d’expression et de communication.
En outre, dans nos programmes, nous avons découvert un avantage surprise. Nous
étions vraiment inquiets que les artistes ordinaires n’arrivent pas à
communiquer avec les sourds-aveugles. Mais cette crainte était sans fondement.
Les moniteurs d’art ont trouvé leurs propres façons de communiquer et on
pourrait dire qu’ils ont apporté une fraîcheur dans le travail avec les
sourds-aveugles qui a pu être ôtée à certains d’entre nous par leur formation
professionnelle. Ce court article ne permet pas d’explorer cette idée plus en
détail, mais j’aimerais connaître les opinions de mes collègues à ce sujet.
Nous n’étions pas seuls à penser cela, et nous avons pu constater que d’autres
organisations dans d’autres pays créaient aussi des programmes artistiques. Il
est vite devenu évident en discutant que nous avions beaucoup à apprendre les
uns des autres. Certains sont plus avancés en théâtre, d’autres en travail sur
bois, sculpture, peinture etc.
Je ne veux pas dire que l’art est la réponse totale pour tous, mais je pense que
c’est une approche importante, qui a beaucoup à offrir. Toutes les choses qu’un
éducateur peut vouloir enseigner peuvent l’être par les arts. Communication,
tour de rôle, couleurs, motricité fine et générale, travail en s’amusant et
travail de groupe, pour n’en citer que quelques unes.
Etant donné qu’un certain nombre de pays et d’organisations étaient impliqués
dans des aspects de ce travail, il semblait juste de commencer à travailler sur
tous les pays, et c’est ici que nous en sommes. L’art, bien sûr, va aussi
au-delà des divisions culturelles et de la langue.
Nous apprenons beaucoup grâce à un projet européen qui vient d’être financé :
" Expression Unlimited ". Là, les artistes ( en l’occurrence les
sourds-aveugles) sont au centre. Ils ne font pas que participer ; ils contrôlent
et dirigent.
Nous en sommes encore aux débuts, mais un certain nombre de pays vont se
rencontrer en Italie en mai 2004 pour écrire et répéter une représentation avec
des sourds-aveugles, avec l’aide de notre directeur artistique. En quittant
l’Italie, nous aurons tous chacun nos rôles, que nous travaillerons en rentrant
dans notre pays. Nous nous rencontrerons à nouveau pour une nouvelle semaine en
Ecosse en septembre, qui se terminera par notre première représentation en
public dans un grand théâtre de Glasgow.
Si le projet marche, et que nous pouvons développer le financement , d’autres
pays pourraient se joindre à nous et, qui sait – nous pourrions fonder la
première troupe itinérante d’artistes sourds-aveugles. Nous pourrions donner une
représentation en Slovaquie en 2005, mais il faudra réserver car ça risque
d’être complet !
Finalement, nous avons trouvé que la peinture était une clé pour John. Les
rituels du matin ne sont plus si difficiles pour lui maintenant et il se fait
même des toasts avec son thé du matin.
Gill souhaite remercier toutes les personnes et tous les pays qui ont
participé, et en particulier William Green sans qui le projet Expression
Unlimited ne serait pas devenu réalité.
Si vous voulez en savoir plus sur Expression Unlimited, contactez :
Gill Morbey Sense Scotland
45 Finnieston Street, G3 8JU
Tel. 00 44 141 564 2444
Email:
L’Europe reconnaît la surdicécité comme un handicap à part entière
Lucy Drescher raconte son travail avec des amis et collègues de toute
l’Europe qui a conduit à cette décision innovante
Une déclaration historique sue les droits des sourds-aveugles a été adoptée
formellement par le Parlement européen le 1er avril. C’était
l’aboutissement d’une longue campagne des sourds-aveugles, de leurs familles et
des professionnels d’Europe.
La Déclaration écrite est une déclaration de 200 mots sur le fait que la
surdicécité est un handicap distinct. Elle énumère les droits auxquels les
personnes sourdes-aveugles devraient avoir droit.
EDbN ( Réseau Européen des Sourds-Aveugles) travaille depuis quelque temps avec
Richard Howitt, député européen, président du groupe Handicap au Parlement
européen, à une campagne pour faire reconnaître la surdicécité comme un handicap
à part entière au niveau européen. Sense, en tant que membre de EDbN, a eu un
rôle prépondérant dans cette campagne.
Mai 2002
M.Howitt a pris la parole au séminaire sur l’inclusion sociale organisé par
Sense International, la Lega del Filo d’Oro (Italie) et Casa Pia de Lisbonne et
auquel assistaient de nombreux membres d’EDbN . Il a promis de soutenir la
Charte pour les citoyens sourds-aveugles d’Europe.
2003
Faisant suite à la promesse de Richard Howitt, je suis allée à Bruxelles
l’an dernier en juillet pour rencontrer Richard et Sophie Beaumont du Forum
européen du handicap. Richard et Sophie souhaitaient tous les deux travailler
avec des sourds-aveugles pour faire reconnaître la surdicécité au niveau
européen. Il a été convenu que la reconnaissance de la surdicécité au niveau
européen pourrait être opportunément utilisée par les gens des divers états
membres pour persuader leurs gouvernements de donner aux personnes
sourdes-aveugles les droits nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans la
société.
Janvier 2004 – Bruxelles
La première semaine de janvier, il y a eu une réception et une exposition au
Parlement européen pour le lancement de la Déclaration écrite 1/2004. Richard
Howitt, Marion Mantovani, Liz Lynne, Ida Figueiredo et Patricia McKeena ,
députés européens , ont soumis cette déclaration au nom d’EDbN.
La réception donnée par Richard Howitt s’est tenue avec l’intergroupe Handicap
des députés européens le 6 janvier 2004 au Parlement européen.
Des sourds-aveugles de Belgique, de Hollande, du Royaume-Uni et de France se
sont rassemblés à Bruxelles pour la soirée avec des représentants des
organisations Sense, la Lega del Filo d’Oro, CRESAM, ANPSA, APASCIDE et
Spermalie. Plus de 80 personnes, dont 10 députés, ont assisté à cet événement
très réussi. William Green (Italie) a parlé au nom de DbI, en tant que
président, et Wolfgang Angermann (Allemagne) a parlé en tant que président
suppléant d’EDbN. Peter Vanhoutte (Belgique) a parlé de son expérience
personnelle et dit pourquoi la reconnaissance de la surdicécité est importante
pour lui. Tous les intervenants se sont réjouis de la Déclaration écrite et ont
encouragé les députés européens à la signer, en disant que même s’ils n’y
croyaient pas, beaucoup de leurs électeurs y croyaient très fort !
La même semaine, s’est tenue une exposition au Parlement européen , des photos
de personnes sourdes-aveugles de toute l’Europe étaient affichées avec des
informations sur les organisations membres d’EDbN.
Le compte à rebours
La déclaration était disponible à la signature pour les députés européens
pendant 3 mois, du 12 janvier au 12 avril. Les membres d’EDbN ont passé ces 3
mois à envoyer sans arrêt des Emails, des fax de lettres et des appels
téléphoniques à leurs députés européens , pour leur parler de leur expérience
personnelle de la surdicécité.
Le meilleur moment pour faire signer aux députés les déclarations écrites, c’est
quand ils sont à Strasbourg pour les sessions plénières , parce que toutes les
déclarations se trouvent juste à la porte de la Chambre. En mars je suis allée
aux deux sessions de Strasbourg et je me suis postée à la porte de la Chambre en
tenant une affiche pour leur rappeler de signer la déclaration. A part un bon
mal aux pieds, cela m’a donné l’occasion de rencontrer beaucoup de députés et de
leur rappeler de signer la déclaration, autrement ils auraient pu passer devant
sans la signer.
J’étais à Strasbourg le 1er avril et alors que le vote arrivait à sa
fin, il nous manquait encore 5 signatures ! Avec l’aide du député Liz Lynne, les
derniers députés restants ont été persuadés de signer et la déclaration a été
adoptée avec 323 signatures, ce qui fait plus de la moitié des 626 députés. Cela
signifiait que la Déclaration était formellement adoptée par la session plénière
du Parlement européen le1er avril dans l’après-midi.
L’adoption de cette déclaration est une victoire très importante pour les
sourds-aveugles de toute l’Europe. Nous n’aurions pas pu la remporter sans les
sourds-aveugles, leurs familles et les professionnels partout en Europe, qui ont
travaillé ensemble à faire pression sur leurs députés européens en leur envoyant
des mails, des fax, des lettres ou des coups de téléphone pour leur demander de
signer. Ce n’est que le premier pas – maintenant que nous avons commencé à
travailler ensemble, nous pouvons assurer que les voix des sourds-aveugles sont
entendues dans l’Union Européenne.
Les membres de DbI ont réagi à la victoire de la campagne européenne par ces messages !
Plus d’une année de dévouement et de travail acharné ont conduit ce groupe à
la victoire, et je veux remercier ceux qui ont excellé dans leurs efforts :
Lucy, notre capitaine, Sue, Malcolm, et Richard, William et Martin Pav – qui
s’est avéré un excellent sprinter dans les 100 derniers mètres. Je tiens
absolument à inclure dans ces mots de remerciement Sense qui a mené la campagne
et EDbN qui nous a donné une dimension européenne.
C’est pour moi une occasion unique de dire que nous pouvons et devons continuer
le travail d’équipe au niveau européen.
Nous, les Catalans, vous invitons tous à Barcelone pour fêter cela au " cava " (
notre champagne local) !
Amitiés
Ricard Lopez
Catalogne & Espagne
Félicitations et merci beaucoup à vous tous ! Je suis vraiment content de
votre résultat. En fait je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui. Portons
un toast aux sourds-aveugles. A la vôtre !
Peter Vanhoutte
C’est un excellent résultat ! Je voudrais dire merci beaucoup à Lucy pour son
combat extraordinaire pour obtenir le nombre de signatures nécessaires, et je
voudrais dire aussi qu’EDbN apprécie avec une profonde gratitude le soutien
précieux que Lucy a reçu de Sense International, de ses collègues de
l’organisation et, le dernier mais non le moindre, du président de DbI. Nous
pouvons être fiers de ce succès que nous avons remporté.
Amicalement
Wolfgang
Chers amis,
Nous avons réussi – nous avons vraiment réussi ! Cela a montré encore une fois
quel pouvoir nous avons quand il faut se battre pour la cause de la surdicécité.
Un travail remarquable – merci beaucoup.
Amitiés
Association danoise des parents
Lone
Félicitations à toute l’équipe pour ce grand succès !
Excellent !
Akhil Paul
Bonjour à tous
Juste pour me joindre à ce qui a été dit. C’est une merveilleuse nouvelle,
félicitations à tous ceux qui ont participé à cet excellent travail.
Meilleur souvenir de tout le monde à Sense Ecosse
Gill
Lex Grandia envoie ses plus chaleureuses salutations à tous ... en écrivant cette lettre...
C’est un honneur , mais aussi un travail solitaire que je fais en ce moment. En tant que secrétaire général de la Fédération mondiale des sourds-aveugles, j’ai de plus en plus d’activités aux Nations Unies. Il semble que ce soit le bon moment. Beaucoup de portes s’ouvrent lentement dans les diverses organisations des Nations Unies après que l’ Assemblée générale ait adopté les Réglementations des Nations Unies sur l’Egalité des Chances pour les Personnes Handicapées en décembre 1993. En 2001, l’assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution pour nommer une commission spéciale, composée de représentants nationaux, afin d’élaborer le texte préparatoire d’une convention sur les droits des personnes handicapées.
La commission spéciale s’est réunie deux fois pendant 2 semaines et le
résultat des négociations a été qu’on a élu un groupe restreint composé de 27
représentants nationaux et de 12 représentants des organisations internationales
de handicapés. Je fais partie de ce groupe de travail, en tant que représentant
de la Fédération mondiale des sourds-aveugles.
Le groupe de travail s’est réuni pendant 2 semaines en janvier et a réussi à
écrire un projet de rapport. Cette commission aura encore 4 semaines de réunions
et de négociations, donc beaucoup de choses peuvent encore changer !
Je souhaite vous faire part de mes expériences jusqu’ici. J’espère que cela vous
donnera à réfléchir.
Reconnaissance de la surdicécité
Très tôt, il a été clair que le groupe, pendant les réunions, parlait deux
langages différents ! Les représentants nationaux, dont beaucoup étaient des
juristes, parlaient un langage plus juridique, tandis que les organisations de
handicapés parlaient un langage plus antidiscriminatoire. Les juristes avaient
peur d’énoncer de nouveaux droits qui n’étaient pas encore formulés dans les
autres conventions existantes. Les organisations de handicapés devaient faire
pression pour obtenir ne serait-ce que le droit à un environnement accessible et
l’accès à l’information et à la communication jusqu’au bout.
Certains délégués demandaient une définition du handicap, et d’autres pensaient
qu’il était dangereux d’en avoir une. Une définition pourrait aussi être
utilisée comme une arme contre nous.
C’était la même chose pour mentionner des handicaps, comme la cécité ou la
surdité ou la surdicécité. Par exemple, si on dit que la langue des signes doit
être reconnue pour les sourds, on exclut d’autres groupes qui utilisent aussi la
langue des signes. Il peut aussi y avoir des handicaps et des syndromes que nous
ne connaissons pas encore. Ils seraient exclus aussi.
Convention et réglementation
Nous avons aussi trouvé la différence entre une convention et les réglementations. Les réglementations sont des directives pour les états pour la création de services. La surdicécité y est mentionnée ; dans le supplément à la réglementation qui est encours d’adoption , la surdicécité est mentionnée encore plus. Le combat pour obtenir la reconnaissance de la surdicécité comme handicap unique est un combat politique. Une convention va plus loin que cela. Ce doit être un document solide qui a une base légale internationale. C’est pourquoi la " liberté d’expression " est devenue une question très importante pour moi. Le droit d’avoir sa propre langue n’est pas un droit existant, mais la liberté de s’exprimer de sa propre manière (en pensant à la langue des signes et à la communication tactile) existe. Il y aura même une définition de la langue où la communication tactile sera mentionnée. Je n’ai pas pu aller plus loin !
Education pour tous
Un autre point difficile a été l’éducation. La soi-disant " éducation inclusive " a de fervents supporters parmi les délégués nationaux et parmi d’autres organisations de handicapés. Là, l’Union mondiale des aveugles, la Fédération mondiale des sourds et la Fédération mondiale des sourds-aveugles ont dû se battre pour les besoins spéciaux des aveugles, des sourds et des sourds-aveugles. Pour beaucoup, l’éducation spéciale était liée aux institutions, où les personnes handicapées sont habituellement enfermées et exclues de la société. L’institutionnalisation doit être évitée, mais il faut reconnaître que les sourds-aveugles ont leurs propres besoins particuliers de communication, information et mobilité. Il faudra que nous nous battions énergiquement , dans les autres instances des Nations Unies aussi, pour que l’éducation spécialisée reste mentionnée comme possibilité pour ceux qui en ont besoin.
Il y encore beaucoup d’autres questions...
Et le droit à la vie ? Est-ce que cela inclut aussi le droit de survivre, en
pensant à la qualité de vie des sourds-aveugles ?
Est-ce que le droit à l’accessibilité inclut aussi le droit d’avoir accès à
l’eau potable ?
Jusqu’à quel point la santé est-elle liée à la rééducation ? Avons-nous droit à
la rééducation ?
Et la famille ? L’emploi ? Et un niveau de vie raisonnable ?
Toutes ces questions seront discutées à l’avenir.
J’espère pouvoir présenter la prochaine fois un projet de Convention, qui
deviendra un instrument légal pour garantir le droit à tous les services dont
les sourds-aveugles ont besoin.
Lex Grandia, Secrétaire Général de la Fédération mondiale des sourds-aveugles
Snehvidevej 13, DK 9400 Noerresundby, Denmark
Tél. +45 98 19 20 99 – Fax : +45 98 19 20 57 – Mobile : +45 23 26 91 52
Email :
ANNONCE DE CONFERENCE
ICEVI Conseil International pour l’Education des DbI
personnes déficientes visuelles (17-19 novembre 2004) 20-21
novembre 2004
2e Conférence asiatique conjointe ICEVI-DbI
Organisée par le Réseau Népal ICEVI
1ère annonce
Bienvenue au Royaume himalayen du Népal, la terre du yak et du yéti, le pays de
l’Everest
Lieu de la conférence : Nepal Administrative Staff College, P.O. Box 2152, Jawalakhel, Laitpur, ( près de Katmandou), Népal
ICEVI est une association globale de personnes et d’organisations pour la promotion de l’égalité de l’accès à une éducation appropriée pour tous les enfants et les jeunes déficients visuels pour qu’ils puissent réaliser tout leur potentiel. Son but est d’assurer l’accès et la pleine participation à l’éducation ; de promouvoir des moyens locaux et d’aider à les construire ; de collaborer avec les réseaux locaux pour garantir la durabilité ; de fournir les informations appropriées et de construire une structure appropriée et durable. Pour plus d’informations sur ICEVI rendez-vous sur le site
www.icevi.orgDbI est l’association mondiale pour la promotion des services pour les sourds-aveugles. Elle rassemble des professionnels, des chercheurs, des familles, des sourds-aveugles et des administrateurs pour faire connaître la surdicécité et faire campagne pour les droits des sourds-aveugles de tous âges à une bonne qualité de vie. Peuvent y adhérer les organisations, institutions, réseaux et personnes physiques. Pour plus d’informations, voir :
www.deafblindinternational.org2e conférence asiatique conjointe ICEVI-DbI
Encouragés par le succès de la première conférence conjointe, ICEVI et DbI ont décidé d’organiser la 2e conférence dans le cadre magnifique de l’Himalaya, à Laitpur aux environs de Katmandou, au Népal. La conférence d’Asie occidentale de ICEVI se tiendra du 17 au 19 novembre, suivie par la conférence de DbI les 20 et 21 novembre 2004.
Thèmes de la conférence
Conférence ICEVI – La " bonne " méthode d’inclusion
Conférence de DbI – Surdicécité – Faire tomber les barrières en Asie
Comité d’organisation : présidé par Dr L.N.Prasad, avec M.Madhav Ariyal, secrétaire et Dr Bushan Punani, secrétaire à l’organisation. Les membres comprennent MM.Rajan Bahadur Raut, Rakesh Prasad Srivasta, Krishan Prasad Bhattarai, Janardan Nepal et Shyam Sunder Sharma ( tous du Népal) ; M.Gopal Krishna Aggrawal ( Inde) avec le président et le secrétaire de l’ICEVI ainsi que le secrétaire de DbI comme membres de droit.
Commissions scientifiques : La commission scientifique d’ICEVI sera présidée par le Dr M.NG.Mani. Les membres comprennent Mme Manju Samaddar ( Bangladesh), M.T.D.T.L.Dhanpala ( Shri Lanka), Dr S.R.Mittal ( Inde) M.Kumar Thapa ( Népal).
La commission scientifique de DbI sera présidée par M.Akhil S.Paul. Les autres membres comprennent M.Sigid Widodo (Indonésie), Mme Punitha Kovindaraju ( Malaisie), Mme Suwimon Udom (Thaïlande), Mme Milagrous Wayno ( Philippines), Mme Indira Shrestha (Népal), Mme Sheila Sinha (Inde), Mme Yolanda T.Capulong (Philippines) et Mme Vimal Thawani (Inde)
Commission de mobilisation des ressources : La commission ICEVI sera présidée par le secrétaire de l’ICEVI, Mme Nandini Rawaï avec Mme Grace Chan ,conseillère, et Mme Indira Srestha (Népal), membre. La commission de DbI sera présidée par le secrétaire de DbI, M.Richard Hawkes, avec Mme Binali Suhandani (inde) et M.Shyam Sundar Lal Kachapati( Népal), membres.
Inscription : Pour qu’elle soit accessible aux participants, en
particulier aux éducateurs d’enfants déficients visuels et/ou sourds-aveugles,
les organisateurs ont fixé un prix d’inscription très raisonnable :
ICEVI seulement : 80 dollars US
DbI seulement : 50 dollars US
ICEVI ET DbI : 100 dollars US
Tous les éducateurs, professionnels, membres des familles et bénévoles des déficients visuels et sourds-aveugles peuvent envoyer le formulaire d’inscription dûment complété par Email à
icevi-dbiasia@sparsh-india.orgPour tout renseignement complémentaire, s’adresser à :
M.Madhav Prasad Ariyal, secrétaire, représentant du pays, réseau ICEVI Népal – Email :
glap@htp.com.npNOUVELLES DE L’ADMINISTRATION
Le Conseil de DbI a créé une sous-commission d’élaboration de la politique
par Malcolm Matthews, de Sense, président de ce nouveau groupe
Dans le cadre de l’application de sa stratégie pour le développement de DbI et de promotion des services pour sourds-aveugles, le Conseil de DbI a décidé de créer une sous-commission d’élaboration de la politique . Avec moi dans ce groupe il y a Stan Munroe (Canada), Mike Collins et Bernadette Kappen (Etats-Unis), Graciela Ferioli (Argentine), Dr Bushan Punani (Inde) , et Ricard Lopez ( Espagne). La sous-commission dépendra du Conseil de DbI.
Le contexte de cette commission
L’élaboration et la diffusion d’une politique n’est pas une fin en soi. Le travail d’élaboration des politiques aura pour but d’aider et de soutenir les activités suivantes :
Le travail de la sous-commission aidera les praticiens en surdicécité à présenter clairement certaines déclarations qui sont à la base du travail de DbI , en particulier :
Les processus suivis par la sous-commission devront inclure :
Les principales productions de la sous-commission seront :
Nous espérons pouvoir y ajouter ( en fonction des ressources à venir) :
Les tâches que le groupe s’est fixées :
Programme international d’action sur les services pour sourds-aveugles
Une première tâche est la préparation d’un document complet couvrant tous
les aspects de " la prise en charge sociale " concernant la surdicécité et la
prestation de services aux sourds-aveugles. Un second projet est en préparation
et le troisième projet sera envoyé aux membres du conseil au début de l’été.
C’est un document d’action. On peut en extraire les points d’action pour faire
un " manifeste " séparé. On peut aussi en extraire différentes combinaisons
d’éléments pour avoir des déclarations sur différentes questions concernant les
sourds-aveugles qui peuvent être utilisées à un niveau national dans différents
pays.
Le but de ce programme international sur les services pour sourds-aveugles est
de fournir un cadre pour aider les organisations et les personnes dans
différents pays à promouvoir la prise de conscience de la surdicécité et du
besoin de services.
A la conférence mondiale de DbI en 1999, la résolution suivante a été adoptée :
" DbI appelle les gouvernements du monde entier, en considérant les
définitions du handicap et les descriptions des catégories de handicap, à
reconnaître spécifiquement la surdicécité. Surdicécité signifie une combinaison
de déficience visuelle et de déficience auditive. Une telle reconnaissance doit
figurer dans la législation – et doit se référer aux besoins particuliers des
personnes sourdes-aveugles, qui sont différents des besoins des personnes ayant
une seule déficience sensorielle ".
Ce programme fournit un cadre dans lequel les organisations peuvent développer
les méthodes et services qui conviennent aux différentes cultures et répondent
aux besoins des différents pays. Il ne donne pas un plan complet de prestations
de services.
Le programme peut servir d’instrument pour influencer les gouvernements et
les ONG et les organisations internationales pour promouvoir une législation qui
reconnaît les droits et les besoins des sourds-aveugles, et pour exposer
clairement les problèmes au public.
Le programme peut aussi au développement du secteur sourd-aveugle, en aidant à :
Bien sûr, le programme ne compromet pas l’autonomie des organisations, ni en restreignant leur droit d’agir seules ni leur droit de travailler en dehors de ce cadre.
Reconnaissance de la surdicécité à un niveau national et régional
On prépare aussi des études de cas d’exemples de reconnaissance de la
surdicécité au niveau national ou de l’état ou à un niveau régional. Ces études
de cas peuvent être utiles aux membre de DbI pour la promotion de la
reconnaissance de la surdicécité dans leur propre pays.
Des études de cas sont actuellement proposées sur les pays ou sujets suivants :
Si vous êtes intéressé par la préparation d’une communication sur la reconnaissance dans votre pays, je serais très heureux d’avoir de vos nouvelles.
Matériels de formation et ateliers ou séminaires
Des conseils pour l’utilisation des documents et pour faire campagne pour la
reconnaissance des besoins des personnes sourdes-aveugles et pour promouvoir la
prestation des services seront aussi préparés. Cela peut aussi comprendre la
préparation et le pilotage d’un court stage ou la préparation d’une session pour
les prochaines conférences de DbI.
Il serait utile que les lecteurs nous indiquent quelle pourrait être la demande
pour un stage ou une session de ce genre.
Education
Une autre activité envisagée est de travailler avec d’autres pour convenir
d’une politique d’éducation. Cela pourrait être dans la ligne de la déclaration
politique commune du Conseil international pour l’éducation des personnes
déficientes visuelles ( ICEVI) et l’Union mondiale des aveugles.
Pour DbI, une déclaration commune avec l’Union mondiale des sourds-aveugles
serait préférable à un document adopté seulement par DbI. Lex Grandia , de
l’Union mondiale des sourds-aveugles, a été un invité important à la dernière
réunion du Conseil de DbI, et en conséquence nous espérons que nos deux
organisations pourront travailler ensemble à une déclaration commune.
Proposition de Convention internationale sur la protection et la promotion des droits et de la dignité des personnes handicapées
La proposition de convention des Nations Unies sur le Handicap pourrait être
un instrument extrêmement important pour obtenir des droits pour les
sourds-aveugles. Nous voulons que la convention réponde spécifiquement aux
besoins des sourds-aveugles.
Donc DbI veut travailler avec Lex et l’Union mondiale des sourds-aveugles pour
que les gens dans notre secteur soient informés des développements et permettre
aux sourds-aveugles, à leurs organisations et aux membres de DbI d’influencer
les participants aux Nations Unies. Pour plus d’informations, allez sur le site
Prochaines étapes ?
Il faudra beaucoup d’efforts de beaucoup de gens pour entreprendre les
tâches que je viens de décrire. Il faudra que nous établissions un plan de
travail à plus long terme basé sur la direction stratégique de DbI et les
réactions et les idées de nos membres. Donc, restez en contact pour aider la
nouvelle sous-commission à faire une différence dans la vie des personnes
sourdes-aveugles dans le monde entier.
Enfin, n’oubliez pas que les progrès seront exposés dans DbI Review et sur le
site de DbI.
Malcom Matthews
Nouvelles du comité de direction
Des réunions du comité de direction et la première réunion du nouveau
conseil se sont tenues à Hertogenbosch, Hollande, les 27 et 28 février 2004. Il
y a eu d’importantes discussions sur l’augmentation du nombre des organisations
membres, les publications de DbI , le site web et beaucoup d’autres points.
Nouvelles du Conseil
Le centre de ressources sur la surdicécité de Hollande et Sense
International ont été acceptés comme membres à part entière du Conseil de DbI.
Ils seront représentés respectivement par Christoff Marthaler et Geoffrey Atieli.
Cotisations
Le Conseil a décidé de fixer les cotisations en Euros, à cause des sommes
importantes que DbI perd dans les opérations de change. De plus, lors de la
réunion en Hollande, tous les membres du Conseil ont pris sur eux de chercher à
faire adhérer de nouveaux membres.
Pour une copie intégrale des minutes du comité de direction ou du conseil, s’adresser à :
secretariat@deafblindinternational.orgLes principaux événements à venir sont :
5e séminaire du réseau surdicécité acquise
" Espérances, opportunités et possibilités " du 29 octobre au 2 novembre
2004. Le séminaire aura lieu à Harrogate, Royaume-Uni. Pour plus de détails,
s’adresser à :
2e Conférence asiatique ICEVI-DbI, à Lalitpur, près de Katmandou au Népal , la conférence d’ICEVI est du 17 au 19 novembre et la conférence de DbI les 20et 21 novembre.
6e Conférence européenne de DbI, du 2 au 7 août 2005 à Presov, Slovaquie
La prochaine conférence mondiale de DbI aura lieu en Australie en 2007.
Mise à jour du fichier des adhésions
DbI remercie pour leur soutien continu les grandes et petites associations/
personnes morales adhérentes. Nous encourageons vivement les personnes physiques
à adhérer à DbI afin de contribuer à notre communauté mondiale dans le domaine
de la surdicécité et de l’élargir. Il y a actuellement 614 membres dont 44
associations membres de 79 pays différents, comprenant 43 membres d’Afrique, 76
d’Asie, 38 d’Australie, 337 d’Europe, 96 d’Amérique du Nord et 13 d’Amérique du
Sud.
Sense Ecosse fait maintenant partie des grandes organisations membres !
Cette année nous avons l’intention de mettre à jour notre base de données, donc
il est important de renouveler votre adhésion dès que possible.
Si nous n’avons pas de vos nouvelles le 30 septembre , nous supposerons que vous
ne voulez plus être membre et vos coordonnées seront effacées de la base de
données.
Des rappels ont été envoyés aux associations et individus membres. Tous les
membres ont maintenant un numéro spécial de membre à utiliser dans toute future
correspondance. Adressez-vous au secrétariat pour avoir plus de renseignements
sur votre numéro de membre.
Encouragez vos amis et collègues à adhérer à DbI comme membres individuels .
Si vous avez des questions sur le statut de votre adhésion, n’hésitez pas à
contacter le secrétariat à :
Site web DbI
Nous essayons que le site donne les dernières nouvelles et informations sur DbI. Allez sur
www.deafblindinternational.orgNous accueillons volontiers les nouvelles contributions au site, aussi si vous voulez envoyer quelque chose ou annoncer un événement ou un succès récent, envoyez les détails à Eileen Boothroyd à :
eileen.boothroyd@sense.org.ukSecrétariat de DbI
Le secrétariat de DbI est maintenant basé en Inde !
Après la conférence mondiale du Canada, Sense International a été désigné à
nouveau pour continuer à gérer le secrétariat. Ils ont pensé qu’on pouvait
offrir un service encore meilleur en déplaçant la majorité du travail de
secrétariat en Inde. Richard Hawkes reste secrétaire de DbI, avec l’aide d’un
secrétariat à Delhi, dirigé par Sumitra Mishra et Parag Namdeo.
Nous souhaitons mettre à jour les informations que nous avons sur vous et votre
organisation .
Si vous avez des questions sur votre adhésion actuelle, ou si vous désirez
remplir un formulaire d’adhésion par émail, contactez Sumitra à :
secretariat@deafblininternational.org ou adressez votre demande à :
DbI Secretariat
P.O. Box 9601
Janakpuri
New Delhi –110058
INDIA
Sumitra Mishra
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Juillet - décembre 2004
DbI Review
Le Magazine International des Sourds-AveuglesSOMMAIRE
Travail
avec des bénévoles : Stefan Spring et Catherine Woodtli Soutien aux
sourds-aveugles au Malawi : Ezekiel Kumwenda
Développement du potentiel des enfants sourds-aveugles d’après une
expérience personnelle : Nina Akuorkor Afutu
Institutions et services pour les sourds-aveugles en France : Jacques
Souriau, Jean-Marc Cluet, Annie Van Espen,Régine Larson, Jean-Philippe Verdier
Travail dans la communauté avec des jeunes sourds-aveugles (Inde)
Leela Agnes
Conférence CHARGE en France : Jacques Souriau
Mulljo 2004 – des vacances mémorables : Colin Bennett
Brève histoire de DbI : Mickael Collins
Voyager Princess : une étonnante et émouvante production théâtrale
1er Congrès international virtuel sur la surdicécité en Espagnol :
Ricard Lopez
Exposition Helen Keller
« Contact établi ! »
La Convention des Nations Unies et l’Education : Lex Grandia
Nouvelles des réseaux
Nouvelles régionales
Australie
USA
Laos
Afrique orientale
Conférences
8e
vacances européennes pour les sourds-aveugles.
Listen to me 3 – Conférence européenne des familles 2006
5e séminaire international du réseau surdicécité acquise
8e conférence mondiale Helen Keller
Assemblée générale de la Fédération mondiale des sourds-aveugles
(WFBD)
6e conférence européenne de DbI sur la surdicécité
Informations du Comité de direction
Nouvelles
du Comité.
Distinction honorifique DbI 2005
On demande coordinateurs de réseaux !
Message du Président
Bienvenue
à tous nos nouveaux membres et merci à vous tous, les anciens et les nouveaux,
pour votre soutien à DbI.
J’espère qu’alors que j’écris ces lignes beaucoup de membres seront en train de
s’inscrire ou d’envoyer leurs projets d’intervention pour la prochaine
conférence européenne de DbI prévue en août prochain ! La porte est ouverte à
tous pour participer à cette intéressante conférence et profiter de ce qui
s’annonce comme un programme et un cadre excellents. Je sais que tous
travaillent dur pour assurer votre confort et votre pleine participation.
Des questions de sécurité ont provoqué le report de la conférence asiatique, mais il y a des projets pour la faire dans un autre endroit au début 2006.
Votre comité de direction a eu le plaisir de rencontrer les représentants de Senses, l’organisation qui accueillera la prochaine conférence mondiale prévue en 2007 à Perth, Australie. Nous avons tous été très impressionnés par les préparatifs déjà entamés. J’irai rencontrer le comité d’organisation local en février 2005 avec Richard. Nous aurons aussi l’occasion de rencontrer l’équipe élargie de ceux qui sont impliqués dans cet événement et les prestataires de service dans ce domaine.
En réponse à notre récente demande, j’ai le plaisir de dire que nous avons déjà reçu trois candidatures intéressantes pour accueillir la conférence européenne de 2009. Nous espérons faire avancer les choses.
Nous avons toujours des relations cordiales et fructueuses avec la Fédération mondiale des sourds-aveugles ( WFDB), où nous avons la chance d’avoir un membre qui assiste aux assemblées de notre conseil. Et nous allons établir un protocole d’entente avec le Conseil international pour l’éducation des personnes déficientes visuelles ( ICEVI). Mike Collins représente DbI dans cette organisation. J’assisterai à l’assemblée générale et à la conférence mondiale de la WFDB l’année prochaine.
La création et le développement de réseaux est une priorité de DbI et cela reste une activité centrale de nos groupes constitués. Nous recherchons des coordinateurs de réseaux dans deux domaines importants – le développement du personnel et l’emploi. Si vous êtes intéressé, prenez contact avec Anny Koppen ( son adresse est en dernière page).
J’ai été invité par le Centre nordique de formation du personnel à sa conférence en Islande. Plus de 150 membres des personnels des cinq pays nordiques ont participé à une conférence extrêmement stimulante et bien organisée. L’assemblée annuelle de l’Association norvégienne des sourds-aveugles a été un autre grand moment de cette année.
Je garde à l’esprit les lieux que j’ai visités et l’incroyable gamme de gens, de services et d’intérêts de nos membres. Tant de professionnels dévoués, les personnes sourdes-aveugles elles-mêmes, et les membres de leurs familles, sont l’honneur de notre domaine, et je suis fier de savoir qu’ils se sentent chez eux dans notre association.
J’espère
vous voir en 2005 !
William.
EDITORIAL
Quelle diversité dans ce numéro ! Il y a des personnes inspirées qui parlent de leur travail ou dont nous parlent des gens qui les admirent et les soutiennent. Ezekiel Kumwenda, par exemple, est devenu brutalement sourd-aveugle, mais il n’a pas voulu que cela l’empêche d’être quelqu’un dans son pays. Il a choisi de travailler pour les droits des handicapés et en particulier des sourds-aveugles. L’histoire de Devi Amala, du Sud de l’Inde, est celle d’une autre réussite. Une fois que sa surdicécité a été reconnue et qu’un programme d’instruction a été mis en place pour répondre à ses besoins, elle a tout simplement pris son essor. C’est une jeune femme heureuse qui réussit bien et sa famille est fière de ses succès.
J’ai été agréablement surprise cet été lorsque j’ai su que Jan et Graham Scahill étaient venus en vacances de Nouvelle Zélande. Depuis de nombreuses années, j’entretenais une amitié par email avec eux – je leur racontais la vie ici et en retour ils me parlaient de l’association de Nouvelle Zélande et de toutes ses activités. Bien que leurs vacances aient été écourtées par un accident de Graham, ils étaient d’aussi bonne humeur que d’habitude et c’était bon de les rencontrer. Donc , salut à la Nouvelle Zélande !
En parlant de voyageurs intrépides.... les vacances pour les sourds-aveugles se tenaient en Suède cette année – un grand moment pour tous – et le lieu pour l’année prochaine – la Bulgarie – a déjà été fixé et beaucoup d’opportunités programmées.
Cela vous intéressera d’apprendre que nous essaierons de développer le site web dès que les finances le permettront. Pour le moment, il faut de la patience, mais je suis sûre que les études actuelles donneront un bon résultat à long terme.
J’espère
avoir de vos nouvelles et faire connaître votre travail dans la revue ou sur le
site web.
Eileen.
eileen.boothroyd@sense.org.uk
http://www.deafblindinternational.org
Travail avec des bénévoles
Dans cet article, Stefan Spring et Catherine Woodtli décrivent les expériences innovantes des Services de Soutien de la SZB en développant le concept d’emploi bénévole et en apportant la preuve de son succès.
Les Services de Soutien pour les Sourds-Aveugles de l’association nationale suisse pour les aveugles ( SZB) proposent soutien social, rééducation et activités socio-culturelles aux personnes sourdes-aveugles et aux personnes déficientes auditives et visuelles qui ne sont pas en hôpital. La plupart des clients ont une surdicécité acquise.
Dans beaucoup de cas, les déficients visuels et auditifs nécessitent une aide individuelle en mobilité, communication, et accès à l’information. Les conseillers sociaux n’ont pas le temps d’accompagner leurs clients à des fêtes, en vacances et à diverses autres occasions, et de toute façon ce n’est pas leur travail. D’autre part, les parents ne sont pas toujours disponibles pour ces tâches et , dans certains cas, les clients préfèrent quelqu’un de plus neutre pour les accompagner. En Suisse, il n’y pas encore de services d’assistants professionnels. Pour cette raison, la SZB a fortement encouragé la coopération avec des employés bénévoles et a ainsi développé un concept moderne. Le concept est subdivisé dans les étapes suivantes :
-
recrutement de nouveaux employés bénévoles
-
présentation et
test des aptitudes
-
formation et formation continue
-
organisation des affectations
et suivi des employés bénévoles
-
contrôle de la performance des
employés bénévoles.
Mission des employés bénévoles
Les employés bénévoles travaillent pour la SZB et se voient assigner une mission spécifique. Les employés bénévoles doivent permettre à la personne sourde-aveugle ou déficiente visuelle et auditive d’atteindre son but en lui apportant un accompagnement fiable et l’aide nécessaire. Les souhaits de la personne ( par exemple, participer activement ou passivement à un événement, continuer ou arrêter une tâche, etc.) doivent toujours être respectés.
Les activités comprennent :
- accompagner les personnes déficientes visuelles et auditives ou sourdes-aveugles chez le médecin, l’orthophoniste, ou le kinésithérapeute, pour faire du shopping, des visites, promenades, activités sportives, voyages ou à des séminaires, congrès et autres activités de groupes de sourds-aveugles etc.
- accompagner ces personnes à des événements organisés dans le cadre du programme annuel de la SZB, tels que réunions de groupes, cours, ateliers, fêtes, excursions, vacances etc.
- des missions dans le cadre de projets sans contact direct avec les personnes déficientes visuelles et auditives ou sourdes-aveugles ( travail de secrétariat, de chauffeur, vente de produits artisanaux etc.)
Les résultats en chiffres
Les Services de Soutien aux Sourds-Aveugles de la SZB peuvent compter sur environ 170 employés bénévoles. Au total, ceux-ci ont travaillé 12 726 heures en 2003. Vu la taille de la Suisse, c’est un total d’heures très impressionnant qui correspond à une augmentation de 13% par rapport à 2002. Ces heures sont équivalentes à 7 emplois à plein temps avec une productivité de 100% ! Et ce qui est particulièrement important pour la SZB : pour faire ce travail, la SZB aurait eu besoin de 12 à 14 employés permanents. Si l’on transpose en Francs suisses, cela démontre que ceux qui donnent de leur temps sont considérés à juste titre comme les donateurs les plus généreux ( valeur : 1.2 à 1.5 millions de Francs suisses, soit 800000 à 1 million d’euros).
L’analyse des heures travaillées indique que le plus grande partie est due à un groupe d’employés bénévoles qui travaillent entre 150 et 300 heures par an, ce qui correspond à une demi-journée par semaine et est donc conforme aux recommandations pour le travail bénévole moderne.
En 2003, on a offert aux employés bénévoles 14 jours de formation, auxquels ont assisté 150 personnes. La SZB a passé 2.248 heures de travail à organiser le travail et la formation des bénévoles en 2003 et a investi environ 146000 Francs suisses ( 97000 euros ) en frais de déplacement, formation et formation continue, ainsi que pour le recrutement du personnel bénévole. Les graphiques montrent le résultat positif de ce travail.
Le travail bénévole organisé par les services de soutien de la SZB pour les sourds-aveugles sert d’exemple dans toute la Suisse. En 2005, le concept de la SZB et ses outils respectifs concernant la formation continue seront mis à la disposition de toutes les associations suisses travaillant avec les personnes déficientes visuelles et auditives ou sourdes-aveugles.
Stefan
Spring
Directeur des Services de soutien aux Sourds-Aveugles de la SZB
Catherine Woodtli
Chef des Relations Internationales Contact : szb.tbbl-cw@zugernet.ch
Soutien aux Sourds-Aveugles au Malawi
Ceci est l’histoire d’un homme remarquable, Ezekiel Kumwenda, et de sa détermination à faire connaître les sourds-aveugles et à développer les services pour eux au Malawi
Je m’appelle Ezekiel Kumwenda. Je suis né le 5 mai 1970 et j’ai perdu la vue et l’ouïe le 9 juillet 1990. A l’époque, j’étais en 3e à l’école secondaire de Chichili. Un matin, alors que j’étais en classe, j’ai eu un violent mal de tête. Le mal de tête a persisté et j’ai été admis au Queen Elizabeth Central Hospital pendant un certain temps avant que l’on diagnostique que j’avais une tumeur au cerveau qui devait être opérée en Afrique du Sud. A cause de la tumeur, j’ai commencé à perdre la vue et l’ouïe – les deux se sont détériorées progressivement. Mais je n’ai pas tout perdu car la grâce était avec moi. Avec la divine providence, j’ai survécu à l’une des plus délicates opérations du cerveau à la Garden City Clinic en Afrique du Sud et je m’en suis sorti.
Bien que la tumeur ait été enlevée, je n’ai pas recouvré entièrement la vue et l’ouïe.
Je me suis trouvé dans la catégorie des personnes déficientes visuelles et auditives.
La population du Malawi compte un pourcentage considérable de personnes déficientes visuelles, ainsi que d’aveugles et de sourds. Il a fallu envisager une autre école lorsque j’ai été guéri, comme je n’avais plus toute la vue et l’ouïe. Après de longues discussions, on m’a envoyé à l’école secondaire St Patrick à Blantyre où ils étaient équipés pour des élèves aveugles seulement. Au début, c’était très dur de vivre comme un aveugle malentendant après avoir eu le privilège de voir. J’ai dû apprendre le Braille. J’ai rencontré beaucoup de problèmes – par exemple en cours je ne pouvais pas prendre de notes et je n’entendais pas le professeur qui parlait, mais il fallait que je passe les mêmes examens que les étudiants normaux. Je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs autres étudiants dans le pays qui étaient confrontés aux mêmes injustices et manque de considération, sans qu’on entende leurs voix.
En 1995, j’ai rassemblé un certain nombre d’étudiants aveugles du pays pour parler de leur conditions d’éducation dans le pays. Suite à la réunion, l’Union des étudiants pour les aveugles a été créée , pour être la voix des déficients visuels dans le pays, et dans le but de s’attaquer aux problèmes liés à leur éducation. En 2000, j’ai été élu président de l’Union des aveugles du Malawi. Lorsque j’étais président, je me suis rendu compte qu’il y avait un groupe de personnes qui nécessitaient une attention particulière et qui étaient, comme moi, sourds-aveugles. Ni le gouvernement du Malawi ni le secteur privé n’avaient de services pour eux.
En 2001, j’étais à la tête du groupe qui a formé Handicap visuel et auditif du Malawi , dont la mission était d’ouvrir les yeux des autorités afin que nos frères et nos soeurs sourds-aveugles puissent commencer à voir la lumière au bout du tunnel. Le Malawi a réellement un nombre très important de sourds-aveugles et ni le gouvernement ni le secteur privé n’ont de services pour eux. Les principaux services de Handicap Visuel et Auditif du Malawi (VIHEMA) sont ceux de défense, rééducation, formation professionnelle, vie autonome et autonomie économique.
Depuis la création de cette organisation, de grandes réalisations ont été faites – par exemple une unité pour sourds-aveugles a été créée à la Mount Fort Demonstration School à Nguludi, dans laquelle cinq enfants ont été admis. Maintenant que VIHEMA va veiller au bien-être des sourds-aveugles, nous cherchons des partenaires pour nous soutenir sous la forme de conseils, de financement, et de directives techniques sur une étude de base, et l’apport d’une expertise en surdicécité à court terme pour recueillir des fonds.
Ezekiel Kumwenda
Coordinateur des Sourds-Aveugles Ezekiel.Kumwenda@yahoo.com
Contactez Ezekiel si vous voulez en savoir plus sur son travail ou si vous pensez que vous pouvez aider VIHEMA.
8E VACANCES EUROPEENNES POUR LES SOURDS-AVEUGLES
Bulgarie, juillet 2005
Chers amis,
Nous
attendons votre inscription pour participer à ce programme soigneusement
organisé. Il a été préparé par l’Association nationale des sourds-aveugles de
Bulgarie, en coopération avec l’Union des aveugles.
J’espère vous rencontrer tous en Bulgarie !
Dimitar Parapanov, Président de l’Association nationale des sourds-aveugles de Bulgarie
LIEU : la ville de Varna, grande station balnéaire sur la Mer Noire. A Varna, il y a un aéroport international, une gare ferroviaire et une gare routière.
HEBERGEMENT : L’internat pour enfants déficients visuels de Varna, situé dans une belle forêt calme, à 10 minutes à pied de la plage et à 20 minutes à pied de la ville. Chambres doubles, chacune avec toilettes et douche/bain ( eau chaude et froide).
DUREE : 7 jours
PRIX : Pension complète en chambres doubles, transports à Varna et excursions et toutes les activités au programme – 290 euros par personne
Vous voulez en savoir plus ? Renseignements complémentaires avec détails, programme, formulaire d’inscription, etc. en janvier 2005.
Si vous avez des questions ou si vous voulez vous inscrire, contactez : nadbbg@mbox.digsys.bg
Développement du potentiel des enfants sourds-aveugles –selon mon expérience
personnelle
Dans cet article Nina Akuorkor Afutu décrit son expérience personnelle de travail avec des enfants sourds-aveugles au Ghana.
Le handicap prend différentes formes. Il y a les handicaps simples comme la surdité, la cécité et l’arriération mentale, mais un groupe présente des handicaps multiples : ceux qui sont atteints de surdicécité. Beaucoup de gens croient que les sourds-aveugles sont incapables de jouer un rôle actif dans la vie, ce qui n’est pas du tout le cas. Durant les cinq années où j’ai travaillé avec des sourds-aveugles, je me suis rendu compte qu’ils ont des aptitudes, un potentiel et la capacité de faire beaucoup pour améliorer leurs vies quand on leur donne l’aide nécessaire en termes de ressources humaines et matérielles.
Réalisation du potentiel
Lorsque je suis allée pour la première fois enseigner dans une classe de sourds-aveugles, en particulier de totalement sourds-aveugles, j’ai trouvé que cela était un vrai défi. J’ai eu de l’aide grâce à un collègue qui faisait ce travail depuis quelque temps et qui m’a donné quelques indications. Lorsque j’ai appliqué ces indications et ces techniques que mon collègue m’avait transmises, j’ai trouvé intéressant d’enseigner et d’apprendre avec ce groupe d’enfants.
Voici quelques unes des choses que je conseillerais pour enseigner aux sourds-aveugles :
- Il faut beaucoup de patience, d’amour, et de temps pour obtenir de bons résultats
- Les principaux canaux (sens) par lesquels se fait l’apprentissage effectif sont la vue et l’ouïe. Lorsque ces sens sont déficients , il est très difficile de communiquer avec l’environnement. C’est la situation dans laquelle se trouvent les sourds-aveugles. Par conséquent, dans le processus d’enseignement et d’apprentissage des sourds-aveugles, il faut utiliser tous les modes de communication, selon les besoins et les capacités de la personne ( Miles & Riggio, 1999), afin que les informations soient reçues et exprimées.
- Il faut tenir compte du niveau de la personne sourde-aveugle, et de sa capacité et de sa vitesse d’apprentissage, avant de fixer les tâches.
- Il est très important d’impliquer l’enfant dans toutes les activités ou tâches
- Il faut décomposer les tâches ou activités en petits buts à atteindre pour permettre la formation des concepts et l’acquisition des compétences nécessaires.
- De même, les tâches ou activités de routine doivent être pratiquées constamment car cela facilite l’élargissement de possibilités et l’apprentissage.
- Il faut utiliser diverses stratégies d’enseignement, telles que : analyse des tâches, motivation, utilisation d’objets ou matériaux variés, images, modèles, Tadoma, signes ou signes tactiles, Braille et dactylologie – tout cela rend l’enseignement et l’apprentissage très motivants et vivants.
- Une motivation en termes de louanges ou de récompenses, telle que tapoter ou serrer la main de l’enfant, ou applaudir , ou autres gestes de félicitations, doit toujours être donnée pour une tentative d’effectuer une tâche. L’enfant ou la personne sourde-aveugle est très heureux quand on lui donne ces encouragements et veut bien répéter l’activité ou le travail quand on le lui demande.
- La durée d’attention de la plupart des sourds-aveugles est limitée : pour cette raison, les périodes d’accomplissement de tâches ne doivent pas être trop longues. Cela évite que le sourd-aveugle s’ennuie et perde son intérêt pour le travail.
- Les objets et matériels doivent être largement utilisés car ils apportent beaucoup de joie.
- Pour que l’enseignement et l’apprentissage soient efficaces et intéressants, il est important de briser tout ennui, fatigue ou refus de faire une tâche particulière en donnant à l’enfant un petit moment pour se relaxer, ou en l’emmenant se promener autour de l’école, ce qui sera reposant. Si toutes ces stratégies échouent, changez de tâche.
- Inclure de petites excursions d’étude, ou des excursions éducatives, dans leur environnement d’apprentissage et à l’extérieur, car cela est motivant à la fois pour le maître et pour l ‘élève.
- L’utilisation du système du calendrier rend l’enseignement très efficace et signifiant pour l’enfant. Cette méthode aide l’enfant à anticiper les événements, à prendre conscience du temps et à établir une manière séquentielle d’effectuer les activités quotidiennes. Major (1999) a souligné que l’utilisation du système du calendrier est une stratégie efficace et à recommander.
- Permettre les choix dans un calendrier ou emploi du temps car cette stratégie développe l’apprentissage.
- Enfin, lorsqu’on enseigne à des enfants sourds-aveugles, il n’y a pas de satisfaction immédiate , comme dans l’enseignement habituel. La satisfaction n’arrive que le jour où la personne sourde-aveugle peut effectuer une tâche de manière autonome. C’est alors que la personne sourde-aveugle, ainsi que l’enseignant, peuvent être très heureux parce que l’apprentissage a eu lieu.
Conclusion
Les différentes techniques définies pour enseigner aux sourds-aveugles, si on les applique, rendront l’enseignement à ces enfants flexible, facile, très intéressant et agréable. IL est conseillé aux parents, aux tuteurs et à tous ceux qui sont en contact avec des sourds-aveugles d’aider à développer l’apprentissage chez les sourds-aveugles en utilisant les stratégies positives définies car cela permettrait de leur donner une situation sur l’échelle éducative.
Références
MAJORS, M.M.
(1999)
Martha’s matrix for deafblind programme – Perkins School for the Blind.
MILES B. & RIGGIO M. (1999)
Remarkable conversations. A guide to developing meaningful communication with
children and young adults who are deafblind. - USA Conrad N.Hilton Foundation
Contact: mamaakuorkor@yahoo.com
Asante Boateng – un élève doué
Nina raconte :
Asante Boateng est un jeune sourd-aveugle qui étudie au Centre. Il est arrivé à
l’âge de 5 ans et il a maintenant 14ans. Il est relativement mobile et nous
trouvons qu’il est brillant !
Il suit des programmes scolaires comme du calcul simple pour compter, la lecture de mots simples et l’orthographe, et aussi les signes tactiles, la cuisine, l’hygiène personnelle, la mobilité, et les compétences de vie quotidienne ou d’autonomie, et le Braille.Il a aussi du talent et acquiert des compétences professionnelles. Il fait du tissage de paillassons, de chemins de table, et fabrique des balles en peluche.
Institutions et services pour les sourds-aveugles en France
Voici le premier d’une série d’articles sur les organisations françaises que nous présente Jacques Souriau
La plupart des associations opérant dans le domaine de la surdicécité en France sont représentées au sein de DbI par l’ANPSA (Association Nationale pour les Sourds-Aveugles) qui recueille auprès de ces associations les fonds nécessaires à l’adhésion à DbI. J’ai donc pensé qu’il serait intéressant et utile de présenter, par une série d’articles, les différentes personnes impliquées dans le monde de la surdicécité en France.
Il y a en France environ 20 institutions où les sourds-aveugles peuvent être accueillis , outre les services de soutien des instances locales. Ces équipements couvrent une large gamme de services : éducation précoce, scolarisation, équipements pour les personnes dépendantes, ateliers protégés, aide à l’autonomie à domicile, personnes âgées etc. Plusieurs associations contribuent à la création, à l’organisation et aux activités quotidiennes de ces services. Je vais présenter l’ensemble de ce groupe dans une série de 4 articles consacrés :
·
au travail de
l’Association nationale pour les sourds-aveugles (ANPSA)
·
aux services pour les enfants
·
aux services pour les adultes
·
au Centre de Ressources
(CRESAM) et à ses projets actuels
Dans chaque article, les associations de gestion qui assurent le fonctionnement de ces services seront également présentées dans des encarts.
Pour ce premier article, j’ai demandé à Jean-Marie Cluet,
actuel président de l’ANPSA, et également directeur de Chevreuse, une
institution pour enfants sourds-aveugles près de Paris, de nous parler de cette
association. Il l’a fait avec l’aide d’Annie Van Espen, qui est sourde-aveugle,
et de Régine Larson, mère d’une jeune fille sourde-aveugle.
Nous parlerons aussi de l’association qui dirige Chevreuse : « l’Entraide
Universitaire » avec Jean-Philippe Verdier, qui en est administrateur et
représentant auprès de l’ANPSA.
ANPSA : l’association nationale pour les sourds-aveugles
L’ANPSA a été fondée en décembre 1978 par des parents et des professionnels qui voulaient faire mieux connaître les besoins des sourds-aveugles et une meilleure coordination des activités.
L’ANPSA se compose de 6 groupes :
·
les
sourds-aveugles
·
les représentants légaux des
sourds-aveugles mineurs ou sous tutelle
·
les membres des familles
·
les amis
·
les professionnels
·
les associations de gestion
Auparavant, il n’y avait pas d’association pour les
sourds-aveugles en France et maintenant l’ANPSA est l’organisme de référence
pour tous ceux qui sont atteints de surdicécité.
L’ANPSA s’organise autour des activités suivantes :
· L’édition d’un bulletin d’information : le « Bulletin de l’ANPSA », trimestriel, en Braille et en gros caractères.
· La rencontre annuelle des sourds-aveugles, avec un programme de loisirs et des ateliers de discussion
· Le secrétariat qui apporte des informations aux familles et aux sourds-aveugles sur leurs droits et sur les services ou institutions existantes et accessibles
· L’ANPSA est l’avocat des besoins et des attentes des sourds-aveugles auprès des autorités et des autres associations agissant pour les autres types de handicap.
· L’ANPSA soutient les projets de développement et les projets de création d’institutions et de services.
· Elle fournit des informations aux professionnels et aux organisations.
La rencontre annuelle des sourds-aveugles est considérée comme essentielle par l’ANPSA. C’est ce que confirme Régine Larson, la mère d’Annabelle, une jeune femme sourde-aveugle qui habite à Poitiers et travaille au CAT pour sourds-aveugles de La Chaume. Régine a toujours été très active au sein de l’ANPSA et organise depuis deux ans la rencontre annuelle des sourds-aveugles.
Elle déclare : « Chaque année, cette rencontre est l’occasion pour des personnes très éloignées géographiquement de se réunir. La préparation de cet événement, tout au long de l’année, donne également aux sourds-aveugles l’occasion de travailler ensemble et de rester en contact. Pour beaucoup des participants, c’est l’un des principaux événements de l’année et pour certains c’est même la seule occasion de sortir de leur petit cercle quotidien et de cultiver des amitiés durables, les encourageant à correspondre pendant le restant de l’année.
La rencontre a lieu chaque année dans un endroit différent, choisi exclusivement par les sourds-aveugles. Ainsi, les participants peuvent peu à peu apprendre à connaître les différentes régions du pays. Ces visites culturelles et touristiques composent l’environnement idéal de ce que les sourds-aveugles aiment le plus : discuter, bavarder et faire la fête. A fin de la rencontre, ils rentrent chez eux avec un stock de bons souvenirs qui les encouragent à préparer la prochaine rencontre et à entretenir une correspondance. »
Sourde-aveugle atteinte du syndrome d’Usher, Annie Van Espen est membre de l’ANPSA depuis 1984 et membre du Conseil d’Administration depuis 1987. Elle voudrait vous dire ce que l’ANPSA signifie pour elle :
« Il y a 25 ans, à cause de mes déficiences sensorielles, mes parents ont essayé de me trouver des occasions de sorties, donc j’ai essayé de trouver une association à laquelle je pouvais participer. Au début, c’était difficile parce que les associations soulevaient la question de mon second handicap : pour les sourds, je ne voyais pas, et pour les aveugles je n’entendais pas. En 1984, j’ai essayé de participer à la rencontre annuelle des sourds-aveugles à Villebon et c’est là que j’ai commencé à connaître les sourds-aveugles. Peu à peu j’ai commencé à m’intéresser au groupe et j’ai fait des progrès pour communiquer avec les autres sourds-aveugles. Je suis devenue moins timide. Je pense que c’est réellement l’association la mieux adaptée à mon problème. Parmi toutes les activités de l’ANPSA , la réunion annuelle est la plus importante, et c’est là que j’ai rencontré mon mari.
Je souhaiterais que l’ANPSA se développe. Ce n’est encore
qu’une petite association qui n’a pas assez de membres. Je voudrais qu’il y ait
des activités culturelles, manuelles et artistiques, ainsi que des activités
sportives, comme il y en a en Suisse romande, pour rapprocher les
sourds-aveugles. En France, il n’y a pas assez de ces activités. »
En décembre prochain , l’ANPSA célébrera son 26e
anniversaire.
Si vous voulez prendre contact avec l’ANPSA, l’adresse est : ANPSA 18 rue Etex
75018 PARIS
Tél. : +33 1 46 27 48 10
Fax : +33 1 46 27 59 31
Email :
a.n.p.s.a@wanadoo.fr
Entraide Universitaire
M.Jean-Philippe Verdier, administrateur de l’Entraide Universitaire, nous parle de son association :
« L’Entraide universitaire a été créée en 1954 par la Mutuelle Assurances Elèves (compagnie d’assurances mutuelles accident pour les enfants scolarisés dans la région parisienne). Cette association a créé ses premières activités pour les enfants assurés : des voyages scolaires éducatifs à la mer et à la montagne. Puis l’association s’est peu à peu intéressée aux enfants handicapés. D’abord, elle s’est intéressée aux enfants en difficulté sociale, et a créé des foyers d’accueil pour les enfants et des foyers pour adolescents. Ensuite, elle s’est tournée vers les handicapés mentaux et a crée , en 1970, le premier CAMSP ( Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) en France ( qui accueillait quelques enfants sourds-aveugles) et des CAT ( Centres d’Aide par le Travail).
Dans les années 80, l’Entraide Universitaire a commencé à s’occuper des handicapés sensoriels. En 1982, elle a créé un institut pour enfants sourds-aveugles à Chevreuse (dans la région parisienne) et en 1986 le CAT Jean Moulin ( qui au début accueillait des sourds-aveugles). Enfin, à Vélizy ( région parisienne), respectivement en mai 2000 et en 2001, sont nés un foyer et un CAT. Ces derniers projets étaient destinés à accueillir les jeunes adultes venant de l’institut de Chevreuse pour enfants sourds-aveugles ainsi que d’autres régions. Aujourd’hui, l’Entraide Universitaire gère 35 instituts dans 25 endroits différents. »
Si vous voulez prendre contact avec l’Entraide
Universitaire, voici l’adresse :
Entraide Universitaire
31 rue d’Alésia
75014 PARIS
Tél. : +33 1 40 47 93 00
Fax. : +33 1 40 47 93 47
Email :
siege.eu@entraideuniversitaire.asso.fr
site web :
www.entraideuniversitaire.asso.fr
Travail dans la communauté avec de jeunes sourds-aveugles
Dans cet article Leela Agnes, de la Holy Cross Service Society à Trichy, Inde, décrit la formidable réussite de Devi Amala, l’une des jeunes dont s’occupe son service. Avec l’aide spécialisée du Holy Cross Programme, et avec le soutien de sa famille, elle a transformé sa vie et est devenue une personne bien plus heureuse et un membre fier et apprécié de sa famille et de sa communauté.
Devi Amala est une sourde-aveugle de 17 ans. Notre agent local l’a rencontrée quand elle avait 15 ans, grâce à un chef de village qui a vu qu’elle avait besoin d’aide. Devi est sourde profonde, avec une micro cornée, un nystagmus et un problème cardiaque.
Lors de notre première visite chez Devi Amala, nous avons trouvé que sa famille la négligeait. Elle passait la plupart de son temps assise dans un coin sans rien faire, elle détestait les gens et ne laissait jamais entrer personne chez elle, sauf sa mère et deux de ses frères. Elle était entièrement dépendante de sa mère pour tous ses besoins quotidiens, et il n’y avait pas de moyens de communication entre elle et les membres de sa famille. Elle se conduisait comme quelqu’un ayant de sérieuses difficultés cognitives.
Donc nous avons décidé de nous centrer sur les compétences de vie quotidienne et nous avons fixé quelques objectifs. Après un peu de travail, un rapport s’est établi entre l’agent local et la fille, et nous avons constaté le désir d’apprendre de Devi Amala et le développement de ses intérêts.
Après deux années de formation, Devi Amala est maintenant complètement autonome dans sa vie quotidienne . Elle utilise des signes et des gestes pour communiquer. On lui a enseigné les compétences de base en lecture et écriture et elle sait maintenant écrire son adresse, les noms des gens de sa famille, les noms des légumes, des véhicules, des meubles, les formes, les couleurs etc. . Elle sait l’alphabet Tamoul en dactylologie. Les concepts de nombres ont été introduits et elle sait faire des additions à deux chiffres.
La mère de Devi Amala était fière et heureuse quand elle a commencé à apprendre à prendre part aux activités du ménage ! Devi Amala va chercher l’eau au robinet public proche, lave les vêtements, la vaisselle, balaie et lave le sol dans la maison, plie les nattes et range et entretient les objets du ménage. Elle sait préparer le thé, faire cuire le riz et les légumes. Son travail est net et propre et sa mère a été encore plus fière parce que sa fille accomplit les devoirs d’une dame Tamoul. Chaque matin, elle nettoie le devant de la maison et dessine un magnifique kollam par terre ( peinture ornementale sur le seuil de la maison - le kollam est une tradition culturelle tamoul et doit être fait tous les matins tôt).
Les membres de la communauté du village de Devi Amala et des alentours travaillent dans le textile et donc nous avons décidé d’apprendre le même travail à Devi Amala. Sa mère s’est chargée de lui apporter une formation professionnelle et s’est adressée à une petite entreprise artisanale pour fournir des serviettes et a appris à Devi Amala à faire des franges et des glands sur les serviettes. Devi Amala travaille maintenant toute seule et fait son travail normalement et avec beaucoup de compétence et de soin. Elle gagne assez pour apporter une grande contribution économique au revenu de cette famille pauvre.
La mère de Devi Amala dit qu’elle n’aurait jamais cru que sa fille puisse faire des tâches domestiques et un travail salarié, et devenir une personne utile dans la famille. Elle dit aussi : « Ma fille ne voulait jamais laisser entrer des parents ou des amis dans la maison, ce qui perturbait nos relations avec les autres, mais maintenant elle est très sociable et fait preuve d’hospitalité en servant le thé et en essayant de communiquer avec tous les invités ». Elle dit cela avec un profond sentiment de bonheur. La mère de Devi Amala dit aussi qu’avant elle devait l’aider pour tout ce qui concerne l’hygiène personnelle. Maintenant, après les cours d’orientation et de mobilité, elle est suffisamment autonome pour faire tout cela toute seule – même quand il faut se déplacer – ce qui est un grand soulagement pour sa mère. Maintenant sa mère, qui avait toujours fait l’objet de critiques de la part de ses voisins à propos du manque de progrès de Devi Amala, peut parler fièrement de ses compétences malgré son handicap, car Amala fait toutes les activités quotidiennes correctement et en temps voulu !
Leela
Agnes
leela-agnes@yahoo.com
cross@tr.net.in
NOUVELLES DES RESEAUX
Réseau des frères et soeurs
par Sabine Kirsten
Je vous informe qu’un e-groupe a été lancé par des membres espagnols. On peut y faire part de ses expériences et ceux qui veulent en savoir plus sur les relations entre les sourds-aveugles et leurs frères et soeurs peuvent poser des questions.
Les personnes intéressées par cet e-groupe peuvent me contacter pour de plus amples renseignements.
En outre, je voudrais indiquer que la Conférence européenne de DbI en Slovaquie en 2005 comportera des ateliers pour les frères et soeurs dans le cadre des activités famille. Nous pensons que de cette façon plus de frères et soeurs pourront participer aux ateliers.
Il reste un sujet de préoccupation, et c’est le financement des opportunités de notre réseau. C’est pourquoi je voudrais demander à chacune des associations présentes en Slovaquie de financer 1 place pour permettre à un frère ou une soeur de participer à la conférence.
Pour plus d’informations, me contacter par Email : siblingsnetwork@gmx.net
EUSN (Réseau syndrome d’Usher)
par Marylin Kilsby
L’an passé, EUSN n’a organisé aucun événement. Mais nous projetons de nous réorganiser en 2005 et de faire des élections. Les demandes d’adhésions de nouveaux membres sont les bienvenues.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Secrétaire : Carol Brill Email :
doranbri@indigo.ie
Trésorière provisoire : Marylin Kilsby Fax : +44(0)20 7272 3862
Email :
marylin.kilsby@sense.org.uk
EdbN ( réseau européen des sourds-aveugles)
par Ursula Heinemann
Nous travaillons en ce moment sur trois questions importantes. La surdicécité a été reconnue comme handicap à part par le Parlement Européen. Cette année, les membres du réseau européen ont remporté une grande victoire avec l’adoption de la Déclaration écrite 1/2004 par le Parlement européen le 4 avril 2004. Après cette victoire, EDbN souhaite pouvoir travailler avec les organisations membres pour leur permettre d’en tirer réellement profit dans leurs pays respectifs. En outre, EDbN souhaite leur permettre d’être impliqués dans le processus de prise de décision européen et dans les travaux d’une possible Convention des droits des personnes handicapées des Nations Unies.
Pour avancer ces travaux, nous avons fait une demande à la Commission européenne. Malheureusement, cette fois, la demande n’a pas été acceptée, mais nous essaierons à nouveau. Mais nous avons l’intention de faire autant de travail que nous pourrons tout en continuant à chercher un financement.
Notre idée de base est d’organiser un certain nombre de petits séminaires de formation dans différents endroits de l’Europe et de rassembler les sourds-aveugles et les professionnels/ membres des familles de trois ou quatre pays différents. Chaque séminaire comporterait une information et une formation sur la manière de participer à la politique européenne et la manière d’utiliser la Déclaration pour améliorer la situation dans leur propre pays. Les sourds-aveugles seraient directement impliqués dans chaque séminaire.
Heureusement, le Réseau européen des sourds-aveugles a déjà un email et un site web. Ils sont actuellement utilisés pour échanger des informations entre membres du réseau et pour informer le public sur les besoins des sourds-aveugles.
2. Indications
Après l’adoption de la Déclaration écrite, Lucy Drescher de
Sense a envoyé des indications sur la façon d’utiliser la Déclaration pour
essayer d’amener un changement dans chacun des pays européens.
Lucy est aussi allée à la conférence du Réseau surdicécité acquise à
Harrogate, Royaume-Uni. Elle a dirigé un atelier pour expliquer l’orientation et
parler avec les participants des défis auxquels ils sont confrontés dans leurs
pays respectifs. Elle a aussi parlé de la façon de continuer à travailler tous
ensemble efficacement au niveau européen à l’avenir.
3. Enquête du Parlement européen
La prochaine démarche d’EDbN sera de préparer une proposition
pour demander une enquête du Parlement européen sur la surdicécité. Ce serait
une bonne occasion de présenter un tableau de la vie des sourds-aveugles dans
tous les états membres avec des experts et des sourds-aveugles de différents
pays qui décriraient leurs expériences.
Avant de pouvoir le faire, il nous faut rassembler des informations sur la
situation des sourds-aveugles dans chaque état membre. Lucy et Ricard Lopez ont
envoyé des questionnaires aux gens de chaque pays et les résultats seront
rassemblés dans un rapport qui servira à appuyer notre demande d’enquête.
Contact : talking3@teleline.es
Réseau international de parents et familles de
sourds-aveugles(IFDbN)
L’origine : raisons de travailler en réseau de parents et familles :
· Notre identité en tant que parents et familles de sourds-aveugles. Nous éprouvons le besoin de travailler pour le présent et l’avenir de nos enfants.
· Les familles d’enfants sourds-aveugles ( en particulier des sourds-aveugles congénitaux avec handicaps associés) ont des problèmes de représentation et de dirigeants.
· Les professionnels ont des organisations pour les représenter avec des activités
· Un certain nombre de personnes sourdes-aveugles qui sont capables de se représenter eux-mêmes ont créé, ou sont en train de créer, des organisations et des activités qui leur sont propres.
· Les seuls qui sont laissés de côté, c’est nous, les parents et familles , avec nos enfants qui ne sont pas capables de se représenter eux-mêmes. Il faut reconnaître que cette situation doit changer.
La proposition : créer un réseau dans le but de :
·
échanger des
informations
·
coordonner les activités et
faire un groupe de pression
·
former des dirigeants des
parents qui aient la capacité de coopérer avec les professionnels et de suivre
l’application de programmes.
·
coopérer avec DbI et EDbN. IL
est important que DbI et EDbN puissent consacrer une partie de leurs efforts à
élaborer des programmes pour les familles et que les parents soient présents à
toutes les conférences pour que notre voix soit entendue.
·
Avoir la capacité de
représentation.
Les étapes
1. 13e Conférence mondiale de DbI au Canada, août 2003. Soumission et approbation du réseau sous le nom « US ». Présenté officiellement à DbI en tant que nouveau réseau.
2. Réunion du conseil d’administration de DbI, Hollande, février 2004. Confirmation de participation comme réseau de DbI.
3. Février 2004 – création d’un e-groupe sur Internet sous le nom d’IFDbN. Les langues officielles sont l’Anglais et l’Espagnol.
De quoi avons-nous besoin :
Nous cherchons des personnes qui soient intéressées à travailler du point de vue des familles. Nous avons besoin de parents et de représentants de sourds-aveugles, de professionnels, et de sourds-aveugles qui veuillent servir de contact. Les buts du réseau sont de :
·
aider les parents
qui travaillent avec des sourds-aveugles, des professionnels et des bénévoles ;
·
faciliter l’échange d’idées et
d’expériences ;
·
initier des projets d’intérêt
commun ;
·
développer de nouvelles
connaissances grâce à la coopération internationale
Vous pouvez vous inscrire à ce réseau en demandant un
formulaire. Il n’y a pas de frais d’inscription ou d’adhésion, il faut juste que
vous partagiez les objectifs du réseau et que vous vouliez travailler pour cela.
Ricard Lopez
Catalogne &Espagne
Email :
talking3@teleline.es
Réseau
CHARGE
par David Brown
Ce fut une année très animée pour tous ceux qui s’intéressent aux personnes atteintes du syndrome de CHARGE, et j’ai tellement de choses à raconter qu’il vaut mieux que je fasse une liste :
· La principale nouvelle est peut-être qu’un groupe de chercheurs du Centre médical universitaire de Nijmegen en Hollande ont, pour la première fois, découvert un gêne de CHARGE. On peut trouver des articles sur ce sujet dans le numéro d’automne 2004 de CHARGE Accounts, le bulletin de la CHARGE Syndrome Foundation.
· L’édition de l’American Journal of Medical Genetics spécialement consacrée à CHARGE paraîtra probablement en décembre 2004. Elle comprendra environ 20 articles sur les aspects médicaux, génétiques, éducatifs et comportementaux de la maladie.
· Depuis le mois d’août, des conférences CHARGE ont eu lieu au Canada, en France et en Australie. Le Dr Conny van Ravanswaaij est venue de Nijmegen pour assister à cette dernière et a impressionné tout le monde par sa perspicacité, son humour et sa chaleur. Je prévois qu’elle sera très demandée dans les conférences CHARGE à l’avenir.
· Le Dr Kim Blake termine actuellement une étude sur l’incidence de l’ostéoporose chez les personnes atteintes de CHARGE. Le Dr Blake dit que toutes les personnes atteintes de CHARGE étudiées jusqu’ici ont de l’ostéoporose. Pour participer à l’étude, contacter le Dr.Blake à Kblake@dal.ca ou son assistant à jocelyn.jaques@iwk.nsheath.ca
· Deux importantes réunions sont en préparation pour 2005 . La prochaine conférence de la CHARGE Syndrome Foundation se tiendra à Miami, Floride, du 232 au 24 juillet ( détails sur www.chargesyndrome.org). Il y aura une réunion du Réseau CHARGE de DbI à la prochaine conférence européenne qui se tiendra à Presov, Slovaquie du 2 au 7 août. Quiconque souhaite participer ou intervenir doit contacter Joff McGill à joff.mcgill@sense.org.uk
· Enfin, rappelons que la DbI CHARGE Network Listserv est le principal point de contact de ce réseau et qu’on peut s’y abonner sur http://groups.yahoo.com/group/CHARGEnetwork/
Si vous avez des problèmes pour vous y abonner, contactez moi à : dmbrown1@pacbell.net
David
Brown
Spécialiste de l’éducation
Services pour Sourds-Aveugles de Californie
GROUPE D’ETUDES SUR LE SYNDROME D’USHER
La 6e conférence européenne de DbI en août 2005 à Presov nous donne l’occasion de réunir un Groupe d’études Usher juste après la conférence principale : Bente Heilesen du Danemark et Mary Guest du Royaume-Uni espèrent pouvoir réunir un groupe d’études Usher au même endroit que la conférence à Presov du lundi 7 au mardi 8 août.
Les thèmes sont encore à décider. Notre idée est d’inclure quelques sessions sur l’impact des nouvelles recherches génétiques sur les familles où il y a un syndrome d’Usher . Nous pourrions aussi inclure des sessions sur le style de vie, l’expérience professionnelle, les activités artistiques/de loisir. Bente et Mary souhaiteraient que vous leur fassiez part de vos idées de thèmes, de sujets d’interventions, et surtout que vous disiez si vous avez l’intention de venir.
Comme d’habitude, le nombre de participants sera limité à 30-35 pour que nous puissions facilement faire une étude ensemble et nous connaître.
Envoyez
vos idées à :
Bente Heilesen :
dbc.behe@nja.dk
et à Mary Guest:
mary.guest@sense.org.uk
Le réseau culturel nordique
par Lone Poggioni
« LISTEN TO ME – 2 »
La seconde conférence des familles “Listen to me” s’est tenue au Danemark du 20 au 27 juin 2004. Plus de 70 sourds-aveugles, parents, frères et soeurs et accompagnants, de 12 pays d’Europe, y ont participé. J’ai reçu beaucoup d’e-mails depuis la conférence , de parents qui disaient que c’était bien organisé et que le programme était très varié et intéressant, donc je pense qu’on peut dire que c’était une réussite. Les équipements de Skovhuset – centre d’activités pour sourds-aveugles adultes – ont été particulièrement admirés. La visite au Centre pour sourds-aveugles à Aalborg a été très stimulante et inspirante et, surtout très instructive pour les participants. Comme le disait Maro de Chypre : « cet endroit est un rêve pour nous ». Nous souhaitons tout faire pour que ce rêve devienne réalité.
La conférence de M.Lex Grandia était très intéressante car son sujet était tabou jusqu’à maintenant – la sexualité des sourds-aveugles.
Une autre partie importante de la conférence a été l’information sur la création et l’objectif d’une organisation européenne pour les parents. Ricard Lopez, de Catalogne, a tout fait pour que des réunions comme celles-ci aient un but et soient importantes pour tous les participants.
Je suis très heureuse de vous apprendre que la tradition de « Listen to me » continuera, au coeur de la Catalogne à Barcelone, en 2006.
LISTEN TO US !! ( Ecoutez nous!!)
par Peter Fasung, de Slovaquie, en réponse au séjour au Danemark de cet été.
Quand nous avons appris que nous pourrions participer à une seconde conférence « Listen to me », nous étions plus qu’heureux ! D’autant plus que notre fille cadette Zuzka, qui n’est pas sourde-aveugle, pourrait y participer aussi et que nous pourrions y aller en famille. Nous avons décidé de partir avec nos amis tchèques en voiture et bien que le voyage soit long, tout s’est bien passé. Lorsque nous sommes arrivés à Slettesstrand, c’était un bel endroit qui nous attendait : le centre de vacances pour personnes handicapées. Il y avait tout ce qu’on pouvait imaginer dont les personnes handicapées pouvaient avoir besoin pour se reposer. Nous avons admiré les équipements de Skovhuset et en particulier le centre pour sourds-aveugles d’Aalborg. L’occasion de voir ces centres a été pour nous stimulante, inspirante et surtout instructive. Nous avons vu que nous avions beaucoup à faire en Slovaquie pour pouvoir donner des conditions de vie semblables à nos sourds-aveugles et répondre aux normes danoises ! Nous allons aussi certainement appliquer en Slovaquie ce que nous avons vu et entendu .Comme le disait Maro de Chypre, « C’est un rêve pour nous ». Nous voulons tout faire pour faire de ce rêve une réalité.
Nous avons trouvé la conférence de M.Lex Grandia très intéressante parce que c’était sur un sujet tabou – la sexualité des sourds-aveugles. Nous avons trouvé qu’il y a beaucoup de questions à résoudre à propos des sourds-aveugles. Chaque pays a une priorité différente ( intégration, éducation, vie accompagnée, foyers etc.), mais ce que nous avons tous en commun, c’est aider les sourds-aveugles à améliorer leur vie. Et c’est notre objectif.
Un point très important de la conférence a été l’information sur la création et l’objectif d’une organisation européenne de parents. Je voudrais remercier Ricard Lopez de Catalogne pour ses efforts pour faire avancer les choses. C’est très important de préparer de bonnes conditions de vie pour les sourds-aveugles internationalement et il faut annoncer dans chaque pays qu’une telle organisation existe.
Le programme de la conférence était très varié et très intéressant, et nous l’avons beaucoup apprécié. Mais le plus émouvant a été le don d’un fauteuil roulant spécial à Dimitri de Russie. Nous avons été récompensés par son plaisir si évident, il souriait en prenant son fauteuil et il a commencé à en explorer les possibilités ! Nous sommes sûrs que ce fauteuil sera vraiment très utile.
Nous étions unanimes pour dire que des rencontres comme celle-ci sont vraiment utiles et importantes pour tous les participants.
En conclusion, je voudrais remercier les organisateurs d’avoir permis de si belles expériences et Mr Green et Mr Lolli pour leur aide. Nous avons été très heureux toute cette semaine. Merci !!!
PS. nous sommes heureux que la tradition des rencontres continue et que la prochaine ait lieu au coeur de la Catalogne, à Barcelone !
CONFERENCE EUROPEENNE DES FAMILLES 2006
LISTEN TO ME 3
Annonce d’EDbN et appel à communications et propositions
La 5e conférence européenne des familles se tiendra à Barcelone, Catalogne, Espagne, avant ou après l ‘été 2006. Les précédentes conférences ont eu lieu en Slovaquie, Hollande, Italie et au Danemark. Depuis l’Italie, cet événement a pris le nom de « Listen to me », donc à Barcelone, cela s’appellera « Listen to me 3 ».
La Catalogne
Barcelone a un aéroport international très important et il y en a un deuxième à Gerona. Il existe diverses compagnies aériennes bon marché à destination ou au départ de ces aéroports. Barcelone est un site touristique important et parmi les artistes catalans célèbres, il y a Gaudi, Dali et Picasso.
En Catalogne, les plages sont splendides et il y a beaucoup de sites touristiques parfaits pour des vacances en famille.
Cette conférence accueillera un certain nombre de professionnels, en particulier venant des pays n’ayant pas de représentants des familles, de familles d’accueil ou d’associations des familles.
Thèmes de la conférence
Les organisateurs de la conférence souhaitent avoir deux thèmes principaux :
1 IFDBN : le réseau international des parents et des familles
2 Le réseau des frères et soeurs : donc il y a des frères et soeurs de sourds-aveugles dans le comité organisateur.
Parrainage
Les organisateurs de la conférence recherchent le parrainage de personnes, d’ entreprises, d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, d’associations philanthropiques etc. Le parrainage peut être sous la forme de donations financières directes ou d’achat de divers éléments à coût fixe de la conférence.
- Les dons financiers peuvent être utilisés pour payer les frais d’inscription et d’hébergement des familles de sourds-aveugles, des intervenants et interprètes assistant à la conférence, etc.
- l’achat d’éléments à coût fixe de la conférence peut inclure : déjeuners, dîners et pauses café de la conférence, frais de transport ; frais de communications spéciales pour personnes sourdes-aveugles ; cadeaux de remerciement pour les participants etc.
Pour tout
renseignement complémentaire et pour figurer sur le fichier d’adresses,
contacter :
Ricard Lopez, tél. : +34 93305 4385
Fax : +34 93331 4220
Sms : +34 678 712 619
Email :
talking3@teleline.es
CONFERENCE CHARGE FRANCAISE
Poitiers, du 17 au 19 septembre 2004
Dans ce compte-rendu, Jacques SOURIAU, Directeur du CRESAM, le Centre de Ressources Français pour les Sourds - Aveugles, nous parle de cet évènement très vivant et très réussi.
Depuis 1996, l’Association Française des Parents d’Enfants CHARGE (Association CHARGE) et le CRESAM ont uni leurs efforts pour organiser une conférence bi - annuelle sur CHARGE. Le but de ces évènements est d’informer les familles et les professionnels sur les dernières avancées concernant CHARGE.
Pour la conférence de 2004, le CRESAM et l’Association CHARGE ont pensé que des plans plus ambitieux pouvaient être faits et ils ont décidé de mettre en place un comité d’organisation plus fort, avec davantage de représentants des familles, un expert médical et des professionnels du CRESAM.
La préparation du programme a essayé de tenir compte des changements intervenus dans les attentes des familles ces dernières années. Il y a 10 ans, les familles étaient principalement intéressées par le traitement médical de leurs enfants et leur survie. Maintenant, elles ont davantage de questions concernant le comportement, l’éducation et le développement. Ce nouvel intérêt a conduit l’Association CHARGE et le CRESAM à mettre en place un projet de recherche basé sur un questionnaire sur le comportement, qui impliquait des familles de France, du Royaume uni, d’Italie et d’Espagne. De même, plusieurs conférences (la Conférence CAUSE européenne au Royaume uni en 2003 et la Conférence américaine à Cleveland en 2003) ont mis cette question à l’ordre du jour.
Le programme final des 3 jours a couvert les domaines suivants :
· Présentation générale du syndrome
· Aspects génétiques
· Intervention précoce
· Approche multi - sensorielle du développement
· Vision
· Endocrinologie et puberté
· Alimentation et olfaction
· Développement cognitif
· Comportement et communication
Une autre nouveauté a été d’offrir aux familles l’occasion de venir à la conférence avec leurs enfants, ce qui signifiait organiser des activités pour les enfants CHARGE et aussi leurs frères et sœurs.
Donc, le 17 septembre 2004, un énorme rassemblement a eu lieu sur un campus universitaire près de Poitiers. Il y avait 74 membres de familles, 26 enfants CHARGE et un adulte CHARGE, 69 professionnels, 4 frères et sœurs et 10 intervenants.
Les familles ont beaucoup apprécié l’organisation générale de la conférence et la qualité des activités pour les enfants, qui leur a permis de se concentrer sur la conférence de manière détendue.
Les participants ont été particulièrement intéressés par les exposés suivants :
1. Les dernières découvertes génétiques, initiées aux Pays-Bas et poursuivies aux USA, en France et en Australie, ont été exposées par le Pr Stanislas LYONNET et le Dr Damien SANLAVILLE. Les parents ont été très soulagés par le fait que CHARGE est une maladie génétique qui n’est pas présente chez les frères et sœurs.
2. Toutes les questions concernant les problèmes de comportement ont été abordées d’une manière fonctionnelle et dynamique par David BROWN (spécialiste de l’Education en Californie), Catherine PEIGNE, Elisabeth LASSERRE et Jacques SOURIAU. La conclusion a été que les « comportements étranges » qui sont souvent observés chez les enfants CHARGE sont le résultat de leurs difficultés sensori-motrices et de l’adaptation à leur environnement.
3. Le Dr Véronique ABADIE, le Dr Nathalie LOUNDON et le Dr Graziella PINTO ont répondu aux questions concernant l’alimentation, les implants cochléaires et l’endocrinologie.
Cette conférence a offert une belle surprise pendant la soirée du Samedi puisque, lors d’une représentation donnée par des percussionnistes et des danseurs africains, tous les enfants CHARGE ont participé avec une joie et une créativité qui ont stupéfié aussi bien les parents que les professionnels. Pendant cet épisode d’une heure, les enfants ont démontré leur capacité à dépasser leurs limites motrices et sensorielles. Ils ont démontré que leurs comportements inhabituels pouvaient être extrêmement fonctionnels dans un contexte approprié. Tous les adultes ont été ravis par la façon dont les enfants ont confirmé le point de vue qui a été soutenu pendant la conférence concernant « les comportements de provocation ». Comme David BROWN l’a commenté, « cela valait la peine de faire le voyage depuis San Francisco jusqu’en France, ne serait-ce que pour cette fabuleuse soirée. »
Tous les participants sont impatients de renouveler cette expérience. De nouveaux aspects devraient aussi être développés, tels que les problèmes soulevés par les frères et sœurs et le développement émotionnel des enfants et des jeunes adultes.
Des idées ont aussi été exprimées à propos d’un éventuel projet européen pour les familles d’enfants CHARGE.
Contact : Jacques.souriau@cresam.org
SUCCES DU 5E SEMINAIRE INTERNATIONAL DU RESEAU SURDICECITE ACQUISE
148 délégués de 17 pays différents se sont rassemblés à Harrowgate, Angleterre, du 29 octobre au 2 novembre, pour participer au 5e séminaire international d’ADbN.
Le réseau surdicécité acquise ( ADbN) a organisé des séminaires environ tous les 2 ans depuis 1994. Chacun a attiré un plus grand nombre de délégués que le précédent.
L’importance et la popularité croissantes de cette conférence reflètent la meilleure connaissance du phénomène de la surdicécité acquise et l’intérêt correspondant pour le travail dans ce domaine de la part des travailleurs sociaux, de la profession médicale et des décideurs.
Le groupe de coordination d’ADbN souhaite développer un sens de continuité et de progrès dans ce travail et a choisi de lier les aboutissements du dernier séminaire de Zurich et les données à traiter à Harrogate 2004. Le thème du séminaire était : « Attentes, opportunités, possibilités – exploration des relations entre les gens dans le monde de la surdicécité acquise ».
L’utilisation du mot « attentes » était délibérée et reflète le souhait d’ADBN d’être plus inclusif en tant que réseau et de considérer les personnes devenues sourdes-aveugles non pas comme des usagers passifs de services, mais comme des consommateurs actifs avec des attentes et, très important, une voix.
En conséquence de cet engagement, les sourds-aveugles eux-mêmes étaient représentés plus que jamais cette année. Trois sessions plénières et un certain nombre d’ateliers étaient animés par des personnes devenues sourdes-aveugles.
La conférence a aussi comporté des interventions sur le développement des droits des sourds-aveugles et les bienfaits de la technologie dans la recherche pour permettre aux sourds-aveugles d’avoir encore plus de contrôle sur leur propre vie. C’étaient deux sujets sur lesquels le séminaire de 2002 à Zurich avait attiré l’attention.
L’évaluation et les retours de la conférence d’Harrowgate ont été extrêmement positifs . Notre attention se tourne maintenant vers la préparation du 6e séminaire international d’ADBN qui aura lieu en Hollande en automne 2006.
Ges Roulstone Président d’ADBN.
Nouvelles d’Australie
7E CONFERENCE NATIONALE DES SOURDS-AVEUGLES
La 7e conférence nationale s’est tenue à Melbourne, au Rydge’s Boardwalk Hotel du 2 au 5 juillet, sur le thème : « Sourds-aveugles en avant ». 108 personnes étaient présentes les 2 premiers jours et 85 s’étaient inscrites pour la 3e journée pour les professionnels. Après 12 mois d’organisation intensive, de travail acharné et d’engagement du comité de la conférence et des membres du personnel de l’association des sourds-aveugles de Victoria, tout le monde a considéré que c’était un événement très réussi.
Il y a eu des retours louant la variété des intervenants, l’aide apportée aux participants, et la bonne organisation des dispositifs pour répondre aux urgences et aux exigences de dernière minute. Ce fut une grande satisfaction pour tous ceux qui avaient participé.
Dans son discours d’ouverture, Mark Landrenau de Seattle Lighthouse, a donné le ton de la conférence avec son charme motivant et sa capacité à converser indéfiniment avec beaucoup des assistants, en particulier ceux de la communauté sourde-aveugle d’Australie et de Nouvelle Zélande. Mark, qui a un syndrome d’Usher, est totalement sourd et légalement aveugle. Il habite à Seattle, Washington, et travaille comme spécialiste des affaires administratives pour Seattle Lighthouse for the Blind.
On peut consulter les minutes de la conférence sur www.dba.asn.au
Le conseil australien des sourds-aveugles a obtenu une subvention de recherche
Le ministère de la famille et des services pour les communautés a demandé à l’ADBC d’étudier les besoins actuels des Australiens qui sont sourds-aveugles, et les services pour eux, et a accordé à ADBC une subvention importante pour entreprendre une révision du rapport Ward (1984) qui avait traité le premier de ces sujets. Le rapport avait aussi donné des évaluations de l’incidence de la surdicécité dans le pays. Un dossier de projet est actuellement en préparation et on espère qu’un responsable du projet sera nommé bientôt. Les exigences comptables sont rigoureuses, le gouvernement demandant un rapport mensuel du président d’ADBC.
Scolarisation : nouveau budget pour l’alphabétisation et l’apprentissage du calcul
Le gouvernement fédéral a fait adopter la législation établissant son programme pour les écoles australiennes. La législation donnera 31.3 milliards $ aux écoles et 2.1 milliards $ à l’instruction indigène sur les 4 prochaines années. Le financement dépendra de l’observation par les autorités scolaires des Etats et Territoires et non gouvernementales d’un certain nombre d’exigences à la base des priorités nationales – meilleure cohérence nationale dans la scolarisation ; meilleur compte-rendu aux parents ; transparence de la performance de l’école; plus grande autonomie aux directeurs d’école ; création d ‘écoles plus sûres ; engagement commun pour l’activité physique ; meilleures méthodes d’éducation des garçons ; développement du personnel enseignant ; faire des valeurs une partie essentielle de la scolarisation ; améliorer les résultats de l’éducation indigène ; aider les familles dans les choix post-scolaires.
Un financement de 4 milliards $ sur 4 ans sera attribué aux élèves et écoles nécessitant une aide supplémentaire. Sur cela 2milliards seront attribués à l’éducation des élèves les plus défavorisés, avec une priorité sur l’alphabétisation, l’apprentissage du calcul et l’aide pour les élèves handicapés. Pour plus d’informations, allez sur www.dest.gov.au/ministers/nelson/jun_04/npm_220604.htm.
Nouvelle réglementation sur le handicap pour l’éducation
Le projet final de réglementation sur le handicap pour l’éducation qui s’appliquera à tous les Australiens, quelque soit le handicap, a été publié par le gouvernement le 16 juin. Le ministre de la justice a l’intention de faire adopter une loi amendant la loi sur la discrimination contre le handicap, et la réglementation sera formulée dès que la loi sera passée. Le lien Internet pour la réglementation, les notes d’orientation et les conséquences de la réglementation est : http://www.dest.gov.au/research/publications/disability_standards/default.htm
La surdicécité au tribunal
La commission de réforme judiciaire de Nouvelle Galles du Sud a publié un document de discussion (http://www.lawlink.nsw.gov.au/nswlrc.nsf/pages/refjury) qui examine si les personnes sourdes profondes, ou ayant une déficience auditive ou visuelle importante, pourraient être jurés et si oui, en quelles circonstances. Les propositions étaient reçues jusqu’au 30 avril 2004 et un rapport doit être publié dans le 2e moitié de 2004.
Vote : en ballottage ?
Le 22 avril, les représentants du Forum Australien de la Cécité, de Citoyens Aveugles Australie, du Conseil national sur le handicap et de la Fondation Vision Australie, ont rencontré Petro Georgiu, président de la Commission permanente sur les questions électorales pour insister sur le besoin d’essayer le vote électroniquement assisté dans les élections fédérales. L’essai n’étant pas possible avant la prochaine élection fédérale, les présentations de demandes de vote électroniquement assisté pour les personnes aveugles ou déficientes visuelles seront faites auprès de la commission d’enquête post-électorale. Le but est d’obtenir le soutien de la commission pour que des recommandations soient faites au Parlement qui amendera en conséquence la Loi électorale de 1918.
De Nouvelle Zélande
En avril une loi a été présentée au Parlement de Nouvelle Zélande, premier pas vers la reconnaissance de la Langue des signes de NZ comme 3e langue officielle avec le Maori et l’Anglais. L’effet immédiat de la loi, une fois passée, sera de donner aux gens le droit d’utiliser et d’avoir accès à la Langue des signes dans les procédures légales, y compris au tribunal. Lire le communiqué de presse sur http://www.beehive.govt.nz/ViewDocument.cfm
Importante fusion
Trois des organisations australiennes pour les Aveugles ont convenu de fusionner. La Royal Blind Society de Nouvelle Galles du Sud ( Sydney), le Royal Victorian Institute for the Blind (Melbourne) et la Vision Australia Foundation ( Melbourne) vont se réorganiser sous le nom provisoire de RBS/RVIB/VAF ltd. La nouvelle organisation a reçu des lettres de soutien de Retina Australia, Blind Citizens Australia et de l’association des Sourds-aveugles de Victoria. Renseignements complémentaires en téléphonant à 1800 355 335 ( appel gratuit), ou par Email : nexus@rvib.org.au.
Nouvel outil de formation d’Australie de l’Ouest
Flash
d’information : « We have contact »( Contact établi ! )est disponible.
« Contact établi ! » est le troisième outil de formation produit par les
services spécialisés pour sourds-aveugles de Senses Foundation ( anciennement
West Australian Deafblind Association et Royal WA Institute for the Blind).
« Contact établi » est une méthode sensible et respectueuse pour avoir des
interactions efficaces avec les enfants sourds-aveugles avec handicaps associés,
par exemple CHARGE.
Le principe de base est de reconnaître le comportement comme une communication. Les stratégies présentées sont aussi démontrées avec un adulte. Tous les exemples viennent des Guides de Communication Individuels (ICG) – vidéos qui montrent le système de communication personnalisé d’un individu. Nous sommes très reconnaissants aux familles de nous avoir donné l’autorisation de communiquer leur ICG personnel à d’autres. Cette vidéo/DVD de 27 minutes sous-titrée est disponible en formats PAL et NTSC.
Adressez-vous à Senses Foundation à : reception@senses.asn.au pour avoir un bon de commande pour ce remarquable outil .
Stratégies de communication
A Renwick College à North Rocks près de Sydney s’est tenue une conférence de 5 jours (7-11 juillet ) intitulée « Stratégies de communication pour les élèves déficients sensoriels et multihandicapés, avec comme principale conférencière Sharon Barrey Grassick ( Spécialiste de la communication à la Fondation Senses, Australie de l’ouest). Cet événement a attiré 66 participants. La réunion de suivi sur la conception et l’application d’un programme, avec le Pr Jan van Dijk, a été annulée à cause de ses problèmes de santé.
Conférence mondiale 2007
Les bonnes nouvelles vont vite, aussi beaucoup de lecteurs savent peut-être déjà que Senses Foundation va accueillir la prochaine Conférence mondiale de DbI en Australie de l’ouest en 2007 ! Commencez à faire des économies !
Les élus 2004-6 de l’Australian Deafblind Council
Les représentants de l’ADBC se composent de : Sven Topp, de Nouvelle Galles du Sud, Président ; Leah Hobson , Australie de l’ouest, voce-président ; Emma Gordon, Australie du Sud, Peter Minter, nouvelle galles du Sud représentants des sourds-aveugles ; Gail Staggs , Queensland, représentant des parents ; Cloan Makgill, Nouvelle Zélande, et trois autres membres – Mike Steer (Nouvelle Galles du Sud) , Sharon Barrey Grassick ( Australie de l’ouest) : secrétaire , et Celestine Hare ( Victoria) : trésorière.
Etats-Unis
Sculpture d’Helen Keller
Un buste
d’Helen Keller a récemment été réalisé par Daniel Altshuler, un sculpteur
américain, et peut être vu sur :
www.arborgate.net/helenkeller.jpg
www.arborgate.net/helenkeller2.jpg
Le buste de ¾ grandeur nature d’Helen Keller en argile peut être vu sur les pages web spéciales ci-dessus. Nous aurons bientôt des photos du moulage en bronze monté sur un socle en bois avec une plaque de cuivre en Braille ( portant son nom, ses dates et « Je ne suis plus muette maintenant »). Ce buste a été fait pour que les aveugles puissent savoir par le toucher qui était Helen Keller. Les voyants aussi peuvent admirer le buste.
Le buste en bronze d’Helen Keller sera exposé à Perkins en novembre lors de leur grande fête.
Si vous voulez acheter un moulage en bronze de ce buste, écrivez-moi à : William Hackney sur wmhhackney@earthlink.net
LAOS
Pouvez-vous aider cette nouvelle association ?
Nous sommes de l’association des sourds-aveugles du Laos qui vient d’être créée en République Populaire du Laos en Asie du Sud-est. Nous sommes une organisation sans but lucratif ayant pour but d’aider les sourds-aveugles du Laos à travailler pour eux et à avoir une vie normale dans la mesure du possible. Comme nous sommes une nouvelle ONG, nous avons des difficultés à obtenir des fonds pour réaliser nos activités et nos projets. En ce moment, la ^plupart de nos fonds viennent de donateurs locaux, ce qui signifie qu’ils sont très limités.
Sur Internet, nous avons vu que vous et votre organisation avez une longue expérience de la gestion d’une organisation mondiale, avec des réseaux dans le monde entier. Aussi nous souhaitons vous demander des conseils et de l’aide, à vous et à vos associations membres, pour gérer notre projet, développer nos activités et trouver des soutiens.
Si vous avez des conseils ou des informations qui pourraient nous aider, écrivez-nous. Nous apprécierions !
Vous pouvez me contacter à : laoblind@yahoo.com
Merci.
Khouanetyphong D.
AFRIQUE
ORIENTALE
par Penny May Kamau
La 6e rencontre des éducateurs pour sourds-aveugles a eu lieu à Kisumu, Kenya, du 7 au 9 juin 2004. Elle a rassemblé des éducateurs, directeurs et responsables de district de l’éducation des dix programmes scolaires pour les sourds-aveugles d’Afrique Orientale. Participaient aussi des parents et des fonctionnaires des ministères de l’éducation et des services sociaux. Le but de la rencontre était de réviser les programmes scolaires et de faire de nouveaux plans de travail pour l’année à venir.
D’après les rapports présentés, un certain nombre de questions ressortaient dont , par exemple, la nécessité de formation en guidance parentale.
Accès à la guidance
Beaucoup d’enfants sourds-aveugles ont été identifiés maintenant et les éducateurs se trouvent de plus en plus dans le rôle de conseillers . Les services de guidance spécialisés n’existent pas beaucoup en Afrique Orientale, mais c’est une question à traiter d’urgence.
Instruction primaire gratuite
L’accès à l’instruction primaire gratuite a aussi donné lieu à beaucoup de discussions. Le Kenya vient d’appliquer une politique d’instruction primaire gratuite, mais il y a peu de possibilités pour les enfants sourds-aveugles. On ne peut pas mettre des services spécialisés dans toutes les écoles primaires et dans la plupart des cas l’internat est la seule solution ( tous les programmes pour sourds-aveugles sauf un sont rattachés à des internats pour sourds) et en plus il y a des problèmes de coût.
Au cours des discussions, il a été demandé au ministre de l’éducation d’examiner cette question et de veiller à ce que les enfants sourds-aveugles aussi aient droit à l’instruction gratuite.
Besoin d’éducateurs
En Ouganda et en Tanzanie, le manque d’éducateurs est un grand problème, principalement à cause de l’augmentation du nombre d’élèves sourds-aveugles identifiés et du manque d’argent pour embaucher plus d’éducateurs.
En Ouganda, il n’y a pas de politique spéciale quant au ratio éducateurs/élèves et il faut y remédier. Les ministères des deux pays ont promis d’embaucher plus d’éducateurs si possible.
Félicitations au Kenya !
Au Kenya, la situation est bien meilleure car le ministre de l’éducation a fait en sorte qu’il y ait assez de personnel dans les programmes pour sourds-aveugles. Le ratio éducateurs/élèves au Kenya est de un éducateur pour deux élèves , ou dans certains cas, de un pour un, il faut en féliciter le ministre !
Formation professionnelle
Un autre thème de cette rencontre était la formation professionnelle et la transition vers la vie adulte, et le deuxième jour tous les participants ont visité le centre de formation professionnelle de Sikri où les élèves sourds-aveugles apprennent avec des élèves aveugles et des sourds.
Après un tour du centre pour voir les formations offertes, les participants ont pu avoir d’autres discussions sur la formation et la transition vers la vie adulte.
L’association des sourds-aveugles suédois (FSDB), en coopération avec la mission pour les aveugles (CBM) travaillent à développer les services pour les sourds-aveugles en Afrique orientale depuis 1985. En 1997, la FSDB a embauché un responsable de la rééducation, qui travaille à développer un modèle de transition et de soutien pour les sourds-aveugles qui ont fini leur formation. Ce modèle a été développé entièrement dans la perspective africaine, il est basé dans la communauté et vise à préparer les sourds-aveugles, leurs familles et leurs communautés respectives du mieux possible, afin de donner à chacun la meilleure qualité de vie.
Participation du ministère et conférence en 2005
Au cours de la rencontre, le responsable du ministère des services sociaux a eu un rôle très actif dans les débats, et on espère que le gouvernement pourra assumer plus de responsabilité pour ces services à l’avenir. POur avancer dans cette direction, la FSDB organisera une conférence avec la CBM et le ministère des services sociaux au début de l’année 2005, sur les services de rééducation pour les sourds-aveugles.
Vacances européennes
MULLSJÖ 2004 - DES VACANCES MEMORABLES !
Colin Bennett s’est fait des souvenirs en participant aux vacances européennes des sourds-aveugles organisées par l’association des sourds-aveugles suédois au sud de la Suède l’été dernier. Colin aime beaucoup rencontrer des gens et semble apprécier les périls de voyager seul dans des lieux inconnus. Cet article est comme une lecture de son journal racontant, avec beaucoup d’anecdotes personnelles, ses aventures en traversant l’Europe...
J e ressentais l’excitation du voyage en attendant le bus pour Amsterdam à la gare routière de Victoria à Londres. On était fin juin 2004 et j’allais aux vacances européennes annuelles des sourds-aveugles, organisées cette année par l’association des sourds-aveugles suédois (FSDB), et qui allaient avoir lieu à Mullsjö dans le sud de la Suède. Ce serait du 5 au 11 juillet, alors pourquoi étais-je si en avance et pourquoi y aller par le bus et via Amsterdam ?
Eh bien , j’avais un aller-retour gratuit pour cette ville ( pourquoi, c’est une autre histoire !) et comme j’avais l’intention de passer quelque temps en Scandinavie et en Finlande, j’avais décidé d’acheter un billet de circuit Scanrail, valide dix jours dans ces pays en juillet et août. En tant que personne âgée, ça m’a coûté 207 Livres, ce qui n’est pas cher, si l’on considère que j’ai fait 5000 km dans des trains rapides et confortables et en ferry.
Nous avons roulé de nuit vers Amsterdam, où je pensais prendre un bus rapide pour Friesland par la côte. Mais je n’en ai pas trouvé, donc je suis allé à la gare ferroviaire, où je me suis perdu à cause des énormes travaux de reconstruction. Deux aimables agents de la circulation sont venus à mon secours et j’ai pris un train pour Leeuwarden. J’ai réussi à trouver une chambre d’hôte dans une maison où j’ai passé une très bonne soirée. J’ai pris d’autres trains pour l’Allemagne, en rencontrant en chemin des gens intéressants, et j’ai pris un train de Hambourg jusqu’à l’est du Danemark. Mon billet m’emmenait jusqu’à Puttgerden, où commençait mon billet Scanrail. Mais je m’étais trompé de train et je me suis retrouvé dans la direction de la côte ouest du Danemark. Ce sont des choses qui arrivent quand on n’y voit pas trop ! Le contrôleur n’en a pas fait une histoire. Dans mon compartiment, il y avait une femme très intéressante qui était speakerine à la radio et qui rentrait chez elle à Flensburg. Il fallait que je trouve un endroit où me loger avant la tombée de la nuit – parce qu’après je n’y vois plus rien. Elle a téléphoné à sa mère avec son portable et elles ont dit que je devais descendre à Frederice. Bon, j’ai eu quelques difficultés, mais j’ai fini par passer la nuit au Foyer des Marins. C’était très bien et j’ai eu une formidable petit déjeuner avec cinq plats différents.
J’étais donc du « mauvais côté » du Danemark, mais j’en ai pris mon parti et j’ai fini par arriver en Suède après beaucoup d’aventures, la plupart agréables, sauf peut-être la nuit que j’ai dû passer dehors devant la gare de Malmö ( Si vous me payez une verre – ou deux- la prochaine fois qu’on se rencontre, je vous raconterai tout).
Enfin, je suis arrivé à Mullsjö sous la pluie et j’ai trouvé la Folk High School où devaient se passer les vacances. Je suis arrivé le premier, mais Mia, la sympathique organisatrice de la FSDB, est arrivée de Stockholm et nous avons trouvé nos chambres , situées dans d’agréables bâtiments pour étudiants. Je partageais ma chambre avec Jan Jakes, le coordinateur des Vacances européennes des sourds-aveugles. Il m’a fait très bonne impression, comme à tout le monde. Nous avons aussi rencontré Gunilla, la cuisinière. Mon père, un vieux soldat, me disait toujours : « Il faut toujours être ami avec le cuisinier », et je l’écoute. La semaine suivante, nous avons tous mangé merveilleusement bien : j’en rêve encore.
Le lundi, tous les participants étaient là : environ 45 sourds-aveugles et 75 guides/ communicateurs et autres accompagnants. Je dois dire que j’ai apprécié chaque minute et je crois que tous les autres aussi. En plus de Mia, il y avait des jeunes du pays Peter et Leif, assistés d’Ingemar et Thorbjörn. L’organisation était parfaite avec un bon équilibre entre excursions et temps libre.
Nous avons eu l’été le plus pourri qu’il y ait eu au sud de la Suède depuis des décennies, mais ça ne nous a pas gênés. L’insolation n’est pas vraiment la principale cause de mortalité en Suède et personne n’en est mort – quoique, peut-être qu’il y a eu quelque pourriture du pied !
Le jour le plus pluvieux a été celui que nous avons passé sur l’île de Visingsö dans le deuxième grand lac de Suède, le lac Vattern. Nous avions projeté de visiter le célèbre jardin des herbes et l’église de Brahe. Nous n’avons pas pu le faire, mais nous avons visité le château de Visingsborg et nous avons fait un festin au restaurant du coin. La spécialité était un poisson appelé « sik » ( je sui sûr que ça sonne mieux en Suédois).
Nos autres sorties ont été la visite d’une fabrique de confiseries, une splendide promenade en canot (« canooting », comme dit Leif – j’adore !) et une randonnée sur de magnifiques chevaux . Je me suis déshonoré en tombant du mien . ( Remarquez, le mien était un étalon « entier » et je n’avais ni selle ni bride – enfin, c’est ma version).
Nous avions des réunions de planning/discussion très utiles tous les jours et une soirée organisée tous les soirs.
Un gros succès a été remporté par la compétition internationale de sports d’intérieur et de quiz que nous, les non-Suédois, avons bien voulu laisser gagner au contingent de l’association des jeunes sourds-aveugles suédois. Le samedi, il y a eu un grand bal disco avec un très bon buffet. La musique était – disons – « intéressante » quant au style et au niveau. Malheureusement, la plupart d’entre nous sont partis le dimanche, mais je suis sûr que beaucoup ont noué des amitiés durables.
Le lundi, je suis parti pour un grand voyage commençant par le trajet jusqu’à Stockholm, puis un voyage en train de 18 heures et plus de 1300 km jusqu’à Kiruna, dans le grand nord. J’ai passé quelque temps en Finlande, à visiter les fermes où j’avais travaillé il y a quarante ans ( j’ai passé de bons moments) puis je suis rentré par train, bus et bateau jusqu’à Calais, puis j’ai traversé la Manche. C’est une longue histoire ! Je suis parti un mois.
Colin
Bennett
Hove, Sussex, Royaume-Uni
colinbbennett@onetel.com
(merci d’utiliser des caractères gras si possible dans toute communication)
VOYAGER PRINCESS – UNE PRODUCTION ETONNANTE ET EMOUVANTE
Expressions Unlimited a rassemblé des artistes sourds-aveugles et des artistes non handicapés venant d’Italie, de Croatie, de Slovaquie, d’Ecosse et de Grèce, et leur travail a été monté à Glasgow, en Ecosse, cet automne.
Compte-rendu de notre critique :
L’auditorium était dans le noir quand nous nous sommes dirigés vers nos sièges. Une fois installés, nous avons pu voir et sentir l’atmosphère. Au- dessus de nous sur la scène, il y avait un grand bateau avec de magnifiques voiles. On aurait dit qu’on regardait dans une longue-vue, loin dans le temps, sur une mer magnifique et dans le passé.
L’opéra « Voyager Princess » était superbement monté et dirigé et toute la distribution était extrêmement convaincante. Les jeunes amoureux des rôles principaux étaient tout à fait crédibles dans leur dévotion et les rôles secondaires du Capitaine et de l’équipage élégants et étudiés. Le Garçon de Cabine était parfait.
Le décor et tous les effets spéciaux ont permis aux acteurs et aux spectateurs de ressentir l’enthousiasme et le pathétique de l’histoire – que les acteurs et l’ensemble avaient écrit et créé ensemble au cours d’une série de rencontres avec le soutien de l’Union Européenne.
Michael Collins, de l’Ecole Perkins pour les Aveugles, et précédent président de
DbI, a préparé pour la réunion de notre conseil de novembre 2003 cet historique
de l’évolution de DbI pour l’information des nouveaux membres. La plupart des
faits et dates s’appuient sur des archives ou la discussion avec des membres de
longue date. Mais il est possible qu’il y ait encore des erreurs. Nous vous
serions reconnaissants de vos commentaires et corrections afin de pouvoir
corriger le dossier.
BREVE HISTOIRE DE DbI
L’âge pré- constitution
C’est ce que j’appellerais le premier âge de notre organisation. Les racines de notre organisations remontent aux années 1950, lorsqu’il n’y avait que quelques organisations dans le monde qui commençaient à collaborer. Dans ce groupe il y avait des organisations et des écoles telles que Condover Hall au Royaume-Uni, l’école pour les aveugles de Hanovre en Allemagne, l’Institut des Déficiences de Moscou, St Michielgestel en Hollande et l’école Perkins pour les aveugles aux Etats-Unis, ainsi que plusieurs écoles des pays nordiques. Dans ce groupe, on correspondait par la poste, en se faisant part des résultats, des succès et des frustrations dans leur travail auprès des enfants sourds-aveugles et, à de rares occasions, on parvenait à se rendre visite.
C’est en 1962 que ce groupe s’est réuni pour la première fois pour une conférence formelle : « Eduquer les enfants sourds-aveugles », accueillie par l’école de Condover Hall près de Shrewsbury au Royaume-Uni. 41 personnes assistaient à cette première con,férence. D’autres rencontres mondiales ont eu lieu dans les années 60 à l’école d’Aalborg au Danemark, et à St Michielsgestel en Hollande. A cette époque, tous les participants s’occupaient de l’éducation d’enfants sourds-aveugles, d’où l’emphase sur « éducation » dans le titre de l’organisation.
Au cours des années 70, des conférences mondiales ont été organisées par Perkins aux USA, Condover à nouveau, puis à Sydney par les écoles australiennes accueillant des enfants sourds-aveugles. Au début de cette décennie, le groupe s’est réuni officiellement en tant que sous-commission sur l’éducation des sourds-aveugles de la grande organisation-mère qui s’appelait « International Council for the Education of the Visually Handicapped ( aujourd’hui ICEVI). Le nombre de participants aux conférences était de l’ordre des 100à 200. Beaucoup d’autres organisations ont commencé à venir aux réunions, en particulier d’Europe et d’Amérique du Nord. C’est au cours de la conférence de Sydney en 1976 que l’International Association for the Education of the Deafblind est oficiellement née, et a élu Keith Watkins, Australie, comme premier président. L’adhésion était strictement individuelle , au prix d’environ 10$ par an, que la plupart des membres payaient d’avance pour 4 ans aux réunions mondiales. A cause de ses revenus limités, IAEDB avait un tout petit bulletin d’information ronéoté d’environ 8 pages. IL n’y avait littéralement pas de budget pour aucune autre activité, aussi jusqu’à la fin des années 70 les seules activités furent les conférences mondiales tous les 3 ou 4 ans.
La première conférence mondiale des années 80 a été organisée par nos collègues allemands à Hanovre au Bildungszentrum fur Taubblinde. Je m’en souviens très bien, car c’était la prmière fois que je me trouvais dans un milieu professionnel international. Je me souviens nettement combien j’étais impressionné et enchanté de participer à une rencontre d’une semaine où tous, de tous les coins du globe, nous nous comprenions et parlions le même langage professionnel, parce que nous nous occupions tous de l’éducation d’enfants sourds-aveugles. Cette conférence a eu lieu assez tôt pour que la plupart des pères fondateurs de notre domaine soient encore en activité et influencent les orientations futures de notre organisation. L’organisation était encore très euro-centrique et nord américaine. Il est important de se rappeler qu’il n’y avait pas beaucoup de participants venant des pays en voie de développement. On estime qu’à cette époque, moins de 250 enfants sourds-aveugles étaient éduqués dans 11 pays en voie de développement , dans le monde entier. Quelques uns de ces membres ont pu assister à la conférence mondiale suivante à New York en 1984, au New York Institute for the Blind.
L’âge de la constitution
C’est au cours de la conférence mondiale de Poitiers en 1987 que la croissance rapide manifeste de notre organisation nous a incités à nous développer pleinement et à établir une constitution selon laquelle nous pourrions fonctionner à l’avenir. Une commission a été désignée à cette fin. Bryndis Viglundsdottir d’Islande, avec l’aide de Rodney Clarke du Royaume-Uni, notre secrétaire à l’époque, a fait un projet de constitution qui a été présenté à notre comité exécutif et approuvée à Madrid en 1997, pour être ratifiée ensuite à notre réunion mondiale à Cordoba, Argentine, en 1999.
Quelques changements importants dans la composition et les objectifs de notre organisation ont résulté de la constitution. Il fut décidé que IAEDB n’aurait plus comme seul objectif l’éducation, mais que nous nous occuperions des services à apporter à tous les sourds-aveugles, de la petite enfance à l’âge adulte. En conséquence, il fut décidé qu’il ne fallait pas que les membres soient seulement des éducateurs, mais qu’il pouvait y avoir aussi une grande diversité de gens s’intéressant aux services pour les sourds-aveugles, y compris, sans restriction, des administrateurs, des spécialistes médicaux, des membres des familles, des personnes travaillant dans des services de rééducation et pour adultes, et les sourds-aveugles eux-mêmes. Cette décision a entraîné l’augmentation rapide des adhérents et une grande extension des thèmes traités dans nos réunions et conférences.
Il a été décidé aussi dans les années 80 que l’IAEDB devait commencer à se développer en une véritable organisation mondiale , en encourageant la création de services et la participation de membres des pays en voie de développement, en particulier d’Asie, d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et d’Europe de l’Est. Pendant les années qui ont suivi, il y a eu des projets internationaux qui se sont créés dans des organisations telles la Fédération suédoise des sourds-aveugles, la Christoffel-Blindenmission, le programme Hilton/Perkins et Sense International. Le soutien de ces organisations a entraîné une participation accrue de tous les coins du monde, à partir de la conférence mondiale d’Orebro, Suède, en 1991, et jusqu’à maintenant.
L’âge de Deafblind International
C’est entre 1996 et 1999, durant la présidence de Marjaana Suosalmi, que notre organisation a pris sa configuration actuelle. Elle a désigné un groupe de travail de planning stratégique, composé de plusieurs leaders dans le domaine, qui a étudié la nature de l’organisation et recommandé plusieurs changements dans notre structure. Les recommandations du groupe de travail ont été soumises à la ratification des adhérents à l’assemblée mondiale de Lisbonne, Portugal, en 1999. Beaucoup d’importants changements ont résulté de cette réorganisation. L’IAEDB a pris le nom de Deafblind International, nom dont les adhérents pensaient qu’il représentait plus exactement l’étendue de questions et de services que nous représentons actuellement. Nous avons réinventé la structure organisationnelle de l’association, en reconnaissant que nous sommes essentiellement une organisation avec une forte sous-structure de réseaux, dans lesquels les personnes ayant des intérêts communs se rencontrent et ont des relations plus fréquentes entre les conférences mondiales. Nous avons établi une nouvelle structure de gouvernance, dans laquelle l’ancien comité exécutif a été dissous, et remplacé par un conseil et un comité de direction. Nous avons établi un système de cotisations pour petites et grandes organisations membres, ce qui a augmenté considérablement les revenus de l’organisation. Cette augmentation des revenus a entraîné une extension de la gamme des activités et des projets que nous pouvons soutenir, y compris une revue très moderne et une page web.
Aujourd’hui, DbI représente des programmes et des services pour des milliers de sourds-aveugles dans le monde. Nous sommes devenus une organisation professionnelle adulte, appuyée sur une large base. Dans les années 80 nous avons pu lancer des conférences régionales en Europe, dont la première s’est tenue à Bruges en 1986. Il y en a eu cinq jusqu’ici, et le nombre de participants est passé de 300 à 500 environ. Nous avons tenu notre première conférence asiatique à Ahmedabad en 2000, en association avec une conférence régionale d’ICEVI. La prochaine aura lieu au Népal en 2004, et on en attend d’autres dans d’autres pays en développement à l’avenir. Plusieurs de nos réseaux tiennent maintenant leurs propres réunions et conférences restreintes sur des thèmes d’actualité, et certaines ont jusqu’à 200 participants. Nos adhérents comprennent maintenant des professionnels d’endroits aussi divers que Cuba, la Tanzanie, l’Indonésie, le Népal, la Chine et l’Ukraine. La croissance et l’expansion de notre organisation dans les prochaines décennies n’ont comme bornes que les limites de notre imagination.
CONFERENCES DE DEAFBLIND INTERNATIONAL
Conférences mondiales Participants
1962 : Condover Hall, Royaume –Uni 41 participants
1965 : Kalundborg, Danemark 62
1968
St Michielgestel, Hollande
1971
Perkins School, Boston, USA
1974 Condover Hall, Royaume-Uni 112
1976 Sydney, Australie
230
1980 Hanovre, Allemagne 176
1984
New York, USA
1987 Poitiers, France 400
1991 Orebro, Suède 450
1995 Cordoba, Argentine 350
1999 Lisbonne, Portugal 652
2003 Toronto, Canada 555
Conférences régionales
1985
Bruges, Belgique
1989 Warwick, Royaume-Uni 380
1993 Potsdam, Espagne 420
2000 Ahmedabad, Inde 300+
2001 Noordwijkerhout,Hollande 530
1er
Congrès virtuel international sur la surdicécité en Espagnol
dates : du 1er avril au 31 mai 2004
Organisation :
organisé par APASCIDE ( association espagnole de parents de sourds-aveugles) ;
APSOCECAT ( association catalane de parents de sourds-aveugles) ; Hilton Perkins
( Amérique latine) ; Sense International ( Amérique latine) et le Forum
hispanique sur la surdicécité sous la présidence d’honneur de S.M. la reine
Sofia d’Espagne.
Quelques chiffres :
Il y a eu plus de 600 inscriptions d’écoles et de centres de formation du monde
entier, avec une seule inscription pour tous leurs professionnels.
90 articles de haute qualité en Espagnol de nombreux pays ont été publiés dans 9
cours virtuels.
Plate-forme technologique du congrès : Le congrès a été accueilli par l’UOC ( Enseignement universitaire par
correspondance de Catalogne –
www.uoc.edu) dans le programme « Campus for peace » sur le développement et
les bénévoles. L’UOC a 30 000 étudiants virtuels et la plate-forme est validée
pour les déficients visuels.
Conclusions et évaluation :
C’est le 1er congrès virtuel sur le thème de la surdicécité. Le
mauvais niveau des connaissances d’informatique et d’Internet était un
handicap, et l’UOC a travaillé dur sur l’aide individuelle et l’assistance
technique.
Un des résultats positifs du congrès est la traduction , dans une édition
espagnole, de l’excellent CD-Rom du Dr Jan Van Dijk et de Catherine Nielsen « Child-guided
stratégies for assessing children who are deafblind or have multiple
disabilities » ( srtatégies d’évaluation des enfants sourds-aveugles ou
multihandicapés suivant l’enfant)
Du point de vue scientifique, certains articles ont mérité une mention pour leurs découvertes et leurs innovations en « recherche sociale », « méthodes d’évaluation », entre autres. La quantité et la qualité des articles ont frappé l’imagination du monde sourd-aveugle hispanique.
Ce succès a été possible du fait que l’Espagnol était la langue officielle (l’Anglais est pour nous un obstacle) et du mode virtuel ( le temps et l’argent sont d’autres obstacles).
Un congrès virtuel peut paraître distant et déshumanisé à cause du manque de relations humaines, mais la fonction « chat » du Campus a permis à tout le monde d’entrer en contact.
Les évaluations indiquent que tout le monde a l’intention de participer au prochain congrès virtuel.
Ricard
Lopez
Email :
talking3@teleline.es
Exposition du prix international Helen Keller à Glasgow
Les oeuvres sur la surdicécité en compétition exposées à la Collins Gallery
Le prix international Helen Keller revient à Glasgow, avec une exposition à la Collins Gallery du 8 janvier au 12 février 2005. Avec plus de 170 oeuvres présentées, la compétition pour le trophée et le prix de 1000 Livres va être dure et il appartient à un jury de décider de la sélection et du vainqueur. Le jury se prononce au début de l’exposition qui durera 5 semaines, donnant ainsi aux visiteurs l’occasion de découvrir si leur oeuvre favorite figure parmi les 6 sélectionnées. Le gagnant est proclamé lors d’une cérémonie de remise du prix à la galerie le 31 janvier.
Organisée par Sense Ecosse depuis 1992, la compétition est ouverte à tout artiste, le seul critère étant que l’oeuvre présentée doit être sur le thème de la surdicécité. Sense Ecosse aide les enfants et les adultes qui chaque jour de leur vie sont confrontés à des défis à cause de leur surdicécité, leur déficience sensorielle , leur handicap physique ou d’apprentissage. Le statut international du prix est pour une grande part dans son succès.
« Avec des concurrents de tout le Royaume-Uni et de pays comprenant la Suisse, la Serbie et le Montenegro, la Hongrie, la Russie, les USA, Israel et l’Allemagne, le prix international Helen Keller démontre une connaissance de la surdicécité dans le monde entier» explique Gillian Morbey, présidente de Sense Ecosse. « Le succès de la compétition souligne aussi l’importance de l’art comme véhicule de communication et d’expression. Je sais d’après les expositions passées que la diversité et la qualité des oeuvres en font une exposition fantastique »
Lieu :
Collins Gallery, Université de Strathclyde, 22 Richmond Street, Glasgow G1 1XQ
Dates : du 8 janvier au 12 février 2005
Heures d’ouverture :
du lundi au vendredi de 10h à 17h samedi de 12h à 16h Fermé le dimanche
Pour
tout renseignement complémentaire sur le Prix international Helen Keller ou le
programme artistique de Sense Ecosse, contactez :
Lindsay Mitchell, Directrice artistique Mobile: 07 974 943 898
Email:
arts@sensescotland.org.uk/helenkeller
Site Web:
www.sensecotland.org.uk/helenkeller
Pour plus
d’informations, contactez Graeme Thomson, responsable de la communication:
Email :
gthomson@sensescotland.org.uk
« Contact
établi ! »
« Contact établi ! » est le troisième outil de formation produit par les
services spécialisés pour sourds-aveugles de Senses Foundation (anciennement
West Australian Deafblind Association et Royal WA Institute for the Blind).
« Contact établi » est une méthode sensible et respectueuse pour avoir des
interactions efficaces avec les enfants sourds-aveugles avec handicaps associés,
par exemple CHARGE.
Le principe de base est de reconnaître le comportement comme une communication. Les stratégies présentées sont aussi démontrées avec un adulte. Tous les exemples viennent des Guides de Communication Individuels (ICG) – vidéos qui montrent le système de communication personnalisé d’un individu. Nous sommes très reconnaissants aux familles de nous avoir donné l’autorisation de communiquer leur ICG personnel à d’autres.
Cette vidéo/DVD de 27 minutes sous-titrée est disponible en formats PAL et NTSC.
Adressez-vous à Senses Foundation à : reception@senses.asn.au pour avoir un bon de commande pour ce remarquable outil .
Distinctions de DbI 2005
On recherche les nominations pour le Distinguished Service Award qui sera remis lors de la Conférence Européenne de DbI en Slovaquie en août 2005.
Le Distinguished Service Award est remis à des personnes qui ont apporté une contribution importante dans le domaine des sourds-aveugles , ou à DbI, au niveau international. Ces distinctions honorifiques sont remises lors d’une conférence régionale ou mondiale. Depuis 1987 elles ont été remises à 18 personnes .
Nominations
Le Comité de direction a désigné Bernadette Kappen et Anny Koppen pour composer
le comité des distinctions. Toutes les communications à ce sujet doivent leur
être adressées par Email : Bernadette Kappen :
bmk@obs.org - Anny Koppen :
anny.koppen@statped.no
La date
limite pour les nominations est le 31 mars 2005.
Pour nominer quelqu’un, envoyez un petit texte disant qui vous nominez et
pourquoi. Vous devez aussi joindre une biographie de cette personne. Cette
information doit être envoyée à Bernadette et Anny le 28 février au plus tard.
On demande des coordinateurs de réseau !
Pour DbI le principal moyen de communiquer ses idées et d’en générer de nouvelles est sa capacité de fonctionner en réseaux. Les réseaux peuvent rassembler des membres du monde entier pour qu’ils puissent partager leurs intérêts et , en même temps, se sentir soutenus professionnellement grâce à ce type de contacts.
Actuellement, nous avons deux réseaux qui ont besoin d’un nouveau coordinateur pour donner un point de ralliement à ceux qui souhaitent développer leurs idées dans ces domaines !
Développement du personnel et emploi
Le développement du personnel et l’emploi sont vraiment très importants pour les adhérents de DbI et il y a beaucoup d’intérêt pour cela. Si vous êtes déjà membre ou si cela vous intéresse et que vous avez un peu de temps libre, nous vous invitons à proposer vos services.
Prenez contact avec Anny Koppen – merci !
« Notre
droit d’être sourd-aveugle et de participer pleinement à la société » Tampere,
Finlande, 3-7 juin 2005
L’Association des Sourds-aveugles Finlandaise, avec la Fédération mondiale des
Sourds-aveugles (WFDB), organisera
la 8e Conférence mondiale Helen Keller et la 2e Assemblée
générale de la WFDB à Tampere du 3 au 7 juin 2005.
Des centaines de sourds-aveugles du monde entier vont se réunir à Tampere pour échanger expériences et informations. Des professionnels travaillant dans le domaine de la surdicécité vont se rencontrer pour examiner les dernières innovations. Le thème de la conférence sera traité dans de nombreuses sessions, ateliers et expositions à Tampere Hall. La diversité de la surdicécité sera célébrée lors d’occasions spéciales au cours de la conférences. Il y aura des discussions sur les droits des sourds-aveugles à la communication, l’information, l’éducation, l’emploi et l’expression, par exemple.
Langue officielle : Anglais – Interprétation en Langue des sIgnes internationale.
Frais d’inscription : jusqu’au 31/03/2005/ après le 31/03/2005
-
Participants sourds-aveugles, leurs interprètes, guides, assistants ou membres
de leur famille
par personne : 200€ / 250€
- Professionnels : 250€/300€
- Inscription pour une journée : 125€/150€ ( possible pour vendredi, samedi ou
dimanche)
Le prix d’inscription comprend le programme de la conférence, les déjeuners et deux pauses café/thé. Le programme des soirées est également inclus dans le prix d’inscription. Le programme des soirées comprend la soirée pour faire connaissance le 2 juin, la réception de la ville de Tampere le 3 juin, et la soirée finlandaise sur l’île de Viikinsaari le 6 juin. Au cours de la conférence, il y aura aussi des expositions artistiques de et pour sourds-aveugles ( avec des oeuvres qu’on peut toucher et expérimenter) à Tampere Hall.
Hébergement
Il est possible de
réserver pour l’hébergement sur le formulaire d’inscription. L’inscription
commencera en novembre-décembre 2004. Le Bureau de la conférence de Tampere
aidera les participants pour l’inscription et l’hébergement. Il y a des tarifs
spéciaux pour les participants à la conférence dans plusieurs hôtels de Tampere.
Le prix pour une chambre simple pour une nuit ( petit déjeuner compris) varie de
55€ à 105€ et pour une chambre double de 55€ à 109€. On peut se rendre à pied de
la plupart des hôtels au lieu de la conférence, Tampere Hall. Vous trouverez des
informations sur le plus grand centre de conférences des pays nordiques sur :
www.tampere-talo.fi/english
Pour plus
d’informations sur la 8e conférence mondiale Helen HKeller, et aussi
pour des propositions d’intervention et des demandes de subvention de voyage,
s’adresser à :
Päivi Rissanen
Project Co-ordinator
P.O.Box 40
00030 IIRIS
Finlande
tel: +358-40-753 2026 Fax: +358-9-5495 3517
Email:
paivi.rissanen@kuurosokeat.fi
site:
www.helenkeller2005.com
Pour plus
d’informations sur la 2e assemblée générale de WFDB:
Charlotta Göller, Secrétaire internationale
WFDB c/o FSDB , SE- 122 88 Eskede, Suède
tel : +46-8-39 9155,
fax : +46-8-659 5042
Email :
lotta@wfdb.org
site :
www.wfdb.org
Rendre
l’invisible visible
6e Conférence européenne de DbI sur la surdicécité 2005
INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT !
6e
conférence européenne de DbI
du 2 au 7 août 2005 à Presov, Slovaquie
Si vous
n’êtes pas déjà inscrit, faites-le le plus tôt possible
Allez sur
http://www.dbiconference.sk ou
Email :
conference@dbiconfernce.sk
Le but de cette conférence est de relever le défi de rendre la surdicécité et les sourds-aveugles plus visibles – et de donner aux participants de meilleurs moyens de développer leur travail. La Commission Scientifique a conçu un format qui permettra aux participants de traiter plus en profondeur un sujet particulier et permettra les échanges et la collaboration avec des collègues sur ce sujet pendant toute la conférence. Chaque participant assistera à une mini-conférence ( un groupe) en plus des sessions plénières et des interventions libres. Ces groupes sont :
-
Surdicécité acquise
- Emploi
- Syndrome de CHARGE
- Développement des interprètes
- Communication
- Familles
- Adultes sourds-aveugles congénitaux
- Loisirs et jeu
- Intervention précoce
- Développement des services
- Education des enfants
- Développement du personnel
- Les personnes âgées
- Usher
Pour tout
renseignement sur cette conférence, allez sur
http://www.dbiconference.sk ou contactez le Secrétariat de la conférence :
A&D Global Business Relations
Attn: Anna Misinova
P.O. Box 208
Nam. legionarov 5
080 01 Presov
Slovaquie
Email:
conference@dbiconference.sk
Tel/fax: +421 51 7582 485
LA CONVENTION DES NATIONS UNIES
ET L’EDUCATION
Lex Grandia nous tient au courant de son important travail aux Nations Unies et nous donne une idée des difficultés rencontrées pour faire reconnaître les besoins des enfants et des jeunes sourds-aveugles.
Dans le
dernier numéro de DbI Review, j’ai fait un bref compte-rendu de mon travail aux
Nations Unies sur une convention internationale sur les droits des personnes
handicapées.
Je voudrais vous donner ici un exemple concret pour vous montrer ce qui se
passe.
Il y a eu d’importants développements dans le domaine de l’éducation.
Nous savons tous qu’au début des années 90 on parlait de « mainstream education »et
d’intégration dans le « mainstream »( courant principal, dominant). Ces
termes sont maintenant dépassés. On a pensé que, comme le suggère le terme « mainstream »,
il y avait une autre partie qui était laissée de côté, c’est-à-dire qui n’était
pas « mainstream » et pas égale. On a pensé aussi que « intégration » signifiait
que l’élève, enfant ou adulte, devait s’adapter au système éducatif, et à la
classe, pour participer.
Maintenant, le nouveau terme « inclusive education » ( inclusion) est
largement répandu. Il signifie que le système éducatif, la classe, doivent
s’adapter pour que chaque élève puisse participer.
Un des effets secondaires du travail de la convention , où sont
impliquées beaucoup d’organisations de handicapés différentes, est que les
organisations doivent essayer de se mettre d’accord sur tous les articles, avant
d’entamer le processus des négociations avec les Etats membres.
Des organisations comme Inclusion International et Disabled People International
ne voient pas pourquoi certaines personnes handicapées veulent recevoir une
éducation spécialisée dans des écoles spécialisées. Elles sont tout à fait
opposées à cela, car elles se battent pour que l’éducation inclusive se réalise.
L’Union mondiale des aveugles, la Fédération mondiale des sourds et la
Fédération mondiale des sourds-aveugles (WFDB) ne sont pas contre l’inclusion.
En tant que représentant de la WFDB, j’ai défendu le besoin d’une éducation et
d’écoles spécialisées, à cause de l’usage de la langue des signes, de la
communication tactile, du Braille, et de la mobilité. Il me semble que c’est une
situation impossible et inégale pour des élèves sourds-aveugles d’être mis dans
une classe, sans pouvoir communiquer avec leurs camarades de classe.
Les discussions ont été très passionnées , mais finalement nous avions réussi à faire un texte sur lequel nous étions tous d’accord et sur lequel nous allons baser nos négociations avec les états membres.
Le voici :
Article 17 Education
Les parties doivent
1. reconnaître le droit à une éducation de qualité de tous les filles, garçons, jeunes gens, femmes et hommes ayant des handicaps.
2. dans le but de réaliser ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances pour tous, l’éducation des personnes ayant des handicaps devra viser à :
a) construire une société qui soit inclusive de toutes les personnes, y compris les filles, garçons, jeunes gens, femmes et hommes ayant des handicaps ;
b) reconnaître le plein développement du potentiel humain, du sens de la dignité et de leur propre valeur, et le renforcement du respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de la diversité humaine.
c) permettre à toutes les personnes ayant des handicaps de participer pleinement et effectivement à une société libre et inclusive ;
d) aider au développement de la personnalité , des talents et des capacités de l’individu dans tout son potentiel ;
e) reconnaître les besoins d’apprentissage de l’individu et y répondre ;
3. Les Etats parties doivent garantir que :
a) tous les filles, garçons, jeunes gens, femmes et hommes ayant des handicaps ont accès à une éducation inclusive et accessible dans leur propre communauté, y compris l’accès à l’intervention précoce et à l’école maternelle ;
b) la participation pleine et effective des personnes ayant des handicaps, grâce à la fourniture de l’aide nécessaire, y compris la formation spécialisée d’enseignants et autres moyens et personnels éducatifs, la formation initiale et continue de personnels enseignants normaux, spécialisés et de soutien, un programme scolaire accessible, des média et matériels d’enseignement accessibles, des systèmes d’assistance appropriés, des moyens et modes de communication alternatifs et augmentatifs, la langue des signes, des stratégies d’apprentissage alternatives, un environnement bâti universellement accessible ou autre aménagements raisonnables ;
c) aucun enfant ayant des handicaps n’est exclu de l’instruction primaire gratuite et obligatoire en raison de son handicap ;
d) toutes les personnes ayant des handicaps auront accès à l’enseignement secondaire, à la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, l’enseignement pour adultes, et la formation tout au long de la vie, à égalité avec tous les autres, et à cette fin une assistance appropriée et des aménagements raisonnables doivent être fournis :
e) il ne sera exigé d’aucune personne ayant des handicaps de subir un traitement ou une intervention médicale pour corriger, améliorer ou alléger une déficience, ou un handicap réel ou perçu, comme condition d’une éducation inclusive et de qualité.
f) les élèves ayant des handicaps sont explicitement inclus dans tous les systèmes nationaux d’éducation et d’application, et que les mêmes niveaux, objectifs et programmes sont fournis aux personnes ayant des handicaps qu’aux autres élèves dans le système général d’éducation ;
4. Les Etats parties doivent : assurer une éducation de qualité aux enfants et jeunes gens sourds, sourds-aveugles, aveugles et malvoyants :
a) les enfants et jeunes gens sourds et sourds-aveugles ont le droit de recevoir une éducation dans leur propre langue, dans leur propres groupes, et de devenir bilingues en langue des signes et dans leur langue nationale parlée et écrite, d’apprendre des langues étrangères supplémentaires, à la fois signées et parlées/écrites, et que des mesures législatives, administratives, politiques et autres soient prises par les Etats parties pour leur fournir une éducation de qualité en utilisant la langue des signes, garantissant ainsi l’emploi de professeurs sourds et de professeurs entendants qui signent couramment la langue des signes.
b) les enfants et jeunes gens aveugles, malvoyants et sourds-aveugles ont le droit de recevoir une éducation dans des écoles spéciales ou dans des classes spéciales pour enfants aveugles, malvoyants ou sourds-aveugles, d’être alphabétisés et d’étudier un large programme, y compris les mathématiques, la géographie et la chimie, avec des matériels d’apprentissage en Braille et/ou des formats alternatifs y compris des dispositifs d’aide, d’acquérir les compétences de vie quotidienne et un entraînement de la mobilité en parallèle avec l’instruction , afin d’acquérir une pleine indépendance et liberté, de recevoir une éducation dispensée par des professeurs compétents pour enseigner les compétences de communication et qui ont reçu une formation adaptée aux besoins spécifiques des enfants et jeunes gens aveugles, malvoyants et sourds-aveugles.
Ce n’est pas fini
Ce dont les états ne veulent probablement pas, c’est la
mention des sourds, aveugles et sourds-aveugles, et ils vont probablement
vouloir la couper, mais on verra !
Pour ceux qui sont intéressés par la suite, voici un site web mis à jour
régulièrement :
www.un.org/esa/socdev/ENABLE/RIGHTS/ADHC4ngos.HTM
Lex Grandia
Nouvelles du Comité de direction
La réunion du comité
s’est tenue les 31 octobre et 1er novembre . Beaucoup de questions
ont été discutée, dont les détails de la prochaine conférence européenne en
Slovaquie en 2005, les résultats de l’enquête sur les réseaux et les prochaines
publications de DbI.
Si vous voulez un exemplaire des minutes de la réunion du comité, contactez le secrétariat à : secretariat@deafblindinternational.org
Les principaux événements DbI à venir :
- La 6e conférence européenne se tiendra du 2 au 7 août 2005 à Presov, Slovaquie. Il est maintenant possible de s’inscrire en ligne . Tous les détails sur le site de la conférence : http://www.dbiconference.sk
Nous attendons vos inscriptions !
- La conférence asiatique de DbI qui devait avoir lieu au Népal en novembre 2004 a été repoussée suite à la situation instable dans le pays. Le comité de direction étudie les possibilités d’accueil de la conférence dans la région au début de 2006.Nous vous tiendrons au courant.
- La prochaine conférence mondiale de DbI se tiendra en Australie en 2007.
Mise
à jour sur les adhésions
Le secrétariat contrôle de près le paiement des cotisations des adhérents et
nous avons reçu un grand nombre de renouvellements pour cette année. Certains
ont profité du tarif réduit pour 4 ans.
Les adhérents sont priés de payer leur cotisation si ce n’est déjà fait. Veuillez indiquer votre numéro d’adhérent sur toutes les communications.
Il y a 620
membres, dont 47 associations membres, de 79 pays différents.
Nous sommes heureux d’annoncer de nouvelles adhésions d’associations :
« Netherlands Knowledge Center for Deafblindness » ,“Visio Het Loo Erf LSSB”
,“Kalorama”et “Bartimeus” de Hollande,
“Shikshit Yuva Seva Samiti”, Inde
“National Center for Deafblind Issues”, Suède
“Anne Sullivan Center”, Irlande
“SZB Taubblinden Centre”, Suisse
« Danish Parents Association », Danemark
Si vous connaissez une association qui pourrait être intéressée par l’adhésion à
DbI en tant qu’association-membre, veuillez transmettre ses coordonnées au
secrétariat.
Si vous avez des questions sur votre adhésion, n’hésitez pas à
contacter le secrétariat à
secretariat@deafblindinternational.org
Secrétariat
de DbI
Depuis que le secrétariat de DbI a été transféré en Inde, on a beaucoup
travaillé à la rationalisation des systèmes pour assurer un meilleur service.
Des appels de cotisations vont être envoyés à toutes les associations-membres et à tous les membres individuels. Encouragez vos amis et vos collègues à adhérer individuellement.
La diffusion du dernier numéro de DbI Review a été coordonnée par le secrétariat en Inde. Si vous n’avez pas reçu le vôtre, contactez-nous.
Si vous avez des questions sur votre adhésion ou si vous voulez remplir le formulaire d’adhésion par Email, contactez Sumitra à : secretariat@deafblindinternational.org ou envoyer votre question par courrier à : DbI Secretariat, Post Box 9601, Janakpuri, New Dehli – 110058 INDE.